Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Economie sociale

Fortune de Charlie vs Chômage des immigrés


 

En novembre, Charlie Hebdo, qui ne vendait que 28.000 exemplaires par semaine, avait lancé un appel aux dons pour survivre. Le « numéro des survivants », vendu trois euros pièce dès le 14 janvier, devrait rapporter plus de 10 millions d’euros nets […].
Mardi, Eric Portheault, co-gérant de Charlie, annonçait que le nombre d’abonnements avait « dépassé les 200.000 abonnés ». A raison de 70 euros en moyenne l’abonnement, le journal devrait recueillir environ 14 millions d’euros, et cela sans compter les ventes en kiosque.
Pour finir, Charlie Hebdo a recueilli près de 2,4 millions d’euros de dons de plus de 30.000 personnes, sans compter les aides du ministère de la Culture ou de Google. En tout, le journal pourrait recueillir entre 24 et 30 millions d’euros.

BFMTV

En France, le chômage frappe beaucoup plus les immigrés que les Français : 17,2 % sont sans emploi, contre 9 % des Français. Le taux atteint 21,2 % pour les actifs non-ressortissants de l’Union européenne.

[…] comme le montre le ministère de l’Immigration, à niveau de diplôme équivalent, le taux de chômage des immigrés demeure supérieur. 6,1 % des Français nés de parents français titulaires d’un bac sont au chômage, contre 18 % des immigrés hors de l’Espace économique européen. Pour les titulaires d’une licence et plus, les chiffres sont respectivement de 4,7 % et 14,8 % (données 2011).

[…] on l’oublie souvent, les immigrés qui sont étrangers sont exclus d’environ 5,3 millions d’emplois, soit un poste de travail sur cinq.

Observatoire des inégalités

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La fin d’une époque


 

Alors que la crise des années 1930 allait provoquer une croissance des courants du mouvement ouvrier dans toute leur variété (réformistes, staliniens, révolutionnaires, anarchistes), l’inverse se produit aujourd’hui : la crise ouverte en 2008 entraîne dans une spirale dépressive tous les courants de la gauche et du mouvement ouvrier.

[…]

L’étonnante durée et la profondeur de la contre-réforme néolibérale [des années 1980] s’expliquent, d’une part par l’ampleur des restructurations de l’économie mondiale, et d’autre part par les défaites subies par le mouvement ouvrier, la conversion des secteurs dominants de la gauche traditionnelle au néolibéralisme, et la restauration capitaliste à l’est de l’Europe et en Chine. La conjonction de ces événements provoque des processus inédits et sans précédent, de rupture entre la gauche – celle issue des organisations réformistes social-démocrates et staliniennes qui ont principalement structuré l’organisation du prolétariat au XXe siècle – et les classes populaires.

[…]

Les compromis sociaux des Trente Glorieuses sont progressivement liquidés. Les destructions opérées au cours du siècle ont obscurci l’organisation et la conscience du mouvement ouvrier. Pour des millions d’êtres humains, stalinisme et communisme se confondent. La préservation de certaines positions politiques et institutionnelles par les appareils syndicaux ou ceux de la gauche a conduit à l’adaptation et à l’intégration néolibérale. En Europe, ces changements sociopolitiques sont accentués par les orientations de l’Union européenne qui exigent l’application d’une austérité brutale.

La crise ouverte en 2008 a accéléré ce processus. Le basculement des centres de gravité de l’économie mondiale vers la Chine et les nouvelles puissances asiatiques, la pression toujours forte de l’impérialisme nord-américain, même si celui-ci connaît une crise de son hégémonie, conduisent les classes dominantes en Europe à redoubler d’efforts pour liquider le »modèle social européen » – ou de ce qu’il en reste – en confiant à la gauche traditionnelle une responsabilité directe dans ce remodelage.

