Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Tag: Elections 2007

MSR soutient la guerre coloniale contre les Palestiniens


Ségolène Royal et Ehud Olmert se sont trouvés énormément de points en commun… Fidèle à son passé colonialiste, le parti socialiste français a confirmé, si besoin était, son engagement pro-israélien.

Ségolène Royal et Ehud Olmert sont en "parfaite harmonie" sur la question du nucléaire civil iranien, a déclaré Jean-Pierre Masseret, président de la région Lorraine, qui a assisté à leur rencontre à la Knesset.

Lors de cet entretien qui a clôturé la tournée de la candidate présidentielle socialiste au Proche-Orient, elle a également évoqué avec le Premier ministre israélien le sort des deux militaires israéliens enlevés en juillet par des miliciens libanais.

"Elle a absolument rappelé sa position, disant que le nucléaire civil iranien pouvait très naturellement aboutir au nucléaire militaire et qu’il fallait trouver d’autres solutions énergétiques pour l’Iran", a expliqué à des journalistes Jean-Pierre Masseret, ancien secrétaire d’Etat à la Défense chargé des anciens combattants dans le gouvernement de Lionel Jospin.

"C’était net, carré, direct et en parfaite harmonie entre les deux positions", a-t-il ajouté.

Ségolène Royal s’est démarquée de la majorité des personnalités politiques françaises en s’opposant à l’accès de l’Iran aux technologies nucléaires civiles.

Elle s’est ainsi attirée les moqueries de certains élus de l’UMP et du PS qui ont estimé qu’elle ignorait les termes du Traité de non prolifération nucléaire.

Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste a confirmé une "convergence de vues" entre les deux interlocuteurs sur ce sujet.

Quelques jours après la visite de la candidate au Liban, la situation très tendue entre les deux pays été évoquée.

"C’était très intéressant d’entendre ce qu’elle avait à dire sur sa visite" au Liban, a déclaré Ehud Olmert, qui s’est dit "très heureux de l’accueillir ici".

La question des survols du Sud-Liban par les avions de chasse israéliens, évoquée dimanche par Ségolène Royal avec la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni, n’a pas été abordée lors de son entretien avec le Premier ministre.

"Je crois que c’est très utile et très fructueux de pouvoir ainsi, de façon très directe et très simple, donner la vérité d’une parole, une impression de contenu, de rencontre", a déclaré Ségolène Royal.

"Si je peux contribuer par cet échange d’informations à faire en sorte que les choses soient comprises sous d’autres facettes, je crois que c’est très utile", a-t-elle ajouté.

Reuters-Yahoo

Le triomphe de la démagogie


Le 16 novembre, Marie-Ségolène Royal fut plébiscité par un peu plus de 100 000 adhérents. Le 20 novembre, Andrés Manuel López Obrador s’est fait proclamer "président légitime" par plus de 80 000 partisans. En France comme au Mexique, la démagogie politico-médiatique triomphe.

AMLO a choisi la date symbolique de l’anniversaire de la Révolution mexicaine (1910-1917) pour se faire acclamer et sacrer sur la place de la Constitution et pour présenter son gouvernement fantôme. Cette cérémonie montre la réalité du personnage.

Ses appels au peuple sonnent creux [1]. Ainsi, pour exercer ses fonctions auto-proclamées, il s’octroie généreusement un salaire de 50 000 pesos par mois (un peu plus de 1600 pesos par jour) [2]. Ce chiffre doit être rapproché du salaire minimum (entre 45,81 et 48,67 pesos par jour) et du fait que 10 millions 780 000 travailleurs (23,9% de la population active) vivent avec un revenu inférieur au salaire minimum [3]. On mesure l’immense décalage entre les paroles et les actes de celui qui veut "faire le bonheur du peuple".

Pas une voix ne s’élève à gauche pour dénoncer cette escroquerie. La Jornada est devenue le porte-parole du caudillo. Les intellectuels, qui le soutiennent, reproduisent la fidélité servile traditionnelle [4]. Tous participent activement à la mascarade de la Convention Nationale Démocratique, qui exclut tout débat et toute participation démocratique. Le soutien inconditionnel à AMLO et l’approbation formelle, à main levée, de décisions prises par quelques-uns est la condition nécessaire et suffisante.

Dans un pays où les travailleurs ne possèdent pas d’organisations autonomes, la CND, qui regroupe "les gens" sur la base des circonscriptions électorales (municipalités et états), est totalement contrôlée par les maires et gouverneurs du PRD. Cette formule reprend celle utilisée par le PRI pendant 71 ans. AMLO fonde son programme de "défense de l’intérêt national" sur celui de Cárdenas-père sans Cárdenas-fils qu’il a fait conspuer par la foule le 16 septembre.

Les grands perdants de cette politique restent les millions de travailleurs, aussi bien ceux qui subissent la sur-exploitation, la précarisation et le chômage des secteurs liés à la concurrence internationale, mais aussi ceux de l’industrie, du commerce et de l’agriculture qui sont exposés à la rapacité de la bourgeoisie nationale.
En France comme au Mexique, MSR et AMLO triomphent aujourd’hui en démagogues-charmeurs pour occulter la question sociale. Demain, le réveil risque d’être douloureux.

Serge LEFORT
22 novembre 2006


[1] Vidéo du discours (en espagnol) :
• Discurso de AMLO, 1a.parte, Otratele, La Jordana.
• Discurso de AMLO, 2sa.parte, Otratele, La Jordana.
• Discurso de AMLO, 3ra.parte, Otratele, La Jordana.
[2] Confirma AMLO que tendrá sueldo de 50 mil pesos, El Universal.
[3] Sources (en espagnol) :
• Salarios Mínimos 2006, Diario Oficial de la Federación.
• Enrique Dussel Peters, Condiciones y evolución del empleo y los salarios en México, Iniciativa Salarios Dignos Norte y Sur.
• El salario en México, una trágica historia, Salarios.
• Las estadísticas oficiales indican que alrededor de 10 millones 78 mil trabajadores no reciben salario o perciben ingresos menores al mínimo, los cuales representan 23.9 por ciento de la población ocupada total. Salarios
• Integración económica, empleo y salarios en México, Biblioteca virtual (PDF).
[4] Institut d’Études Mexicaines, Champs de pouvoir et de savoir au Mexique, CNRS, 1982.
LEMPIÉRIÈRE Annick, Intellectuels, État et société au Mexique – Les clercs de la nation (1910-1968), L’Harmattan, 1992.

Les mots (maux) de la campagne (3)


Le mot populiste a envahi le discours des médias dominants et des politiques. Il est toujours utilisé par les uns pour susciter la peur et par les autres pour discréditer un adversaire. Ce concept est-il bien assuré ? Une exploration de la littérature et de ses usages permet de répondre par la négative.

Une catégorie non-fondée

Alors que le mot populiste apparaît pour la première en Russie en 1870, il ne fait fortune que dans les années 1980. Aujourd’hui, il est utilisé pour désigner une pléiade de partis : le FTÖ de Jörg Haiger en Autriche, la Ligue du Nord d’Umberto Bossi en Italie, la liste de Pim Fortuyn aux Pays-Bas, le SVP de Christoph Blücher en Suisse, le VlaamsBlock en Belgique, le Dansk Folkeparti au Danemarck, etc. Les plus polémistes l’applique non seulement aux organisations d’extrême droite, mais à celles d’extrême gauche voire à tous les mouvements contestataires.

Margaret Canovan reconnaissait en 1981 que populisme est l’un des mots "les plus confus du vocabulaire de la science politique" [1].
Guy Hermet admet en 2001 que "Ceux qui étudient le populisme s’accordent sur un seul point. Tous reconnaissent la difficulté, voire l’impossibilité de lui trouver une définition…" [2].
Seul un idéologue, comme Pierre-André Taguieff, ose écrire une définition en 2004 : "Le populisme peut être sommairement défini par l’acte de prendre publiquement le parti du peuple contre les élites, ou par l’appel au peuple sans la médiation des instances représentatives." [3].

Un usage polémique

Alain Duhamel fournit un exemple récent de l’usage de ce discours tautologique. Il reproche aux politiques de galvauder le terme populiste et céder à la facilité de cette injure alors que "le populisme gagne chaque année du terrain et témoigne ainsi que la crise de la démocratie représentative s’approfondit".
Faute d’une définition, il utilise le langage hygiéniste, courant dans le milieu journalistique. Pour lui, le populisme serait une terrible maladie contagieuse qui "progresse spectaculairement" et "envahit de plus en plus l’Europe de l’Est, Biélorussie comme Ukraine, Slovaquie comme Hongrie ou Roumanie", mais s’arrête miraculeusement "à nos frontières".
En effet, Alain Duhamel veille : "Pour ceux qui seraient tentés de relativiser les dangers du populisme, on peut rappeler que les Français sont aujourd’hui, au sein de l’Union européenne, le peuple le plus pessimiste sur son destin, sur son identité et sur son avenir. En ce sens, la montée du populisme ne constitue ni une surprise ni certes une maladie vénielle." [4].

Injure à la mode

Une recension de l’usage du terme populisme dans l’actualité récente est révélatrice d’un courant dominant. Il est utilisé par les journalistes dans le cadre d’un discours de dénonciation d’un danger imaginaire et par les politiques sur le mode de l’injure.
On enregistre, dans les pages actualités de Google, 386 occurrences pour le terme "populisme" entre le 19/10/2006 et le 18/11/2006 ; 235 occurrences pour les termes "populisme Ségolène" entre le 20/10/2006 et le 18/11/2006. Ce qui marque une affinité particulière de Marie-Ségolène Royal à utiliser ce qualificatif contre Sarkozy [5].

