Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Dossier documentaire

Leni RIEFENSTAHL (1902-2003)


 

Tout le monde présente Leni Riefenstahl comme « la cinéaste personnelle » d’Hitler, mais personne ne s’étonne du fait qu’elle n’ait réalisé que seulement trois documentaires (Der Sieg des Glaubens – La victoire de la foi, Triumph des Willens – Le triomphe de la volonté et Olympia – Les dieux du stade) et aucun film pour le compte d’Hitler ou du NSDAP.

Contrairement à ce que tout le monde répète, ces trois documentaires de commande ne sont pas des films de propagande, car Leni Riefenstahl réalise des images sans aucun commentaire. Elle ne nous dit jamais ce qu’il faut voir ni ce qu’il faut penser. Curieusement ses images sont aujourd’hui pillées par les faiseurs de documentaires pour nous imposer LE discours politiquement correct via les commentaires en voix off qui force l’image.

Leni Riefenstahl vs Fritz Lang

Après le visionnage des films et documentaires de Leni Riefenstahl, un constat s’impose : ils ne contiennent aucune image ni aucun propos à caractère raciste ou nationaliste. Au contraire de Fritz Lang qui a réalisé :

1919 Harakiri – Madame Butterfly Caricature de Japonais fantasmés.
1921 Vier um die Frau – Cœurs en lutte Caricature d’un juif trafiquant les diamants. Caricature d’un serveur noir.
1922 Dr. Mabuse, der Spieler – Docteur Mabuse, le joueur Contre la psychanalyse (thème nazi).
1924 Die Nibelungen 1Die Nibelungen 2 Adaptation pompeuse de l’épopée nationale allemande, reprise par Richard Wagner puis par les nazis.
1932 Das Testament des Dr Mabuse – Le testament du docteur Mabuse Contre la psychanalyse (thème nazi).

Leni Riefenstahl vs KPD

Leni Riefenstahl, femme de caractère, refusa de collaborer avec Goebbels car elle entendait rester maîtresse de ses choix esthétiques en matière de cinéma.
On lui reproche son culte du corps et de la nature. Or ces thématiques étaient à la mode à cette époque, indépendamment des choix politiques, du fait du développement des loisirs. Voir par exemple le mouvement des auberges de jeunesse impulsé en France par Léo Lagrange.

Ainsi, Kuhle Wampe oder: Wem gehört die Welt, film pro-communiste, fait la promotion de la nature et de la compétition sportive pour « être ensemble » et « apprendre à gagner ».

Leni Riefenstahl diabolisée

Leni Riefenstahl, comme des millions d’Allemands, fut séduite par Hitler. Pour autant elle n’adhéra jamais au NSDAP contrairement à Veit Harlan, réalisateur de Jud Süß – Le juif Süss, qui continua tranquillement sa carrière en Allemagne après 1950. Ainsi l’occurrence cinéma nazi renvoie à Leni Riefenstahl et non à Veit Harlan !

Les procès de dénazification épargnèrent des milliers de collaborateurs sans lesquels le régime n’aurait pas pu agir. Des centaines d’ingénieurs, membres du NSDAP, furent courtisés par les États-Unis dont Wernher von Braun qui a joué un rôle majeur dans le développement des fusées.

07/12/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Leni RIEFENSTAHL, Wikipédia.
Filmographie Leni RIEFENSTAHL, Ciné Monde.
Narration voix off, Ciné MondeChine en QuestionMonde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Filmographie Allemagne 1933-1945


 

Très peu de films allemands sont disponibles à cause de la censure décrétée par les vainqueurs de la guerre. En interdisant Mein Kampf [Texte en ligne] et la plupart des films produits en Allemagne pendant le IIIe Reich, on prétend combattre l’idéologie fasciste qui perdure en Europe car les causes de son émergence n’ont pas disparu.

À part Jud Süß – Le juif Süss, il est difficile de se rendre compte aujourd’hui de ce que furent les films de propagande.
Les thèmes les plus fréquents sont par ordre de fréquence : le drame (10 films), la romance (7 films), la comédie (6 films) et la biographie (4 films).

Les meilleurs films de cette période (sélection subjective naturellement) :

03/12/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Cinéma sous le Troisième Reich, Wikipédia.
Filmographie Allemagne 1933-1945, Ciné Monde.
Filmographie Histoire Allemagne 1933-1945, Ciné Monde.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Filmographie Allemagne 1918-1933


 

Après avoir visionné 67 films produits en Allemagne pendant la République de Weimar et 5 films sur l’Allemagne pendant la même période, plusieurs constats s’imposent.

Si trois films traitent de la crise économique de 1923 et de 1929, un seul évoque le KPD (Kuhle Wampe oder: Wem gehört die Welt) aucun le NSDAP.

Le racisme est présent dans quatre films, dont deux de Fritz Lang. Il caricature en particulier un juif trafiquant de diamants et un serveur noir dans Vier um die Frau – Cœurs en lutte. Le même Fritz Lang a réalisé deux films qui discréditent la psychanalyse (la série du Dr. Mabuse) et deux autres qui font l’éloge du nationalisme allemand (la série Die Nibelungen).

