Monde en Question

29 août 2009

La mort du PS

Classé dans : Partis Gauche — Monde en Question @ 09:55
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Le feuilleton de la chronique d’une mort annoncée continue… Le Monde, qui a soutenu Edouard Balladur en 1995 et Nicolas Sarkozy en 2007, a interrogé Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce depuis 2005. Membre du PS depuis 1969, il a été l’un des proches de Jacques Delors, au ministère de l’économie et des finances (1981) [responsable du tournant néolibéral de la gauche en 1982], puis à la présidence de la Commission européenne (1984). Directeur général du Crédit lyonnais (1994) [banque qui a réalisé le casse du siècle en 1993], il a été commissaire européen au commerce entre 1999 et 2004. Il est l’auteur, notamment, de La Démocratie monde – Pour une autre gouvernance globale, Seuil, 2004.

Comment expliquez-vous le recul presque général de la social-démocratie lors des européennes de juin ?

Cet échec est paradoxal en temps de crise, mais il est indiscutable. Pour deux raisons. En dépit de la réflexion engagée par le Parti socialiste européen, son analyse du capitalisme de marché n’était ni assez approfondie ni entendue, faute d’être suffisamment partagée et promue par les partis nationaux. On a dit pendant des années que les socialistes français étaient plus malades que les autres. Non seulement ils ne sont pas guéris, mais la faiblesse idéologique dont ils souffrent s’est plutôt étendue aux autres socialistes européens.

Le paradoxe est que les sociaux-démocrates avaient, pour la première fois, un manifeste commun…

Oui, mais c’était un travail du haut vers le bas, qui n’a pas été porté par les différents partis. Le Parti socialiste européen est un beau concept, mais qui n’a pas encore de réalité politique. La meilleure preuve est qu’il n’admet pas les adhésions directes. Au Parlement européen, le groupe socialiste est une juxtaposition de groupes nationaux. Ni le SPD allemand ni le Labour britannique ne s’y intéressent vraiment. Quant au PS français, cela dépend des individus. Résultat : il n’y a pas d’homogénéité idéologique au sein du PSE.

L’Europe a longtemps été, selon vous, le lieu du compromis social-démocrate. L’échec des socialistes n’est-il pas la traduction de la faiblesse de l’UE ?

Le problème est plus fondamental. Il porte sur les valeurs et l’analyse, mais aussi sur les instruments et la tactique politiques à mettre en oeuvre. Sur le terrain des valeurs, la gauche mondiale doit remettre à jour sa critique du capitalisme de marché. Les termes dans lesquels se pose la question sociale – qui reste la question centrale pour la gauche – ont fondamentalement changé sous l’effet de la mondialisation : l’espace dans lequel elle doit être pensée et traitée est l’espace mondial. Bien sûr, elle continue de se poser à l’échelon local et national, comme le montrent les succès de la gauche au Brésil ou en Inde. Mais persister à ne pas partir d’une analyse à l’échelle mondiale est une impasse.

De plus, les espaces idéologiques à l’intérieur desquels on doit situer une approche de gauche sont devenus plus complexes. L’axe traditionnel est celui qui va de la liberté à l’égalité. La gauche donnant la préférence à l’égalité, une notion plus collective, et la droite à la liberté, plus individuelle. A cet axe s’est ajouté un deuxième : l’axe marchand-gratuit. Et un troisième émerge : l’axe économie-anthropologie. Autrement dit, le bonheur est-il lié à la richesse ? Quelles sont les limites anthropologiques à la pression consumériste sur le statut des personnes ? La gauche doit réfléchir aux limites du capitalisme de marché dans des termes à la fois plus sophistiqués et plus critiques. Aussi longtemps qu’elle ne fera pas ce travail approfondi de rénovation des concepts, elle passera à côté d’une grande part de la réalité sociale d’aujourd’hui, et restera donc inaudible.

Et l’écologie ?

Elle est évidemment une préoccupation majeure, mais désormais bien identifiée. Alors que la concurrence est le concept fondamental de la droite comme la solidarité est celui de la gauche, je pense que l’écologie est une dimension de la solidarité.

Comment penser la solidarité au niveau mondial ?

C’est évidemment le problème essentiel. Le résoudre implique un énorme changement culturel, car les instruments de solidarité sont forcément des instruments d’organisation et de contrainte collectives, ce qui soulève immédiatement la question de leur légitimité : jusqu’à présent, les seuls outils collectifs légitimes sont ceux qui résultent de processus démocratiques dont l’espace par excellence est celui de la nation. Ces outils restent donc stato-nationaux. Nous devons partir à la recherche d’une démocratie-monde capable de légitimer une solidarité globale.

Au-delà des valeurs, quels sont les instruments et la tactique à adopter ?

Il y a deux instruments possibles pour développer la solidarité : la redistribution et la régulation. Cette dernière est souvent plus facilement acceptée, même si je suis bien placé, à l’OMC, pour savoir que la mise en place de règles suppose des négociations parfois aussi complexes que celles des mécanismes de redistribution.

