Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Irak

Ebriété guerrière


 

Quelques remarques sur le carnage de Paris

1) L’État islamique [EI] est passé à l’offensive : en dix jours, il a abattu un avion de ligne russe, massacré des Hazaras chiites en Afghanistan, fait sauter une bombe dans la banlieue de Beyrouth et maintenant Paris.

2) Les gouvernements occidentaux, les USA et la France en particulier, avec leurs alliés saoudiens, qataris et turcs, sont directement responsables de l’arrivée et de l’expansion de l’EI, à travers leurs politiques en Syrie qui ont choyé et nourri l’EI et ses organisations terroristes sœurs.

3) Il n’existe pas sur terre de moyen d’éliminer la menace que constituent l’EI et les organisations du type Al-Qaïda sans aller à la source, en Arabie saoudite, qui est le QG officiel de l’interprétation terroriste de l’islam [inspirée d’]Ibn Taymiyya.

5) Les gouvernements occidentaux ET les médias sont restés assez cyniquement silencieux au sujet des victimes du terrorisme de l’EI si ces victimes civiles se trouvaient appartenir à la catégorie des « ennemis » des gouvernements occidentaux. Les gouvernements ET les médias – regardez les dépêches du [New York] Times et du [Washington] Post sur la Syrie depuis quatre ans – ont constamment ignoré et même applaudi aux massacres sectaires de civils syriens et libanais s’ils semblaient perpétrés par des adversaires du régime syrien.

6) Exactement comme l’EI et Al-Qaïda ont apporté le terrorisme au cœur de l’Occident, les gouvernements occidentaux ont exporté la mort et la destruction au Moyen-Orient et en Afrique du Nord : du Mali à la Libye, à l’Egypte, au Soudan, en Somalie, en Irak, au Pakistan, en Afghanistan. Le terrorisme qui a frappé les habitants de ces pays est celui de l’EI et d’Al-Qaïda, celui des bombes, des missiles et des drones des gouvernements occidentaux.

9) Exactement comme des puissances occidentales ont créé et nourri les précurseurs d’Al-Qaïda en Afghanistan, pour vaincre le régime communiste qui s’y trouvait alors, les mêmes puissances ont créé et nourri un cocktail des pires terroristes moyen-orientaux qu’on ait jamais vu en Syrie en espérant qu’ils allaient provoquer la chute du régime.

10) L’histoire du terrorisme de l’EI a commencé, non seulement avec l’invasion de l’Irak et ses répercussions, en 2003, mais également avec la création d’un vaste refuge pour le terrorisme islamiste en Libye. La Libye a été le plus beau cadeau fait au jihadisme terroriste depuis la chute des Talibans.

11) Les USA et la France ont (avec leurs alliés au sein du Conseil de coopération du Golfe) créé la culture du terrorisme dans la région, en créant imprudemment un refuge terroriste en Syrie au nom de la lutte pour « la démocratie et la laïcité » (pour reprendre les mots stupides de John Kerry), en créant de fort discutables distinctions entre les divers terroristes en Syrie, en y passant des alliances avec le Front Al-Nosra et ses filiales.

19) Les gouvernements ne peuvent pas avoir le beurre et l’argent du beurre ; ils ne peuvent pas continuer à soutenir les régimes du Golfe, et à les armer, tout en prétendant lutter contre le terrorisme. [c’est moi qui souligne]

20) Les gouvernements et les médias occidentaux sont responsables de la dénonciation et de la condamnation fort sélective de cette culture : ils se taisent à propos des crimes commis chaque jour à l’encontre de la population civile palestinienne par l’allié clé de l’Occident, l’État israélien terroriste.

26) L’islam des régimes arabes est un islam dangereux et conservateur. Il ne peut pas être changé par les chefs militaires des forces occidentales, mais il peut l’être par les peuples de la région si on les laisse penser et choisir librement [et non imposer la « démocratie » avec des bombes]. Mais ni l’Occident, ni les régimes arabes ne le veulent.

Source : Culture et politique arabes

Ebriété guerrière

Décidée de manière solitaire, sans débat public, sans participation autre que purement décorative du Parlement, dans un alignement médiatique conforme aux habitudes du journalisme de guerre, l’intervention militaire française soulève néanmoins plusieurs questions de fond.

[…]

L’autre question fondamentale tient à la légitimité et à l’efficacité des interventions militaires occidentales par rapport même aux buts qu’elles s’assignent. L’OEI n’est que l’avatar un peu plus sanglant d’un salafisme djihadiste encouragé par le wahabbisme d’Arabie saoudite, une monarchie obscurantiste que les capitales occidentales n’ont cessé de dorloter. Au demeurant, à moins d’imaginer que l’objectif que visent à présent les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, etc., soit simplement de s’assurer que le Proche-Orient et les monarchies obscurantistes du Golfe demeureront un marché dynamique pour leurs industries de l’armement, comment ne pas avoir à l’esprit le bilan proprement calamiteux des dernières expéditions militaires auxquelles Washington, Paris, Londres, etc. ont participé, ou que ces capitales ont appuyées ?

Entre 1980 et 1988, lors de la guerre entre l’Iran et l’Irak, les pays du Golfe et les puissances occidentales ont largement aidé le régime de Saddam Hussein, en espérant ainsi affaiblir l’Iran. Objectif atteint au prix d’un million de victimes. Quinze ans plus tard, en 2003, une coalition emmenée par les États-Unis et le Royaume-Uni (mais sans la France) détruisait l’Irak de Saddam Hussein. Résultat, ce pays, ou ce qu’il en reste, est devenu un allié très proche… de l’Iran. Et plusieurs centaines de milliers de ses habitants ont péri, principalement des suites d’affrontements confessionnels entre sunnites et chiites. Pour que le désastre soit tout à fait complet, l’OEI contrôle une partie du territoire irakien.

Même scénario en 2011 quand, outrepassant le mandat d’une résolution de l’Organisation des Nations unies, les Occidentaux ont provoqué la chute de Mouammar Kadhafi. Ils prétendaient ainsi rétablir la démocratie en Libye, comme si ce souci avait jamais déterminé la conduite de leur politique étrangère dans la région. Aujourd’hui, la Libye n’est plus un pays, mais un territoire où s’affrontent militairement deux gouvernements. Elle sert d’arsenal, de refuge aux groupes terroristes les plus divers, dont l’OEI, et de facteur de déstabilisation régionale.

