Monde en Question

4 novembre 2009

Revue de presse

Plus de 36 millions d’Américains reçoivent des bons alimentaires, Reuters-Yahoo! Actualités.

Le nombre d’Américains qui reçoivent une assistance sous forme de bons alimentaires a franchi pour la première fois la barre des 36 millions en août, a annoncé mercredi le département de l’Agriculture.

Selon le ministère, 36,492 millions de personnes sont bénéficiaires de ce “programme d’assistance nutritive additionnelle”. En juillet, leur nombre s’établissait à 35,851 millions. Au rythme actuel, on estime qu’un Américain sur huit reçoit ce type d’assistance.

Le nombre des bénéficiaires du programme, qui aide les plus pauvres à acheter de la nourriture, a augmenté de 4,707 millions en 2009 dans un contexte de ralentissement économique, et de deux millions entre mai et août.

D’après les dernières statistiques, le montant individuel perçu en moyenne était de 132,99 dollars en août dernier, contre 101,31 dollars en août 2008.

Le fichage ethnique courant dans le logement et l’intérim , Reuters-Yahoo! Actualités.

Des offices HLM et des agences d’immobilier et d’intérim sont épinglées pour leurs pratiques de fichage ethno-racial dans un rapport rendu public mercredi par SOS Racisme.

Plusieurs grandes entreprises, dont Air France, établissent également une typologie raciale de leurs salariés, selon SOS Racisme, qui éprouve les plus grandes difficultés à faire condamner ces pratiques.

L’association déplore en outre que les victimes ne soient pas toujours au fait de l’illégalité de ces pratiques.

“Cette absence de prise de conscience résulte d’un discours obscur sur des thèmes tels que ‘la diversité’ ou de l’idée que l’instauration de statistiques ethniques permettrait de lutter efficacement contre les discriminations”, écrit-elle.

Plusieurs motifs mènent au fichage ethno-racial. Le marketing pousse à choisir les individus car leur couleur de peau ou leur origine s’associerait mieux, dans l’esprit d’un employeur, à la clientèle ou au produit.

Ainsi, pour répondre aux requêtes de L’Oréal, qui souhaitait faire présenter ses produits par des jeunes femmes blanches, les agences d’intérim du groupe Adecco codaient ces dernières “BBR” (pour Bleu Blanc Rouge).

Les “non BBR”, qui composaient près de 40% des intérimaires vendeuses de produits pour cheveux, n’étaient plus que 5% à présenter un produit de L’Oréal.

Eurodisney fixait à 20% maximum le pourcentage d’intérimaires “non BBR” pour son activité de restauration. Sur le site internet de recrutement, le candidat doit indiquer son pays d’origine en distinguant la métropole et les Dom-Tom.

QUOTAS DANS LES IMMEUBLES

Dans le secteur du logement, le fichage “est directement fondé sur l’idéologie raciste qui affecte aux individus des comportements en fonction de leur origine”, écrit SOS Racisme.

Certaines personnes sont victimes d’une politique de quotas, visant à ce qu’il n’y ait pas trop d’étrangers dans un même immeuble.

“La politique des ‘quotas’ est à son tour fondée sur l’idéologie raciste qui proclame ‘c’est quand ils sont nombreux qu’il y a des problèmes’”, ironise SOS Racisme, en référence à une phrase prononcée en septembre dernier par Brice Hortefeux. Le ministre de l’Intérieur avait alors dit évoquer les Auvergnats et non les Maghrébins.

L’Opac de Saint-Etienne, condamnée en 2009, classait les personnes selon un code couleur attribué en fonction de la consonance des noms des locataires: vert pour l’origine maghrébine, rouge pour l’africaine et jaune pour l’asiatique.

A partir de ces fichiers, ordre était donné de “stopper” ou “d’infiltrer à dose homéopathique” les locataires dotés d’un code couleur pour qu’il n’y ait pas plus de 7% de noms à consonance étrangère dans les immeubles les plus prisés.

“En conséquence de quoi, 90% des locataires d’origine extra-européenne étaient concentrés dans les immeubles ghettos de l’organisme HLM”, note SOS Racisme.