Quant à la tactique, c’est l’éternelle question : faut-il favoriser le rassemblement à gauche, quitte à ne pas trop insister sur la plate-forme, ou au contraire privilégier la rénovation du contenu idéologique. De Mitterrand à Jospin, la gauche française a toujours fait le premier choix. Je pense que c’est mettre la charrue avant les boeufs ; mais sur ce point je suis minoritaire au sein du PS depuis longtemps.

Quelle est votre analyse sur la situation du PS ?

Le PS est prisonnier des institutions et de sa culture parlementaire. Il est en porte-à-faux par rapport au système présidentiel et à la sacralisation du pouvoir. Il est peuplé d’élus locaux de qualité accaparés, à juste titre, par leur travail de gestionnaires et d’administrateurs et qui savent que l’incantation politique ne guérit pas les écrouelles. Je comprends le malaise du PS face aux institutions mais on ne reviendra pas, hélas, sur l’élection du président au suffrage universel. Il faut donc l’accepter et s’y adapter. Mais ce n’est pas le seul handicap. Il faut que ce parti propose une véritable plate-forme idéologique. Ça ne se résume pas à trois formules ; c’est un énorme travail intellectuel. Or le PS est devenu une grosse bureaucratie politique, qui consacre 80 % de ses ressources à son fonctionnement interne.

Comment le remettre au travail ?

Il lui faut un leader, c’est-à-dire un ou une candidat(e) à l’Elysée. Un parti politique a trois fonctions : élaborer une plate-forme qui sert à gouverner ou à s’opposer, faire émerger un leader, et gérer la mobilisation et l’animation du débat public. Regardez ce qui se passe aux Etats-Unis. Le Parti démocrate externalise, certes, le programme à des think tanks dont il récupère ensuite le travail, mais il sait sélectionner le ou la candidate, et assurer l’”événementiel”, le spectacle indispensable pour les médias. En France, le PS n’est actuellement performant sur aucune de ces fonctions.

Le PS peut-il dépérir ou mourir, comme le Parti radical ou la SFIO avant lui ?

Je ne dis pas que c’est plausible ou souhaitable, mais c’est possible.

Certains jugent que la gauche européenne n’est plus suffisamment à gauche ?

Certes, la gauche a privatisé et dérégulé mais il s’agissait de mettre fin à des monstres non pertinents. Qui soutiendrait aujourd’hui que Renault doit rester publique ? En revanche, la gauche n’a pas assez pensé les nouvelles formes de solidarité, notamment l’accès à l’éducation où se joue l’essentiel de la lutte contre les inégalités sur toute la planète.

Que pensez-vous de l’impasse dans laquelle se trouve l’Union européenne ?

L’Union est très en avance par rapport aux autres tentatives d’intégration régionale, comme l’Alena, le Mercosur ou l’Asean. Elle a su faire le saut technologique du pouvoir supranational, mais il n’y a toujours pas de légitimité supranationale. Cela fait plusieurs décennies que l’on frotte le silex institutionnel et que le feu démocratique ne prend pas. C’est un problème pour l’Europe mais aussi pour les autres continents qui, eux aussi, vont buter sur ce plafond démocratique si l’Europe politique échoue. Mais je ne pense pas que cela soit irrémédiable. Il nous faut mieux comprendre les enjeux d’identité, de sentiment d’appartenance, de culture et de civilisation qui ont été négligés jusqu’à présent. Trop de juristes et d’économistes, pas assez d’anthropologues ou de sociologues.

Michel Rocard estime que les Européens ont voté à droite, car ils ont renoncé à s’enrichir par le travail et misent sur les revenus de leur capital.

Non. C’est du fatalisme. Les électeurs ont voté à droite parce qu’ils sont inquiets et que la droite dit qu’elle protège mieux, tout en n’hésitant pas à emprunter de nombreux instruments à la gauche. Mais le facteur principal, c’est l’absence d’une alternative fondée sur la critique et le dépassement du système. Je pense qu’il y a dans le capitalisme de marché des inégalités inhérentes, intrinsèques, qu’il faut contester à la racine. Peu d’Occidentaux le font. Amartya Sen y travaille. Ce n’est pas étonnant.

Sur l’échelle économie-anthropologie, la pensée indienne ou chinoise du bonheur est beaucoup moins matérialiste et étriquée que la pensée occidentale. De même, les Africains ont une conception des groupes humains et du rapport à la nature beaucoup plus riche et subtile que la nôtre. C’est pour cela que, au-delà de la limite écologique du capitalisme, désormais bien connue, il faut réfléchir à la limite anthropologique du capitalisme de marché. Fondamentalement, celui-ci met une pression trop forte sur l’individu.

La commission Stiglitz-Sen mise en place par Nicolas Sarkozy sur d’autres critères de valeurs que le PIB est donc une bonne chose ?

Il est évident que la comptabilité nationale de l’après-guerre est dépassée. Jacques Delors et d’autres travaillaient sur les indicateurs sociaux il y a trente ans. Mais il ne sera pas facile d’établir le contenu d’un Bonheur national brut ni de bouleverser la machinerie statistique mondiale.

Comment réagissez-vous à la polémique sur les bonus ?

