Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Tag: Capitalisme

L’austérité est une erreur mathématique !


C’est une information extraordinaire, dont les conséquences sont immenses, mais qui fait beaucoup moins parler que les dérives pathétiques d’un acteur célèbre. Un rapport de quarante quatre pages signé par un économiste en chef du FMI, un français, Olivier Blanchard. Il dit tout simplement que les plus hautes instances économiques mondiales et européennes se sont plantées en imposant, au nom de la science, l’austérité à toute l’Europe.

Ce que dit Olivier Blanchard, c’est que le modèle mathématique sur lequel s’appuyaient ces politiques visant au désendettement radical, et au retour sacré à l’équilibre budgétaire, comportaient une erreur au niveau, je cite, du multiplicateur fiscal. Pour simplifier beaucoup, ce modèle mathématique, donc incontestable, prévoyait que lorsqu’on retire un euro dans un budget il manquerait un euro dans le pays concerné. Or c’est faux. Pour des raisons qui tiennent à une réalité parfaitement triviale, et qui est que les hommes sont humains, cette austérité a déclenché des réactions collectives qui ont abouti à ce que cet euro retiré a provoqué la perte de trois euros dans les sociétés concernées.

Multipliez par des milliards, et vous comprendrez pourquoi l’austérité imposée à coup de sabre par des troïkas savantes n’a conduit qu’à plus d’austérité, plus de chômage, et plus de récession.

L’équation était fausse, ce qui est remarquable en soi, surtout quand on songe au Mississipi, que dis-je, à l’Amazone de leçons d’austérité péremptoire, délivrées chaque minute, sur toutes les antennes, et dans tous les journaux, par des commentateurs sûrs d’eux et dominateurs.

Mais le plus incroyable est ailleurs.

C’est qu’il ait fallu s’apercevoir que quelque chose clochait dans une équation pour découvrir que quelque chose n’allait pas dans la vraie vie. Un peu comme si on assistait à des accidents de la route en chaîne et qu’on ne donnait pas l’alerte tant qu’un modèle mathématique ne disait pas que c’était des accidents.

On ne peut pas aller plus loin dans le triomphe de la technocratie. Il a fallu qu’un expert constate un problème avec un coefficient multiplicateur pour que ce qui saute aux yeux soit perçu par nos cerveaux. L’Europe est à la traîne, son chômage bat des records, sa croissance est en berne, la pauvreté s’installe, bref la voiture est dans le fossé, mais peu importe, on ne change pas de politique puisque c’est la seule et qu’en vouloir une autre serait une demande ignare.

Les ignares vous saluent bien, mais les dévots de l’austérité n’ont pas rendu les armes. L’histoire de l’équation commence à cheminer, on en a parlé dans le journal de France 2 hier soir, l’Humanité l’a évoquée, le Washington Post aussi, mais elle ne fait pas encore la une. C’est qu’on ne renonce pas d’un jour à l’autre à une idéologie. Même vermoulus les murs de Berlin ne s’affaissent pas d’un jour à l’autre.

09/01/2013, Hubert Huertas, Extraordinaire : l’austérité est une erreur mathématique !, France CultureTélécharger mp3.
07/01/2013, Olivier Blanchard, Le FMI le confirme : l’austérité était une erreur de calcul, L’HumanitéRapport du FMI en anglais.

Lire aussi :
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.

Victor Klemperer – Repenser le langage totalitaire


L’écrivain et philologue Victor Klemperer (1881-1960) a le premier recensé au quotidien dans son journal les manipulations opérées sur la langue allemande par le régime nazi : abondance d’abréviations donnant le sentiment d’appartenir à un groupe d’initiés, profusion de termes techniques mécanisant l’homme, tendance à décrire la société en termes organiques.

Alors que certains régimes continuent à tordre le langage pour les besoins de leur idéologie, il devenait urgent de redécouvrir l’oeuvre de Klemperer. C’est à cette entreprise que s’est consacré le colloque de Cerisy.

Linguistes, sociologues, psychanalystes, anthropologues, confrontent ici l’oeuvre de Klemperer à d’autres pensées politiques et explorent, de l’Italie de Mussolini aux dictatures d’Amérique du Sud en passant par les régimes de la Corée du Nord, les caractéristiques de cette langue qui appelle au meurtre et à l’anéantissement de toute altérité. C’est un langage mort, figé, altéré dans sa capacité de signifier, de dire le différent que découvrent ces enquêtes sur divers types de régimes de coercition et de terreur, ainsi que sur les manifestations discursives de leur violence inouïe. Une relecture de l’histoire des régimes totalitaires dans le sillage de l’auteur de LTI – La langue du IIIe Reich.

