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Obama revendique le meurtre d’Oussama


Un homme prétend avoir tué l’ancien copain d’un copain et annonce son crime à la télévision sans donner aucune preuve – pas même le corps qu’il aurait fait disparaître en le balançant à la mer -, mais glorifie le mobile de son crime en invoquant la justice divine :

Et un soir comme celui-ci, nous pouvons dire aux familles qui ont perdu des êtres chers par le terrorisme d’Al-Qaïda : justice a été faite.

Souvenons-nous que nous pouvons accomplir ces choses, pas simplement grâce à notre richesse ou notre puissance, mais grâce à ce que nous sommes : une nation, selon Dieu, indivisible, avec la justice et la liberté pour tous.

Dans un monde normal, vous diriez que c’est un fou, mais dans celui où nous vivons, Barack Obama Président des États-Unis a revendiqué le meurtre d’Oussama ben Laden à la télévision américaine le 1er mai 2011 sous les applaudissements de tout le monde occidental [1].

La mort de ben Laden fut annoncée antérieurement par d’autres sources :

Les médias dominants reprennent en boucle les déclarations des autorités américaines sans les discuter. Ils jouent à fond la carte de l’émotion, qui fait vendre, sans poser les questions classiques : Qui, Quoi, Où, Quand, Comment, Pourquoi.

Ben Laden est certainement mort, mais nous ne saurons peut-être jamais où, quand et comment. La question est de savoir pourquoi les États-Unis ont choisi d’annoncer sa mort maintenant et donc de se débarrasser d’un ennemi (ancien ami) si utile… pour justifier leurs crimes au nom de la guerre contre le terrorisme.
Plusieurs hypothèses sont envisageables :

  1. Les élections de novembre 2012
    Barack Obama aurait revendiqué le meurtre d’Oussama ben Laden pour se placer comme le candidat favori aux prochaines élections présidentielles américaines.
  2. L’Afghanistan
    Barack Obama aurait revendiqué le meurtre d’Oussama ben Laden pour justifier le prochain retrait des troupes américaines d’Afghanistan sans avoir gagner la guerre.
  3. Le Pakistan
    Barack Obama aurait revendiqué le meurtre d’Oussama ben Laden pour justifier une intervention militaire au Pakistan et détruire les preuves des alliances contractées, entre la CIA et l’ISI d’une part et les divers groupes jihadistes d’autre part, au temps de l’occupation soviétique de l’Afghanistan.

Aucune hypothèse ne s’exclut l’une l’autre. La troisième est aussi envisagée par Syed Salim Shahzad dans un article publié par Asia Times : "la mort de ben Laden marquera probablement aussi le début du déplacement du théâtre de guerre, de l’Afghanistan vers le Pakistan" [2].

03/05/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi : Dossier documentaire & Bibliographie 11 septembre 2001, Monde en Question.


[1] En France, Jospin a déclaré "Les États-Unis ont appliqué le droit de légitime défense" et Sarkozy "L’élimination de Ben Laden est un succès, ce n’est pas la fin d’Al-Qaïda".
[2] Lire aussi :
• 15/10/2008, La guerre américaine : escalade de l’Irak vers l’Afghanistan et le Pakistan, Monde en Question.
• 02/12/2008, Serge LEFORT, La guerre contre le Pakistan a commencé, Monde en Question.
• 03/12/2008, Le grand jeu asiatique, Monde en Question.
• 13/08/2009, Serge LEFORT, Guerre sans fin de l’Afghanistan au Pakistan, Monde en Question.

Le terrorisme, une arme de propagande (8)


Le gouvernement chinois, qui livre des armes au Pakistan (33% de ses équipements militaires), se montre prudent face aux attaques "étonnantes" à Bombay, mais se solidarise avec les États-Unis (la communauté internationale) et l’Inde "pour lutter contre le terrorisme".

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Liu Jianchao a dit mardi que la Chine s’engageait à travailler avec la communauté internationale pour lutter contre le terrorisme. 

Citant les attaques "étonnantes" à Mumbai, M. Liu a indiqué que le gouvernement chinois avait exprimé ses sympathies et ses condoléances au gouvernement indien et aux victimes.

"Le gouvernement chinois lutte fermement contre toutes les formes de terrorisme, et s’engage à coopérer avec la communauté internationale dont l’Inde pour combattre le terrorisme.

"La Chine souhaite que les parties concernées puissent trouver la vérité sur les attaques terroristes à Mumbai en menant des enquêtes le plus tôt possible", a souligné M. Liu.

Xinhua – Le Quotidien du peuple.

Le gouvernement russe, qui livre des armes à l’Inde (72% de ses équipements militaires), poursuit sa critique de l’inefficacité des États-Unis pour "former une coalition antiterroriste mondiale" [1].

Intervenant à la Douma lors de l’examen du projet de déclaration des députés russes à l’occasion des attentats de Mumbai (Bombay), capitale financière de l’Inde, M.Kossatchev a indiqué que la communauté internationale avait raté plus d’une chance de former une coalition antiterroriste mondiale. 

Rien qu’en 2007, à l’issue de 14.500 attentats, 22.000 personnes ont été tuées et 272.000 autres blessées, a fait remarquer le député.

Le plus grand nombre de victimes a été enregistré en Irak où les terroristes sont de plus en plus nombreux, alors qu’auparavant, avant l’invasion des troupes des États-Unis et de leurs alliés, il n’y avait pas de terroristes dans ce pays, a noté le parlementaire.

"L’Irak est devenu le symbole des erreurs commises dans la lutte contre le terrorisme", a estimé M.Kossatchev.
Et d’ajouter que la situation en Afghanistan n’était guère plus réjouissante.

RIA Novosti.

L’administration américaine met à profit les dernières semaines du mandat Bush pour organiser une coalition contre le Pakistan en faisant un lien entre le groupe Lashkar-e-Taiba et Al-Qaïda… sans apporter la moindre preuve.

Le directeur du renseignement américain Mike McConnell a accusé sans le citer le Lashkar-e-Taïba, un groupe islamiste interdit basé au Pakistan et actif dans la région himalayenne du Cachemire, d’être à l’origine des attentats.
AFP – Yahoo! Actualités

"Que la main d’Al-Qaïda soit ou non derrière ces attaques, c’est clairement le genre de terrorisme auquel participe Al-Qaïda", a dit Rice au cours d’une conférence de presse.
AP – Yahoo! Actualités.

Le président pakistanais Asif Ali Zardari réclame les preuves des accusations du gouvernement indien et lie la question afghane à la question pakistanaise [2].

M. Zardari a aussi affirmé n’avoir pas obtenu de preuves suffisantes que le seul survivant du commando soit un Pakistanais, comme l’affirme New Delhi. "Je doute fort (…) qu’il soit Pakistanais", a-t-il ajouté. 

Le président pakistanais a jugé que si l’Inde tentait de frapper des bases terroristes en territoire pakistanais, ce serait "contre-productif".

"La menace pèse sur toute la région, pas seulement Bombay ou l’Inde", a-t-il souligné. "La menace pèse sur l’Etat pakistanais, il y a une menace sur l’Etat afghan. C’est une menace sur toute la région".

AFP – Yahoo! Actualités.

Face donc à la menace d’une guerre contre le Pakistan [3], les alliances se dessinent : la Russie encouragera les États-Unis à finir la guerre contre l’Afghanistan en l’étendant au Pakistan et la Chine jouera la carte diplomatique pour ne pas intervenir dans une guerre qui lui serait plus coûteuse que le statu quo.


[1] Voir : Le terrorisme, une arme de propagande (7), Monde en Question.
[2] Rappelons l’implication des services secrets américains (CIA) et pakistanais (ISI) dans la création, le financement (en provenance de l’Arabie Saoudite), la formation des Tâlebân et d’Al-Qaïda à la fin des années 1970 dans le cadre de l’affrontement global des USA avec l’URSS.
Source : BIARNÈS Pierre, Pour l’empire du monde – Les Américains aux frontières de la Russie et de la Chine, Ellipses, 2003 p.675 à 707 in Dossier Géopolitique.
Il n’est donc pas étonnant que les experts des services de renseignements des États-Unis en sachent davantage sur le groupe pakistanais Lashkar-e-Taiba que le président pakistanais lui-même [AP - Yahoo! Actualités].
Enfin, l’homophonie entre "Lashkar-e-Taiba" et "Al-Qaïda" facilite l’amalgame simplificateur.
[3] Voir : La guerre contre le Pakistan a commencé, Monde en Question.

