Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Tag: Karl Kraus

Les médias dans les blogs


• 14/04/2002, Anthropologie et marketing – Le don en marketing, Jacqueline Winnepenninckx

L’objet de cet article est de reprendre ces différentes perspectives, particulièrement à la lumière de l’ouvrage de Alain Milon La valeur de l’information : entre dette et don : critique de l’économie de l’information et d’enrichir ainsi l’étude du cadeau en marketing. Cet article constitue un préalable à des recherches sur « Le don et sa perception en B to C ».

• 07/12/2004, La valeur de l’information par Pierre Lombard, Journal du Net

Les développements informatiques de l’entreprise ne peuvent être justifiés uniquement par un calcul financier. D’autres bénéfices, moins tangibles certes, sont dus au traitement de l’information.

• 23/01/2006, NTIC et éthiques : la valeur de l’information en ligne (rapport de DESS), WebRankInfo

- L’explosion de l’information à l’ère du numérique
- Naissance des outils de recherche et fonctionnement
- Pourquoi les outils de recherche ont-ils tant d’intérêt pour le commerce électronique ?
- Modèles d’affaires des moteurs de recherche
- Conséquences de ces business models sur le monde de l’information de la connaissance et des langues
- Les moteurs de recherche et le droit
- Les autres sources d’information sur le Web
- Les enjeux liés à l’information
- Conclusion et perspectives

• 08/04/2007, La valeur de l’information, Huyghe

L’intelligence économique nous rèvèle combien l’information est à la fois désirable (il faut garder ses secrets, veiller…), redoutable (on désinforme , on déstabilise, on influence…) et vulnérable (toute entreprise dépend de ses systèmes d’information, de sa réputation…).

• Cours La valeur de l’information – Stratégie, Doc-etudiant.fr

- Fonction économique de l’information
- Fonction politique de l’information
- Fonction sociale éducative de l’information
- Veille
- L’information utile
- L’information de valeur
- La théorie de l’information
- Les bruits de l’information
- Nature et valeur de la source
- Les 5 questions qui définissent l’information
- La valeur de l’information dans un contexte décisionnel
- Relation information décision

• Jean-Philippe ACCART, La Valeur de l’information : entre dette et don. Critique de l’économie de l’information, Documentaliste, sciences de l’information
• Michel CORNU, La dette et le don, Contrepoint Philosophique
• Alain MILON, La valeur de l’information : entre dette et don, HAL-SHSWikipédia

Cet ouvrage propose une approche critique de la valeur de l’information et de l’économie de l’immatériel à travers l’analyse de certaines écoles économiques comme l’économie des coûts de transaction, de l’agence, du contrat, de la convention. Ce livre présente une réflexion sur le statut de l’information, sa valeur, le don et la dette d’information et les réseaux d’information inter-personnels et inter-organisationnels. Existe-t-il seulement une manière de distribuer les cartes de la réalité socio-économique, et la lecture que l’économie propose de cette distribution est-elle unique ou plurielle ? Il s’agit, à travers une lecture anthropologique de la dette et du don, de réfléchir sur la valeur de l’information et la manière dont l’économie se révèle impuissante à rendre compte de la complexité des processus informationnels. La valeur de l’information permet de réfléchir aussi sur les réseaux formels et informels et les réseaux inter-personnels et interorganisationnels de communication en s’appuyant sur Simmel, Mauss, Malinovski, Sahlins, Polanyi, Levi-Strauss, Godelier, Caillé, Lojkine et les lectures anthropologiques du Mana, du Hau et de la Kula.

• Théorie de l’information, Wikipédia
• Asymétrie d’information, Wikipédia

Si en matière de presse, Karl Kraus "a, d’une certaine façon, connu le pire (une presse qui n’avait jamais été et ne sera sans doute jamais plus à la fois aussi puissante et aussi irresponsable)", la lutte contre la corruption des journaux et des journalistes, qu’il aura mené sans répit, ne constitue que l’aspect le plus anecdotique de son combat. Pour lui, le mensonge journalistique tient dans la structure même du journal, dont le calibrage prédéfini et la parution régulière obligent à faire passer l’information par un prisme déformant, qui égalise dans un même format l’important et l’accessoire, l’évènement historique et le fait divers anecdotique. "Le principe fondamental de la possibilité d’entrée intellectuelle pour tout ce qui est imprimé quotidiennement, écrit Kraus, est : tout est égal et ça sera toujours assez vrai."

