Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Tag: Arabophobie

Chasse aux immigrés retraités


Un bon arabe est un arabe mort ou un arabe qui lèche la main qui le pille…

Le collectif « Justice pour les chibani-i-as » et les associations signataires dénoncent l’acharnement croissant de certaines caisses de retraite, caisses d’allocations familiales et administrations fiscales vis-à-vis des vieux migrants démunis. Sous prétexte de lutte contre la fraude, la chasse aux vieux immigrés pauvres habitant les foyers semble avoir commencé.
GISTI

Revue de presse :
• Le collectif Justice et dignité pour les chibanis et TV-Bruits devant le juge, Les Indigènes de la république, 05/06/2011.
• Les migrants à la retraite présumés coupables de fraudes, Basta !, 01/07/2011.
• Les chibanis ne sont pas des fraudeurs !, LDH-Toulon, 09/07/2011.
• De trop gentils Chibanis, CQFD, 24/08/2011.
• "Chibanis en sursis", ces vieux immigrés que l’Etat ne veut plus voir, Le Magazine de la rédaction, 16/09/2011.

16/09/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

La chasse aux musulmans


Trois personnages emblématiques caractérisent la guerre contre le terrorisme : le "dangereux" Musulman, la Musulmane "en péril" et l’Européen "civilisé". Le présent ouvrage étudie la manière dont ces trois figures sont utilisées pour créer une véritable fable, celle d’une grande famille de nations occidentales qui s’estiment contraintes d’employer la force, tant militaire que politique et juridique, pour se protéger contre la "menace" des populations du tiers-monde. Sherene Razack montre qu’on entretient délibérément cette fable pour justifier l’expulsion des Musulmans de l’espace politique, en les stigmatisant d’abord, puis en les plaçant sous surveillance, en les emprisonnant, en les torturant, ou en larguant des bombes sur leurs pays.

Dans cet essai d’une grande actualité, Sherene Razack explique de quelle façon la "pensée raciale" – logique qui divise le monde entre ceux qui méritent d’être protégés par les lois et ceux qui ne le méritent pas – nous habitue à l’idée qu’il est nécessaire et légitime, pour des raisons de sécurité nationale, de suspendre les droits de certains groupes racialisés. L’auteure montre aussi que le refus de reconnaître une même nature humaine chez les peuples d’ascendance européenne et ceux qui ne le sont pas a favorisé l’implantation et la prolifération de "camps", au sens propre et figuré, c’est-à-dire de lieux où les libertés fondamentales sont bafouées et les lois ignorées.

Sherene RAZACK, La chasse aux musulmans – Évincer les Musulmans de l’espace politique, Lux, 2011.

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.
• Ce que Burqa voile, Là-bas si j’y suis, 11/04/2011.
Dossier documentaire & Bibliographie Voile & Burqa, Monde en Question.
• L’actualité des livres
- Centre National du Livre
- Veille littéraire CNL

Racisme colonial en France


Madjid Ben Chikh offre un angle de lecture de l’islamophobie hexagonale à partir de l’histoire de la colonisation de l’Algérie. Cet essai est historique, plonge dans les sources de l’influence française sur l’identité des Algériens et présente un point de vue intime aussi, face à un passé colonialiste toujours mis sous silence dans la France d’aujourd’hui. C’est une fresque passionante et triste.

L’actualité est dominée depuis des années par un retour récurent du refoulé colonial prenant la forme d’une simplification dite laïque et républicaine qui, désormais, peine à cacher son caractère anti-musulman. De l’autre côté, nous voyons se développer un discours d’acceptation inconditionnel de tout ce qui est Arabe, en France et ailleurs. Pour être franc, je sors l’artillerie lourde à chaque fois que je lis ou écoute ce genre de prises de positions qui sont finalement, l’une comme l’autre, les deux face d’une même reconstruction d’un groupe, niant l’une et l’autre, l’histoire, les spécificités des parcours, et surtout la très grande variété des opinions au sein de ce groupe.
[...]
La guerre d’indépendance du peuple Algérien, présentée de nos jours comme une décolonisation douloureuse, fut en réalité une guerre meurtrière et, neuf ans après Điện Biên Phủ, elle fut une nouvelle humiliation pour l’armée française. Elle fournit la base du discours de l’extrême-droite française depuis les années 60, privée qu’elle est depuis la Libération de son traditionnel discours anti-Juifs. Le mythe de « l’Arabe » est ainsi né avec la guerre en Algérie et les actualités contrôlées par l’Etat : égorgeur, lâche, qui vous « coupe les couilles et vous les fait bouffer », sales et ignorant la civilisation. Auparavant, les « indigènes Musulmans », comme les appelait la République Française, étaient tout simplement inexistants publiquement et politiquement. Celle dont on vante à n’en plus finir aujourd’hui les principes laïcs et universels les avaient privés de la citoyenneté, et n’avait généralement pas daigné les scolariser.