Laurence AUBRY et Béatrice TURPIN (sous la direction de), Victor Klemperer – Repenser le langage totalitaire, CNRS, 2012.

Je n’ai pas encore lu ce livre, mais l’analyse du sommaire montre qu’il est beaucoup plus riche que la présentation politiquement correct (langage totalitaire du néolibéralisme) de François Noudelmann qui réduit l’ouvrage à "La langue du jihad". Jacques Munier fait une présentation plus complète de l’ouvrage.

J’incite le lecteur à lire d’abord l’ouvrage de Victor Klemperer (Victor KLEMPERER, LTI – La langue du IIIe Reich, Pocket, 2003) et ensuite à "compléter cette édifiante lecture" parmi les ouvrages de la bibliographie ci-jointe.

11/12/2012
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Sélection bibliographie :
• Edward BERNAYS, Propaganda – Comment manipuler l’opinion en démocratie, La Découverte, 2007 [Texte en ligne Zones].
• Alain BIHR, La novlangue néolibérale – La rhétorique du fétichisme capitaliste, Pages deux, 2007 [Introduction Télécharger pdf].
• Pierre BOURDIEU et Luc BOLTANSKI, La production de l’idéologie dominante, Démopolis, 1976 réédition 2008.
• Éric HAZAN, LQR la propagande du quotidien, Raisons d’Agir, 2006.

Lire aussi :
• Alain BIHR, InterrogationsWikipédia.
• Alain BIHR, L’idéologie néolibérale, Semen.
• Articles Alain BIHR in Économie politique, À L’encontre.
• Victor KLEMPERER, Wikipédia.
• Béatrice TURPIN, Le langage totalitaire au prisme de l’analyse de discours, Université Franche-Comté [Télécharger pdf].
Dans son étude sur Bakhtine, Jean Peytard se demande comment le discours de l’idéologie peut être intériorisé par le sujet. Le philologue allemand Victor Klemperer a lui-même tenté de répondre à cette question en analysant les discours nazis de 1933 jusqu’à la chute de régime hitlérien. Il recense les principaux processus observés et montre comment le discours totalitaire en vient à transformer la langue et la manière de penser à partir d’une rhétorique du consentement qui tire sa force de son "effroyable homogénéité" et de son caractère plurisémiotique. A cet égard, les observations et la démarche de Victor Klemperer rejoignent les réflexions de Jean Peytard sur le sens, l’idéologie et l’univers sémio-discursif.
• Olivier STARQUIT, La novlangue néolibérale, Baricade [Télécharger pdf].
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

30 millions de chômeurs de plus depuis 2008


Le monde compte trente millions de chômeurs de plus qu’avant le début de la crise il y a quatre ans, déplore le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Guy Rider, dans un texte publié vendredi 12 octobre à Tokyo. Près de "75 millions des plus de 200 millions de chômeurs sont des jeunes gens de moins de 25 ans", ajoute M. Ryder dans ce texte qu’il lira samedi devant le Conseil monétaire et financier international, instance chargée de définir les grandes orientations politiques du Fonds monétaire international.

Pour ceux qui ont la chance d’avoir un emploi, 900 millions d’entre eux sont "incapables de gagner suffisamment de quoi leur permettre d’être au-dessus du seuil de pauvreté de deux dollars par jour", relève encore M. Ryder pour qui il est temps de faire une pause dans les politiques d’austérité. Et si les tendances en matière de réduction de la pauvreté observées avant la crise avaient été maintenues, il y aurait aujourd’hui 55 millions de pauvres de moins dans le monde, selon M. Ryder.

"URGENT DE REVOIR LES CALENDRIERS ÉTABLIS"

"Les dommages provoqués par les mesures d’austérité ont été plus profonds que ce qui avait été d’abord envisagé", ajoute le directeur général de l’OIT dans ce discours. "Dans ces conditions, il est maintenant urgent de revoir les calendriers établis pour revenir à l’équilibre budgétaire", estime encore M. Ryder.