La société gérante de logements Logirep, mise en examen en juin 2009, allait même jusqu’à classer les Réunionnais blancs de peau dans le fichier “France” et les noirs dans le fichier “Réunion”.

SOS Racisme a aussi enquêté sur un fichage ethno-racial dans une entreprise dont l’Etat est actionnaire: Air France.

La compagnie aérienne, dénoncée par la CFDT en 2008, a mis en place un formulaire pour identifier les personnels navigants aptes à servir sur les vols spécialement affrétés pour les voyages officiels ou les clubs sportifs.

Ce document, rempli par le supérieur des personnels navigants, mentionne la taille, la couleur des cheveux et des yeux et la “typologie raciale: africain, antillais, asiatique, eurasien, indien, méditerranéen, occidental”.

Après une démarche vaine de SOS Racisme auprès de la Cnil (Commission nationale informatique et libertés), une enquête est en cours au tribunal de grande instance de Bobigny.

Un monde, des murs, Libération.

«Barrière de sécurité» israélienne, mur à la frontière mexico-américaine, «ligne verte» à Chypre… 20 ans après la chute du Mur de Berlin, d’autres séparations subsistent….

6 août 2009

Dossier Géopolitique : Arc de crise

Dossier documentaire & Bibliographie Géopolitique : Arc de crise créé le 14/09/2008 et mis à jour le 05/08/2009, Monde en question.

18 juillet 2009

Violences des ultra-orthodoxes

Classé dans : Palestine / Israël, Partis Extrême droite — Monde en Question @ 10:20
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Des heurts ont éclaté entre des juifs ultra-orthodoxes et des policiers jeudi à Jérusalem, à la suite de l’arrestation d’une femme membre du mouvement hassidique, qui, selon les autorités, avait privé son enfant de nourriture.

Les forces de l’ordre ont fait usage de canons à eau et de chevaux lors de ces affrontements, signalés pour la troisième journée consécutives et illustrant les tensions croissantes entre les autorités israéliennes et la communauté ultra-orthodoxe.

Les autorités affirment que la mère a affamé son fils âgé de trois ans sur une période de plusieurs années. L’enfant est actuellement hospitalisé.

Jeudi, les protestataires ont manifesté devant l’hôpital où le petit garçon a été admis, alors que le quotidien “Yediot Ahronot” publiait une photo montrant le visage d’un enfant émacié, qui pèserait actuellement sept kilos.

Selon des informations de presse, la femme souffrirait du syndrome de Munchausen par procuration, dans lequel le patient inflige des souffrances à son enfant délibérément, pour le rendre malade. Micky Rosenfeld, porte-parole de la police, a déclaré que les enquêteurs examinaient cette possibilité.

La femme, dont l’identité n’a pas été communiquée, a affirmé que son enfant était malade et qu’elle n’était pas responsable de son état de santé, position partagée par de nombreuses personnes protestant contre son arrestation. La police dit être en possession d’images vidéo la montrant en train de débrancher le tube servant à alimenter son fils à l’hôpital.

Selon Micky Rosenfeld, 28 protestataires ont été arrêtés au cours de la nuit et un policier a été légèrement blessé. Les manifestants ont brûlé des dizaines de poubelles et jeté des détritus dans les rues de la ville.

AP-Yahoo! Actualités

Depuis le début de la semaine, Jérusalem est le théâtre d’un nouvel épisode de la petite guerre qui oppose à intervalles réguliers les forces de l’ordre aux radicaux de la communauté ultra-orthodoxe (les haredim, les “craignant Dieu”).

Cette poussée de fièvre intervient huit mois après que les ultrareligieux, qui représentent deux cinquièmes de la population juive de Jérusalem, ont perdu la municipalité au profit de Nir Barkat, le candidat laïc.