À cette occasion, on remarque encore l’usage du copier-coller réalisé par les journalistes à partir d’une dépêche d’agence. Certains citent explicitement la source, d’autres implicitement (PARIS) et d’autres la passent sous silence. Tous reprennent mot pour mot le titre et le contenu de la dépêche [6].

Cette catégorie politique, au contenu incertain et arbitraire, se situe dans le registre de l’imprécation pour stigmatiser ceux qui perturbent le jeu politique convenu. Elle sert de contre-feu à tous ceux qui défendent l’ordre établi [7].

Serge LEFORT
20 novembre 2006


[1] CANOVAN Margaret, Populism, Harcourt-Brace Jovanovitch, 1981.
[2] HERMET Guy, Les populismes dans le monde – Une histoire sociologique XIXe-XXe siècle, Fayard, 2001.
Il ajoute cependant : "… capable de couvrir ce que peuvent avoir de commun ses manifestations si diverses dans le temps et dans l’espace." L’auteur consacre ainsi 450 pages à décrire les manifestations d’un phénomène qu’il ne définit jamais, sinon par ses manifestations.
[3] TAGUIEFF Pierre-André (dossier réalisé par), Le retour du populisme – Un défi pour les démocraties européennes, Encyclopaedia Universalis, 2004.
Cette pseudo-définition, non partagée par les auteurs de l’ouvrage, lui permet de désigner ses ennemis au gré de ses humeurs.
[4] Alain DUHAMEL, La contagion du populisme, Libération, 08/11/2006.
Très présent dans tous les médias dominants (presse, radio et télévision), il utilise le ton de l’autorité ponctué par des marqueurs sémantiques de la fausse évidence : "c’est un fait peu contestable", "cela va de soi", "bien entendu". Sa définition par défaut du populisme est savoureuse :
Car, bien entendu, la France échappe de moins en moins à l’emprise du populisme, avec son cortège de dénigrement systématique des élites, coupables de tous les échecs, de toutes les régressions mais jamais gratifiées des progrès ou des succès, avec aussi sa violence verbale, son autoritarisme diffus, sa démagogie affleurante, ses simplifications délibérées. Elle témoigne, cela va de soi, de ce qui est vécu comme autant de menaces, de pressions, de régressions, de dangers, de doutes, même si la réalité est infiniment plus complexe : la mondialisation, le capitalisme financier, les délocalisations, ces décisions mystérieuses et funestes prises de l’extérieur, la dépossession du pouvoir national, la persistance du chômage, l’augmentation de la précarité, la vulnérabilité face aux violences physiques, sociales, culturelles, l’essaim terrible des insécurités, l’impasse redoutée de l’intégration, de l’ascension sociale, de l’espérance. Depuis une génération, l’humus français porte en lui les germes du populisme. La pratique institutionnelle de la Ve République en dramatise encore les risques avec les blocages éternels du dialogue social, l’absence aberrante, archaïque, destructrice, de tout contrôle de l’action présidentielle et gouvernementale par le Parlement. Donc avec la confusion des pouvoirs soudés derrière un exécutif omnipotent donc fragile. Avec enfin l’absence de transparence et le refus d’une communication démocratique sur les décisions et les initiatives de ceux qui gouvernent.
[5] Recherche "populisme", Google.
Recherche "populisme Ségolène", Google.
[6] Journalisme copier-coller :
• Royal accuse Sarkozy de "populisme" et de "déni de démocratie", Reuters.fr – 22 oct 2006PARIS (Reuters) – Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité et estime que les promesses électorales d’un…
• Royal accuse Sarkozy de "populisme" et de "déni de démocratie", Boursier.com – 22 oct 2006PARIS (Reuters) – Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité et estime que les promesses électorales d’un…
• Royal accuse Sarkozy de "populisme" et de "déni de démocratie, L’Express – 22 oct 2006Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité et estime que les promesses électorales d’un ministre en exercice…
• Royal accuse Sarkozy de "populisme" et de "déni de démocratie", Capital.fr – 22 oct 2006PARIS (Reuters) – Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité et estime que les promesses électorales d’un…
• Royal accuse Sarkozy de "populisme" et de "déni de démocratie", La Tribune.fr – 22 oct 2006PARIS (Reuters) – Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité et estime que les promesses électorales d’un…
• Royal accuse Sarkozy de "populisme" et de "déni de démocratie", Challenges – 22 oct 2006PARIS (Reuters) – Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité et estime que les promesses électorales d’un…
• Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "déni de démocratie", Romandie.com – 22 oct 2006PARIS – Ségolène Royal a accusé Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité. La candidate socialiste à la…
• Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "déni de démocratie", Bluewin – 22 oct 2006Ségolène Royal a accusé Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité. La candidate socialiste à la présidentielle…
• Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "déni de démocratie", TSR.ch – 22 oct 2006PARIS – Ségolène Royal a accusé Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité. La candidate socialiste à la…
• Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "déni de démocratie", La Liberté – 22 oct 2006PARIS – Ségolène Royal a accusé Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité. La candidate socialiste à la…
• Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "déni de démocratie", Armées.com – 22 oct 2006Ségolène Royal a accusé Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité. La candidate socialiste à la présidentielle…
[7] Lire :
• COLLOVALD Annie, Le «Populisme du FN» un dangereux contresens, Éditions du Croquant, 2004.
• COLLOVALD Annie, «Populisme : la cause perdue du peuple» in MATONTI Frédérique (sous la direction de), La démobilisation politique, La Dispute, 2005.

Le symptôme MSR


106 839 adhérents du parti socialiste, soit 60,62 % des suffrages exprimés, ont voté en faveur de Marie-Ségolène Royal. Que signifie ce plébiscite ?

Décomposition du PS

Le parti socialiste n’a pas survécu à la défaite historique de Lionel Jospin le 21 avril 2002. Pour éviter de faire le bilan de cet échec, il a préféré appeler à voter au deuxième tour pour Jacques Chirac, pourtant qualifié d’escroc. En mars 2005, il a renouvelé la même alliance avec la droite en appelant à voter pour le référendum de la Constitution européenne. Les électeurs ne l’ont pas suivi dans cet ultime renoncement.

Le parti socialiste n’a pas voulu voir que ce nouvel échec traduisait non pas un rejet de l’Europe, mais d’une Europe ancrée dans le dogme du néo-libéralisme. Il est vrai que, une fois de plus, les opposants de gauche à cette politique antisociale n’ont pas su capitaliser la victoire du non, Empêtrés dans d’interminables querelles de chapelles, ils ont donné prise à l’argument assassin de l’hétérogénéité des non. Les médias dominants ont massivement relayé ce message.

Une candidature médiatique

Les mêmes ont volé au secours d’un parti socialiste en pleine décomposition en soutenant la candidature de Marie-Ségolène Royal [1]. Le rouleau compresseur de l’industrie de la presse, des radios, des télévisions et des instituts de sondages ont quotidiennement accrédité la thèse d’un duel Sarkozy-Royal au deuxième tour de l’élection qui n’aura lieu qu’en 2007.

Cette stratégie allait dans le sens du coup d’État opéré par le couple Royal au sein du PS. Monsieur gardait la main sur l’appareil et Madame se présentait avec comme seul programme "Je suis une femme". La pression médiatique et l’absence d’une offre politique crédible dans les rangs de la gauche du PS a fait que Marie-Ségolène Royal soit sacrée le 16 novembre.

Les non-dits

Pour la direction du parti socialiste, la candidature de Marie-Ségolène Royal sur son seul nom avait l’avantage de taire les échecs passés et d’évacuer tout débat sur son alignement au néolibéralisme et son absence de programme.

De plus en plus coupé des réalités sociales du pays, le parti socialiste préférait surfer sur la vague des sondages en faveur de Marie-Ségolène Royal et sur les commentaires dithyrambiques des médias dominants en sa faveur.

Une victoire logique

Mais il restait encore trop de socialistes au PS. Pendant que Madame mobilisait les foules à coups de slogans démagogiques, Monsieur ouvrait les portes à des adhérents recrutés sur Internet à 20€. Il a retenu les leçons de Joseph Staline, qui avait noyé les vieux militants bolcheviques sous le flot de nouveaux adhérents dévoués à sa personne.

Cette logique implacable, liée à l’opportune diffusion d’une vidéo qui transformait la sainte en victime de la malveillance, forcément machiste, d’un concurrent, lui a assuré la victoire. Ce plébiscite renforce sa détermination à s’abstraire de tout programme pour ne promouvoir que la version féminine du culte de la personnalité.

La victoire de Marie-Ségolène Royal n’est que le symptôme du pourrissement d’un parti, dévoué aux intérêts du capitalisme néo-libéral. Elle signe une fuite en avant vers les pires dérives démagogiques de celle qui clame : "C’est le peuple qui m’a faite".