Jeudi, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, avait suggéré dans un discours la nécessité de se donner davantage de temps pour réduire les déficits budgétaires, citant en exemple les délais qui ont été accordés en ce sens au Portugal et à l’Espagne. Elle s’est dite prête à donner à la Grèce deux ans de plus pour atteindre les objectifs de réduction de déficit exigés par ses créanciers.

Source

Commentaires : Il ne s’agit pas de calendrier à revoir, mais des structures d’un système qui engraisse les riches au dépend des pauvres.

Lire aussi :
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.

Catastroïka



Les créateurs de Debtocracy reviennent avec une nouvelle production. Catastroïka cherche les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.

Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, Catastroïka essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s’applique à un pays sous surveillance économique.

Plus d’informations sur le site – Télécharger le documentaire et les sous-titres ou en VOSTFR.

Lire aussi :
• Catastroika : le film militant sur les ravages des privatisations, L’Express.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Le chômage en France


Source : La crise de la sidérurgie, Le choix de la rédaction France Culture.

Lire aussi :
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.

La dame de fer


Cette biographie très elliptique – partielle et partiale – de Margaret Thatcher est un panégyrique (via des images et une bande son aux normes hollywoodiennes) destiné à la réhabiliter après des générations nées après les années1970 [1].

Phyllida Lloyd nous impose sa vision compassionnelle pour une vieille dame qui a perdu la tête après la mort de son mari alors que, détail significatif, il rapporte la dénonciation de Margaret Thatcher de la tendance à penser la politique sous l’angle des sentiments et non des idées :

Les gens ne "pensent" plus. Ils "sentent". [...] Vous savez, un des grands problèmes de notre époque est que nous sommes dirigés par des gens qui s’occupent davantage des sentiments que des pensées et des idées.

Ainsi, ce film est non seulement un insulte à l’histoire pour les millions de victimes de la politique de Margaret Thatcher, mais aussi une insulte à sa propre pensée de la politique.

Autre détail (ignoré par les féministes) : un commentaire en voix off affirme que "jamais en Occident il n’y a eu de femme Premier ministre" oubliant que Golda Meir fut Premier ministre d’Israël de 1969 à 1974 et que Sirimavo Bandaranaike fut Premier ministre au Sri Lanka de 1960 à 1965 et de 1970 à 1972 [2].

Ceci dit, l’interprétation de Meryl Streep dans le rôle de Margaret Thatcher est aussi remarquable que celle de Bruno Ganz dans celui d’Hitler (La chute). Or, ce film fut contesté pour son approche trop humaine du dictateur du IIIe Reich – deux poids deux mesures…

Il est symptomatique que l’histoire des années 1980 soit totalement occultée. Il y a pourtant matière à penser du fait que le néo-libéralisme, qui sévit encore aujourd’hui, fut la doctrine de tous les gouvernements quelque soit leur couleur politique. Si cette politique était logique pour Ronald Reagan aux États-Unis et pour Margaret Thatcher en Grande-Bretagne, elle l’était moins pour Miguel de la Madrid au Mexique et encore moins pour François Mitterrand en France, Deng Xiaoping en Chine ou pour Mikhaïl Gorbatchev en Russie (URSS à l’époque) [3].

Tout cela a naturellement échappé à tous les critiques des médias dominants qui ne méritent pas d’être cités [4].

10/02/2012
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.


[1] AlloCinéTéléchargement.
[2] Serge LEFORT, La voie royale de l’apolitisme, Monde en Question.
[3] Sélection bibliographique :
• Articles Tournant de la rigueur, Monde en Question.
• Dossier documentaire Tournant de la rigueur, Monde en Question.
[4] Note du 15/02/2012 : Sauf Critikat publié le 14/02/2012.

La fabrique de l’homme endetté


La dette, tant privée que publique, semble aujourd’hui une préoccupation majeure des "responsables" économiques et politiques. Dans La fabrique de l’homme endetté, Maurizio Lazzarato montre cependant que, loin d’être une menace pour l’économie capitaliste, elle se situe au cœur même du projet néolibéral. À travers la lecture d’un texte méconnu de Marx, mais aussi à travers la relecture d’écrits de Nietzsche, Deleuze, Guattari ou encore Foucault, l’auteur démontre que la dette, loin de n’être qu’une réalité économique, est avant tout une construction politique, et que la relation créancier/débiteur est le rapport social fondamental de nos sociétés.