[…]

Comme toujours, le discours de « guerre » se double d’un dispositif sécuritaire et policier renforcé. On sait à quels excès cela a donné lieu aux États-Unis. En France, il est déjà question de rétablissement des contrôles aux frontières, de déchéances de nationalité et de modification de la Constitution afin, comme vient de l’expliquer le président de la République, de « permettre aux pouvoirs publics d’agir contre le terrorisme de guerre« .

Source : Le Monde diplomatique

Au-dessus de la mêlée

Ces guerres, je le sais, les chefs d’État qui en sont les auteurs criminels n’osent en accepter la responsabilité; chacun s’efforce sournoisement d’en rejeter la charge sur l’adversaire. Et les peuples qui suivent, dociles, se résignent en disant qu’une puissance plus grande que les hommes a tout conduit. On entend, une fois de plus, le refrain séculaire : « Fatalité de la guerre, plus forte que toute volonté » – le vieux refrain des troupeaux, qui font de leur faiblesse un dieu, et qui l’adorent. Les hommes ont inventé le destin, afin de lui attribuer le désordre de l’univers, qu’ils ont pour devoir de gouverner. Point de fatalité! La fatalité, c’est ce que nous voulons. Et c’est aussi, plus souvent, ce que nous ne voulons pas assez. Qu’en ce moment, chacun de nous fasse son mea culpa ! Cette élite intellectuelle, ces Eglises, ces partis ouvriers, n’ont pas voulu la guerre… Soit ! Qu’ont-ils fait pour l’empêcher ? Que font-ils pour l’atténuer ? Ils attisent l’incendie. Chacun y porte son fagot.

Le trait le plus frappant de cette monstrueuse épopée, le fait sans précédent est, dans chacune des nations en guerre, l’unanimité pour la guerre. C’est comme une contagion de fureur meurtrière qui, venue de Tokio il y a dix années, ainsi qu’une grande vague, se propage et parcourt tout le corps de la terre. A cette épidémie, pas un n’a résisté. Plus une pensée libre qui ait réussi à se tenir hors de l’atteinte du fléau. Il semble que sur cette mêlée des peuples, où, quelle qu’en soit l’issue, l’Europe sera mutilée, plane une sorte d’ironie démoniaque. Ce ne sont pas seulement les passions de races, qui lancent aveuglément les millions d’hommes les uns contre les autres, comme des fourmilières, et dont les pays neutres eux-mêmes ressentent le dangereux frisson; c’est la raison, la foi, la poésie, la science, toutes les forces de l’esprit qui sont enrégimentées, et se mettent dans chaque État, à la suite des armées. Dans l’élite de chaque pays, pas un qui ne proclame et ne soit convaincu que la cause de son peuple est la cause de Dieu, la cause de la liberté et du progrès humains. Et je le proclame aussi !…

[…]

Mais les deux puissances morales, dont cette guerre contagieuse a le plus révélé la faiblesse, c’est le christianisme, et c’est le socialisme. Ces apôtres rivaux de l’internationalisme, religieux ou laïque se sont montrés soudain les plus ardents nationalistes.

[…]

Quant à vous, socialistes, qui prétendez, chacun, défendre la liberté contre la tyrannie – Français contre le Kaiser, Allemands contre le tsar – s’agit-il de défendre un despotisme contre un autre despotisme ? Combattez-les tous les deux, et mettez-vous ensemble !

Romain Rolland
15 septembre 1914
Source : Journal de Genève

Lire aussi :
• La stratégie du chaos, il manifesto – Tlaxcala.
• Une histoire de la Françafrique, Polémix et la Voix off.
comment expliquer le terrorisme qui frappe la France ? Outre les actuels facteurs sociaux et économiques, parce que les puissances occidentales ont – depuis des siècles – le pouvoir de faire n’importe-quoi dans le monde entier. Coloniser. Massacrer. Piller. Contrôler. Mettre en place et soutenir des dictatures. Exterminer les oppositions intelligentes et donc laisser la place, voire favoriser les religieux… Exemple : l’Histoire de la France en Afrique est une suite d’horreurs et d’erreurs.
• Le mythe de la « destinée manifeste » des États-Unis, Les Yeux du Monde.
Syrie, Monde en Question.
Dossier documentaire Afghanistan, Monde en Question.
Dossier documentaire Irak, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

Revue de presse Attentats Paris



Así amanecía hoy Francia…
Ah, no, espera.
Esto es Siria y a la prensa no le importa.

 

Suivre l’actualité, courir après le vent.
Penser l’actualité, marcher à contre-courant.

14/11/2015, Bachar El Assad sur les attaques terroristes à Paris : la France récolte ce qu’elle a semé

Journaliste : Quelle est votre réaction à ce qui s’est passé hier à Paris ?
Bachar al-Assad : Tout d’abord, nous présentons nos condoléances aux familles françaises qui ont perdu leurs proches hier. Nous sommes les personnes les plus à même de comprendre leur situation car nous avons souffert de ce type de terrorisme durant les 5 dernières années en Syrie.

Et il n’est pas possible de dissocier ce qui s’est passé hier en France de ce qui s’est produit à Beyrouth il y a deux jours, car le terrorisme reste le terrorisme. Il ne faut pas le considérer comme frappant dans des lieux différents, le terrain syrien, le terrain yéménite, le terrain libyen ou le terrain français : en réalité, c’est un seul et même terrain mondial.

Journaliste : Vos services de renseignement ont-ils des informations sur les personnes qui ont commis cette opération terroriste, étaient-ils Syriens ou en relation avec des gens en Syrie ?
Bachar al-Assad : Non, nous n’avons aucune information sur ce qui s’est passé. Mais la question n’est pas de connaître le nom des terroristes ou de savoir d’où ils venaient. Cela fait 3 ans que nous avons averti que de telles choses allaient se produire en Europe. Nous avons dit : ne participez pas à ces événements cataclysmiques en Syrie, car les conséquences de cela s’étendront à toutes les régions du monde.

Malheureusement, les responsables européens n’ont pas accordé d’importance à nos déclarations, mais ils ont pensé que nous les menacions, de même qu’ils n’ont pas tiré les leçons des événements de janvier à Charlie Hebdo.

Leurs déclarations selon lesquelles ils sont contre le terrorisme n’ont aucune valeur. Ils doivent combattre sérieusement le terrorisme, et appliquer les bonnes politiques.