Serge LEFORT
20 novembre 2006


[1] Un exemple parmi beaucoup d’autres du soutien des médias dominants en faveur de Marie-Ségolène Royal :
En moins d’un an, la présidente de la région Poitou-Charentes a renvoyé Lionel Jospin à ses chères études, le forçant à faire ce qu’il avait dit qu’il ferait le soir du 21 avril 2002 : se retirer de la vie politique ; elle a obligé Dominique Strauss-Kahn à assumer franchement son étiquette sociale-démocrate, poussé Laurent Fabius à aller jusqu’au bout de sa ligne « à gauche toute » dans laquelle il s’est totalement fourvoyé. Elle a parlé sans tabou des 35 heures, de la sécurité et de la carte scolaire, introduit dans la vulgate socialiste des termes iconoclastes comme « l’ordre juste », et imposé au Parti socialiste d’entreprendre la mue idéologique qu’il ne parvenait pas à mener depuis son échec historique de 2002.
[...]
Sa légitimité s’est d’abord construite dans les sondages, puis chez les sympathisants du PS avant d’être massivement confirmée par les militants, qui se sont en quelque sorte alignés sur la demande de l’opinion, avec la neutralité bienveillante du premier secrétaire, François Hollande, qui n’est autre que son compagnon. En un an, le parti a ainsi accouché au forceps d’une nouvelle doctrine, le « ségolisme », qu’on peut aussi très bien appeler le « royalisme ».
Françoise Fressoz, Royal contre Sarkozy, c’est Jeanne d’Arc contre Bonaparte !, Les Échos, 20/11/2006.

Les mots (maux) de la campagne (2)


Le mot peuple est à la mode dans le discours politique contemporain. Mais à quoi se réfère-t-il et de qui parle-t-on ? L’analyse de l’usage qu’en a fait Marie-Ségolène Royal dans son discours d’hier est un exemple concret des ambiguïtés d’une notion floue.

Dans les démocraties représentatives, le peuple n’est qu’une figure de style destinée à masquer la confiscation du pouvoir exercé "au nom du peuple". Alors que ce modèle subit une crise profonde de légitimité en Europe et dans le monde, les politiques ont de plus en plus souvent recours à cette figure mythologique pour mobiliser les foules en masquant leur programme à géométrie variable, mais toujours inscrit dans l’ordre mondial du néolibéralisme.

Les travaux de François Furet sur la Révolution française [1] restent incontournables pour comprendre comment le peuple fut dépossédé du pouvoir alors qu’il fut l’artisan de l’abolition de la Monarchie. Ceux de Claude Lefort sur la bureaucratie stalinienne [2] apportent des compléments indispensables pour en analyser les mécanismes à l’époque moderne. Ceux enfin de Robert Michels sur les partis [3] permettent d’en généraliser le processus à l’époque contemporaine.

L’appel au peuple est, depuis quelques années, une constante du discours politique pour relégitimer le modèle de la démocratie représentative que les politiques ont pour fonction de masquer, mais qui est devenu inopérant pour répondre à l’accroissement des tensions sociales provoquées par l’économie néolibérale.

L’aporie de discours vient du fait que cette catégorie politique résulte d’une construction au contenu polysémique. Tantôt elle évoque le peuple (populus) dans son acception nationale, tantôt le peuple (plebs) par substitution au terme connoté de classes populaires.
Dans les premier cas, la notion de peuple exclut tous ceux qui vivent sur le sol national, mais sont étrangers ou considérés comme tels parce que issus de l’immigration postcoloniale par exemple.
Dans le second cas, les critères d’inclusion sont variables : la seule classe ouvrière pour les plus dogmatiques ; à laquelle s’ajouteraient les employés, les petits artisans, les petits commerçants et les petits paysans pour d’autres ; le cas des chômeurs et des exclus demeurant souvent problématiques [4].

Face à un concept aussi hétérogène, chaque cas d’acception doit être examiné séparément en évitant bien sûr les généralisations abusives. L’actualité d’hier offre l’occasion d’étudier ce que recouvre ce terme pour Marie-Ségolène Royal.
Au soir de son élection par les militants socialistes, elle a notamment déclaré :

Je mesure aussi que le fait de recevoir cet élan, d’être choisie de cette façon-là, c’est quelque chose d’extraordinaire. Je pense que le peuple français a écrit cette histoire. C’est le peuple qui s’est mis en mouvement, ce sont les militants de base qui se sont mis en mouvement et qui aujourd’hui me donnent cette force, me donnent cet élan.

Je voudrais leur dire qu’ils ne seront pas déçus, que nous allons construire ensemble quelque chose d’extraordinaire, que la France va écrire une nouvelle page de cette histoire et que c’est le peuple français qui est en train d’écrire cette histoire.

[...]

Nous avons six mois de travail devant nous. Ces six mois vont être utilisés de façon intensive, de façon participative. Je vais, avec les militants socialistes, remettre le peuple français au coeur du projet des socialistes pour le mettre en mouvement, pour apporter des précisions, pour dire dès aujourd’hui ce que nous ferons demain si les Français m’accordent leur confiance.

L’usage qu’elle fait du terme "le peuple" paraît au premier abord assez vague pour laisser la place à des interprétations contradictoires. C’est vraisemblablement le but recherché par celle qui esquive les débats de fond. Néanmoins, le recours récurrent à l’adjectif "français" lève toutes ambiguïtés.

La catégorie politique à laquelle se réfère Marie-Ségolène Royal a un contenu strictement national et réduit à la portion congrue des Français dits "de souche". La question centrale aujourd’hui de la place des Français issus de l’immigration postcoloniale est volontairement évacuée. "La France", qu’elle évoque avec emphase, est plus mythique que réelle.

Ce discours démagogique de fin de campagne à l’investiture du parti socialiste et de pré-campagne électorale révèle un autre aspect significatif des conceptions de la candidate. Mis dans son contexte, "le peuple français" de Marie-Ségolène Royal "qui est en train d’écrire cette histoire" ne représente aujourd’hui que les 106 839 "militants de base" qui l’ont plébiscité. Ce qui exclut beaucoup de monde.

Elle compte bien sûr s’appuyer sur cette base pour conquérir les foules. Mais derrière le discours rassembleur se profile une deuxième exclusion. Le peuple de Madame Royal est l’agrégat de tous ceux qui adhèrent à sa personne. Les autres sont les ennemis du peuple. Cette dialectique inclusion-exclusion est logique et nécessaire pour galvaniser les troupes sur son nom.

Serge LEFORT
16 novembre 2006


[1] FURET François, Penser la Révolution française, Gallimard, 1978.
[2] LEFORT Claude, Eléments d’une critique de la bureaucratie, Gallimard, 1979.
[3] MICHELS Robert, Les partis politiques – Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties, Flammarion, 1971.
[4] Serge Lefort, Le prolétariat en question (1)Le prolétariat en question (2).
L’analyse marxiste n’est pas d’un grand secours, car Marx a beaucoup varié sur cette question et ses analyses divergent selon qu’il parle de catégories économiques ou politiques.

Les mots (maux) de la campagne (1)


Les médias dominants ont unanimement qualifié de "pirate" la vidéo, mise en ligne le 8 novembre, montrant une intervention publique de Marie-Ségolène Royal. Ce qualificatif est-il justifié ? Qui l’a utilisé la première fois et à partir de quelle source ? Pourquoi s’est-il imposé ?

Un qualificatif injustifié

Le mot pirate renvoie, à l’origine, aux aventuriers qui sillonnaient les mers pour piller les navires de commerce. Si, grâce à la littérature et au cinéma, les pirates sont devenus des personnages plutôt sympathiques, le terme a gardé aussi son pouvoir d’épouvantail, symbolisé par l’emblème de la tête de mort. Comme le loup des contes de notre enfance, le pirate est une figure qui suscite la peur.

L’époque moderne a réactualisé cette image terrifiante : "pirate de l’air" et "pirate informatique". Ces expressions évoquent une personne qui utilise des moyens criminels, voire terroristes dans le cas du pirate de l’air.
Utilisé comme adjectif ou comme substantif complément, le pirate désigne un objet illégal. Ce fut le cas des radios qui émettaient sans autorisation dans les années 1970 et qui furent légalisées en 1981.

Le qualificatif de pirate est donc double : la personne (un individu dangereux) et l’objet (illégal). Il sert ici à désigner à la fois la personne (ou le groupe) qui se cache derrière le pseudonyme de Jules Ferry et l’objet (la vidéo qui serait «tronquée ou séquencée de manière à détourner les propos de» Marie-Ségolène Royal [1]). Or, l’examen des faits, connus à ce jour, montrent qu’il s’agit d’une accusation fausse à propos de l’objet et polémique vis-à-vis de l’auteur de la diffusion. Elle vise à éviter un débat sur le contenu des propos publics de la candidate à la candidature.

Une source masquée

C’est dans une dépêche AFP que l’expression "vidéo pirate" fut utilisée la première fois [2]. Elle fut reprise unanimement par les médias dominants à l’exception notable du Monde.

L’AFP puise ses informations auprès de sources dites "autorisées" : agences gouvernementales, organisations représentatives, etc. En théorie, l’information est recoupée auprès de plusieurs sources pour garantir son authenticité. Cette pratique tend à se perdre, sauf dans les affaires sensibles, car la logique de la loi de la demande (dictature du marché) exige une réaction "en temps réel". La seule source fut le parti socialiste ou du moins la fraction qui soutient la candidature de Marie-Ségolène Royal : Serge Bardy, secrétaire fédéral du Maine et Loire, et Gilles Savary, un des porte-parole de la candidate.

On observe que l’AFP a reproduit la thèse du clan ségoliste sans préciser explicitement qu’il s’agissait d’un plaidoyer pro domo, sans mettre en doute les accusations, sans s’interroger sur l’absence de preuves et sans mettre en perspectives cette version des faits. Ainsi, le point de vue, forcément partiel et partial, de l’état-major de Marie-Ségolène Royal est promu au statut d’information certifiée par l’entremise de la très "respectable" AFP.