Divisés pour le scrutin, les haredim sont en train de sceller leur réconciliation dans cette démonstration de force. Ses instigateurs sont des membres d’Eda Haredit, l’une des sectes les plus antisionistes du mouvement haredi, farouchement opposée aux symboles et institutions de l’Etat d’Israël. Pour autant, leur révolte ne déplaît pas aux fractions plus modérées, comme l’atteste le fait que les députés ultra-orthodoxes de la Knesset, davantage légalistes, répugnent pour l’instant à dénoncer les violences.

“Dans les périodes de tensions, les ultra-orthodoxes fonctionnent à l’égard des laïcs comme les juifs à l’égard des gentils. Ils serrent les rangs, persuadés qu’ils sont à la fois le peuple élu et le peuple le plus haï”, dit Gilad Malach, doctorant à l’université hébraïque, spécialiste des haredim. Nir Barkat, le nouveau maire devra se montrer habile pour ne pas perdre dans la rue le pouvoir décroché dans les urnes.

Le Monde

Lire aussi :
• Mother suspected of starving toddler son, Ynetnews
• Poursuite des violences à Jérusalem, Le Jerusalem Post
• Jerusalem police chief: Where are the sane rabbis?, Ynetnews
• Police slam Haredi leadership for silence in face of Jerusalem riots, Ha’aretz
• KAUFMAN Ami, Religious vs. secular / A Mideast spectacle of a different kind, Ha’aretzHalf & Half
• Hassidisme, Wikipédia
• Haredim, Wikipédia

Avigdor Lieberman “Persona non grata”

Classé dans : Palestine / Israël, Partis Extrême droite — Monde en Question @ 09:18
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La carrière de diplomate d’Avigdor Lieberman pourrait tourner court. Le très controversé ministre israélien des Affaires étrangères risque d’être poussé vers la porte de sortie. Après plusieurs années d’investigations, une équipe spéciale de policiers a remis cette semaine un dossier présenté comme accablant au procureur général Menahem Mazouz.

Selon la radio militaire, citant des hauts responsables de la police, les enquêteurs disposent de «suffisamment de preuves» pour recommander l’inculpation d’Avigdor Lieberman pour fraude, abus de confiance et blanchiment d’argent. [...] Il apparaîtrait notamment qu’Avigdor Lieberman aurait créé une «chaîne de sociétés», dont certaines seraient totalement fictives, notamment à Chypre avec l’aide d’hommes d’affaires russes et autrichiens, ont précisé la radio militaire et le Yédiot Aharonot, quotidien à grand triage. Ce dispositif aurait permis à Avigdor Lieberman de «blanchir» d’importantes sommes d’argent qui auraient ensuite «atterri dans sa poche».

[...]

L’enjeu est important : cette formation a réalisé une percée aux législatives de février si bien que Benyamin Nétanyahou, le chef du gouvernement, s’est vu contraint, pour constituer une majorité, de céder aux exigences de son encombrant allié en lui accordant un «grand ministère».

Cette décision n’a apparemment pas été des plus judicieuses pour l’image de marque d’Israël à l’étranger. En raison des accusations de racisme anti-arabe lancées contre lui, le ministre des Affaires étrangères est devenu pratiquement persona non grata dans une bonne partie du monde. Cet «isolement» diplomatique est tel qu’Avigdor Lieberman en a lui même tiré les conclusions en affirmant récemment qu’il ne se sentait pas en droit de négocier le sort des colonies israéliennes de Cisjordanie avec George Mitchell, l’émissaire spécial de Barack Obama au Moyen-Orient, en raison d’un «conflit d’intérêts» – dû au fait qu’il habite l’une de ces colonies.

Le Figaro

7 juillet 2009

Feu vert américain à Israël ?

Classé dans : Editorial, Iran, Palestine / Israël, USA — Monde en Question @ 15:22
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Selon une dépêche de l’Associated Press, publiée le 5 juillet, les États-Unis auraient donné le feu vert à Israël pour attaquer l’Iran.

Les États-Unis ne feront pas obstacle à Israël si l’État hébreu juge nécessaire une action militaire pour éliminer la menace nucléaire iranienne, car c’est un pays souverain, a déclaré dimanche le vice-président américain Joe Biden.