Lire la suite… Contretemps

Si l’analyse de l’effondrement mondial d’une opposition de gauche au néo-libéralisme est intéressante, les « pistes pour l’alternative » révèlent l’absence de perspective. Le titre de l’article renvoie aussi bien au recueil de nouvelles d’Evelyn Waugh (Work Suspended and other stories (La fin d’une époque), 1939), au livre de Franz-Olivier Giesbert (La fin d’une époque, 1994) qu’aux pseudo-analyses d’Eric Zemmour (La fin d’une époque selon Zemmour, 2015).

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Charlie sauve Hollande


 

Alors que la côte de popularité de François Hollande et de Manuel Valls connaît une embellie grâce à Charlie Hebdo, la hausse du chômage illustre le retour du refoulé – la réalité sociale.

175.000 personnes supplémentaires s’étaient inscrites à Pôle Emploi en 2013, elles furent 189.000 en 2014, soit 5,7% d’augmentation.

Sur le seul mois de décembre, 8100 nouveaux demandeurs d’emploi sont venus grossir les rangs de Pôle Emploi, soit 0,2% de plus qu’en novembre.

Selon les données communiquées mardi 27 janvier par le ministère du Travail, la France comptait, au 31 décembre, 3,5 millions chômeurs de catégorie A (3.496.400) – un nouveau record – et 5,879 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi.

Le Huffington Post

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Un monde si tranquille (3 albums)


 

Drôle de monde que la France d’aujourd’hui. Un monde si tranquille en apparence, avec ses notables respectables, ses entreprises bien gérées, ses stars adulées… Un monde, pourtant, où tout peut déraper. Albert milite pour un parti d’extrême droite et apprend ce qu’il n’aurait jamais dû apprendre. Nina et Castor travaillent dans la même entreprise et l’un des deux doit perdre son emploi. Titou, LA star du foot, accepte de passer une soirée avec un fan mourant…
Étienne DAVODEAU, Un monde si tranquille (3 albums) [Texte en ligne] :
1 La gloire d’Albert, Delcourt, 1999
2 Anticyclone, Delcourt, 2000
3 Ceux qui t’aiment, Delcourt, 2002

Lire aussi :
• Étienne DAVODEAU, Wikipédia
Dossier documentaire Économie politique, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.

L’austérité est une erreur mathématique !


C’est une information extraordinaire, dont les conséquences sont immenses, mais qui fait beaucoup moins parler que les dérives pathétiques d’un acteur célèbre. Un rapport de quarante quatre pages signé par un économiste en chef du FMI, un français, Olivier Blanchard. Il dit tout simplement que les plus hautes instances économiques mondiales et européennes se sont plantées en imposant, au nom de la science, l’austérité à toute l’Europe.

Ce que dit Olivier Blanchard, c’est que le modèle mathématique sur lequel s’appuyaient ces politiques visant au désendettement radical, et au retour sacré à l’équilibre budgétaire, comportaient une erreur au niveau, je cite, du multiplicateur fiscal. Pour simplifier beaucoup, ce modèle mathématique, donc incontestable, prévoyait que lorsqu’on retire un euro dans un budget il manquerait un euro dans le pays concerné. Or c’est faux. Pour des raisons qui tiennent à une réalité parfaitement triviale, et qui est que les hommes sont humains, cette austérité a déclenché des réactions collectives qui ont abouti à ce que cet euro retiré a provoqué la perte de trois euros dans les sociétés concernées.

Multipliez par des milliards, et vous comprendrez pourquoi l’austérité imposée à coup de sabre par des troïkas savantes n’a conduit qu’à plus d’austérité, plus de chômage, et plus de récession.

L’équation était fausse, ce qui est remarquable en soi, surtout quand on songe au Mississipi, que dis-je, à l’Amazone de leçons d’austérité péremptoire, délivrées chaque minute, sur toutes les antennes, et dans tous les journaux, par des commentateurs sûrs d’eux et dominateurs.

Mais le plus incroyable est ailleurs.