Des médias perroquets

Ensuite, le processus suit son cours habituel. L’industrie de médias dominants reprennent ce matériau pour construire les journaux écrits, parlés et télévisés. La presse écrite se contente le plus souvent de reproduire les dépêches d’agence sans toujours citer explicitement la source ou, de plus en plus rarement, en citent des passages comme preuves dans le corps d’un article.

Les journalistes, qui pratiquent allègrement le copier-coller, n’ont ni la volonté ni le temps de prendre le recul nécessaire pour se poser des questions. Ils éditent leur unique source, considérée comme "fiable". Ainsi, le lecteur non averti lit, dans son quotidien ou son hebdomadaire favori, les dépêches AFP mises au format typographiques du support.

L’effet boule de neige d’une pseudo-concurrence fait le reste. Tout le monde en parle. La magie de l’information-spectacle transforme une simple dépêche en produit sacralisé par Patrick Poivre d’Arvor et consorts. Ce qui n’était au départ qu’unun communiqué du PS devient, via l’AFP puis les médias dominants, une information digne de foi. Les malheureux, qui osent poser des questions, sont discrédités parce que non professionnels.

Bien évidemment, l’industrie de l’information se moque des idées de Marie-Ségolène Royal. Elle peut dire une chose un jour et son contraire le lendemain, l’essentiel est qu’elle fasse vendre. Or, elle représente un très rentable produit d’appel (gratuit) pour les écrans publicitaires (payants). La boucle est bouclée.

Serge LEFORT
15 novembre 2006


[1] Arnault Coulet, Pirates de l’information politique : votez + clair ! et roulez jeunesse…, Agora Vox
[2] Enseignants : une vidéo pirate de propositions de Royal sur internet, AFP, 10/11/2006, 11h49.
Une vidéo pirate sur les profs de collège pourrait nuire à Ségolène Royal, AFP, 10/11/2006, 14h04.

 

96 documents contenant les mots "pirate Royal". Source : Pressedcom
• 13/11/06 17:08 Sondages, cassettes vidéo… la tension monte au PS avant le vote AFP Multimédia
• 13/11/06 16:21 "Des centaines de mails " d’enseignants en colère après la vidéo de Ségolène Royal, selon le Snes AFP Fil Général
• 13/11/06 09:40 Strauss-Kahn: "condamnable d’accuser sans preuve" sur l’origine de la vidéo AFP Fil Général
• 13/11/06 09:10 Vidéo pirate de Royal: Strauss-Kahn déplore "qu’on accuse sans preuve" AFP Multimédia
• 13/11/06 08:46 Hollande pronostique "80% de participation" lors du vote militant AFP Fil Général
• 13/11/06 08:25 Primaire PS: Hollande pronostique "80% de participation" AFP Multimédia
• 13/11/06 Vidéo de Royal : encore du triturage FAR : L’Indépendant
• 13/11/06 PS : Une fin de campagne à couteaux tirés FAR : Le Bien Public
• 13/11/06 Ca passe où ça casse ! FAR : Le Bien Public
• 13/11/06 Royal en pleine tempête FAR : La Montagne
• 13/11/06 « Il y a un risque très sérieux de ballottage, il faut l’éviter à tout prix. » FAR : Le Journal de Saône et Loire
• 13/11/06 Election présidentielle 2007. Ségolène Royal s’explique, après la vidéo pirate La Croix
• 13/11/06 Vidéo longue mais incomplète sur le site PS de Maine-et-Loire FAR : La Nouvelle République du Centre Ouest
• 13/11/06 Ségolène Royal pugnace FAR : Midi Libre
• 13/11/06 Internet, toile de fond de la campagne FAR : La Charente Libre
• 13/11/06 Express FAR : L’Union L’Ardennais
• 13/11/06 Enseignants : Ségolène Royal riposte FAR : La Nouvelle République du Centre Ouest
• 13/11/06 L’Éducation s’invite dans le débat du PS FAR : Ouest France 1 u
• 12/11/06 18:36 Ségolène Royal: "Ma légitimité n’est plus contestable" après les débats PS AFP Multimédia
• 12/11/06 15:35 Royal : "Ma légitimité est incontestable" NouvelObs.com
• 12/11/06 13:02 Vidéo Royal: version longue mais pas complète sur le site PS Maine-et-Loire AFP Fil Général
• 12/11/06 12:05 DSK: un second tour, gage de la prise en compte de tous les avis AFP Fil Economique
• 12/11/06 11:07 DSK croit "sérieusement" à un second tour au PS NouvelObs.com
• 12/11/06 10:02 DSK: un second tour, gage de la prise en compte de tous les avis AFP Fil Général
• 12/11/06 00:00 La riposte de Ségolène FAR : Le Dauphiné Libéré
• 12/11/06 00:00 Ségolène Royal contre-attaque FAR : Le Dauphiné Libéré
• 12/11/06 00:00 Ségolène Royal contre-attaque FAR : Le Dauphiné Libéré
• 12/11/06 00:00 Ségolène Royal contre-attaque FAR : Le Dauphiné Libéré
• 12/11/06 Médias FAR : L’Indépendant
• 12/11/06 Médias FAR : L’Indépendant
• 12/11/06 Médias FAR : L’Indépendant
• 12/11/06 L’affaire Royal révèle l’impact d’internet La séquence vidéo dans laquelle Ségolène Royal "propose" les 35 h pour les enseignants des collèges, a été visionnée par des centaines de milliers … FAR : L’Indépendant
• 12/11/06 Médias L’Indépendant
• 12/11/06 L’affaire Royal révèle l’impact d’internet La séquence vidéo dans laquelle Ségolène Royal "propose" les 35 h pour les enseignants des collèges, a été visionnée par des centaines de milliers … L’Indépendant
• 12/11/06 Médias L’Indépendant
• 12/11/06 Médias L’Indépendant
• 12/11/06 Vidéo sur les profs: remous au PS FAR : Le Républicain Lorrain
• 12/11/06 Temps de travail des enseignants : Ségolène Royal riposte FAR : Le Progrès
• 12/11/06 Ségolène Royal riposte FAR : Les Dernières Nouvelles d’Alsace 1 u
• 12/11/06 L’impact croissant d’internet FAR : Le Républicain Lorrain
• 12/11/06 Temps de travail des enseignants : Ségolène Royal riposte Le Progrès
• 12/11/06 «Coup bas» contre Royal Le Matin
• 11/11/06 19:51 Temps de travail des enseignants : Ségolène Royal riposte (PAPIER GENERAL) Par Thierry MASURE AFP Fil Général
• 11/11/06 19:49 Temps de travail des enseignants: Ségolène Royal riposte AFP Multimédia
• 11/11/06 18:03 Vidéo pirate: Royal dénonce un "procès d’intention" AFP Fil Général
• 11/11/06 17:53 Vidéo pirate: Royal dénonce un "procès d’intention" AFP Fil Général
• 11/11/06 17:37 L’internet a un impact croissant sur la communication politique (PAPIER D’ANGLE) Par Corinne DELPUECH AFP Fil Général
• 11/11/06 17:27 Vidéo pirate: Royal dénonce un "procès d’intention" AFP Multimédia
• 11/11/06 16:49 L’internet a un impact croissant sur la communication politique AFP Multimédia
• 11/11/06 13:48 France: la vidéo pirate gênante pour Royal est un "coup bas" (porte-parole) AFP Fil International
• 11/11/06 12:39 A l’attention des rédactions AFP Fil Général
• 11/11/06 08:42 DSK compte sur un second tour NouvelObs.com
• 11/11/06 07:52 Vidéo : Ségolène Royal dénonce un "dérapage" NouvelObs.com
• 11/11/06 00:00 Une vidéo-pirate sur internet qui sème le trouble FAR : Le Dauphiné Libéré
• 11/11/06 00:00 Une vidéo-pirate sur internet qui sème le trouble FAR : Le Dauphiné Libéré
• 11/11/06 Les profs se défoulent sur leurs blogs La vidéo-pirate de Ségolène Royal, diffusée sur internet, où FAR : Nord Eclair
• 11/11/06 Les profs se défoulent sur leurs blogs La vidéo-pirate de Ségolène Royal, diffusée sur internet, où Nord Eclair
• 11/11/06 Royal veut doubler le temps de travail des profs Le Figaro
• 11/11/06 Ségolène Royal à Lille : une « petite musique » tonitruante FAR : La Voix du Nord
• 11/11/06 Ségolène Royal défie les enseignants à son insu Le Progrès
• 11/11/06 L’HISTOIRE FAR : La Voix du Nord
• 11/11/06 Une vidéo de Ségolène Royal sur le Net fait des remous Le Monde.fr
• 11/11/06 Education. Royal trahie par une vidéo pirate FAR : Le Télégramme de Brest
• 11/11/06 Le Royaume-Uni serait menacé par trente complots terroristes Tribune de Genève
• 11/11/06 Collèges : le plan caché de Ségolène FAR : L’Est Républicain 1 u
• 11/11/06 Blogs de profs : le spectre du mammouth FAR : L’Est Républicain
• 11/11/06 PS La vidéo pirate qui pourrait coûter cher à Ségolène Royal FAR : L’Alsace
• 11/11/06 Vidéo pirate Un « dérapage ». Ségolène Royal a qualifié hier sur France 3 de « dérapage » la vidéo pirate FAR : Sud-Ouest
• 11/11/06 Ségolène Royal à Lille : une « petite musique » tonitruante La Voix du Nord
• 11/11/06 Ségolène Royal défie les enseignants à son insu FAR : Le Progrès
• 11/11/06 L’HISTOIRE La Voix du Nord
• 11/11/06 Les blogs des enseignants déchaînés contre « Ségo » Midi Libre
• 11/11/06 Enseignants : une vidéo pirate de Ségolène Royal sur internet FAR : Les Dernières Nouvelles d’Alsace
• 11/11/06 Education: vidéo pirate de Royal FAR : Le Républicain Lorrain 1 u
• 11/11/06 Education. Royal trahie par une vidéo pirate Le Télégramme de Brest et de l’Ouest
• 11/11/06 Une vidéo riche d’enseignements FAR : La Charente Libre
• 11/11/06 Une vidéo riche d’enseignements La Charente Libre
• 11/11/06 Les profs se défoulent sur la vidéo Royal dans leurs blogs AFP Documentaire
• 11/11/06 Les blogs des enseignants déchaînés contre « Ségo » FAR : Midi Libre
• 10/11/06 21:49 Présidentielle française: la campagne interne s’achève chez les socialistes (ACTUALISATION, PAPIER GENERAL) Par Ingrid BAZINET AFP Fil International
• 10/11/06 20:08 La France en bref à 20H00 AFP Fil International
• 10/11/06 20:06 Une vidéo pirate sur les profs de collège pourrait nuire à Ségolène Royal (ACTUALISATION, PAPIER D’ANGLE) Par Dominique BRULE AFP Fil Général
• 10/11/06 19:24 Fabius : "pas une bonne idée" de dire que les enseignants ne travaillent pas AFP Fil Général
• 10/11/06 17:53 Quand Royal voulait 35h de présence au collège NouvelObs.com
• 10/11/06 17:51 Les profs se défoulent sur la vidéo Royal dans leurs blogs (ENCADRE) AFP Fil Général
• 10/11/06 16:46 Présidentielle française: la campagne interne s’achève chez les socialistes (ACTUALISATION, PAPIER GENERAL) Par Ingrid BAZINET AFP Fil International
• 10/11/06 16:30 France: diffusion d’une vidéo pirate potentiellement gênante pour Mme Royal AFP Fil International
• 10/11/06 16:09 "Les réalités du métier sont méconnues" NouvelObs.com
• 10/11/06 15:29 Montebourg (PS) dénonce la "marchandisation du soutien scolaire" AFP Fil Général
• 10/11/06 15:01 Montebourg (PS) dénonce la "marchandisation du soutien scolaire" AFP Multimédia
• 10/11/06 14:42 Une vidéo pirate sur les profs de collège pourrait nuire à Ségolène Royal (PAPIER D’ANGLE) Par Dominique BRULE AFP Fil Général
• 10/11/06 12:58 Sur une vidéo pirate, Ségolène Royal s’en prend aux enseignants AFP Fil International
• 10/11/06 11:33 Enseignants: une vidéo pirate de propositions de Royal sur internet AFP Fil Général
• 10/11/06 10:43 Enseignants: une vidéo pirate de propositions de Royal sur internet AFP Multimédia
• 10/11/06 Une vidéo pirate sur les professeurs de collège pourrait nuire à Ségolène Royal L’Orient – Le Jour
• 10/11/06 Ségolène Royal victime de la vlogosphère Neteconomie.com