Les bonus et les paradis fiscaux sont des éléments importants. Mais pas essentiels. Les vrais problèmes de régulation sont ailleurs, et le risque est que la reprise économique qui s’amorce apporte un lâche soulagement et permette d’esquiver le débat. Le vrai sujet est qu’il faut soumettre l’industrie de la finance à des règles contraignantes mondiales. J’avais plaidé, dans vos colonnes, pour une régulation mondiale de la finance “en dur”, une sorte d’”Organisation mondiale de la finance”, aviez-vous écrit. L’enjeu essentiel est là. Cela pose deux problèmes majeurs : il faut vaincre de puissants lobbies, et le débat américain montre à quel point Prométhée, malgré ses bonnes intentions, est enchaîné. Le second problème est qu’en matière financière, les Etats ont déjà délégué une partie de leur pouvoir à des autorités indépendantes : les banques centrales. Qui devrait négocier les règles, en surveiller la mise en oeuvre, arbitrer les litiges ? Les Etats ? Les banques centrales ?

Cette crise a-t-elle des conséquences positives ?

Cette crise a au moins permis la création du G20 qui est un pas important dans la gouvernance mondiale. Il faut désormais réfléchir aux liens entre le G20, les organisations internationales spécialisées et l’ONU. Le premier a le leadership, les deuxièmes la capacité, la troisième la légitimité. Il faut repositionner ce triangle et accepter les Nations unies en tant que parlement mondial, dont les travaux seraient préparés par un conseil économique et social (Ecosoc) sérieusement relooké.

Vingt ans après la chute du mur de Berlin, la Chine et la Russie n’offrent-elles pas de redoutables contre-exemples au postulat selon lequel commerce et démocratie vont forcément de pair ?

Dans l’ensemble, le progrès des échanges favorise la démocratie et l’ouverture économique réussit mieux à vaincre la pauvreté que l’inverse. Mais il n’y a rien d’automatique car les conditions locales et régionales sont aussi importantes que les conditions mondiales. Le contresens des “anti-mondialisation”, ce qu’ils n’ont pas voulu comprendre est que ce sont désormais les pays en développement qui veulent davantage d’ouverture des échanges.

Propos recueillis par Gérard Courtois et par Frédéric Lemaître
26/08/2009
Le Monde

26 juillet 2009

Mort le 21 avril 2002

Classé dans : Editorial, Partis Gauche — Monde en Question @ 07:58
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Il a échappé à beaucoup de commentateurs que le PS était mort le 21 avril 2002, même si son cadavre bouge encore comme hier celui du PCF.

Beaucoup s’interrogent. C’est le cas, par exemple, de Jean Vinatier, de Gérard Grunberg et du Monde diplomatique.

Question récurrente pour Gérard Grunberg comme pour tous ceux qui n’ont pas encore tirer les leçons du 21 avril 2002.

Au Mexique aussi, les commentateurs n’ont pas encore pris la mesure, en 2009, de la déroute de la gauche en 2006.

En France, tout ce bruit autour de la chronique d’une mort annoncée fait le jeu de Marie-Ségolène Royal, la démagogue nationale

Serge LEFORT
26/07/2009

Lire aussi :
• Tous les articles sur Marie-Ségolène Royal
• La génération 21 avril veut une grande lessive

Nous assistons depuis le 21 avril 2002, date de notre premier vote, à l’enlisement de la gauche. Le dernier scrutin des européennes l’a confirmé : nombre d’entre nous ne se retrouvent pas dans le programme du Parti socialiste et ne se sentent plus liés par l’impérieuse nécessité de «voter utile». Nous savons que sans changement majeur, il en sera de même en 2012. Et que la gauche perdra l’élection présidentielle si elle persiste à présenter autant de candidats que de chapelles, dans le seul espoir de se compter.
Lire la suite Libération

19 mai 2009

Vous avez la parole…

Classé dans : Medias, Partis Gauche — Monde en Question @ 23:59
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mais à la condition de dire ce que nous avons envie d’entendre…

Lors d’un entretien accordé à une publication du Parti Socialiste, Jacques Sapir s’est entendu dire que ses propos ne seraient pas publiés, car contradictoires avec la position du PS. Il prend ici la plume pour dénoncer cette conception du débat public, où seuls seraient acceptables les avis conformes à la ligne. Mais sur le fond, il interprète également cette censure comme une manifestation du refus obstiné des socialistes de revenir sur le choix du libéralisme qui a présidé à la construction européenne et qui a entraîné une régression marquée de la part des salaires en faveur des profits. Pourtant, tant que ce dogme ne sera pas remis en cause toutes les déclarations sur l’Europe sociale resteront selon lui de vaines incantations.

La morale de cette triste et navrante histoire est double et mérite notre attention. Car, si l’on n’y prend garde, elle se répètera.

Sur la forme, en premier lieu, il y a donc bien des choses à dire. Nous sommes ainsi passés de la société de l’information à celle de la communication. Car, il faut prendre au sérieux la réponse qui me fut faite. Il s’agit bien de communiquer et non d’informer.

