Monde en Question

18 juillet 2009

Violences des ultra-orthodoxes

Classé dans : Palestine / Israël, Partis Extrême droite — Monde en Question @ 10:20
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Des heurts ont éclaté entre des juifs ultra-orthodoxes et des policiers jeudi à Jérusalem, à la suite de l’arrestation d’une femme membre du mouvement hassidique, qui, selon les autorités, avait privé son enfant de nourriture.

Les forces de l’ordre ont fait usage de canons à eau et de chevaux lors de ces affrontements, signalés pour la troisième journée consécutives et illustrant les tensions croissantes entre les autorités israéliennes et la communauté ultra-orthodoxe.

Les autorités affirment que la mère a affamé son fils âgé de trois ans sur une période de plusieurs années. L’enfant est actuellement hospitalisé.

Jeudi, les protestataires ont manifesté devant l’hôpital où le petit garçon a été admis, alors que le quotidien “Yediot Ahronot” publiait une photo montrant le visage d’un enfant émacié, qui pèserait actuellement sept kilos.

Selon des informations de presse, la femme souffrirait du syndrome de Munchausen par procuration, dans lequel le patient inflige des souffrances à son enfant délibérément, pour le rendre malade. Micky Rosenfeld, porte-parole de la police, a déclaré que les enquêteurs examinaient cette possibilité.

La femme, dont l’identité n’a pas été communiquée, a affirmé que son enfant était malade et qu’elle n’était pas responsable de son état de santé, position partagée par de nombreuses personnes protestant contre son arrestation. La police dit être en possession d’images vidéo la montrant en train de débrancher le tube servant à alimenter son fils à l’hôpital.

Selon Micky Rosenfeld, 28 protestataires ont été arrêtés au cours de la nuit et un policier a été légèrement blessé. Les manifestants ont brûlé des dizaines de poubelles et jeté des détritus dans les rues de la ville.

AP-Yahoo! Actualités

Depuis le début de la semaine, Jérusalem est le théâtre d’un nouvel épisode de la petite guerre qui oppose à intervalles réguliers les forces de l’ordre aux radicaux de la communauté ultra-orthodoxe (les haredim, les “craignant Dieu”).

Cette poussée de fièvre intervient huit mois après que les ultrareligieux, qui représentent deux cinquièmes de la population juive de Jérusalem, ont perdu la municipalité au profit de Nir Barkat, le candidat laïc.

Divisés pour le scrutin, les haredim sont en train de sceller leur réconciliation dans cette démonstration de force. Ses instigateurs sont des membres d’Eda Haredit, l’une des sectes les plus antisionistes du mouvement haredi, farouchement opposée aux symboles et institutions de l’Etat d’Israël. Pour autant, leur révolte ne déplaît pas aux fractions plus modérées, comme l’atteste le fait que les députés ultra-orthodoxes de la Knesset, davantage légalistes, répugnent pour l’instant à dénoncer les violences.

“Dans les périodes de tensions, les ultra-orthodoxes fonctionnent à l’égard des laïcs comme les juifs à l’égard des gentils. Ils serrent les rangs, persuadés qu’ils sont à la fois le peuple élu et le peuple le plus haï”, dit Gilad Malach, doctorant à l’université hébraïque, spécialiste des haredim. Nir Barkat, le nouveau maire devra se montrer habile pour ne pas perdre dans la rue le pouvoir décroché dans les urnes.

Le Monde

Lire aussi :
• Mother suspected of starving toddler son, Ynetnews
• Poursuite des violences à Jérusalem, Le Jerusalem Post
• Jerusalem police chief: Where are the sane rabbis?, Ynetnews
• Police slam Haredi leadership for silence in face of Jerusalem riots, Ha’aretz
• KAUFMAN Ami, Religious vs. secular / A Mideast spectacle of a different kind, Ha’aretzHalf & Half
• Hassidisme, Wikipédia
• Haredim, Wikipédia

Avigdor Lieberman “Persona non grata”

Classé dans : Palestine / Israël, Partis Extrême droite — Monde en Question @ 09:18
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La carrière de diplomate d’Avigdor Lieberman pourrait tourner court. Le très controversé ministre israélien des Affaires étrangères risque d’être poussé vers la porte de sortie. Après plusieurs années d’investigations, une équipe spéciale de policiers a remis cette semaine un dossier présenté comme accablant au procureur général Menahem Mazouz.

Selon la radio militaire, citant des hauts responsables de la police, les enquêteurs disposent de «suffisamment de preuves» pour recommander l’inculpation d’Avigdor Lieberman pour fraude, abus de confiance et blanchiment d’argent. [...] Il apparaîtrait notamment qu’Avigdor Lieberman aurait créé une «chaîne de sociétés», dont certaines seraient totalement fictives, notamment à Chypre avec l’aide d’hommes d’affaires russes et autrichiens, ont précisé la radio militaire et le Yédiot Aharonot, quotidien à grand triage. Ce dispositif aurait permis à Avigdor Lieberman de «blanchir» d’importantes sommes d’argent qui auraient ensuite «atterri dans sa poche».

[...]

L’enjeu est important : cette formation a réalisé une percée aux législatives de février si bien que Benyamin Nétanyahou, le chef du gouvernement, s’est vu contraint, pour constituer une majorité, de céder aux exigences de son encombrant allié en lui accordant un «grand ministère».

Cette décision n’a apparemment pas été des plus judicieuses pour l’image de marque d’Israël à l’étranger. En raison des accusations de racisme anti-arabe lancées contre lui, le ministre des Affaires étrangères est devenu pratiquement persona non grata dans une bonne partie du monde. Cet «isolement» diplomatique est tel qu’Avigdor Lieberman en a lui même tiré les conclusions en affirmant récemment qu’il ne se sentait pas en droit de négocier le sort des colonies israéliennes de Cisjordanie avec George Mitchell, l’émissaire spécial de Barack Obama au Moyen-Orient, en raison d’un «conflit d’intérêts» – dû au fait qu’il habite l’une de ces colonies.

Le Figaro

10 juillet 2009

Appel à une interdiction de la LDJ

Classé dans : Partis Extrême droite, Racisme — Monde en Question @ 08:01
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Des associations et des partis politiques demandent au gouvernement français d’interdire la Ligue de défense juive, qu’ils accusent d’avoir mené une série d’actions violentes ces dernières années.

Ce collectif, qui rassemble des associations de défense des droits de l’homme ou de soutien aux Palestiniens, les Verts et le Nouveau parti anticapitaliste, appelle à manifester mercredi devant une librairie parisienne, qui, dit-il, a été attaquée par des membres de cette organisation vendredi dernier.