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Karl KRAUS, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Médias, Monde en Question.

Brèves du 04/05/2010


Culture

03/05/2010, Karl Kraus contre Sigmund Freud, Relectures.
Lire aussi : Dossier documentaire & Bibliographie Karl KRAUS, Monde en Question.

Belgique

02/05/2010, BHV-burqa, même combat, Minorités.

Il y a un point commun entre la «burqa» et BHV. La «burqa», en Belgique, tout le monde s’en tamponne. Ça ne fait même pas débat. Il y a bien des tensions aiguës autour du «simple» voile islamique entre des courants fascinés par le modèle français radicalement éradicateur et d’autres plus soucieux, dans la tradition belge qui n’est pas assimilationniste, d’organiser une coexistence respectueuse du droit des minorités. Mais tous se sont réconciliés pour promouvoir au pas de charge l’interdiction de la «burqa», les uns pour confirmer leur leadership dans la lutte résolue contre l’«islam réac», les autres pour se dédouaner d’une accusation de faiblesse dans un climat pourri où l’islam et les musulmans font l’objet d’une suspicion qui devient vraiment pesante.

Lire aussi : Dossier documentaire & Bibliographie Voile & Burqa, Monde en Question.

Afrique

25/04/2010, Art africain en France : des rapports globalisés de domination, Minorités.

On célèbre, cette année, les 50 ans des indépendances africaines par des débats et manifestations culturelles. On y retrouve des hommes de gauche, de droite, du centre, des anarchistes, des néo-libéraux etc. Et à chaque fois, les artistes, les écrivains et les hommes de cultures d’Afrique ou de ses diasporas se retrouvent en première ligne. Ces débats consensuels m’ont toujours intrigué par leur capacité à reproduire des discours dominants avec une suffisance suspecte. Les spectacles de théâtre, les soirées cinématographiques, les spectacles de danse, fortement appréciés du public appellent cependant une inquiétude malgré la qualité de la mise en scène. Le terrain de la création attire des personnes aux rapports parfois contradictoires d’où l’intérêt d’interroger les mécanismes et enjeux d’une «africaphonie» cacophonique, un phénomène nouveau aux racines très anciennes. L’évocation de l’Afrique dans la peinture, la musique, les expositions coloniales a produit des représentations négatives et essentialistes de l’Afrique.

Lire aussi : Dossier documentaire & Bibliographie Afrique, Monde en Question.

Colonisation de la Palestine

03/05/2010, Dossier "Appel Jcall", CCIPPP.

Communiqué UJFP, texte de Pierre Stambul, texte de l’appel, lettre de M.Warschawski.
Commentaires : Naturellement l’im-Monde fait la publicité de cette organisation pro-sioniste.

Lire aussi : Chronique Colonisation de la Palestine 2010, Monde en Question.

Raison & liberté


L’action politique et sociale doit être animée par une vision de la société future et par des jugements de valeur explicites, qui doivent découler d’une conception de la nature humaine. Si l’esprit humain était dépourvu de structures innées, nous serions des êtres indéfiniment malléables, et nous serions alors parfaitement appropriés au formatage de notre comportement par l’État autoritaire, le chef d’entreprise, le technocrate et le comité central.

Ceux qui ont une certaine confiance dans l’espèce humaine espéreront qu’il n’en est pas ainsi. Je pense que l’étude du langage peut fournir certaines lumières pour comprendre les possibilités d’une action libre et créatrice dans le cadre d’un système de règles qui reflète, au moins partiellement, les propriétés intrinsèques de l’organisation de l’esprit humain.