62 articles contenant les mots "pirate Royal". Source : Google
• PS : à la recherche du diffuseur de la vidéo de Ségolène Royal …, Les Échos – Publié depuis 1 heure
• Les profs dans le collimateur de Ségolène Royal, Témoignages.re – Il y a 9 heures
• Le SNES demande à Ségolène Royal de "renoncer" à ses …, La Tribune.fr – Il y a 13 heures
• Royal : les profs font part de leur colère par mails, Nouvel Observateur – Il y a 13 heures
• Le SNES demande à Ségolène Royal de "renoncer"à ses …, Euroinvestor – Il y a 13 heures
• Le SNES demande à Ségolène Royal de "renoncer" à ses …, Nouvel Observateur – Il y a 13 heures
• AP | 13.11.06 | 17:22. PARIS (AP) — Le SNES, principal syndicat des collèges et des lycées, demande à Ségolène Royal de renoncer …
• Le SNES demande à Ségolène Royal de "renoncer"à ses …, Boursorama – Il y a 13 heures
• Dépêches de l’Education, VousNousIls.fr – Il y a 14 heures
• Une vidéo casse-tête pour Royal, Libération – Il y a 14 heures
• Coups bas et vidéos sur Internet enveniment la fin de campagne au …, Le Monde – Il y a 16 heures
• Une nouvelle vidéo de Ségolène Royal rappelle ses propos sur …, Le Monde – Il y a 17 heures
• Postée samedi 11 novembre sur Dailymotion, une nouvelle vidéo reprend des propos de Ségolène Royal dans l’émission "Mots croisés" du 16 mai 2005, sur …
• Une nouvelle vidéo de Ségolène Royal rappelle ses propos sur …
• Le Monde – Il y a 17 heures
• Ségolène Royal veut imposer les 35 heures aux enseignants, SOS Éducation – Il y a 21 heures
• Coup bas au Parti socialiste autour d’une vidéo de Ségolène …, Les Échos – 12 nov 2006
• Une vidéo casse-tête pour Royal, Libération – 12 nov 2006
• La campagne se prend les pieds dans la Toile, 20minutes.fr – 12 nov 2006
• Ségolène Royal, la vidéo qui fait mal, France 3 – 12 nov 2006
• Polémique au PS après la vidéo de Royal, Nouvel Observateur – 11 nov 2006
• une avalanche de réactions aux propos injustes de royal, Collectif Bellaciao – 11 nov 2006
• Ségolène Royal s’empêtre dans les 35 heures, France Matin – 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du …, Reuters.fr – 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du …, Capital.fr – 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du …, L’Express – 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du …, Libération – 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du …, La Tribune.fr – 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du …, Capital.fr – 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du …, Reuters.fr – 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du …, L’Express – 11 nov 2006
• Rien de nouveau sous la vidéo d’Angers, AgoraVox – 11 nov 2006
• Une vidéo pirate sur les profs de collège pourrait nuire à …, Tageblatt – 11 nov 2006
• La vidéo piratée de Ségolène Royal est un coup bas selon ses …, Culturefemme.com – 11 nov 2006
• Propos injustes et injustifiés de royale, Collectif Bellaciao – 11 nov 2006
• Education : les propos "révolutionnaires" de Royal dans une …, TF1 – 11 nov 2006
• Mme Royal dénonce "une intention de nuire" mais assume son projet …
• Le Monde – 11 nov 2006
• Dénonce un "dérapage", Nouvel Observateur – 10 nov 2006
• Des propos de Royal alarment les syndicats enseignants, Libération – 10 nov 2006
• Des propos de Royal alarment les syndicats enseignants, Libération – 10 nov 2006
• Une vidéo pirate sur les professeurs de collège pourrait nuire …, L’Orient-Le Jour – 10 nov 2006
• Investiture socialiste, Canoë – 10 nov 2006
• Une vidéo pirate de Ségolène Royal jette un pavé dans la mare, Matinternet – 10 nov 2006
• Vidéo pirate: Ségolène Royal dénonce un "dérapage" et une " …, Nouvel Observateur – 10 nov 2006
• Vidéo pirate: Ségolène Royal dénonce un "dérapage" et une " …, La Tribune.fr – 10 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal sur le Net fait des remous, Le Monde – 10 nov 2006
• Ségolène Royal : vidéo pirate polémique, M6.fr – 10 nov 2006
• "Une méthode de manipulation", 20minutes.fr – 10 nov 2006
• Vidéo pirate: Ségolène Royal dénonce un "dérapage", Nouvel Observateur – 10 nov 2006
• AP | 10.11.06 | 19:45. PARIS (AP) — Ségolène Royal a qualifié vendredi sur France-3 de "dérapage" la vidéo-pirate diffusée …
• Dépêches de l’Education, VousNousIls.fr – 10 nov 2006
• Education: une vidéo pirate de Ségolène Royal diffusée sur …, Nouvel Observateur – 10 nov 2006
• AP | 10.11.06 | 19:10. PARIS (AP) — Une vidéo pirate dans laquelle Ségolène Royal propose que les professeurs de collège restent …
• Vidéo pirate de Ségolène Royal : fini les 17 heures de travail …, Paroles de militants – 10 nov 2006
• Education: une vidéo pirate de Ségolène Royal diffusée sur …, La Tribune.fr – 10 nov 2006
• Education: une vidéo pirate de Ségolène Royal diffusée sur …, Nouvel Observateur – 10 nov 2006
• AP | 10.11.06 | 17:44. PARIS (AP) — Une vidéo pirate dans laquelle Ségolène Royal propose que les professeurs de collège restent …
• Education: une vidéo pirate de Ségolène Royal diffusée sur …, Nouvel Observateur – 10 nov 2006
• AP | 10.11.06 | 16:18. PARIS (AP) — Une vidéo pirate dans laquelle Ségolène Royal propose que les professeurs de collège restent …
• "Les réalités du métier sont méconnues", Nouvel Observateur – 10 nov 2006
• Pour Ségolène Royal : les profs devraient rester 35h au collège, Zescoop – 10 nov 2006
• Sur une vidéo pirate, Ségolène Royal s’en prend aux enseignants, Cyberpresse – 10 nov 2006
• Dépêches de l’Education, VousNousIls.fr – 10 nov 2006
• Education: une vidéo pirate de Ségolène Royal diffusée sur …, La Tribune.fr – 10 nov 2006
• Sur une vidéo pirate, Ségolène Royal s’en prend aux enseignants, Cyberpresse – 10 nov 2006
• Education: une vidéo pirate de Ségolène Royal diffusée sur …, Nouvel Observateur – 10 nov 2006
• AP | 10.11.06 | 12:40. PARIS (AP) — Une vidéo pirate enregistrée par un anonyme lors d’une réunion à Angers en janvier 2006, dans …
• La vidéo, Ségolène, et les 35 heures au collège, Libération – 10 nov 2006
• Royal s’attaque aux profs dans une vidéo, Le Figaro – 10 nov 2006
• Quand Mme Royal propose de "faire les 35 heures au collège", Le Monde – 9 nov 2006

Une pub royale


Depuis le 8 novembre, une vidéo circule sur Internet. Le 10, les médias dominants s’en emparent. Une affaire démarre… qui pourrait tourner à l’avantage de Marie-Ségolène Royal.