Journaliste : Les services de renseignement français ont-ils demandé l’assistance des vôtres, et êtes-vous prêts à les aider à combattre le terrorisme ?
Bachar al-Assad : La question n’est pas de demander de l’aide. Ils n’ont qu’une chose à faire, c’est d’être sérieux (dans leur lutte contre le terrorisme), et nous serons alors prêts à combattre le terrorisme à leurs côtés. Nous sommes prêts à combattre le terrorisme aux côtés de tout partenaire sérieux dans cette lutte, mais le gouvernement français n’est pas sérieux jusqu’à présent.

Journaliste : Avez-vous un message à adresser au Président Hollande ?
Bachar al-Assad : Agissez dans l’intérêt de votre peuple. La première question que pose tout citoyen français aujourd’hui est celle-ci : est-ce que la politique (extérieure) française de ces cinq dernières années a apporté le moindre bénéfice au peuple français ?

Et de fait, la réponse est non.

Donc ce que je lui demande est d’agir dans l’intérêt du peuple français. Et s’il veut faire cela, il doit changer sa politique.

Journaliste : Quelle est la condition pour que le gouvernement syrien puisse collaborer avec le gouvernement français, ou les services de renseignement syrien avec leurs homologues français ?
Bachar al-Assad : Il n’est pas possible d’envisager une coopération sur le plan du renseignement avant qu’il y aie une coopération politique. Il n’est pas possible d’avoir une coopération des services de renseignement pour la lutte contre le terrorisme tant que la politique française continuera à soutenir le terrorisme. Voilà ce que j’ai appelé le sérieux (dans la lutte contre le terrorisme).

Journaliste : Merci beaucoup.

14/11/2015, Laurent Wauquiez veut ouvrir des « centres d’internement »

La dernière fois que la France a installé sur son sol des centres d’internement remonte à la guerre d’Algérie sous la IVe République. En mars 1956, l’état d’urgence est remplacé par les pleins pouvoirs. Le gouvernement de Guy Mollet est alors autorisé par les députés « à prendre toutes mesures exceptionnelles en vue du rétablissement de l’ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire ».
En métropole, quatre camps accueilleront jusqu’à 5000 internés algériens. En 1957, seules des personnes ayant été frappé d’une condamnation judiciaire préalable pouvaient y être enfermées. L’ordonnance du 7 octobre 1958 lèvera cette restriction en étendant l’assignation à résidence à toutes les « personnes dangereuses pour la sécurité publique en raison de l’aide matérielle, directe ou indirecte, qu’elles apporteraient aux rebelles des départements algériens ».

15/11/2015, François Hollande veut modifier la loi pour que l’état d’urgence dure trois mois

L’état d’urgence permet aux autorités « d’interdire la circulation des personnes » et d’instituer « des zones de protection ou de sécurité » où le séjour des personnes est réglementé, selon la loi de 1955, qui a instauré cette procédure exceptionnelle au début de la guerre d’Algérie.
[…]
Plusieurs fois mis en œuvre durant la guerre d’Algérie, l’état d’urgence n’a été décrété que deux fois depuis : en 1985, en Nouvelle-Calédonie, lors des affrontements qui avaient alors touché l’archipel, et en 2005, face aux émeutes dans les banlieues, à l’initiative du gouvernement de Dominique de Villepin.

14/11/2015, Le gouvernement allemand projette une offensive militaire mondiale

Sous prétexte de « combattre les causes du flot de [réfugiés] », des groupes de réflexion sur la politique de défense et la politique étrangère discutent et préparent de nouvelles interventions militaires de l’armée allemande (Bundeswehr) en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie.
[…]
« Des missions militaires allemandes sont planifiées, élargies ou étendues du Mali à l’Irak et jusqu’à l’Afghanistan – à un point que personne n’aurait pu imaginer il y a juste quelques mois, » écrivent ses auteurs. Le gouvernement est actuellement en train d’évaluer « la possibilité d’affecter des avions de reconnaissance Tornado en périphérie du conflit syrien. »
[…]
De plus, le déploiement de la Bundeswehr devait être étendu au Mali et le ministère de la Défense réfléchissait même à une éventuelle mission militaire dans « l’Etat failli de Libye ».
[…]
Des officiers allemands plus éloquents sont allés encore plus loin. Domröse a déjà évoqué d’éventuelles missions en Syrie et en Irak.

15/11/2015, Les attentats de Paris – « Passeport »

Dans le cadre de l’enquête sur les massacres à Paris, un passeport syrien a été retrouvé près de l’un des kamikazes du Stade de France. Après avoir été désigné comme responsable des attentats par le président Hollande, « l’Etat Islamique », a reconnu être à la base de ces actions. Pour l’exécutif français qui avait déclaré vouloir intervenir en Syrie contre l’EI, en réalité contre Bachar El Assad qui « doit partir», il s’agit là d’un indice important devant conforter une opération militaire.
[…]
Concernant les massacres parisiens, il semblerait qu’une des premières préoccupations des terroristes soit d’être identifiés le plus rapidement possible. Cependant ce paradoxe nous étonne à peine. Un papier d’identité, trouvé miraculeusement et désignant l’auteur des attentats venant d’être commis, est devenu un classique. Il s’agit d’un évènement qui se répète, une compulsion de répétition désignant à chaque fois un coupable appartenant à une « mouvance jihadiste ».
[…]
Dans l’affaire Charlie Hebdo, les enquêteurs ont retrouvé la carte d’identité de l’aîné des frères Kouachi dans la voiture abandonnée dans le nord-est de Paris. A partir de ce document, la police s’aperçoit qu’il s’agit d’individus connus des services antiterroristes, des « pionniers du djihadisme français. » La « traque » peut alors commencer. Comment des tueurs, commettant un attentat avec un sang froid et une maîtrise qualifiés de professionnels, peuvent-ils commettre une telle erreur. Ne pas s’encombrer de ses papiers fait pourtant partie de l’abc du simple cambrioleur.

14/11/2015, Èric Lluent, El peligro de ponerse la foto de perfil con el filtro de la bandera francesa

A raíz del atentado de este viernes en París, Facebook ha impulsado un filtro opcional para todos los usuarios de la red. En esta ocasión, el filtro pretende solidarizarse con las víctimas del atentado convirtiendo tu foto de perfil en una imagen que funde la original con los colores de la bandera de Francia. Por supuesto, minuto tras minuto los usuarios van utilizando la herramienta, llevados por el choque emocional que suponen los ataques en la capital francesa. Es evidente (aunque no creo que sea deseable) que en el mundo hay muertos de primera y muertos de segunda, incluso de tercera y cuarta. Es hasta cierto punto entendible que a un ciudadano europeo le aflija más un atentado en París que otro en Beirut.
[…]
Utilizar el filtro de Facebook para solidarizarse con las víctimas de los atentados en París es apoyar una visión del mundo en la que sólo preocupan las muertes de ciudadanos occidentales.