Ce livre réunit onze textes de Noam Chomsky [parus entre 1968 et 1999] pour la plupart inédits en français. Offrant un large panorama de ses idées, il fait apparaître le fil qui relie son socialisme libertaire à son œuvre de linguiste et à son anthropologie : notre irrépressible besoin de liberté est inséparable de la créativité illimitée du langage qui fait de nous des êtres humains. Chomsky montre comment l’école et l’université pourraient éduquer à autre chose qu’à l’obéissance, les intellectuels de gauche jouer un autre rôle que celui de commissaires du contrôle des esprits, et les mouvements civiques et sociaux imposer des réformes radicales. C’est en héritier des Lumières et de la tradition rationaliste que Chomsky pense et intervient.

Noam CHOMSKY, Raison & liberté – Sur la nature humaine, l’éducation & le rôle des intellectuels, Agone, 2010.

A ceux qui l’accusaient de se comporter, envers son pays, comme « l’oiseau qui salit son propre nid », Karl Kraus a répondu qu’on peut très bien, dans certaines circonstances, se sentir au contraire sali par son propre nid et éprouver le besoin légitime de le rendre, si possible, un peu plus propre ; ce qui a eu pour conséquence qu’il s’est « attiré la haine des gens sales à un degré qui pourrait être sans égal dans l’histoire de la vie intellectuelle ».

C’est, à bien des égards, dans une situation tout à fait semblable que se trouve aujourd’hui Noam Chomsky. Aux yeux d’une bonne partie du monde intellectuel, qui s’accommode, somme toute, assez bien de la saleté qu’il dénonce, il est, lui aussi, l’oiseau dont l’activité principale consiste à souiller le ou les nids dont il est matériellement, et devrait être spirituellement, un occupant : en premier lieu, bien entendu, les États-Unis, mais également l’Europe, les démocraties occidentales en général, l’État d’Israël, les élites intellectuelles, le monde scientifique, l’université, le système d’enseignement, etc.

Celui qui, comme c’était déjà le cas de Kraus, pense et agit en fonction de l’idée qu’un intellectuel doit balayer d’abord devant la porte de son propre pays, en espérant que les autres feront la même chose de leur côté, peut être pratiquement certain de se heurter à la protestation violente de gens qui réagissent à peu près comme si cela revenait ipso facto à affirmer que la vérité, le bon droit et la justice se trouvent toujours entièrement du côté de l’ennemi.

C’est un problème que Chomsky connaît sûrement mieux que personne. S’il dénonce, en choisissant de les appeler par leur nom, les abus de pouvoir, les injustices, les violences et les crimes commis par son propre pays contre d’autres, c’est censé signifier qu’il trouve normales les actions de cette sorte quand ce sont les ennemis qui s’y livrent. S’il qualifie de « terrorisme international d’État » ou de « terrorisme de gros » ce que les États-Unis et les États clients qu’ils soutiennent se considèrent comme autorisés à faire, (…)

BOUVERESSE Jacques, Noam Chomsky et ses calomniateurs, Le Monde diplomatique, Mai 2010.

Lire aussi :
• Articles de et sur Noam Chomsky, Le Monde diplomatique.
Dossier documentaire & Bibliographie Noam CHOMSKY, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Karl KRAUS, Monde en Question.

Good Night and Good Luck


Winchell, un film pratiquement inconnu en France, est l’envers de Good Night and Good Luck. Le premier raconte l’histoire du journaliste américain Walter Winchell et le second celle du journaliste américain Edward R. Murrow.

Walter Winchell fut, de son propre aveu, «un fils de pute» c’est-à-dire un acteur du système de désinformation. Profondément anticommunisme, il a naturellement soutenu la campagne du sénateur Joseph McCarthy. Il travaillait pour sa propre gloire, ce que montre bien le film, et acceptait toutes les compromissions susceptibles de renforcer son audience.

Edward R. Murrow, reconnu pour l’honnêteté et l’intégrité de son travail, fut l’un des journalistes qui contribuèrent à la chute du sénateur Joseph McCarthy. Journaliste au pluriel car ses reportages n’auraient jamais été diffusés sans la solidarité d’une équipe au sein de CBS. Malgré ses qualités professionnelles, il n’échappa pas à un système médiatique qui est soumis au marché depuis les origines de la presse.