Discours de Ségolène à Angers devant la fédération en janvier 2006

Il existe cinq versions quasi identiques du même document :

  • Ségolène et les profs : le plan caché, 02:01, mis en ligne le 8 novembre 2006 par Jules-Ferry, Dailymotion, [109061 vues au 12/11/2006 à 21:33]. 
  • Profs : Ségolène en off, 02:01, mis en ligne le 8 novembre 2006 par Jules-Ferry, Dailymotion, [356387 vues au 12/11/2006 à 21:33].
  • Profs : Ségolène en off, 01:59, mis en ligne le 8 novembre 2006 par Jules-Ferry, Dailymotion, [65765 vues au 12/11/2006 à 21:33].
  • La fin de l’intervention sur les enseignants à Angers…, Serge Bardy, PS Maine et Loire
  • Ségolène Royal à Angers (intégrale), 02:20, mis en ligne le 10 novembre 2006 par arnohie, Dailymotion, [18598 vues au 12/11/2006 à 21:33].
  • Les médias dominants ont d’emblée présenté la publication de cette vidéo de manière partisane :

  • Le 9 novembre, Le Monde cite le blog politique Nues Blog et conclue : «Sa publication, à une semaine du vote des militants socialistes pour choisir leur candidat à l’élection présidentielle, n’est sans doute pas un hasard de calendrier.» [1]. 
  • Le 10 novembre, l’AFP trace l’argumentaire qui sera repris au fil des heures et des jours par tous les médias dominants [2].
    - La vidéo est qualifiée de "vidéo pirate" sans apporter aucune preuve de cette allégation.
    - Le communiqué de l’AFP précise, toujours sans preuves, que : «Des internautes hostiles à la présidente de Poitou-Charentes qui la diffusent à l’envi y voient un "plan caché" de Ségolène Royal.»
    - Citant Gilles Savary, un des porte-parole de Ségolène Royal, l’AFP relaie la version officielle de la candidate à la candidature : «[Gilles Savary] a vu dans cette diffusion une "rouerie de fin de campagne". Il a jugé "pas très honorable de faire circuler un document pris à l’insu de quelqu’un".» 
  • L’AFP et tous tous les médias dominants, qui recopieront la dépêche, reprennent les commentaires des responsables du camp de Marie-Ségolène Royal sans les mettre en perspective ni émettre le moindre doute sur la crédibilité de cette version de l’événement.
  • Selon leur habitude, les médias dominants s’abstiennent de réaliser une enquête pour établir les faits, mais jouent les procureurs à charge sans apporter de preuves.
  • Les faits :

    1) Les deux versions furent mises en ligne sur le site Dailymotion de manière anonyme, sous le couvert d’un pseudonyme.
    2) Les deux versions présentent une coupure, mais pas au même endroit [3].
    3) En publiant une version baptisée "l’intégrale", le PS a authentifié celle mise en ligne sous le pseudonyme de Jules Ferry.
    4) Les deux versions proviennent de la même source, celle du parti socialiste.
    5) La vidéo a été tournée de manière officielle par un membre du parti socialiste d’Angers.
    6) Elle ne témoigne que de la proposition de Marie-Ségolène Royal, faite publiquement au cours d’une réunion de la fédération du Maine et Loire en janvier 2006.
    7) Entre la version soi-disant tronquée et la version soi-disant intégrale, la différence ne porte que sur 19 petites secondes pendant lesquelles Marie-Ségolène Royal explicite les moyens qu’elle entend mettre en œuvre pour appliquer son programme "révolutionnaire".

    Ces faits posent plusieurs questions :

    1) En quoi la vidéo de Jules Ferry serait une "vidéo pirate" ? Cette qualification, fournie par les amis de Marie-Ségolène Royal et reprise par les médias dominants, est un abus de langage à visée polémique.
    2) En quoi il serait scandaleux que les militants socialistes et l’opinion publique aient connaissance des propositions de la candidate à la candidature ? Les propos de Marie-Ségolène Royal furent publics et argumentés.
    3) En quoi il ne serait "pas très honorable de faire circuler un document" même sans l’accord de l’intéressée ? Il y a une contradiction flagrante entre ses déclarations sur la démocratie participative et son refus d’être contrôlée.
    4) Qui a diffusé cette vidéo ? Les médias dominants ont repris les accusations du camp de Marie-Ségolène Royal : le coupable serait Dominique Strauss-Kahn ! Cela a air de déjà entendu puisque chacun se souvient de l’affaire de la cassette Méry concernant Jacques Chirac. C’est une hypothèse, mais on peut légitimement en évoquer d’autres.

    Envisager d’autres scénarios, implique de se demander qui peut profiter de cette affaire ?

    Ni Laurent Fabius ni Dominique Strauss-Kahn. Il est évident que les soupçons, même non fondés, pèsent sur les deux autres candidats à la candidature. Si quelqu’un de leur camp a pris cette initiative, il est peu vraisemblable qu’il ait agit sur ordre car le risque politique l’emporte sur les éventuels bénéfices.

    La seule qui puisse profiter de cette affaire est celle qui se présente en "victime" [4]. Elle joue à fond cette carte émotionnelle pour arracher le vote des militants hésitants en sa faveur. Elle évite tout débat interne sur ses propositions, mais les fait passer grâce à un plébiscite de sa personne. Elle peut se permettre d’attaquer ses deux concurrents, incapables de répliquer sur le même ton. Et, elle ne s’en prive pas :

    Dans un entretien au Journal du Dimanche, Ségolène Royal affirme que "sa légitimité n’est plus contestable", après les six débats au sein du Parti socialiste auquel elle reproche toutefois d’avoir "pris le risque" de l’"affaiblir".
    "A l’issue de ce processus, ma légitimité n’est plus contestable et le PS en sort grandi. C’est bien!", déclare-t-elle dans les colonnes du journal où elle estime être "la seule à pouvoir l’emporter sur la droite".
    Ségolène Royal constate que "le parti a pris le risque d’affaiblir son candidat" quand il a accepté les débats internes exigés par ses deux rivaux Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius.
    "Doutant de mes capacités, ce sont les deux autres qui ont voulu ces débats. Et s’ils ont exigé six, c’est qu’ils pensaient que je ne tiendrais pas la distance", dénonce la présidente de la région Poitou-Charentes.
    Ségolène Royal estime que sa légitimité n’est plus "contestable", Reuters, 11/11/2006, 10:18 CST.

    Marie-Ségolène connaît bien les ficelles du marketing politique : faire parler de soi, en bien ou en mal qu’importe, mais faire parler de soi. La publicité faite par les médias dominants autour de la diffusion d’une vidéo du PS lui fait une pub royale.

    Serge LEFORT
    12 novembre 2006

    Sélection de sites :
    - Actualités Présidentielle 2007, Yahoo. Comme presque tous les quotidiens se contentent de reprendre tel que les dépêches d’agence, autant lire l’original que ses multiples copies.
    - Le Monde Citoyen
    - Nues Blog

    En faveur de Marie-Ségolène Royal :
    - Réponse de Serge Bardy aux allégations malveillantes, PS Maine et Loire
    - André Gunthert, Ségolène et les pirates, Actualités de la recherche en histoire visuelle. Détournement d’un site de l’EHESS au profit de la chouchoute des médias. Un must de mauvais foi.


    [1] Quand Mme Royal proposait de "faire les 35 heures au collège", Le Monde, 09/11/06 | 18h48 • Mis à jour le 10/1106 | 09h38.
    Réactions des abonnés du Monde.fr, Le Monde, 09/11/06 | 18h48 • Mis à jour le 10/11/06 | 09h38. La dernière mise à jour consultée est du 12/11/06 | 19h21.
    [2] Enseignants : une vidéo pirate de propositions de Royal sur internet, AFP, 10/11/2006, 11h49.
    Une vidéo pirate sur les profs de collège pourrait nuire à Ségolène Royal, AFP, 10/11/2006, 14h04.
    [3] Verbatim des coupures dans les deux versions.
    • Dans la version dite "tronquée", après la proposition de soutien scolaire gratuit par les professeurs de collège, il manque :
    "parallèlement, il faut des moyens matériels".
    "Si les profs avaient des bureaux dans les collèges… et moi j’ai vu quelques collèges expérimentaux fonctionner comme ça".
    "On n’a pas globalement tiré les enseignements de toutes les choses expérimentales qui marchent bien, qui cassent un peu les logiques traditionnelles ou les pesanteurs institutionnels".
    • Dans la version baptisée "l’intégrale", il manque la phrase :
    "Moi, j’ai fait une proposition. Par ailleurs, je ne vais pas encore la crier sur les toits parce que je ne veux pas me prendre des coups des organisations syndicales enseignantes".
    [4] Cela n’implique pas que son camp soit à l’origine de la fuite, mais qu’au moins il sait utiliser cette opportunité à son avantage.