Sinon, le thème le plus fréquent (un tiers des films) tourne autour du couple (séduction, mariage, adultère, divorce) ou de la prostitution.

Les meilleurs films de cette période (sélection subjective naturellement) :

09/10/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Histoire du cinéma allemand de 1910 à 1930, Wikipédia.
• Expressionnisme et Cinéma de Weimar, Il était une fois le cinéma.
• Relire From Caligari to Hitler de Siegfried Kracauer, 1895.
Filmographie Allemagne 1918-1933, Ciné Monde.
Filmographie Histoire Allemagne 1918-1933, Ciné Monde.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Cinéma russe


 

Depuis 2011, les deux grandes maisons du cinéma Lenfilm et Mosfilm ont mis en ligne sur YouTube plusieurs centaines de leurs meilleurs films, depuis les tout premiers chef d’œuvre de l’Union Soviétique aux films les plus récents.

Plusieurs sites proposent le partage de films russes :

Lire aussi :
• Le cinéma russe , Ciné-club de Caen
• Films sur la Révolution russe, Ciné-club de Caen
• Cinéma russe et soviétique, Wikipédia
Cinéma Russie, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire Russie, Monde en Question.
Veille informationnelle Russie, Monde en Question.

Lady Chatterley’s Lover – L’amant de Lady Chatterley (1928)


 

C’est le roman le plus connu de D.H. Lawrence. Son succès posthume repose sur un malentendu : la construction de l’idée que, l’histoire d’une épouse frustrée qui trouve l’épanouissement sexuel dans les bras de son garde-chasse, serait le chef-d’œuvre de la littérature érotique. Mais, dès la première page, D.H. Lawrence s’inquiète plutôt du cataclysme de la Première Guerre mondiale qui fonda le monde moderne. Tout le livre constitue une lamentation, aux échos bibliques, sur l’état de l’Angleterre et prône un retour à la nature (symbolisée par la forêt espace de liberté) et à l’harmonie entre le corps et l’esprit.

Quant à moi, je défends mon livre et ma position : la vie n’est acceptable que si l’esprit et le corps vivent en bonne intelligence, s’il y a un naturel équilibre entre eux, et s’ils éprouvent un respect naturel l’un pour l’autre.
Préface de l’auteur, Paris, 1929

La première scène, dite érotique, n’apparaît que vers le milieu du roman :

Elle restait immobile, dans une sorte de sommeil, toujours dans une sorte de sommeil. Toute l’activité, tout l’orgasme, venait de lui ; elle ne pouvait plus rien pour elle-même. Même l’étreinte de ses bras autour d’elle, même l’intense mouvement de son corps, et le flot de la semence en elle, tout n’était qu’une sorte de sommeil dont elle ne commença à s’éveiller que quand il eut fini et se tint doucement, tout haletant contre sa poitrine.
op. cit. p.207

Et le roman se termine sur un éloge de l’abstinence :

Et alors, j’aime ma chasteté d’aujourd’hui parce que c’est la paix qui vient d’avoir fait l’amour ensemble. J’aime à être chaste aujourd’hui. Je l’aime comme les perce-neige aiment la neige. J’aime cette chasteté qui est un espace de paix dans notre amour, qui est entre nous comme un perce-neige fourchue de blanche flamme. […]
Maintenant est le temps d’être chaste ; et il est bon d’être chaste ; c’est comme une rivière d’eau fraîche dans mon cœur. J’aime la chasteté, maintenant qu’elle coule entre nous. C’est comme de l’eau fraîche et de la pluie.
op. cit. p.507

Le traducteur français traduit « to fuck » par « faire l’amour » (euphémisme politiquement correct) alors que le traducteur espagnol traduit plus justement par « joder » (baiser).

Articles
• 2010, Les trois versions de Lady Chatterley, Carnets d’un dilettante.
• 29/09/2011, L’amant de Lady Chatterley – La sexualité dans un monde en bouleversement, Lectures Humaines.
• 10/08/2013, Lady Chatterley, Heaven of ooks.
• 29/06/2014, « Un livre sain et nécessaire » : L’amant de Lady Chatterley, Ex-libris.
• 2013, Rémi GONZALEZ, Lady Chatterley – du roman au film : la reconquête du corps par le toucher, Entrelacs.

Dossiers
Ciné-club de Caen
Encyclopédie de L’Agora
Wikipédia

Livres
• D. H. LAWRENCE, The First and Second Lady Chatterley Novels [1926-1927], Cambridge University Press, 2002 [BooksGoogle].
• D. H. LAWRENCE, Constance Chatterley [première version de L’amant de Lady Chatterley], Autrement, 2008.
• D. H. LAWRENCE, Lady Chatterley et l’homme des bois [deuxième version de L’amant de Lady Chatterley], Gallimard, 1977.
• D. H. LAWRENCE, Lady Chatterley’s Lover [1928] [GutenbergPlaneteBook].
• D. H. LAWRENCE, L’amant de Lady Chatterley, Gallimard, 1932.
• D. H. LAWRENCE, El amante de Lady Chatterley [Itematika].
• D. H. LAWRENCE, Lady Chatterley’s Lover and A Propos of Lady Chatterley’s Lover [1930], Cambridge University Press, 2002 [BooksGoogle].
• D. H. LAWRENCE, Défense de Lady Chatterley, Gallimard, 1932.