Le mariage de la presse et des financiers, via la publicité, se réalisa dès les années 1830 :

En France, l’industrie du journalisme repose sur une base essentiellement fausse, c’est-à-dire plus sur les abonnements que sur les annonces. Il serait désirable que ce fût le contraire.
Girardin dans les années 1830.

La presse est une industrie avant d’être un sacerdoce.
Paul Thibaudet dans les années 1930.

Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective "business", soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit.
[…]
Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible.
Patrick Le Lay en 2004.

Balzac dénonça en vain l’emprise de l’agence Havas qui était à la fois entreprise de presse et de publicité et qui deviendra l’Agence France Presse (AFP) :

Jadis, les journaux avaient tous un rédacteur spécial pour les Nouvelles Étrangères, qui les traduisait et les Premierparisait. Ceci a duré jusqu’en 1830. [...] Depuis, les journaux de Paris ont eu tous le même traducteur, ils n’ont plus ni agents ni correspondants, ils envoient rue Jean-Jacques-Rousseau, chez M. Havas, qui leur remet à tous les mêmes nouvelles étrangères, en en réservant la primeur à ceux dont l’abonnement est le plus fort.
BALZAC Honoré de, Monographie de la presse parisienne, 1843 [Éditions du Boucher - BooksGoogle - Paris-Sorbonne] [1]

Ce préambule historique permet de mesurer les limites de l’honnêteté intellectuelle de quelques journalistes, qualité d’autant plus soulignée qu’elle est rare. Malgré toutes ces réserves, le film est excellent.
L’utilisation du noir et blanc, au-delà de la justification technique pour insérer des citations comme dans Les cadavres ne portent pas de costard, sert magnifiquement le propos.
L’interprétation de David Strathairn rappelle étrangement le combat solitaire que mena Karl Kraus contre la propagande de la presse.

La corruption de la presse est en effet à ses yeux, écrira le critique Jean Blain, la source de toutes les autres et il voit dans le triomphe du journalisme un danger contre la culture – danger qui tient entre autres à la corruption du langage et à la réduction de la culture à une marchandise. En outre, tandis que le journalisme exige, pour être exercé correctement, un sens moral et un sens des responsabilités au-dessus de la moyenne, il est plutôt devenu, estime Kraus, symbole d’impunité et d’irresponsabilité. Ce que Kraus demande à la presse n’est évidement pas de cesser d’exister, mais de cesser de se mentir à elle-même et mentir aux autres sur ce qu’elle est capable de faire et sur la réalité de ce qu’elle fait.
Radio Prague

Serge LEFORT
Citoyen du Monde

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Mac Carthy – Maccarthysme :
Arte
HistGéo
Wikipédia

• MUHLMANN Géraldine, Journalisme contre McCarthysme – Good Night and Good Luck, Le Temps des médias n°6, 2006.

• Aspects de l’anticommunisme, Communisme n°62-63, 2001 [BooksGoogle].
• Le Maccarthysme, L’histoire n°27, 1980.
• ROUCH Jean, Le maccarthysme – Cinéma et idéologie, Cinéma n°160, 1971.

• PERRIER Hubert (sous la direction de), L’anticommunisme et la chasse aux sorcières aux États-Unis (1946-1954), Didier, 1995 [Amazon].
• ROUGÉ Jean-Robert (sous la direction de), L’anticommunisme aux États-Unis de 1946 à 1954, Presses Paris Sorbonne, 1995 [BooksGoogle].
• TOINET Marie-France, La chasse aux sorcières – Le Maccarthysme, Complexe, 1999 [Amazon - BooksGoogle - BiblioMonde].
• WIEDER Thomas, Les sorcières de Hollywood – Chasse aux rouges et listes noires, Philippe Rey, 2006 – Ramsay, 2008 [BiblioMonde - l'Humanité].
• ZINN Howard, "Nous, le peuple des États-Unis …" – Essais sur la liberté d’expression et l’anticommunisme, le gouvernement représentatif et la justice économique, les guerres justes, la violence et la nature humaine, Agone, 2004 [BiblioMonde].

