Monde en Question

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Archives de Catégorie: Moyen-Orient

Les femmes ignorées des féministes


Alors que les féministes françaises proclament que le happening des Femen serait le nec plus ultra de la libération des femmes, elles ignorent totalement les luttes sociales. Elles ignorent ou méprisent par exemple le combat des Palestiniennes.

Trois femmes pales­ti­niennes du petit village de Nabi Saleh, situé à 25 km de Ramallah vien­dront nous parler de leur quotidien. A Nabi Saleh, ce n’est pas la construction du "mur" qui a été le déclen­cheur conduisant à la consti­tution d’un Comité de résis­tance, mais l’expansion de la colonie israé­lienne voisine de Hal­lamish qui se déve­loppe depuis 1977 en dépos­sédant les paysans de leurs terres. La par­ti­cu­larité de Nabi Saleh est la pré­sence des femmes, qui jouent un rôle très important dans la prise de déci­sions et la conduite des actions.
AFPS

Obsédées par la mise en scène spectaculaire de leur cul, elles ignorent ou méprisent aussi les Afghanes comme Malalaï JOYA. Lire l’hommage et le dossier qui lui sont consacrés.

D’un point de vue plus général, il conviendrait, ce qui n’est pas politiquement correct en France, de dire féminismes pour rendre compte de "leur pluralité historique, idéologique et politique et dans leurs expressions pratiques et théoriques" (Delphine GARDEY (sous la direction de), Le féminisme change-t-il nos vies ?, Textuel, 2011).

En France au contraire de la Grande-Bretagne par exemple, les féministes ont été quasi absentes de la lutte pour le droit de vote des femmes pour des raisons sociologique et politique : "femmes issues de la bourgeoisie parisienne" pour l’essentiel. Ainsi, ce droit leur fut octroyé le 21 avril 1944 par le Comité français de la Libération nationale dirigé par le général de Gaulle.

04/04/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Articles Femmes Afghanes, Monde en Question.
Articles Femmes Palestiniennes, Monde en Question.
Dossier documentaire Féminismes-Masculismes, Monde en Question.

La majorité des Israéliens soutient la solution à deux États


Un nouveau sondage publié mardi a révélé que 62% des Israéliens soutenaient la solution à deux États et pensaient qu’il s’agissait de la meilleure option pour l’État israélien, a rapporté le Jerusalem Post.

Le sondage a été mené auprès de 500 personnes issues d’un échantillon représentatif de la population adulte juive par le groupe Smith Research pour l’organisation Blue and White Future.

La recherche montre que 69% des interrogés âgés de 50 ans et plus soutiennent la solution à deux États, par rapport à 63% chez les 30-49 ans et 42% chez les 18-29 ans.

De plus, 25% des 18-29 ans soutiennent l’annexion des territoires palestiniens sans donner aux Palestiniens tous les droits civils, par rapport à 16% des 30-49 ans et 7% des 50 ans et plus.

Quant au facteur de l’âge, l’étude montre que les plus jeunes tendent à adopter des positions plus orientées vers la droite que les adultes.

En réponse aux résultats de l’étude, le coprésident de l’organisation Blue and White Future, Gilad Sher, a déclaré que l’opinion publique israélienne "commençait à internaliser" l’idée de la nécessité d’une solution de deux États.

Il a ajouté que la responsabilité du gouvernement était de pousser dans cette direction, déclarant au Jerusalem Post qu’il était de "l’intérêt national" du pays d’en faire autant.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a soutenu la solution à deux États dans son discours Bar Illan en juin 2009.

20/12/2012
Renmin Ribao

Lire aussi :
• Les Israéliens davantage préoccupés par la pauvreté que par l’Iran, CCIPPP.
Veille informationnelle Palestine, Monde en Question.
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.

Texte de l'accord de cessez-le-feu


L’accord de cessez-le-feu conclu sous médiation égyptienne entre Israël et les groupes combattants à Gaza prévoit que les deux parties cessent leurs frappes aériennes comme leurs tirs de roquettes à dater de 21h00 heure de Gaza (19h00 GMT).

Voici le texte de cet accord :

Dispositions convenues relativement à l’accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et les groupes combattants de la bande de Gaza, dirigés par le Hamas, avec la médiation de l’Égypte :
1. Israël cesse toute action agressive à Gaza, que ce soit par mer, par terre ou par les airs, y compris toute incursion et tout assassinat ciblé.
2. Les factions palestiniennes et la branche armée cessent toute action agressive depuis la bande de Gaza contre Israël, y compris tout tir de roquette et toute attaque à la frontière entre la bande de Gaza et Israël.
3. Les points de passage seront ouverts et la circulation des biens et personnes seront facilités, sans restreindre les déplacements des habitants ni les prendre pour cible près des zones frontalières. Cette mesure sera mise en oeuvre 24 heures après l’entrée en vigueur du présent accord.
4. Tout autre problème éventuel sera discuté en tant que besoin.