Si tel avait été le cas, on peut penser que le PS pouvait tolérer, et même, pourquoi pas, (mais si, mais si…) solliciter des avis différents, voire divergents. Mes positions sont connues et je n’en ai point changées. Mais, après tout, rien n’empêchait à un journaliste de ce parti de conclure en rappelant les positions qui sont défendues par le PS à l’occasion des élections européennes.

J’ai déjà donné des interviews sur le même sujet dans de nombreux journaux, dont certains défendent des positions qui ne sont pas les miennes. S’il est bien un principe qui avait toujours – jusque-là – été respecté c’était bien celui de ne pas altérer les idées et la personne que l’on a interviewée.

Ici, et pour la première fois, on demande à un interlocuteur que l’on sait pertinemment ne pas être membre, de prés ou de loin, du PS, de bien vouloir reprendre les positions de ce parti ou de se taire. C’est inouï, et à plusieurs titres.

Cela signifie d’abord un profond mépris pour les opinions de son interlocuteur, qu’elles soient justes ou fausses. Cela signifie ensuite qu’on tient son interlocuteur pour un être vil, prêt à tout pour se voir publié. Cela signifie, enfin, un égal et non moins profond mépris pour ses propres lecteurs, que l’on considère incapable de se faire une opinion par eux-mêmes.

Je n’en veux pas tant à la malheureuse personne qui m’a interviewé, et qui manifestait une certaine sympathie pour mes propos, qu’à ceux qu’elle a désignés pas le joli mot de ses « supérieurs ». Si c’est ainsi qu’ils conçoivent leur métier de journalistes en confondant celui-ci et la « communication », nous sommes donc rendus bien bas. Mais, si cela veut dire qu’ils considèrent que la presse partisane, dans le sens originel du terme soit la presse d’un parti, comme se devant de n’avoir qu’un visage et qu’un verbe à la gloire de ce dit parti, nous sommes en fait encore rendu plus bas.

Dans ce cas, cela traduit une profonde dérive anti-démocratique de ce parti.

Nous savions la Droite inféodée au pouvoir de l’argent. Nous connaissions les figures imposées de la presse stalinienne, même si aujourd’hui il s’agit d’un passé heureusement révolu. Que de telles pratiques soit le fait d’un parti qui a toujours prétendu conjuguer socialisme et démocratie est un triste spectacle. Même si ce parti n’a sans doute plus rien à voir avec le socialisme, on pouvait croire à son attachement à la démocratie. On s’est trompé. Le stalinisme n’est pas mort, mais il a migré vers d’autres cieux politiques. C’est bien à un cas exemplaire de ce que j’ai appelé le « libéral-stalinisme » que l’on est confronté.

Lire le coup de gueule de Jacques Sapir publié par ContreInfo. Ce texte circule sur Internet via l’info mailing list europeennes-news.com.

30 mars 2009

Dossier Socialisme ou Barbarie

Bibliographie & Dossier documentaire créé le 29/03/2009, Monde en Question.

26 novembre 2008

La guerre des classes

Classé dans : Economie politique, Economie sociale, Lecture, Partis Gauche — Monde en Question @ 11:46
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François RUFFIN, La Guerre des classes, Fayard, 2008

Alors que la gauche française paraît en cours de recomposition, notamment avec l’émergence d’un futur nouveau parti anticapitaliste, et que les membres du PS en appellent à la « rénovation », la droite — faisant pourtant face à une conjoncture économique désastreuse, qui devrait favoriser le renforcement de la gauche – s’assume telle qu’elle est. L’UMP ne cache en effet rien de ses liens avec les puissances de l’argent et de son indifférence quant aux affaires sociales et aux plus démunis (chômeurs, travailleurs précaires, sans-papiers, etc.) ; et cependant, elle triomphe. Faute d’opposition. Faute d’un réel « courage » à gauche, celui qui ne consisterait pas à renier toujours plus ses idéaux et son vocabulaire. Faute, au fond, d’assumer son passé et son fonds idéologique. Dans La guerre des classes, François Ruffin joint analyse et observations de terrain, pour éclairer les causes du long renoncement politique du PS, qui a entraîné dans son sillage toute la gauche, mais aussi pour rappeler la gauche à ses fondements.

La guerre des classes, Les mots sont importants
La guerre des classes, Monde en Question

7 octobre 2008

La guerre des classes

La crise est bien là, mais le futur ressemblera t-il pour autant à ça ?   

Source : Festival des Très Courts – Dailymotion

Le rythme est soutenu, Dedefensa

Les événements d’hier ont montré que l’action économique du pouvoir US, – le Congrès ayant approuvé le plan de $700 milliards décidé par le gouvernement, – était insuffisante pour combattre le désarroi psychologique causé par la crise. Depuis que ce plan a été voté par la Chambre, vendredi après-midi, Wall Street a chuté deux fois (vendredi en fin de journée et lundi). Le but principal du plan qui était son effet psychologique (le «Vous me demandez mon avis en tant qu’économiste. Malheureusement, c’est une question de psychologie.» du président de la Fed Ben Bernanke), – ce but n’est pas atteint. 