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.


[1] L’argent des médias, Le Temps des Médias n°6, Printemps 2006 [SPHM].
Dossier documentaire & Bibliographie Agences de presse, Monde en Question.

Propagande guerrière


Kraus a reconnu en 1933 (comme il l’avait déjà fait en 1914) qu’un appareil de propagande avait été mis en place pour justifier une agression militaire. Mon hypothèse est que sa critique peut être considérée comme un «paradigme» : soixante-dix ans plus tard, ses catégories-clés sont toujours valables, et elles peuvent s’appliquer à la guerre qui a débuté en mars 2003 avec l’invasion de l’Irak. Certains optimistes prétendront sans doute que la situation actuelle est complètement différente : nous avons aujourd’hui une presse plus critique et plus indépendante, sans compter les autres médias qui, comme la télévision et l’Internet en particulier, garantissent la liberté d’expression. La réponse de Kraus est que «la liberté de la presse» est pour l’essentiel un mythe. Un journal indépendant ou une chaîne de télévision indépendante, cela ne saurait exister. Tous sont soumis aux pressions des propriétaires, des annonceurs, des intérêts de classe et des idéologies nationalistes. De surcroît, en période de crise, le contrôle effectif des médias passe aux mains des responsables politiques et militaires qui sont bien décidés à diffuser leur propagande belliciste.

La critique que fait Kraus des liens entre le militarisme et les médias constitue l’un des aspects les plus prophétiques de son œuvre. Nous pourrions conclure sur un exemple simple et assurément paradigmatique : l’affaire Friedjung. En 1908, l’historien néoconservateur Heinrich Friedjung publia un article dans le principal quotidien du pays, la Neue Freie Presse ; il y faisait état de documents censés prouver que l’Autriche était menacée de trahison et de conspiration dans les Balkans. Il s’agissait de justifier une attaque préventive contre la Serbie. Mais la menace de guerre s’évanouit, et l’Autriche réussit à annexer la Bosnie-Herzégovine sans recourir à la guerre prévue. Un an plus tard, Friedjung fut poursuivi pour diffamation par les hommes politiques croates qu’il avait faussement accusés de trahison. Ses «documents» se révélèrent être des faux, fabriqués par le ministère des Affaires étrangères autrichien, et Friedjung subit une humiliation publique.

[...]

Évoquons maintenant le parallèle le plus récent : les faux documents de Colin Powell et des gouvernements américain et britannique. Les preuves utilisées pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003 se sont révélées aussi fausses que celles invoquées dans l’affaire Friedjung. Mais aucun tribunal américain ou anglais n’a réussi à condamner les dirigeants politiques responsables de ce faux scénario, qui a pourtant coûté d’innombrables vies humaines. Les photos de bases ennemies présentées par le secrétaire d’État américain Colin Powell aux Nations unies pour justifier l’attaque contre l’Irak relevaient davantage des ficelles de la communication que du renseignement fiable. Nous savons aujourd’hui qu’il n’y avait pas d’«armes de destruction massive» en Irak, et que Saddam Hussein n’avait rien à voir ni avec Al Qaida ni avec les attentats contre les Twin Towers. Mais, pendant des mois, ces fables élémentaires ont été rabâchées par les médias patriotiques avec une telle insistance que la majorité des membres du Parlement britannique et du Congrès américain ont fini par les croire. Le fiasco Friedjung se répétait, mais cette fois c’était l’Amérique qui était prétendument en danger : l’Angleterre et la puissance militaire dominante devaient «se serrer les coudes».

Edward Timms, Karl Kraus & la construction de la réalité virtuelle, Agone n°35-36, 2006.

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Karl KRAUS, Monde en Question.
• 12/08/2006, MALER Henri, La guerre d’Afghanistan de 2001 (1) : Guerre des mots, mots de la guerre, Acrimed.
• 12/08/2006, MALER Henri, La guerre d’Afghanistan de 2001 (2) : Guerre des mots, mots de la guerre, Acrimed.
• Dossier documentaire & Bibliographie Afghanistan, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie 11 septembre 2001, Monde en Question.