Les États-Unis “ne peuvent pas dicter à un autre pays souverain ce qu’il peut ou ne peut pas faire”, a déclaré M. Biden sur la chaîne de télévision ABC. L’État hébreu peut déterminer par lui-même “ce qui est dans son intérêt et ce qu’il décide vis-à-vis de l’Iran ou tout autre pays”.

“Que nous soyons d’accord ou non, ils ont le droit de le faire. Tout pays souverain a le droit de le faire”, a-t-il ajouté. “Si le gouvernement (de Benyamin) Nétanyahou décide d’agir différemment de ce qui est fait actuellement, cela relève de leur droit souverain. Le choix ne nous appartient pas.”

AP-Yahoo! Actualités

Selon une dépêche de l’AFP, publiée le 7 juillet, les États-Unis n’auraient pas donné le feu vert à Israël pour attaquer l’Iran.

Le président américain Barack Obama a affirmé mardi que les États-Unis n’avaient “absolument pas” donné leur feu vert à Israël pour attaquer l’Iran afin de l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire, dans une interview à la chaîne de télévision CNN.

Interrogé sur le fait de savoir si les États-Unis avaient donné leur feu vert à Israël pour une éventuelle attaque de l’Iran, M. Obama a répondu “absolument pas. C’est très important, je suis aussi clair qu’il est possible de l’être” sur ce sujet.

Mais… “Le vice-président Joe Biden l’a dit catégoriquement : nous ne pouvons dicter à d’autres pays la conduite à tenir en matière de sécurité”, a relevé le président américain qui se trouve à Moscou depuis lundi.

AFP

L’agence israélienne Guysen semble croire à version Obama.

Le département d’État américain a déclaré dans un communiqué paru lundi, que la déclaration de Joe Biden selon laquelle Israël devait décider d’elle-même des solutions à prendre contre la menace nucléaire iranienne, ne pouvait être considérée comme un « feu vert » américain pour une attaque militaire israélienne sur l’Iran.

« Nous n’allons certainement pas donner notre feu vert pour quelque attaque militaire que ce soit, mais Israël est un pays souverain et nous n’allons pas lui dicter ce qu’il doit faire », a expliqué le porte-parole du département d’État Ian Kelly.

Le communiqué indique que les États-Unis « partagent avec Israël leur profonde inquiétude sur le programme nucléaire iranien ».

Guysen

L’agence russe RIA Novosti reste perplexe.

Moscou est surpris par les propos du vice-président américain Joe Biden sur un éventuel emploi par Israël de la force armée contre l’Iran, a déclaré mardi le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères (MID) Andreï Nesterenko.

“Nous sommes pour le moins étonnés par les propos du vice-président américain Joe Biden. Nous estimons qu’ils sont en contradiction flagrante avec les approches déclarées par le président américain Barack Obama concernant le règlement de la situation autour du programme nucléaire iranien, et notamment la disposition des États-Unis à engager le dialogue avec Téhéran afin de rechercher une solution à ce problème par des moyens politiques et diplomatiques”, a indiqué le porte-parole de la diplomatie russe.

RIA Novosti

Que penser de ce double langage ? Non seulement entre Biden et Obama, mais aussi de Obama lui-même. Philippe Grasset minimise cette affaire :

Le mythe resurgi d’une attaque contre l’Iran, que nous avons subi pendant trois longues années, l’est ici à partir de circonstances complètement fortuites bien plus que de fuites ou de pressions maladroites. C’est le pur produit du système de communication, enchaînant le thème sensationnel associé à “la politique de l’idéologie et de l’instinct” qui a prévalu officiellement pendant huit années, additionné au caractère d’un homme prompt à un peu trop parler. C’est un signe intéressant que l’extrémisme constant, ce “gauchissement” (vers la droite extrême, pour ceux que l’étiquetage passionne) systématique du discours et des options, est d’abord le produit de l’automatisme de la communication, qui est une sorte d’idéologie en soi. Il semble que tout le monde a paniqué dans cette affaire, y compris les Israéliens qui ont fait passer vite fait le message, par le Washington Times, qu’ils ne demandaient aucune autorisation d’attaquer à Washington, – impliquant par là qu’ils la demanderaient s’ils devaient attaquer, comme, apprend-on de source officielle israélienne cette fois, Olmert l’a fait auprès de Bush.