Le terrorisme, une arme de propagande (7)


Bombay, la piste pakistanaise, ContreInfo.

Une fois de plus, les enquêtes ont abouti à un lien entre les auteurs de ces attentats et le Pakistan. Les terroristes à l’œuvre aujourd’hui auraient débarqué à proximité de la « Porte de l’Inde » [Bombay] en canots pneumatiques. Leur équipement, leur entraînement et la sophistication de leurs plans, ainsi que l’identité d’un suspect arrêté à Chowpatty, tendraient à indiquer un lien avec le Pakistan.
Commentaires : Une fois de plus, les autorités indiennes ont accusé le Pakistan avant de faire la moindre enquête et d’apporter la moindre preuve. Curieusement d’ailleurs l’auteur de l’article utilise le mode affirmatif ("les enquêtes ont abouti à un lien entre les auteurs de ces attentats et le Pakistan") puis conditionnel ("tendraient à indiquer un lien avec le Pakistan"). 

L’ISI est réputée créer des problèmes à son propre gouvernement par des actions visant à faire avancer ses intérêts. Par conséquent, la possibilité que des éléments incontrôlés de l’ISI et des éléments djihadistes du Pakistan aient conspiré en vue de créer des tensions entre New Delhi et Islamabad ne peut pas être exclue. Cela autoriserait l’ISI à garder la haute main sur la politique du Pakistan en direction de l’Inde et lui permettrait d’affirmer à Washington que l’accroissement de la tension avec l’Inde interdit à Islamabad de jouer un rôle plus efficace sur son front ouest [ndlr : dans les zones tribales bordant l’Afghanistan].
Commentaires : C’est effectivement une hypothèse, mais en ce cas pourquoi accuser le gouvernement pakistanais ?

Alors que tous les éléments de preuve convergent vers une implication d’éléments pakistanais dans ces actes de terreur, New Delhi devrait cependant prendre garde à ne pas tomber dans le piège de la création tensions majeures entre l’Inde et le Pakistan, alors qu’un nouveau président s’installe à Washington et que l’Inde va tenir des élections générales dans les mois à venir. Le pays espère ce que les deux principaux partis politiques se réuniront pour formuler une stratégie commune pour contrecarrer la tentative des djihadistes de créer un « choc des civilisation » dans ce pays.
Commentaires : Les autorités indiennes n’ont apporté aucune preuve ! L’Inde attribue invariablement la responsabilité de ses problèmes internes au Pakistan – "la main de l’étranger". Or, il semble – selon les première dépêches d’agences – que le groupe, responsables des attentats soit indien (manipulé par qui ?).

Les médias dominants présente l’Inde comme "la plus grande démocratie du monde" sans rien dire de la politique du Parti national du Congrès (Indian National Congress) ni du BJP (Bharatiya Janata Party), dont le slogan est Hindu, hindi, hindoustani (Un peuple, une langue, un pays). Tout un programme !

Les marchands d’armes sont partie prenante du conflit qui oppose l’Inde au Pakistan depuis plus de 50 ans. Durant la décennie 1990

• le Pakistan a reçu 33% de ses équipements militaires de la Chine, 25% de l’Ukraine, 15% de la France, 9% du Royaume-Uni, 8% des États-Unis et 7% de l’Italie ;
• l’Inde a reçu 72% de ses équipements militaires de la Russie, 8% des Pays-Bas, 5% de l’Allemagne, 4% du Royaume-Uni et 3% de la France. 

Source : BIARNÈS Pierre, Pour l’empire du monde – Les Américains aux frontières de la Russie et de la Chine, Ellipses, 2003 in Dossier Géopolitique.

Notons que la Chine est relativement silencieuse et prêche la modération entre les deux puissances nucléaires alors la Russie défend plutôt l’Inde, son client, et réaffirme sa participation à la croisade de Bush contre "le terrorisme islamique".

L’Inde face au terrorisme : se doter d’une stratégie efficace, RIA Novosti.

Le schéma de ce qui s’est passé dans la ville-clef indienne de Mumbai (anciennement Bombay) est à peu près clair : un méga acte de terrorisme perpétré par un groupe de kamikazes plus nombreux qu’à l’habitude et bien entraînés. Il avait pour sens et pour but immédiats de réaliser une démonstration de force, de semer la terreur, de démoraliser les autorités et la société indiennes. Cet attentat a été conçu concrètement selon le schéma de la guérilla urbaine, plusieurs cibles ayant été attaquées simultanément. Il est donc clair qu’il était fait pour réussir dans un premier temps, même si la plupart des assaillants étaient d’avance condamnés à périr ou à être fait prisonniers dans les vingt-quatre ou quarante-huit heures suivantes. Les organisateurs comprenaient, naturellement, que leur organisation des Moudjahiddines du Deccan (les Moudjahiddines indiens), encore inconnue hors de l’Inde, allait rapidement devenir plus visible, que le nom d’un nouveau Ben Laden serait révélé au monde. C’était également dans leurs intentions. 

[...]

On ne peut échapper à la comparaison avec le 11 septembre 2001 et avec la manière dont l’Amérique a réagi à ce défi. Elle a pris des mesures tout à fait efficaces à l’intérieur du pays, qui ont exigé des dépenses colossales. L’Afghanistan, pays d’où émanait la menace, a été attaqué et son régime renversé. Mais, par la suite, le pays possédant l’armée la plus puissante au monde a manqué de ressources pour maintenir sous son contrôle absolu l’Afghanistan ainsi que les territoires du Pakistan y attenant. Cela n’aurait d’ailleurs rien d’étonnant si nous apprenions que l’attentat de Mumbai a été en partie préparé dans ce pays.

Ce qu’ont fait ensuite les Etats-Unis avec leurs alliés et leurs partenaires n’a qu’un rapport ténu avec la lutte antiterroriste. Surfant sur la vague de sympathie mondiale à leur égard, les Etats-Unis ont tenté de se servir de la lutte antiterroriste pour parvenir à des buts d’un tout autre ordre : affirmer leur domination globale. Après l’invasion de l’Irak, qui n’avait rien à voir avec le terrorisme, ils ont lancé l’élaboration d’un programme d’américanisation de fait de l’ensemble du monde musulman. Pour rien. En fin de compte, nous avons le déclin de l’Amérique (avec ou sans crise), un changement de leadership mondial. Quant au terrorisme, au terrorisme islamique en premier lieu, il est toujours là.

[...]

La coalition antiterroriste mondiale, ce capital que les Etats-Unis ont gaspillé avec une telle incompétence, peut tout à fait renaître maintenant sur de nouvelles bases. En 2001 d’ailleurs, les Indiens avaient tenté de rappeler au monde que New York n’était pas la seule cible visée par les menaces et que les racines du Mal mondial se situaient justement aux confins de leur pays, mais ils n’avaient pas été entendus. Il est possible qu’il en soit autrement aujourd’hui. Notons, à ce propos, que le programme de la visite en Inde que le président russe Dmitri Medvedev devrait effectuer dans les premiers jours de décembre sera quelque peu modifié, à moins que celle-ci ne soit annulée.

Le terrorisme, une arme de propagande (6)


Pour que les choses soient claires :
1) Aucune cause ne justifie la prise en otage, la séquestration ni l’assassinat de civils.
2) Il règne un dramatique "deux poids deux mesures" sur l’emploi du mot "terrorisme" :
• Des Palestiniens tuent des civils israéliens, c’est du terrorisme. L’armée israélienne tue des civils palestiniens, c’est de la légitime défense.
• Des Afghans tuent des militaires américains, c’est du terrorisme. L’armée américaine tue des civils afghans, c’est une bavure.
3) La résistance est toujours qualifiée de terrorisme par l’occupant pour légitimer à la fois l’occupation et la répression.