Mécanisme de mise en œuvre :
1. Décision de l’heure zéro pour le début de l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu.
2. Obtention par l’Égypte de garanties de toutes les parties qu’ elles respecteront les dispositions convenues.
3. Engagement de la part de chaque partie à s’abstenir de toute action unilatérale ou violation de ces accords. Toute éventuelle observation sera transmise à l’Égypte, en tant que médiateur de cet accord, qui en assurera le suivi.

Renmin Ribao

Lire aussi :
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Échec du nationalisme palestinien


Ecoutez, nous [OLP], nous avons décidé, il y a 19 ans, d’arrêter toute la lutte militaire pour décider de négocier la solution de deux États. Mais soyons honnêtes, nous avons échoué. La solution préconisée par le Président Mahmoud Abbas, par le Premier ministre, par Yasser Arafat avant son décès, ça fait 20 ans que nous négocions soi-disant une solution de l’occupation militaire de nos territoires depuis 45 ans. Et qu’est-ce que nous avons fait ? Nous n’avons même pas réussi à faire retirer l’armée israélienne ni de Gaza ni de Cisjordanie, ni de Jérusalem-Est.

[...] je vous dis que moi, je suis l’ambassadeur de Palestine, et je vous dis que, malheureusement, la stratégie de ma direction, la mienne, celle que je défends maintenant depuis 45 ans, elle a échoué. Dites-moi à quoi ont servi les négociations pendant 20 ans ? Nous avons commencé à négocier à Madrid en 1990. On a continué en 1993, on a arrêté la lutte armée, on a voulu montrer qu’on était respectueux du droit international, et Israël nous a donné une claque.


18/11/2012, Leïla Shahid : "Notre stratégie non-violente face à Israël est un échec", RTBFTélécharger mp3.

Moi je travaille à Bruxelles et tout ce que nous demandons (gel de la colonisation, respect des frontières et de la capitale) sont des référents de l’Union européenne. Les Palestiniens ne sont pas des sous-hommes qui n’auraient pas le droit d’être protégés par le droit. La négociation politique que nous menons depuis Oslo il y a 20 ans est un échec. L’occupation est encore pire, le mur encore plus grand, que la répression est plus grande…


19/11/2012, Leila Shahid, déléguée générale de Palestine sur RTL : "Il est temps que l’on sanctionne Israël", RTLTélécharger mp3.

Il est rare qu’un responsable politique du niveau de Leïla Shahid, qui est déléguée générale de l’Autorité palestinienne [OLP] auprès de l’Union européenne, avoue l’échec de la stratégie de son organisation depuis plus de 20 ans.

Elle oublie quand même de dire que l’échec de la négociation politique entre l’OLP et l’État d’Israël fait suite à l’échec de la lutte armée de l’OLP contre l’État d’Israël à une époque où pourtant la lutte armée de libération nationale avait le vent en poupe – FLN en Algérie (1954-1962) et FNL au Viêt Nam (1954-1976).

L’échec de l’OLP vient principalement de sa nature sociale qui l’incita à avoir une confiance excessive dans le soutien des États arabes à la création d’un État palestinien. Or, les États arabes ont toujours instrumentalisé la question palestinienne sur le dos des Palestiniens. L’OLP a échoué sur le plan de la lutte armée et de la négociation politique, qui de concession en concession s’est transformée en collaboration avec l’occupant, parce qu’elle a privilégié la question nationale par rapport à la question sociale.

Le Hamas collabore aussi avec l’occupant, mais sans négocier ouvertement avec lui. Ismaël Haniyeh doit pourtant, par exemple, demander la permission pour sortir de Gaza. Sa police exerce dans les limites imposées les services israéliens, etc. Mais le Hamas approuve le lancement de roquettes contre des civils israéliens pas des groupes qu’il contrôle plus ou moins. Il sait que ces actions sont dérisoires et contre-productives, mais c’est le prix à payer pour apparaître comme le pôle de la résistance.
Dérisoire car l’armée israélienne, la mieux équipée du Moyen-Orient, a des moyens biens supérieurs. La dissymétrie du nombre de morts palestiniens et israéliens est éloquente. Selon l’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem du 19 janvier 2009 au 30 septembre 2012, 271 Palestiniens tués à Gaza contre 4 Israéliens.
Contre-productive car les médias dominants du monde entier ne parlent que des roquettes "des terroristes du Hamas" qui servent de prétexte au gouvernement israélien pour bombarder massivement les Palestiniens de Gaza.

Leïla Shahid croit-t-elle encore à un État palestinien sur les confettis de localités encerclées par des routes réservées aux seuls israéliens ? Elle fait peut-être encore semblant d’y croire car elle ne se convertira pas à "la résistance islamique en Palestine" comme les organisations pro-palestiniennes occidentales. Ces organisations prient aujourd’hui pour que l’Égypte ou le Qatar sauvent les Palestiniens de Gaza d’un massacre planifié. Une farce tragique.