La chose (l’Iran) semble donc tenir à cœur à Obama, par conséquent la politique qu’il tente de mener depuis quelques mois, qu’il semble vouloir poursuivre malgré les événements depuis les élections présidentielles du 12 juin. Son intervention est abrupte et ne s’embarrasse pas de protocole. Le Absolutely not prétend répondre à la question “avez-vous donné votre feu vert à Israël pour une attaque?”, ce qui nous fait comprendre qu’effectivement la chose pourrait être demandée, ou a été demandée, ou même devrait être demandée. Pour l’instant, malgré les événements d’Iran, il semble hors de question d’appuyer de quelque manière que ce soit sur l’option militaire, même pour faire pression sur l’Iran. En soi, la réaction d’Obama est un message puissant pour l’Iran, qu’il ait été conçu de cette façon ou non, – et probablement ne l’a-t-il nullement été.

Dedefensa

Joe Biden a donné le feu vert à Israël pour attaquer l’Iran le 5 juillet. Barack Obama n’a refusé le feu vert que le 7 juillet et depuis Moscou, où il discute de la question des armes nucléaires. Pourquoi a-t-il réagi si tardivement ?

En utilisant le double-langage de la carotte et du bâton avec l’Iran, Barack Obama ne risque-t-il d’encourager la fuite en avant d’une guerre préventive déclenchée par le gouvernement de Benjamin Nétanyahou ?

Qu’en est-il de la volonté de Barack Obama de s’impliquer en faveur de la question palestinienne ? Ses atermoiements avec Israël ne sont-ils pas l’aveu de l’acceptation du fait accompli de la colonisation, qui rend impossible la création d’un État palestinien viable ?

Serge LEFORT
07/07/2009

Note du 08/07/2009 Lire aussi : Feu vert ou faux pas ?, Dedefensa.

5 juillet 2009

Temps et espaces en Palestine

HEACOCK Roger (sous la direction de), Temps et espaces en Palestine, Institut français du Proche-Orient, 2008 [Texte intégral en ligne]

Cet ouvrage est une recherche collective diverse et dynamique, qui analyse les données symboliques, discursives, archivales, orales et archéologiques de la formation sociale palestinienne à travers le temps et les lieux. Il comprend des chapitres en français (certains traduits de l’arabe) et d’autres en anglais. Ses auteurs, qui comptent des autorités reconnues mondialement ainsi que de jeunes spécialistes des territoires occupés, ont ceci en commun qu’ils soumettent les paradigmes reçus à une critique issue de la lecture/relecture des données, à la lumière des avancées théoriques contemporaines. Les textes ont été rassemblés par Roger Heacock, professeur d’histoire à l’université de Birzeit, auteur de Towards a New Tricontinental? Shifting Perspectives and Realities in the International System (Birzeit, Institut Ibrahim Abu-Lughod), de la série «Internationaliste en Palestine» et de Ma zilna huna : nous sommes toujours là (Confluences-Méditerranée).

ABU-SADA Caroline, ONG palestiniennes et construction étatique, Institut français du Proche-Orient, 2007 [Texte intégral en ligne]

Avec la reconfiguration territoriale et la mise en place de l’Autorité palestinienne qui ont suivi les accords d’Oslo, puis les bouleversements liés à la seconde Intifada, les orientations et les priorités des ONG palestiniennes ont évidemment évolué, notamment pour celles qui ont un lien avec l’enjeu du « retour à la terre ».

PARC, ONG de développement agricole créée il y a plus de vingt ans, reste officiellement rattachée au Parti du peuple palestinien (ex-Parti communiste palestinien), dont elle est issue ; elle s’est professionnalisée et a considérablement étendu son maillage sur la population palestinienne. Elle est reconnue par les bailleurs de fonds internationaux, et son budget dépasse largement celui du ministère de l’Agriculture palestinien. Entre complémentarité et concurrence, comment s’articulent ses relations avec l’Autorité palestinienne ? Quelles sont ses stratégies pour maintenir sa légitimité auprès de la population, mais aussi des bailleurs de fonds ? Ce livre décrit minutieusement les interactions, les rapports de forces et les enjeux de pouvoir qui se créent entre ces divers acteurs.