Le blog Planète Asie titre "Les attaques de Bombay ou le 11-septembre indien". Comme d’autres médias, Le Monde diplomatique reprend les affirmations des services de renseignement britanniques. Ce média, lui aussi, sombrerait-il dans la manipulation du mot terrorisme ?
La troisième partie de l’article contredit le titre racoleur.

Mais l’échec le plus patent du pouvoir indien reste l’incessante discrimination contre les musulmans, la minorité la plus importante en Inde (près de 13,4 % de la population). Le rapport gouvernemental du comité Sachar publié en novembre 2006 affirme qu’ils arrivent quasi systématiquement en queue de peloton, quand on examine la plupart des indicateurs du développement humain. Les musulmans pauvres sont plus pauvres que les Hindous pauvres — même souvent derrière les hors castes. Ils sont moins éduqués et moins représentés dans le gouvernement, la fonction publique, etc. Ils sont la cible de manifestations de violence systématiquement fomentées par la droite hindoue ; ils sont souvent mal indemnisés quand procès il y a, et leurs bourreaux sont rarement arrêtés. Un processus de ghettoïsation est en train de détruire progressivement les anciens modes de vie et de relations entre les deux communautés. Il en résulte que les jeunes musulmans sont de plus en plus — et dangereusement — marginalisés. 

Il faut également songer à la situation au Jammu-et-Cachemire. Les musulmans qui vivent majoritairement dans la vallée du Cachemire font l’objet d’attaques, de mauvais traitements, d’arrestations arbitraires et même de disparitions. Ils ont récemment organisé un mouvement de résistance menant une sorte d’intifada pacifique. Un des terroristes présents au Centre culturel juif, qui s’est exprimé à la télévision indienne via son portable, avait un accent cachemiri ; il a parlé des « mauvais traitements » infligés aux musulmans du Jammu-et-Cachemire.

Rien que depuis le début de l’année 2008, l’Inde a connu des attentats à Assam (le 30 octobre, une série d’explosions tuant plus de 64 personnes et en blessant des centaines), Delhi (le 13 puis le 30 septembre, 19 morts), Ahmedabad (le 26 juillet, 22 petites bombes ont tué 49 personnes), Bangalore (25 juillet, 7 bombes, 2 morts) et Jaipur (le 13 mai, 7 bombes ont tué 63 personnes) [3]. Ces explosions, ainsi que d’autres, étaient coordonnées dans le temps mais leur portée se limitait, au plan logistique, à la pose de petites charges explosives dans des poubelles, dans des lieux publics très fréquentés, souvent touristiques comme à Jaipur.

A partir du peu d’informations disponibles jusqu’à présent, ces attentats semblaient le fait de groupes autochtones, parfois pour des raisons locales. Assam, par exemple, compte une forte minorité de ressortissants du Bangladesh et un mouvement séparatiste. Et l’Etat du Maharashtra, dont Bombay est la capitale, abrite un mouvement puissant lié à la droite hindoue, dont l’objectif est de chasser les travailleurs immigrés venus du nord de l’Inde (en particulier de Bihar).

Toutefois, dans la plupart des cas, ce sont les musulmans qui sont soupçonnés d’être les auteurs des attentats. Et non plus des terroristes soupçonnés d’être manipulés par les services de renseignements de l’ISI, en liaison avec la guerre entre l’Inde et le Pakistan pour le partage du Cachemire. Cette année ont émergé des groupes islamistes autochtones tels que le Students Islamic Movement of India (SIMI) et le prétendu Mouvement des moudjahidines indiens, qui ont suscité une inquiétude croissante.

Il est impossible de dire actuellement s’il existe des liens entre ces mouvements et les « moudjahidines du Deccan ». Mais l’Inde, la plus grande démocratie séculaire, a noué des liens des plus en plus étroits avec les pays occidentaux — ce qu’elle n’avait pas fait dans le cadre de son Congrès des pères fondateurs. Cela peut suffire à en faire une cible pour les réseaux djihadistes internationaux. Elle est également présente en Afghanistan et les talibans, qui ont déjà attaqués l’ambassade indienne à Kaboul, ont laissé entendre qu’elle serait désormais une cible. Cependant, qu’il soit ou non prouvé que des agents extérieurs ont pris part aux attentats de Mumbai —qui ne sont que les dernières en date des atrocités subies par l’Inde, même si celles-ci ont bénéficié d’une plus grande attention internationale —, l’Inde doit affronter un problème bien réel avec sa propre minorité musulmane.

Planète Asie.

Il est intéressant de noter plusieurs faits :

• Le ministre indien de l’Intérieur, Shivraj Patil, a démissionné dimanche, RFI.
Il a indiqué qu’il se sentait dans l’obligation d’assumer la « responsabilité morale » de ces attaques qui ont fait 172 morts, selon un nouveau bilan revu à la baisse. Peu après, le conseiller à la sécurité nationale indienne a démissionné à son tour, selon des chaînes de télévision indiennes.

• La classe politique indienne est mise en cause après les attentats de Bombay, Reuters – Yahoo! Actualités.
Beaucoup reprochent aux membres du parti du Congrès aux commandes d’avoir été incapables de prévenir les attentats, tandis que d’autres reprochent au BJP de chercher à en tirer un bénéfice électoral, à l’approche des échéances législatives de mai.
[...]
"Nous sommes lassés des politiciens qui exploitent le terrorisme pour engranger des voix. Nous sommes lassés de leur incompétence. A nos yeux, ce sont tous les mêmes", tranche l’éditorialiste de l’Hindustan Times.

• Attentats de Bombay : le Pakistan attend des preuves tangibles, RIA Novosti.
Le Pakistan est disposé à coopérer avec l’Inde en matière d’arrestation des personnes impliquées dans les attentats de Mumbai (Bombay) et attend les preuves appropriées, a déclaré lundi le président pakistanais Asif Ali Zardari.
"Une fois ces preuves contre des personnes concrètes reçues, nous procèderons à toutes les mesures nécessaires", a-t-il indiqué dans une interview à la chaîne CNN-IBN.

Attentats de Bombay : l’information mutualisée, Media trend.

Alain Joannes sur son blog Journalistiques adopte une position radicalement différente sur le "journalisme citoyen". Pour lui (il s’appuie sur le recensement effectué par Amy Graham, consultante en communication de l’université du Colorado, Boulder, à propos des attentats de Bombay, qu’elle publie sur le site du Poynter Institute), "les journalistes citoyens ne produisent ni information ni analyse", ils sont incapables de "donner du sens à un événement soudain comme la tragédie de Bombay", "les photos des blogueurs n’ont aucun intérêt", etc.

Un exemple :
9.09 PM. Je viens d’entendre deux grosses explosions près de chez moi, à Cobala.
9.17 PM. Je ne comprends pas à quoi ça rime.
9.19 PM. Il y a eu des tirs au Taj et au Cafe Leopold.
9.23 PM. Dieu merci, toute ma famille est en sécurité à la maison. Heureusement que je suis rentré tôt du bureau.
10.46 PM. Je viens d’entendre un autre grand bruit. C’était quoi ? Des tirs, des grenades ?
Aujourd’hui l’Inde.

Les médias dominants reprennent en boucle les déclarations des autorités indiennes sans les discuter, sans les mettre en perspectives. Ils jouent à fond la carte de l’émotion sans poser les questions classiques : Qui fait Quoi, Où, Quand, Comment, Avec qui et Pour qui – grille de Quintilien – à laquelle on peut ajouter d’où vient l’information (témoins, autorités, autres médias, etc.).

Le terrorisme, une arme de propagande (5)


L’assaut sur Mumbai

Le Premier ministre indien, Manmohan Singh, a insisté sur le fait que les terroristes étaient basés à l’extérieur du pays. Les médias indiens ont fait l’écho de cette ligne en présentant le Pakistan (via le groupe indépendantiste Lashkar-e-Taiba) et Al-Qaïda comme les suspects habituels.