20/11/2012
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Théo COSME, Moyen-Orient 1945-2002 – Histoire d’une lutte de classes, Senonevero, 2002 [Introduction].
De la fin de l’Empire ottoman à la guerre du Golfe (1991), la "Question d’Orient" était celle du développement des rapports capitalistes au Moyen-Orient. L’Orient fut une " Question " car ce développement n’était pas endogène. La formation de bourgeoisies y fut cahotique et la production de prolétaires catastrophique. Depuis la fin de l’Empire Ottoman, la formation de rapports sociaux spécifiquement capitalistes s’est déroulée au Moyen-Orient au travers de la succession de trois fractions dominantes de la bourgeoisie : bourgeoisie foncière, administrative et commerçante ; bourgeoisie nationaliste ; bourgeoisie rentière (malgré nos critiques, nous reconnaissons notre dette aux travaux de Georges Corm). Chacune, dans sa spécificité, inclue et exprime à un moment donné les nécessités générales du développement du capital. Par là également, leur action peut parvenir à d’autres buts que ceux qu’elles s’étaient primitivement fixés. C’est dans ce cadre que nous étudions la formation de l’État d’Israël, la montée de l’islamisme, la révolution iranienne, la guerre du Liban, la première Intifada, l’échec du mouvement palestinien, l’invasion du Koweit et l’élimination finale de la figure autonome du rentier. Plus généralement les guerres israélo-arabes sont, pour les pays arabes, le critère et l’histoire du développement en leur sein des rapports sociaux capitalistes, l’existence d’Israël a été jusqu’à maintenant la contrainte à ce développement.

C’est la guerre du Golfe en 1991 qui a définitivement résolu le problème essentiel que dans la restructuration mondiale du mode de production capitaliste posait le Moyen-Orient : l’intégration de la rente pétrolière dans la péréquation générale du taux de profit. On peut alors cesser de considérer le Moyen-Orient comme une question particulière. La "Question d’Orient" est fondamentalement résolue dans la mondialisation des rapports capitalistes ce que confirment la caducité du sionisme l’effacement et les risques d’implosion de l’Arabie Saoudite, la seconde Intifada, l’évolution de l’islamisme et la guerre américaine en Afghanistan.

Il reste maintenant la question générale de la définition, de l’exploitation et de la reproduction d’un prolétariat massivement déraciné et paradoxalement renvoyé à des solidarités apparemment traditionnelles.

Outre son découpage et la compréhension de celui-ci, le parcours du capitalisme au Moyen-Orient pose plusieurs problèmes théoriques majeurs : le caractère non endogène du développement du capitalisme ; le rapport entre les identités intermédiaires (communautés religieuses ou ethniques) et l’État-nation ; le rapport de la rente pétrolière à la péréquation du taux de profit ; les formalisations religieuses et nationalistes de la lutte de classe.

Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.

Tragédie-comédie en Palestine-Israël


En Palestine, se joue une tragédie-comédie entre Benyamin Netanyahou (Likoud), allié à Avigdor Liberman (Israel Beytenou), et Ismaël Haniyeh (Hamas). Comme en 2009, le gouvernement israélien joue cyniquement la carte sécuritaire pour gagner les élections. Il a rompu la trêve avec le Hamas, en assassinant Ahmed Jabari, car il sait que le Hamas répliquera en lançant des roquettes artisanales contre des villes israéliennes et que les médias dominants du monde entier ne parleront que de cela.

En 2009, Ehud Olmert (Kadima) avait lancé une guerre contre les Palestiniens de Gaza dans l’espoir que son parti remporte les élections, mais Shimon Peres chargea Benyamin Netanyahou (Likoud) de former un nouveau gouvernement. En effet, bien que Kadima arriva en tête avec 28 sièges, le Likoud gagnait 15 sièges et Israel Beytenou 4. La droite et l’extrême droite sortaient gagnantes de ces élections (Knesset 2006Knesset 2009).

En 2012, Benyamin Netanyahou réalise la même opération militaire et politique contre les Palestiniens de Gaza et les Israéliens pour remporter avec l’extrême droite la majorité des sièges et réaliser le projet sioniste de Vladimir Jabotinsky : établir un État juif de la Méditerranée au Jourdain à défaut des deux rives du Jourdain.

En Cisjordanie, Mahmoud Abbas – le Pétain d’un improbable État-confetti – assure la sécurité d’Israël et ne dénonce la politique du gouvernement israélien que du bout des lèvres. À Gaza, Ismaël Haniyeh – le kapo du camp de concentration – assure aussi la sécurité d’Israël, mais en sous-main car il se présente comme comme LE résistant. Ce que croient les organisations pro-palestiniennes qui se sont converties aux mots d’ordre de "la résistance islamique en Palestine" (ISM).

En tuant Ahmed Jabari, "un sous-traitant en charge du maintien de la sécurité d’Israël dans la bande de Gaza" (Ha’aretz), Benyamin Netanyahou permet à Ismaël Haniyeh de garder intacte son image de résistant. En lançant quelques roquettes contre des civils israéliens, réplique bien dérisoire, Ismaël Haniyeh permet à Benyamin Netanyahoun de justifier les bombardements des civils Palestiniens de Gaza et d’entraîner les Israéliens dans une logique sécuritaire… favorable à son projet de terminer la guerre de 1948 pour établir un État juif en Palestine.

