Monde en Question

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Archives de Catégorie: Revue de presse

Mali – Revue de presse


Extraits de la Revue de presse :

C’est finalement le 10 janvier 2013 que la France est entrée en guerre au Mali. La communication du gouvernement français, reprise sans questionnement par les principaux médias, tend aujourd’hui à légitimer par tous les moyens et tous les arguments cette nouvelle intervention militaire française sur le sol africain et son rôle de "gendarme de l’Afrique". Pour Survie, association qui dénonce depuis longtemps l’ingérence et la domination de la France envers ses anciennes colonies africaines, il est important de rappeler quelques éléments de contexte et d’analyse critique sur cette intervention française, sans minimiser l’ampleur de la crise que connait le Mali.
[...]
En conclusion, la crise malienne et cette nouvelle intervention militaire française en Afrique révèlent l’échec de 50 années de "coopération" avec l’Afrique : armées incapables de protéger leurs populations, chefs d’État médiateurs de crises eux-mêmes putschistes, accords de défense et bases militaires qui ont perpétué le rôle de gendarme de l’Afrique que la France s’est historiquement octroyé. On ne peut que constater l’incapacité des institutions africaines et multilatérales à organiser la moindre opération de sécurisation dans la région sans avoir recours au poids lourd français, qui a tout fait pour se rendre incontournable. Ces événements appellent une fois de plus à une remise en cause de l’ensemble du cadre des relations franco-africaines.
Survie

The "war on terror" is a self-perpetuating war precisely because it endlessly engenders its own enemies and provides the fuel to ensure that the fire rages without end. But the sloganeering propaganda used to justify this is so cheap and easy – we must kill the Terrorists! – that it’s hard to see what will finally cause this to end. The blinding fear – not just of violence, but of Otherness – that has been successfully implanted in the minds of many western citizens is such that this single, empty word (Terrorists), standing alone, is sufficient to generate unquestioning support for whatever their governments do in its name, no matter how secret or unaccompanied by evidence it may be.

La "guerre contre le terrorisme" est une guerre qui se perpétue indéfiniment, précisément parce qu’elle engendre sans cesse ses propres ennemis et fournit le carburant pour que les incendies fassent rage sans fin. Malgré les slogans de la propagande utilisés pour justifier que ce n’est pas cher et facile – il faut tuer les terroristes ! – il est difficile de savoir ce qui va finalement provoquer la fin. La crainte aveugle – et pas seulement de la violence, mais de l’altérité – qui a été implanté avec succès dans les esprits de nombreux citoyens occidentaux est telle que ce seul mot vide (terroristes), à lui seul, suffit à générer un soutien inconditionnel à ce que font les gouvernements en leur nom, que ce soit en secret ou sans preuves.
Glenn GREENWALD, The Bombing of Mali Highlights all the Lessons of Western Intervention, The Guardian

Aujourd’hui, la France qui prétendait tout d’abord n’intervenir que pour bloquer les groupes armés au Nord, a revu ses buts de guerre et continue une phase offensive de sa guerre au Mali. Divers motifs militaires et politiques à l’opération Serval rendent cette opération critiquable.
Conformément aux objectifs de l’association Survie, ce document se concentre sur le rôle de la France au Mali et aborde de façon moins approfondie le rôle des autres acteurs clé de la crise. Il ne s’agit pas de les dédouaner ou de faire porter à la France l’entière responsabilité de la crise au Mali. Il s’agit de décrypter le rôle qu’a joué la France dans la genèse de cette crise et le jeu diplomatique qu’elle a mené pour une intervention militaire dont elle est aujourd’hui la principale force, à la lumière des enjeux français dans la zone. Notre analyse nous conduit à de très vives inquiétudes concernant l’évolution de l’intervention militaire française au Nord du Mali et ses conséquences. Nous avons rassemblé ces points de contexte et inquiétudes à travers le développement d’arguments détaillés ci-dessous.
Depuis le mois de juillet 2012, la France a promu une intervention militaire au Nord du Mali contre les groupes armés se revendiquant d’un islam radical qui l’occupent actuellement, afin de recouvrer l’intégrité du territoire malien, de lutter contre le terrorisme et du fait de la situation humanitaire catastrophique pour les personnes sur place et pour celles qui ont fui la zone. Les autorités françaises ont assuré pendant des mois qu’elles n’assumeraient qu’un « soutien logistique » à l’intervention africaine qui serait mise en œuvre. Pour ce faire, la France a participé à la marginalisation du rôle des acteurs maliens et a joué de son influence auprès des instances régionales (comme la CEDEAO, utilisée comme un faire-valoir) et internationales, alors qu’un certain nombre d’États de la zone et d’autres puissances internationales étaient très mitigés sur une intervention.
Survie considère que l’intervention de la France est contestable et inquiétante, du fait de son histoire et de sa posture de domination vis-à-vis de ses anciennes colonies dont le Mali, de ses accointances avec les pires régimes de la région, des désastres liés à ses interventions militaires en Afrique qui ont toujours visé à soutenir des dictateurs ou ses propres intérêts contre la volonté des peuples, et de son incapacité manifeste à prendre en compte les risques d’une intervention pour les Maliens et la région.
En réalité, pour Survie, la guerre que conduit actuellement la France au Mali s’inscrit dans la droite ligne de la politique qu’elle mène en Afrique depuis cinquante ans – une ingérence diplomatique, économique et financière et un interventionnisme militaire au service d’intérêts français, pour laquelle les décisions sont prises, comme à son habitude, sans réel débat entre l’exécutif et le Parlement et encore moins avec la population de la France.
Dossier Survie

Lire :
Revue de presse Mali 2013, sélection d’articles (Français – English – Español), Monde en Question.
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.

Revue de presse 11 Septembre 2001


11/09/2011, Anastassia TSOUKALA, Au nom du 11 Septembre – La presse face au terrorisme en France et en Grande-Bretagne, Les mots sont importants : Première partieDeuxième partie

Depuis les années 1990, et surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001, les états-Unis et les états de l’Union européenne ont multiplié les initiatives censées "répondre aux menaces du terrorisme islamiste" : durcissement des législations, renforcement de la coopération antiterroriste internationale, actions ouvertes ou clandestines violant souvent le droit international. Les effets de sidération produits par des attentats spectaculaires et meurtriers ont largement inhibé l’attention critique des citoyens face aux autres menaces que beaucoup de ces initiatives font peser sur les démocraties. C’est de ce constat qu’est né il y a deux ans un important livre collectif, plus que jamais d’actualité : Au nom du 11 septembre. Coordonné par Didier Bigo, Laurent Bonelli et Thomas Deltombe, il analyse la centralité de cet "antiterrorisme" dans la nouvelle géopolitique mondiale et son impact sur la vie politique des états démocratiques : opérations militaires, surveillance généralisée, pratiques d’exception et de désinformation… Extrait de ce livre, le texte qui suit analyse, à travers l’étude comparative de la presse écrite française et britannique, l’évolution des discours publics sur la sécurité des pays occidentaux.

11/09/2011, Michel CHOSSUDOVSKY, Qui était Oussama ben Laden ? La vérité derrière le 11 septembre 2001, Mondialisation Article publié en anglais par Global Research le 12 septembre 2001

Quelques heures après les attaques terroristes du 11 septembre au World Trade Center et au Pentagone, l’administration Bush concluait, sans preuve à l’appui, qu’Oussama ben Laden et son organisation, Al-Qaeda, étaient les suspects les plus probables. Le directeur de la CIA, George Tenet, déclarait que ben Laden "a la capacité de planifier plusieurs attaques sans avertissement". Le secrétaire d’état Colin Powell qualifiait de son côté les attaques à Washington et à New York de "déclaration de guerre", ce que George Bush confirmait dans son discours à la nation le soir même en affirmant qu’il ne "fera aucune distinction entre les terroristes qui ont commis ces actes et ceux qui les ont soutenu". L’ancien directeur de la CIA James Woolsey insinuait pour sa part la complicité de un ou plusieurs gouvernments étrangers. Et l’ancien conseiller à la sécurité nationale Lawrence Eagelberger déclarait dans une entrevue télévisée : "Je crois que nous allons démontrer que, lorsque nous sommes attaqués de cette façon, nous pouvons réagir d’une manière brutale avec force et détermination" ("we are terrible in our strength and in our retribution").
Suite aux déclarations officelles, les médias occidentaux n’ont pas tardé (sans preuves à l’appui) à approuver le déclenchement d’actions punitives contre des cibles civiles au Moyen-Orient et en Asie centrale. William Saffire écrivait à ce propos dans le New York Times : "Lors que nous aurons raisonnablement pu déterminer la localisation des bases et des camps de nos attaquants, nous devrons les pulvériser – en minimisant mais également en acceptant les risques de dommages collatéraux. Nous devrons agir par des opérations [militaires] directes mais également par des actions en sous-main [de nos services de renseignement], afin de déstabiliser les états hôtes de la terreur."
Le texte ci-dessous a pour object d’analyser l’histoire d’Oussama ben Laden et des liens entre la Jihad islamique et la politique étrangère des états-Unis depuis la Guerre froide.

11/09/2011, Jean-Claude PAYE, Le 11 septembre 2001 et la fabrique du consentement, L’Humanité

Les lois antiterroristes offrent à l’exécutif la capacité d’annuler toute forme d’opposition et de rejeter toute différenciation, même celle distinguant l’acte de sa simple éventualité. La loi n’est plus codification, cran d’arrêt face à l’arbitraire. Au contraire, elle inscrit dans le droit qu’il n’y a plus de limite à l’exercice du pouvoir.
Dans tous les pays européens, les droits de la défense sont affaiblis. Aux états-Unis, ils sont complètement supprimés pour les étrangers désignés comme terroristes par l’exécutif. Des deux côtés de l’Atlantique, les citoyens sont soumis à des mesures de surveillance qui, autrefois, étaient réservées au contre-espionnage. Les civils peuvent être soumis à des mesures de privation de liberté plus contraignantes que celles appliquées aux prisonniers de guerre.
La mutation juridique et politique est profonde puisqu’elle renverse les relations établies entre les populations et leur gouvernement, le rapport entre l’instituant et l’institué. Ce ne sont plus les populations qui instituent le pouvoir, mais ce dernier qui détermine, parmi ses ressortissants, qui est un citoyen et qui est un ennemi, qui doit être exclu de la société. La transformation est telle que l’ordre symbolique de la société est touché.
Toute question, toute référence aux objets, relève de la théorie du grand complot, car leur matérialité s’oppose à ce qui est donné à voir. Elle fait écran au regard du pouvoir, à sa capacité de donner un sens sans avoir besoin de passer par les choses. L’icône du 11?septembre donne directement à voir l’invisible. Tel le regard de la Gorgone, elle se saisit de nous et nous aveugle, car nous regardons sans voir. Le réel nous est imposé sans la médiation de la raison, sans l’interposition du bouclier de Persée, de cet écran qui permet de voir, tout en étant protégé du feu du regard.

09/09/2011, Carlos RIVERA LUGO, La barbarie de los 11 de septiembre, Rebelión

¿Qué tenemos que ver los habitantes de Nuestra América con el 11 de septiembre? En todo caso, mi memoria histórica acerca de esa fecha no empieza con el ataque terrorista en el 2001 contra las torres gemelas del "World Trade Center", sino con el criminal asalto militar de 1973 contra La Moneda, la casa presidencial chilena. Poco más de tres mil vidas inocentes fue el "daño colateral" de la primera, anunciada por sus perpetradores como "el golpe de Dios Omnipotente" contra uno de los órganos vitales del "mal". Mientras, el saldo brutal de la segunda fue sobre 30,000 vidas, incluyendo la de su heroico presidente Salvador Allende, víctimas también de otra cruzada fundamentalista: el anticomunismo.
Sin embargo, mi memoria histórica sigue resistiéndose a los simplismos ideológicos. Me trae a la mente esos otros "11 de septiembre" que han marcado mi consciencia, por lo menos en el último medio siglo. Los bombardeos criminales de Estados Unidos sobre Hanoi y todo el territorio vietnamita, incluyendo el uso de armas químicas de destrucción masiva. Murieron sobre 3 millones de vietnamitas, de los cuales 2 millones eran civiles. Igualmente recuerdo la aniquilación en 1989 -con, entre otras cosas, el bárbaro napalm usado en Viet Nam- del barrio Chorillos de la Ciudad de Panamá, donde murieron 10,000 civiles panameños como resultado de la ilegal invasión militar estadounidense.
Las guerras de Estados Unidos en Irak y Afganistán, y la no declarada en Pakistán, han dejado igualmente cientos de miles de muertos, en su mayoría civiles. Continúa operando, con absoluta impunidad, el campo de concentración estadounidense en Guantánamo. La Corte Penal Internacional saca pecho para investigar y condenar los delitos de los "malos", mientras condona los crímenes de los "buenos". Bush y su vicepresidente Cheney admiten y defienden públicamente sus crímenes y nadie su inmuta. Quien sumisamente le ha dado continuidad a las políticas criminales de éstos, el presidente Barack Obama, la Academia Sueca le otorga el Premio Nobel de la Paz. Y con ese premio en mano, ha agredido a Libia y producido allí, junto a sus aliados europeos, otro violento e ilegal "cambio de régimen", con su secuela abismal de muertos.