Le cas palestinien s’avère tout à fait spécifique pour ce qui est de la définition du gouvernemental et du non-gouvernemental ; mais cette spécificité même en fait une sorte de laboratoire des rapports entre le secteur associatif et un État en devenir. Avec l’essor des ONG dans les pays du Sud et la valorisation actuelle de la notion de société civile, les ONG sont devenues un objet de recherche majeur. Cette profusion d’études offre parfois d’excellents outils théoriques, dont cet ouvrage tire le meilleur parti, tandis que certaines analyses ne résistent pas à l’épreuve du terrain palestinien…

Lire aussi :
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

4 juillet 2009

Qui arme Israël et le Hamas ?

Patrice BOUVERET, Pascal FENAUX, Caroline PAILHE, Cédric POITEVIN, Qui arme Israël et le Hamas ? – La paix pass(é)e par les armes ?,
Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix, 2009

« La guerre la plus brutale qu’Israël ait jamais entreprise ». C’est ce qu’écrivait le 20 janvier 2009 le quotidien israélien Ha’aretz au lendemain de l’opération Plomb durci.

Après cette « guerre de Gaza », bien des questions se posent. D’où viennent ces armes qui offrent à l’Etat hébreu son écrasante supériorité militaire ? Pourquoi un tel recours à la force ? Qu’en est-il du respect des lois de la guerre ?

Le présent ouvrage cible les questions militaires et humanitaires – au-delà des événements de Gaza – et tout particulièrement la problématique des transferts d’armements vers Israël.
Premier fournisseur : les Etats-Unis dont l’incommensurable aide militaire est inscrite dans des accords solides.
Suit l’Union européenne qui reste une source d’approvisionnement secondaire – avec la France en numéro un et la Belgique en quatrième place – mais dont la signification politique ne peut être éludée.
Il évoque également les armes du Hamas, artisanales pour la plupart, dont l’utilisation indiscriminée contre des populations civiles israéliennes est à la fois condamnable et contre-productive.

Le livre explore ensuite les origines de ce qu’on est bien obligé de nommer la « violence d’Etat » israélienne. Et d’expliquer qu’une certaine culture de la forteresse assiégée a fini par produire une société convaincue de sa vulnérabilité face à un environnement hostile et donc du bien-fondé de ses guerres.

Viennent enfin plusieurs rapports d’organisations internationales (Amnesty International, Human Rights Watch, Comité international de la Croix-Rouge) qui jugent sévèrement les pratiques de Tsahal, et aussi celles du Hamas.

Lire aussi :
• Qui participe au massacre des libanais et des palestiniens ?, Loubnan ya Loubnan
• Bibliographie Palestine/Israël

3 juillet 2009

Sarkozy a raison : Lieberman doit partir

La demande du président français Nicolas Sarkozy au Premier ministre Benjamin Netanyahu de remplacer Avigdor Lieberman, ministre des Affaires étrangères, met à jour une triste vérité. À l’heure actuelle, Israël n’a pas un vrai ministre des Affaires étrangères. La communauté internationale refuse de parler à un homme politique qui est considéré comme raciste, suite à la campagne menée par son parti Israel Beytenou, contre les citoyens arabes au cours de la récente campagne électorale à la Knesset. Il n’y pas d’autre manière d’interpréter la comparaison de Sarkozy entre Lieberman et Jean-Marie Le Pen politicien français d’extrême-droite.

Les réactions de colère du ministère des Affaires étrangères après le commentaire de Sarkozy, diffusé lundi sur la chaîne 2 en Israël, à savoir qu’il s’était ingéré dans les affaires intérieures d’Israël, ne sont pas pertinentes.