• Collectif, Lady Chatterley’s Lover – Analysis, Barnes & Noble, 2007 [SparkNotes].
• Dieter MEHL, Christa JANSOHN, Reception of D. H. Lawrence in Europe, A&C Black, 2007 [BooksGoogle].

07/11/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Filmographie Lady Chatterley’s Lover – L’amant de Lady Chatterley, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Les guerres d’Hollywood I – Les Amérindiens



Le cinéma ça sert aussi à faire la guerre
Anne MORELLI, Principes élémentaires de propagande de guerre, Labor, 2001

Hollywood a collaboré activement à la propagande de toutes les guerres américaines même celles qui ont précédé l’invention du cinéma. Ainsi, Hollywood créa la légende de la conquête de l’Ouest pour justifier après coup le nettoyage ethnique des Amérindiens, « ces sauvages qui s’opposaient au progrès de la civilisation », et l’appropriation de leurs terres.

Reel Injun – Hollywood et les Indiens

Documentaire explorant la représentation des peuples autochtones d’Amérique du Nord à travers un siècle de cinéma – de l’époque des films muets jusqu’à nos jours – qui a modelé notre compréhension et notre incompréhension des Injuns (Peaux-Rouges).

Partage proposé par : Dailymotion partie 1, partie 2 – YouTube partie 1, partie 2 Streaming VF

Les Indiens d’Amérique racontés par eux mêmes (6 épisodes)

Documentaire retraçant l’histoire des plus grandes tribus amérindiennes de l’arrivée des premiers colons européens à nos jours.
Cette histoire nous est racontée par des personnalités indiennes parmi les plus influentes, derniers représentants des tribus du continent nord américain rescapées du « génocide ».

Partage proposé par : RedList DVD VF

Terres indiennes (5 épisodes)

Au commencement étaient les Indiens. Lorsque les pionniers du Mayflower accostèrent en 1620, ils ne trouvèrent pas un continent vierge à conquérir, mais des territoires abondamment peuplés de sociétés complexes et riches de cultures ancestrales.
Documentaire retraçant une histoire vue, pour une fois, du côté des vaincus.

Partage proposé par : Zone Telechargement DVD VF

01/09/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• L’Indien dans le cinéma américain, GITPA – Groupe International de Travail pour les Peuples Autochtones.
• Bibliographie, GITPA – Groupe International de Travail pour les Peuples Autochtones.
• La conquête de l’Ouest dans la peinture et le cinéma, Ciné-club de Caen.
• Le western, Ciné-club de Caen.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

36 situations dramatiques


Voici une bibliographie pour les amateurs de classement des films.

• Marie-France BRISELANCE, Leçons de scénario – Les 36 situations dramatiques, Nouveau monde, 2006.
• Georges POLTI, Les 36 situations dramatiques, Mercure de France, 1895 [Texte en ligne].
• 36 situations dramatiques, Wikipédia [Bibliographie mise à jour par Serge LEFORT le 06/11/2013].
• Films classés par situation dramatique :

  1. Sens critique
  2. Sens critique
  3. Sens critique
  4. Sens critique
  5. Sens critique
  6. Sens critique
  7. Sens critique
  8. Sens critique
  9. Sens critique
  10. Sens critique
  11. Sens critique
  12. Sens critique
  13. Sens critique
  14. Sens critique
  15. Sens critique
  16. Sens critique
  17. Sens critique
  18. Sens critique
  19. Sens critique
  20. Sens critique
  21. Sens critique
  22. Sens critique
  23. Sens critique
  24. Sens critique
  25. Sens critique
  26. Sens critique
  27. Sens critique
  28. Sens critique
  29. Sens critique
  30. Sens critique
  31. Sens critique
  32. Sens critique
  33. Sens critique
  34. Sens critique
  35. Sens critique
  36. Sens critique

Lire aussi :
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Jean-Pierre MOCKY (1933-)


Après avoir débuté dans le cinéma comme acteur, Jean-Pierre Mocky accède à la réalisation en 1959 avec Les dragueurs qui le classe parmi les réalisateurs satellites de la Nouvelle Vague. Il inventera ensuite un style de comédies très personnelles où le grotesque, la bouffonnerie, l’inventivité, la bizarrerie des situations, la direction d’acteurs seront mis au service d’une vision anarchiste de la société. Les plus grandes vedettes comiques ou non du cinéma français auront été filmées par Mocky qui leur confiera des personnages défiant parfois toutes les catégories existantes. Avec plus de soixante longs métrages, tournés avec un souci d’économie remarquable, Mocky a témoigné d’une vision du monde hilarante et iconoclaste.