La dette n’est pas d’abord un dispositif économique, mais une technique sécuritaire de gouvernement et de contrôle des subjectivités individuelles et collectives, visant à réduire l’incertitude du temps et des comportements des gouvernés. Selon la logique "folle" du néolibéralisme – qui prétend substituer le crédit aux salaires et aux droits sociaux, avec les effets désastreux que la crise des subprimes a illustrés de façon dramatique –, nous devenons toujours davantage les débiteurs de l’État, des assurances privées et, plus généralement, des entreprises, et nous sommes incités et contraints, pour honorer nos engagements, à devenir les "entrepreneurs" de nos vies, de notre "capital humain" ; c’est ainsi tout notre horizon matériel, mental et affectif qui se trouve reconfiguré et bouleversé.

Comment sortir de cette situation impossible ? Comment échapper à la condition néolibérale de l’homme endetté ? Si l’on suit Maurizio Lazzarato dans ses analyses, selon lesquelles la dette est avant tout un instrument de contrôle politique et l’expression de rapports de pouvoir, force est de reconnaître qu’il n’y pas d’issues simplement techniques, économiques ou financières. Il nous faut remettre en question radicalement le rapport social fondamental qui structure le capitalisme : le système de la dette.

Maurizio LAZZARATO, La fabrique de l’homme endetté – Essai sur la condition néolibérale, Amsterdam, 2011 [Le journal de la philosophie].

Lire aussi :
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
• L’actualité des livres
- Centre National du Livre
- Veille littéraire CNL

Revue de presse Crise 01/09/2011


Suivre l’actualité
courir après le vent.
Penser l’actualité
marcher à contre-courant.

01/09/2011, La fabrique de l’homme endetté, Le journal de la philosophie

François Noudelmann reçoit Maurizio Lazzarato pour son ouvrage La fabrique de l’homme endetté – Essai sur la condition néo-libérale, Amsterdam, 2011.

01/09/2011, James PETRAS, La classe laborieuse en Europe et aux USA, de droite, de gauche et neutralisée, Le Grand Soir

Les USA, à la différence de l’Europe, passent sans heurt du néolibéralisme à l’extrême droite, la classe laborieuse et la classe moyenne se comportant en victimes passives de la droite ou de la gauche et non en combattants actifs. En Europe, la crise actuelle révèle un profond contraste entre le radical virage à gauche des travailleurs du sud et l’adhésion croissante des travailleurs d’Europe du nord à l’extrême droite. L’idéal de la solidarité internationale des travailleurs est remplacé, au mieux, par une solidarité régionale chez les travailleurs d’Europe de l’ouest et, au pire, par un réseau de groupuscules de droite dans les pays du nord de l’Europe. Avec le déclin de la solidarité internationale, les thèses racistes et chauvines se répandent dans le nord pendant qu’au sud les mouvements de travailleurs se joignent à un vaste éventail de mouvements sociaux qui regroupent les chômeurs, les étudiants, les gérants de petits commerces et les retraités.
La droite capitalise sur le désenchantement des électeurs du centre gauche à l’ouest de l’Europe, mais elle doit faire face en même temps à une formidable résistance de travailleurs et de mouvements sociaux extra-parlementaires. Par contre, dans le nord de l’Europe et aux USA, l’extrême droite ne rencontre aucune opposition consciente —ni dans les rues ni sur le lieu de travail. Dans ces deux contrées, seul l’effondrement du système économique ou une longue et sévère récession économique combiné avec une réduction dévastatrice des protections et des programmes sociaux est susceptible de générer une renaissance des mouvements de travailleurs. Espérons que le réveil de la conscience de classe viendra de la gauche et non de l’extrême droite.

01/09/2011, Gideon LEVY, "March of the Million" is litmus test for a new Israel, Ha’aretz

All of a sudden, a new political language has become acceptable here, a new political agenda, and politicians of a new species. The language is the language of popular protest, which was never the language of Israelis. The agenda is social; it too was never a typical Israeli agenda like the security and military agenda. And the new politicians are youngsters in their 20s, a generation that had never entered Israeli politics, the people who understand nothing about politics. Since they understand so little, they have achieved an amazing success: What was will never be again. Now the struggle is merely over the success rate.
The success rate will be determined on Saturday night in Kikar Hamedina. The question is, where were you until now, and where will you be on the evening of September 3? Because those who don’t come out don’t exist as citizens of this country.