14/11/2015, Carlos Aznárez, ¿El horror en París es diferente al de Siria, Iraq, Palestina y El Líbano?

Con esas y otras actitudes similares dejan al descubierto que junto con los asesinos de un yihadismo que no representa de ninguna manera al Islam, ellos -los Hollande, Sarkozy, Rajoy, Merkel y quienes los auspician desde el Pentágono, son los principales responsables de estas acciones bárbaras. Las han alimentado persiguiendo hasta el cansancio a los musulmanes de la periferia de Paris y las diversas ciudades francesas, negándole el uso de recintos para hacer sus oraciones o generando allanamientos en las mezquitas donde era común practicar pacíficamente su derecho al rezo. Allí están como ejemplo esas leyes que prohíben desde 2011 el uso del velo y también la pollera islámica y la burka en los espacios públicos, no obligando de la misma manera a ciudadanos franceses que comulgan con el judaísmo.

Segregando al mundo islámico y exhibiéndolo ante la sociedad francesa como « el enemigo », de la misma manera que Israel hace con los palestinos desde hace más de seis décadas. No es misterio para nadie y menos para los devaluados Servicios de Inteligencia francesa, que muchos de los humillados, desempleados y perseguidos por leyes draconianas y racistas que habitaban en la « Banlieue » parisina, fueron cooptados primero por el Frente Al Nusra y luego directamente por el ISIS para que sean parte de la experiencia de sembrar el terror en Siria e Iraq y lo más paradójico es que salieron desde el territorio francés en numerosas ocasiones con el visto bueno de un gobierno que los sintió como sus « soldados de avanzada ».

Lire aussi :
Syrie, Monde en Question.
Dossier documentaire Afghanistan, Monde en Question.
Dossier documentaire Irak, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

L’Occident ne peut combattre le jihadisme en soutenant ses parrains !


 

Depuis plusieurs années, j’ai pu comprendre, étayer et documenter le fait que les réseaux jihadistes sont non seulement des ennemis mortels des peuples à travers le monde, mais qu’ils sont aussi des forces clandestinement utilisées par les États occidentaux et leurs alliés du golfe Persique dans la satisfaction d’intérêts profonds inavouables. En mars dernier, dans un important article intitulé « L’État islamique, cancer du capitalisme moderne », Nafeez Ahmed avait résumé cette instrumentalisation récurrente de milices jihadistes par les principales puissances de l’OTAN et leurs partenaires afin de déstabiliser l’Afghanistan, la Bosnie, le Kosovo, la Libye puis la Syrie. Comme l’a souligné le journaliste Marc de Miramon dans L’Humanité en juillet 2015, « pour Alain Chouet, ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE, la guerre de civilisation et celle contre le terrorisme brandies par le gouvernement [français] comme par l’opposition de droite constituent une imposture qui en masque une autre, celle de l’alliance militaire entre les pays occidentaux et les parrains financiers du djihad. » Dans le contexte de cette interview, Alain Chouet désignait les pétromonarchies wahhabites, essentiellement l’Arabie saoudite et le Qatar, auxquelles la France vend des armements sophistiqués malgré leur soutien notoire aux principaux réseaux jihadistes – et pas seulement en Syrie. Soulignons-le : Monsieur Chouet est un ancien officier de renseignement qui a travaillé de nombreuses années en tant que chef du contre-terrorisme à la DGSE, les services secrets extérieurs français. Cet homme plus que tout autre sait de quoi il parle lorsqu’il affirme que nos « alliés » du Golfe sont « les parrains financiers du djihad ». Ainsi, son constat est aussi alarmant que révoltant en ce funeste 13-Novembre, dans notre France déjà meurtrie par les attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher et de Montrouge.

En janvier 2015, à la suite de ces attentats abominables, j’avais écrit dans un élan de rage et de tristesse que « notre actuel ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a ouvertement soutenu en décembre 2012 le Front al-Nosra – c’est-à-dire la branche syrienne d’al-Qaïda. [À cette époque, cette organisation incluait Daech, ces deux factions s’étant séparées en avril 2013]. (…) Selon les informations du journal Le Monde, « la décision des États-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition [en Syrie]. M. Fabius a ainsi estimé, mercredi, que « tous les Arabes étaient vent debout » contre la position américaine, « parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot ». « C’était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne », a ajouté le ministre. (…) Plus grave encore : en août 2014, le journal Le Monde a révélé que le Président Hollande avait ordonné aux services spéciaux français de livrer clandestinement des armes de guerre à des rebelles « modérés » en Syrie – ce qui est contraire à la Charte des Nations Unies [et à l’embargo sur les armes alors en vigueur]. Malheureusement, il s’est avéré [que, selon le Canard Enchaîné du 21 janvier 2015, la plupart] des armements livrés par les services français sont – d’une manière ou d’une autre – tombés entre les mains de groupes jihadistes, qui se réjouissent aujourd’hui de la vague d’attentats qui déstabilise la France en profondeur. » Et l’État français n’est pas le seul fautif dans ce fiasco syrien. Selon l’expert Joshua Landis, « entre 60 et 80 % des armes que les États-Unis ont introduites en Syrie [depuis 2011] sont allées à al-Qaïda et les groupes qui lui sont affiliés ».