Rétrospective Jean-Pierre Mocky du 25 juin au 3 août 2014 à la Cinémathèque française

Articles
• 23/04/2013, Entretien avec Jean-Pierre Mocky, Fiches du cinéma.
• 16/10/2011, Entretien avec Jean-Pierre Mocky, Culturopoing.
• 30/03/2011, Sous l’égide de Mocky, l' »Action Ecole » devient ce jour « Le Desperado », Culturopoing.
• 02/04/2007, Mocky, la victime bien portante du cinéma français, Fiches du cinéma.
• 27/03/2007, Entretien avec Jean-Pierre Mocky, DVD Classik.
• 1988, Gérard GRUGEAU, Mocky, cinéaste surestimé ?, 24 images nº37.

Dossiers
Ciné-club de Caen
Ciné-fiches
Ciné-ressources
DVD Toile
IMDb
La Cinémathèque françaiseDossier de presse
Notre cinéma
Sens Critique
Site officiel Jean-Pierre Mocky
Wikipédia

Livres
• Jean-Pierre MOCKY, M. le Mocky – Mémoires d’outre-monde, Denoël, 2001 [Séquences].
Jean-Pierre Mocky, le cinéaste le plus indépendant du cinéma français, a collectionné les pugilats et les coups de gueule, et battu tous les records de censure officielle. Le réalisateur de Solo, L’Ibis rouge et Le miraculé, celui que Louis Jouvet appelait l’Aventurier, raconte ici sa vie tumultueuse. Une précoce sexualité, des nuits comme taxi parisien pour suivre, le jour, les cours au Conservatoire, la vente de cartes postales à Pigalle, les premiers rôles de star spaghetti en Italie… Mocky a toujours été le Fregoli du grand et du petit boulot. Mais lorsqu’il tourne son premier film, Les dragueurs, il a déjà joué avec Paul Meurisse, Pierre Brasseur et Charles Aznavour. Metteur en scène, il a fait tourner les plus grands : Bourvil, Fernandel, Michel Serrault. Devant sa caméra, Jeanne Moreau et Catherine Deneuve ont révélé un nouveau visage. Alignant les triomphes et les catastrophes, écrivant des scénarios avec Raymond Queneau, Marcel Aymé ou Frédéric Dard, ce «moraliste amoral» parvient en quarante ans à tourner plus de quarante films. Roman vrai d’une œuvre inclassable, ce livre est aussi le portrait assassin d’un héros romantique. Un tableau explosif de la République du cinéma, avec ses secrets et ses scandales..
• Jean-Pierre MOCKY,
Cette fois je flingue , Florent Massot, 2006.
« Il était nécessaire d’écrire ce témoignage d’un fou de cinéma, qui n’a recherché ni l’argent ni la gloriole, mais la réponse à cette question essentielle : Que demande le peuple ? Le contraire de la démagogie ! Voilà qui est fait. Moteur ! » (Jean-Pierre Mocky) Plaidoyer pour la liberté d’expression, Cette fois je flingue retrace le parcours du combattant d’un « anartiste » engagé dans la jungle du cinéma. Comparaissent à la barre des accusés : les producteurs-distributeurs, les gaspilleurs des deniers de la Culture, les tricheurs des avances sur recettes, la paranoïa des critiques, les dessous du festival de Cannes, la parodie des Césars, la fumisterie du cinéma d’art et d’essai ou la face cachée des castings. Témoignage irrésistible, Cette fois je flingue est le cri d’un cinéaste qui a travaillé avec les plus grands, des écrivains célèbres comme Anouilh, Queneau, Frédéric Dard, Marcel Aymé, Hervé Bazin, ou des acteurs mythiques comme Michel Simon, Bourvil, Fernandel, Michel Serrault, Richard Bohringer, Jeanne Moreau, Catherine Deneuve… Jean-Pierre Mocky nous donne avec générosité le livre d’une vie de cinéma.
• Jean-Pierre MOCKY, Pensées, répliques et anecdotes, Le Cherche Midi, 2009.
On ne présente plus Jean-Pierre Mocky. Monstre sacré du cinéma français, il a signé plus de cinquante films, qui témoignent d’une vision critique de la société française. A la fois provocateur et iconoclaste, Jean-Pierre Mocky a toujours lutté contre toutes les injustices, dénonçant au passage avec une constance rare et un humour forcené l’ordre établi, les magouilles et toutes les dérives des puissants de ce monde. Dans ce recueil de pensées et d’anecdotes, Mocky, avec une liberté de ton rare, tire à vue. Il évoque son métier, ses grandes rencontres, nous fait partager sa vision acide et décapante de la vie moderne et de ses travers, s’attardant au passage sur des sujets aussi essentiels que la vie sexuelle de Gary Cooper, des prêtres et des comédiennes. Un livre en forme d’autoportrait, celui d’un homme libre, irrésistible, unique.
• Jean-Pierre MOCKY, La longue marche – Entretiens avec Noël Simsolo, Écriture, 2014 [extrait].
Mocky ? Un tendre râleur, un provocateur, un anar fauché qui bâcle ses films et dont les coups de gueule ont aidé les médias à snober l’œuvre pourtant cohérente, digne de Simenon, de ce réalisateur au style vif : une soixantaine de films et autant de courts-métrages, bel exemple de la notion du cinéma d’auteur indépendant. Jeune premier chez Antonioni, il signe Les dragueurs en plein triomphe de la Nouvelle Vague. La farce noire éclaire les tares d’une France rancie, subvertit le cinéma commercial, invente le néopolar (Solo, 1970). Passant de la comédie contestataire au thriller social, avec quelques succès et nombre d’échecs, Mocky a pu compter sur la fidélité d’acteurs nommés Serrault, Noiret, Jeanne Moreau, Piccoli, Poiret, Lonsdale, mais aussi l’estime de Godard et Resnais.
Sa vie ? Un roman aux rebondissements insolites qui ont nourri son imaginaire. Au fil de ces entretiens, il évoque son père juif tchétchène, sa mère catholique polonaise, son enfance à Nice, son mariage précoce avec la fille d’un colonel, l’enseignement de Jouvet, son activité de secrétaire de Stroheim et Jules Berry, ses stages auprès de Fellini et Visconti, sa découverte de Carné et Cocteau, ses rencontres avec Aymé, Renoir, ses projets avortés avec de Funès ou Tapie, son invisible film X, son admiration pour Godard et Tati, ou encore le succès d’À mort l’arbitre.
• Eric LE ROY, Jean-Pierre Mocky, Bibliothèque du film, 2000.