Mais il s’agit d’une version préméditée issue des fantasmes politiques de l’Inde. Sa fonction est de nier que les terroristes pourrait être d’origine locale, un produit de la radicalisation de jeunes musulmans indiens qui ont finalement renoncé au système politique indigène.

[...]

Pourquoi serait-on surpris que les auteurs soient des Indiens musulmans ? Il est visible qu’il y a eu beaucoup de colère dans les couches les plus pauvres de la communauté musulmane contre la discrimination systématique et les actes de violence perpétrés à leur encontre. Le pogrom anti-musulman au Gujarat en 2002 fut l’épisode le plus flagrant, appuyé par le gouvernement central de l’Etat et les collectivités locales de l’Etat.

De plus, le Cachemire fut pendant des décennies traité comme une colonie par les troupes indiennes : arrestations au hasard, torture et viol étaient le lot quotidien des Cachemiriens. Des conditions, pires qu’au Tibet, mais qui ont suscité peu de sympathie à l’Ouest où la défense des droits de l’homme est fortement instrumentalisée.

[...]

Rien de tout cela ne justifie le terrorisme, mais il devrait, au moins, forcer les dirigeants de l’Inde à regarder en face leur propre pays et la réalité. Les disparités économiques sont profondes. La notion absurde que les bienfaits du capitalisme mondial permettraient de résoudre la plupart des problèmes peuvent maintenant être considérée pour ce qu’elle a toujours été : une feuille de vigne pour cacher de nouveaux modes d’exploitation.

Tariq Ali
27/11/2008
Publié par Counterpunch.
Traduction Serge LEFORT pour Monde en Question.


Source : PeaceReporter

Mumbai, le Pakistan en point de mire

Pourquoi cette obstination à présenter à l’opinion publique mondiale la tragédie de Mumbai comme «le 11 Septembre indien", la relance de la menace d’Al-Qaïda associée au Pakistan?
Pourquoi ne pas l’avoir associée au 11 Juillet 2006, lorsque plus de deux cents personnes sont mortes dans les attaques contre les stations de métro de Mumbai ?
Peut-être parce que à ce moment-là la guerre mondiale contre le terrorisme par les États-Unis avait encore mis l’accent sur l’Iraq, mais maintenant la ligne de mire se déplace sur le Pakistan. Les bombardements américains au Pakistan ont déjà commencé il y a trois mois, une escalade de l’intervention, loin d’être improbable, nécessiterait un large consensus international.
"L’attentat de Mumbai est une nouvelle étape terrifiante du djihad mondial", a déclaré au Washington Post un ancien agent de la CIA Bruce Reidel, maintenant un conseiller à Obama pour le Pakistan.
Le mantra hypnotique récité par les télévisions et les journaux a déjà commencé: "Al Qaida", "Pakistan", "11 Septembre", "Pakistan", "Oussama ben Laden", "Pakistan", "guerre contre le terrorisme", "Pakistan"...

Enrico Piovesana
28/11/2008
Publié par PeaceReporter.
Traduction Lou QUÉTIERO pour Monde en Question.

Le commentaire d’Olivier Berger

La main d’Al-Qaïda, la patte du Pakistan ou le bras émergent de djihadistes de l’intérieur ? Les trois à la fois ? Les attaques, qui plongent Bombay dans le chaos depuis trois jours, illustrent la complexité régionale. Loin de l’Irak et des délires de George W. Bush, l’épicentre du terrorisme islamiste s’enracine durablement.

Plus de soixante ans après, la décolonisation britannique n’a jamais été digérée par l’Inde et son ennemi voisin créé en 1947, le Pakistan. La guerre au Cachemire, zone réclamée par les deux parties, la course à la bombe nucléaire achevée par les deux pays en 1998, et de réguliers soupçons de manipulations d’extrémistes alimentent la rivalité.

[...]

Le nationalisme hindou (représenté par le parti extrémiste PJB, repassé dans l’opposition) est une réalité dans un pays où 900 millions d’habitants pratiquent cette religion. Les 150 millions de musulmans, ce qui fait de l’Inde la troisième puissance islamique du monde (derrière l’Indonésie et le Pakistan), souffrent régulièrement de violences. La destruction de la mosquée d’Ayodhya en 1992 avait fait deux mille morts. Des pogroms à Gujarat et sa capitale Ahmedabad en 2002 avaient provoqué autant de victimes et cent mille réfugiés. Les emplois dans les administrations leur sont souvent refusés. Cette discrimination commande un repli communautaire, avec ses dérives.

[...]

Dans ce dédale d’influences, les moudjahidines indiens, comme à Bombay, sont-ils cornaqués par l’ISI, par Al Qaïda, ou signalent-ils l’émergence d’un mouvement islamiste autochtone ? La réponse est entière, triple, trouble. De toute façon, redoutable.

Le rapprochement récent des pays européens (accord nucléaire avec la France fin septembre) et des États-Unis avec l’Inde, ou l’annonce faite par Barack Obama d’intégrer le Pakistan dans la lutte contre le terrorisme, prouvent que le "sous-continent" et ses voisins immédiats sont désormais les clés de l’équilibre mondial.

«Commencez par changer en vous ce que vous voulez changer autour de vous», disait le Mahatma Gandhi, père de la nation et apôtre de la non-violence [1].

Olivier Berger, La Voix du Nord
29/11/2008
Publié par La Voix du Nord.

 


[1] C’est précisément ce que ne fait pas le gouvernement indien qui attribue invariablement la responsabilité de ses problèmes internes au Pakistan.

Le terrorisme, une arme de propagande (4)


Bombay : clés du massacre

Les attaques terroristes, perpétrées il ya deux jours à Bombay et attribuées par le gouvernement indien à des militants du Pakistan, sont sans aucun doute un acte barbare qui a causé plus d’une centaine de morts et plus de 300 blessés parmi les civils innocents et qui, quelle que soit la cause politique, religieuse ou nationale des agresseurs, a suscité une condamnation justifiée dans le monde entier.

Au-delà de la condamnation, il est cependant nécessaire d’analyser les contextes dans lesquels l’attaque sanglante a eu lieu. Il est nécessaire de rappeler que les sources d’activité terroriste en Inde se situent principalement dans les conflits ethniques, religieux et territoriaux hérités du colonialisme anglais [1] à la frontière indo-pakistanaise : le Cachemire, peuplé principalement de musulmans, et le Pendjab, où l’ethnie Sikh est majoritaire, est artificiellement divisé entre les deux pays.

Cet héritage n’a pas seulement conduit à quatre guerres désastreuses entre l’Inde et le Pakistan et une dangereuse course aux armements – les deux pays ont développé des armes atomiques -, il a également été la toile de fond de l’assassinat du Mahatma Gandhi et Indira Gandhi, et a provoqué une violence acharnée et cyclique dans le pays. Le précédent le plus proche est celui de Juillet 2006, lorsque les trains de banlieue à Bombay même ont été attaqués avec des bombes, ce qui a fait environ 190 morts.

D’un autre point de vue, il est significatif que le massacre perpétré à Bombay se produise sept ans après que le gouvernement des États-Unis ait appelé à la «guerre contre le terrorisme international», engagement qui signe plutôt le pillage néo-colonial et qui, en termes de de sécurité, ne s’est traduit par aucun résultat significatif.

Certes, les groupes qui ont recours au terrorisme en Inde ne sont pas nécessairement liées aux secteurs du fondamentalisme islamique qui ont organisé les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington, mais il est vraiment paradoxal que une opération terroriste à grande échelle secoue le monde juste dans les derniers jours de la présidence de George W. Bush, qui s’est posé comme le grand croisé contre le terrorisme dans le monde, qui a ordonné l’invasion, la dévastation et l’occupation des deux pays – l’Afghanistan et l’Irak -, qui a piétiné les droits de l’homme aux États-Unis et à l’étranger, qui a construit des centres de tortures et des réseaux de séquestration, et a encouragé, par conséquent, une grave régression des avancées la civilisation dans le monde.

Pour ces raisons, le phénomène qu’on prétend combattre est encore en vie en Irak, en Afghanistan, en Inde et au sein de beaucoup d’autres nations – avec ou sans les troupes d’invasion américaines – et il est clair qu’on ne pourra pas y mettre fin avec des bombardements [2].