Ni barbus, ni violeurs : Français, musulmans d’origine algérienne (1), Minorités

Les Algériens, à qui on niait le droit d’être Algériens, alternativement terroristes, musulmans, arabes, étaient opposés à des populations locales dépeintes alternativement folkoriquement traditionnelles (femmes voilées, you you à l’arrivée de l’armée), ou intégrées, menacées par de dangereux criminels musulmans manipulés par Moscou et Nasser. La France, mère Patrie civilisatrice, République Laïque et Universelle, terre des droits de l’homme et du citoyen, répandait ses bienfaits et ses vertus émancipatrices, la liberté, les lumières en ces terres arriérées d’où toute Culture était absente, avec le grand C si cher à Alain Finkelkraut.
Et peu importait s’il n’y avait pas d’écoles. Et peu importait si la population ne pouvait pas voter et se voyait refuser l’accès à l’Universel, à la laïcité, aux droits de l’homme et à la citoyenneté. Et peu importait si lors de l’épidémie de typhus en Kabylie, en 1941, les médecins ne prirent pas la peine de se déplacer dans les villages. Et peu importait si les populations des colonies avaient pris part à l’effort de guerre… La République Française, Laïque et Universelle, était généreuse avec ses enfants à qui elle apportait la civilisation qui leur faisait tant défaut, il fallait juste laisser le temps aux populations indigènes de s’adapter, et donc les rebelles devaient être arrêtés et punis.
[...]
En 1961, alors qu’en cachette De Gaulle négociait, son premier ministre Michel Debré avait les mains libres pour imposer le couvre-feu aux Français Musulmans : encore un bel exemple de laïcité. La Fédération de France du FLN décida d’une marche pacifiste, le 17 octobre, afin de dénoncer les mesures discriminatoires qui frappaient les Algériens, ainsi que les disparitions qui se multipliaient depuis l’été. Le nouveau préfet de Police, Maurice Papon, qui était responsable de la mort de 200.000 à 400.000 Algériens au cours de la campagne de « pacification » (les chiffres sont incertains, et on découvre encore de nos jours des charniers), fit preuve du même zèle Républicain qu’en Algérie. Sous les caméras de la télévision Belge, de la télévision Américaine et de la BBC, mais en absence de la RTF, 400 Algériens furent assassinés à coup d’armes à feu ou lynchés jusqu’à ce que mort s’ensuive, des milliers furent frappés et blessés, souvent au visage, et emmenés au Vel d’Hiv.

Ni barbus, ni violeurs : Français, musulmans d’origine algérienne (2), Minorités

On avait presque oublié le coup de force d’un maire communiste qui avait envoyé un bulldozer contre un foyer Sonacotra en arguant que sa ville en avait suffisamment comme ça. L’agression d’un groupe de jeunes à Bondy, dont un se fit lacérer le dos à coups de lames de rasoirs (une inscription SS), par le Parti des Forces Nouvelles, passa inaperçue bien qu’elle laissa une trace profonde dans toute la Seine-Saint-Denis. L’attentat de la rue Copernic, enfin, avait focalisé l’attention sur le danger néo-nazi.
[...]
En Algérie, dans la deuxième moitié des années 80, la jeunesse n’en pouvait plus. À Oran, de plus en plus de jeunes écoutaient du rai, cette ancienne musique des cafés qui raconte l’alcool et l’ennui ou le désir sexuel, et qui connaissait une deuxième jeunesse depuis que des jeunes chanteurs et chanteuses l’avaient électrisé et l’avaient fait sortir de ses cafés. À Alger, le chômage était à son paroxysme et les jeunes passaient leur temps à s’ennuyer dans la rue, adossés aux murs. Le président désirait faire une évolution à l’arabe, un pouvoir ultra-conservateur arabo-islamique (une loi votée en 1985, dite du code de la famille, faisait de la femme une mineure politique privée de droits) et pro-américain.
[...]
En France, à la même époque, c’était un nouveau climat et de nouvelles idées qui s’installaient. Après avoir été tentée un temps par l’approche multi-culturelle (« la France, ça marche au mélange », slogan de la Marche des Beurs, une manifestation partie de Villeurbanne réclamant l’égalité réelle, la visibilité des enfants de la deuxième génération) et parlé de droits à la différence, la gauche fut prise d’assaut par un tir groupé mené par l’extrême-droite ainsi que par la droite qui voyait dans SOS Racisme un germe de « division nationale », et par certains intellectuels. C’est que depuis 1982, la droite avait décidé d’attaquer la gauche sur l’immigration et l’insécurité, concluant des alliances électorales avec le FN, claires (Dreux), tacites (Aulnay-sous-Bois), ou plus souterraines comme dans Magazine-Hebdo, dirigé par Jean-Jacques Aillagon, le MIL, l’UNI, le CNI et Radio-Courtoisie. Le point d’orgue de leur union fut la grande marche pour l’école privée qui rassembla deux millions de personnes.
[...]
L’affaire du foulard, la première, ce fut vers 1989. Cette première affaire fut d’abord l’occasion d’imposer un autre vocabulaire et une autre perception de l’étranger. Jusqu’en 1986, on disait que la France devait assimiler ses étrangers. L’assimilation transforme généralement celui qui assimile, en fait, l’assimilation est une relation à deux sens. On choisit donc désormais le terme plus ambigu d’intégration, suggérant une obligation pour les étrangers de s’intégrer. Désormais, tout le poids de l’effort devait porter sur l’étranger: ces jeunes filles DEVAIENT retirer leur foulard. Ne pas le retirer était considéré comme un retrait, de fait, de la communauté nationale. Au nom du même universalisme et des mêmes valeurs qui avaient fait de la France un apartheid en Algérie.