Benyamin Netanyahou et Ismaël Haniyeh ont mutuellement besoin l’un de l’autre, mais à plus ou moins long terme Ismaël Haniyeh sera éliminé. Benyamin Netanyahou a, s’il gagne les élections, l’opportunité de réalisé le projet sioniste car les États-Unis ne bougeront pas, les États arabes non plus, pas plus que la Turquie ou l’Iran. L’Union Européenne, la Russie et la Chine se taisent. Les Palestiniens sont dramatiquement seuls… face à la folie meurtrière d’une armée d’occupation qui, en plus des chars de combat, des F-16 et des drones, possède des missiles air-sol, des armes chimiques et l’arme nucléaire.

17/11/2012
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Aluf BENN, Israel killed its subcontractor in Gaza, Ha’aretzLe Monde diplomatique, 15/11/2012.

Ahmed Jabari était un sous-traitant, en charge du maintien de la sécurité d’Israël dans la bande de Gaza. Cette qualification paraîtra sans aucun doute absurde pour tous ceux qui, au cours des dernières heures, ont vu Jabari décrit comme un "archi-terroriste", "le chef du personnel de la terreur" ou "notre Ben Laden".

C’était pourtant la réalité durant ces cinq années et demi. Israël a exigé du Hamas qu’il observe la trêve dans le sud et la fasse appliquer par les nombreuses organisations armées dans la bande de Gaza. L’homme à qui avait été confiée cette tâche était Ahmed Jabari.

Alain Gresh rappelle la dissymétrie de cette guerre coloniale qui ne dit pas son nom :

Selon l’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem du 19 janvier 2009 au 30 septembre 2012, 271 Palestiniens tués à Gaza contre 4 Israéliens.

Selon Selon l’organisation palestinienne de défense des droits humains PCHR, du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, 1 455 Palestiniens tués contre 13 Israéliens.

• Serge LEFORT, Le Fatah et le Hamas unis contre les Palestiniens, Palestine en Question, 18/03/2011.
• Michel WARSCHAWSKI, USA-Israël – De l’alliance à la symbiose, Palestine en Question, 25/03/2010.
• Serge LEFORT, L’alliance russo-israélienne, Palestine en Question, 15/04/2009
• Pierre STAMBUL, Des origines au triomphe électoral de la droite en 2009 : le sionisme a gommé les différences idéologiques, Palestine en Question, 14/04/2009.
• Tanya REINHART, Détruire la Palestine, ou comment terminer la guerre de 1948, La Fabrique, 2002.
• Tanya REINHART, L’héritage de Sharon – Détruire la Palestine suite, La Fabrique, 2006.
Revue de presse Guerre contre Gaza décembre 2008janvier 2009, Monde en Question.
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Etz Limon – Les citronniers


Salma vit dans un petit village palestinien de Cisjordanie situé sur la Ligne verte qui sépare Israël des territoires occupés. Sa plantation de citronniers est considérée comme une menace pour la sécurité de son nouveau voisin, le ministre israélien de la Défense.

Il ordonne à Salma de raser les arbres sous prétexte que des terroristes pourraient s’y cacher. Salma est bien décidée à sauver coûte que coûte ses magnifiques citronniers. Quitte à aller devant la Cour Suprême afin d’y affronter les redoutables avocats de l’armée soutenus par le gouvernement.

Mais une veuve palestinienne n’est pas libre de ses actes surtout lorsqu’une simple affaire de voisinage devient un enjeu stratégique majeur. Salma va trouver une alliée inattendue en la personne de Mira l’épouse du ministre. Entre les deux femmes s’établit une complicité qui va bien au-delà du conflit israélo-palestinien.

Etz Limon – Les citronniers, AlloCiné

Télécharger film VOSTFR

Critiques d’un point de vue non cinématographique (centrées sur le synopsis) :

Ciné-club de Caen
Critikat
Fiches du cinéma
Le Monde
Libération
Télérama

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Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
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Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Mur de l’Aparteid, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Anarchistes contre le mur de l'Apartheid


Leehee Rothschild, militante anticolonialiste israélienne, est en Grande-Bretagne pour quelques semaines, dans le cadre de son soutien à la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions à l’égard d’Israël). Les discussions avec la militante des Anarchistes contre le Mur sont l’occasion de s’informer sur la situation en Israël et en Palestine, tout autant que de débattre des modalités de notre soutien à la résistance palestinienne. C’est dans ce but que nous nous sommes rencontrés.

Après avoir fait connaissance, la conversation porte rapidement sur l’évolution de la situation en Israël dont, selon Leehee, la politique prouve de plus en plus le racisme inhérent à l’idée d’un "État juif". A titre d’exemples, l’élargissement à toute personne sans-papiers du statut d’ "infiltré" (qui concernait initialement les Palestiniens non autorisés à résider en Israël ou en Cisjordnaie) symbolise l’extension du racisme anti-arabes à tous ceux qui ne sont pas blancs, et la construction d’un nouveau camp pour immigrés dans le Néguev en est une des conséquences. Pour ce qui est de la nature du régime israélien, Leehee Rothschild définit le sionisme comme un mouvement colonial et raciste ayant, au profit d’une partie des Juifs occidentaux, séparé les Juifs des Palestiniens, ainsi que les Juifs européens des Juifs orientaux. Par ailleurs, la place occupée par l’armée dans l’appareil d’État israélien, ainsi que la glorification de valeurs guerrières et machistes, ont des conséquences délétères en ce qui concerne la situation des femmes.