C’est qu’il ait fallu s’apercevoir que quelque chose clochait dans une équation pour découvrir que quelque chose n’allait pas dans la vraie vie. Un peu comme si on assistait à des accidents de la route en chaîne et qu’on ne donnait pas l’alerte tant qu’un modèle mathématique ne disait pas que c’était des accidents.

On ne peut pas aller plus loin dans le triomphe de la technocratie. Il a fallu qu’un expert constate un problème avec un coefficient multiplicateur pour que ce qui saute aux yeux soit perçu par nos cerveaux. L’Europe est à la traîne, son chômage bat des records, sa croissance est en berne, la pauvreté s’installe, bref la voiture est dans le fossé, mais peu importe, on ne change pas de politique puisque c’est la seule et qu’en vouloir une autre serait une demande ignare.

Les ignares vous saluent bien, mais les dévots de l’austérité n’ont pas rendu les armes. L’histoire de l’équation commence à cheminer, on en a parlé dans le journal de France 2 hier soir, l’Humanité l’a évoquée, le Washington Post aussi, mais elle ne fait pas encore la une. C’est qu’on ne renonce pas d’un jour à l’autre à une idéologie. Même vermoulus les murs de Berlin ne s’affaissent pas d’un jour à l’autre.

09/01/2013, Hubert Huertas, Extraordinaire : l’austérité est une erreur mathématique !, France CultureTélécharger mp3.
07/01/2013, Olivier Blanchard, Le FMI le confirme : l’austérité était une erreur de calcul, L’HumanitéRapport du FMI en anglais.

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Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.

Les dépenses de santé en Europe diminuent pour la première fois depuis des décennies


Les dépenses de santé ont reculé au sein de l’Union Européenne en 2010, au moment où les pouvoirs publics à court de liquidités ont limité les dépenses afin de réduire les déficits budgétaires, selon le Panorama de la santé : Europe 2012, nouveau rapport conjoint de l’OCDE et de la Commission européenne.

Cette chute des dépenses de santé par habitant et en pourcentage du PIB met fin à la hausse observée au cours des années ayant précédé la crise économique, lorsque les dépenses de santé par habitant augmentaient deux à trois fois plus vite que les revenus dans de nombreux pays. D’un taux de progression annuel moyen de 4,6 % entre 2000 et 2009, les dépenses de santé par habitant sont passées à -0,6 % en 2010. C’est la première chute que connaissent les dépenses de santé en Europe depuis l’année 1975.

Lire le rapport de l’OCDE

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Catastroïka



Les créateurs de Debtocracy reviennent avec une nouvelle production. Catastroïka cherche les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.

Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, Catastroïka essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s’applique à un pays sous surveillance économique.

Plus d’informations sur le site – S’abonner à la Newsletter Cinéma pour télécharger le film VOSTFR.

Lire aussi :
• Catastroika : le film militant sur les ravages des privatisations, L’Express.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Le nombre de pauvres en France


La dernière enquête de l’Insee sur les niveaux de vie, rendue publique vendredi 7 septembre, est explosive. Que constate-t-elle en effet ? Qu’en 2010, le niveau de vie médian (19 270 euros annuels) a diminué de 0,5 % par rapport à 2009, que seuls les plus riches s’en sont sortis et que la pauvreté, en hausse, frappe désormais 8,6 millions de personnes, soit 440 000 de plus qu’un an plus tôt.

Avec la fin du plan de relance, les effets de la crise se sont fait sentir massivement. En 2009, la récession n’avait que ralenti la progression en euros constants du niveau de vie médian (+ 0,4 %, contre + 1,7 % par an en moyenne de 2004 à 2008). Il faut remonter à 2004, précise l’Insee, pour trouver un recul semblable à celui de 2010 (0,5 %).