Ni barbus, ni violeurs : Français, musulmans d’origine algérienne (3), Minorités

On lie pourtant désormais couramment délinquance des quartiers pauvres, la violence aux origines de leurs habitants et à l’islam. On reproduit de nouveau en toute liberté, sans être contredit, le discours colonial de jeunes musulmans, manipulés par les groupes étrangers, et étrangers à la civilisation. Ces jeunes ne sont pas vraiment des Français, ils sont les agents avancés de la cinquième colonne islamiste qui a décidé d’abattre la République Française en voilant ses filles. Et qu’importe si 99% des musulmanes de France ne se voilent pas. Ce qui compte, c’est l’idée que l’on se fait des Musulmans. Des Arabes. Tout le monde parle du « problème de l’intégration » des jeunes Musulmans, du « voile » et de « la burqa », de ces quartiers « où règne l’Omerta », du « problème difficile de l’islam en France ».
[...]
SOS Racisme était une association d’apparence multiculturelle mais, pilotée par le politique, elle imposait sa vision du multiculturalisme, essentiellement du marketing. Un multiculturalisme propret, une France brune et parfumée à l’huile d’olive, avec des filles calibrées pour les magazines de mode (Kookai). Pire, elle a durablement déstructuré un tissu associatif naissant, celui de l’organisation de la parole des enfants de l’immigration par les enfants de l’immigration eux-mêmes.
[...]
Avec la récupération SOS Racisme, cela fut ressenti comme une marque de mépris. Tout discours sur la déshérence de quartiers entiers a quasiment disparu au profit d’une sorte de conformisme de classe moyenne où les pauvres, donc les étrangers, n’ont pas leur place. Pire, le verrouillage du discours par le conservatisme républicain a transformé toute revendication de promotion des jeunes qui ont réussi en communautarisme contraire aux principes républicains.
[...]
Mais comment la gauche manque-t-elle incroyablement du courage de reposer les fondamentaux de ce que pourrait être sa politique en se positionnant sur le terrain de l’adversaire ? Pourquoi fabrique-t-elle finalement elle aussi une « France éternelle » dont les principes seraient posés une fois pour toutes, quand le contrat républicain, au sens où la révolution française le définit, fait de la France un pays en devenir et non un territoire, figé par une race, une ethnie, une religion, le lien du sang, et encore moins une histoire monolithique qui ne tiendrait pas compte des apports de populations nouvelles, venues avec leur histoire, leurs pratiques. En s’arc-boutant sur une laïcité, un universalisme et des principes républicains dont l’histoire coloniale et le calendrier de nos fêtes nationales nous démontrent chaque jour à quel point ils ne sont que des leurres et des mensonges, la gauche est aujourd’hui le principal agent de propagande anti-musulmane, car ses discours sont les leurres destinés à cacher une incapacité fondamentale à apporter des réponses à la détresse d’un pays frappé par un chômage réel de plus de 4 millions de personnes, une baisse du niveau de vie réel et une très nette dégradation des conditions de travail.
[...]
Je suis pessimiste enfin, et certainement surtout, car contrairement aux mouvements des femmes et aux mouvements homosexuels, les jeunes de la deuxième génération n’ont pas pu, pour les raisons que j’ai expliquer plus haut, créer le tissus associatif qui aurait permis de peser et faire avancer l’égalité réelle. SOS racisme a fait prendre dix précieuses années à ce milieu associatif, juste le temps nécessaire pour que l’extrème-droite, c’est à dire la vieille droite, revienne du coup de massue que les défaites de Pétain, de Dien Bien Fu, d’Algérie et de mai 68 leur avaient infligées. 10 ans, juste le temps d’utiliser la machine médiatique pour que chaque fait divers ou soubresaut en Algérie devienne l’occasion de mettre le projecteur sur l’échec de l’intégration et l’insécurité, puis la menace des sans papiers et enfin, le péril vert.