Les médias dans les blogs (1)


Valeur de l’information, Le blog à Jef

Je sature un peu de la politique, surtout de celle, peu enthousiasmante, de la cuisine interne du PS [...].
Je viens de terminer un livre savant et fort intéressant dont c’est le titre ("La valeur de l’information", A. Milon, PUF, 1999) mais qui, en fait, me semble s’intéresser davantage à la valeur en elle-même qu’à celle de l’information.

Lire aussi :
• Alain MILON (universitaire), Wikipédia
• Alain MILON, La valeur de l’information : entre dette et don, HAL-SHS

Cet ouvrage propose une approche critique de la valeur de l’information et de l’économie de l’immatériel à travers l’analyse de certaines écoles économiques comme l’économie des coûts de transaction, de l’agence, du contrat, de la convention. Ce livre présente une réflexion sur le statut de l’information, sa valeur, le don et la dette d’information et les réseaux d’information inter-personnels et inter-organisationnels. Existe-t-il seulement une manière de distribuer les cartes de la réalité socio-économique, et la lecture que l’économie propose de cette distribution est-elle unique ou plurielle ? Il s’agit, à travers une lecture anthropologique de la dette et du don, de réfléchir sur la valeur de l’information et la manière dont l’économie se révèle impuissante à rendre compte de la complexité des processus informationnels. La valeur de l’information permet de réfléchir aussi sur les réseaux formels et informels et les réseaux inter-personnels et interorganisationnels de communication en s’appuyant sur Simmel, Mauss, Malinovski, Sahlins, Polanyi, Levi-Strauss, Godelier, Caillé, Lojkine et les lectures anthropologiques du Mana, du Hau et de la Kula.

• Jean-Philippe ACCART, La Valeur de l’information : entre dette et don. Critique de l’économie de l’information, Documentaliste, sciences de l’information
• Michel CORNU, La dette et le don, Contrepoint Philosophique
• Théorie de l’information, Wikipédia
• Asymétrie d’information, Wikipédia
• 14/04/2002, Anthropologie et marketing – Le don en marketing, Jacqueline Winnepenninckx

L’objet de cet article est de reprendre ces différentes perspectives, particulièrement à la lumière de l’ouvrage de Alain Milon La valeur de l’information : entre dette et don : critique de l’économie de l’information et d’enrichir ainsi l’étude du cadeau en marketing. Cet article constitue un préalable à des recherches sur « Le don et sa perception en B to C ».

• 07/12/2004, La valeur de l’information par Pierre Lombard, Journal du Net

Les développements informatiques de l’entreprise ne peuvent être justifiés uniquement par un calcul financier. D’autres bénéfices, moins tangibles certes, sont dus au traitement de l’information.

• 23/01/2006, NTIC et éthiques : la valeur de l’information en ligne (rapport de DESS), WebRankInfo

- L’explosion de l’information à l’ère du numérique
- Naissance des outils de recherche et fonctionnement
- Pourquoi les outils de recherche ont-ils tant d’intérêt pour le commerce électronique ?
- Modèles d’affaires des moteurs de recherche
- Conséquences de ces business models sur le monde de l’information de la connaissance et des langues
- Les moteurs de recherche et le droit
- Les autres sources d’information sur le Web
- Les enjeux liés à l’information
- Conclusion et perspectives

• 08/04/2007, La valeur de l’information, Huyghe

L’intelligence économique nous rèvèle combien l’information est à la fois désirable (il faut garder ses secrets, veiller…), redoutable (on désinforme , on déstabilise, on influence…) et vulnérable (toute entreprise dépend de ses systèmes d’information, de sa réputation…).

• 20/09/2008, La presse d’information traverse une crise profonde et fondamentale de valeur, Mediachroniques

Alors qu’en France, le gouvernement va lancer les "états généraux de la presse" en Octobre, il me semble important d’aborder le problème fondamental (en tout cas selon moi) de la valeur de l’information dans les médias du même nom. Voilà des mois, pour ne pas dire plus, que j’essaye d’écrire ce post. Cette fois, je me jette à l’eau tout en m’excusant par avance des imperfections et sans doute du manque de structure de ma réflexion qui s’appuie essentiellement sur le travail de l’Américain Robert Picard. Je compte sincérement sur vous pour commenter, annoter, suggérer, proposer, débattre, organiser… sur ce sujet.