La France n’a pas imposer un boycott officiel de Lieberman, Sarkozy ne l’a pas non plus condamné publiquement – il a seulement transmis un message à Netanyahou en privé. Il est donc difficile de soutenir que Sarkozy s’est comporté d’une manière peu diplomatique.

Il est plus important de se concentrer sur l’essentiel, sur les dommages en cours des intérêts diplomatiques d’Israël résultant du mandat de Lieberman au ministère des Affaires étrangères. Sarkozy n’était pas le premier à exprimer son insatisfaction avec le fait que le chef d’Israel Beytenou soit élevé au sommet de la diplomatie d’Israël.

Les pays arabes refusent de parler avec Lieberman en raison de ses menaces et de ses propos grossiers sur le passé de l’Egypte et de son président.

Lorsque Lieberman a été invité récemment à Washington, l’administration américaine a exprimé son mécontentement en lui préférant le ministre de la Défense Ehud Barak, qui a été invité à rencontrer le président Barack Obama. Les prédécesseurs de Lieberman au ministère des Affaires étrangères, Tzipi Livni (Kadima) et Silvan Shalom (Likoud), ont également été invités à des réunions avec le président au cours de leurs visites à Washington. Mais pas lui.

La bizarre tentative de Lieberman d’offrir une alternative politique diplomatique, dont la principale caractéristique est le renforcement de la coopération stratégique avec la Russie comme contrepoids à l’administration Obama, s’est effondré dès le début. Avant d’inviter Lieberman à Moscou, les Russes ont envoyé leur ministre des Affaires étrangères à une réunion avec le chef du Hamas Khaled Meshal.

À la lumière de la situation internationale complexe à la veille de la reprise des négociations avec les Palestiniens et peut-être aussi avec la Syrie, Israël a besoin de tout le soutien de la communauté internationale. Il est impératif de remplacer Lieberman par un autre ministre des Affaires étrangères, qui bénéficiera d’une politique d’ouverture dans les capitales du monde.

01/07/2009
Ha’aretz
Traduction de Serge LEFORT

1 juillet 2009

Nétanyahou-Sarkozy-Lieberman

Editorial, Sarkozy is right – Lieberman must go, Ha’aretz.

Sarkozy aurait conseillé à Nétanyahou de renvoyer Lieberman, selon des responsables israéliens, AP-Yahoo! Actualités.

Nicolas Sarkozy, qui a reçu Benyamin Nétanyahou la semaine dernière à l’Elysée, lui aurait conseillé de renvoyer son controversé ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, selon de hauts responsables israéliens. A la suite de ces informations, le Premier ministre israélien a réaffirmé mardi son “entière confiance” au chef de la diplomatie de l’Etat hébreu.

Des sources gouvernementales israéliennes, qui ont requis l’anonymat, ont confirmé mardi les informations de la télévision israélienne qui rapportait que le président français s’en était pris durement à l’ultranationaliste Avigdor Lieberman, chef du parti Israel Beitenou, lors de son entretien avec Benyamin Nétanyahou mercredi dernier à Paris.

“Si les choses attribuées au président français sont vraies, alors cette ingérence du président d’un pays démocratique respecté dans les affaires d’un autre pays démocratique est très grave et intolérable”, a dénoncé le porte-parole du chef de la diplomatie israélienne Tzahi Moshe dans un communiqué.

Le cabinet de Benyamin Nétanyahou a de son côté fait savoir dans un communiqué publié après sa rencontre avec les ambassadeurs de l’Union européenne mardi, qu’”au regard de récentes informations, il était important pour lui de souligner qu’il avait une entière confiance dans le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman”.

“Le Premier ministre a ajouté qu’il sait que le ministre des Affaires étrangères Lieberman est complètement engagé en faveur de la paix et la sécurité et qu’il est un membre important du gouvernement élu de l’Etat démocratique d’Israël”, ajoute le communiqué qui ne confirme ni ne dément les informations de la télévision israélienne.

Le porte-parole de Benyamin Nétanyahou Nir Hefetz a déclaré sur la radio de l’armée israélienne que “le Premier ministre n’a pas l’impression d’avoir besoin de conseils sur son gouvernement de sources extérieures”.