Nous en venons à la question des luttes sociales en Israël. Comme beaucoup de militants des Anarchistes contre le Mur, Leehee trouve que de nombreux aspect du "Mouvement des tentes" (ou "Mouvement des indignés israéliens") sont très problématiques, dans la mesure où aucune des questions soulevées par le mouvement n’entre en opposition avec les fondamentaux du sionisme. Pour la direction du "Mouvement des tentes", composée en majorité d’hommes blancs issus de la "classe moyenne", l’idéal serait de revenir à l’époque où la sociale-démocratie israélienne garantissait des conditions de vie satisfaisantes aux Juifs ashkénazes, tout en tenant les situations des autres populations (dont les Palestiniens) à l’écart des préoccupations exprimées. Dans cette démarche, le "Mouvement des tentes" a accouché de trois organisations politiques appartenant à la gauche sioniste : la première est liée au Parti travailliste, la seconde se rattache à la mouvance écologiste, et la troisième est l’embryon d’un parti politique qui mettrait la question de l’accès au logement des "classes moyennes" au cœur de son programme. Leehee est assez déçue que le Parti Communiste d’Israël travaille avec ces derniers.

Nous discutons ensuite des mouvements de lutte en cours en Cisjordanie, qui portent sur la dégradation des conditions de vie dans les territoires occupés, et prouvent le mensonge du "développement économique" qui aurait lieu en Palestine grâce à l’Autorité Palestinienne et sa coopération avec Israël. Le mouvement de lutte des Palestiniens critique avec virulence les accords d’Oslo ainsi que le protocole de Paris, qui organisent les échanges économiques entre l’Autorité Palestinienne et l’Etat d’Israël au profit de ce dernier. Je dis être assez choqué que le mouvement de solidarité européen n’exprime pas de solidarité avec ces mouvements, et critique l’occupation sans démasquer les institutions "palestiniennes" mises en place par l’occupant. Puisqu’il n’y a pas de "processus de paix" en dehors des discours, et que l’Autorité Palestinienne n’existe que par sa bureaucratie et sa police, il nous semble à tous deux évident que celle-ci sera aussi la cible des prochains soulèvements palestiniens. Il paraît donc impossible d’imaginer un soutien à la lutte palestinienne sans soutien aux luttes contre la coopération avec Israël.

Passés les constats sur la situation en Palestine, nous discutons maintenant des moyens d’organisation face à la politique israélienne. Ayant rencontré il y a quelques années à Jérusalem des militants des Anarchistes contre le Mur, je dis avoir perçu une certaine hétérogénéité dans leurs cultures politiques respectives, et avoir entendu plusieurs fois l’antisioniste israélien Michel Warschawski dire que dans ce contexte, le terme "anarchiste" est plus à entendre comme un synonyme de "rebelle" ou "opposant radical". Leehee me confirme que la plupart des militants de l’organisation ne sont pas anarchistes au sens idéologique du terme, et m’apprend que la plupart d’entre eux votent. Soit pour le Parti Communiste, soit pour les nationalistes arabes du Balad. Leurs références politiques se situent du côté de la gauche anticolonialiste ou encore du Bund, mouvement non-sioniste qui agissait en vue de l’autonomie politique des Juifs d’Europe de l’Est, et défendait un judaïsme intrinsèquement lié à la lutte contre l’oppression.

La plupart des membres des Anarchistes contre le Mur sont par ailleurs investis dans le collectif Boycott from Within (Boycott de l’Intérieur) qui vise à apporter une légitimité à la campagne BDS. Lorsqu’ils agissent dans ce collectif, leur activité est le plus souvent alignée sur la temporalité du mouvement de solidarité à l’international, et vise à fournir un argument face au chantage à l’antisémitisme. Leehee Rothschild a par exemple témoigné à Paris lors du procès de militants poursuivis en raison de leur appel au boycott des produits israéliens. Comme l’essentiel des militants de la campagne BDS, elle estime que la priorité n’est pas de se prononcer sur l’établissement d’un Etat binational (sur toute la Palestine historique, avec égalité des droits entre Palestiniens et Israéliens) ou sur une "solution à deux États" (dans le cadre des frontières reconnues par le droit international et les résolutions de l’ONU). Elle apprécie au contraire la campagne BDS car elle vise prioritairement à la satisfaction des revendications palestiniennes immédiates : la fin de l’occupation des territoires palestiniens, le droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs maisons, l’égalité entre Palestiniens et Israéliens.

Je décide enfin de demander à Leehee son point de vue sur l’un des débats qui traversent une partie du mouvement de solidarité depuis au moins deux ans : celui relatif au respect de l’autonomie de la lutte palestinienne. Pour beaucoup de militants, les références fréquente à une "nécessité de convaincre l’opinion publique internationale" dans l’élaboration des stratégies des Palestiniens semblent aller a contrario d’une autonomisation de la lutte. Je dis par ailleurs voir un décalage entre la couverture médiatique du rituel hebdomadaire de la manifestation non-violente jusqu’au mur de Cisjordanie, et les effets concrets d’une telle stratégie. Si la sincérité des soutiens israéliens et internationaux à la "résistance non-violente" n’est pas en cause, il conviendrait, je crois, de se demander si les militants israéliens et internationaux n’ont pas imposé leur vision de la lutte aux colonisés.