Dans un communiqué, il accuse la LDJ d’avoir perpétré des violences répétées et “demande fermement l’interdiction de la Ligue de défense juive et la traduction en justice de ses nervis”. La LDJ, ajoute-t-il, est interdite en Israël et aux Etats-Unis.

Dans un précédent communiqué, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) avait détaillé ces accusations, écrivant que la LDJ avait attaqué des lycéens le 8 janvier à Paris et plus récemment des militants du Centre international de culture populaire (CICP) et la mairie de Vitry.

“Le Mrap réitère donc au gouvernement français sa demande pressante du 8 avril 2002 de dissoudre la dite Ligue de défense juive, à la suite de quatre agressions du siège national du Mrap, de ceux de la Fondation Danielle Mitterrand, de la Cimade et du CICP, de violences à Orly contre des militants pacifistes et de menaces de mort contre le président de l’Union des juifs français pour la paix”, poursuit le texte.

Chez les Verts, on précise que la décision de demander la dissolution de la LDJ n’a pas encore été prise en conseil exécutif. “Mais étant donné que cette association est condamnée en Israël et aux Etats-Unis, qu’elle est reconnue pour être un groupuscule paramilitaire et fascisant, nous n’avons aucun état d’âme à appuyer ceux qui demandent sa dissolution”, a déclaré Djamila Sonzogni, porte-parole nationale du parti écologiste.

L’Express
Pétition en ligne

8 juillet 2009

Agression contre la librairie Résistances

Classé dans : Palestine Résistance, Partis Extrême droite — Monde en Question @ 10:18
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Ce n’est pas la première fois que leur librairie fait l’objet d’une attaque. Celle-ci serait apparemment du fait de la Ligue de défense juive, autorisée en France, mais interdite aux Etats-Unis [Sur son site, la LDJ nie toute responsabilité dans cet incident, ndlr]. Cette même organisation qui, se serait livrée à une attaque dans le hall de l’hôtel de ville d’Ivry, dont la municipalité s’était rendue coupable d’avoir fait de Marwan Barghouti un citoyen d’honneur de la ville.

Il faut bien sûr employer le conditionnel, mais malheureusement on peut craindre que l’enquête ne permette pas d’identifier les responsables. Tous les moyens seront-ils mis en oeuvre pour le savoir ? Seront-ils arrêtés et jugés ?

Comment expliquer que la Tribu Ka ait été dissoute pour avoir fait preuve de démonstration de force et tenu des propos inacceptables, sans avoir toutefois employé la violence physique tandis que la Ligue de défense ne l’est pas ?

Imaginons que le hall de la mairie du 16e arrondissement fasse l’objet du même type d’action que celle d’Ivry, est-ce que les auteurs pourraient encore courir librement ? Si une librairie pro-israélienne avait fait l’objet d’une attaque comparable à celle de la librairie Résistances, est-ce que les autorités et la presse auraient fait preuve du même silence ? Que répondre à ceux, nombreux mêmes s’ils n’ont pas accès aux médias, qui posent cette question ?

Notons qu’il s’agit d’une agression antisémite, qui n’est toutefois pas traitée comme les autres agressions de ce genre. Comment expliquer cela ?

Comment expliquer que les « Voltairiens maccarthistes » de service, toujours prompts à proclamer la liberté d’expression lorsqu’il s’agit de défendre des gens qui ont critiqué l’Islam ou les musulmans, mais reprenant les méthodes de McCarthy dans d’autres circonstances, fassent preuve d’un tel silence assourdissant aujourd’hui ?

Les responsables politiques ou la presse se taisent-ils parce qu’ils ne veulent pas jeter d’huile sur le feu sur un sujet sensible et éviter de créer des tensions dites inter-communautaires ? C’est exactement l’inverse qui va se produire. L’absence d’informations crée nécessairement la rumeur, et dans ce cas des rumeurs malsaines. Ce silence de la presse et des autorités va alimenter les préjugés antisémites, non le combattre.

En ne traitant pas des éléments comparables de la même façon, on n’apaise pas les tensions, on crée un sentiment de double standard qui peut nourrir les pires fantasmes, sur lesquels les théories du complot vont connaître un nouvel essor.

Pascal Boniface
07/07/2009
Rue89 – IRIS

Lire aussi :
• 4 Jews suspected of attacking Palestinian store, Yedioth Ahronoth
• “L’impunité de la Ligue de défense juive, ça suffit”, Rue89

6 juillet 2009

Attaque de la librairie Résistances

Classé dans : Palestine Résistance, Partis Extrême droite — Monde en Question @ 11:09
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Un commando d’une demi-douzaine d’individus, la plupart masqués, déclarant ouvertement appartenir à la Ligue de Défense Juive (LDJ) ont attaqué vendredi 3 juillet en début d’après-midi la Librairie Résistances.

Deux femmes travaillant à la librairie étaient présentes, ainsi que deux ou trois clients. Après les avoir bousculés, les nervis se sont attaqués avec frénésie à l’établissement, arrosant d’huile plusieurs milliers de livres, et détruisant les ordinateurs, avant de prendre la fuite à bord d’une automobile.

L’attaque de vendredi est intervenue au lendemain d’une conférence, donnée à la librairie par Mahmoud Suleiman, du village palestinien d’Al-Masara, sur le thème des actions de résistance non violente à l’occupation israélienne.

La librairie Résistances, qui propose, notamment, de nombreux livres sur la Palestine et sur Israël, a été attaquée et menacée à de nombreuses reprises par les fascistes sionistes. Mais alors que les agissements de cette bande sont archi-connus de la police, le pouvoir politique a jusqu’à présent systématiquement manifesté sa sollicitude à leur égard.

CAPJPO-EuroPalestine

De nombreuses organisations, librairies, réseaux de bibliothèques, appellent à un rassemblement devant la librairie Résistances ce mercredi 8 juillet à partir de 18 H 30, pour exiger la dissolution de la Ligue de Défense Juive, organisation terroriste qui multiplie les agressions en France.

Ca suffit comme ça ! Dissolution de la Ligue de Défense Juive

La Librairie Résistances, située dans le dix-septième arrondissement à Paris, a été attaquée et saccagée par des nervis de l’extrême-droite sioniste ce vendredi 3 juillet en plein après midi.
La Librairie Résistances est connue pour son engagement concernant le soutien au peuple palestinien et, au-delà, aux luttes des peuples du tiers-monde.
Il n’est donc pas étonnant qu’elle ait été aujourd’hui, une nouvelle fois, la cible de la violence des groupes ultra-sionistes, au premier lieu desquels la Ligue de défense juive (LDJ).