Ni barbus, ni violeurs : Français, musulmans d’origine algérienne (4), Minorités

Nous sommes comme les Français car nous sommes Français. L’histoire de nos parents est différente, mais ceux qui ont un réel problème d’identité sont les Français, qui ignorent ou feignent d’ignorer que notre histoire est aussi la leur, comme j’ai tenté de vous le montrer. Notre région est au-delà des mers, on n’y parle des langues qui ne sont pas des langues latines, mais il n’empêche que ce sont nos ancêtres qui vous ont appris Aristote, l’Algèbre, la Chimie, Platon, la médecine moderne, le compas et l’irrigation que Rome ne vous avait pas transmis. Nous avons même été Chrétiens avant vous, et nous n’avons jamais mis de Juifs dans des fours : nous les invitions à venir chanter dans nos fêtes.
Nous sommes Français, mais notre histoire nous dicte des comportements différents. Nous sommes clivés mais nous sommes consensuels. Pour beaucoup, nous n’aimons pas ces filles voilées dont l’actualité se repaît. Mais si nous avions la charge de ces questions, si nous avions le tissu associatif puissant, reconnu en tant qu’interlocuteur, nous saurions gérer cette question car les familles nous feraient bien plus confiance qu’à ces hordes de journalistes et de politiques.
[...]
Nous sommes Français et nous nous sentons limités dans la parole dans l’espace public, qui nous renvoit à nos origines. Quoi qu’on dise, c’est comme si c’était décidé d’avance. Alors, pour la plupart, les enfants de la seconde génération évitent la politique, et même l’associatif. Juste histoire d’éviter que ça leur retombe dessus.

Ni barbus, ni violeurs : Français, musulmans d’origine algérienne (5), Minorités

Lire aussi :
• 11/01/2010, Madjid Ben Chikh explique pourquoi il a choisi de mobiliser sur Facebook, Yagg.
• Madjid Ben Chikh :
- Minorités
- BlogBlog 2004-1010 – Blog Suppaiku
Dossier documentaire & Bibliographie Algérie, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.

Les idiots utiles du racisme II – Caroline Fourest


En novembre 2003, Caroline Fourest a publié dans Libération un article qu’elle reproduit sur son site Prochoix. Elle résume ainsi sa diatribe :

Le mot «islamophobie» a été pensé par les islamistes pour piéger le débat et détourner l’antiracisme au profit de leur lutte contre le blasphème. Il est urgent de ne plus l’employer pour combattre à nouveau le racisme et non la critique laïque de l’islam.

Elle développe ensuite sa version de l’histoire du mot "islamophobie" :

Le mot «islamophobie» a une histoire, qu’il vaut mieux connaître avant de l’utiliser à la légère. Il a pour la première fois été utilisé en 1979, par les mollahs iraniens qui souhaitaient faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de "mauvaises musulmanes" en les accusant d’être "islamophobes".

Une fois de plus cette journaliste, chroniqueuse notamment à l’im-Monde et à France Culture, ment sciemment pour rabâcher la thèse du complot de l’islamo-gauchisme qui fait recette chez les "idiots utiles du racisme".

La preuve de cette construction médiatique paranoïaque se trouve dans un article de Dahou Ezzerhouni, publié par Algérie Focus :

Paradoxalement, c’est lors de cette période caractérisée par la colonisation que cette notion d’islamophobie est apparue dans certains écrits pour dénoncer ce sentiment raciste qui guidait les colonisateurs. Le mot serait ainsi apparu pour la première fois dans quelques ouvrages du début du XXème siècle. On peut citer entre autre La politique musulmane dans l’Afrique Occidentale Française d’Alain Quellien publié en 1910, suivi de quelques citations dans la Revue du Monde Musulman en 1912 et 1918, la Revue du Mercure de France en 1912, Haut-Sénégal-Niger de Maurice Delafosse en 1912 et dans le Journal of Theological Studies en 1924. L’année suivante, Etienne Dinet et Slimane Ben Brahim, employaient ce terme qui «conduit à l’aberration» dans leur ouvrage L’Orient vu par l’Occident.

L’auteur est prudent car il utilise le conditionnel pour dater la première apparition de ce mot. Or, une recherche dans BooksGoogle montre que "islamophobie" apparaît bien la première fois en 1910 dans l’ouvrage et la revue cités.

Quoi qu’en disent ceux pour qui l’islamophobie est un principe d’administration indigène, la France n’a rien de plus à craindre des Musulmans en Afrique…
Revue du monde musulman, page 53.
L’islamophobie — Reproches adressés à l’Islam : la guerre sainte. L’islamophobie — Il ya toujours eu, et il ya encore, un préjugé contre l’Islam répandu…
La politique musulmane dans l’Afrique Occidentale Française, page 133.
BooksGoogle

Entre 1800-1925, le mot "islamophobie" apparaît dans cinq livres ou revues, dont deux fois dans le livre de Maurice Delafosse à la page 211 et 212.
Au cours de la même période, le mot "islamophobe" apparaît dans quatre livres ou revues, dont une fois dans l’ouvrage cité de Etienne Dinet et Slimane Ben Brahim à la page 38 :

Nous n’aurons pas la naïveté de discuter sérieusement ces phrases écrites dans un accès de délire islamophobe ; le bon sens du lecteur en fera justice.

En poursuivant la recherche dans BooksGoogle, on constate que le nombre d’occurrences de ces termes a considérablement augmenté depuis 2001 [1] – depuis que les États-Unis ont déclaré la guerre au terrorisme en envahissant l’Afghanistan et l’Irak avec les prétextes fallacieux que l’on sait, mais toujours présentés comme justes par les médias dominants qui ne donnent pas la parole à l’Afghane Malalaï Joya.