La globalisation de la crise est un fait acquis. On s’en réjouit en général parce qu’on y voit la corrélation des intérêts, la solidarité et la coopération nécessaires et/ou forcées, – c’est-à-dire, au bout du compte, l’ancrage de l’économie globale dans l’idéologie du laisser faire qui est développée par les USA, – puisque la globalisation c’est un faux masque pour l’américanisation.

Aujourd’hui, tout le monde est touché, et en plus à mesure de l’engagement dans la doctrine, qui ne peut plus être présenté comme une protection mais qui apparaît comme un risque que le bon sens jugera vite insupportable. Dès ce moment, la globalisation permet à qui le veut, à tout le monde peut-être, sauf les USA sans doute, de mettre en cause la doctrine, – comme cela est déjà fait, à l’ONU ou avec les Français et les Allemands. La mise en cause de la doctrine devient légitime, au nom même de la globalisation qui donne à tout le monde voix au chapitre.

Critique du livre de François Ruffin, « La Guerre des classes », Bakchich

Si la gauche « moderne » a un problème avec le concept, les riches, eux, parlent sans retenue de lutte des classes. Warren Buffett (l’homme le plus riche du monde), déclare : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner ». Les nantis quant à eux, vivent dans la crainte. Le « découplage entre faible progression des salaires et profits historiques des entreprises fait craindre (…) une montée du ressentiment, aux Etats-Unis comme ailleurs, contre le capitalisme et le marché ». Cette phrase est signée Alan Greenspan, qui en conclut qu’il faut augmenter les salaires. 

Écouter :

  • “La guerre des classes” de François Ruffin, Europe1
  • 9,3% : Un hold-up géant, Là-bas si j’y suis Lire :
  • RUFFIN François, Insolite face-à-face entre ouvrières et actionnaires, Le Monde diplomatique
  • RUFFIN François, Les sons du face-à-face, Le Monde diplomatique
  • RUFFIN François, Articles, Le Monde diplomatique
  • RUFFIN François, Articles, Acrimed
  • Bibliographie de Jack London 
  • Beaucoup de textes publiés ces dernières semaines reprennent des analyses anciennes, qui s’avèrent être des critiques générales et à peine actualisées du capitalisme. Ainsi, les staliniens d’hier se refont une virginité pseudo-révolutionnaire par la dénonciation verbale du système en se gardant bien de rappeler que le PCF a participé à la victoire du néo-libéralisme en France dans les années 80 (voir par exemple : La crise du capitalisme mondial, La Riposte ou Qu’est- ce qu’une crise systémique, et en quoi cela concerne-t-il l’Europe, Changement de société).

    D’autres s’accrochent désespérément à la bouée des promoteurs d’un capitalisme régulé, qui sont tantôt à gauche et tantôt à droite ce qui revient au même aujourd’hui (voir par exemple : Crise économique, crise d’un système, A voix autre). Rappelons en effet que la plan Paulson n’est en rien une nationalisation, mais le rachat par l’État de créances pourries.

    Curieusement presque personne ne défend plus, du moins ouvertement, les Trente glorieuses du néo-libéralisme, qui s’achève dans la déroute de grands établissements financiers et la panique du sacro-saint marché. Il est donc réjouissant de lire cette défense du capitalisme : Le capitalisme n’est pas en crise !.

    A la moindre turbulence économique, si importante soit elle, le capitalisme en prend pour son grade. Aujourd’hui il est devenu le bouc émissaire de toutes les unes de journaux essayant de faire croire aux français que le capitalisme est devenu fou et qu’il faut l’enterrer. 

    Cette méfiance, voire haine, envers tout ce qui touche au capital est surtout le fruit de l’ignorance : non seulement ils [les Français] ne savent pas à quoi il sert mais en plus ils ne savent pas ce que c’est.

    Le train de vie du monde de la finance et les salaires honteux de certains grands patrons ont permis à des démagogues de réveiller ces vieilles chimères sur les plateaux télévisés, surtout en l’absence de toute contradiction.

    Alors que la capitalisme est un système mondialisé de production et de distribution des richesses, l’auteur le réduit au capital des petits épargnants français.

    Au total, ce sont 12,5 millions de français qui possèdent un contrat assurance vie, 2,2 millions qui possèdent des revenus locatifs, 11 millions qui détiennent valeurs mobilières. Quelle étrangeté de voir un peuple si épargnant cracher sur son propre capital. 

    Puis, troublé par la crise, ce puritain en économie rejoint les altermondialistes.

    Cette crise montre que les marchés financiers doivent être surveillés de très près parce que leur rôle est justement primordial pour l’économie dite « réelle ». Les abus doivent être sanctionnés et les marchés financiers devront désormais évoluer dans des cadres de liberté surveillés par des gendarmes vigilants et postés aux bons endroits. 

    Enfin, sans le vouloir mais image à l’appui, il fait la pub du Nouveau Parti Anticapitaliste.

    Vouloir tuer un système économique innocent en faisant croire qu’il est responsable de tous les défauts que porte la terre est très dangereux, surtout quand ceux qui demandent sa mort explosent dans les sondages et vont même jusqu’à créer un parti entièrement dédié a sa destruction avec le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). 