Interdite en Israël et aux États-Unis pour son caractère raciste et fascisant, la LDJ reste tolérée en France par les autorités, alors même que depuis plusieurs années, elle a été impliquée dans de nombreuses opérations de ratonnades de militants et de sympathisants de la cause palestinienne ainsi que d’agression contre la population magrhebine.
La dernière en date étant l’attaque de la Mairie de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, à l’occasion du cérémonie municipale faisant d’un dirigeant palestinien, Marwan Barghouti, citoyen d’honneur de la ville.
Les agissements fascisants de la LDJ et des groupes de l’extrême-droite sioniste n’ont que trop duré.

Les signataires expriment leur totale solidarité avec la Librairie Résistances, et demandent fermement l’interdiction de la Ligue de défense juive, et la traduction en justice de ses nervis.Les organisations signataires appellent à un rassemblement mercredi 8 juillet 2009 à partir de 18 H 30 devant la librairie Résistances 4, Villa Compoint Paris 17e (à l’angle du 40 rue Guy Moquet). Métro ligne 13 Guy Moquet ou Brochant. Bus ligne 31 Davy-Moines.

Premiers signataires : NPA, les Verts, le parti de Gauche (Paris), AFD France, AJPF Association pour les jumelages entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises, Américains contre la guerre AAW France, Al-Rowwad, Amis de Darna, Association Romande Contre le Racisme, ATL Jenine, ATTAC Paris Nord Ouest, Bellacio, CCIPPP, CAPJPO-EuroPalestine, CPPI St Denis,Collectif Faty Koumba, Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Paix, Collectif des libraires pour l’interdiction de la LDJ, Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, Comité de lutte contre la barbarie et l’arbitaire, et Commission Arabe pour les Droits Humains, CVPR, Droits Devant !Femmes en Noir, La Fabrique Editions, FTCR, La Gauche Cactus, Génération Palestine, la GUPS, ISM (International Solidarity Movement), La Courneuve Palestine, Librairie Ishtar, MAIF, Mouvement des Quartiers, MRAP, Mouvement des Indigènes de la République, Nanterre Palestine, RESOCI, Respaix, Réveil des Consciences, Réseau International des Juifs Antisionistes (IJAN), Survie, Syndicat FSU de la Bibliothèque nationale de France, Union juive française pour la paix UJFP, UTIT, Une Autre Voix Juive.

CAPJPO-EuroPalestine

3 juillet 2009

Sarkozy a raison : Lieberman doit partir

La demande du président français Nicolas Sarkozy au Premier ministre Benjamin Netanyahu de remplacer Avigdor Lieberman, ministre des Affaires étrangères, met à jour une triste vérité. À l’heure actuelle, Israël n’a pas un vrai ministre des Affaires étrangères. La communauté internationale refuse de parler à un homme politique qui est considéré comme raciste, suite à la campagne menée par son parti Israel Beytenou, contre les citoyens arabes au cours de la récente campagne électorale à la Knesset. Il n’y pas d’autre manière d’interpréter la comparaison de Sarkozy entre Lieberman et Jean-Marie Le Pen politicien français d’extrême-droite.

Les réactions de colère du ministère des Affaires étrangères après le commentaire de Sarkozy, diffusé lundi sur la chaîne 2 en Israël, à savoir qu’il s’était ingéré dans les affaires intérieures d’Israël, ne sont pas pertinentes.

La France n’a pas imposer un boycott officiel de Lieberman, Sarkozy ne l’a pas non plus condamné publiquement – il a seulement transmis un message à Netanyahou en privé. Il est donc difficile de soutenir que Sarkozy s’est comporté d’une manière peu diplomatique.

Il est plus important de se concentrer sur l’essentiel, sur les dommages en cours des intérêts diplomatiques d’Israël résultant du mandat de Lieberman au ministère des Affaires étrangères. Sarkozy n’était pas le premier à exprimer son insatisfaction avec le fait que le chef d’Israel Beytenou soit élevé au sommet de la diplomatie d’Israël.

Les pays arabes refusent de parler avec Lieberman en raison de ses menaces et de ses propos grossiers sur le passé de l’Egypte et de son président.

Lorsque Lieberman a été invité récemment à Washington, l’administration américaine a exprimé son mécontentement en lui préférant le ministre de la Défense Ehud Barak, qui a été invité à rencontrer le président Barack Obama. Les prédécesseurs de Lieberman au ministère des Affaires étrangères, Tzipi Livni (Kadima) et Silvan Shalom (Likoud), ont également été invités à des réunions avec le président au cours de leurs visites à Washington. Mais pas lui.

La bizarre tentative de Lieberman d’offrir une alternative politique diplomatique, dont la principale caractéristique est le renforcement de la coopération stratégique avec la Russie comme contrepoids à l’administration Obama, s’est effondré dès le début. Avant d’inviter Lieberman à Moscou, les Russes ont envoyé leur ministre des Affaires étrangères à une réunion avec le chef du Hamas Khaled Meshal.

À la lumière de la situation internationale complexe à la veille de la reprise des négociations avec les Palestiniens et peut-être aussi avec la Syrie, Israël a besoin de tout le soutien de la communauté internationale. Il est impératif de remplacer Lieberman par un autre ministre des Affaires étrangères, qui bénéficiera d’une politique d’ouverture dans les capitales du monde.

01/07/2009
Ha’aretz
Traduction de Serge LEFORT

1 juillet 2009

Nétanyahou-Sarkozy-Lieberman

Editorial, Sarkozy is right – Lieberman must go, Ha’aretz.

Sarkozy aurait conseillé à Nétanyahou de renvoyer Lieberman, selon des responsables israéliens, AP-Yahoo! Actualités.

Nicolas Sarkozy, qui a reçu Benyamin Nétanyahou la semaine dernière à l’Elysée, lui aurait conseillé de renvoyer son controversé ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, selon de hauts responsables israéliens. A la suite de ces informations, le Premier ministre israélien a réaffirmé mardi son “entière confiance” au chef de la diplomatie de l’Etat hébreu.

Des sources gouvernementales israéliennes, qui ont requis l’anonymat, ont confirmé mardi les informations de la télévision israélienne qui rapportait que le président français s’en était pris durement à l’ultranationaliste Avigdor Lieberman, chef du parti Israel Beitenou, lors de son entretien avec Benyamin Nétanyahou mercredi dernier à Paris.

“Si les choses attribuées au président français sont vraies, alors cette ingérence du président d’un pays démocratique respecté dans les affaires d’un autre pays démocratique est très grave et intolérable”, a dénoncé le porte-parole du chef de la diplomatie israélienne Tzahi Moshe dans un communiqué.