Audio-Vidéo
• 21/06/2014, Auteurs à risque, France Inter.
• 01/06/2014, Entretien avec Jean-Pierre Mocky, La Cinémathèque française.
• 01/05/2014, L’invité culturel : Jean-Pierre Mocky raconte sa vie dans un livre, RTS.
• 26/04/2014, Perrine Leblanc,Tatiana de Rosnay et Jean-Pierre Mocky, France Inter.
• 23/04/2014, Jean-Pierre Mocky, France Culture.
• 11/04/2014, Jean-Pierre Mocky – Souvenirs d’un franc-tireur, TV5 Monde.
• 25/05/2013, Mister Mocky présente…, France Inter.
• 23/02/2013, Mocky soit qui mal y pense ! – Entretien avec Jean-Pierre Mocky, France Culture.

23/06/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Box Office des films de Jean-Pierre MockyBox Office.
• Critiques par la presse des films de Jean-Pierre Mocky, La Cinémathèque française.
Filmographie Jean-Pierre MOCKY réalisateur, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Choderlos de LACLOS (1741-1803)


Articles
• Robert ABIRACHED, Les liaisons dangereuses, CNDP, sans date.
• Annie CRÉPIN, Choderlos de Laclos l’auteur des Liaisons dangereuses, Annales historiques de la Révolution française nº338, 2004.
• Claire DESPIERRES, Le jeu des figures énonciatives dans Les liaisons dangereuses de Laclos – Interrogation et argumentation : la place du tiers, Semen nº15, 2002.
• François-Ronan DUBOIS, Les liaisons dangereuses : lecture d’impressions, lecture interprétative, Contagions, 2013.
• Jean GOLDZINK, Libertinage et politique dans le roman libertin des Lumières, Littératures classiques nº55, 2004.
• Jean GOLDZINK, À propos des Liaisons dangereuses de Laclos – La place de Laclos dans
les territoires dits libertins, Académie de Versailles, sans date.
• Michel LAXENAIRE, La séduction dans la littérature, Dialogue nº164, 2004.
• Lydia MARTIN, L’échange épistolaire à l’écran : les adaptations en anglais des Liaisons dangereuses, Lettre de cinéma, 2007.
• François MIGEOT, Rapport de places et imaginaire dans les lettres de Laclos et Mme Riccoboni, Semen nº20, 2005.
• George NAHREBECKY, A la Recherche du héros dans « Les Liaisons dangereuses », St. Mary’s University, sans date.
• René POMEAU, D’Ernestine aux Liaisons dangereuses : le dessein de Laclos, Revue d’histoire littéraire de la France, mai-août 1968.

Dossiers
Ciné-club de Caen
Fondation Napoléon
Wikipédia

Revues
• Choderlos de Laclos – Littératures d’Asie du Sud-Est, Europe n° 885-886, 2003.
• La séduction, Dialogue nº164, 2004.

Thèses
• Mohammed YOUSUF, De quelques figures de style (La métaphore, la comparaison, et l’allégorie) dans « Le paysan parvenu » de Marivaux et « Les liaisons dangereuses » de Laclos, Thèse de doctorat en Lettres Modernes, 2012, 293 pages.
• Marie-Luce COLATRELLA, « Ce hideux chef-d’oeuvre » : lectures, traductions, illustrations des Liaisons dangereuses : France, Allemagne, Angleterre (1860-1914), Thèse de doctorat en Littérature comparée, 2005.