    2 octobre 2008

    La gauche m’a poussé sur l’échafaud…

    Classé dans : Partis Gauche — Monde en Question @ 12:07
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    La gauche m’a poussé sur l’échafaud, la droite va me guillotiner, La Sociale

    Le gouvernement vient de décider d’ouvrir le capital de La Poste. Quoiqu’en dise l’exécutif c’est bien un projet de privatisation qui s’organise. Le gouvernement argue d’une nécessaire adaptation de « l’entreprise » pour faire face à l’abandon du monopole prévu par l’Union Européenne, à l’horizon 2011. La gauche (P.S./P.C.) pousse des cris d’orfraie expliquant qu’on casse un service public. Pour cela elle s’associe à des syndicats pour revendiquer la mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne. S’il ne s’agissait pas d’un sujet aussi grave, nous pourrions en rire. 

    L’initiative de la gauche oblige à s’interroger sur ses réelles motivations, défense d’un service public, qui d’ailleurs n’en est plus un depuis longtemps, ou simple action anti-Sarkozy ? Cette gauche fait comme si elle n’avait pas de responsabilité historique sur ce dossier.

    Gérard Grunberg : «Il n’y a plus de pensée socialiste de l’Europe», EurActiv

    Aujourd’hui le PS ne sait plus où il en est avec la question européenne. Il n’a plus de projet européen à proprement parler. 

    Le socialisme européen n’a plus de pensée européenne. Dans les grands partis européens, il y a vraiment un retour en arrière sur la question européenne: il n’y a plus ni projet politique, ni projet institutionnel.

    Le cycle social-démocrate est aujourd’hui en grande difficulté en Europe: les Anglais vont perdre, les Allemands aussi, les Français n’ont pas encore gagné, les Italiens sont dans une situation très difficile et les Espagnols sont également mis en grande difficuté par la crise. Pourtant, il n’y a guère que les socialistes espagnols qui demeurent encore résolument pro-européens.

    Avec la crise financière, la situation ne risque pas de s’arranger. La crise renforce l’idée des partis socialistes européens qu’il faut être à la fois nationaux et étatistes, ce qui ne va pas renforcer l’idée d’un projet européen.

    29 septembre 2008

    Où va le PS ?

    Classé dans : Partis Gauche — Monde en Question @ 08:28
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    GRUNBERG Gérard, Un présidentiable pour diriger le PS ?, Telos

    La mesure de la « présidentialité » est en fait une mesure plus générale du leadership. La thèse du « refus des présidentiables » est donc stupéfiante d’un double point de vue. Comment d’abord ne pas s’étonner qu’un parti aussi suspicieux à l’égard de l’intrusion des sondages d’opinion dans son fonctionnement interne les érige en critère décisif – en l’occurrence négatif – pour la sélection de son leader ? Comment ensuite comprendre la logique politique d’une thèse qui exige du prochain Premier secrétaire qu’il ne bénéficie pas aux yeux de l’opinion publique d’une image… de leader, dans un régime caractérisé de plus en plus fortement par la personnalisation du pouvoir et par le caractère central de l’élection présidentielle, même si la prochaine élection n’aura lieu que dans trois ans et demi ? 

    Enfin, il faut constater que les trois motions qui paraissent devoir arriver en tête du vote des adhérents comprennent chacune parmi leurs signataires un ou une présidentiable. Si l’une de ces trois motions était en position de l’emporter sans faire de compromis importants avec les autres, c’est probablement « son » « présidentiable » qui se présenterait au vote des adhérents pour la désignation au poste de Premier secrétaire. Il n’est donc pas certain que la ligne « anti-présidentialiste » l’emporte.

    Elle le pourrait cependant si aucune des trois grandes motions n’était en mesure de l’emporter clairement. Un Premier secrétaire « non présidentiable » pourrait alors être désigné pour diriger une nouvelle majorité. Dans ce cas, ou bien il ferait preuve de réelles qualités de dirigeant, ce qui ne manquerait pas de faire de lui, à terme, un nouveau… « présidentiable », ou bien, dans le cas contraire, les socialistes auraient réalisé l’exploit remarquable de se priver volontairement d’un leader ! Il leur resterait alors à se reposer la question de leur rapport ambigu et contradictoire à la Cinquième République et, plus particulièrement, à l’élection présidentielle et à réévaluer les dangers importants que ce rapport fait courir à leur parti comme parti… présidentiel !

    Où va le PS ?, La Sociale

    La liquidation du PS comme parti issu du mouvement ouvrier, sa transformation en une sorte de “parti démocrate” qui pourrait bien être sa disparition pure et simple, sont le programme politique de deux des principaux courants qui le dirigent. Celui qui veut comme “présidentiable” le maire de Paris Bertrand Delanoë et qui, ironie de l’histoire, alors qu’il entend être le courant libéral français, est dépassé verbalement sur la gauche par les discours d’Hillary Clinton à la convention démocrate de Denver, aux Etats-Unis ! Celui qui voudrait poursuivre avec la “présidentiable” qui a fait élire Sarkozy, Ségolène Royal -parmi lequel des militants sincères et des jeunes qui veulent voir en elle l’alternative à Sarkozy. Face à ces deux courants “liquidateurs” la direction du PS, dont l’orientation de fond est la même – c’est l’acceptation du capitalisme et donc des contre-réformes qu’il exige quel qu’en soit l’habillage – est bien en peine d’apparaître comme différente, et apparaît surtout comme accrochée à son appareil… 

    Socialistes : où est la gauche ?, La Sociale

    Autrement dit les politiques de la droite et de la gauche, sur le plan fondamental, celui de la plus-value et donc de l’exploitation capitaliste ont eu les mêmes résultats. Ceci aurait mérité au moins quelques réflexions critiques, car constater qu’il n’y a pas de différence importante entre Mauroy 82 et Sarkozy 2008, cela devrait contraindre normalement tout socialiste honnête à faire son examen de conscience.