Le cabinet de Benyamin Nétanyahou a de son côté fait savoir dans un communiqué publié après sa rencontre avec les ambassadeurs de l’Union européenne mardi, qu’”au regard de récentes informations, il était important pour lui de souligner qu’il avait une entière confiance dans le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman”.

“Le Premier ministre a ajouté qu’il sait que le ministre des Affaires étrangères Lieberman est complètement engagé en faveur de la paix et la sécurité et qu’il est un membre important du gouvernement élu de l’Etat démocratique d’Israël”, ajoute le communiqué qui ne confirme ni ne dément les informations de la télévision israélienne.

Le porte-parole de Benyamin Nétanyahou Nir Hefetz a déclaré sur la radio de l’armée israélienne que “le Premier ministre n’a pas l’impression d’avoir besoin de conseils sur son gouvernement de sources extérieures”.

L’Elysée n’a pas souhaité commenter ces informations. Lors du point de presse au Quai d’Orsay, le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères Romain Nadal a renvoyé les journalistes au communiqué publié après l’entretien entre MM. Sarkozy et Nétanyahou. “C’est ce compte rendu qui reflète le contenu de cet entretien”, a-t-il expliqué, notant que le nom du chef de la diplomatie israélienne n’y était pas mentionné.

Selon l’une des sources officielles, Avigdor Lieberman a demandé à ses subordonnés de ne pas commenter davantage ces informations, afin d’éviter des tensions diplomatiques.

Selon ces sources, Nicolas Sarkozy aurait conseillé à Benyamin Nétanyahou de se “débarrasser de cet homme” et le remplacer par la modérée Tzipi Livni, ancienne ministre des Affaires étrangères. Le Premier ministre aurait répondu au dirigeant français qu’en privé, Avigdor Lieberman, “parle différemment” que dans ses discours politiques, mais Nicolas Sarkozy aurait rétorqué qu’en privé, le président du Front national Jean-Marie Le Pen est “un homme très gentil”, ajoutait-on de mêmes sources.

La nomination de l’extrémiste Avigdor Lieberman à la tête de la diplomatie israélienne avait été mal reçue par la communauté internationale en raison de ses positions intransigeantes sur le processus de paix israélo-palestiniens et ses provocations verbales dénoncées comme racistes.

Sarkozy embarrasse Nétanyahou, Yahoo! ActualitésLibération.

Nicolas Sarkozy, en particulier depuis son discours l’an dernier à la Knesset, est l’ami d’Israël. On ne s’attendait donc pas à ce qu’il en vienne à comparer Avigdor Lieberman, le très extrémiste et raciste chef de la diplomatie de l’Etat hébreu, à Jean-Marie Le Pen. C’est ce qui a le plus choqué, du ministère des Affaires étrangères aux médias israéliens, y compris le quotidien de référence Haaretz, qui consacre sa une à l’affaire.

Au départ, il y a une conversation un peu complice, lors d’une rencontre à l’Elysée, le mercredi dernier, entre Sarkozy et Benyamin Nétanyahou, deux hommes qui se connaissent bien et s’apprécient. Et ce conseil sans doute amical, donné devant témoins, du président français à son hôte : «Débarrasse-toi de lui [Lieberman, ndlr] et prends à la place Tzipi Livni [la chef de l'opposition]. Avec elle et Ehud Barak [le ministre travailliste de la Défense], tu pourras faire l’Histoire.» Ces propos ont provoqué la colère dans l’entourage du chef de la diplomatie israélienne. «Si ce qui est attribué au président français est exact, il s’agit d’une immixtion d’un président d’un Etat démocratique respecté dans les affaires d’un autre pays démocratique, une chose grave et inacceptable», a enragé hier, un conseiller de Lieberman. «Nous espérons qu’au-delà des positions politiques de chacun, tous les partis en Israël condamneront une intervention aussi grossière d’un Etat étranger dans nos affaires intérieures.» Tous les partis, non, puisque Ahmed Tibi, un député arabe israélien, membre de la Liste arabe unie, a félicité le président français : «La communauté internationale commence à prendre en compte le danger fasciste»,représenté par Avigdor Lieberman.

24 avril 2009

Le danger Lieberman

Classé dans : Palestine / Israël, Partis Extrême droite, Racisme — Monde en Question @ 12:22
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L’État d’Israël est-il en train d’aborder une crise existentielle – morale, politique, économique – qui pourrait en faire une nation en danger ? Lieberman peut-il, lui ou quelqu’un susceptible de prendre sa place, se révéler comme une personnalité diabolique telle qu’Hitler, ou au moins Mussolini ?

PEUT-ÊTRE Avigdor Lieberman ne représente-t-il qu’un épisode passager dans les annales de l’État d’Israël. Peut-être le feu qu’il s’efforce d’allumer va-t-il vaciller un court instant et disparaître de lui-même. Ou peut-être l’enquête de police sur la grave affaire de corruption dont il est suspecté va-t-elle entraîner son retrait de la scène publique.

Mais le contraire est aussi possible. La semaine passée, il a promis à ses acolytes que les prochaines élections le porteraient au pouvoir.

Peut-être Lieberman va-t-il apparaître comme un “Israbluff” (expression qu’il aime lui-même employer) et se révéler, derrière la façade épouvantable, n’être rien de plus qu’un banal imposteur.

Peut-être ce Lieberman va-t-il même disparaître pour laisser la place à un autre Lieberman, en pire.

Quoi qu’il en soit, nous devons affronter franchement le phénomène qu’il manifeste. Si l’on considère que ses déclarations ont une tonalité fasciste, on doit se demander : y a-t-il une possibilité qu’un régime fasciste vienne au pouvoir en Israël ?

LE PREMIER sentiment instinctif est un NON retentissant. En Israël ? Dans l’État juif ? Après l’Holocauste que le fascisme nazi nous a fait subir ? Quelqu’un peut-il même imaginer que des Israéliens puissent devenir quelque chose comme les nazis ?

Lorsque Yeshayahu Leibovitz forgea, il y a de nombreuses années, l’expression “judéo-nazis”, ce fut une explosion dans tout le pays. Même beaucoup de ses admirateurs estimèrent que cette fois le turbulent professeur avait passé les bornes.

Mais les slogans de Lieberman le justifient pleinement a posteriori.

Certains négligeraient la performance de Lieberman aux récentes élections. Après tout, son parti “Israël notre maison” n’est pas le premier à faire une apparition soudaine pour obtenir un score impressionnant de 15 sièges. C’est exactement le nombre de sièges remportés par le parti Dash du général Yigael Yadin en 1977 et le parti Shinoui de Tommy Lapid en 2003 – et tous deux ont disparu peu de temps après sans laisser de trace.