31/08/2011, Le dilemme de la détention de dettes gouvernementales américaines, Renmin Ribao

La Chine possède des réserves de plus de 3 200 milliards de Dollars US en devises étrangères, dont environ 70% seraient libellées en Dollars US, particulièrement en bons du Trésor et en obligations. Etant donné l’augmentation continue de la dette du Gouvernement américain et la dégradation de sa note de crédit par Standard & Poor’s, la mesure la plus évidente pour la Chine serait de cesser d’accumuler des bons du Trésor américain ou de commencer à réduire ses capitaux en Dollars US.
Mais indépendamment de la difficulté de changement immédiat des capitaux en Dollars US en d’autres devises, une telle décision pourrait également causer une forte baisse de la valeur du Dollar US, ce qui pourrait en retour conduire à un effondrement du système financier international. La valeur des actifs en Dollars US de la Chine se réduirait alors aussi. En outre, il n’y a aucun autre actif (or, argent ou autres produits) susceptible de pouvoir s’adapter à l’énorme quantité de bons du Trésor américain que la Chine détient.
La Chine n’a aucune volonté de porter préjudice au système financier international, mais en tant que nation débitrice, les Etats-Unis devraient également comprendre les besoins et les intérêts vitaux de son plus grand créancier.

31/08/2011, Nicolas Sarkozy s’est rendu en Chine en raison de la dette européenne, Renmin Ribao

Tandis que le nuage de la crise de la dette européenne est loin d’être dissipé, la Chine, qui possède la plus grande réserve de devises étrangères du monde, a réaffirmé une fois de plus son appui à l’euro et à la stabilité économique des Etats de la zone. Ainsi, l’attente d’une solution grâce à l’achat d’obligations européennes commence à gagner du terrain. L’économie européenne, tourmentée de la crise de la dette, pourrait se voir insuffler une nouvelle vitalité avec le soutien de la Chine.

30/08/2011, De plus en plus de pauvres à cause de la crise, France Culture

Il y avait en France en 2009 plus de 8 millions de personnes, un peu plus de 13% de la population, qui gagnaient moins de 1000 euros par mois. C’est-à-dire qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Et la proportion s’est accrue depuis l’an dernier.

30/08/2011, Revenus-Salaires – Les niveaux de vie en 2009, INSEE

Le seuil de pauvreté, qui correspond à 60 % du niveau de vie médian de la population, s’établit à 954 euros mensuels en 2009. 13,5 % des personnes vivent en dessous de ce seuil, soit 8,2 millions de personnes. Le taux de pauvreté s’accroît de 0,5 point entre 2008 et 2009.
En 2009, 10,1 % des actifs ayant au moins 18 ans sont pauvres, soit une augmentation de 0,6 point par rapport à 2008. Parmi les personnes occupant un emploi, ce sont les non-salariés qui sont touchés par la hausse de la pauvreté : leur taux de pauvreté passe de 15,3 % à 16,9 %.

29/08/2011, G20 : réunion de travail à Pékin avec HU Jintao, La France en Chine

22/08/2011, Paris Manif Livre sous la direction de Danielle TARTAKOWSKY, Monde en Question

19/08/2011, Benoît XVI en Espagne, Ratzinger à la Puerta del Sol, le Mouvement du 15 Mai dans la rue, Tlaxcala

L’histoire nous montre que ceux qui font une fixation sur la foi en l’existence d’un être fort improbable ont l’habitude d’exterminer ceux qui croient à l’existence d’un être improbable… différent. Au tout début le péché n’était pas tant dans le fait de ne pas croire que dans celui de croire à la même chose avec des différences subtiles. C’est seulement avec le développement de la civilisation que le nombre d’athées a grandi et avec eux la quantité des candidats à l’échafaud, car aux hérétiques s’ajoutaient les incroyants et les sans-dieu. Rien d’étonnant si parfois les croyants se mettent d’accord pour achever l’ennemi commun et remettent à plus tard leurs divergences historiques. Après tout, pour un athée, cela ne change pas grand-chose d’être poignardé par un catholique, un Juif, un musulman ou un orthodoxe.