À partir de l’année 2014, deux parlementaires de l’opposition ont successivement dénoncé le rôle trouble des services spéciaux français dans ce conflit, l’un d’entre eux ayant même déclaré en juin 2015 sur La Chaîne Parlementaire que « la France soutient al-Qaïda en Syrie ». En effet, d’après le député Claude Goasguen, « la France [appuie] des rebelles syriens, qui sont soi-disant des rebelles démocrates. (…) Qui a récupéré les rebelles syriens démocrates ? [Le Front] al-Nosra. Qu’est-ce que c’est qu’al-Nosra, al-Nosra c’est pas al-Qaïda ? (…) [C]ertains rebelles ont été récupérés par al-Qaïda avec des armes françaises[.] (…) Monsieur [le député (PS) Olivier Dussopt], nous continuons à fournir des armes à al-Nosra, par l’intermédiaire des rebelles syriens ! Je le dis, je l’ai dit à Monsieur le Drian en Commission de la Défense, je l’ai dit à Monsieur Fabius, comme tous les autres députés [sic]. Il va falloir éclairer tout ça ! L’attitude de la France en Syrie n’est pas nette ! » Comme je l’avais souligné à l’époque, ces révélations fracassantes du député Goasguen ont été quasiment ignorées par les médias français. J’avais également relevé le fait que ce « député LR accus[ait] l’actuel gouvernement de soutenir al-Qaïda en Syrie (Front al-Nosra), alors que la majorité précédente, dont il est issu, s’était accommodée du fait qu’al-Qaïda en Libye (GICL) [L’Express] avait été intégrée aux opérations de l’OTAN ! Voila à quel niveau notre État s’est abaissé, depuis quelques années, dans sa « post-politique arabe de la France ». Néanmoins, même en cas de changement de majorité, le prochain gouvernement continuera certainement de vendre des armements sophistiqués au Qatar et à l’Arabie saoudite – qui restent les principaux soutiens du jihadisme à travers le monde. » [LibérationChallenges]

Plus globalement, depuis le 11-Septembre, les intérêts profonds évoqués au début de cet article représentent un nombre inestimable de milliards de dollars de bénéfices pour différentes entreprises privées, principalement générés par la soi-disant « guerre contre le terrorisme ». Financées à perte par les contribuables occidentaux [Courrier international], ces interventions militaires catastrophiques et meurtrières ont engendré d’immenses profits pour les multinationales impliquées dans ce désastre mondial [Peter Dale Scott] – tout en déstabilisant le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Asie centrale au point que les groupes extrémistes qui y sévissent aujourd’hui semblent inarrêtables. La catastrophe qu’a constitué jusqu’à présent cette soi-disant « guerre contre le terrorisme » est sans précédent : elle aurait tué au moins 1,3 millions de civils rien qu’en Irak et en « AfPak » depuis 2001 [iTélé], les foyers jihadistes se sont multipliés à travers le monde, et tant Daech qu’al-Qaïda semblent plus menaçants, fanatiques et enracinés que jamais. Affirmons-le clairement : dans le monde occidental, ce fléau jihadiste justifie des guerres à la légalité, à l’efficacité et à la légitimité douteuses, tout en accélérant un basculement autoritaire de nos États – ce qui s’est notamment traduit en France par la dangereuse « loi Renseignement ». À l’heure où j’écris ces lignes, le Président Hollande vient de décréter l’état d’urgence national, et nul doute qu’un durcissement sécuritaire majeur est en vue – sans parler d’une escalade militaire qui aggravera certainement ces conflits trop lointains et complexes pour que les citoyens s’y opposent. Au vu de l’échec retentissant de la « guerre globale contre le terrorisme », il serait peut-être temps de réfléchir collectivement à son utilité, au lieu de céder à la tentation de répondre à la violence par la violence.

Néanmoins, ces guerres auto-génératrices [Dedefensa] ne doivent plus masquer une réalité aussi cruelle que scandaleuse : depuis la fin des années 1970, des puissances occidentales majeures et leurs alliés du Golfe ont soutenu l’essor des principaux réseaux islamistes à travers le monde [Middle East], que ce soit de manière directe ou non selon les circonstances et les acteurs concernés. En octobre 2015, après qu’une parlementaire états-unienne ait dénoncé sur CNN le soutien d’al-Qaïda par la CIA pour renverser Bachar el-Assad [Maxime Chaix], un ancien officier de la CIA spécialisé dans le contreterrorisme m’a confirmé la collaboration de l’Agence avec cette nébuleuse terroriste pour faire tomber le gouvernement syrien [Maxime Chaix]. Récemment, j’ai étudié en profondeur l’implication massive et clandestine des services spéciaux occidentaux et moyen-orientaux dans le soutien de réseaux jihadistes combattant le régime el-Assad, dont la branche « syrienne » d’al-Qaïda [Maxime Chaix]. Insistons sur ce point : cet engagement clandestin de l’Agence et de ses alliés contre le gouvernement syrien implique militairement la France. En effet, en la comparant à la guerre secrète de la CIA en Afghanistan, l’éditorialiste du Point Michel Colomès a récemment écrit que les « Américains et [les] Français, depuis l’entrée de la Russie dans la guerre syrienne, fournissent des armes à des islamistes réputés fréquentables. Ils ont la mémoire courte ». D’autres « islamistes réputés fréquentables » qui seraient revenus de Syrie sont-ils à l’origine de ces terribles attentats du 13-Novembre ? Il est encore trop tôt pour répondre à cette question, mais il est clair que ces terroristes ont agi de façon coordonnée selon un mode opératoire clairement militarisé et jihadiste – deux, voire trois kamikazes ayant actionné leurs bombes devant notre Stade de France, symbole de l’unité, de la liesse populaire et du rassemblement.

Dans notre pays meurtri par ce funeste 13-Novembre, le fait que le gouvernement français soutienne des jihadistes à l’étranger, et qu’il commerce sereinement avec leurs principaux parrains étatiques est grave, dangereux et inacceptable [Courrier international] ! Aucune raison d’État, aucun intérêt supérieur, aucun impératif économique, diplomatique ou géopolitique ne peuvent le justifier. Ce constat doit susciter la mobilisation générale de tous les citoyens français. Nous devons faire pression sur notre gouvernement afin qu’il cesse d’armer et de soutenir les États qui répandent le fléau jihadiste à travers le monde depuis des décennies, au premier rang desquels l’Arabie saoudite et le Qatar. En effet, comme l’avait déclaré Alain Chouet dans l’interview citée au début de cet article, « ce que nous appelons salafisme, en arabe, cela s’appelle wahhabisme. Et là nous sommes à contre-emploi de manière systématique et dans toutes les situations d’affrontement militaire, puisqu’au Moyen-Orient, au Sahel, en Somalie, au Nigeria, etc., nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis trente ans le phénomène terroriste. »

Mes chers compatriotes, je vous remercie d’envoyer massivement cet article au Président de notre République, à nos élus et à votre entourage, puisque l’État français et ses alliés occidentaux ne peuvent combattre le fléau jihadiste en soutenant ses parrains du golfe Persique. Ils ne pourront pas non plus lutter efficacement contre le terrorisme s’ils appuient clandestinement des réseaux islamistes pour renverser des gouvernements étrangers, comme en Libye puis en Syrie. Mobilisons-nous pour mettre en échec ces politiques profondes dangereuses et inacceptables !