Textes de l’auteur
• Choderlos de LACLOS, Œuvres complètes [présenté par Laurent Versini], Gallimard, La Pléiade, 1979.
• Choderlos de LACLOS, Les liaisons dangereuses, 1782, [présenté par René Pomeau], GF-Flammarion, 1996 – [présenté par Michel Delon], Livre de Poche, 2002, [Texte en ligne : AtramentaBouquineuxEbooksGallicaPitbookWikisource].
• Choderlos de LACLOS, De l’éducation des femmes, 1783, [Texte en ligne].
• Choderlos de LACLOS, De la monarchie et du républicanisme, 1791, [Texte en ligne].

Études sur l’auteur
• Yvon BELAVAL, Choderlos de Laclos, Seghers, 1972.
• Jean-Paul BERTAUD, Choderlos de Laclos l’auteur des « Liaisons dangereuses », Fayard, 2003.
• Fernand CAUSSY, Laclos, 1741-1803, d’après des renseignements originaux, suivi d’un mémoire inédit de Laclos, Mercure de France, 1905.
• Collectif, Laclos et le libertinage 1782-1982, Presses Universitaires de France, Actes du colloque de Chantilly, 1983.
• Émile DARD, Le général Choderlos de Laclos, auteur des « Liaisons dangereuses », Perrin, 1905.
• Bianca FONTANA, Politique de Laclos, Kimé, 1993.
• Anne-Marie JATON, Le corps de la liberté – Lecture de Laclos, L’Age d’homme, 1983.
• René PETER, La dame aux repentirs – L’inspiratrice des Liaisons dangereuses, Librairie des Champs-Élysées, 1939.
• Georges POISSON, Choderlos de Laclos ou l’obstination, Grasset, 1985.
• René POMEAU, Laclos ou le paradoxe, Hachette, 1993.
• Roger VAILLAND, Laclos par lui-même, Seuil, 1953.

Cours sur l’œuvre
• Anonyme, Résumé des lettres, digiSchool Bac ES (nécessite inscription).
• Anonyme, Étude (détaillée) et liens, Magister.
• Anonyme, Synthèse du roman et commentaires des lettres 47, 67 et 125, Bac de français.
• Collectif, Les liaisons dangereuses et les arts, Académie de Strasbourg.
• Elisabeth KENNEL-RENAUD, Étude (très détaillée), Site perso.
• René POMMIER, Analyse de la lettre XXII, Site perso.

Études sur l’œuvre
• Pierre BAYARD, Le paradoxe du menteur – Sur Laclos, Minuit, 1993.
• Christine BELCIKOWSKI, Poétique des « Liaisons dangereuses », José Corti, 1972.
• Collectif, Analyses et réflexions sur Laclos – Les liaisons dangereuses : la passion amoureuse, Ellipses, 1991.
• André et Yvette DELMAS, A la recherche des « Liaisons dangereuses », Mercure de France, 1964.
• Michel DELON, P.-A. Choderlos de Laclos – « Les liaisons dangereuses », Presses Universitaires de France, 1986.
• Béatrice DIDIER, Choderlos de Laclos – « Les liaisons dangereuses » – Pastiches et ironies, Éditions du Temps, 1998.
• Jean FABRE, « Les liaisons dangereuses » – Roman de l’ironie, Klincksieck, 1972.
• Jean-Luc FAIVRE, « Les liaisons dangereuses » – Choderlos de Laclos, Hatier, 2002.
• Jean-Luc FAIVRE, « Les liaisons dangereuses » – Choderlos de Laclos Stephen Frears, Hatier, 2008.
• Biancamaria FONTANA, Du boudoir à la Révolution – Laclos & « Les Liaisons dangereuses » dans leur siècle, Agone, 2013 [Annales historiques de la Révolution française nº372].
• Jean GOLDZINK, Le vice en bas de soie ou le roman du libertinage, Minuit, 2001.
• Caroline JACOT-GRAPA, « Les liaisons dangereuses » de Choderlos de Laclos, Gallimard, 1997.
• Éloïse LIÈVRE, Pierre Choderlos de Laclos – « Les liaisons dangereuses », Bréal, 1998.
• Philippe MESSIÈRE, « Les liaisons dangereuses » – Laclos, Bordas, 1981.
• Jean-Luc SEYLAZ, « Les liaisons dangereuses » et la création romanesque chez Laclos, Librairie Minard, 1958.
• Madeleine THERRIEN, « Les liaisons dangereuses » – Une interprétation psychologique, SEDES, 1973.
• Laurent VERSINI, Laclos ou la tradition – Essai sur les sources et les techniques des « Liaisons dangereuses », Klincksieck, 1968.
• Laurent VERSINI, Le roman le plus intelligent – Les liaisons dangereuses » de Laclos, Champion, 1998.