    Lire aussi : Motion commune de la gauche du PS pour le Congrès de Reims Trait d’union.

    Royal-Show

    Classé dans : Partis Gauche — Monde en Question @ 06:32
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    Revue de presse française, NouvelObs

    L’UNION
    Pour tous ceux qui n’étaient pas au Zénith, il est grand temps de changer de refrain. 

    LA NOUVELLE REPUBLIQUE
    La foule scande son prénom comme un mantra ce qui ne lui déplaît pas. Elle y fait ajouter le mot-thème de la soirée “fraternité” sonnant un peu creux, mais qu’importe, on est dans le show. Miroir mon beau miroir ! Ségolène se regarde et se mire. Au premier rang les groupies submergés d’émotion sanglotent et l’on ne peut s’empêcher de penser, avec Henri Emmanuelli que toute cette mise en scène, ce vide empailleté de bons sentiments a quelque chose de bête à pleurer.

    LA REPUBLIQUE DU CENTRE
    Entre variétés branchées, saynètes humoristiques et fables sociales, Ségolène Royal n’a pas parlé de politique, du PS, d’idées. Ou si peu. Elle n’a parlé que d’elle-même, en se mettant en scène. Il s’en trouvera, bien sûr, pour dire qu’elle a eu raison de vouloir rompre avec la sinistre danse des éléphants. Mais, au-delà, on se demande de plus en plus qui est la vraie Ségolène? Certes, la femme-victime est toujours debout. Mais celle qui campait dans une raideur apprêtée arpente désormais théâtralement les planches totalement libre de ses gestes. Même ses cheveux se sont mis à onduler. Le blanc immaculé de ses tenues, un moment supplanté par le rouge incandescent, a fait place au bleu céleste sous une avalanche de spots. Quoi qu’on en dise, ces changements de look et de style sentent à plein nez le plan marketing préparé de longue date. En tout cas, on ne trouvera guère, dans ce “one-woman-show”, de sens du collectif. Accordons toutefois une chose à Ségolène Royal: elle a dû travailler ferme pour porter ainsi la dépolitisation du politique à son zénith !

    Lire : La voie royale de l’apolitisme, Monde en Question

    Vidéos :

  • AFP – Yahoo!
  • Wikio
  • Rue89
  • Agoravox TV
  • LibérationSégolène Royal au Zénith : les socialistes agacés, NouvelObs

    Au Zénith, l’ancienne candidate à la présidentielle a réuni près de 4.000 personnes, et elle est apparue en tunique bleue sur un jean, sous les acclamations, mêlant hommage au public, appels à la “fraternité” et message politique : “je suis là aujourd’hui, je serai là demain!”. 

    “Je pense que la politique n’est pas un show. J’ai envie de dire à Ségolène qu’elle est sur le mauvais chemin. La fois prochaine, on aura en plus un morceau de chorégraphie”, a dit sur Radio J le député et ancien président PS de l’Assemblée Henri Emmanuelli.
    “Tout ça n’est pas sérieux, cette vision de la politique, inscrite dans le marketing politique, la logique de la publicité commerciale, qui néglige le fond, ce genre de cérémonie qui est entre le show-business et le rassemblement de secte”, a-t-il ajouté, parlant aussi de “personnalisation à outrance”.

    Royal à ses partisans : “Je suis là aujourd’hui, je serai là demain”, NouvelObs

    Pas une fois elle n’emploie le mot socialiste ni ne nomme une figure tutélaire de la gauche. Son discours, distribué à la presse – une nouveauté -, reprend en revanche des maximes de Nelson Mandela, Aimé Césaire, Coluche ou encore Victor Hugo. 

    Ségolène Royal mobilise ses partisans au Zénith de Paris, RFI

    Elle s’est posée en victime du pouvoir mais aussi de certains de ses camarades du parti, évoquant « la riante primaire, la courtoise présidentielle, les gentils coups bas, les tendres attaques, les doux cambriolages, les amicales pressions et les charmantes épreuves personnelles ». Allusion à peine voilée à sa séparation d’avec François Hollande. 

    Royal au Zenith : le retour d’un air de campagne ?, France Info

    Cette manière de faire de la politique, comparée à “un rassemblement de secte” par Henri Emmanuelli, est-elle en phase avec les attentes des socialistes à sept semaines du congrès du PS ? Cela suffira-t-il à attirer la confiance dans un pays qui entre en récession ? 