La timide reprise économique de 2010 n’a pas eu d’effets miracle, puisque pratiquement toutes les catégories de la population, y compris les classes moyennes ou moyennes supérieures, ont vu leur niveau de vie baisser. N’a augmenté que celui des 5 % des Français les plus aisés.

Dans un pays qui a la passion de l’égalité, la plupart des indicateurs d’inégalités sont à la hausse. L’indice de Gini, qui mesure le degré d’inégalité d’une distribution (en l’espèce, celle des niveaux de vie), a augmenté de 0,290 à 0,299 (0 correspondant à l’égalité parfaite et 1 à l’inégalité la plus forte). Le rapport entre la masse des niveaux de vie détenue par les 20 % les plus riches et celle détenue par les 20 % les plus modestes est passé de 4,3 à 4,5.

Les inégalités ont continué de se creuser par le haut. Ainsi, entre 1996 et 2010, le niveau de vie moyen des 10 % les plus aisés a augmenté d’environ 2,1 % par an en moyenne, contre 1,4 % dans l’ensemble de la population. En 2010, c’est l’évolution des salaires, limitée dans le bas de la distribution des revenus, qui explique en partie l’accentuation des inégalités, les 10 % les plus aisés ayant bénéficié à la fois de salaires plus dynamiques et des rendements élevés de leurs placements.

Déjà en hausse de 0,5 point en 2009, le taux de pauvreté monétaire a augmenté en 2010 de 0,6 point pour atteindre 14,1%, soit son plus haut niveau depuis 1997. 8,6 millions de personnes vivaient en 2010 en-dessous du seuil de pauvreté monétaire (964 euros par mois). Elles n’étaient que 8,1 millions en 2009. Mais il y a pire : une personne pauvre sur deux vit avec moins de 781 euros par mois.

En 2010, le chômage a peu contribué à l’augmentation de la pauvreté (les chômeurs représentent à peine 4% de l’accroissement du nombre des personnes pauvres). C’est du côté des inactifs qu’il faut plutôt se tourner : les retraités (11 %), les adultes inactifs autres que les étudiants et les retraités (16 %) – souvent les titulaires de minima sociaux – et les enfants.

Les moins de 18 ans contribuent pour près des deux tiers (63 %) à l’augmentation du nombre de personnes pauvres. L’Insee fait observer qu’en 2009, l’accroissement du nombre d’enfants pauvres (ils vivent fréquemment dans des familles monoparentales) avait été contenue par le versement de deux primes exceptionnelles aux ménages dans le cadre du plan de relance (150 euros aux bénéficiaires de l’allocation de rentrée scolaire, et 200 euros de prime de solidarité active). L’institut rappelle aussi que les prestations familiales n’ont pas été revalorisées en 2010, après avoir bénéficié d’une revalorisation plus forte que prévu en 2009.

Claire Guélaud, Blog

Le chômage en France


Source : La crise de la sidérurgie, Le choix de la rédaction France Culture.

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Chasse aux immigrés retraités


Un bon arabe est un arabe mort ou un arabe qui lèche la main qui le pille…

Le collectif « Justice pour les chibani-i-as » et les associations signataires dénoncent l’acharnement croissant de certaines caisses de retraite, caisses d’allocations familiales et administrations fiscales vis-à-vis des vieux migrants démunis. Sous prétexte de lutte contre la fraude, la chasse aux vieux immigrés pauvres habitant les foyers semble avoir commencé.
GISTI

Revue de presse :
• Le collectif Justice et dignité pour les chibanis et TV-Bruits devant le juge, Les Indigènes de la république, 05/06/2011.
• Les migrants à la retraite présumés coupables de fraudes, Basta !, 01/07/2011.
• Les chibanis ne sont pas des fraudeurs !, LDH-Toulon, 09/07/2011.
• De trop gentils Chibanis, CQFD, 24/08/2011.
• « Chibanis en sursis », ces vieux immigrés que l’Etat ne veut plus voir, Le Magazine de la rédaction, 16/09/2011.

16/09/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

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