09/09/2011, Tom ENGELHARDT, Let’s Cancel 9/11, Antiwar

Let’s just can it all. Shut down Ground Zero. Lock out the tourists. Close "Reflecting Absence," the memorial built in the "footprints" of the former towers with its grove of trees, giant pools, and multiple waterfalls before it can be unveiled this Sunday. Discontinue work on the underground National September 11 Museum due to open in 2012. Tear down the Freedom Tower (redubbed 1 World Trade Center after our "freedom" wars went awry), 102 stories of "the most expensive skyscraper ever constructed in the United States." (Estimated price tag: $3.3 billion.) Eliminate that still-being-constructed, hubris-filled 1,776 feet of building, planned in the heyday of George W. Bush and soaring into the Manhattan sky like a nyaah-nyaah invitation to future terrorists. Dismantle the other three office towers being built there as part of an $11 billion government-sponsored construction program. Let’s get rid of it all. If we had wanted a memorial to 9/11, it would have been more appropriate to leave one of the giant shards of broken tower there untouched.

09/09/2011, Des 11 septembre à la pelle et à grande échelle, Le Grand Soir

Liste partielle des interventions de l’armée états-unienne depuis 1890.

09/09/2011, Roy ARUNDHATI, Ben Laden, secret de famille de l’Amérique, Le Monde Tribune publiée dans Le Monde du 15 octobre 2001

Pour des raisons stratégiques, militaires et économiques, George W. Bush doit à tout prix persuader l’opinion publique que ce sont les valeurs nationales de la liberté et de la démocratie qui sont visées, ainsi que le mode de vie américain. Message facile à colporter dans l’atmosphère de chagrin, d’indignation et de colère qui règne actuellement. Cependant, à supposer que le contenu en soit vrai, on peut légitimement se demander pourquoi ce sont les symboles de la suprématie économique et militaire américaine (le World Trade Center et le Pentagone) qui ont été pris pour cibles. Pourquoi pas la statue de la Liberté ? Ne peut-on alors émettre l’hypothèse que la sombre colère à l’origine des attentats n’a pas pour source la liberté et la démocratie américaines, mais le soutien et l’engagement exceptionnel des Américains pour des causes radicalement opposées : pour le terrorisme militaire et économique, l’insurrection, la dictature armée, le fanatisme religieux, le génocide impensable (hors des frontières du pays) ?
En 1996, interrogée par Leslie Stahl sur sa réaction devant la mort de 500 000 enfants irakiens après les sanctions économiques américaines, Madeleine Albright, alors ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, répondait sur CBS que c’était "un choix très difficile" mais que, tout compte fait, "nous pensons que le prix en vaut la peine". A-t-elle été renvoyée de son poste pour avoir tenu pareils propos ? Pas du tout. Elle a continué à parcourir le monde, à représenter les opinions et les aspirations du gouvernement américain. Plus grave encore, dans les circonstances actuelles : les sanctions contre l’Irak n’ont pas été levées. Des enfants continuent à mourir. Nous y voilà. Un distinguo peu subtil oppose la civilisation et la sauvagerie, le "massacre d’innocents" (ou, si l’on préfère, "le heurt des civilisations" ) et les "dommages de guerre". Pure sophistique, délicate algèbre de la "justice sans limites" ! Combien faudra-t-il de morts irakiens pour améliorer le monde ? Combien de morts afghans pour un seul mort américain ? Combien d’enfants morts pour un seul homme mort ? Combien de cadavres de moudjahidins pour le cadavre d’un seul banquier d’affaires ?
La coalition des superpuissances mondiales resserre son étau sur l’Afghanistan, l’un des pays les plus pauvres qui soient, l’un des plus sinistrés, des plus déchirés par la guerre. Les talibans au pouvoir y offrent un abri à Oussama Ben Laden, tenu pour responsable des attentats du 11 septembre. Faut-il décimer l’ensemble de la population en guise de réparation ? L’économie est chamboulée. Et le problème qui se pose à une armée d’envahisseurs, c’est en réalité que le pays ne possède aucun des signes ou des repères conventionnels à pointer sur la carte : ni bases militaires, ni complexes industriels, ni usines de traitement de l’eau. Les exploitations agricoles se sont transformées en charniers, la campagne est jonchée de mines antipersonnel – au nombre de 10 millions, selon les estimations les plus récentes. L’armée américaine devrait donc commencer par déminer le terrain et par construire des routes pour frayer une voie à ses soldats.
En 1979, après l’invasion soviétique de l’Afghanistan, la CIA et l’ISI (InterServices Intelligence : les services de renseignement pakistanais) ont lancé la plus grande opération indirecte de la CIA depuis la guerre du Vietnam. Leur but ? Canaliser l’énergie de la résistance afghane et l’enrôler dans une guerre sainte, un djihad islamique qui dresserait contre le régime communiste les pays musulmans de l’Union soviétique et finirait par l’ébranler.
Au fil des ans, par l’intermédiaire de l’ISI, la CIA a financé et recruté, dans quarante pays musulmans, des dizaines de milliers de moudjahidins extrémistes qui ont servi de soldats dans cette guerre que livrait l’Amérique par pays interposés. La grande masse d’entre eux ne savaient pas qu’ils se battaient pour l’Oncle Sam. (Mais l’ironie veut que l’Amérique n’ait pas su non plus qu’elle finançait une future guerre contre elle-même.)

09/09/2011, Alain GRESH, 11-Septembre, qu’est-ce qui a changé ?, Le Monde diplomatique

Dix ans après, "la guerre contre le terrorisme", qui visait à éradiquer toute menace, y compris celle des Etats dénoncés comme "voyous", est un échec, et la rhétorique belliciste de Washington s’est atténuée. Les Etats-Unis devraient se retirer d’Irak d’ici à la fin de l’année, laissant derrière eux un pays détruit, avec un gouvernement divisé et corrompu, qui sera plus proche de Téhéran que de Washington. En Afghanistan, malgré les déclarations lénifiantes, la montée en puissance des talibans apparaît irrésistible, tandis que le Pakistan s’enfonce dans la crise. Quant à Al-Qaida, si son chef Oussama Ben Laden et nombre de ses hauts dirigeants ont été tués, elle a essaimé au Maghreb, au Yémen, au Nigeria, etc.
Le prix de ces guerres, avant tout payé par les peuples qui en ont été les victimes, pèse aussi sur les Etats-Unis et plus largement sur l’Occident, de deux manières. Elles ont permis une remise en cause des libertés au nom de la lutte contre le terrorisme, légalisé la torture, les enlèvements, les écoutes illégales, les assassinats ciblés, etc., pratiques qui se sont étendues malgré l’élection du président Barack Obama, comme le montre le maintien du bagne de Guantanamo ou l’utilisation sans restriction de drones.
Le terrorisme est devenu un concept attrape-tout permettant aux Etats de justifier leur politique de répression.

09/09/2011, Il faut combattre les causes du terrorisme, Renmin Ribao

Les attaques du 11 septembre ont laissé des traces profondes, pas seulement par rapport aux mesures de sécurité renforcées mises en place dans les pays occidentaux, qui ont empiété sur la vie privée et même les droits de l’homme ; elles ont aussi provoqué une escalade de l’animosité entre le monde musulman et l’Occident.
Les guerres menées en Irak et en Afghanistan par les Etats-Unis et présentées comme une partie de leur guerre contre le terrorisme, ont provoqué d’énormes pertes en vies humaines et n’ont seulement réussi qu’à exacerber la fracture entre les musulmans et l’Occident.
Tout en se souvenant des victimes des attaques du 11 septembre, le monde devrait aussi réfléchir sur les vies perdues du fait de ces actions militaires et d’autres attaques terroristes, et songer au fait que la force militaire seule a peu de chances de mettre fin au terrorisme. Les conflits et les troubles sont le lit du terrorisme. Et la pauvreté et l’arriération en sont son terreau.
Pour extirper les racines du terrorisme, la communauté internationale devrait faire des efforts conjoints pour soulager les tensions régionales et mondiales, éradiquer la pauvreté et promouvoir la coopération et la réconciliation. Il faudra pour cela des mesures économiques, sociales et politiques coordonnées.

09/09/2011, Deux poids et deux mesures obstruent les efforts anti-terrorisme, Xinhua

Un grand défi aux efforts anti-terrorisme du monde est le manque d’un standard commun. En particulier, les Etats-Unis et ses alliés occidentaux ont utilisé à maintes reprises deux poids et deux mesures sur les question anti-terrorisme, qui ont obstrué le progrès des efforts globaux.
Après les attentats du 11 septembre, Washington a lancé une "guerre contre le terrorisme" soit-disante en Afghanistan et en Irak, menant au meurtre des milliers des civils inoncents et au déplacement des milliers d’habitants.
Souvent, les Etats-Unis ont fermé les yeux sur les dégâts et les menaces causés par les extrémistes dans la République Tchetchène de Russie, et ont adopté deux poids et deux mesures sur la question des forces séparatistes dans la région de Xinjiang de Chine, rejetant la demande de Chine d’expulser les membres du "Mouvement islamique du Turkestan oriental", qui a une relation étroite avec al Qaîda.
Par ailleur, le mot "anti-terrorisme" a parfois servi d’un outil politique pour promouvoir les intérêts nationaux occidentaux et les objectifs idéologiques, et est même utilisé comme une excuse facile pour intervenir dans les affaires intérieures d’autres pays.

07/09/2011, Il y a 10 ans, le 11 septembre 2001 : les attentats suicides contre les tours du World Trade Center, Lutte Ouvrière

Mais si cet attentat ignoble illustrait la vulnérabilité des états-Unis, principale puissance impérialiste qui domine le monde, il a contribué en réalité à renforcer l’impérialisme américain.
Car le gouvernement Bush et le patronat américain se sont immédiatement servis de l’émotion provoquée pour amener la population à serrer les rangs derrière eux, à accepter de nouvelles aventures militaires et des sacrifices économiques considérables au nom de "la guerre contre le terrorisme".
Une semaine après les attentats, le Congrès était déjà saisi d’un projet de loi de 350 pages renforçant les pouvoirs de répression de la police et du FBI. Appelé "USA Patriot Act", ce projet de loi, manifestement en chantier avant les attentats, n’attendait qu’une occasion pour sortir des cartons. Des dizaines de lois, décrets, règlements répressifs furent adoptés dans la foulée. L’appareil d’état retrouva pratiquement tous les pouvoirs qu’il avait du temps du Maccarthysme et qui avaient été rognés dans les années 1960 et 1970 par le mouvement pour les droits civiques, la révolte noire, la lutte contre la guerre du Vietnam.
Le 11-Septembre a permis de légaliser à nouveau des pratiques qui étaient devenues illégales et ne pouvaient être utilisées au grand jour, comme l’espionnage sans mandat d’étrangers ou de citoyens américains, leur mise sur écoute, l’accès à tous leurs comptes, données médicales, etc. Les étrangers peuvent être légalement détenus indéfiniment sans motif. Et puis n’importe qui peut être taxé de terrorisme, pour participer à un piquet de grève, pour critiquer le président, etc.
Les tribunaux militaires jugent sans appel les étrangers accusés de terrorisme. Ils peuvent ne pas produire leurs preuves, juger à huis clos, sans la présence de l’avocat et même sans l’accusé. Un présumé terroriste peut aussi rester indéfiniment en prison sans jugement. La torture des prisonniers lors d’interrogatoires est légalisée.
Les rafles massives opérées par la police dans les jours qui ont suivi le 11-Septembre furent ainsi légalisées. De nombreux détenus sont restés sans motif en prison et, dix ans après, il y a encore des détenus qui n’ont pas été jugés.
Cela n’a pas empêché Bush puis Obama de prétendre œuvrer pour la défense de la démocratie américaine.