Études autour de l’œuvre
• Anonyme, L’épistolaire, WebLettres.
• Frédéric CALAS, Le roman épistolaire, Nathan Université, 1996.
• Nicole CLOAREC (sous la direction de), Lettres de cinéma – De la missive au film-lettre, Presses universitaires de Rennes, 2007.
• Anne DENEYS-TUNNEY, Écritures du corps – De Descartes à Laclos, Presses Universitaires de France, 1992.
• Pierre SAINT-AMAND, Séduire ou la passion des Lumières, Klincksieck, 1987.
• Jürgen SIESS (sous la direction de), La lettre entre réel et fiction, SEDES, 1998.
• Laurent VERSINI, Le roman épistolaire, Presses Universitaires de France, 1979.

Audio-Vidéo
• Choderlos de LACLOS, Les liaisons dangereuses, Littérature audio.

Adaptation Stephen Frears
Académie de Versailles
Académie de Rouen
Cercle Gallimard
CNDPCNDP
Elisabeth KENNEL-RENAUD
Télédoc
Zéro de conduite

30/05/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Filmographie « Les liaisons dangereuses », Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Friedrich NIETZSCHE (1844-1900)


Nietzsche n’est pas un philosophe comme les autres ; il aime la provocation et tout ce qui rend la lecture plus attrayante – humour, utilisation de métaphores, caricatures – recèle chez lui, précisément, la profondeur de la pensée. Il est certain qu’il ne faut pas lire Nietzsche comme un philosophe classique, et plaquer sur la lecture des schémas conceptuels pré-établis est la meilleure façon de manquer l’originalité de cette pensée. Nietzsche a le mérite de montrer qu’il existe d’autres chemins possibles pour la philosophie, qui sortent du cadre rigide des traités classiques. Sa démarche généalogique et critique présente l’intérêt de remettre en question bien des vérités établies, et de s’ouvrir à des réalités jusque là ignorées.
Djamila Azem Hidalgo, Etude d’un texte de Nietzsche, Académie de Grenoble

Le travail de critique d’un ouvrage récent se limite à la paraphrase du dossier de presse gracieusement fourni par l’éditeur. Pour les ouvrages anciens, les petits-maîtres à penser se contentent de piocher dans les dictionnaires des citations. Dans ces conditions il n’est pas étonnant que l’œuvre d’un auteur aussi complexe que celle de Friedrich Nietzsche soit interprétée à contresens.

Un trotskyste affirme « Nietzsche, penseur du fascisme » ce qui est aussi inepte que de dire « Marx, penseur du fascisme » parce qu’il est longuement et admirativement cité par Goebbels dans son Journal. Il a pris le risque de citer Nietzsche, souvent à contresens, pour que ses citations collent avec ses a-priori. Ainsi, il renomme « Nietzsche, penseur du fascisme » le livre de Georg Lukács intitulé « Nietzsche, précurseur de l’esthétique fasciste » ce qui ne signifie pas la même chose !
Selon cet auteur Nietzsche serait fasciste parce qu’il critique la démocratie bourgeoise ! Position paradoxale, mais conforme à celle de Marx soutenant la guerre de l’impérialisme américain contre le Mexique et celle de l’impérialisme anglo-français contre la Chine parce que le capitalisme industriel serait plus « civilisé » que le capitalisme agraire (Lire : La Chine vue par MARX et ENGELS).

Le piège dans lequel tombe facilement les petits-maîtres à penser tient au style, dans lequel excelle Nietzsche, qui rend d’autant plus difficile à comprendre son propos qu’il apparaît facile à lire. Ainsi, l’erreur fréquente est de prendre au pied de la lettre ce qu’il écrit.
De plus, comme sa pensée toujours en mouvement n’est pas close dans un système (« Je me méfie des faiseurs de systèmes et m’écarte de leur chemin. L’esprit de système est un manque de probité. » aphorisme 26 in Crépuscule des idoles), il peut affirmer une chose un jour et son contraire le lendemain. L’exemple le plus connu est celui de Wagner pour qui son admiration (« La naissance de la tragédie » 1872, et « Richard Wagner à Bayreuth« , 1876) se transforma en une démolition de l’idole trop impliqué dans le mouvement völkisch et l’antisémitisme (« Le cas Wagner« , 1888 et « Nietzsche contre Wagner« , 1889).

Plutôt de d’ajouter mes commentaires positifs ou négatifs, dont tout le monde se moque à juste raison, je préfère suggérer de lire et relire l’œuvre de Friedrich Nietzsche.

Articles
• Articles universitaires, Nietzsche par la jeunesse aux cheveux gris.
• Éric BLONDEL, Par-delà le bien et mal, Philopsis, 43 pages.
• Éric BLONDEL, La volonté de puissance, Philopsis 75 pages.
• Éric BLONDEL, Prolégomènes à une lecture philologique de Nietzsche, Philopsis 81 pages.
• André OUREDNIK, La notion de Pulsion chez Nietzsche et Freud, Université de Lausanne, 35 pages.
• Daniel PIMBÉ, Nietzsche, Académie de Grenoble, 2011, 93 pages.
• Vincent STANEK, La volonté de puissance, Philopsis, 16 pages.