Mais les électeurs de Lieberman ne sont pas comme ceux de Yadin et Lapid qui étaient des citoyens ordinaires excédés par quelques aspects particuliers de la vie israélienne. Beaucoup de ses électeurs sont des immigrants de l’ancienne Union soviétique qui considèrent leur “Ivett”, un immigrant de l’ex Moldavie soviétique, comme un représentant de leur “secteur”. Bien que beaucoup d’entre eux aient apporté de leur précédente patrie une vision du monde de droite, anti démocratique et même raciste, ils ne représentent pas en eux-mêmes un danger pour la démocratie israélienne.

Mais la force complémentaire qui a fait du parti de Lieberman la troisième composante en importance de la nouvelle Knesset est constituée d’une autre sorte d’électeurs : des jeunes gens nés en Israël, dont beaucoup ont pris part à la guerre de Gaza. Ils ont voté pour lui parce qu’ils estimaient qu’il expulserait les citoyens arabes d’Israël et qu’il chasserait les Palestiniens de l’ensemble du pays historique.

Il ne s’agit pas là de gens en marge de la société, fanatiques ou défavorisés, mais de jeunes gens ordinaires qui ont terminé leurs études secondaires et effectué leur service militaire, qui dansent dans les discothèques et qui ont l’intention de fonder une famille. Si des personnes comme celles-là votent massivement pour un raciste déclaré avec une forte odeur de fascisme, il n’est pas possible d’ignorer le phénomène.

Il Y A QUINZE ANS, j’ai écrit un livre intitulé “La Svastika” dans lequel je décrivais la façon dont les Nazis avaient pris le pouvoir en Allemagne. J’étais aidé par mes souvenirs d’enfance. J’avais 9 ans quand les Nazis sont arrivés au pouvoir. J’ai été témoin de l’agonie de la démocratie allemande et des premiers pas du nouveau régime avant que mes parents, dans leur infinie sagesse, ne décident de fuir et de s’installer en Palestine.

J’ai écrit le livre à la veille du jugement d’Adolf Eichmann, après avoir pris conscience que la jeune génération en Israël savait beaucoup de choses concernant l’Holocauste, mais presque rien sur les gens qui en étaient à l’origine. Ce qui me préoccupait plus que toute autre chose, c’était la question : comment un parti aussi monstrueux a-t-il pu accéder au pouvoir par des voies démocratiques dans l’un des pays les plus civilisés du monde ?

Le dernier chapitre de mon livre avait pour titre “Cela peut arriver ici”. C’était une paraphrase du titre d’un livre de l’écrivain américain Sinclair Lewis, “Cela ne peut pas arriver ici”, dans lequel il décrivait avec précision comment cela pourrait arriver aux États-Unis.

Je faisais valoir dans le livre que le nazisme n’était pas une maladie particulièrement allemande, que dans certaines circonstances, n’importe quel pays du monde pouvait être infecté par le virus – y compris notre État. Pour éviter ce danger, il fallait comprendre les causes sous-jacentes au développement de la maladie.

À ceux qui disent que je suis “obsédé” par cette question, que je vois la menace de ce danger dans tous les coins, je réponds : ce n’est pas vrai. Pendant des années, j’ai évité de m’exprimer à ce sujet. Mais c’est vrai que j’ai dans la tête une petite lampe rouge qui s’allume lorsque je pressens le danger.

Cette lampe s’est maintenant mise à clignoter.

QU’EST-CE QUI A FAIT le mal nazi se déclarer dans le passé ? Pourquoi s’est-il déclaré à un certain moment et pas à un autre ? Pourquoi en Allemagne et pas dans un autre pays souffrant de problèmes semblables ?

La réponse est que le fascisme est un phénomène particulier, différent de tout autre. Ce n’est pas une “extrême droite”, un prolongement de positions “nationalistes” ou “conservatrices”. Le fascisme est à l’opposé du conservatisme à bien des égards, même s’il lui arrive de se présenter sous un déguisement conservateur. Il ne s’agit pas non plus de la radicalisation d’un nationalisme normal, ordinaire, qui existe dans chaque nation.

Le fascisme est un phénomène unique qui a des caractéristiques uniques : l’idée d’être une “nation supérieure”, la négation de l’humanité d’autres nations et de minorités nationales, un culte du chef, un culte de la violence, le mépris pour la démocratie, une adoration de la guerre, le mépris de la morale commune. Toutes ces caractéristiques réunies créent le phénomène auquel il n’existe aucune définition scientifique reconnue.

Comment cela est-il arrivé ?

Des centaines de livres ont été écrits sur le sujet, des dizaines de théories ont été proposées dont aucune n’est satisfaisante. En toute humilité, je propose une théorie personnelle, sans prétendre qu’elle soit plus valable que l’une quelconque des autres.

Dans ma façon de voir les choses, une révolution fasciste éclate lorsqu’une personnalité très particulière rencontre une situation nationale très particulière.

SUR LA personnalité d’Adolf Hitler aussi, des livres innombrables ont été écrits. Chaque phase de sa vie a été examinée au microscope, chacune de ses actions a fait l’objet de discussions interminables. Il n’y a pas de secrets concernant Hitler, et pourtant Hitler est resté une énigme.

L’une de ses caractéristiques les plus évidentes était son antisémitisme pathologique, qui allait très loin au-delà de toute logique. Cela lui est resté jusqu’à la toute dernière heure de sa vie, lorsqu’il a dicté son testament avant de se suicider. Aux moments les plus désespérés de sa guerre, alors que ses soldats au front réclamaient avec insistance des renforts et des approvisionnements, de précieux trains leur étaient soustraits pour transporter des Juifs vers les camps de la mort. Alors que la Wehrmacht souffrait d’un manque cruel d’à peu près tout, des travailleurs juifs étaient soustraits d’usines essentielles pour être envoyés à leur mort.

On a suggéré de nombreuses explications à cet antisémitisme pathologique et toutes ont été rejetées. Hitler a-t-il voulu se venger d’un Juif soupçonné d’être son vrai grand-père ? Haïssait-il le médecin juif qui soignait sa mère adorée avant sa mort ? Était-ce une punition pour le directeur juif de l’école d’art qui n’a pas su reconnaître son génie ? Haïssait-il les pauvres Juifs qui ont croisé sa route quand il était à la rue à Vienne ? Toutes ces questions ont été examinées sans qu’on leur trouve de fondement. L’énigme demeure.