07/09/2011, 2001-2011, d’un effondrement à l’autre, Le Billet politique d’Hubert Huertas

Dix ans après la destruction des tours de New-York on assiste à un autre effondrement. Une certaine économie n’en finit pas de s’affaisser, à deux pas de Ground zéro, à Wall Street, et dans les places financières du monde entier.
Quel rapport entre les avions fonçant sur les tours, et les cours de la bourse qui décrochent : aucun, et cette absence de cause à effet, entre ces deux moments majeurs, distants de seulement dix ans, est sans doute le fait marquant de cet anniversaire. Le 11 septembre 2011, c’est quasiment le contraire de celui de 2001.
Il y a dix ans, l’Amérique, donc le monde occidental, a été attaqué par un agresseur extérieur. Une idée s’est alors répandue. Celle d’une guerre du mal contre le bien, une espèce de der des ders, le mal étant délimité à une zone géographique précise, et aux dérives d’une religion. La guerre, en ce temps là pouvait être préventive, puisque l’ennemi était localisé. Il suffirait d’un sale type abattu pour sauver la prospérité.
Que reste-t-il de cette ancienne utopie ?
Pas grand chose. L’Irak a été envahie, Saddam, qui n’était pas complice des attentats de New-York, a été pendu, aucune arme de destruction massive n’a été retrouvée, Kaboul est tombée, Ben Laden est mort, tout devait être terminé, mais tout bouillonne encore dans le même secteur de la planète.
Le monde selon dabeulyou Bush n’est pas métamorphosé. Il chauffe toujours là où il brûlait déjà.
La nouveauté c’est qu’il est dépassé. Ni le bien ni le mal ne sont géographiques. Les révolutions arabes ont démenti l’idée d’un bloc musulman que seuls des dictateurs pouvait empêcher de basculer dans l’islamisme. Après avoir honoré les despotes, la France se flatte d’ailleurs de les combattre, et le dernier acte terroriste en date est bel et bien l’œuvre d’un fondamentaliste, mais il est blanc, chrétien, et norvégien.
La grande peur ne vient plus, ou plus seulement, d’un agresseur barbu. L’ennemi n’a plus de visage. On lui donne des tas de noms, finance, spéculation, subprimes, dettes, déficit, état-providence, faillite des états, gabegie, fonctionnaires, milliardaires, magouilleurs grecs, indignados, agences de notation, une mêlée de cinq cent millions d’acteur pour une guerre intérieure.
Bien sûr, l’effondrement des bourses est moins télégénique que celui des deux tours. Il n’est pas sûr que dans dix ans, pourtant, les conséquences en soient moins radicales.

05/09/2011, La dure leçon du "smart power", Renmin Ribao

Mais il y a une leçon plus grande encore que le 11 septembre nous enseigne, celle du rôle de la puissance douce et du récit à l’âge de l’information. A l’âge de l’information, les résultats sont aussi influencés par celui qui a la meilleure histoire. La concurrence dans le récit est importante, et le terrorisme, c’est aussi un drame politique et narratif.
Une leçon-clé du 11 septembre est que la puissance militaire est certes essentielle pour contrer le terrorisme, mais que la puissance douce des idées et la légitimité sont essentielles pour gagner les coeurs et les esprits des populations musulmanes, là où Al Qaida souhaite recruter. Une stratégie du "smart power" ne saurait ignorer les outils de la puissance douce.
Mais, au moins pour les Etats-Unis, la leçon la plus importante du 11 septembre est que la politique étrangère des Etats-Unis devrait suivre le conseil que l’ancien Président Dwight Eisenhower a formulé il y a un demi-siècle : Ne soyez pas impliqué dans des guerres d’occupation, et concentrez vous sur le maintien de la puissance de l’économie américaine.

02/09/2011, David Ray GRIFFIN, Un autre regard sur le 11 septembre – 10 ans après Le Nouveau Pearl Harbor-2, Demi Lune

Deux guerres et des centaines de milliers de morts plus tard, sans oublier les populations déplacées et les réfugiés qui se comptent par millions, il convient de se demander en toute lucidité : à qui profite le crime du 11-Septembre sinon au complexe militaro-industriel, aux compagnies de mercenaires et de sécurité, aux pétroliers ?

Lire aussi : Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.

Revue de presse 11 Septembre 1973


11/09/2011, Au Chili, la jeunesse se souvient de l’autre 11 septembre, Regards

Le Chili connaît ses plus grandes manifestations populaires depuis la chute de la dictature Pinochet en 1990. Née dans une démocratie néolibérale où les inégalités se creusent, la jeunesse chilienne réclame une éducation publique, gratuite et de qualité. Au-delà du gouvernement, elle s’en prend à l’héritage de la dictature, et renoue symboliquement avec la séquence Allende. Cette année, le 11 septembre a un goût amer pour la classe politique chilienne.

09/09/2011, Carlos RIVERA LUGO, La barbarie de los 11 de septiembre, Rebelión

¿Qué tenemos que ver los habitantes de Nuestra América con el 11 de septiembre? En todo caso, mi memoria histórica acerca de esa fecha no empieza con el ataque terrorista en el 2001 contra las torres gemelas del "World Trade Center", sino con el criminal asalto militar de 1973 contra La Moneda, la casa presidencial chilena. Poco más de tres mil vidas inocentes fue el "daño colateral" de la primera, anunciada por sus perpetradores como "el golpe de Dios Omnipotente" contra uno de los órganos vitales del "mal". Mientras, el saldo brutal de la segunda fue sobre 30,000 vidas, incluyendo la de su heroico presidente Salvador Allende, víctimas también de otra cruzada fundamentalista: el anticomunismo.
Sin embargo, mi memoria histórica sigue resistiéndose a los simplismos ideológicos. Me trae a la mente esos otros "11 de septiembre" que han marcado mi consciencia, por lo menos en el último medio siglo. Los bombardeos criminales de Estados Unidos sobre Hanoi y todo el territorio vietnamita, incluyendo el uso de armas químicas de destrucción masiva. Murieron sobre 3 millones de vietnamitas, de los cuales 2 millones eran civiles. Igualmente recuerdo la aniquilación en 1989 -con, entre otras cosas, el bárbaro napalm usado en Viet Nam- del barrio Chorillos de la Ciudad de Panamá, donde murieron 10,000 civiles panameños como resultado de la ilegal invasión militar estadounidense.
Las guerras de Estados Unidos en Irak y Afganistán, y la no declarada en Pakistán, han dejado igualmente cientos de miles de muertos, en su mayoría civiles. Continúa operando, con absoluta impunidad, el campo de concentración estadounidense en Guantánamo. La Corte Penal Internacional saca pecho para investigar y condenar los delitos de los "malos", mientras condona los crímenes de los "buenos". Bush y su vicepresidente Cheney admiten y defienden públicamente sus crímenes y nadie su inmuta. Quien sumisamente le ha dado continuidad a las políticas criminales de éstos, el presidente Barack Obama, la Academia Sueca le otorga el Premio Nobel de la Paz. Y con ese premio en mano, ha agredido a Libia y producido allí, junto a sus aliados europeos, otro violento e ilegal "cambio de régimen", con su secuela abismal de muertos.

08/09/2011, Alvaro CUADRA, 11 septembre 1973, coup d’Etat au Chili, Investig’Action

Difficile de faire allusion aux événements du 11 septembre 1973 en laissant de côté ses propres passions. Car ils ont été traumatisants pour une grande majorité de Chiliens et les conséquences se font toujours sentir aujourd’hui : le coup d’Etat d’il y a plus de trente ans n’est pas enterré. Au contraire, le présent économique, politique et culturel du Chili ne s’explique pas sans lui.

Lire aussi : Dossier documentaire 11 septembre 1973, Monde en Question.

Revue de presse Libye 12/09/2011


12/09/2011, La ville fantôme de Kadhafi après le retrait des loyalistes, Info-Palestine

Jusqu’au mois dernier, la ville de Tawergha abritait 10 000 civils. Mais à l’heure du crépuscule la semaine dernière, les immeubles d’habitation s’étirent noirs et morts, au loin, et les seuls êtres à se mouvoir sont des moutons.
Ce secteur pro-Kadhafi a été vidé de sa population, vandalisé et partiellement incendié par les forces rebelles. Le Sunday Telegraph a été le premier à visiter les lieux de ce qui semble avoir été les premières représailles majeures contre des partisans de l’ancien régime.
Pour la première fois dans [la couverture médiatique de] la révolution libyenne, nous avons pu voir un grand nombre de maisons et pratiquement chaque boutique, systématiquement saccagés, pillés ou incendiés.
Même l’hôpital local a été saccagé. Les lits ont été tirés hors des chambres et lacérés. Les vitres des fenêtres et des portes ont été cassées. Les médicaments, les ordonnanciers et les feuilles d’imprimante ont été éparpillés dans les couloirs, et les médecins et les infirmières ont disparu avec tous les autres.
Au bord de la route qui mène à Tawergha, la brigade de Misurata a peint un slogan qui dit "la brigade de nettoyage des esclaves [et] des peaux noires".
Et ce n’est pas la première fois que des civils pro-Kadhafi ont souffert de représailles. En juillet, alors que les rebelles quadrillaient les montagnes du Nefousa, le village de Gawalish a subi un sort tout à fait similaire. Beaucoup de ses habitants, des retraités et de jeunes enfants ne pouvaient tout simplement pas avoir participé à une quelconque action militaire pour le régime.

09/09/2011, Libye : les secrets de Kadhafi, France Inter

L’ONG Human Rights Watch a découvert des document dans les locaux du renseignement de l’ancien régime libyen qui montrent que les services secrets occidentaux collaboraient avec Tripoli.

08/09/2011, 9/11 dans les sables libyens, Dedefensa

On parle de la situation politico-militaire, étrange, à la fois prévisible et imprévisible, qui s’est installée. La question centrale, qui envahit désormais la scène de la communication à propos de cette affaire libyenne, c’est celle des islamistes. Elle est tellement brûlante que les Israéliens, ou dans tous les cas certains d’entre eux dans les milieux de la sécurité nationale, jugent que la Libye est devenue l’une des “menaces les plus graves” qu’a à craindre Israël, parce qu’elle est d’ores et déjà aux mains des islamistes.
[...] la scène est bien campée pour que les islamistes tiennent un rôle majeur dans l’avenir de la Libye, ce qui ne correspondrait pas vraiment, sur le fond des choses et dans les circonstances qu’on décrit, à la planification américaniste-occidentaliste mais qui, par contre, constitue une potentialité particulièrement intéressante, et hautement symbolique à l’approche du dixième anniversaire de l’attaque du 11 septembre 2001.
L’étonnant miracle de l’affaire libyenne, avec ces islamistes qui pullulent, proches de prendre le pouvoir à Tripoli, et qui seront naturellement baptisés “démocrates” s’ils y parviennent puisque les robots congénitaux qui nous dirigent ne peuvent imagine de se dédire, c’est bien que la mouvance islamiste est en train de retourner contre le bloc BAO sa méthodologie de “métaphysique de la force”. Cette position prééminente des islamistes est en effet une complète inversion de l’essence frelatée de la politique de force justifiée et inspirée par 9/11. L’affaire libyenne est en train d’opérer une inversion d’un processus qui constituait lui-même une subversion de la politique extérieure et des relations internationales.

07/09/2011, Le marché de la reconstruction en Libye nous donne une idée de l’ampleur des destructions infligées par l’armée française et ses consoeurs humanitaires, Mounadil al Djazaïri

400 chefs d’entreprise français viennent de se réunir à Paris, au siège du MEDEF (le patronat français) en présence de Pierre Lellouche, le secrétaire d’Etat au commerce extérieur.
Cette réunion qui rassemblait la fine fleur de l’industrie française, dont Total, Alcatel et Bouygues avait pour thème le marché de la reconstruction en Libye.
Pour avoir une idée de l’ampleur des destructions infligées à la Libye par les forces de l’OTAN et les monarchies démocratiques du Moyen Orient, il suffit de savoir à combien est estimé le marché de la reconstruction de la Libye: 200 milliards de dollars selon l’organisation patronale française.

06/09/2011, Hier allié, aujourd’hui voyou, ou les intrigues autour de Kadhafi : les cables diplomatiques US wikifuités apportent un éclairage utile, Tlaxcala

La transformation du Président libyen Mouammar Kadhafi de voyou en allié puis en dictateur que selon les besoins du jour l’on bombarde, encense ou met hors jeu au moyen d’une guerre d’agression témoigne des intrigues stratégiques tissées par les USA et leurs alliés. Soutenir et subventionner ou diaboliser et renverser par les armes des États, des gouvernements ou des fractions sociétales relève des opportunités qui s’offrent aux puissances en place. Se servir de régimes répressifs précisément en raison de leur capacité à s’imposer par la force ou les mettre hors-la-loi pour exactement la même raison n’a rien à voir avec des normes telles que liberté, démocratie ou droits humains, qu’on peut à son gré ignorer ou utiliser comme prétexte à sanctions.