Dossiers
Encyclopédie de L’Agora
Nietzsche Circle
Philopsis
UQAC
Wikipédia

Revues
• Nietzsche, Le Point HS n°14, Juin Juillet 2013.

Cours
• Daniel MARTIN, Nietzsche en langage clair, Cours de philosophie, 551 pages.
« La volonté de puissance » (doctrine)
« La généalogie de la morale » (livre)
« Par-delà le bien et le mal » (livre)
« Le gai savoir » (livre)
« L’éternel retour »(doctrine)
« Ainsi parlait Zarathoustra » (livre: parties I à III)

Livres
• Livres numériques, Académie de CréteilAcadémie de Grenoble BouquineuxEbooksNietzsche par la jeunesse aux cheveux grisWikisource.
• Friedrich NIETZSCHE, Oeuvres, Flammarion, 2000 [Texte en ligne].
« Le gai savoir »
« Ainsi parlait Zarathoustra »
« Par-delà le bien et le mal »
« La généalogie de la morale »
« Le cas Wagner »
« Le crépuscule des idoles »
« L’antéchrist »
« Ecce homo »
« Nietzsche contre Wagner »
• Marc CRÉPON (sous la direction de), Nietzsche, L’Herne, 2006 [Texte en ligne].
Comme Nietzsche le dit à plusieurs reprises : la lecture de son œuvre n’est pas de celles dont on sort sans que rien n’ait changé. Et ceci est d’autant plus vrai que rien de ce qu’elle prophétise ou annonce ne s’est définitivement accompli. Nous ne sommes pas sortis de ce qu’elle décrit, que ce soit l’épuisement de la démocratie, les différentes formes de réactions au nihilisme qui ne font que le perpétuer (comme tous les extrémismes), la résistance, plus ou moins déguisée, des valeurs imposées par le christianisme. Nous n’échappons pas davantage à ce qu’elle prescrit : notre rapport au savoir (et notamment à la science) est loin d’être clarifié. Le signe le plus probant de cette actualité des questions nietzschéennes est que, pas plus que cette œuvre n’appartient aux nietzschéens, elle ne laisse aucun courant philosophique, aucune école indifférente.
Mais s’il reste ce « philosophe d’avenir » qu’il voulait être, c’est aussi que son œuvre interroge, dans ses différentes articulations, la coexistence, au sein de la même pensée, des trois types de régime entre lesquels se partage le discours philosophique : descriptif, prescriptif et programmatique ou prophétique. Lisant Nietzsche, nous n’héritons pas seulement de ce qu’il décrit, et de ce que cette description prescrit. Nous prenons aussi la mesure de ce qu’il annonce. Sans doute, par sa critique radicale de toute téléologie, il porte un coup décisif à tout ce que la philosophie a pu promettre : le salut, la révolution. Mais pour autant, il ne renonce pas à toute prophétie d’une nouvelle époque ouverte par sa pensée. Ce qu’il décrit et prescrit trouve son sens ultime dans un temps à venir, qui advient une fois que son œuvre a coupé en deux l’histoire de l’humanité.
Ce Cahier analyse sa pensée à partir de ses rapports avec la langue, les Grecs et la musique, pour se pencher sur sa critique de la métaphysique et l’histoire, critique de la civilisation et de la morale, la conversion des valeurs.
Textes de : Marc Crépon, Marc de Launay, Max Marcuzzi, Mario Ruggenini, Jacques le Rider, Denis Thouard, Michèle Cohen-Halimi, Michel Haar, Yannis Constantinidès, Arnaud Villani, Mazzino Montinari, Eric Dufour, Joseph Simon, David Ballison, Jocelyn Benoist, Fabio Merlini, Paolo d’Ioro, Françoise Dastur, Pavel Kouba, François Chenet, Sylvie Courtine-Denamy.

Audio-Vidéo
• Livres audios, Littérature audio.
• France Culture, Nietzsche par la jeunesse aux cheveux gris.
• Vidéos, Nietzsche par la jeunesse aux cheveux gris.
• Annick STEVENS, La philosophie de Nietzsche (10 séances), Université populaire de Marseille [pdf – mp3- vidéo].
Nietzsche est un penseur qui a profondément bouleversé la philosophie et a eu une influence considérable sur les pensées du XXe siècle, mais qui a aussi été très mal compris et récupéré par des idéologies auxquelles il était tout à fait opposé. Des concepts comme l’éternel retour, le surhumain, la volonté de puissance, suscitent souvent la méfiance, voire le sarcasme et le rejet. Or, si on prend le temps de découvrir leur sens, de les inscrire dans la philosophie de la vie lucide et exigeante qui les justifie, on comprend à la fois l’origine des malentendus et l’extraordinaire portée à la fois théorique et pratique de cette pensée.

28/05/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

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Filmographie Friedrich NIETZSCHE, Ciné Monde.
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