Editorial
28/11/2008
Publié par La Jornada.
Traduction Serge LEFORT pour Monde en Question.


[1] Le colonialisme anglais divisa pour régner en soutenant la Muslim League de Muhammad Ali Jinnah contre l’India National Congress de Jawarhartal Nehru dès 1906 et en partitionnant le pays en 1947. La partition entraîna de gigantesques déplacements, plus ou moins forcé, de population : 7 millions de musulmans vers le Pakistan et 10 millions d’hindous vers l’Inde sur fond de violences et de massacres qui ont fait plus de 500 000 morts.
Source : BIARNÈS Pierre, Pour l’empire du monde – Les Américains aux frontières de la Russie et de la Chine, Ellipses, 2003 in Dossier Géopolitique.
[2] C’est pourtant ce que va faire Barack Obama qui veut gagner la guerre à tout prix, en bombardant l’Afghanistan et le Pakistan et en massacrant comme de vulgaires terroristes la population civile.

Le terrorisme, une arme de propagande (3)


Pour ceux qui douteraient que le terrorisme soit une construction idéologique voici un exemple significatif :

• L’agence Reuters a titré "Qui derrière les attentats de Bombay et pourquoi ?" le 27 novembre à 07h32.
• Le Monde a titré "Qui étaient les terroristes de Bombay ?" le 29 novembre à 16h00.
La différence n’est pas que sémantique, elle est avant tout idéologique.

La dépêche de l’agence Reuters fait référence à des témoins et à des sources gouvernementales, mais elle ne parle ni de "terroristes" ni d’"islamistes".

Selon des témoins, les assaillants étaient des jeunes gens parlant Hindi ou Urdu, ce qui laisse penser qu’il s’agit d’activistes indiens et non d’étrangers. 

Ces attaques ont été revendiquées par les "Moudjahidine du Deccan", une organisation jusque-là peu connue. Le Deccan, ou Dekkan, est la partie centrale de l’Inde.

Selon des analystes, si l’authenticité de la revendication n’a pas encore été clairement établie, les attaques sont très probablement le fait des Moudjahidine indiens. Le groupe ayant revendiqué l’opération pourrait être un sous-groupe des Moudjahidine.

L’article du Monde reprend les déclarations tardives des autorités indiennes, qui veulent absolument écarter l’hypothèse d’un groupe indien pour privilégier, comme dans le passé, la version d’une intervention étrangère : de "terroristes islamistes" pakistanais.

Les autorités de l’Etat du Maharashtra ont d’abord parlé de 25 terroristes qui ont mené ces attaques coordonnées contre au moins dix sites à Bombay, mercredi, dont les hôtels de luxe Taj Mahal et Trident-Oberoi, la principale gare de la ville, un centre abritant une association juive et des hôpitaux. Ce chiffre a été officiellement ramené à entre dix et quinze hommes, samedi.
Commentaires : Faux ! L’agence indienne Press Trust of India (PTI) a parlé de 12 hommes, âgés entre 18 et 25 ans. 

Selon les chaînes de télévision indiennes, il aurait affirmé que le but des attaques était de faire un "11-Septembre indien" en "réduisant en cendres les symboles de la puissance économique, le Taj et le Trident, afin qu’ils ne puissent être reconstruits".
Commentaires : Faux ! L’agence indienne Press Trust of India (PTI) a rapporté que "l’un des assailants a affirmé que le groupe réclamait la fin des persécutions contre les musulmans d’Inde".

Ils auraient également effectué des repérages dans l’enceinte des hôtels, en stockant des armes et des munitions à l’intérieur des bâtiments et en filmant plusieurs endroits, à tel point qu’ils avaient quelque fois une meilleure connaissance des lieux que les forces de police indiennes, selon la presse indienne. Cela expliquerait comment trois terroristes ont réussi à tenir tête aux militaires pendant plusieurs jours à l’intérieur du Taj.
Commentaires : Cette explication est risible, mais vise à justifier l’incurie de la police, l’armée et les commandos des forces spéciales (voir les questions d’hier).

Une dépêche de l’AP (agence de presse américaine) fait état des affirmations des services de renseignement britanniques, reprises inconditionnellement par le très médiatique Kouchner, de l’hypothèse d’un "responsable américain du contre-terrorisme" et de l’accusation du Premier ministre indien Manmohan Singh.

La revendication et le mode opératoire orientent les soupçons vers des djihadistes locaux proches ou s’inspirant d’Al-Qaïda. 

A Mumbai, "certains détails rappellent des opérations commises par le passé par des groupes comme Lashkar-e-Taiba ou Jaish-e-Mohammed", a expliqué un responsable américain du contre-terrorisme ayant lui aussi requis l’anonymat. Ces groupes islamistes pakistanais luttent contre l’armée indienne pour l’indépendance ou le rattachement du Cachemire indien au Pakistan.

Le Premier ministre indien Manmohan Singh a pour sa part montré du doigt des "forces extérieures". Le Pakistan, fréquemment accusé par New Delhi de complicité avec les terroristes frappant l’Inde, a de son côté condamné les attentats de Mumbai. "Je dis de manière catégorique que le Pakistan n’est pas impliqué dans ces événements sanglants", a assuré le ministre de la Défense Ahmed Mukhtar.

Il est intéressant de remarquer que les affirmations des services de renseignement britanniques sont attribuées aux auteurs des attentats par les médias dominants.

L’assaut coordonné de plusieurs lieux accueillant principalement des Occidentaux dans la capitale économique indienne évoque les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis (2.751 morts), ceux du 11 mars 2004 à Madrid (191 morts) ou ceux du 16 mai 2003 à Casablanca (45 morts dont les kamikazes), imputés à la nébuleuse Al-Qaïda.
AP – Yahoo! Actualités 

Les auteurs des attentats de Bombay qui ont fait au moins 195 morts voulaient réaliser un "11-Septembre indien" et se sont aussi inspirés de l’attentat contre l’hôtel Marriott d’Islamabad, rapporte la presse.
Challenges

Le même média transforment les "Moudjahidine du Deccan" en "fedayine" palestiniens ! «Le recours à une dizaine de "fedayine" bien entraînés et armés jusqu’aux dents porte la marque de groupes d’activistes basés au Pakistan tels que le Lashkar-e-Taiba.» La différence n’est pas que sémantique, elle est avant tout idéologique.

Un article, publié aujourd’hui par WSWS, est un résumé relativement factuel (excepté le titre) des faits connus (les détails restent fragmentaires et contradictoires) et des hypothèses sur les commanditaires de cette opération. Extraits :

On ne sait toujours pas quelles organisations sont responsables de ces attaques. Un groupe auparavant inconnu se faisant appeler les moudjahidins Deccan a revendiqué la responsabilité ce jeudi. Comme dans les précédentes affaires de terrorisme, le gouvernement indien a immédiatement désigner le Pakistan.
[...]
À ce stade, toutefois, aucune preuve concluante n’a été fourni qui démontrerait quelle organisation est responsable.
[...]
ll est possible, toutefois, que des éléments dissidents de l’ISI pakistanais ou de l’armée ait incité les attentats de Mumbai pour attiser délibérément les tensions entre l’Inde et l’instable gouvernement pakistanais.
[...]
Il est également possible qu’un groupe séparatiste du Cachemire, tels que Lashkar-e-Taiba soit responsable des attaques.
[...]
Enfin, il n’est exclu que les attentats de Mumbai soient l’œuvre de groupes islamistes basés en Inde même, qui ont été renforcés par des décennies de discrimination à l’égard de la minorité musulmane. 

Rappelons enfin que Barack Obama s’est empressé d’apporter son soutien à l’Inde pour "traquer et détruire les réseaux terroristes" (AFP – Yahoo! Actualités). Position logique puisqu’il a promis de gagner la guerre en Afghanistan au prix d’une déstabilisation de toute la région.