Leehee Rothschild défend aussi la nécessité de ne pas séparer artificiellement "lutte violente" et "lutte non-violente", et dit soutenir la résistance non-armée à l’occupation parce qu’elle correspond actuellement au choix des Palestiniens, et non parce qu’elle leur reprocherait de prendre les armes si telle était leur décision. Au cas où j’aurais peur que les anticolonialistes israéliens et européens aient rendu les manifestants palestiniens dépendants de leur présence, elle assure qu’un certain nombre de manifestations ne se font qu’entre Palestiniens, que ce sont les Palestiniens qui établissent leur propre agenda, et elle rappelle que contrairement à l’image déformée donnée par les médias et par certaines associations, ce type de résistance n’est pas nouveau en Palestine. Depuis plusieurs décennies, des défilés de manifestants seulement équipés de pierres et de drapeaux ont lieu en Palestine. Cependant, si les Israéliens antisionistes essaient d’organiser la lutte avec les Palestiniens, Leehee est aussi consciente de l’illusion représentée par l’idée de "rétablir l’égalité dans la lutte". A titre d’exemple, un militant israélien arrêté dans une manifestation en Cisjordanie est libéré au bout de 3 jours, quand un Palestinien reste incarcéré 3 mois.

En ce qui concerne le rapport de domination qu’il faut s’efforcer de ne pas reproduire, et l’autonomie à respecter, Leehee fait le parallèle avec les rapports entre hommes et femmes, et affirme que si un homme peut se joindre aux luttes féministes, il ne risque pas d’être violé ou harcelé sexuellement dans la rue. Selon Leehee, de ce fait, l’identité de genre range les hommes du côté des oppresseurs, et leur connaissance de l’oppression des femmes ne peut être que théorique, comme la connaissance qu’un Israélien peut avoir de la situation des Palestiniens. Tout en étant d’accord sur l’ampleur de la domination masculine, sur la manière dont elle est reproduite par les militants (ne serait-ce que dans la répartition de la parole ou dans la division du travail), et sur la nécessité de luttes ou d’expression non-mixtes, le parallèle me semble avoir certaines limites. Ne serait-ce que parce qu’il n’y a pas de séparation physique entre hommes et femmes comme entre Israéliens et Palestiniens de Cisjordanie …

Leehee revient sur la question de l’élaboration des stratégies, et insiste sur le fait que dans les "comités de résistance populaire", l’avis des Israéliens qui s’y joignent quelques heures par semaine n’est que consultatif. De plus, les Israéliens anticolonialistes qui pourraient exprimer un point de vue sur une éventuelle reprise de la lutte armée contre l’occupation militaire le feraient en fonction de considérations stratégiques. Il n’y a chez eux aucune condamnation morale de la lutte armée contre une occupation.

Je lui dis qu’une lutte cohérente contre la colonisation signifierait se positionner de manière autonome, sans se demander ce que les citoyens de l’État colonial (ou des autres États occidentaux) penseront du chemin emprunté par la lutte. Aussi, nous pouvons nous demander si les éventuels "conseils" n’entretiennent pas les complexes coloniaux. Je compare notamment la lutte palestinienne à celle du peuple algérien, qui – bien qu’elle accueillait volontiers dans ses rangs les français souhaitant fournir un appui – cherchait à porter des coups au colonisateur plus qu’à convaincre l’"opinion publique" française. Mais pour Leehee, il est important de ne pas oublier qu’à l’inverse des Français d’Algérie, qui furent rapatriés, un certain nombre d’Israéliens n’a pas d’autre nationalité, et ceux qui luttent doivent donc être attentifs à la construction de l’égalité et du vivre ensemble. Si cette préoccupation est légitime, et si personne dans le mouvement de solidarité ne remet en cause la présence des Israéliens au Proche-Orient, il me paraît assez exigeant de demander aux Palestiniens d’agir en fonction de la garantie du statut des Israéliens dans le cadre de l’hypothétique société post-sioniste à venir …

Ce débat touche cependant à des problématiques qui vont bien au delà de la seule cause palestinienne. En réalité, la question semble plus globalement liée aux tabous autour et de la lutte armée, et au recul de la réappropriation de la violence, y compris dans les luttes anticoloniales. Les discours en faveur de la "non-violence" comme les références à une opinion publique homogène qu’il s’agirait de convaincre ne sont qu’un des aspects d’un mode de gouvernance dont nombre d’activités semblent converger dans le but de masquer la violence des rapports de force. Il serait donc à la fois absurde et injuste de faire porter la responsabilité première de cette situation aux internationaux et aux israéliens qui agissent dans le cadre du mouvement de solidarité avec la Palestine …

06/11/2012
Agence Médias Palestine

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Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine – Israël, Monde en Question.