    Naufrage Royal, Actualités du droit

    Le spectacle de ce soir, un show de prédicateur, financé à 100% par Pierre Bergé, pour snober le Parti socialiste, auquel elle doit toute sa carrière, et qui, quels que soient ses défauts, est un modèle de démocratie, est un acte grave. Seule vedette, devant ses fans. Tout pour moi, tout par moi. D’un côté le parti et ses règles ringardisées, de l’autre, sa lumineuse personne. Non, il est impossible de suivre. 

    Rien n’est plus dangereux que l’exercice solitaire du pouvoir. Rien de plus grave que de se croire au-dessus du lot. Sans doute, faut-il pour ses fonctions, une personnalité qui se dégage, un égo au dessus de la norme. Nicolas Sarkozy a, sur ce plan, de quoi inquiéter. Mais Ségolène Royal bien davantage encore, et le triomphe qu’elle s’est organisée ce soir le confirme.

  • 26 septembre 2008

    Gauche blafarde

    Classé dans : Lecture, Partis Gauche — Monde en Question @ 12:58
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    BENSAÏD Daniel, Gauche blafarde et gauche anticapitaliste, Bellaciao

    Depuis que Mme Thatcher et Ronald Reagan ont initié, au début des années 80, la contre-réforme libérale, les partis sociaux-démocrates européens se sont résignés, les uns après les autres, à l’accompagner en s’évertuant vainement d’en limiter les excès.

    En France, l’adoption en juin dernier d’une nouvelle Déclaration de principes du Parti socialiste parachève son alignement à retardement sur la mue accomplie en Angleterre par le New Labour de Tony Blair et Gordon Brown, en Allemagne par le Nouveau centre de Gerhardt Schröder, en Italie par le Parti Démocrate de Veltroni. [...] Elle officialise en effet l’abandon de toute référence à la lutte de classe et l’acceptation du capitalisme concurrentiel comme horizon indépassable de tous les temps.

    Cette gauche blafarde n’est plus celle de Jaurès, ni même celle de Blum, mais sa contrefaçon. C’est une gauche light, aussi inoffensive que le café sans caféine ou la bière sans alcool. C’est une gauche sans réformes, qui s’excuse presque d’être de gauche, et se défend farouchement d’être anticapitaliste et de vouloir porter atteinte à la sacro-sainte propriété privée.

    SZALKOWSKI Denis, Parti de classe et Alzheimer politique, AgoraVox

    Dans l’histoire du Parti socialiste, le congrès de Tours de 1920 fut l’une des plus grandes dates de son histoire qui vit la naissance du PCF et l’abandon par la SFIO de la révolution comme outil de conquête du pouvoir et du concept de parti de classe. L’action du Parti socialiste vise de fait à la recherche de l’intérêt général et non pas à opposer les uns contre les autres au sein de la société française.

    A toujours peindre la réalité en noir, à toujours verser dans le misérabilisme, dans le catastrophisme, à toujours utiliser des épouvantails à moineaux (Bush, Sarkozy, le marché transatlantique…) et des expressions fumeuses telles que la lutte des classes, nous en oublions l’essentiel, à savoir que nous devenons inaudibles par la répétition de slogans qui, à défaut de mobiliser la population française, mobilisent quelques-uns d’entre nous. Nous nous éloignons de ce que nous sommes refusant d’assumer ce que nous sommes devenus.

    BLEITRACH Danielle, Thèses sur Feuerbach ou comment penser et changer le monde, Changement de société

    Dans ce blog nous sommes des communistes qui n’avons pas abandonné le marxisme, une approche théorico-pratique. Je ne sais pas si mes camarades qui sont encore au parti et qui ont choisi de se battre pour empêcher la liquidation de ce parti, de son passé héroïque, de sa capacité à mobiliser la population française de notre pays contre les mauvais coups, avec cette audace responsable qui caractérisait jadis ce parti, arriveront à vaincre le mur de silence, les mensonges avec lesquels l’actuelle direction prétend entretenir son légitimisme.

    Commentaires : Lien correct de Marxists Internet Archive – site trotskyste ! – et des Thèses sur Feuerbach.

    Nous publions cette auteure malgré ses propos dans les commentaires sur “Point de vue d’André Gerin sur la crise financière” et malgré la censure de ce commentaire :

    Danielle Bleitrach est trop intelligente pour ne pas comprendre le lien entre ces deux dates :
    Le 23 août 1939, Staline signe un pacte de «non-agression» avec Hitler.
Le 20 août 1940, Staline fait assassiner Trotsky à Coyoacán (quartier de México).

    Dans les années 1930, avec les procès de Moscou et les grandes purges qui décimeront les rangs trotskystes en URSS, le terme «trotskiste» sera remplacé par celui d’«hitléro-trotskisme» laissant entendre une collusion entre l’Opposition de gauche et le fascisme.
    En 1935, L’Humanité exige la mise hors la loi des trotskistes en France, et ne parle désormais plus que des «hitléro-trotskistes au service de l’étranger».

    Lire aussi :
    • Le Pacte germano-soviétique, Ligue Communiste Révolutionnaire.
    • Textes de Barta (1914-1976) Marxists Internet Archive.

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