06/09/2011, Les problèmes auxquels fait face la Libye, Renmin Ribao

Le détonateur qui a conduit aux troubles sociaux en Libye et dans d’autres pays arabes est le fort taux de chômage dans la jeunesse. La forte proportion de la jeunesse dans la population du pays n’est pas devenue un "dividende démographique" pour la vitalité économique et sociale. Au lieu de cela, elle est devenue une source d’instabilité. Le fort taux de chômage, dans une grande mesure, peut être attribué à la croissance désordonnée de la population, à la structure économique déraisonnable de la Libye et à la prédominance du pétrole, du gaz et des autres industries de ressources, qui n’étaient pas propices à la création de suffisamment d’emplois pour une force de travail nouvelle et importante.
Pour rétablir la stabilité politique dès que possible, la nouvelle direction Libyenne doit éviter une épuration politique extrême, et évaluer de manière objective les mérites et les erreurs du régime Kadhafi. Car après tout, c’est Kadhafi qui a fait de la Libye un pays moderne. C’est Kadhafi qui a nationalisé les ressources qui étaient auparavant contrôlées par les compagnies pétrolières occidentales. D’autres pays arabes, ainsi que l’Iran et les pays exportateurs de pétrole d’Amérique du Sud ont suivu l’exemple de la Libye, qui a fait que les compagnies pétrolières occidentales ont dû donner plus de 50% -contre 5% auparavant- des revenus, enrichissant les pays arabes, et autres, producteurs de pétrole.
Les principaux chefs rebelles comme Abdel Jalil et le chef de l’exécutif du CNT Mahmoud Jibril sont d’anciens fonctionnaires du Gouvernement de Kadhafi. Si la nouvelle direction lance une épuration politique aggressive, cela pourrait porter préjudice aux deux nouveaux dirigeants. Quant à Ali Tarhouni, autre leader potentiel, responsable du pétrole et des affaires financières, et qui bénéficie du soutien américain, il pourrait ne pas avoir de bases solides en Libye du fait de ses 38 années d’exil aux Etats-Unis.

05/09/2011, Pseudo-al Qaïda versus tortureurs de la CIA : cela se plaide…, Dedefensa

Tout le monde connaît désormais le “général” Abdul Hakim Belhadj, commandant des forces armées rebelles, dans tous les cas à Tripoli, maître d’œuvre de la prise de Tripoli, homme fort manifestement des forces armées ex-rebelles et libyennes officielles de la Libye new age… Qui plus est et particulièrement, ex-proche d’al Qaïda, sinon al Qaïda lui-même dans le temps, et torturé dans les années 2004-2006 par la CIA, avec des interférences du MI6 britannique et des services secrets et également tortureurs du colonel Kadhafi.
Le désordre libyen est bien, semble-t-il, d’abord et avant tout, l’extraordinaire bordel américaniste-occidentaliste, entre terroristes et non-terroristes, les uns et les autres se mélangeant, dictateurs diaboliques et quasi-hitlériens et loyaux et vertueux alliés de l’Occident et de sa civilisation, l’un et l’autre se mélangeant, entre services de renseignement, torture et coopération, trahisons et retournements de veste. Il y a beau temps qu’il ne s’agit plus de renseignement, ni même d’“espionnage”, ni même d’agent double ou d’agent triple, mais de désordre absolu dans ces activités parallèles, qui sont menées par le bout du nez par les écarts et les soubresauts extraordinaires d’une “politique” anti-terroriste définie selon les analyses des services de communication liées aux directions politiques et influencées de main de maître par des stratèges de l’école-BHL. Il n’y a plus aucune logique de renseignement dans ces changements de côté et ces retournements de veste, mais bien le renseignement mis au service des caprices d’une évaluation “politique” uniquement et exclusivement faite, désormais, en fonction des impacts de communication par rapport aux dirigeants politiques, sans plus rien de haute politique et de vision élargie aux réalités du monde.

05/09/2011, Pierre KHALAF, Le projet occidental pour l’Orient : des régimes parlementaires sous protectorat, Réseau Voltaire

Ce qui se passe en Libye constitue le modèle que réserve au monde arabe une alliance politique composée des Frères musulmans, des milieux de la bourgeoisie libérale et de certains mouvements de la gauche. Avec quelques nuances imposées par les nombreuses spécificités entre un pays et un autre, l’exemple libyen offre un échantillon du projet politique vers lequel sont entrainées les sociétés arabes, qui bâtissent les illusions de leur salut sur l’idée de l’intervention étrangère pour répandre la démocratie et se débarrasser du joug despotisme et de la tyrannie.
Dans le cas libyen, nous assistons à un renouvellement de l’hégémonie coloniale sur le pays et sur ses richesses pétrolières, basé sur un partage de l’influence et du butin entre les puissances occidentales. L’élément nouveau est l’entrée en jeu de la France en tant que partenaire principal, après que le Conseil national de transition (CNT) se soit engagé à accorder aux compagnies françaises 35 % du pétrole, comme l’a révélé un haut responsable du CNT au Parisien. La présence états-unienne, britannique et italienne est préservée, tandis que les influences chinoises et russes sont en voie de liquidation, non pas à cause des positions de ces deux pays dans la crise libyenne mais parce que ces influences sont considérées comme des vestiges de la Guerre froide qu’il faut absolument éliminer.
Sur le plan interne, le système qui est concocté sous la férule de l’Occident colonial et triomphateur est un régime républicain, parlementaire sous l’intitulé de démocratie. Rien de nouveau car il s’agit d’un calque des régimes que les puissances mandataires avaient installés dans les années 20 du siècle dernier : des élites qui se partageaient des Parlements dans le cadre d’élections et d’une vie politique, le tout sous la stricte surveillance d’un haut commissaire. Tout ce monde évoluait sous un plafond fixé par la puissance mandataire, qui disposait d’un mandat "légal" délivré par l’ancêtre des Nations unies, la Société des nations (SDN). C’est pratiquement le même système qui est en train d’être mis en place aujourd’hui, avec certainement plus de subtilité, vu que les temps ont changé.
Il y a un siècle, les pays arabes vivaient sous des monarchies constitutionnelles, ou des régimes parlementaires, avec des partis politiques qui "remportaient" des élections et "formaient" des gouvernements, l’ensemble du processus étant réglé, régi et dirigé par la puissance coloniale.
L’histoire se répète avec des acteurs nouveaux, le plus important étant la Confrérie des Frères musulmans, qui, après 60 ans d’exclusion des cercles du pouvoir, n’a pas trouvé de meilleur cheval que celui de l’Occident pour accéder aux plus hautes sphères de la société.
Le drame est que cette alliance ne propose aucun projet politique ou vision économique pour sortir les sociétés arabes du sous-développement. Prendre le pouvoir est son but et tous les moyens sont bons pour y parvenir. Tout le reste n’a plus aucune importance, pas même la cause de la Palestine, que ces nouvelles élites dirigeantes excluent de leur discours politique. La réussite de ce projet risque de plonger les pays arabes dans un siècle d’obscurantisme et de livrer les richesses au pillage par de l’Occident qui ne laissera que les miettes à ceux qu’il aura aidé à arracher le pouvoir aux despotes pour le monopoliser à leur tour.

04/09/2011, Pepe ESCOBAR, C’est une guerre [de] TOTAL, Monsieur, Questions Critiques

Les gagnants de cette chose "cinétique" en Afrique du Nord (l’administration Obama jure qu’il ne s’agit pas d’une guerre) – qui se décrivent collectivement comme the "Friends Of Libya" (FOL) ["les amis de la Libye"] – étaient d’humeur enjouée lorsqu’ils se sont réunis à Paris jeudi, sans air-conditionné mais avec des odeurs puissantes de brie et de roquefort, pour se réjouir de leur "opération" de changement de régime en Libye, mise en oeuvre par l’Otan et autorisée par les Nations-Unies.

04/09/2011, Bienvenue dans la "nouvelle Libye démocratique", Solidarité Ouvrière

Les premiers éléments publiés par la presse sur le nouveau régime du CNT en Libye montrent à quel point, la chute d’un dictateur ne signifie en rien la fin d’un régime dictatorial.

04/09/2011, Libye : le piège, Le Quotidien d’Oran

Il fallait s’y attendre: la prise de Tripoli a aiguisé les appétits de l’OTAN envers d’autres pays arabes.
Dans les pays arabes, dont l’Algérie, elle a redonné vigueur aux partisans de l’ingérence occidentale. Ayant craint, un moment, l’enlisement de l’OTAN en Libye, ils manifestent d’autant plus leur joie à cet évènement. Ils y voient la confirmation de la justesse de leurs thèses sur «le bien fondé de cette ingérence du moment qu’elle débarrasse la Libye d’un tyran».
Mais peut-on s’en réjouir. Comment ne pas tenir compte que l’entrée des insurgés à Tripoli s’est faite sous les bombardements de l’OTAN. Rien ne ressemble moins à l’entrée triomphale d’une révolution populaire. Comment ne pas voir que ceux qui applaudissent à l’intervention de l’OTAN applaudissent les forces militaires des mêmes pays qui bombardent et massacrent en Afghanistan et en Irak, qui protègent le colonialisme israélien, et qui soutenaient, il y a quelques mois à peine, les dictatures arabes. Comment ne pas dire que cette joie est mauvaise lorsqu’ils la partagent par exemple avec une personnalité islamophobe et arabophobe comme Bernard Henry Levy qui applaudit aux bombardements sur la Libye comme il l’avait fait pour ceux sur Gaza et le Liban.
La perversité de la politique occidentale actuelle est qu’elle arrivée à construire, notamment par une campagne médiatique de propagande d’une violence intense, un faux dilemme, qui est celui ci: ou le droit d’ingérence et donc la démocratie sous protectorat occidental, où la dictature et la tyrannie. Beaucoup parmi les élites politiques arabes tombent dans le piège. Outre, évidemment, celles d’entre elles traditionnellement liées à l’Occident, cette propagande trouvent un écho chez des forces politiques et sociales plus larges, soient qu’elles ont peu d’influence et de forces dans la société, et ne voient pas donc d’autre solution pour se débarrasser de la dictature que dans une «alliance même avec le diable» , soient qu’elles sont impatientes ou fatiguées par une longue opposition, Du coup la société désormais se divise sur la question de la démocratie, car il lui est substitué une autre question, celle de l’attitude par rapport à l’intervention étrangère. Les cartes s’en trouvent alors faussées. On croit toujours parler de démocratie mais c’est la question nationale qui ressurgit, et avec elle celle de la souveraineté, celle de l’indépendance du pays, celle de l’unité nationale. Les ex-puissances coloniales reviennent pour proposer de protéger les aspirations démocratiques arabes et ce protectorat réactive alors le protectorat colonial. Ceci explique que du même coup se trouvent relancés des débats qu’on croyait dépassés et qui déchiraient les différentes tendances du mouvement national à la veille des luttes pour l’indépendance: en 1936, l’illusion que la libération allait arriver du Front populaire de la gauche française, en 1942-43, les espoirs mis par Ferhat Abbas dans la Charte atlantique, et plus généralement la position du courant assimilationniste qui attendait le progrès et la civilisation de la France.

04/09/2011, Libye, de l’audace à la lucidité, actualité de l’été 2011, Canal Académiemp3

Thierry de Montbrial et François d’Orcival, de l’Académie des Sciences morales et politiques, reviennent sur la campagne de Libye remportée par les troupes de la coalition internationale et la chute de Kadhafi.

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Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Revue de presse Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.

Revue de presse Libye 03/09/2011


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03/09/2011, Quand la CIA écrivait un discours pour Kadhafi, Dedefensa

Effectivement, c’étaient en quelque sorte “les temps bénis des colonies”, du temps de la coopération intense, voire parfois amicale, entre deux des principaux services du bloc BAO, la CIA américaniste et le MI6 britannique, et le régime libyen du colonel Kadhafi… Un long article du New York Times du 2 septembre 2011 détaille le contenu d’un certain nombre de documents découverts dans les bureaux de la direction des services de renseignement libyens.

02/09/2011, Le gros gâteau, Presseurop

02/09/2011, Rencontre du chef islamique de Tripoli, et ami de l’OTAN…, Dedefensa

David Cockburn a rencontré Abdulhakim Belhadj, chef militaire de Tripoli pour les rebelles libyens (The Independent du 2 septembre 2011). Belhadj est l’objet de bien des spéculations et hypothèses, à cause de son passé de militant islamiste, ancien combattant islamiste anti-soviétique en Afghanistan, dans les années 1980 (Voir le 27 août 2011 et le 28 août 2011).
D’une façon générale, Belhadj confirme la version soft (façon de dire) des hypothèses à son égard : certes, entraîné en Afghanistan, certes torturé par la CIA puis par les services de Kadhafi quand Kadhafi était le meilleur ami de la CIA et de l’OTAN ; mais nullement d’accord avec al Qaïda, aujourd’hui acharné à œuvrer pour l’unité tranquille et modéré de la Libye et ainsi de suite… Belhadj admet tout de même qu’il lui est assez difficile d’oublier le traitement que lui a fait subir la CIA.