Caroline Fourest travaille comme la majorité des journalistes, qui au mieux ignorent les faits dont ils parlent, et au pire les construisent afin de les faire rentrer dans le moule idéologique du moment. En l’occurrence, elle élimine tous les faits qui dérangent ses obsessions catho-laïques. Elle ne se réfère pas à l’histoire, mais se raconte et nous raconte des histoires…

Il convient de rappeler la République, celle de Jules Ferry, de Léon Blum et de Guy Mollet, a refusé d’accorder la citoyenneté aux populations conquises et a appliqué le Code de l’indigénat c’est-à-dire la loi coranique : «L’indigène musulman est français ; néanmoins il continuera à être régi par la loi musulmane». Aboli en 1946, le Code de l’indigénat perdurera en Algérie jusqu’à l’Indépendance en 1962 [2].

C’est bien la République de Jules Ferry, symbole de la laïcité à la française, qui a maintenu les populations colonisées sous le joug de la religion musulmane pour servir les intérêts de l’empire colonial français. En s’appuyant sur la religion musulmane pour éviter la rébellion contre l’occupation coloniale, la République a renforcé le pouvoir de la religion qui est devenue, ironie de l’histoire, un espace de la rébellion.

04/03/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Novembre 2001, GRESH Alain, Islamophobie, Le Monde diplomatique.
• Mars 2004, GRESH Alain, À propos de l’islamophobie, LMSI.
• 04/09/2009, La colonisation des imaginaires – Interview de Pascal Blanchard, Le Monde des Religions.
• 17/09/2009, GRESH Alain, Islamophobie savante, islamophobie politique, Les blogs du Diplo.
• SAÏD Edward, L’orientalisme – L’Orient créé par l’Occident, Seuil, 1980 [Irenees - Mots].
Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.


[1] Nombre d’occurrences :
islamophobie
1800-1925 = 5
1925-1945 = 6
1945-1965 = 7
1965-1985 = 15
1985-1995 = 32
1995-2000 = 65
2000-2005 = 547
2005-2010 = 649
islamophobe
1800-1925 = 4
1925-1945 = 2
1945-1965 = 3
1965-1985 = 6
1985-1995 = 14
1995-2000 = 33
2000-2005 = 225
2005-2010 = 380
[2] Références :
• Un code pour les indigènes, LDH-Toulon
• Le code de l’indigénat dans l’Algérie coloniale, LDH-Toulon
• Indigénat, Wikipédia
• MONTAGNE Robert, Comment organiser politiquement l’Empire français, Politique étrangère n°2, 1938.
• LE PAUTREMAT Pascal, La politique musulmane de la France au XXe siècle – De l’Hexagone aux terres d’Islam : Espoirs, réussites, échecs, Maisonneuve & Larose, 2003 [BooksGoogle].
Lire notamment le chapitre "Droit musulman et droits politiques des indigènes".

Les idiots utiles du racisme I


Les médias dominants droite-gauche sont les idiots utiles du racisme ambiant qui, d’Arlette Laguiller à Jean-Marie Le Pen, gangrène la société française.

Les petits maîtres à penser raisonnent, si on peut appeler cela raisonner, comme des tambours. Ils polluent le débat politique en posant l’équation simpliste arabe = musulman = islamiste = terroriste.
Si vous pensez qu’enfermer les palestiniens dans la prison à ciel ouvert de Gaza et derrière le mur de l’Apartheid en Cisjordanie n’apportera jamais la paix aux Israéliens, on vous accuse d’antisémitisme.
Si vous pensez qu’imposer la démocratie en Afghanistan en bombardant les civils est un crime de guerre (d’une guerre qui ne dit pas son nom comme le fut la guerre contre l’Algérie), on vous accuse d’être complice des Taliban.
Si vous pensez qu’une loi interdisant un vêtement quelconque (hier le voile et demain tous les vêtements qui ne sont pas labélisés catho-laïques) ne réglera pas la question de la coexistence de cultures différentes, on vous accuse d’islamiste.

Un spectre hante l’Europe : le spectre de l’islamisme. Toutes les puissances de la vieille Europe et des États-Unis se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le pape et le dalaï-lama, Bush-Obama et Sarkozy, les socialistes de France et les policiers de Russie.
Pastiche de la première phrase du Manifeste du parti communiste

La propagande raciste retourne tous les arguments en pratiquant un amalgame anhistorique qu’on croyait réservé à l’extrême droite fascisante. Un exemple, parmi d’autres, est le texte de Brice Couturier qui servait d’introduction à son émission du 1er mars intitulée Existe-t-il des « idiots utiles » de l’islamisme ?