De l’utilisation du mot "terroriste"

Ce que l’on devra, entre autres, au président sortant Bush, c’est cet usage du mot "terroriste", sans pour autant qu’il en définisse un contour bien défini, sauf qu’il va finir par désigner tout ce qui est contre l’Amérique, dans quelque domaine que ce soit, et par extension contre lequel il faut lutter. D’une façon plus perverse, il va devenir ce qui fait peur et permettre donc aux dirigeants de faire peur, en l’agitant comme un chiffon rouge, une muleta, dans laquelle on va se ruer tête baissée…

Les Etats Unis étant le phare du monde, comme chacun sait, tous les pays vont donc se ruer sur cette appellation non définie de tout ce qui fait peur, de tout ce qui s’oppose, de tout ce qui résiste à un Etat, et même, au bout du compte, de tout ce qui est incompréhensible et surtout injustifiable ! La notion de terrorisme est donc désormais mondialisée, elle aussi !

Il y a des mots comme ça qui ont leur heure de "gloire" ! Dans notre histoire à nous, nous avons eu des "hérétiques", des "sorcières", des "activistes", des "gauchistes" et même un régime appelé "la Terreur"… Toute catégorie justifiant bien sûr de les exterminer.

Je ne suis pas en train d’excuser l’action violente, là, mais de dire qu’il y a des violences peut être plus "terroristes" que d’autres !

Ainsi, cette bande qui détruit le réseau SNCF des TGV va être qualifiée de terroriste… Ah ! Bon… OK.

Cette bande d’opposants – ou je ne sais trop quoi – à un pouvoir en Inde, ce sera aussi des terroristes qui prennent en otage des touristes et qui tuent aveuglément… Ah ! Bon… OK.

Je ne vois pas bien le rapport entre les deux, mais la définition du terroriste, on l’a dit, est très très extensible !

Sauf que… par exemple, cette bande de spéculateurs qui affame des pays, en spéculant sur les denrées alimentaires, ce sera …des "actionnaires" ! Il est vrai qu’ils n’agissent pas à la mitraillette, eux, mais je ne vois pas bien la différence. En nombre de morts, ça fait … beaucoup, pourtant !!!

Je râle, je râle, mais bon, même si on veut mettre en prison des gamins de 12 ans, je devrais être contente, puisqu’on ne les désigne pas (pas encore !) comme des terroristes !!! Juste, on veut les coller en taule, les sortir de devant nos yeux, ces mômes qui nous renvoient, à nous adultes, notre responsabilité dans le mauvais exemple qu’on leur donne ! Mais ça, chut ! Il manquerait plus que ça, que ces petites frappes nous fassent nous poser des questions !

Publié par Le Post – Yahoo! Actualités.

 


Lire aussi :
• Terrorisme, Yahoo! Actualités.
• Terrorisme, NouvelObs. Les liens proposés sont le seul intérêt de ce média.
• Inde, Yahoo! Actualités.
• Pakistan, Yahoo! Actualités.

Le terrorisme, une arme de propagande (2)


Les dépêches d’agence, publiées par Yahoo!, permettent de se rendre compte que les médias dominants fabriquent un événement "le terrorisme islamiste" sans preuves [1]. Cela ressemble, en plus grand, à la version policière des «sabotages SNCF». Alors que les faits sont complexes, confus et contradictoires, les médias simplifient pour nous raconter l’histoire du loup et du chaperon rouge

Les faits connus sont complexes, confus et contradictoires :
1) La qualification d’"acte terroriste" vient du chef de la police de l’Etat de Maharashtra.
2) L’imputation d’"acte terroriste" à des "islamistes pakistanais" est classique depuis des années en Inde.
3) Les Moudjahidin du Deccan, qui a revendiqué la série d’attaques, est un groupe du centre de l’Inde.
4) Les autorités indiennes ont accusé, sans fournir de preuves, le Pakistan d’être impliqué.
5) Les services de renseignement russe, le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband et son homologue français Bernard Kouchner ont accusé, sans fournir de preuves, Al-Qaïda d’être impliqué.

Les faits connus posent question :
1) Comment une douzaine d’hommes jeunes (entre 18 et 25 ans selon les témoins), même bien armés, ont-ils résisté si longtemps à la police, l’armée et les commandos des forces spéciales ?
2) Comment un groupe d’hommes, arrivés par bateau du Pakistan, a-t-il "stocké à l’avance des armes et des explosifs à l’hôtel Oberoi/Trident" ?
3) Pourquoi les autorités indiennes se sont empressées d’attribuer les attaques à" un groupe basé en dehors de l’Inde" alors que des témoins évoquent "des jeunes gens parlant Hindi ou Urdu" et que l’un d’eux a affirmé que "le groupe réclamait la fin des persécutions contre les musulmans d’Inde" ?

26 novembre, 19h04 Une fusillade à Bombay fait deux morts et dix blessés, Reuters – Yahoo! Actualités.

Au moins deux personnes ont péri et une dizaine d’autres ont été blessées dans une fusillade déclenchée par plusieurs inconnus près d’une gare de Bombay, a rapporté la police indienne.

26 novembre, 19h19 Les fusillades à Bombay sont sans doute un acte terroriste, Reuters – Yahoo! Actualités.

Un responsable de la police a estimé qu’il semblait s’agir d’un acte terroriste. "Cela semble être un attentat, de nombreux endroits sont encerclés par des hommes armés", a déclaré A.K Sharma, responsable de la police ferroviaire de la ville, à une chaîne de télévision.

26 novembre, 20h02 Attentats meurtriers dans au moins sept sites de Bombay, Reuters – Yahoo! Actualités.

Le chef de la police de l’Etat de Maharashtra, A.N Roy, a déclaré que ces fusillades semblaient être un acte terroriste coordonné.

26 novembre, 20h28 Série d’attentats à Bombay, au moins 18 morts, Reuters – Yahoo! Actualités.

"Il s’agit d’attaques terroristes dans au moins sept endroits. Des terroristes, dont on ignore tout, se sont mis à ouvrir le feu à l’arme automatique, à l’aveuglette", a expliqué A.N Roy, chef de la police de l’Etat indien de Maharashtra, à la télévision locale.
"En certains endroits, ils ont même lancé des grenades. Il y a eu des explosions en plusieurs endroits", a-t-il ajouté. Certains agresseurs, dit-il, sont toujours retranchés dans des bâtiments.
[...]
L’Inde a subi une série d’attentats à la bombe ces dernières années, dont certains à Bombay même. La majeure partie ont été imputés à des islamistes, même si la police a également arrêté des extrémistes hindous qui seraient responsables de certains actes terroristes.

26 novembre, 22h37 Les Moudjahidin du Deccan revendiquent la série d’attentats à Mumbai, AP – Yahoo! Actualités.

Un groupe peu connu des autorités indiennes, les Moudjahidin du Deccan, a revendiqué la série d’attaques perpétrées à Mumbai (ex-Bombay), selon des informations de presse [l'agence indienne Press Trust of India (PTI)].

27 novembre, 07h32 Qui derrière les attentats de Bombay et pourquoi ?, Reuters – Yahoo! Actualités.

Des hommes équipés d’armes automatiques et de grenades ont attaqué mercredi soir deux hôtels de luxe, des hôpitaux et un restaurant renommé à Bombay, faisant plus de 100 morts et près de 300 blessés.

QUI EST DERRIÈRE CES ATTAQUES?

Selon des témoins, les assaillants étaient des jeunes gens parlant Hindi ou Urdu, ce qui laisse penser qu’il s’agit d’activistes indiens et non d’étrangers.

Ces attaques ont été revendiquées par les "Moudjahidine du Deccan", une organisation jusque-là peu connue. Le Deccan, ou Dekkan, est la partie centrale de l’Inde.

Selon des analystes, si l’authenticité de la revendication n’a pas encore été clairement établie, les attaques sont très probablement le fait des Moudjahidine indiens. Le groupe ayant revendiqué l’opération pourrait être un sous-groupe des Moudjahidine.

QUI SONT LES MOUDJAHIDINE INDIENS?

Selon la police, les Moudjahidine indiens sont une branche du Mouvement étudiant islamique d’Inde (SIMI), une organisation aujourd’hui interdite. Ces musulmans indiens pourraient avoir reçu un entrainement et un soutien logistique d’organisations d’activistes au Pakistan et au Bangladesh.