02/09/2011, Libye : la conférence de Paris laisse bon nombre de questions sans réponse, Xinhua

La France et la Grande-Bretagne, qui soutiennent la prise de mesures militaires pour évincer le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, ont mis l’accent sur l’importance d’une présence continuelle de l’OTAN dans le pays afin de protéger les Libyens.
Les Etats-Unis ont exigé le bon usage des avoirs libyens dégelés et ont mis en garde contre l’extrémisme et le terrorisme.
La conférence de Paris "est d’assez mauvais signe", car "commencer un processus de construction étatique et national par une conférence internationale qui donne le rôle principal aux puissances occidentales [..] rendra probablement encore plus difficile la mise en place d’un régime consensuel et accepté par la population" libyenne, a confié à l’agence Xinhua Bertrand Badie, expert en relations internationales de l’université SciencesPo de Paris.
La rébellion libyenne est "formée de courants politiques très contradictoires puisqu’on y trouve des démocrates, des libéraux mais aussi des islamistes", a souligné M. Badie, avant d’ajouter qu’ainsi il s’agit d’abord de savoir "qui va l’emporter à l’intérieur de cette coalition très mystérieuse [du CNT] et dans quelle mesure ceux qui vont l’emporter vont imposer leur volonté à ceux qui auront connu la défaite".
Concernant le poids des puissances étrangères dans la Libye post-Kadhafi, M. Badie a constaté que ce pays pétrolier riche et stratégique, en tant que "trait d’union entre le Moyen-Orient et le Maghreb, entre le monde arabe et l’Afrique" et "lieu de transit pour l’immigration", intéresse beaucoup "tant la communauté internationale que les communautés régionales notamment la Ligue arabe et l’Union africaine)".
Appelant au dégel des avoirs libyens, les puissances occidentales, notamment la Grande-Bretagne et la France, sont suspectées d’avoir signé des accords secrets pour obtenir une partie des ressources pétrolières riches de la Libye. Le quotidien français Libération rapporte que le CNT a signé un accord avec la France, promettant plus d’un tier du pétrole libyen aux entreprises françaises en échange de son soutien.
Outre les puissances occidentales, le Qatar, la monarchie du Golfe qui a participé à l’opération de l’OTAN, et l’Algérie, voisin de la Libye abritant les memblres de la famille du colonel Kadhafi, cherchent également à promouvoir leurs propres intérêts dans la transition politique libyenne.

02/09/2011, Serge LEFORT, Washington-Tripoli, une vieille histoire, Monde en Question

01/09/2011, Grand entretien : Edgar Morin, en partenariat avec le magazine Books, Du Grain à moudre

Edgar Morin tombe dans le travers pointé dans l’article Actualité, savoir se taire.

01/09/2011, Les États-Unis avaient programmé d’intervenir en Irak, Syrie, Libye, Somalie, Soudan, Iran, dès septembre 2001, Silvia Cattori

Le général Wesley Clark affirme, dans un enregistrement daté de 2007, que le Pentagone avait programmé d’intervenir militairement en Irak et en Libye, -ainsi qu’au Liban, en Syrie, en Somalie, au Soudan, en Iran- dix jours après les attentats du 11 septembre 2001.

01/09/2011, Dmitri KOSSYREV, Le sort de l’argent débloqué pour la nouvelle Libye, RIA Novosti

Les nouvelles des fronts libyens cèdent peu à peu la place à un tout autre problème, à savoir qui donnera l’argent libyen "dégelé", selon quelles modalités, quels en seront les bénéficiaires et à quoi ces sommes seront-t-elles utilisées. La Grande-Bretagne débloquera 1 milliard de livres, un demi-milliard de dollars sera alloué par l’ONU… Actuellement, le jeu diplomatique mondial se déroule autour de ce sujet.

01/09/2011, Libye : après la guerre, les affaires, Presseurop

Derrière l’entente affichée par les participants à la conférence de Paris sur la “Libye nouvelle” se cache la guerre souterraine que la France, l’Italie et le Royaume-Uni ont déjà entamée pour l’exploitation des ressources du pays, ainsi que le racontent les journaux français, italiens et britanniques.

01/09/2011, Donnant-donnant, Presseurop

01/09/2011, L’UE et son ancienne realpolitik libyenne, EurActiv

La conférence internationale convoquée à Paris pour discuter de l’avenir de la « Libye nouvelle » succède à une période, pas si lointaine, où l’Union européenne, comme les États, traitait d’égal à égal avec Kadhafi.

01/09/2011, À qui profitera la conférence des "amis de la Libye" ?, France 24

• La France et le Royaume-Uni :
Ce sont les deux grands gagnants du conflit libyen. Locomotives de l’intervention armée, initiateurs de la résolution 1973 ayant autorisé le recours à la force contre les troupes de Kadhafi, ils sont à l’initiative de cette première conférence chargée d’orchestrer la transition démocratique du pays.
Leur soutien inconditionnel au Conseil national de transition (CNT) devrait – sans surprise – leur permettre d’avoir une longueur d’avance dans la course aux contrats pétroliers et gaziers qui s’annonce…
• Les pays du Golfe :1. Qatar et Émirats arabes unis
Le Qatar et les Émirats ont été les seuls pays arabes à participer aux opérations militaires engagées en Libye dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU. Ils ont aussi été parmi les premiers à reconnaître le CNT comme autorité légitime en Libye.
2.   Arabie saoudite (présence à confirmer)
"Quoi qu’il en soit, l’Arabie saoudite est un peu perdante aujourd’hui. C’est un pays qui a toujours été réticent aux changements qui ont eu lieu dans les pays arabes, relève Pierre Vermeren. Elle perd surtout un allié de poids dans l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole).
• La Chine et la Russie :
Ces deux pays vont devoir batailler ferme pour se relancer dans la course aux contrats pétroliers. Pourtant, partenaires de premier plan de la Libye avant la guerre, "Pékin et Moscou pourraient bien avoir perdu la course à l’or noir, du moins pour le moment", souligne Pierre Vermeren.

01/09/2011, Les puissances occidentales ne doivent pas profiter injustement de la reconstruction dans la Libye post-Kadhafi, Xinhua

La conférence de Paris doit être considérée comme une plate-forme permettant de réunir les forces internationales afin d’aider à accélérer la reconstruction de la Libye post-Kadhafi ; elle ne doit pas ressembler à une conférence du type de celle qui a débouché sur le traité de Versailles, avec des puissances occidentales s’efforçant avant tout de promouvoir leurs intérêts dans un pays meurtri par la guerre.
Depuis le début, les puissances occidentales ont pris la tête des opérations dans l’intervention militaire en Libye, et certaines compagnies occidentales, telles que le géant pétrolier français Total, préparent désormais activement leur retour dans le pays à travers des contacts étroits avec le Conseil national de transition (CNT).
Actuellement, certaines puissances occidentales sont davantage axées sur leurs intérêts commerciaux, avec notamment une visée sur les riches ressources pétrolières libyennes, que sur le processus de reconstruction qu’appelle de ses voeux la population du pays.
Etant donné cette situation, le Conseil de sécurité de l’ONU, généralement considéré comme un organe représentatif de la communauté internationale, et dont l’expérience, accumulée au fil des ans, en matière de gestion de la reconstruction dans les pays déchirés par la guerre, est reconnue, devra s’affirmer pour jouer le rôle qui lui revient dans la Libye post-Kadhafi sans se laisser marginalisé.
De plus, les organisations régionales de poids telles que l’Union africaine et la Ligue arabe doivent contribuer à la reconstruction globale en Libye.
Enfin, les opinions des différentes composantes de la nation libyenne devront être respectées afin d’assurer une reconstruction incluant tous les acteurs.

01/09/2011, Les preuves se multiplient sur les atrocités commises par les "rebelles" libyens, WSWS

Une série de reportages réalisés à Tripoli ont montré que les forces appuyées par l’OTAN avaient commis un massacre dans la guerre civile libyenne. Ces reportages, publiés dans des journaux largement en faveur de l’intervention des États-Unis et de l’OTAN pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi, viennent une fois de plus exposer le mensonge que la guerre impérialiste contre la Libye est motivée par des visées humanitaires et la volonté de protéger les civils.
Une image effrayante émerge du nouveau régime qui est en train d’être consolidé à Tripoli. Il est consolidé dans le sang, tandis que se déroulent des massacres de civils pro-Kadhafi ainsi que des pogroms contre les travailleurs africains immigrants. Tout cela se passe sous la direction d’un allié d’Al-Qaïda qui reçoit ses ordres des quartiers généraux de l’OTAN et de la Maison-Blanche.

31/08/2011, Libye : des femmes immigrées africaines victimes de viols, Info-Palestine

Des travailleurs migrants vivant dans un bidonville en dehors de Tripoli ont affirmé que plus d’une vingtaine de femmes du camp ont été violées il y a deux semaines par les forces de l’opposition qui ont lancé leur assaut final contre la capitale.
Comme des centaines d’autres migrants en provenance du Nigeria, du Tchad, du Sénégal et d’autres pays africains, elles avaient fui vers ce camp pour échapper aux bombardements de l’OTAN et les batailles de rue imminentes.
Dans la nuit du 19 août, des hommes armés sont entrés dans le camp du port. Ils ont tiré en l’air, en criant "Dieu est grand". Cette nuit-là, disent Johnson et Ikibueka , elles ont été violées sous la menace des armes.
Johnson, Ikibueka et plusieurs hommes parmi les réfugiés ont dit que les assaillants étaient des rebelles et qu’ils criaient des insultes contre Kadhafi. Au moment des viols, le camp était dans une zone contestée.
Mais Ogiexeri dit qu’il ne pouvait assurer qui avait mené les attaques. Il est possible que les forces des deux côtés, ou même des hommes armés sans affiliation, puissent avoir pris d’assaut le camp de port.

31/08/2011, L’Algérie et les "rebelles" de l’OTAN en Libye, Mounadil al Djazaïri

La cause humanitaire progresse en Libye grâce à l’action concertée des médecins de l’OTAN et de leurs infirmiers fondamentalistes, ceux qu’on appelle "rebelles".
Je vous ai parlé sur ce blog des exactions que ces gens commettent, les uns par les bombardements de leur aviation sur des infrastructures civiles, les autres par des massacres perpétrés contre des innocents, avec une nette prédilection pour les personnes d’origine subsaharienne.
Ces terroristes, sûrs de l’impunité que leur confère leur alliance avec les "démocraties" occidentales, se permettent tout, non seulement en Libye mais dans les relations avec l’Algérie qui a une longue frontière commune avec ce pays.

31/08/2011, Jean-Jacques LAMY, Libye : comment les puissances impérialistes préparent l’après-Kadhafi, Lutte Ouvrière

Avant même la fin de la guerre, et alors que Kadhafi continue à échapper à ses poursuivants, ce sont désormais les problèmes de l’après-Kadhafi qui passent au premier plan, pour les Sarkozy, Cameron et Hillary Clinton comme pour les dirigeants du CNT. Officiellement, il s’agit de planifier la reconstruction de l’économie du pays, dévasté par la guerre, et de soutenir « les efforts menés par le CNT pour assurer la transition vers un régime démocratique ». En fait, il s’agit surtout, dans une situation où des groupes d’insurgés armés incontrôlés occupent le terrain abandonné par les troupes de Kadhafi, d’essayer d’éviter « d’être confrontés à un scénario d’anarchie à l’irakienne ». Une crainte relayée désormais en France par toute la presse.
Quand les premiers représentants du CNT ont rejoint Tripoli, après la bataille, la ville était contrôlée par le groupe armé originaire pour l’essentiel de la ville de Misrata, placé sous les ordres de son chef, Abdelhakim Belhadj, promu gouverneur militaire de fait de Tripoli.
Djihadiste bien connu des services secrets américains, qui selon la presse avait participé à des stages d’entraînement en Irak et en Afghanistan, fondateur il y a une dizaine d’années du Groupe islamique combattant de Libye (GICL) proche d’Al-Qaïda, Abdelhakim Belhadj fut arrêté par la CIA en 2004, puis interné par Kadhafi, avant d’être relâché après avoir renoncé officiellement à la guerre sainte. Après l’assassinat, dans des conditions restées obscures, le 28 juillet dernier du général Youness, ancien haut responsable de l’armée de Kadhafi passé à la rébellion anti-Kadhafi, il s’est imposé comme l’un des principaux chefs militaires des insurgés.