Cela est vrai aussi de ses conceptions personnelles et de ses caractéristiques. Comment a-t-il acquis le pouvoir d’hypnotiser les masses ? Qu’avait-il pour conduire tant de gens de toutes conditions de vie à s’identifier à lui ? D’où lui est venu son appétit débridé de pouvoir ?

Nous ne le savons pas. Il n’existe pas d’explication totalement satisfaisante. Nous savons seulement que, parmi les millions d’Allemands et d’Autrichiens qui vivaient à cette époque et parmi les milliers de ceux qui ont grandi dans des conditions semblables, il n’y a eu (à notre connaissance) qu’un seul Hitler, une personne unique. Pour emprunter un terme à la biologie : il a représenté une mutation unique.

Mais ce Hitler unique ne serait pas devenu une figure historique s’il n’avait pas rencontré l’Allemagne dans des circonstances uniques.

L’ALLEMAGNE, à la fin de la République de Weimar a été aussi le sujet de nombreux livres. Qu’est-ce qui a conduit le peuple allemand à adopter le nazisme ? Des causes historiques trouvant leur origine dans la terrible catastrophe de la Guerre de Trente Ans ou même des événements antérieurs ? Le sentiment d’humiliation après la défaite de la première guerre mondiale ? La colère des vainqueurs qui ont fait mordre la poussière à l’Allemagne et lui ont imposé des indemnités énormes ? La terrible inflation de 1923 qui a réduit à rien les économies de classes sociales entières ? La Grande Dépression de 1929 qui a jeté à la rue des millions d’Allemands respectables et laborieux ?

Cette question non plus n’a pas trouvé de réponse satisfaisante. D’autres peuples aussi ont été humiliés. D’autres peuples ont fait l’expérience de guerres perdues. La Grande Dépression a frappé des dizaines de pays. Aux États-Unis et au Royaume- Uni, des millions de gens ont été licenciés. Pourquoi le fascisme ne s’est-il pas emparé du pouvoir dans ces pays (à l’exception de l’Italie, naturellement) ? À mon avis, l’étincelle fatale a jailli à un moment fatidique où un peuple prêt pour le fascisme a rencontré l’homme présentant les caractéristiques d’un chef fasciste. Que serait-il arrivé si Adolf Hitler avait trouvé la mort dans un accident de la route à l’automne de 1932 ? Peut-être un autre chef nazi serait-il arrivé au pouvoir – mais l’Holocauste ne se serait pas produit ni, probablement, la Seconde guerre mondiale. Ses remplaçants vraisemblables – Gregor Strasser, qui était le N° 2, ou Herman Goering, l’as de l’aviation accroc à la morphine – étaient certes des nazis, mais ils n’étaient ni l’un ni l’autre un second Hitler. Il leur manquait sa personnalité diabolique. Et que serait-il arrivé si l’Allemagne n’avait pas sombré dans les profondeurs du désespoir ? Les puissances occidentales auraient pu sentir le danger à temps et aider à la reconstruction de l’économie allemande et à la résorption du chômage. Elles auraient pu abroger l’infâme traité de Versailles, imposé par les vainqueurs à l’issue de la Première guerre mondiale, et permettre aux Allemands de retrouver leur dignité. La République allemande aurait pu être sauvée, les leaders moraux, dont l’Allemagne disposait en abondance, auraient pu retrouver leur rôle de dirigeants.

Que serait-il arrivé alors ? Adolf Hitler, que le très populaire Président du Reich, un maréchal de l’armée allemande, avait qualifié avec mépris de “caporal bohémien”, serait resté un petit démagogue chez les extrémistes. Le 20e siècle se serait révélé tout à fait différent. Des dizaines de millions de victimes de guerre et six millions de Juifs seraient restés en vie, sans même avoir conscience de ce qui aurait pu arriver.

Mais Hitler n’est pas mort prématurément et le peuple allemand n’a pas échappé à son destin. Au moment crucial, ils se sont rencontrés et une étincelle a jailli mettant le feu à la mèche qui a provoqué l’explosion historique.

UNE TELLE rencontre fatale n’est naturellement pas limitée au fascisme. Cela s’est produit au cours de l’histoire dans d’autres circonstances et avec d’autres personnages.

Winston Churchill, par exemple. Ses statues ponctuent le paysage britannique et il est considéré comme l’un des plus grands dirigeants britanniques de tous les temps.

Pourtant, jusqu’à la fin des années 30, Churchill était un politicien raté. Peu de gens l’admiraient et ils étaient encore moins nombreux à l’aimer. Beaucoup de ses collègues le détestaient cordialement. Il était considéré comme un égotiste, un démagogue arrogant, un ivrogne fantasque. Mais, à un moment de danger existentiel, les Britanniques ont trouvé en lui leur porte-parole et le chef qui a pris en mains leur destinée. C’était comme si, pendant les 65 premières années de sa vie, Churchill s’était consacré à la préparation de ce moment, et comme si les Britanniques avaient été dans l’attente de précisément cet homme là.

L’histoire se serait-elle révélée différente si Churchill avait succombé l’année précédente à une thrombose coronarienne, à un cancer du poumon ou à une cirrhose du foie et si Neuville Chamberlain était resté au pouvoir ? Nous savons maintenant que lui et ses collègues, y compris l’influent ministre des Affaires étrangères, Lord Halifax, envisageaient sérieusement d’accepter l’offre de paix d’Hitler en 1940, fondée sur le partage du monde entre l’Allemagne et l’Empire Britannique.

Ou Lénine. Si l’état-major impérial allemand n’avait pas fourni le fameux train plombé pour le transporter de Zurich en Suède, d’où il gagna Saint-Pétersbourg, la révolution bolchevique, qui a changé la face du 20e siècle, aurait-elle eu lieu ? En vérité, Trotski était dans la ville avant lui ainsi que Staline. Mais aucun des deux n’était un Lénine, et sans Lénine, il est fort possible qu’elle n’ait pas eu lieu, et certainement pas de la façon dont elle s’est déroulée.

Peut-être pourrait-on ajouter Barack Obama à cette liste. Une personnalité très particulière, d’une origine et d’un caractère uniques, qui a rencontré de façon providentielle le peuple américain à un moment important de son destin, celui où il souffrait de deux crises en même temps – une crise économique et une crise politique – qui projettent leur ombre sur le monde entier.

REVENONS À NOUS. L’État d’Israël est-il en train d’aborder une crise existentielle – morale, politique, économique – qui pourrait en faire une nation en danger ? Lieberman peut-il, lui ou quelqu’un susceptible de prendre sa place, se révéler comme une personnalité diabolique telle qu’Hitler, ou au moins Mussolini ?