Lénine, qui avait le sens de la formule, aurait désigné ceux qui, par complaisance envers l’idéologie bolchevique, fermaient les yeux sur les réalités les moins reluisantes de l’Union soviétique, « d’idiots utiles ». Prenez le cas, resté célèbre, de Walter Duranty. Envoyé spécial du New York Times, il a le privilège de pouvoir se rendre en Ukraine, lors de la « grande famine », provoquée par Staline pour punir les paysans rétifs à la collectivisation, en 1933. Tandis que 6 à 8 millions de personnes, agonisent à travers les forêts en mangeant des racines ou se livrent à l’anthropophagie, Walter Duranty, ne veut voir que des magasins bien alimentés et des Ukrainiens bien nourris. Même phénomène pour la poignée d’intellectuels français invités par le III° Reich hitlérien à la vielle de la guerre : ils rentrent enthousiastes, n’ont croisé que des jeunes gens enthousiastes et d’anciens chômeurs heureux d’avoir retrouvé du travail. Les camps de concentration et les usines d’armement ? Non, vraiment, ils n’en ont pas entendu parler. Ou plutôt ils n’ont pas voulu en entendre parler…
Pourquoi les idéologies totalitaires ont-elles bénéficié du concours des « idiots utiles » ? Ceux-ci ont-ils été poussés par la complaisance envers l’adversaire ou bien par la curiosité et l’esprit d’ouverture ? S’ils étaient universitaires, ont-ils été contaminés par leur sujet d’étude ? Ou payaient-ils l’accès privilégié à leurs sources par des révérences de circonstance ?
Dans son dernier essai, « Pourquoi l’islamisme séduit-il ? », Mohamed Sifaoui accuse nommément un certain nombre d’intellectuels français de s’être faits les « idiots utiles de l’islamisme ». Au nom du principe « l’ennemi de mon ennemi est mon ami », ces intellectuels de gauche, par anti-impérialisme, anti-sionisme ou anti-américanisme, auraient passé une alliance contre-nature avec des fanatiques moyennâgeux. Leur désir de comprendre se serait mué en volonté d’excuser et d’approuver. Le parti communiste iranien Toudeh n’a-t-il pas fait la courte échelle aux mollahs – avant d’être exterminés par le pouvoir islamiste ?
« Il serait urgent que, dépassant nos animosités réciproques, nous puissions en discuter franchement », écrit Mohamed Sifaoui. Eh bien, nous vous en donnons l’occasion cet après-midi.
Du grain à moudre

Commentaires : Brice Couturier fait l’amalgame entre Lénine et Staline comme s’il n’y avait pas eu une rupture qui s’est traduite pas l’élimination de milliers de bolcheviques ; entre Staline et Hitler comme s’ils étaient le produit de la même histoire et comme si l’URSS n’avait pas puissamment contribué à la défaite de l’Allemagne. Ancien maoïste et aussi ancien rédacteur en chef du magazine Lui, Brice Couturier, qui est devenu comme beaucoup d’anciens maoïstes un anti-communiste [1], annonce toutes ces contre-vérités pour introduire les élucubrations d’un Mohamed Sifaoui sur l’islamo-gauchisme…

Le spectre de l’islamisme, hystérisé par les médias dominants droite-gauche, relève plus du fantasme que d’une réalité [2]. Qu’importe. Les éditorialistes brodent à l’infini sur ce thème qui permet d’entretenir la mémoire coloniale des élites, qui n’ont pas encore digéré la perte de l’Empire colonial français d’Asie et d’Afrique (particulièrement la perte de l’Algérie en 1962), et d’évacuer opportunément les questions sociales alors que l’économie fout le camp.

04/03/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Veille d’information Racisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.


[1] Dans les médias sévissent de nombreux anciens maoïstes, qui se prosternent aux pieds de sa Sainteté le Dalaï-lama, la 14e réincarnation d’une divinité tibétaine et l’idole de la démocratie à l’heure du néo-libéralisme chancelant, avec la même ardeur dévote qu’ils encensaient Mao Zedong dans les années 60.
30/10/2006, Sur France Culture : Autopsie de l’extrême-gauche par des animateurs cultivés, Acrimed.
21/12/2009, Lu, vu, entendu : « Identités éditoriales », Acrimed.
[2] Janvier 2010, Sami AMGHAR et Patrick HAENNI, Un spectre hante l’Europe – Le mythe renaissant de l’Islam conquérant, Le Monde diplomatiqueAlgérie FocusEntre les lignes.

Un racisme à peine voilé



mis en ligne par son réalisateur et son producteur

Le film Un racisme à peine voilé a cinq ans cette année [en 2009], tout comme la loi du 15 mars 2004 interdisant les signes religieux à l’école, qui a conduit à l’exclusion de centaines de jeunes filles du droit à l’éducation. Cette loi a eu des conséquences bien au-delà des enceintes des établissements scolaires : les exemples de discrimination envers les femmes voilées sont légion… et trouver un travail avec un foulard en France… mission quasi-impossible. Mais cela ne suffisait pas, et de nouvelles offensives législatives visant à élargir le champ d’application de la loi du 15 mars sont actuellement en préparation…

Cinq ans après, nous avons voulu réagir à ces nouvelles offensives en rééditant notre film. Cette nouvelle version sera enrichie de plusieurs éléments comme le sous titrage en anglais et espagnol et le doublage en arabe, ainsi que des bonus :

• « Cinq ans après, que sont elles devenues ? » : Reportage autour des filles voilées ayant participées au film il y a cinq ans (+ d’autres acteurs du film)
• « Ils ont vu le film »… : des personnalités (artistes, politiques…) donnent leurs points de vue sur le débat et le film.