19/08/2011, Benedicto XVI en España, Ratzinger en la Puerta del Sol, el 15-M en la calle, Tlaxcala

Por parte del Vaticano –y del nacional-catolicismo español– se va a intentar levantar la Reconquista religiosa desde la capital del reino. El 15-M, enfrente, va a seguir reclamando una democracia que merezca ese nombre y que es incompatible con el reino oscuro que significa la concepción oscurantista, autoritaria y reaccionaria del Vaticano. La derecha tiene clara su apuesta. La carga policial en la Puerta del Sol hace pensar que el gobierno sigue dando tumbos. Si la socialdemocracia, desnortada desde que asumió la tercera vía, pierde la bandera del laicismo, ¿qué le queda?

17/08/2011, Alejandro NADAL, Crisis de legitimidad y democracia radical, La Jornada

La crisis económica y la respuesta de política económica han terminado por evaporar la legitimidad de un gran número de estructuras gubernamentales en las economías capitalistas. Ahora es claro que la crisis económica es esencialmente política.

16/08/2011, Karl Marx avait raison, Monde en Question

13/08/2011, L’économie dans une phase "dangereuse" pour le chef de la Banque mondiale, Les Echos
L’économie mondiale est entrée dans une "phase nouvelle et plus dangereuse", qui laisse très peu de marge de manoeuvre aux pays les plus développés, a estimé samedi le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick.
La crise dans la zone euro "pourrait bien être le problème le plus important" de l’économie mondiale, a ajouté M. Zoellick, engageant les pays européens à prendre les mesures nécessaires le plus rapidement possible.
Il a estimé que cette crise était en train de transférer "très rapidement du point de vue historique" le pouvoir économique de l’Occident vers la Chine, qui pourtant "ne tient pas à ce rôle", préoccupée qu’elle est par ses propres soucis.

Lire aussi :
Revue de presse Crise économique, politique et sociale 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie politique, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.

Karl Marx avait raison


The Wall Street Journal doit être une publication communiste, une feuille d’agitation révolutionnaire ou un brûlot trotskyste car il publie, dans son édition du 12 août, une interview vidéo de l’économiste Nouriel Roubini sous le titre "Karl Marx was right" (Karl Marx avait raison) : Voir la vidéo.

Lire aussi :
• 21/10/2008, Karl Marx: did he get it all right?, The Times.
• 12/08/2011, Karl Marx was right: "capitalism can destroy itself", says economist Nouriel Roubini, The Australian.
• 13/08/2011, Nouriel "Dr. Doom" Roubini: "Karl Marx Was Right", The International Business Times.
• 13/08/2011, Dr. Doom to the WSJ: "Marx Was Right. Capitalism May Be Destroying Itself", Tucson Citizen [transcription d'extraits].
• 15/08/2011, Is Nouriel Roubini a Communist?, CNBC.
Revue de presse Crise économique, politique et sociale 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.

Les États-Unis vacillent


Le 6 novembre 2012, les Etats-Unis voteront. Déjà, les candidats ont sorti les couteaux et se sont lancés dans la chasse aux fonds qui alimenteront leur campagne. Barack Obama, candidat à sa succession, gagnera-t-il son pari ? Les sondages le donnent gagnant contre tous ses adversaires potentiels républicain. Mais… Tellement de choses peuvent se passer d’ici là, aux Etats-Unis et dans le monde.

Ne voilà-t-il pas que la fragilité du colosse d’Outre-Atlantique, si longtemps sous-estimée, fait monter la température sur les cinq continents ? Une situation qui donne des cauchemars aux marchés et menace les fondements mêmes de l’économie globalisée. Pensez. Voilà les States montrés du doigt par les agences de notation comme un quelconque pays du sud européen. Qui l’aurait cru voici quelques années encore ? En cause, la profondeur abyssale de la dette américaine. Alors qu’elle représentait 60% du produit intérieur brut voici quatre ans, elle dépasse cette année les 101%. En cause et en vrac, l’injection par l’Etat de centaines de milliards de dollars pour soutenir les banques, l’injustice des cadeaux fiscaux accordé sous l’ère Bush Jr aux revenus les plus élevés et sur lesquels l’administration actuelle n’est pas revenue. Et, histoire de tenir une promesse de campagne, même revue à la baisse, la mise en œuvre par l’administration Obama d’un système de couverture des soins de santé.

Lire : Maurice MAGIS, Crise budgétaire aux États-Unis : le colosse vacille, Association culturelle Joseph Jacquemotte, Août 2011.

Lire aussi :
Revue de presse Élections 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire USA, Monde en Question.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 54 followers