Dans la situation actuelle il y a quelques signes de danger. La dernière guerre a montré un nouveau déclin de nos normes morales. La haine à l’égard de la minorité arabe d’Israël s’accroît et il en va de même pour la haine à l’égard du peuple palestinien occupé qui souffre d’une strangulation lente. Dans certains cercles, le culte de la force brutale gagne en vigueur. Le régime démocratique est dans une crise interminable. La situation économique pourrait sombrer dans le chaos, de telle sorte que les masses aspirent à un “homme fort”. Et la conviction que nous sommes un “peuple élu” est déjà profondément enracinée.

Ces signes ne sont pas nécessairement susceptibles de conduire au désastre. Absolument pas. L’histoire est pleine de nations en crise qui se sont remises et sont revenues à la normalité. Outre le Hitler réel, qui s’est élevé à des sommets historiques, il y a eu probablement des centaines d’autres Hitler, ni moins fous ni moins talentueux, qui ont fini leur vie comme caissiers de banque ou comme écrivains déçus, parce qu’ils n’ont pas rencontré une chance historique.

J’ai une foi forte dans la résilience de la société israélienne et de la démocratie israélienne. J’ai la conviction que nous disposons de forces secrètes qui vont se révéler à l’heure où il en sera besoin.

Rien ne “doit” arriver. Mais tout “peut” arriver. Et la petite lampe rouge ne va pas s’arrêter de clignoter.

Uri Avnery
18 avril 2009
Publié par AFPS selon Gush Shalom.

23 février 2009

Sur les élections israéliennes

Classé dans : Partis Extrême droite, Racisme, Sionisme — Monde en Question @ 12:48
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Pour la gauche sioniste, fin de l’histoire et une énorme responsabilité pour la gauche non sioniste pour la construction d’une alternative crédible.

1 – Moins d’un mois après le massacre de Gaza, la démocratie israélienne a fonctionné comme si de rien n’était ; la droite et la gauche se positionnaient pour ou contre la tuerie pendant que les citoyens israéliens remplissaient leur devoir civique avec leur bulletin de vote. D’une main on massacre, de l’autre on vote : plusieurs d’entre nous qui avaient senti qu’il y avait là quelque chose d’obscène, sont pourtant allés voter comme tous les autres.

2 – La campagne électorale fut, sans aucun doute, la plus vide et la plus ennuyeuse de ces quatre dernières décennies : aucun suspense, pas de confrontations, pas de débats. Les trois grands partis politiques présentaient pratiquement le même programme, tant en politique intérieure et économique – néolibéralisme classique, comme si la crise économique internationale ne touchait pas l’Etat juif – que sur les questions concernant le monde arabe et plus particulièrement les Palestiniens. Il n’est pas étonnant que l’intérêt porté par l’opinion à ces élections fut extrêmement faible.

3 – Le Likoud a doublé son nombre de voix, mais ce n’est pas une surprise : ses résultats catastrophiques des dernières élections avaient reflété une conjoncture et une situation exceptionnelles (la scission voulue par Arial Sharon) auxquelles le départ de Sharon avait mis fin. Pour le parti de Netanyahu, c’est un retour à son niveau normal.

4 – De l’autre côté, l’effondrement de la gauche sioniste est une défaite historique, elle tombe de 23 sièges (ce qui était déjà faible) à 15 sièges, moins d’un tiers du nombre de sièges qu’elle avait il y a dix ans. Comme l’a noté Gideon Levy (Ha’aretz du 12 février) : après que cette gauche ait adopté le discours politique de la droite et appliqué sa politique, l’opinion israélienne n’a pas compris pourquoi il lui aurait fallu soutenir un clone de la droite et elle a décidé de la rayer de la scène politique. Pour toujours. Fin de l’histoire et une énorme responsabilité pour la gauche non sioniste pour la construction d’une alternative crédible pour les anciens partisans du Meretz qui sont aujourd’hui sans appartenance politique.

5 – Le parti raciste d’extrême droite Israel Beitenu, d’Avigdor Lieberman, a obtenu 15 sièges (à ajouter aux religieux d’extrême droite qui ont conservé leur représentativité) : Lieberman va jouer un rôle central dans la politique israélienne de ces prochaines années, quelque chose qui fait peur à tous les démocrates israéliens.

6 – Malgré le succès de Lieberman, les partis religieux juifs – qu’il faut aujourd’hui considérer d’extrême droite – n’ont pas perdu de voix. Autrement dit, l’extrême droite est plus forte aujourd’hui que dans la Knesset précédente.

7 – Les trois partis arabes (Front démocratique, Alliance démocratique nationale et Liste arabe unifiée) ont ajouté un nouveau député à la Knesset aux 9 qu’ils avaient obtenus aux dernières élections, confirmation de la volonté générale de la population palestinienne, préférant se donner ses propres représentants plutôt que s’abstenir.

8 – La droite obtient une nette majorité (65 sièges sur 120), même sans Ehud Barak qui sera toujours prêt à déserter avec quelques autres membres du parti travailliste pour entrer dans une coalition conduite par Netanyahu, et former facilement un gouvernement de droite. Tout indique cependant, en raison de l’absence d’écarts entre les trois grands partis, qu’il y aura un gouvernement d’union nationale. Comme cela fut le cas la plupart du temps depuis 1967.

9 – Il est temps de le dire haut et fort : c’est à cause du suicide politique de la gauche sioniste que le droite a gagné la bataille des âmes et des valeurs de la population israélienne. Devant nous, se présente un long et lent processus de construction d’une alternative qui, si elle veut être perçue comme telle, devra développer une véritable vision alternative. Soit, une gauche juive/arabe antisioniste, soit, le monopole de la droite pour au moins une génération.

Michel Warschawski
18 février 2009
Publié par Info-Palestine selon Alternative Information Center.

13 février 2009

Guerre d’Israël contre le peuple Palestinien (12)

Dépêches des 12 et 13 février 2009, Info-PalestineToutes les dépêches.

Un adolescent palestinien tué par balle à Hébron, en Cisjordanie, Reuters-Yahoo! Actualités.

Des soldats israéliens ont abattu un adolescent palestinien, à Hébron, en Cisjordanie, lors d’une confrontation avec des manifestants qui leur jetaient des pierres, rapportent des médecins palestiniens.

Le jeune, âgé de 14 ans, a été tué d’une balle à la poitrine. L’armée israélienne n’a pas fait de déclaration sur ce sujet.