Pour que ce projet voie le jour, nous avons besoin de vous. Un racisme à peine voilé ne bénéficie d’aucun soutien financier des institutions ou de producteurs privés. Nous lançons donc une souscription tout comme lors de sa première sortie en 2004 : pour souscrire, allez sur le site de H Production. Merci de votre soutien.

Obstinément,
Jérôme Host
01/07/2009
LMSI

Lire aussi :
Revue de presse Voile (2004), Monde en Question.
Revue de presse Burqa (2009), Monde en Question.
Revue de presse Le NPA et le voile, Monde en Question.

Mise à jour de la publication du 06/07/2009

Voile médiatique


TÉVANIAN Pierre, Le voile médiatique – Un faux débat : «l’affaire du foulard islamique», Raison d’Agir, 2005 [Acrimed - Oumma].

Et si "la question du voile à l’école" était une fausse question ? Et si elle avait été inventée par les journalistes et les politiques ? Ce livre raconte l’histoire édifiante de la construction médiatique d’une affaire qui a pris peu à peu des proportions gigantesques, conduisant au vote d’une loi répressive et à la déscolarisation de centaines d’adolescentes. Comment une loi programmant ces exclusions a-t-elle pu être votée avec un large consentement de "l’opinion publique" ? Comment ce foulard, qui suscitait des contentieux de plus en plus rares et facilement résolus, a-t-il pu être présenté comme un problème crucial, au sein d’une école pourtant traversée par des problèmes d’une tout autre nature et d’une tout autre ampleur ? À partir de données chiffrées et d’analyses précises, ce livre déconstruit les mécanismes médiatiques qui ont fabriqué et imposé un faux problème, sélectionné les "experts autorisés", et écarté la plupart des voix discordantes. Il montre également comment la question a été posée en des termes suffisamment abstraits pour occulter les conséquences de la prohibition du voile, en particulier l’exclusion scolaire. Il montre enfin comment ce débat empoisonné a installé et, en quelque sorte, autorisé un climat général de racisme anti-musulman.

Dossier documentaire & Bibliographie Voile & Burqa créé le 09/02/2004 et mis à jour le 08/12/2009, Monde en Question.

Arabophobie


SALLOUM Jacqueline, La Planète des Arabes, ContreInfo [imdb].

Ce court-métrage, réalisé comme une bande annonce, juxtapose tous les clichés anti-arabes véhiculés par Hollywood.

SHAHEEN Jack, Hollywood et Les Arabes, web2zero.tv – Dailymotion 1/3, 2/3, 3/3 [imdb].

Ce documentaire passe à la loupe un des aspects les plus calomnieux de l’histoire du cinéma et que personne n’avait jamais osé contesté, depuis l’époque du muet jusqu’aux grandes productions hollywoodiennes d’aujourd’hui.

Voir aussi :
• Jacqueline SALLOUM, Google Vidéos.
• Planet of the Arabs, Google Vidéos.
• Jack SHAHEEN, Google Vidéos.
• Reel Bad Arabs, Google VidéosSite.

Lire aussi :
• Reel Bad Arabs, Wikipedia.
• American-Arab Anti-Discrimination Committee, Wikipedia.
• Arabophobie, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.

Victoire de Le Pen… en Europe (2)


Un lecteur, qui signe Requiem, écrit :

Ben voyons, vous avez vécu dans une grotte ces dernières semaines ? Les médias ont TOUT fait pour insinuer que le référendum était raciste, il n’y avait qu’à voir l’article de Libération.

Ce lecteur ne cite pas l’article de Libération, qui aurait "insinué que le référendum était raciste", mais de toute façon il semble qu’il ne sache pas lire… comme le prouve la suite de sa diatribe.

De fait, le quotidien Rothschild-Joffrin passe sous silence le racisme politique et social illustré par les résultats du référendum en Suisse :

30/11/2009, Les Suisses sont-ils racistes ?, Libération.
Commentaires : À cette question, Laurent Joffrin répond «je n’en sais rien…» Dont acte.

30/11/2009, Laurent JOFFRIN, Absurde, Libération.
La peur irraisonnée de l’islam a de nouveau frappé en Europe. Alors que les musulmans de Suisse mènent pour la plupart, aux dires de tous, une vie parfaitement respectueuse du droit, la Confédération a adopté contre eux une mesure ostensiblement discriminatoire. L’interdiction des minarets ternit brutalement l’image d’un pays pourtant accoutumé à la coexistence pacifique des religions.