Maxime Chaix
Source : MondialisationDedensa.

Lire aussi :
Syrie, Monde en Question.
Dossier documentaire Afghanistan, Monde en Question.
Dossier documentaire Irak, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

Le prix de la croisade


 

Depuis le 8ème siècle, la France monarchiste et chrétienne puis républicaine et laïque, fait la guerre contre les musulmans.

Lors des croisades (1095-1291), la France participa à la conquête de la Palestine, la Jordanie, le Liban et la Syrie. Cette guerre sainte visait à détruire par le feu et par le sang les populations locales qui avaient le tort de vivre sur des terres que l’Occident chrétien revendiquaient comme siennes.
Ainsi furent détruites Jérusalem et Damas, villes saintes pour les chrétiens. Les croisés ne contentèrent pas, le 15 juillet 1099, de conquérir Jérusalem, mais ils massacrèrent tous les musulmans et brulèrent les juifs dans leurs synagogues au nom de la civilisation.
À l’inverse, Saladin, le barbare arabo-musulman, permit aux chrétiens, après la prise de Jérusalem le 2 octobre 1187, de quitter la ville et de regagner la côte sains et saufs avec une partie de leurs biens.

Depuis 2001, la France (de l’extrême-droite à l’extrême-gauche) participe à la croisade occidentale contre les musulmans, baptisés islamistes et donc terroristes par la propagande. Les croisés catho-laïques, à la mode Charlie, bombardent courageusement à plus de dix mille mètres d’altitude les populations d’Afghanistan, d’Irak, de Libye, de Syrie, qui ont le tort de vivre sous une dictature soutenue par les mêmes gouvernements qui la combattent aujourd’hui.
La guerre au sol, plus dangereuse, est sous-traitée avec des mercenaires de tous bords y compris avec des groupes terroristes financés, armés et entrainés par ceux qui prétendent les combattre (voir les articles sur la guerre contre Afghanistan). Sans oublier le double jeu de l’Arabie saoudite, « grande démocratie » du Moyen-Orient et alliée indéfectible des États-Unis depuis le pacte du Quincy scellé entre le président Franklin Roosevelt et le roi Ibn Saoud en 1945.

Plus personne ne sait qui est qui, qui fait quoi avec qui ou contre qui. Cette confusion est non seulement voulue par les décideurs de la nouvelle croisade, mais elle est entretenue par une extrême-gauche déliquescente qui reprend à son compte le concept de « terrorisme islamo-fasciste » forgé en 1990 par le journaliste Malise Ruthven consultant du Middle Eastern affairs.

Je partage en partie la position de CAPJPO-EuroPalestine :

Notre association CAPJPO-EuroPalestine condamne les actes de barbarie commis par les terroristes qui se revendiquent de Daesh [selon la police], et partage l’émotion et la tristesse des proches des 128 victimes de ces tueries ignobles, ainsi que des centaines de femmes et hommes blessés durant les massacres de vendredi soir.
Et elle s’élève contre les déclarations et la politique d’un gouvernement qui loin de protéger la population, l’expose au risque de nouveaux attentats.
En effet, on ne voit pas comment les mesures de type uniquement « sécuritaires » pourraient représenter une protection efficace. Il est impossible de surveiller tout le monde partout. Plus de police, plus de caméras, n’arrêteront pas des tueurs déterminés.
Ne pas s’attaquer aux causes, c’est à dire à la propagande sur le « choc des civilisations » et aux menées guerrières de la France contre des pays et des populations qui ne nous ont jamais agressés, est dramatique.
Comment imaginer qu’il était possible de bombarder impunément l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Syrie ?
De quel droit la France y est-elle intervenue militairement ?
Bombardements, qui ont fait, ne l’oublions pas, des milliers de victimes innocentes, dont des femmes et des enfants.
Les « victimes innocentes » n’ont pas l’air d’émouvoir François Hollande, quand elles ne sont pas françaises ?
Comment éviter que des individus s’identifiant aux victimes ou étant des proches de celles-ci deviennent des kamikazes ? Et qu’ils se laissent « manipuler » , « embrigader » dans des groupes souvent armés et financés, dans un premier temps, par les dirigeants occidentaux qui veulent renverser tel ou tel gouvernement, qui n’a pas l’heur de leur plaire ? Parce que ce sont des dictateurs ? Mais alors pourquoi entretient-on d’aussi bonnes relations avec d’autres dictatures, en Arabie Saoudite, en Egypte ou en Afrique ?
Le gouvernement français ne répond à aucune de ces questions fondamentales. Et il ne faut pas compter sur les journalistes des principaux médias pour les lui poser.
Pourquoi ne parle-t-on pas de la manière dont ces groupes terroristes sont nés ? Qui les a armés ? Qui les a financés ? Ni du fait qu’ils ont repris à leur compte la logique de la propagande occidentale sur le « choc des civilisations » avec ses concepts de « supériorité des civilisations judéo-chrétiennes » et de « peuple élu », mais en l’inversant et en proclamant qu’il fallait éliminer tous ceux qui ne se rangeaient pas derrière leur bannière et leur pratique religieuse ?
Oui, cela fait froid dans le dos. Mais tout autant que le fait d’entendre sur France 2 ce samedi matin un ancien policier des services d’intervention urgente évoquer les « conseils » qu’Israël pourra donner en matière de lutte contre des kamikazes !
Sachant que toute la population israélienne est sur le pied de guerre depuis des décennies et que la technologie de répression la plus sophistiquée n’a pu permettre à Israël de venir à bout des attentats, on a de quoi s’inquiéter ! Israël refuse de s’attaquer à la racine du mal, l’occupation et la colonisation de la Palestine, et sa population ainsi prise en otage par ses dirigeants, continuera à en payer le prix.
Comme nous risquons de payer toujours plus cher le terrorisme de nos Etats.
On nous appelle maintenant à « l’unité nationale ». Derrière qui ?
Ceux qui entretiennent le racisme dans notre pays ? Ceux qui criminalisent la solidarité envers les migrants ? Ceux qui font défiler des bourreaux et des tortionnaires d’enfants, au premier rang de manifestations en faveur de la liberté d’expression ?
Hollande vient de dire : « Les Français vont devoir faire des sacrifices ».
Lesquels ? Plus de police, plus d’armée, plus de « champs d’opérations extérieurs », moins d’éducation, de santé et de retraites ? Souvenons-nous de la phrase de Jean Jaurès : « le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l’orage ».
Et rendons hommage aux victimes de la terreur à Paris vendredi, en évitant qu’il y en ait davantage, en faisant en sorte que des mots tels que « Liberté, Egalité, Fraternité » prennent tout leur sens. [il faut lire cette devise telle qu’elle s’inscrit aux frontons des monuments publics pour qu’elle prenne tout son sens : Liberté point Égalité point Fraternité point]

14/11/2015 13h à México
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Syrie, Monde en Question.
Dossier documentaire Afghanistan, Monde en Question.
Dossier documentaire Irak, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

Charlie va-t-en-guerre


 

Scrutin public sur la Déclaration du Gouvernement, en application de l’article 35, alinéa 3, de la Constitution, sur l’autorisation de la prolongation de l’intervention des forces armées en Irak.