    Les révoltés des sondages


    Ils sont quatre. quatre députés socialistes – deux partisans de Dominique Strauss-Kahn et deux de Laurent Fabius – et en ont marre de ces sondages sur les présidentiables PS qui donnent tous Ségolène Royal gagnante. Paul Quilès, Didier Mathus, Pierre Bourguignon et René Rouquet ont donc saisi le CSA le 5 octobre pour lui demander de «rappeler solennellement et publiquement les médias à leur devoir d’objectivité et de rigueur» sur les sondages. Trois questions au député PS de Seine-Maritime, le strauss-kahnien Pierre Bourguignon.

    Vous dénoncez les sondages. Sont-ils selon vous utilisés pour orienter la campagne interne du PS ?
    On est pour l’utilisation des sondages. Ce que nous dénonçons, ce sont l’étroitesse des échantillons. Ça ne correspond plus à rien. Les instituts de sondages sont en dehors de la réalité de leur travail. Nous avons saisi le CSA sur ce constat. Le problème est que les militants du parti socialiste n’ont rien à voir avec les sympathisants. Or les sondages sont faits sur les sympathisants. Mais ce ne sont pas les militants qui sont influencés par ces sondages, c’est l’opinion publique. Nous voulons donc rappeler les médias à leur devoir de rigueur nécessaire.

    Pourquoi saisir le CSA maintenant alors qu’il ne s’agit pas du premier sondage favorable à Ségolène Royal ?
    Oui, mais il y a ce sondage Ipsos paru le 5 octobre ne reposant que sur 245 sympathisants PS. On atteint le ridicule absolu. Cela devient un peu trop énorme. On arrive à se demander si les journalistes se rendent compte de ce qu’ils manipulent, pas dans le sens psychologique, mais dans l’utilisation qu’ils ont des sondages. On a l’impression qu’ils ne savent plus de quoi ils parlent. J’ai aussi l’impression d’entendre des fabricants de tabac qui disent «vous vivrez plus vieux si vous fumez.» Plus c’est gros, plus ça passe.

    Le CSA saisi conjointement par des députés strausskahniens et fabiusiens, est-ce le front anti-ségo qui se met en place ?
    Pas du tout. Comme disait François Mitterrand, «Je me lève le matin, je regarde par la fenêtre et constate qu’il fait beau. Valéry Giscard d’Estaing aussi. Ça ne veut pas dire que je suis d’accord avec lui.» Il nous a juste semblé que c’était important. Pour cela, il fallait être au-delà du choix partisan.

    Source : Marianne


    Sur son site Internet, Ipsos précise que ce sondage, réalisé pour l’hebdomadaire Le Point, «a été réalisé auprès d’un échantillon de 245 sympathisants du PS issus d’un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus comprenant 956 personnes.»

    Pour en finir avec les sondages (2)


    Cet article propose une analyse critique des sondages préélectoraux TNS-Sofres du 18 avril et CSA des 18 et 19 avril avril.

    Sondage TNS-Sofres

    La fiche technique du sondage évoque succinctement la méthode utilisée :

    Enquête UNILOG réalisée le 18 avril 2006 pour Le Grand Jury RTL, Le Figaro et LCI auprès d’un échantillon national de 1000 personnes représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales, interrogées par téléphone. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et stratification par région et catégorie d’agglomération.
    TNS-Sofres

    Les résultats sont présentés sous la forme de cinq tableaux :

    1. L’intérêt pour l’élection.
    2. Intentions de vote au 1er tour.
    3. Intentions de vote 2nd tour de l’élection présidentielle.
    4. Les transferts de voix du 1er au 2nd tour.
    5. Les motivations du vote.

    Cette présentation est critiquable sur trois points :

    1. Il manque les questions correspondants aux tableaux 2, 3 et 4. Il est impossible de comprendre une réponse si on ne connaît les termes exacts de la question. Ou, pour le dire autrement, la réponse est "non", mais quelle est la question ?

    2. Il manque la méthode de construction des tableaux 2 et 4, qui croisent des données issues vraisemblablement de plusieurs questions. Il est donc impossible d’interpréter correctement ces tableaux.

    3. La présentation des résultats du tableau 3 est biaisée, car elle exclue les 14% des personnes interrogées qui n’ont pas exprimé d’intentions de vote. Les scores annoncés de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy ne représentent que 86% de l’échantillon. De plus, l’organisme de sondage n’indique pas l’intervalle de confiance. Se situant à plus ou moins 3,5%, il est supérieur à l’écart entre les deux candidats. En clair, cela signifie qu’il n’est pas possible de dire, à partir des hypothèses de ce sondage, quel candidat l’emporterait.

    C’est pourtant ce qu’affirme le résumé de l’organisme qui a réalisé ce sondage :

    Avec 51% d’intentions de vote, Ségolène Royal l’emporterait au 2ème tour de l’élection présidentielle face à Nicolas Sarkozy (49%). Autre enseignement de notre étude : au 1er tour, Ségolène Royal ferait un meilleur candidat PS (34% des intentions de vote) que Lionel Jospin (23%), Jack Lang (22%), Dominique Strauss-Kahn (18%) et Laurent Fabius (15%).
    TNS-Sofres

    C’est aussi ce qu’affirment dans les mêmes termes Le Monde et Le Nouvel Observateur :

    Selon un sondage publié jeudi 20 avril dans Le Figaro, Ségolène Royal devancerait très légèrement Nicolas Sarkozy au second tour de l’élection présidentielle, avec 51% des intentions de vote, contre 49%. 14% des personnes interrogées ne se prononcent pas sur cet éventuel duel entre la députée des Deux-Sèvres et le président de l’UMP.
    Au premier tour, la présidente de la région Poitou-Charente arriverait déjà en tête, avec 34% d’intention de vote, contre 30% en faveur du ministre de l’intérieur (18% des sondés ne se sont pas exprimés).
    Selon ce premier baromètre TNS Sofres-Unilog, Mme Royal distance tous les "présidentiables" socialistes : Lionel Jospin (23%), Jack Lang (22%), Dominique Strauss-Kahn (18%) et Laurent Fabius (15%).
    Le Monde du 20 avril.

    Selon un sondage publié jeudi 20 avril par Le Figaro, Ségolène Royal avec 51% des intentions de vote devancerait très légèrement Nicolas Sarkozy (49%) au second tour de l’élection présidentielle. 14% des personnes interrogées ne se prononcent pas.
    Toujours selon le quotidien, la présidente de la Région Poitou-Charente, qui devance nettement les ténors du PS, arriverait déjà en tête du premier tour avec 34% d’intention de vote contre 30% en faveur du ministre de l’Intérieur (18% ne se sont pas exprimés).
    Ségolène Royal devance ainsi tous les "présidentiables" socialistes: Lionel Jospin (23%), Jack Lang (22%), Dominique Strauss-Kahn (18%) et Laurent Fabius (15%).
    Le Nouvel Observateur du 20 avril.

    Sondage CSA

    La fiche technique du sondage évoque succinctement la méthode utilisée :

    Sondage exclusif CSA / LE PARISIEN / AUJOURD’HUI EN FRANCE / I-TELE réalisé par téléphone les 18 et 19 avril 2006.
    Echantillon national représentatif de 878 personnes inscrites sur les listes électorales, constitué d’après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et catégorie d’agglomération.
    CSA

    Les résultats sont présentés sous la forme de deux tableaux :

    1. Intentions de vote au 1er tour entre 9 candidats avec rappel de sondages de mars et avril 2006.
    2. Intentions de vote 2nd tour entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy avec rappel de sondages de mars et avril 2006.

    Cette présentation est critiquable sur trois points :

    1. La présentation des deux tableaux est biaisée, car elle exclut les 38% (tableau 1) et 35% (tableau 2) des personnes interrogées qui n’ont pas exprimé d’intentions de vote (abstention, vote blanc ou nul).

    2. Le rappel de sondages antérieurs ne veut rien dire, car comme le précise l’organisme en bas de page et en caractères rouges : «ces résultats doivent être interprétés comme des rapports de force à la date de l’enquête, et en aucun cas comme prédictifs des résultats le jour du vote». Il est donc illégitime de comparer des résultats établis à des dates différentes.

    3. Dans le tableau 2, les scores de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy ne représentent que 65% de l’échantillon. De plus, l’organisme de sondage n’indique pas l’intervalle de confiance. Se situant à plus ou moins 4,5%, il est dans la fourchette de l’écart entre les deux candidats. En clair, cela signifie qu’il n’est pas possible de dire, à partir des hypothèses de ce sondage, quel candidat l’emporterait.

    C’est pourtant ce qu’affirment exactement dans les mêmes termes Yahoo! et Le Nouvel Observateur :

    Un nouveau sondage donne Ségolène Royal victorieuse d’un duel contre Nicolas Sarkozy: la députée socialiste battrait le président de l’UMP au second tour de l’élection présidentielle avec 53% des voix, contre 47% à son adversaire de droite.
    Yahoo! du 23 avril.

    Un nouveau sondage donne Ségolène Royal victorieuse d’un duel contre Nicolas Sarkozy: la députée socialiste battrait le président de l’UMP au second tour de l’élection présidentielle avec 53% des voix, contre 47% à son adversaire de droite.
    Le Nouvel Observateur du 24 avril.