Le SIMI est tenu par la police pour responsable de la quasi-totalité des attentats à la bombe commis en Inde ces dernières années, y compris les explosions dans les trains de banlieue à Bombay qui ont fait 187 morts il y a deux ans.

Les Moudjahidine indiens pourraient aussi avoir dans leurs rangs d’anciens membres de l’Harkat ul Djihad al Islami, un groupe activiste du Bangladesh.

POURQUOI LES SOUPÇONNER DES ATTAQUES DE BOMBAY?

Ces deux derniers années, les Moudjahidine ont fait des revendications plutôt crédibles de la plupart des attentats commis contre des cibles civiles en Inde.

Les attaques de Bombay ont été bien préparées et coordonnées avec beaucoup de soin, et ont concerné un nombre élevé de participants. Un tel degré de préparation est la marque de fabrique des Moudjahidine.

En mai, les Moudjahidine indiens ont spécifiquement menacé de s’en prendre aux sites touristiques si le gouvernement indien continuait de soutenir les Etats-Unis dans l’arène internationale.

EN QUOI LES ATTENTATS DE BOMBAY DIFFÈRENT-ILS DES PRÉCÉDENTS

Dans tous les attentats précédents impliquant les Moudjahidine indiens, il s’agissait d’explosions de bombes en série.

Cette fois, la coordination était toujours aussi importante, mais elle concernait des hommes armés. La tactique employée, une attaque de style militaire sur des cibles faciles, en privilégiant les étrangers et la prise d’otages, est exceptionnelle et ne correspond pas aux méthodes utilisées habituellement par les activistes dans des attentats contre des civils.

De telles attaques ont toutefois eu lieu dans le passé, notamment lors d’une opération contre la ville saoudienne de Khobar, en mai 2004.

Le commando avait donné l’assaut à deux installations pétrolières et à un centre hébergeant des travailleurs étrangers. Il avait pris plus de 50 otages et en avaient tué 22. Les assaillants avaient pris soin de demander aux captifs s’ils étaient musulmans ou chrétiens avant de choisir ceux qu’ils allaient exécuter.

27 novembre, 08h14 Les principaux attentats en Inde depuis 2005, AP – Yahoo! Actualités.

Voici quelques-uns des principaux attentats perpétrés en Inde depuis 2005, la plupart étant attribués à des militants islamistes :

26 novembre 2008: Au moins 101 personnes ont été tuées et 120 autres blessées dans une série d’attaques coordonnées à l’arme automatique et à la grenade à Mumbai (ex-Bombay) contre deux hôtels de luxe, un restaurant fréquenté par des touristes, des hôpitaux et une gare ferroviaire bondée. Cette série d’attaques a été revendiquée par les Moudjahidin du Deccan, un groupe islamiste inconnu jusque là.

- 13 septembre 2008: Au moins cinq explosions dans des quartiers commerçants très fréquentés font 21 morts et 100 à New Delhi, la capitale du pays.

- 26 juillet 2008: Seize petites bombes explosent à Ahmedabad et font 45 morts.

- 25 juillet 2008: L’explosion de sept petites bombes fait deux morts à Bangalore, la capitale de la haute technologie indienne.

- 13 mai 2008: Sept bombes explosent dans des rues et des marchés bondés devant des temples hindous de Jaïpur, tuant 80 personnes.

- 24 novembre 2007: Des explosions quasi-simultanées visent plusieurs tribunaux à Lucknow, Varanasi et Faizabad et font 16 morts.

- 25 août 2007: 43 personnes sont tuées dans trois explosions dans un parc et une échoppe à Hyderabad.

- 18 mai 2007: Une bombe explose durant la prière du vendredi dans une mosquée historique d’Hyderabad et tue 11 fidèles. Peu après la police blesse mortellement cinq personnes dans des affrontements avec des musulmans protestant contre cet attentat.

- 19 février 2007: Deux bombes explosent dans un train effectuant la liaison entre l’Inde et le Pakistan, déclenchant un incendie qui fait 68 morts.

- 11 juillet 2006: Sept déflagrations visent des gares et des trains de banlieue à Mumbai, tuant 187 personnes.

- 7 mars 2006: Trois explosions secouent un temple hindou et une gare dans la ville sainte hindoue de Varanasi et font 20 morts.

- 29 octobre 2005: 62 personnes sont tuées par trois explosions sur des marchés de New Delhi peu avant la fête religieuse hindoue de Diwali.

27 novembre, 08h19 Terrorisme en Inde : 100 morts dans une série d’attaques à Bombay, AFP – Yahoo! Actualités.

Le chef de la division antiterroriste de Bombay, Hemant Karkare, a été tué ainsi qu’au moins 10 autres membres des forces de sécurité.
[...]
Le président élu américain Barack Obama a estimé que les Etats-Unis devaient renforcer leurs liens avec l’Inde et d’autres pays pour "traquer et détruire les réseaux terroristes", selon un communiqué de l’équipe de transition. Le département d’Etat a précisé n’avoir pas connaissance de victimes américaines. Le chef de la diplomatie britannique David Miliband a condamné les attentats, tandis que l’Union européenne (UE) exprimait son "horreur et indignation". La Maison Blanche a convoqué mercredi une réunion de responsables du contre-terrorisme et du renseignement et s’est dite prête à aider le gouvernement indien.

27 novembre, 12h06 Le Pakistan condamne les attentats de Mumbai, AFP – Yahoo! Actualités.

Le Pakistan, fréquemment accusé par New Delhi de complicité avec les terroristes frappant l’Inde, a condamné jeudi les attentats de Mumbai et exhorté à la coopération contre les militants extrémistes.

27 novembre, 17h37 Le Pakistan dément fermement être impliqué dans les attaques de Bombay, AFP – Yahoo! Actualités.

"Nous sommes tout à fait affirmatifs: le Pakistan n’est pas impliqué", a déclaré le ministre, Ahmed Mukhtar, dans un entretien téléphonique.
[...]
Le Premier ministre indien Manmohan Singh avait affirmé auparavant que les attaques coordonnées de mercredi soir avaient été menées par un groupe basé "en dehors" de l’Inde, invoquant des Etats "voisins".
"Par le passé, ils (les responsables indiens) avaient déjà réagi de la sorte lors de précédentes attaques, mais il a été ensuite prouvé qu’ils avaient tort", a estimé le ministre pakistanais de la Défense.
"Notre expérience du passé nous enseigne que l’on devrait se garder de tirer des conclusions hâtives", avait auparavant déclaré le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi, depuis l’Inde, où il se trouve pour des pourparlers de paix entre les deux puissances nucléaires de l’Asie du Sud, qui se sont affrontées dans trois guerres depuis leur création en 1947.
[...]
Jeudi, un haut responsable des services de renseignement russes a également affirmé que certains des assaillants de Bombay étaient liés à Al-Qaïda, évoquant le Lashkar-i-Tayyiba, qui leur aurait fourni un entraînement dans des camps à la frontière entre le Pakistan et l’Inde.
Le réseau d’Oussama Ben Laden, grâce à l’aide des talibans pakistanais, a reconstitué ses forces dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, frontalières avec l’Afghanistan, où l’armée pakistanaise les combat.

27 novembre, 20h06 Attaques de Bombay: un hôtel pratiquement libéré des islamistes, le Pakistan accusé, AFP – Yahoo! Actualités.

Un haut responsable militaire indien a affirmé que les assaillants étaient venus du Pakistan, souvent accusé par l’Inde de soutenir des activistes musulmans à l’origine d’attentats sur son sol. Islamabad a aussitôt rejeté ces accusations.
Le Premier ministre indien Manmohan Singh avait peu avant accusé un groupe basé "en dehors" du pays d’être responsable de ces attaques coordonnées, dans une allusion voilée au Pakistan.

28 novembre, 01h24 Attaques de Bombay: 39 personnes libérées, le Pakistan accusé, AFP – Yahoo! Actualités.