Comprendre le régime d'occupation israélien


Initié en 2002 par Israël, le Mur de Cisjordanie est le dispositif de contrôle le plus imposant, le plus visible et le plus coûteux réalisé depuis l’occupation de cette région et de la Bande de Gaza en juin 1967. Construit pour matérialiser la politique israélienne de séparation (hafrada) unilatérale, il est devenu le lieu et la cible des contestations locales et internationales. Surmédiatisé, il est désormais l’emblème du conflit israélo-palestinien : murs de béton ou portions de barrières érigés par Israël en Cisjordanie s’affichent sur les couvertures des publications journalistiques ou scientifiques. Dès lors, les évolutions actuelles et les enjeux du conflit semblent bien souvent devoir être résumés et compris à travers la seule analyse de cet édifice. Cet édifice peut pourtant aussi être considéré comme un leurre. Captés par le Mur, beaucoup d’observateurs locaux et internationaux n’ont en effet plus fait attention aux processus et aux reconfigurations du régime d’occupation israélien en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza. Considérant la séparation comme achevée et matérialisée, certains estiment même que les termes du débat et du conflit on changé. Ainsi, le Mur masque autant qu’il révèle.

Rassemblant des recherches d’anthropologues, de sociologues, d’historiens, de politologues et d’économistes, ce livre propose, justement, de déplacer le regard à l’ombre du Mur. Il entend ainsi analyser les reconfigurations du régime d’occupation israélien afin de comprendre la nature de la séparation mise en œuvre en Cisjordanie au cours des vingt dernières années. La perspective choisie met en avant le rôle des acteurs et des institutions locales et internationales qui ont contribué à redéployer ces dispositifs de contrôle, qu’elles aient participé à leur fonctionnement, ou, au contraire, qu’elles les aient contournés ou qu’elles se les soient réappropriés. Nous verrons comment, tout en jouant sur l’imaginaire de la frontière, la mise en œuvre de la politique de séparation israélienne entraîne sur le terrain une réorganisation des rapports de domination économiques, sociaux et politiques entre les populations des espaces israéliens et palestiniens. Perpétuant et renforçant leur rapport d’interdépendance, ce régime d’occupation complexe compromet la création d’un État palestinien viable.

Stéphanie Latte Abdallah, Cedric Parizot, A l’ombre du Mur : comprendre le régime d’occupation israélien, Télécharger l’article.

Lire aussi :
• 03/2009, Cedric Parizot, Après le Mur, CNRS.
• 07/2009, Cedric Parizot, Séparation et régime de mobilité entre Israël et la Cisjordanie (2000-2009) : Réglementations, pratiques et acteurs, CNRS.
Dossier documentaire Mur de l’Aparteid, Monde en Question.
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Une histoire photographique des Palestiniens (1876-1948)


Walid KHALIDI, Before Their Diaspora – A Photographic History of the Palestinians 1876-1948, Institute for Palestine Studies, 1984 réédition 2010 – édition en ligne :
- Sommaire
- Images légendées

Lire aussi :
• Bio-Bibliographie Walid KHALIDI, Wikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 22/10/2012].
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Des élections grotesques


En l’absence du Hamas et au milieu de conditions tout à fait antidémocratiques, le Fatah tient des élections locales et municipales dans des dizaines de villes et villages de Cisjordanie. Le Hamas a refusé d’y participer, invoquant une atmosphère d’État policier et l’absence de libertés civiques sous la gouvernance du Fatah. La décision des dirigeants de Ramallah de tenir des élections malgré le désaccord permanent avec le Hamas a apparemment pour but de renforcer l’emprise du Fatah sur le pouvoir dans le territoire occupé, et peut-être également de détourner l’attention de la population de la crise économique dévastatrice qui broie la plupart des Palestiniens. Elle se manifeste dans des coûts de la vie d’un niveau indécent, une pauvreté endémique et des revenus désespérément faibles qui obligent beaucoup de familles palestiniennes à adopter des mesures d’austérité sévères, dont des coupes sur les produits de consommation de base.

Selon des observateurs et quelques sondages d’opinion sporadiques, le succès des élections, du point de vue du Fatah, dépendra de l’ampleur du boycott. Certains militants du Fatah ont exprimé leur pessimisme à cet égard. "Je crains que le taux de participation ne dépasse pas 50%. Dans le pire des scenarii, il pourrait même être inférieur à 35%. Le Hamas gagnera sans avoir un seul vote," dit Ahmed Qawasmeh, porte-parole du Fatah à Hébron.

Qawasmeh impute également son pessimisme à "l’absence d’unité" parmi les candidats Fatah. "On voit des gens du Fatah en compétition les uns contre les autres. C’est à cent lieues des affirmations selon lesquelles le Fatah est uni. Le Fatah n’a rien appris de la défaite que le Hamas lui a infligée en 2006."

Hussein Amr, autre dirigeant du Fatah, exprime un optimisme prudent. Il fait valoir que le Fatah est toujours le groupe le mieux organisé et que ses chances de l’emporter sont assez bonnes. "Je crois que le Fatah gagnera dans quelques villes et dans la plupart des villages. Il se prépare à ces élections depuis des mois. D’ailleurs, il devrait bénéficier du boycott du Hamas, à moins bien sûr que les partisans du Hamas choisissent de donner leurs voix aux rivaux du Fatah," dit Suleiman al-Ja’abari, militant d’Hébron et homme politique local.