L’Elysée n’a pas souhaité commenter ces informations. Lors du point de presse au Quai d’Orsay, le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères Romain Nadal a renvoyé les journalistes au communiqué publié après l’entretien entre MM. Sarkozy et Nétanyahou. “C’est ce compte rendu qui reflète le contenu de cet entretien”, a-t-il expliqué, notant que le nom du chef de la diplomatie israélienne n’y était pas mentionné.

Selon l’une des sources officielles, Avigdor Lieberman a demandé à ses subordonnés de ne pas commenter davantage ces informations, afin d’éviter des tensions diplomatiques.

Selon ces sources, Nicolas Sarkozy aurait conseillé à Benyamin Nétanyahou de se “débarrasser de cet homme” et le remplacer par la modérée Tzipi Livni, ancienne ministre des Affaires étrangères. Le Premier ministre aurait répondu au dirigeant français qu’en privé, Avigdor Lieberman, “parle différemment” que dans ses discours politiques, mais Nicolas Sarkozy aurait rétorqué qu’en privé, le président du Front national Jean-Marie Le Pen est “un homme très gentil”, ajoutait-on de mêmes sources.

La nomination de l’extrémiste Avigdor Lieberman à la tête de la diplomatie israélienne avait été mal reçue par la communauté internationale en raison de ses positions intransigeantes sur le processus de paix israélo-palestiniens et ses provocations verbales dénoncées comme racistes.

Sarkozy embarrasse Nétanyahou, Yahoo! ActualitésLibération.

Nicolas Sarkozy, en particulier depuis son discours l’an dernier à la Knesset, est l’ami d’Israël. On ne s’attendait donc pas à ce qu’il en vienne à comparer Avigdor Lieberman, le très extrémiste et raciste chef de la diplomatie de l’Etat hébreu, à Jean-Marie Le Pen. C’est ce qui a le plus choqué, du ministère des Affaires étrangères aux médias israéliens, y compris le quotidien de référence Haaretz, qui consacre sa une à l’affaire.

Au départ, il y a une conversation un peu complice, lors d’une rencontre à l’Elysée, le mercredi dernier, entre Sarkozy et Benyamin Nétanyahou, deux hommes qui se connaissent bien et s’apprécient. Et ce conseil sans doute amical, donné devant témoins, du président français à son hôte : «Débarrasse-toi de lui [Lieberman, ndlr] et prends à la place Tzipi Livni [la chef de l'opposition]. Avec elle et Ehud Barak [le ministre travailliste de la Défense], tu pourras faire l’Histoire.» Ces propos ont provoqué la colère dans l’entourage du chef de la diplomatie israélienne. «Si ce qui est attribué au président français est exact, il s’agit d’une immixtion d’un président d’un Etat démocratique respecté dans les affaires d’un autre pays démocratique, une chose grave et inacceptable», a enragé hier, un conseiller de Lieberman. «Nous espérons qu’au-delà des positions politiques de chacun, tous les partis en Israël condamneront une intervention aussi grossière d’un Etat étranger dans nos affaires intérieures.» Tous les partis, non, puisque Ahmed Tibi, un député arabe israélien, membre de la Liste arabe unie, a félicité le président français : «La communauté internationale commence à prendre en compte le danger fasciste»,représenté par Avigdor Lieberman.

28 juin 2009

Heurts entre pacifistes et soldats israéliens

Classé dans : Palestine / Israël — Monde en Question @ 16:50
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Des échauffourées entre soldats israéliens et militants pacifistes étrangers ont fait plusieurs blessés légers samedi près de Safa, au nord de Hébron, en Cisjordanie occupée, ont rapporté des témoins.

Les blessés, parmi lesquels un photographe de Reuters, souffrent de contusions et de plaies légères.

Les pacifistes voulaient accompagner des paysans palestiniens jusqu’à des champs mais en ont été empêchés par les soldats.

Un porte-parole de Tsahal a précisé que ce secteur était une zone militaire interdite aux Israéliens et aux étrangers, et uniquement accessible aux Palestiniens.

Reuters-Yahoo! Actualités

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