    Pour en finir avec les sondages préélectoraux

    La présentation de ces deux sondages comporte le même biais méthodologique : certaines données concernent la totalité de l’échantillon et d’autres seulement une fraction du même échantillon sans que l’organisme n’indique ce changement. Or, dans les sondages préélectoraux, il y a 95 chances sur 100 pour qu’une enquête effectuée sur 1000 personnes donne un résultat à plus ou moins 3,2% près, donc 5 chances sur 100 pour que le résultat soit hors de l’intervalle, c’est-à-dire faux. De plus la marge d’erreur augmente quand la taille de l’échantillon diminue (plus ou moins 3,5% dans le premier sondage et plus ou moins 4,5% dans le deuxième). Rien donc ne permet de dire lequel des deux candidats l’emporterait au deuxième tour.

    En toute rigueur, la seule conclusion de ces sondages devrait s’écrire : si les candidats du premier tour et si les deux candidats du deuxième tour étaient exactement les mêmes que ceux sélectionnés par le sondeur et si le premier et le deuxième tour des élections avaient lieu le jour de l’enquête, il y a 95% de chances pour que les intentions de vote en faveur de tel candidat soient dans une fourchette comprise entre x% et y% et il y a 5% de chances que le résultat annoncé soit faux. Pas très vendeur n’est-ce pas ?

    La lecture des différentes conditions, cachées par les organismes de sondage et les médias, révèlent des biais méthodologiques qui invalident les résultats :

  • La liste des candidats du premier et du deuxième tour, soumis au choix des personnes interrogées, est totalement arbitraire. Le sondeur définit la problématique de son sujet pour ensuite demander au sondé de choisir l’option qui lui convient le plus. Cette construction de l’objet est une excellente méthode pour obtenir des résultats correspondant à ses propres attentes : le duel du deuxième tour.
  • Le sondeur définit une problématique temporelle totalement fictive, car le deuxième tour d’une élection se déroule une semaine après le premier. Ce temps permet aux deux candidats, sélectionnés par le comptage des votes réels et non des intentions fictives, de faire campagne et à chacun de faire son choix, y compris de ne pas choisir. Ces deux sondages sont construits sur la seule question du deuxième tour.
  • Bien que les sondages préélectoraux ne mesurent que des intentions de vote à un instant donné, plus ou moins éloigné de l’élection, ils sont abusivement commentés comme un système prédictif. Le 20 avril, Le Nouvel Observateur titre «2007 : Royal favorite au second tour» et Le Monde, «Un nouveau sondage donne Ségolène Royal victorieuse face à Nicolas Sarkozy à la présidentielle» ; et le 24 avril, Le Nouvel Observateur titre «Sondage : Royal écrase Sarkozy en 2007».
  • En utilisant les chiffres comme un argument d’autorité, les organismes de sondage et les médias ne s’embarrassent pas de nuances pour vendre leurs prophéties. Ils utilisent toutes les ficelles de mise en scène des telenovelas pour construire LE feuilleton de l’année. Les personnages changeront au fil des épisodes, mais le suspense restera entier jusqu’à la fin. Ce filon est juteux pour ces manipulateurs de l’opinion, qui cherchent à nous faire croire que leur petit jeu stérile a du sens.

    Serge LEFORT
    28 avril 2006

    Pour en finir avec les sondages (1)


    À en croire les sondages publiés par les médias, les élections présidentielles de 2007 seraient jouées d’avance. Le deuxième tour se déroulera entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, qui l’emportera inévitablement…

    Les mêmes organismes de sondage et les mêmes médias, qui avaient pronostiqué un duel Chirac-Jospin en 2002, multiplient les annonces triomphales d’un duel Royal-Sarkozy en 2007. Le 4 mars, quatre hebdomadaires – Le Nouvel Observateur, Le Point, Paris-Match et VSD – consacrent tout ou partie de leur Une à Ségolène Royal. Trois sondages – Ipsos le 13 avril, Sofres le 20 avril et CSA le 23 avril – donnent Royal gagnante dans les mêmes termes : "Un nouveau sondage donne Ségolène Royal victorieuse face à Nicolas Sarkozy à la présidentielle" (Le Monde du 20 avril) ; "Un nouveau sondage donne Ségolène Royal victorieuse d’un duel contre Nicolas Sarkozy" (Le Nouvel Observateur du 24 avril).

    Qu’il s’en amuse ou non, chacun sait que les pronostics électoraux ont autant de valeur que les prédictions numérologiques. Les deux approches reposent sur une conception magique des chiffres pour maîtriser les événements futurs. Le problème n’est pas l’utilisation des chiffres, ni leur véracité ou leur fausseté, mais la croyance superstitieuse qu’ils feraient sens pour dire quelque chose de crédible sur l’avenir collectif ou individuel.

    Nostradamus a eu l’habileté d’écrire ses prophéties, régulièrement rééditées, en les enrobant dans une phraséologie polysémique qui, selon la loi du genre, a suscité autant d’interprétations que d’exégètes auto-proclamés. Les Nostradamus modernes réalisent leurs prophéties dans un langage pseudo-scientifique. Personne ne discute la méthode, qui repose sur des hypothèses rarement explicitées, mais les experts commentent les résultats comme s’ils avaient une valeur prédictive.

    Cette course effrénée aux pronostics électoraux, aussi fiables que les pronostics hippiques, relève d’une propagande visant à nous convaincre qu’il n’y a pas d’autres choix possibles. Les commanditaires des sondages, les organismes qui les réalisent, les experts qui les analysent et les commentent, et les médias qui les publient, fabriquent quelque chose qui a l’apparence de l’information et qui est vendu comme telle, mais qui est de l’information "Canada Dry". Ce discours ne fait sens que parce qu’il est martelé matin, midi et soir.

    La critique des sondages n’est plus à faire, celle des sondages d’opinion préélectoraux nécessite d’analyser la méthode [1]. Les sondages produisent des chiffres, des analyses et des commentaires sur les chiffres et des discours sur les commentaires. En bref, ils produisent un récit visant à crédibiliser et à rendre acceptable l’inacceptable : la fausse alternative Royal-Sarkozy. La question n’est pas la vérité ou la fausseté du récit, mais son existence même. Le Dr. Goebbels l’avait compris avant les publicitaires, ce n’est pas le contenu d’un message qui importe, mais sa répétition. Répéter en boucle, comme le font les médias, le même message a pour effet d’en valider le contenu.

    La seule réaction d’auto-défense intellectuelle face à cette marée superstitieuse des sondages préélectoraux nécessite de refuser de prendre au sérieux ces pronostics, mais de les analyser comme des paroles magiques visant à créer un effet de réel. La critique doit moins viser les énoncés que leur procès de production et de circulation.

    Serge LEFORT
    24 avril 2006

    Questions à se poser

    1. Quels sont les commanditaires du sondage ?
      1.1. liens avec l’organisme de sondage
      1.2. liens avec les analystes
      1.3. liens avec les commentateurs
      1.4. liens avec les médias
    2. Quels sont les objectifs du sondage ?
    3. Quel organisme réalise le sondage ?
    4. Quel est le protocole du sondage ?
      4.1. questionnaire
      - nombre de questions
      - ordre des questions
      - nature des questions
      4.2. méthode de recueil des réponses
      4.3. dates du recueil des réponses
      4.4. nombre de personnes interrogées
      - nombre de refus
      - nombre de questionnaires/nombre d’enquêteurs
      4.5. méthode de traitement des réponses
      - données brutes
      - données corrigées
    5. Qui analyse le sondage ?
      5.1. analyse de la totalité ou d’une sélection des questions et des réponses
      5.2. liens avec les commanditaires
      5.3. liens avec l’organisme de sondage
      5.4. liens avec les commentateurs
      5.5. liens avec les médias
    6. Qui commente le sondage ?
      6.1. commentaire de la totalité ou d’une sélection des questions et des réponses
      6.2. liens avec les commanditaires
      6.3. liens avec l’organisme de sondage
      6.4. liens avec les analystes
      6.5. liens avec les médias
    7. Quels médias publient le sondage ?
      7.1. publication de la totalité ou d’une sélection des questions et des réponses
      7.2. publication de la totalité ou d’une sélection des analyses
      7.3. publication de la totalité ou d’une sélection des commentaires
      7.4. liens avec les commanditaires
      7.5. liens avec l’organisme de sondage
      7.6. liens avec les analystes
      7.7. liens avec les commentateurs
    8. Quels sont les écarts ?
      8.1. totalité et sélection des questions et des réponses
      8.2. totalité et sélection des analyses
      8.3. totalité et sélection des commentaires
      8.4. totalité et sélection des publications

    [1] Sélection bibliographique :
    • BESSON Jean-Louis (sous la direction de), La cité des chiffres – Ou l’illusion des statistiques, Autrement, 1992.
    • BOURDIEU Pierre, Questions de sociologie, Minuit, 1984.
    • CHAMPAGNE Patrick, Faire l’opinion – Le nouveau jeu politique, Minuit, 1990.
    • KLATZMANN Joseph, Attention, statistiques ! – Comment en déjouer les pièges, La Découverte, 1996.
    • MEYNAUD Hélène-Yvonne et DUCLOS Denis, Les sondages d’opinion, Repères n°38, La Découverte, 1996.

    Suivre

    Recevez les nouvelles publications par mail.

    Joignez-vous à 59 followers