L’apathie de la population

Néanmoins, les diverses forces politiques et sociales s’accordent à dire que l’apathie de la population sera un facteur décisif dans ces élections. La décision du Hamas de boycotter les élections n’est pas la seule explication à cette indifférence générale. La combinaison de frustrations, de désillusions vis-à-vis du régime de l’Autorité palestinienne et de problèmes économiques aigus fait que les gens dédaignent les élections. Non pas que les gens ordinaires soient moins politisés qu’avant, ou soient devenus apolitiques.

"C’est juste que beaucoup pensent que ces élections ne changeront rien. Au final, la capacité d’un conseil local à apporter des changements positifs est très limitée," dit Muhammad Natshe, militant islamiste à Hébron. "Que peuvent-ils faire ? L’eau est entre les mains d’Israël. L’électricité est entre les mains d’Israël. Les routes et les passages frontaliers sont contrôlés par Israël," dit-il. "Même si les meilleurs étaient élus, ils ne pourraient quand même pas faire grand chose."

Le facteur israélien

Malgré le chambard sur la démocratie palestinienne, Israël a de fait toujours le dernier mot dans les affaires palestiniennes. Des responsables israéliens ont dit en maintes occasions qu’ils arrêteraient les candidats du Hamas qui feraient campagne ou qui participeraient aux élections. Ni l’Autorité palestinienne ni la communauté internationale n’a donné de garanties sérieuses contre l’ingérence israélienne dans le processus électoral.

"Certains peuvent reprocher au Hamas d’avoir boycotté les élections. Mais je veux leur dire : pouvez-vous garantir que les candidats islamistes ne seront pas raflés par l’armée israélienne et jetés dans les camps de concentration du désert ? Alors, à quoi sert de participer à des élections si, ce faisant, vous risquez de passer des mois ou des années en captivité ?", interroge Walid Suleiman, un militant islamiste de Dura, au sud de la Cisjordanie . Suleiman n’est pas opposé aux élections en soi. Il dit que c’est le droit légitime de la population d’élire ses conseils locaux. "Mais le processus du choix de nos représentants doit être équitable, juste, sans entraves et transparent. Et par dessus tout, tous les groupes et partis qui participent doivent avoir des chances égales." Suleiman dit que pratiquement tous les Palestiniens ont été traqués et ciblés par Israël et ses services du renseignement. "Mais personne ne peut nier le fait qu’Israël fait une fixation sur le Hamas, alors que le Fatah et les autres factions de l’OLP peuvent agir relativement librement en Cisjordanie ."

En outre, il est peu probable qu’Israël permettrait que des élections aient lieu en Cisjordanie si les Islamistes avaient la moindre chance de les remporter. C’est une des principales raisons expliquant pourquoi le Hamas n’a pas voulu participer aux élections de ce samedi. Israël et l’Autorité palestinienne ont coordonné les mesures de sécurité contre le Hamas. Il est donc pratiquement impossible que l’AP restaure l’unité avec le Hamas tout en continuant à mener une coordination sécurité avec Israël contre le mouvement. "Les deux tâches sont inconciliables," dit Walid Suleiman.

Une impasse politique

Les élections locales palestiniennes arrivent à un moment où le processus politique entre Israël et les Palestiniens est dans l’impasse. Le chef de l’AP, Mahmoud Abbas, a averti Israël cette semaine d’un "tsunami islamiste" si un État palestinien viable et territorialement contigu n’était pas établi.

Cependant, un Israël manifestement arrogant et insolent, enhardi par la domination politique juive sur la politique états-unienne, a répondu cette semaine à une direction palestinienne faible et démoralisée par deux provocations. D’abord, le Premier ministre Netanyahu a adopté le soi-disant "Rapport Levy"[1], qui considère la Cisjordanie comme un "territoire non occupé". La manœuvre ouvre la voie à la légalisation de la plupart, voire tous les avant-postes illégaux construits sur des terres privées volées aux Palestiniens. Ensuite, le gouvernement israélien a décidé de construire des centaines de logements pour de nouveaux immigrants juifs près de la ville arabe de Beit Jala, près de Bethléem.

L’expansion acharnée de l’entreprise de colonisation de peuplement juive signifie, du moins d’un point de vue palestinien, qu’Israël est farouchement déterminé à détruire ce qui pouvait rester de chance pour la solution de deux États.

20/10/2012
Khaled AMAYREH
Palestinian Information Center Traduit par MR pour International Solidarity Movement

Lire aussi :
• Khaled AMAYREH, Site de l’auteurWikipedia.
• Autorité palestinienne, Wikipédia.
• Hamas, Wikipédia.
• Elections in the Palestinian National Authority, Wikipedia.
• Palestinian general election, 2012, Wikipedia.
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine – Palestine , Monde en Question.


[1] "Israël : Netanyahu veut adopter un rapport légalisant la colonisation", AFP – Romandie, 17/10/2012.

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