Des manifestations ont lieu chaque semaine à Hébron depuis l’offensive israélienne contre les islamistes du Hamas dans la bande de Gaza, qui a duré 22 jours, du 27 décembre au 18 janvier, et fait 1.300 morts côté palestinien.

La gauche prêt à gouverner avec l’extrême droite in Une coalition Livni-Netanyahu pourrait se dessiner en Israël, Reuters-Yahoo! Actualités.

Le vice-Premier ministre sortant Haïm Ramon, membre de Kadima et proche de Livni, a déclaré à la radio militaire que le parti ne joindrait “aucun gouvernement d’extrême droite.”
Des députés du Likoud et du Parti travailliste conviennent qu’une coalition pourrait intégrer le parti d’extrême droite Yisraël Beitenu d’Avigdor Lieberman, qui a obtenu 15 sièges et n’a exclu aucune option.

Rapport n° 6 sur les violations israéliennes des droits humains, Info-Palestine.

Durant cette période du 5 au 11 février, les forces d’occupation israéliennes ont commis les violations suivantes dans les territoires palestiniens occupés
  • Le siège a été maintenu sur les TPO, isolant la bande de Gaza du monde extérieur ;
  • les FOI ont bouclé complètement les Territoires à la veille des élections israéliennes ;
  • A Gaza,
    - les avions israéliens ont poursuivi leurs bombardements sur la bande de Gaza ;
    - ainsi que les raids aériens sur la frontière de la bande de Gaza avec l’Egypte, forçant les gens à évacuer leurs maisons ;
  • 4 Palestiniens ont été tués par les FOI, 3 dans la bande de Gaza et un en Cisjordanie ;
    - la victimes de Cisordanie, près de Jénine, a été assassinée extrajudiciairement ;
  • 5 Palestiniens, dont un mineur, ont été blessés par des tirs israéliens à Gaza et en Cisjordanie ;
  • 30 Palestiniens ont été arrêtés, dont 10 mineurs en Cisjordanie ;
  • 3 autres civils palestiniens ont été arrêtés sur un check-point en Cisjordanie ;
  • l’occupant a mené 32 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie, et une dans la bande de Gaza ;
  • les FOI se sont emparés de grandes quantités d’engrais agricoles à Jénine ;
  • la colonisation s’est poursuivie en Cisjordanie, ainsi que les agressions des colons contre les Palestiniens ;
    - les colons ont notamment saccagé 250 dunums (25 ha) de terres agricoles dans le village de Yassouf, près de Salfit.

A Jalazoune, les Palestiniens déracinés revendiquent leur statut précaire, Le MondeYahoo! Actualités.

Le mandarinier qui parfume la courette de Nasser Sabeh, dans le camp de réfugiés de Jalazoune, en Cisjordanie, est le témoin d’un autre temps. Une époque où les chemins d’une cahute à l’autre étaient sillonnés d’arbres et de jardinets. Enveloppé de végétation, bâti sur une colline du nord de Ramallah, Jalazoune était alors surnommé “le camp vert”.
Cinquante ans plus tard, les cahutes sont devenues de mauvaises habitations de quatre à cinq étages et la verdure a disparu sous le gris des parpaings. Le camp de fortune qui abritait à ses débuts, en 1949, 3 000 Palestiniens chassés de Ramleh ou Lod par les troupes sionistes, s’est transformé en un dédale de ruelles d’un kilomètre carré, dans lequel s’entassent 13 000 réfugiés. Et pourtant, en dépit de cette métamorphose, aucun d’entre eux ne l’appelle autrement qu’”Al moukhayam”, le camp. “Cet endroit, on n’a pas choisi d’y naître, dit Nasser Sabeh, un ancien ouvrier du bâtiment, aujourd’hui au chômage. “Aussi longtemps que l’on ne pourra pas revenir sur la terre de nos parents, on ne renoncera pas à notre statut de réfugié.”

Cette profession de foi est emblématique de la mentalité des Palestiniens déracinés par la création de l’Etat d’Israël. Leur état d’esprit est autant le produit d’un choix politique que de contraintes socio-économiques. S’ancrer dans un camp, c’est maintenir en vie le rêve du droit au retour, reconnu par la résolution 194 des Nations unies. “Parmi ceux qui ont l’argent pour vivre ailleurs, certains partent mais beaucoup choisissent aussi de rester dans le camp car ils redoutent, à tort, de perdre leur carte de réfugiés”, explique Khalil Al-Sous, le directeur local de l’UNRWA, l’agence des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens.

La réhabilitation du camp de Jénine, dévasté en 2002 par l’armée israélienne, avait donné lieu à des psychodrames symptomatiques de cet attachement. Beaucoup de réfugiés s’étaient émus du fait que leurs maisons, reconstruites avec l’argent du cheikh Zayed des Emirats arabes unis, soient devenues “trop belles”. Ils craignaient, là aussi à tort, qu’on leur retire le droit au retour.

La crispation est d’autant plus forte que les réfugiés, toujours à vif sur le sujet, estiment que les bailleurs internationaux poussent l’UNRWA à se désengager. “L’éventail des services offerts par l’agence se réduit, assure Youssef Barakeh, le chef du Comité populaire de Jalazoune, un organe sous le contrôle de l’Organisation de libération dela Palestine (OLP), qui fait de facto office de municipalité. “A long terme, le plan est de transférer la responsabilité des camps à l’Autorité palestinienne.”

La politique de bouclage israélienne redouble cette logique d’enfermement. Parce qu’ils sont des foyers d’agitation, les camps de réfugiés font l’objet d’une surveillance accrue de la part de l’armée israélienne. Jalazoune a par exemple été soumis au couvre-feu le plus long de la première Intifada (décembre 1987) : 45 jours. Dès le démarrage du second soulèvement, en 2000, plus aucun permis de travail en Israël n’y a été donné et, pendant longtemps, les routes de sortie du camp ont été coupées. “Nous n’avons aucune autonomie économique, dit Youssef Barakeh.” La plus grosse entreprise de Jalazoune emploie six personnes. C’est pour dire.”

A intervalles réguliers, des rumeurs de réorganisation circulent. Il est question de tracer de grandes artères au milieu du camp et de reloger les réfugiés dont les maisons auront été démolies dans les localités alentours. Ou bien de déplacer la jeune génération dans ces villages et de laisser uniquement la vieille dans le camp. A chaque fois, le Comité populaire, qui craint d’être manipulé, dit non à ces projets. Le camp doit rester ausi précaire que le statut de ses habitants. “Améliorer le camp, c’est d’accord, mais le transformer, ça jamais”, dit Nasser Sabeh. On ne touche pas aux droits des réfugiés.

Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

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