Cours La valeur de l’information – Stratégie, Doc-etudiant.fr

- Fonction économique de l’information
- Fonction politique de l’information
- Fonction sociale éducative de l’information
- Veille
- L’information utile
- L’information de valeur
- La théorie de l’information
- Les bruits de l’information
- Nature et valeur de la source
- Les 5 questions qui définissent l’information
- La valeur de l’information dans un contexte décisionnel
- Relation information décision

Un blog critique sur l’actualité et les médias, Actualitaz, l’actualité en question

A l’heure où il est possible de "consommer" de l’actualité où que l’on se trouve (chez soi, au travail, dans la rue), à n’importe quel moment de la journée et de la nuit et sur des supports aussi bien électroniques que traditionnels, le citoyen lambda est soumis à une charge d’information d’une violence sans précédent.
Conserver un esprit critique vis a vis de l’information est le devoir de celui qui cherche à comprendre le monde qui l’entoure. Hors, on le sait, l’info est biaisée, dans des proportions plus ou moins graves, que ce soit par les personnages qui nous content leur histoire que par les médias eux-mêmes, de par leurs opinions politiques, des motivations économiques ou des facteurs plus personnels.
Commentaires : Ce nouveau blog est ambitieux et prometteur. Wait and see disent les Anglais, ¿Quién sabe? les Mexicains…

Lire aussi :
• Karl KRAUS, Wikipédia

Si en matière de presse, Karl Kraus « a, d’une certaine façon, connu le pire (une presse qui n’avait jamais été et ne sera sans doute jamais plus à la fois aussi puissante et aussi irresponsable) », la lutte contre la corruption des journaux et des journalistes, qu’il aura mené sans répit, ne constitue que l’aspect le plus anecdotique de son combat. Pour lui, le mensonge journalistique tient dans la structure même du journal, dont le calibrage prédéfini et la parution régulière obligent à faire passer l’information par un prisme déformant, qui égalise dans un même format l’important et l’accessoire, l’évènement historique et le fait divers anecdotique. « Le principe fondamental de la possibilité d’entrée intellectuelle pour tout ce qui est imprimé quotidiennement, écrit Kraus, est : tout est égal et ça sera toujours assez vrai. »

• Karl KRAUS, Œuvres aux éditions Agone
• Articles sur Karl KRAUS, Acrimed
• Jacques BOUVERESSE, Satire & prophétie : les voix de Karl Kraus, Agone, 2007

Karl Kraus a inlassablement attaqué un mal auquel nous sommes exposés plus que jamais : la manipulation par le discours, le mensonge et la corruption de la langue, signe de la corruption de la pensée et du sentiment. Contre cette agression, il a forgé des armes terriblement efficaces et montré comment s’en servir. Son œuvre reste, comme le dit Elias Canetti, une « école de résistance ».

• 14/02/2005, Karl Kraus et sa position dans la vie intellectuelle en Autriche jusqu’en 1936, AAR
• Août 2005, Alain ACARDO, Karl Kraus, contre l’empire de la bêtise, Le Monde diplomatique

Les médias disposent des moyens d’entretenir l’illusion d’une équivalence entre liberté et liberté de la presse, alors que cette dernière signifie surtout liberté des industriels qui possèdent la presse. Sous l’apparence du « débat public », les journalistes dominants ont réussi à imposer leurs normes à des militants et à des intellectuels. Le satiriste Karl Kraus fustigeait déjà ces formes de « bêtise » dans les années 1930.

• 28/01/2008, Les guerres de Karl Kraus, DLC
• 16/03/2008, Jacques Bouveresse : «La presse doit résister à la soumission», Mediapart
• 28/10/2008, Actualité de Karl Kraus ?, Critique, et critique de la critique
• Articles et dossiers, Monde en Question

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