31/08/2011, Pepe ESCOBAR, Comment Al-Qaeda est arrivé à régner sur Tripoli, Le Grand Soir

Abdelhakim Belhaj, alias Abu Abdallah al-Sadek, est un djihadiste libyen. Né en mai 1966, il a fait ses premières armes avec les moudjahidin lors du djihad anti-soviétique en Afghanistan dans les années 80.
Il est le fondateur du Groupe islamique combattant en Libye et de facto son émir – avec Khaled Chrif et Sami Saadi comme adjoints. Après la prise de pouvoir par les Taliban à Kaboul en 1996, le GICL a maintenu deux camps d’entraînement en Afghanistan ; un de ces camps, à 30 km au nord de Kaboul et dirigé par Abu Yahya, est strictement réservé aux djihadistes proches ou appartenant à Al-Qaeda.
Après le 11/9, Belhaj s’est installé au Pakistan et aussi en Irak, où il s’est lié d’amitié avec ni plus ni moins que l’ultra radical AbuMusab al-Zarqawi – tout ceci avant qu’Al-Qaeda en Irak ne prête allégeance à Oussama Ben Laden et Ayman al-Zawahiri et ne renforce radicalement ses actions.
Le GICL a été sous la surveillance de la CIA depuis le 11/9. En 2003, Belahj a été finalement arrêté en Malaisie puis transféré, dans le plus pur style "rendition" dans une prison secrète à Bangkok où il était torturé quotidiennement.
En 2004, les Américains ont décidé d’en faire cadeau aux services secrets Libyens – jusqu’à sa libération par le régime de Kadhafi en mars 2010, en compagnie de 211 autres "terroristes", une opération publicitaire annoncée en grande fanfare.
Puis en 2007, Zawahiri, le numéro 2 d’Al-Qaeda à l’époque, annonça officiellement la fusion entre la GICL et Al-Qaeda du Maghreb Islamique (AQMI). Depuis, GICL et AQMI sont la même organisation et Balhaj était et est le chef (émir).
Venons-en à février 2011, Belahj, en homme libre, décide de retourner à ses activités djihadistes et d’engager ses hommes dans le soulèvement planifié de la Cyrénaïque.
Tous les services de renseignement des Etats-Unis, de l’Europe et du Monde arabe savent qui il est. Il a déjà fait savoir que lui et ses hommes ne se contenteront de rien de moins que l’application de la charia en Libye.
On aura beau chercher partout et se raconter des histories, il n’y a rien de "démocratique" chez lui. Mais l’OTAN n’a pas voulu s’en séparer sous prétexte qu’il n’aimait pas beaucoup les "infidèles".
L’assassinat fin juillet du commandant militaire rebelle, le général Abdel Fattah Younis, par les rebelles eux-mêmes semble être l’oeuvre de Balhaj ou de gens très proches de lui.
Il est important de savoir que Younis – avant de se retourner contre le régime – avait dirigé les forces spéciales libyennes qui combattaient férocement le GICL dans la Cyrénaïque entre 1990 et 1995.
L’auteur accrédite le mythe de la survivance d’Al-Qaïda après 2002. Lire : Serge LEFORT, Washington-Tripoli, une vieille histoire, Monde en Question.

31/08/2011, Alexandre LATSA, Révoltes arabes : diplomatie 2.0 ?, RIA Novosti

Il faut remarquer que les révolutions qui ont eu lieu en Tunisie et en Egypte  ont rapidement débouché sur des problèmes économiques importants et n’ont pas encore livré de résultats clairs en matière de gains démocratiques. Mais les évènements en Libye ou en Syrie n’ont plus rien à voir avec ces mécanismes de tentatives de révoltes non violentes. Il s’agit de rebellions organisées, militarisées (par plusieurs puissances occidentales dans le cas de la Libye), et  basées sur des oppositions tribales, ethniques, ou  religieuses.
Bien sur la personnalité du guide Libyen, indéfendable sur la scène internationale a surement incité les états qui étaient opposés à l’intervention militaire, comme la Russie ou la Chine, à ne pas prendre position plus fermement. [...] les représentants de l’opposition libyenne viennent d’affirmer qu’ils envisageaient de coopérer avec les pays industrialisés, y compris la Russie et la Chine, au nom de la renaissance et du redressement de la Libye.

31/08/2011, Libye : une « victoire pleine d’incertitudes », selon un expert français en relations internationales, Xinhua

Selon M. Badie, trois incertitudes sont à souligner : la grande diversité quasi-conflictuelle qui règne au sein du Conseil national de transition ou CNT (organe politique de l’opposition libyenne), la difficulté de mettre en place un nouveau régime politique et, enfin, le rôle que joueront les puissances étrangères dans cette nouvelle Libye.
Par ailleurs, pour cet expert en relations internationales, la Conférence des amis de la Libye, évènement international qui doit se tenir jeudi à Paris, à l’initiative du président français, Nicolas Sarkozy, et du premier ministre britannique, David Cameron, « est d’assez mauvais signe ».
« Commencer un processus de construction étatique et national par une conférence internationale qui donne le rôle principal aux puissances occidentales (..) rendra probablement encore plus difficile la mise en place d’un régime consensuel et accepté par la population (libyenne) », a-t-il expliqué.

31/08/2011, Il est encore trop tôt pour que les entreprises chinoises relancent leurs investissements en Libye, Renmin Ribao

Bien qu’un nombre croissant de pays reconnaissent le CNT (Conseil national de transition) comme le nouveau gouvernement de la Libye, et que certaines entreprises chinoises montrent une volonté de se relancer dans le pays, pour le ministère chinois du Commerce, il est encore trop dangereux d’investir ou d’augmenter les investissements en Libye.
« Pour l’heure, nous essayons de prendre contact avec le CNT et de fournir des aides humanitaires au peuple libyen », a déclaré Mme Xie.La Chine sait aussi parler en novlangue.

30/08/2011, Pierre KHALAF, Renaissance du projet colonial en Libye, Silvia Cattori

La chute inattendue de Tripoli avec la participation d’unités d’élite occidentales et de groupes de mercenaires acheminés de pays où les Israéliens sont très actifs, a focalisé l’attention de l’opinion publique et des observateurs.
La rébellion libyenne est confrontée à un défi de taille et porte le fardeau d’une responsabilité historique : construire la Libye de demain, libre, réellement indépendante, et prospère. Mais l’évolution des événements ces cinq derniers mois montre à quel point elle doit sa victoire à l’Occident. Dans ce contexte, il est peu probable que le Conseil national de transition (CNT) dispose d’une volonté politique assez autonome et solide pour pouvoir résister aux pressions occidentales et faire échouer les plans néocoloniaux américains et européens. Sans compter le fait que de nombreuses personnalités du CNT sont des acteurs de ce plan depuis longtemps.

30/08/2011, L’étrange triangle Paris-Tripoli-Alger, à l’ombre du “printemps arabe”, Dedefensa

La principale leçon étant que l’affaire libyenne et le “printemps arabe” ne cessent de nous réserver bien des surprises, dans le cours desquelles il est difficile de se retrouver. Un analyste politique bien informé se demanderait qui est le plus infréquentable, en termes de morale politique, d’intelligence diplomatique, de psychologie politique, entre le régime déchu du colonel Kadfhafi, les rebelles libyens, le régime algérien, le président français si agité. Il aurait du mal à trancher. L’Algérie pourrait se dire qu’une bonne crise avec la Libye new age qu’elle déteste avant même qu’elle n’existe, serait une bonne façon de ressouder une unité nationale si perturbée par le “printemps arabe” suivant des décennies de dictature corrompue et gérontocratique du parti évidemment unique et révolutionnaire. Il n’est pas assuré que l’OTAN ait des plans préparés pour l’invasion de l’Algérie. Il n’est pas assuré non plus que l’Algérie ne songe pas à prêter main forte à ce qu’il reste du colonel Kadhafi et de ses troupes.

30/08/2011, Dmitri BABITCH, Libye : l’optimisme sapé des "intervenants", RIA Novosti

Tous les pays responsables, y compris la Russie, sont unanimes pour condamner le colonel Kadhafi. Fin mars 2011 le président russe Dmitri Medvedev a déclaré que le colonel devrait répondre de ses crimes. Mais il y a une différence entre la condamnation d’un dictateur et l’invasion du territoire d’un pays indépendant pour le soutien militaire de l’un des camps en conflit.
Le principal instigateur de l’ingérence est le "philosophe" Bernard-Henri Lévy. Ce dernier a appelé début mars Sarkozy sur son portable et lui a dit familièrement: "Tu dois rencontrer les Massouds libyens" – c’est ainsi que BHL a qualifié le CNT en l’honneur du chef des moujahids afghans (Ahmad Shah Massoud). Sarkozy a accepté, et le surlendemain, le 10 mars 2011, le CNT était reconnu par la France.
Il convient d’ajouter que la population afghane est loin de partager l’admiration de BHL d’Ahmad Shah Massoud et le considère comme un chef de guerre. C’est ainsi que Massoud a été qualifié par Malalai Joya, une militante afghane pour les droits de l’homme, lauréate du Anna Politkovskaya Award de journalisme d’investigation en 2008, ainsi que d’autres récompenses.
Hélas, il est tout à fait possible que la paix dans la Libye de demain soit confrontée à la vengeance, au terrorisme et à l’islam radical. Il sera alors temps de parler de la responsabilité de Sarkozy: comment peut-on écouter des individus qui ont prouvé à maintes reprises qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent ?

30/08/2011, Akram BELKAID, A propos de la Libye, l’Otan et l’Algérie, Le Quotidien d’Oran

Dans ce pays [Algérie], comme ailleurs dans le monde arabe, on n’a peut-être pas pris la mesure de ce qui s’est passé au Soudan puis en Libye. Dans le premier cas, on réalise que les frontières héritées de la période coloniale ne sont plus un tabou. Dirigé par un dictateur soudain honni ? pour une raison ou pour une autre ? par la communauté international, un pays, arabe ou africain, peut désormais être découpé en tranches au nom de la défense d’une minorité qu’elle soit religieuse, ethnique ou même linguistique. La naissance du Sud-Soudan est donc un précédent majeur dont il serait temps de méditer les raisons et les conséquences futures.
Dans le second cas, la crise libyenne a montré que l’Otan peut très bien intervenir en Afrique du nord. En Libye aujourd’hui, en Algérie demain : plus rien n’est impossible. Durant des années, la diplomatie occidentale s’est attelée à rassurer les pays maghrébins en leur expliquant que la période de la canonnière coloniale était révolue à jamais. On voit bien que l’Histoire peut très bien se répéter. Se croire à l’abri grâce à sa fortune pétrolière, à ses liens supposés privilégiés avec tel ou tel service étranger ou grâce à la puissance supposée de son armée serait une erreur tragique. Tout peut partir d’un simple incident. Un village qui se soulève, une région qui s’embrase et réclame son autonomie, une autre qui revendique un meilleur partage des richesses, et les avions de l’Otan pointeront leur bec. Les Algériens passeront alors d’une servitude à une autre.
Cette conclusion de l’auteur, qui écrit depuis Paris, est en contradiction avec son soutien à la guerre contre la Libye menée par les puissanes coloniales.

30/08/2011, La Libye, un modèle pour la redivision du Moyen-Orient, WSWS

Une rubrique de Philip Zelikow, intitulée « La chute de Kadhafi renouvellera le printemps arabe, » et publiée lundi sur le site Internet du Financial Times, donne un aperçu des objectifs ambitieux poursuivis par Washington et les autres principales puissances impérialistes dans leur soi-disant intervention « humanitaire » en Libye.
La guerre, écrit-il, a été lancée en raison de « l’histoire particulière [de la Libye]et d’une géographie du pays qui ont dûment justifié des calculs pragmatiques de la part des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de bien d’autres pays, selon lesquels il fallait saisir cette occasion pour aider les rebelles à se débarrasser de ce régime tout particulièrement dément. »
Comme le fait bien comprendre l’ancien responsable du Conseil de sécurité nationale (NSC) au Département d’Etat, ce processus ne s’arrêtera pas à la Libye. La guerre libyenne, dit-il, « renouvellera une dynamique. » Il poursuit en disant : « Le combat en Syrie, en s’intensifiant lentement, passera davantage encore au premier plan. »
« Une grande partie de la poussée de la politique du printemps arabe provient actuellement des Etats du Golfe persique, tels l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis (EAU) et le Qatar, » écrit-il. « C’est leur heure. Le gouvernement saoudien joue un rôle crucial dans l’isolement actuel de la Syrie par la diplomatie arabe. Les EAU, avec les Saoudiens, ont trouvé les fonds nécessaires qui ont permis aux dirigeants intérimaires de l’Egypte de ne pas se soumettre aux aides proposées sous conditions par les institutions financières internationales. Le gouvernement qatari a joué un rôle vital dans la révolution libyenne. »
La Libye n’est que le début d’une poussée impérialiste visant à réorganiser l’ensemble du Moyen-Orient. Compte tenu des intérêts conflictuels entre les principales puissances impérialistes même, ce processus risque de provoquer des affrontements bien plus sanglants dans un avenir proche.