Nombre de suffrages exprimés : 489
Pour : 488
Contre : 1 Jean-Pierre Gorges

13/01/2015, Assemblée nationale

Lire aussi :
• Jean-Pierre Gorges :
Assemblée nationale
Wikipédia
Dossier documentaire Irak, Monde en Question.

Vers la guerre totale


Le projet de loi permettra au président américain de mettre en oeuvre des actions militaires unilatérales à l’échelle nationale et à l’étranger, contre tous les États, les organisations et les individus soupçonnés d’avoir à l’heure actuelle ou dans le passé, soutenu ou participé à des actions militaires, ou appuyé des hostilités envers les États-Unis ou tout État allié des États-Unis.

Lire la suite… Prisma

Permis de tuer


On tue beaucoup dans le monde de l’après-11-Septembre. Al-Qaida et les djihadistes tuent, et sont tués. Les Américains et leurs alliés tuent, et sont tués. Afghans et Irakiens, morts par dizaines de milliers ces dernières années, sont les premiers à pâtir de ces affrontements. On tue avec un kamikaze solitaire ou une armée de 100 000 hommes. On tue au grand jour, et on tue dans l’ombre.

Al-Qaida a décrété que sa mission était de tuer « juifs et croisés », de libérer la planète des « infidèles ». Un permis de tuer a été délivré à tout « bon musulman » souhaitant participer au combat.

Face aux djihadistes, des pays sont partis en guerre. Les États-Unis, attaqués sur leur sol en 2001, ont pris la tête de la lutte antidjihadiste. Avec un soutien international initialement unanime, contre Al-Qaida et les talibans afghans, puis de façon de plus en plus contestée, en Irak et aujourd’hui en Afghanistan.

On découvre que, dans cette guerre, Washington a délivré un permis de tuer à des hommes qui ne sont ni soldats, ni policiers, ni en aucune manière agents au service de l’État. La CIA a autorisé, par contrat, une société de mercenaires, Blackwater USA, à tuer des djihadistes. L’une des questions posées est simple : qui a le droit de tuer, au nom de l’Amérique ?

Blackwater est une firme militaire privée créée par un ex-commando des Navy Seals, Erik Prince. L’homme appartient à la mouvance des faucons républicains et des chrétiens conservateurs et revendique l’idée d’une « croisade » américaine et chrétienne contre l’islam. Devenu milliardaire grâce à la « guerre contre le terrorisme », M. Prince s’est hissé, sans aucune fonction officielle, jusqu’aux niveaux supérieurs du pouvoir à Washington, signant des contrats secrets pour des « opérations noires » connues des seuls Bush, Cheney, Rumsfeld et chefs des services de renseignements. M. Prince et les « soldats » de Blackwater sont devenus l’un des bras armés de l’Amérique en guerre. Des privés rémunérés partageant la même idéologie que leurs commanditaires.

Si ce programme secret a été interrompu, l’attitude de l’administration Obama à l’égard de Blackwater et d’autres sociétés militaires n’est pas encore claire. Des contrats ont été signés en 2009 pour la protection de diplomates et de chefs militaires américains.

Les autres démocraties occidentales, alliées des États-Unis, sont silencieuses. De même qu’elles s’étaient tues sur la sous-traitance de la torture, elles se taisent sur la sous-traitance de l’assassinat.

Beaucoup de valeurs ont été bafouées et beaucoup de repères perdus depuis le 11-Septembre, et le recours à des mercenaires est certes un phénomène aussi ancien que l’histoire des guerres. Il faudra pourtant réaffirmer un jour qui, dans une guerre, a le droit de tuer l’ennemi. La mythique Licence to Kill, généralement réservée à des agents secrets et à des soldats en mission, peut-elle être confiée à des tueurs à gages, pour une poignée de dollars ?

Rémy Ourdan
27/08/2009
Le Monde

Lire aussi :
• 14/08/2009, SCAHILL Jeremy, Blackwater Still Armed in Iraq, The Nation
• 20/08/2009, SCAHILL Jeremy, Blackwater: CIA Assassins?, The Nation
• 26/08/2009, SCAHILL Jeremy, Flushing Blackwater, The Nation
• Autres articles sur Blackwater, The Nation
• Blackwater, WikipédiaWikipedia
• SCAHILL Jeremy, Wikipedia
• SCAHILL Jeremy, Blackwater – L’ascension de l’armée privée la plus puissante du monde, Actes Sud, 2008 [Revue historique des arméesSite]
• Dossier documentaire & Bibliographie Afghanistan, Monde en Question
• Dossier documentaire & Bibliographie Irak, Monde en Question

Propagande guerrière


Kraus a reconnu en 1933 (comme il l’avait déjà fait en 1914) qu’un appareil de propagande avait été mis en place pour justifier une agression militaire. Mon hypothèse est que sa critique peut être considérée comme un «paradigme» : soixante-dix ans plus tard, ses catégories-clés sont toujours valables, et elles peuvent s’appliquer à la guerre qui a débuté en mars 2003 avec l’invasion de l’Irak. Certains optimistes prétendront sans doute que la situation actuelle est complètement différente : nous avons aujourd’hui une presse plus critique et plus indépendante, sans compter les autres médias qui, comme la télévision et l’Internet en particulier, garantissent la liberté d’expression. La réponse de Kraus est que «la liberté de la presse» est pour l’essentiel un mythe. Un journal indépendant ou une chaîne de télévision indépendante, cela ne saurait exister. Tous sont soumis aux pressions des propriétaires, des annonceurs, des intérêts de classe et des idéologies nationalistes. De surcroît, en période de crise, le contrôle effectif des médias passe aux mains des responsables politiques et militaires qui sont bien décidés à diffuser leur propagande belliciste.