Selon l’agence de presse indienne PTI, citant des sources officielles, trois extrémistes, dont un ressortissant pakistanais, ont été arrêtés dans l’hôtel Taj Mahal.
[...]
Le Pakistanais a déclaré aux enquêteurs indiens, selon PTI, que le groupe de 12 extrémistes auquel il appartenait avait été conduit par un navire marchand à environ 10 milles nautiques de la limite des eaux territoriales indiennes et avait gagné Bombay à bord d’un petit hors-bord.
[...]
Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a estimé que les violences de Bombay portaient "certaines empreintes" d’Al-Qaïda. Son homologue français Bernard Kouchner a lui aussi évoqué Al-Qaïda, déclarant que les agresseurs étaient soupçonnés de faire partie de la "nébuleuse" de ce réseau terroriste international.

28 novembre, 10h40 Attentats de Mumbai : Bernard Kouchner ne croit "sûrement pas" à une responsabilité du Pakistan, AP – Yahoo! Actualités.

"La nature des terroristes n’étant pas précisément définie, nous ne savons pas exactement, mais enfin je crois pouvoir affirmer que ce n’est pas la responsabilité du gouvernement pakistanais", a affirmé le ministre des Affaires Etrangères sur France Inter.

Les auteurs des attaques à Mumbai, "une opération militaire montée certainement de longue date", "sont peut-être des Pakistanais", sans doute "reliés à Al Qaïda", ou éventuellement "des groupes qui ont été entretenus par des services de l’armée pakistanaise qui était en lien avec les Talibans", a reconnu le ministre, mais cela ne pourrait "sûrement pas" être du fait du gouvernement pakistanais "qui politiquement aurait décidé quoi que ce soit".

"C’est parce que M. (Asif Ali) Zardari, le nouveau président, vient de changer, et la tête de l’armée et la tête des services secrets, que nous avions confiance", a déclaré le chef du Quai d’Orsay, estimant que le président pakistanais était "déterminé à se battre contre ce terrorisme qui (a) assassiné sa femme". "Il y avait un mouvement d’espoir, c’est peut-être ça aussi qu’on a voulu détruire", a-t-il noté.

"Depuis l’élection du président Zardari, le mari de Benazir Buttho, elle-même assassinée par le même genre de personnes, les rapports s’amélioraient (entre l’Inde et le Pakistan, NDLR) et des perspectives de paix avaient été établies", a-t-il souligné.

Le Pakistan est "le maillon faible et le maillon indispensable", selon M. Kouchner, "c’est pour ça qu’il faut aider absolument le Pakistan, aider ce nouveau gouvernement". Le ministre a déclaré que des représentants pakistanais étaient attendus à une réunion à Paris "dans quelques jours" avec d’autres pays "voisins de l’Afghanistan". "Evidemment, ça s’impose encore plus après ce carnage", a-t-il souligné.

28 novembre, 12h19 Le chef des services de renseignements pakistanais va participer à l’enquête sur les attentats de Mumbai, AP – Yahoo! Actualités.

Le Pakistan va envoyer le chef de ses tout-puissants services de renseignements en Inde pour participer à l’enquête sur les attentats de Mumbai, a annoncé vendredi le gouvernement pakistanais dans un communiqué.
Cette implication du chef de l’ISI (Inter Services Intelligence) se fait à la demande du Premier ministre indien Manmohan Singh, précise le gouvernement.

28 novembre, 14h20 Inde : la bataille continue à Bombay contre les extrémistes islamistes, AFP – Yahoo! Actualités.

Vers 18H00 GMT, on ignorait combien d’assaillants restaient en liberté et combien d’otages étaient encore retenus, après la libération de dizaines d’entre eux, notamment des ressortissants étrangers.
[...]
Selon un bilan encore provisoire, au moins 130 personnes ont été tuées et plus de 370 blessées dans ces attaques et les tirs qui ont suivi. La mort d’au moins 17 étrangers a été jusqu’à présent confirmée.
Outre les cinq otages israéliens tués au centre juif, on compte deux Américains, deux Français, deux Australiens, un Britannique, un Japonais, un Allemand, un Canadien, un Italien et un Singapourien, selon leurs autorités nationales respectives.
[...]
Neuf assaillants ont été tués au cours des opérations et un autre arrêté, et 15 hommes des forces de sécurité tués, a déclaré le vice-Premier ministre de l’Etat du Maharashtra, R.R. Patil.
[...]
L’un des assaillants de l’Oberoi/Trident, interrogé par une télévision, a affirmé que le groupe réclamait la fin des "persécutions" contre les musulmans d’Inde, une forte minorité de 150 millions de personnes, victimes de violences par le passé, dans ce pays de 1,2 milliard d’habitants, hindous en majorité.

29 novembre, 04h01 Inde: des islamistes toujours retranchés dans un hôtel, au moins 155 morts à Bombay, AFP – Yahoo! Actualités.

Les islamistes avaient stocké à l’avance des armes et des explosifs à l’hôtel Oberoi/Trident, a déclaré un responsable indien à l’AFP.

Inde, Yahoo! Actualités.
Pakistan, Yahoo! Actualités.


[1] Lire :
• VERON Eliseo, Construire l’événement – Les médias et l’accident de Three Mile Island, Minuit, 1981.
• Modèle de propagande, Wikipédia.
• Dossier Noam CHOMSKY, Monde en Question.
• Dossier Edward BERNAYS, Monde en Question.
• Dossier Eliseo VERON, Monde en Question.
• Dossier Propagande, Monde en Question.
• Dossier Médias, Monde en Question.
• Dossier AFP, Monde en Question.

 

Le terrorisme, une arme de propagande (1)


Tous les médias dominants reprennent en chœur le même discours sur les "attentats terroristes" à Bombay, la spéculation d’une implication de la nébuleuse Al-Qaïda et donc de groupes islamistes. Ainsi, les musulmans sont les auteurs, désignés par avance, d’une série de fusillades et d’explosions qui ont débuté mercredi à Bombay.

La terreur semée à Bombay peut avoir servi, simultanément, plusieurs intérêts. Rappelons que :

1) La violence armée est fréquente en Inde. Elle a déjà fait plusieurs centaines de morts depuis le début de l’année.

2) Tous les groupes baptisés "islamistes" ont été fabriqué au début des années 1980 non seulement par l’ISI (services secrets pakistanais) mais aussi par la CIA (services secrets américains).

Accuser aujourd’hui les groupes baptisés "islamistes" ou les services secrets pakistanais, revient à avouer l’intérêt des États-Unis qui veulent leur victoire en Afghanistan au prix d’une déstabilisation de toute la région.

3) "Le terrorisme mondial" est une expression de la propagande, créée par les USA en septembre 2001 et reprise par la Russie, la Chine et l’Europe, pour justifier une guerre perpétuelle…

Quand RFI titre "La chasse aux islamistes se poursuit à Bombay" alors que la revendication vient "d’un groupe islamiste inconnu", ce média aux ordres avoue l’intérêt de cette opération. On nous refait le coup du "11 septembre" sur fond de crise (guerre) économique.

Les attentats qui ont endeuillé Bombay, la capitale économique de l’Inde, doivent inciter les autorités indiennes et l’ensemble de la communauté internationale à renforcer la lutte contre le terrorisme et les migrations clandestines, a déclaré vendredi à RIA Novosti le sénateur russe Mikhaïl Marguelov.

[...]

M.Marguelov estime que dans le contexte actuel de crise financière mondiale, dont les conséquences ne font que commencer à se manifester, il convient de s’attendre à un regain d’activité terroriste partout dans le monde.

"La baisse générale inévitable du niveau de vie se répercutera de manière catastrophique sur les pays du tiers monde et ne manquera pas de radicaliser certaines couches de la population, en contribuant à la propagation du fondamentalisme, du terrorisme, du nationalisme et du fanatisme religieux à travers le monde", a indiqué le sénateur.

Lire aussi :
• Inde – Dossier d’actualité, Yahoo! Actualités.
• Revue de presse indienne, NouvelObs.
• Revue de presse européenne, euro|topics.
• Revue de presse française, NouvelObs.
• Revue de presse française, Xinhua.
• L’Agence de Presse chinoise Xinhua recense les condamnations sans commenter l’événement.

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