29/08/2011, Dmitri BABITCH, La guerre libyenne de Sarkozy et de ses conseillers, RIA Novosti

L’une des principales questions après la cessation inévitable du conflit en Libye concerne l’avenir politique des initiateurs de l’ingérence occidentale: avant tout de Nicolas Sarkozy et de certains de ses conseillers. Ces gens vont-ils recueillir les lauriers de la victoire ou seront-ils tenus pour responsables de cet interminable conflit? Actuellement, cette question est soulevée en Europe: l’aviation française a tout de même lancé l’opération à laquelle les autres pays membres de l’OTAN se sont joints progressivement.
L’expérience tchétchène des initiateurs de l’ingérence en Libye ne parle pas en faveur de leur objectivité. Hélas, il est tout à fait possible que la paix dans la Libye de demain soit confrontée à la vengeance, au terrorisme et à l’islam radical. Et il serait alors très difficile de parler de victoire pour Sarkozy.

29/08/2011, Rabeh SEBAA, L’imposture libyenne, Le Quotidien d’Oran

Jusqu’à la mise à prix de la tête du fugitif en dollars, et non en monnaie locale, et la photo du même fugitif frappée d’un wanted diagonal, tous les ingrédients d’un feuilleton yankee sont réunis. Le reste de la série qui se déroule en permanence, en Iraq, en Afghanistan, au Pakistan et bientôt en Syrie est déjà devenu d’une saisissante banalité. Mais le cas libyen permet d’observer, de façon frappante, et effrontément cynique, la voracité empressée des puissances occidentales, en l’occurrence les Etats-Unis et l’Union Européenne, à l’endroit des territoires à conquérir, aux fins d’une mainmise sur leurs ressources stratégiques. Cette voracité non déguisée, baptisée par l’euphémisme burlesque de printemps arabe, et curieusement relayé par l’ensemble des médias de la « bien pensance », a eu pour théâtre originel la Tunisie, l’Egypte puis le Yémen et ensuite la Libye et la Syrie, devient ouvertement insatiable. Elle compte bien s’étendre à d’autres pays dont le travail de fragilisation ou de déstabilisation à déjà commencé. Et tous les prétextes sont bons pour déclencher la sale besogne. C’est dans ce but, et seulement dans ce but, que les États-Unis et l’Union européenne introduisirent, soudainement dans leur vocabulaire idéologique la nouvelle panacée, comme variante droithommienne : la sacro-sainte Protection des Populations Civiles (PPC). Une protection à coups de bombes, dont ces mêmes populations sont, tout naturellement, les premières victimes. Etrange conception de la protection.

29/08/2011, L’occident n’a pas renoncé à son intention de déterminer l’orientation du développement du Moyen-Orient, Renmin Ribao

L’Occident n’a toujours pas renoncé à son intention de déterminer l’orientation du développement de l’Asie de l’Ouest et de l’Afrique du Nord. Cela est lié avec les intérêts économiques. Les fumées de la guerre en Libye ne sont pas encore dissipées que la dispute entre des compagnies pétrolières occidentales y a déjà commencé.
L’Occident tient encore à propager ses idées politiques et intervient directement dans la mise en place du régime politique des pays de la région. Des chercheurs estiment que les changements survenus dans la région d’Asie de l’Ouest et d’Afrique du Nord sont la conséquence de la stratégie géo-politique occidentale. En fait, c’est le résultat inévitable de la longue domination occidentale de l’ordre politique et économique mondial. Depuis des années, du fait que l’Occident est reconnu puissant sur le plan économique, beaucoup de choses portant l’empreinte occidentale sont devenues « universelles » et « obligatoires », surtout le « système démocratique » occidental.

- "Nous, on vous a libérés du joug de Kadhafi. Vous, vous allez bien nous donner un petit quelque chose en échange, n’est-ce pas ?"
– "Oui, Monsieur, Merci"

Lire aussi :
Revue de presse Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.

Revue de presse Culture 03/09/2011


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03/09/2011, Révolution technologique, Blog en Question

02/09/2011, David Ray GRIFFIN, Un autre regard sur le 11 septembre – 10 ans après Le Nouveau Pearl Harbor-2, Demi Lune

Deux guerres et des centaines de milliers de morts plus tard, sans oublier les populations déplacées et les réfugiés qui se comptent par millions, il convient de se demander en toute lucidité : À qui profite le crime du 11-Septembre sinon au complexe militaro-industriel, aux compagnies de mercenaires et de sécurité, aux pétroliers ?

02/09/2011, Une semaine avec Raoul Ruiz et ses invités (5/5), Hors-champs

02/09/2011, Serge LEFORT, Washington-Tripoli, une vieille histoire, Monde en Question

01/09/2011, La fabrique de l’homme endetté, Le journal de la philosophie

François Noudelmann reçoit Maurizio Lazzarato pour son ouvrage La fabrique de l’homme endetté – Essai sur la condition néo-libérale, Amsterdam, 2011.

01/09/2011, Portraits de communards 2/2, Monde en Question

01/09/2011, Shanghai au fil des pages… Septembre 2011, La France en Chine

01/09/2011, Une semaine avec Raoul Ruiz et ses invités (4/5), Hors-champs

01/09/2011, Jean-Pierre Mocky (4/4), A voix nue

31/08/2011, Marie-Anne PAVEAU, Signes, sexe and linguistique 5. Que "fait" exactement le discours pornographique ?, La pensée du discours

31/08/2011, Aux origines de la guerre d’Algérie, La Vie des idées

Compte-rendu du livre de Claire MAUSS-COPEAUX, Algérie, 20 août 1955 – Insurrection, répression, massacres, Payot, 2011.

31/08/2011, Mathématique et géographie, Planète terre

31/08/2011, Une semaine avec Raoul Ruiz et ses invités (3/5), Hors-champs

31/08/2011, Jean-Pierre Mocky (3/4), A voix nue

30/08/2011, Victor Serge, La République des Lettres

30/08/2011, Une semaine avec Raoul Ruiz et ses invités (2/5), Hors-champs

30/08/2011, Jean-Pierre Mocky (2/4), A voix nue

30/08/2011, Louis-Ferdinand CÉLINE, Monde en Question

29/08/2011, Une semaine avec Raoul Ruiz et ses invités (1/5), Hors-champs

29/08/2011, Jean-Pierre Mocky (1/4), A voix nue

29/08/2011, Lectures de la philosophie analytique, Le journal de la philosophie
Nouvelle émission diffusée par France Culture à suivre…

29/08/2011, La Bataille socialiste, Blog en Question

Une sélection des dernières publications du site La Bataille socialiste (tendance luxemburgiste).

28/08/2011, Une Mademoiselle Angèle bien militante !, AIMOS

Jamais en manque d’inspiration, des militants CGT ont tout simplement repris cet hymne à l’occasion des préparatifs de la manifestation unitaire du 26 octobre 1976 pour la défense de l’emploi des jeunes !
Lire aussi : Revue de presse Culture 2011, Monde en Question.

Revue de presse Crise 01/09/2011


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01/09/2011, La fabrique de l’homme endetté, Le journal de la philosophie

François Noudelmann reçoit Maurizio Lazzarato pour son ouvrage La fabrique de l’homme endetté – Essai sur la condition néo-libérale, Amsterdam, 2011.

01/09/2011, James PETRAS, La classe laborieuse en Europe et aux USA, de droite, de gauche et neutralisée, Le Grand Soir

Les USA, à la différence de l’Europe, passent sans heurt du néolibéralisme à l’extrême droite, la classe laborieuse et la classe moyenne se comportant en victimes passives de la droite ou de la gauche et non en combattants actifs. En Europe, la crise actuelle révèle un profond contraste entre le radical virage à gauche des travailleurs du sud et l’adhésion croissante des travailleurs d’Europe du nord à l’extrême droite. L’idéal de la solidarité internationale des travailleurs est remplacé, au mieux, par une solidarité régionale chez les travailleurs d’Europe de l’ouest et, au pire, par un réseau de groupuscules de droite dans les pays du nord de l’Europe. Avec le déclin de la solidarité internationale, les thèses racistes et chauvines se répandent dans le nord pendant qu’au sud les mouvements de travailleurs se joignent à un vaste éventail de mouvements sociaux qui regroupent les chômeurs, les étudiants, les gérants de petits commerces et les retraités.
La droite capitalise sur le désenchantement des électeurs du centre gauche à l’ouest de l’Europe, mais elle doit faire face en même temps à une formidable résistance de travailleurs et de mouvements sociaux extra-parlementaires. Par contre, dans le nord de l’Europe et aux USA, l’extrême droite ne rencontre aucune opposition consciente —ni dans les rues ni sur le lieu de travail. Dans ces deux contrées, seul l’effondrement du système économique ou une longue et sévère récession économique combiné avec une réduction dévastatrice des protections et des programmes sociaux est susceptible de générer une renaissance des mouvements de travailleurs. Espérons que le réveil de la conscience de classe viendra de la gauche et non de l’extrême droite.

01/09/2011, Gideon LEVY, "March of the Million" is litmus test for a new Israel, Ha’aretz

All of a sudden, a new political language has become acceptable here, a new political agenda, and politicians of a new species. The language is the language of popular protest, which was never the language of Israelis. The agenda is social; it too was never a typical Israeli agenda like the security and military agenda. And the new politicians are youngsters in their 20s, a generation that had never entered Israeli politics, the people who understand nothing about politics. Since they understand so little, they have achieved an amazing success: What was will never be again. Now the struggle is merely over the success rate.
The success rate will be determined on Saturday night in Kikar Hamedina. The question is, where were you until now, and where will you be on the evening of September 3? Because those who don’t come out don’t exist as citizens of this country.

31/08/2011, Le dilemme de la détention de dettes gouvernementales américaines, Renmin Ribao

La Chine possède des réserves de plus de 3 200 milliards de Dollars US en devises étrangères, dont environ 70% seraient libellées en Dollars US, particulièrement en bons du Trésor et en obligations. Etant donné l’augmentation continue de la dette du Gouvernement américain et la dégradation de sa note de crédit par Standard & Poor’s, la mesure la plus évidente pour la Chine serait de cesser d’accumuler des bons du Trésor américain ou de commencer à réduire ses capitaux en Dollars US.
Mais indépendamment de la difficulté de changement immédiat des capitaux en Dollars US en d’autres devises, une telle décision pourrait également causer une forte baisse de la valeur du Dollar US, ce qui pourrait en retour conduire à un effondrement du système financier international. La valeur des actifs en Dollars US de la Chine se réduirait alors aussi. En outre, il n’y a aucun autre actif (or, argent ou autres produits) susceptible de pouvoir s’adapter à l’énorme quantité de bons du Trésor américain que la Chine détient.
La Chine n’a aucune volonté de porter préjudice au système financier international, mais en tant que nation débitrice, les Etats-Unis devraient également comprendre les besoins et les intérêts vitaux de son plus grand créancier.

31/08/2011, Nicolas Sarkozy s’est rendu en Chine en raison de la dette européenne, Renmin Ribao

Tandis que le nuage de la crise de la dette européenne est loin d’être dissipé, la Chine, qui possède la plus grande réserve de devises étrangères du monde, a réaffirmé une fois de plus son appui à l’euro et à la stabilité économique des Etats de la zone. Ainsi, l’attente d’une solution grâce à l’achat d’obligations européennes commence à gagner du terrain. L’économie européenne, tourmentée de la crise de la dette, pourrait se voir insuffler une nouvelle vitalité avec le soutien de la Chine.

30/08/2011, De plus en plus de pauvres à cause de la crise, France Culture

Il y avait en France en 2009 plus de 8 millions de personnes, un peu plus de 13% de la population, qui gagnaient moins de 1000 euros par mois. C’est-à-dire qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Et la proportion s’est accrue depuis l’an dernier.