La critique que fait Kraus des liens entre le militarisme et les médias constitue l’un des aspects les plus prophétiques de son œuvre. Nous pourrions conclure sur un exemple simple et assurément paradigmatique : l’affaire Friedjung. En 1908, l’historien néoconservateur Heinrich Friedjung publia un article dans le principal quotidien du pays, la Neue Freie Presse ; il y faisait état de documents censés prouver que l’Autriche était menacée de trahison et de conspiration dans les Balkans. Il s’agissait de justifier une attaque préventive contre la Serbie. Mais la menace de guerre s’évanouit, et l’Autriche réussit à annexer la Bosnie-Herzégovine sans recourir à la guerre prévue. Un an plus tard, Friedjung fut poursuivi pour diffamation par les hommes politiques croates qu’il avait faussement accusés de trahison. Ses «documents» se révélèrent être des faux, fabriqués par le ministère des Affaires étrangères autrichien, et Friedjung subit une humiliation publique.

[…]

Évoquons maintenant le parallèle le plus récent : les faux documents de Colin Powell et des gouvernements américain et britannique. Les preuves utilisées pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003 se sont révélées aussi fausses que celles invoquées dans l’affaire Friedjung. Mais aucun tribunal américain ou anglais n’a réussi à condamner les dirigeants politiques responsables de ce faux scénario, qui a pourtant coûté d’innombrables vies humaines. Les photos de bases ennemies présentées par le secrétaire d’État américain Colin Powell aux Nations unies pour justifier l’attaque contre l’Irak relevaient davantage des ficelles de la communication que du renseignement fiable. Nous savons aujourd’hui qu’il n’y avait pas d’«armes de destruction massive» en Irak, et que Saddam Hussein n’avait rien à voir ni avec Al Qaida ni avec les attentats contre les Twin Towers. Mais, pendant des mois, ces fables élémentaires ont été rabâchées par les médias patriotiques avec une telle insistance que la majorité des membres du Parlement britannique et du Congrès américain ont fini par les croire. Le fiasco Friedjung se répétait, mais cette fois c’était l’Amérique qui était prétendument en danger : l’Angleterre et la puissance militaire dominante devaient «se serrer les coudes».

Edward Timms, Karl Kraus & la construction de la réalité virtuelle, Agone n°35-36, 2006.

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Karl KRAUS, Monde en Question.
• 12/08/2006, MALER Henri, La guerre d’Afghanistan de 2001 (1) : Guerre des mots, mots de la guerre, Acrimed.
• 12/08/2006, MALER Henri, La guerre d’Afghanistan de 2001 (2) : Guerre des mots, mots de la guerre, Acrimed.
• Dossier documentaire & Bibliographie Afghanistan, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie 11 septembre 2001, Monde en Question.

L’Histoire commence à Sumer


Samuel Noah KRAMER, spécialiste de l’assyriologie, serait certainement inconnu du grand public s’il n’avait écrit L’Histoire commence à Sumer, Champs Flammarion, [1957] 1993 [Persée].

Il y a plus de trente ans, l’auteur de ce livre, savant de notoriété internationale, révélait au grand public la civilisation sumérienne, née en Mésopotamie, le sud de l’actuel Irak, voici quelque cinq mille ans. Le miracle grec avait un précédent. Dès le troisième millénaire avant Jésus-Christ, les Sumériens avaient inventé l’écriture, fondé les premières cités-États, formulé les premiers codes de lois, donné leur première expression littéraire au mythe et à l’épopée.

La première partie contient une introduction à la civilisation sumérienne, berceau des civilisations occidentales – un scandale aujourd’hui pour certains.
La seconde partie, la plus importante, contient la traduction de tablettes cunéiformes qui abordent tous les thèmes de la vie quotidienne y compris les relations hommes-femmes et l’éducation des enfants.
Ce petit livre, facile à lire, est fascinant car on constate que, si les sociétés se sont développées techniquement grâce il faut le souligner à la colonisation, l’humanité n’a guère progressé depuis plus de 5000 ans…

Lire aussi :
• Irak, berceau des civilisations, L’Internaute
• Sumer, Wikipédia
• Sumer & Akkad, Clio
• Le récit du déluge, Université Caen
• La naissance du droit, de la finance et de la comptabilité, IRGO
• Brève chronologie de l’histoire des mathématiques en Mésopotamie, CNRS
• Pierre-Louis Viollet, L’hydraulique dans les civilisations anciennes – 5000 ans d’histoire, Presses des Ponts, 2005 [BooksGoogle]

Analyse et réactions au discours de Obama


Traduction réalisée selon la transcription du discours que Barack Obama a prononcé le 4 juin 2009 à l’université du Caire (Égypte), Un nouveau départ.

1. Critique de l’expression monde arabo-musulman.
2. Critique de l’expression monde musulman.
3. Critique de la thèse du choc des civilisations.
4. Analyse du discours de Barack Obama.
5. Revue de presse mise à jour le 12/06/2009.
6. Réactions d’Israéliens contre la colonisation de la Palestine.

Lire aussi :
• Articles de l’agence de presse chinoise, Xinhua.
• Articles de l’agence de presse russe, RIA Novosti.
• Articles du quotidien israélien, Ha’aretz.
• 02/06/2009, David P. Goldman, Wrong venue for Obama’s Muslim speech, Asia Times Online.
Une excellente critique de l’adresse de Barack Obama aux musulmans.
• 04/06/2009, Noam Chomsky, Les omissions éloquentes du discours d’Obama au Caire, CCIPPP selon AlterNet.
• 05/06/2009, Pierre Rousselin, Israël et Obama après le discours du Caire, Le Figaro.
Une analyse du point de vue d’Israël.
• 06/06/2009, Bernard Guetta, Obama et le commencement par le Verbe, Le Temps.
Un exemple parmi beaucoup d’autres de la logique du choc des civilisations.
• 07/06/2009, Alain Gresh, Quelques réactions au discours d’Obama au Caire, Les blogs du Diplo.
Alain Gresh résume les événements qui vont marquer la première quinzaine du mois de juin au Proche-Orient sans faire aucune analyse des changements en cours qui bouleversent ses convictions d’une solution à deux États, solution utopique après la dernière guerre israélienne à Gaza.
• 09/06/2009, Thierry Meyssan, Obama et les arrières-pensées de la main tendue aux musulmans, Voltaire.
Une des rares analyses de la totalité du discours de Barack Obama.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 95 autres abonnés