La force absurde du préjugé se vérifie d’autant plus que ce sont les cantons où il y le moins de musulmans qui ont le plus approuvé la mesure anti-islam réclamée par la droite extrême.

Le vote suisse est un signal d’alerte pour l’Europe entière. Aucun gouvernement du continent n’a jusqu’à présent réglé de manière satisfaisante ses rapports avec la religion musulmane, qui fait pourtant partie intégrante du paysage européen. L’activisme intégriste, danger minoritaire mais réel, sert de prétexte au maintien hors les murs de croyants dont l’immense majorité ne demande qu’à vivre en paix dans la plus stricte légalité. Il n’existe sur ce point qu’une seule stratégie possible : favoriser, sur des bases laïques établies depuis longtemps, l’émergence d’un islam européen dont les spécialistes voient déjà les prémisses, fidèle à sa foi et acclimaté à la culture des droits de l’homme. La Suisse vient de lui tourner le dos, au grand bénéfice des intégristes de tous les bords.

Commentaires : Le patron de Libération ne parle pas d’une mesure raciste, mais d’une «mesure ostensiblement discriminatoire» – la nuance est importante. De même, il n’écrit pas extrême droite mais «droite extrême», novlangue du politiquement correct. Enfin, il enferme ses lecteurs dans un faux débat sur la religion, en prônant «la coexistence pacifique des religions» et «l’émergence d’un islam européen» «sur des bases laïques». Absurde !

Notre lecteur partage le consensus construit par les médias dominants qui, après avoir déserté le terrain de l’analyse politique et sociale, interprètent le monde en recourant à l’idéologie du choc des civilisations selon laquelle la religion serait l’explication de tous les conflits économiques, politiques et sociaux.

La revue de presse européenne du 9 décembre illustre l’impasse du paradigme religieux : La question de la religion tourmente l’Europe, euro|topics.

Le seul article évoquant le racisme fut publié tardivement et par un journaliste qui n’exprime pas la ligne du journal (dérive vers le racisme anti-arabe [1]) : Pierre MARCELLE, Les mots pour la redire, la barbarie, Libération du 04/12/2009.

Ainsi, petit à petit, l’oiseau fait son nid. Cet oiseau-là, appelons-le fascisme ou néonazisme, et entendons de partout monter des voix nous rappelant scrupuleusement au sens des mots. Allons ! La Suisse serait soudain devenue, par le seul fait d’une votation interdisant l’érection de minarets, un Etat raciste ! Vous rigolez ?… Eh bien non, on ne rigole pas. On cherche le mot susceptible d’identifier l’électeur d’une proposition raciste promue par des racistes, et – est-on simplet, tout de même ! – on ne trouve rien de mieux que : raciste.
[...]
Redire que la barbarie, ce n’est pas l’islam. La barbarie, c’est invoquer un «islam modéré» (autre façon de signifier que son essence est extrémiste – terroriste) pour le sommer d’être «audible» tout en le contraignant à se taire, reclus dans le travail clandestin, la privation des droits civiques et la négation de toute identité autre que voilée.
[...]
La barbarie se mesurait hier, dans un sondage Ifop pour Le Figaro, à 46 % de sondés favorables à l’interdiction des minarets dans l’hexagone – et 41 % opposés à l’édification de mosquées.

Rappelons que Pierre Marcelle est toléré par le couple Rothschild-Joffrin et parfois censuré. Que fait-il donc dans cette galère [2] ?

Il est symptomatique que, pour rendre odieux le racisme, Pierre Marcelle doive l’associer au fascisme et au nazisme. En quoi il se fourvoie car sa dénonciation, purement morale, n’explique rien. Le racisme est intimement lié au colonialisme et donc au capitalisme. Il s’est développé en même temps que la colonisation européenne du monde, qui commença en 1492 alors que s’achevait la Reconquista… Le racisme fut l’idéologie de l’accumulation primitive du capital. Il fallait considérer comme inférieures, sinon comme non-humaines, les populations conquises pour justifier l’appropriation de leurs terres et de leur travail.

Serge LEFORT
13/12/2009

Lire aussi :
• Laila LALAMI, La Nouvelle Inquisition, Des bassines et du zèle – Traduction de, The New Inquisition, The Nation.
• Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.


[1] Lire notre analyse sur l’affaire RER D : Analyse d’une dérive – Le cas Libération.
[2] Bibliographie :
• Pierre MARCELLE, Wikipédia .
• Pierre MARCELLE, Acrimed.
• Pierre MARCELLE, Quotidienne – Chroniques 2000-2001, Léo Scheer, 2005.
• Pierre MARCELLE, Quotidienne 2002-2003, Fayard, 2006 [Là-bas si j'y suis].
• Pierre MARCELLE, Quotidienne 2004-2006 suivi de Libération, une crise, Fayard, 2007 [Mouvements].

Minarets : malaise dans l’alteridentité


CHAVINIER Elsa et LÉVY Jacques, Minarets : malaise dans l’alteridentité, EspacesTemps.

Article illustré par deux cartes téléchargeables.

Lire aussi : Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.

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