30/08/2011, Revenus-Salaires – Les niveaux de vie en 2009, INSEE

Le seuil de pauvreté, qui correspond à 60 % du niveau de vie médian de la population, s’établit à 954 euros mensuels en 2009. 13,5 % des personnes vivent en dessous de ce seuil, soit 8,2 millions de personnes. Le taux de pauvreté s’accroît de 0,5 point entre 2008 et 2009.
En 2009, 10,1 % des actifs ayant au moins 18 ans sont pauvres, soit une augmentation de 0,6 point par rapport à 2008. Parmi les personnes occupant un emploi, ce sont les non-salariés qui sont touchés par la hausse de la pauvreté : leur taux de pauvreté passe de 15,3 % à 16,9 %.

29/08/2011, G20 : réunion de travail à Pékin avec HU Jintao, La France en Chine

22/08/2011, Paris Manif Livre sous la direction de Danielle TARTAKOWSKY, Monde en Question

19/08/2011, Benoît XVI en Espagne, Ratzinger à la Puerta del Sol, le Mouvement du 15 Mai dans la rue, Tlaxcala

L’histoire nous montre que ceux qui font une fixation sur la foi en l’existence d’un être fort improbable ont l’habitude d’exterminer ceux qui croient à l’existence d’un être improbable… différent. Au tout début le péché n’était pas tant dans le fait de ne pas croire que dans celui de croire à la même chose avec des différences subtiles. C’est seulement avec le développement de la civilisation que le nombre d’athées a grandi et avec eux la quantité des candidats à l’échafaud, car aux hérétiques s’ajoutaient les incroyants et les sans-dieu. Rien d’étonnant si parfois les croyants se mettent d’accord pour achever l’ennemi commun et remettent à plus tard leurs divergences historiques. Après tout, pour un athée, cela ne change pas grand-chose d’être poignardé par un catholique, un Juif, un musulman ou un orthodoxe.

19/08/2011, Benedicto XVI en España, Ratzinger en la Puerta del Sol, el 15-M en la calle, Tlaxcala

Por parte del Vaticano –y del nacional-catolicismo español– se va a intentar levantar la Reconquista religiosa desde la capital del reino. El 15-M, enfrente, va a seguir reclamando una democracia que merezca ese nombre y que es incompatible con el reino oscuro que significa la concepción oscurantista, autoritaria y reaccionaria del Vaticano. La derecha tiene clara su apuesta. La carga policial en la Puerta del Sol hace pensar que el gobierno sigue dando tumbos. Si la socialdemocracia, desnortada desde que asumió la tercera vía, pierde la bandera del laicismo, ¿qué le queda?

17/08/2011, Alejandro NADAL, Crisis de legitimidad y democracia radical, La Jornada

La crisis económica y la respuesta de política económica han terminado por evaporar la legitimidad de un gran número de estructuras gubernamentales en las economías capitalistas. Ahora es claro que la crisis económica es esencialmente política.

16/08/2011, Karl Marx avait raison, Monde en Question

13/08/2011, L’économie dans une phase "dangereuse" pour le chef de la Banque mondiale, Les Echos
L’économie mondiale est entrée dans une "phase nouvelle et plus dangereuse", qui laisse très peu de marge de manoeuvre aux pays les plus développés, a estimé samedi le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick.
La crise dans la zone euro "pourrait bien être le problème le plus important" de l’économie mondiale, a ajouté M. Zoellick, engageant les pays européens à prendre les mesures nécessaires le plus rapidement possible.
Il a estimé que cette crise était en train de transférer "très rapidement du point de vue historique" le pouvoir économique de l’Occident vers la Chine, qui pourtant "ne tient pas à ce rôle", préoccupée qu’elle est par ses propres soucis.

Lire aussi :
Revue de presse Crise économique, politique et sociale 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie politique, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.

Revue de presse Palestine 03/09/2011


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03/09/2011, La "tentifada" : slogans et graffiti de l’été social israélien, AFP

"Nous vivons tous sous une tente. Cet été, la Révolution est dans la rue". Taguée, griffonnée, épinglée sur l’emblématique camp de toile du boulevard Rothschild à Tel-Aviv, scandée par des foules record, la parole s’est soudain libérée en Israël.
Si le mot d’ordre "Le peuple veut la justice sociale" cristallise la colère des Israéliens et fédère la vague de protestation sociale déferlant depuis la mi-juillet, celle-ci s’apparente à un mouvement de fond, attrape-tout.
De la "défense de la classe moyenne" au "droit au bonheur", de la baisse des loyers à "l’amour libre", les slogans et graffiti des "indignés" israéliens qui ont fleuri ces dernières semaines illustrent les aspirations diverses, complexes, et parfois contradictoires, d’une contestation sans précédent.
Logements pour tous ("On se bat pour la maison"), baisse des prix des produits alimentaires et du coût de l’éducation ("Israël nous est cher"), jusqu’à l’instauration, carrément, d’un "Etat-providence", après les années triomphantes du libéralisme ("La privatisation tue l’Etat", "Le marché est libre, pas nous").
Mais encore, en vrac: "la loi au service des citoyens"; la défense des femmes victimes d’abus sexuels; le combat des pères divorcés pour la diminution des pensions alimentaires; la protection de l’environnement; pour l’incorporation des religieux orthodoxes dans l’armée…
On ne compte plus les revendications de cette "tentifada", calembour qui résume joliment le mouvement: des villages de tentes ayant poussé comme des champignons dans les villes israéliennes et symbolisant le ras-le-bol, une sorte d'"intifada" pacifique, de la majorité silencieuse.

02/09/2011, La Turquie met à la porte les diplomates israéliens, Info-Palestine

Ce vendredi, la Turquie a expulsé l’ambassadeur d’Israël et les hauts diplomates israéliens.
Ce vendredi, la Turquie est allé plus loin en gelant totalement les accords militaires passés avec son allié d’autrefois.
"La Turquie ne reconnaît pas le blocus israélien de Gaza. Elle soumettra l’étude de ce blocus à la Cour internationale de Justice. Nous commençons à prendre les initiatives nécessaire pour obtenir une prise de position de l’Assemblée générale des Nations Unies (à ce sujet)", a ajouté Ahmet Davutoglu, ministre turc des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse à Ankara.

02/09/2011, Le ton monte entre la Turquie et Israël, France Inter

02/09/2011, Dépêches du 2 septembre 2011, Info-Palestine

01/09/2011, Grand entretien : Edgar Morin, en partenariat avec le magazine Books, Du Grain à moudre

Edgar Morin tombe dans le travers pointé dans l’article Actualité, savoir se taire.

01/09/2011, Gideon LEVY, "March of the Million" is litmus test for a new Israel, Ha’aretz

All of a sudden, a new political language has become acceptable here, a new political agenda, and politicians of a new species. The language is the language of popular protest, which was never the language of Israelis. The agenda is social; it too was never a typical Israeli agenda like the security and military agenda. And the new politicians are youngsters in their 20s, a generation that had never entered Israeli politics, the people who understand nothing about politics. Since they understand so little, they have achieved an amazing success: What was will never be again. Now the struggle is merely over the success rate.
The success rate will be determined on Saturday night in Kikar Hamedina. The question is, where were you until now, and where will you be on the evening of September 3? Because those who don’t come out don’t exist as citizens of this country.

01/09/2011, Peres can’t save Netanyahu from UN debacle, Ha’aretz

Around 130 countries have pledged to vote in the UN General Assembly in about three weeks to recognize an independent Palestinian state in the occupied territories. Barak Ravid reported in Haaretz this week that Israel’s UN ambassador, Ron Prosor, sent a classified cable to Jerusalem saying Israel had no chance of putting together a significant bloc of countries to oppose the resolution. Prosor said that only a few countries would vote against the Palestinian move and that at most a number of countries would abstain or be absent. This means a diplomatic defeat accompanied by Israel’s deepening international isolation.

31/08/2011, Israël arme et entraîne les colons juifs installés en territoire palestinien, Info-Palestine

Selon un journal israélien, l’armée israélienne envisage de fournir des grenades de gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes aux colons juifs en Cisjordanie occupée. Ceux-ci ont été formés pour repousser les possibles manifestations au moment où les Palestiniens chercheront à obtenir la reconnaissance d’un Etat aux Nations Unies le mois prochain.
Selon Ha’aretz, l’armée israélienne a également préparé une stratégie pour déterminer une « ligne rouge" pour chaque colonie en Cisjordanie, ce qui permettra de déterminer quand les soldats seront autorisés à tirer sur les Palestiniens s’ils franchissent cette ligne.
Interrogée pour confirmer l’information, l’armée a publié une déclaration écrite ce mardi, disant qu’elle était en train de former et d’entraîner des équipes dans les colonies, chargées de répondre « pour faire face à tout possible scénario".
Le communiqué indique que « la formation de la majorité des équipes de première intervention était achevée" et que les exercices étaient en cours.

31/08/2011, Ameer MAKHOUL, Réflexions sur l’avenir des mouvements de solidarité, Info-Palestine

Menée à une époque de mondialisation de la terreur d’Etat, l’entreprise officielle et internationale de sabotage de la Flottille de la Liberté constitue un moment- clef dans l’histoire du mouvement populaire mondial et de la solidarité entre les peuples. Cette action met à jour l’inquiétante étendue de la coopération et de la coordination que pratique un système répressif international engageant gouvernements, services de renseignements et unités opérationnelles de l’armée. Nous avons là affaire à un véritable cartel de la terreur officielle mis en place par les détenteurs du monopole de la répression – Etats et organisations internationales – dans le but d’étouffer les mouvements pacifiques de solidarité avec le peuple palestinien qui émergent un peu partout dans le monde afin de mettre fin au blocus de Gaza.

31/08/2011, Amira HASS, Israel must get ready for its own Hurricane Irene, Ha’aretz

With or without any connection to September, all the necessary ingredients for a new popular uprising are in place. No clairvoyance in that. The ingredients can only be found in the current, violent order. Israel’s policy of separate development recreates them constantly.

30/08/2011, Dépêches du 30 août 2011, Info-Palestine

29/08/2011, La Chine soutient l’établissement d’un Etat palestinien avec Jerusalem-Est comme capitale, Xinhua

La Chine soutient l’établissement d’un Etat palestinien indépendant avec Jerusalem-Est comme sa capitale et une souveraineté totale, a déclaré dimanche au Caire l’envoyé spécial chinois pour le Moyen-Orient, Wu Sike.

Lire aussi :
Revue de presse Palestine colonisée 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.
Dossier documentaire Mur de l’Aparteid, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Revue de presse Libye 28/08/2011


Suivre l’actualité
courir après le vent.
Penser l’actualité
marcher à contre-courant.

28/08/2011, Les islamistes chez les rebelles libyens, Dedefensa

On trouve dans The Independent on Sunday du 28 août 2011 ample confirmation de l’identité du chef des rebelles à Tripoli, comme le signalait Pépé Escobar le 27 août 2011. On trouve d’autres précisions sur la présence (importante, de l’ordre de 30%) d’islamistes dans les rangs des rebelles libyens.

28/08/2011, Une guerre et des débiteurs, Le Quotidien d’Oran

La guerre en Libye n’a rien à voir avec le pétrole. C’est ce qu’on disait à Paris et à Londres. Et ceux qui, sans avoir la moindre once de sympathie pour Kadhafi, osaient mettre en avant l’enjeu pétrolier dans le grand engagement des Occidentaux pour la «liberté» des Libyens passaient pour des rabat-joie. Ou pire, pour des défenseurs des dictatures.
Il y avait pourtant quelques éléments factuels évidents. En 2007, alors que Mouammar Kadhafi, encore ami, plantait sa tente dans les jardins d’un grand hôtel parisien et au milieu des flatteries qui avaient suscité des sarcasmes indignés dans la presse française, on avait évoqué des contrats de plus de 10 milliards de dollars. Paris n’avait rien obtenu, sinon une exhibition grotesque du Guide en goguette. Et si Kadhafi est devenu un affreux dictateur après avoir été l’invité officiel de la République, cela a certainement quelque chose à voir. Et désormais, la France, qui n’a que des amis en Libye, de Benghazi à Tripoli, peut espérer la totale pour Total, sans compter les programmes de reconstruction et de fournitures d’équipements pour la future nouvelle armée libyenne… Ainsi vont les affaires dans le monde des marchés armés.
Les nouveaux dirigeants libyens, même provisoires, l’ont promis : ils seront généreux avec ceux qui les ont aidés. La morale politique de l’Occident, formule qui ressemble furieusement à un oxymore, est ainsi clairement déclinée : les beaux principes sont particulièrement utiles quand il s’agit de justifier le commerce. Et qu’est-il de plus élevé et de plus noble que le pétrole dans le champ des intérêts stratégiques ?
Avec la survie d’Israël, dernière frontière idéologique, l’approvisionnement énergétique est le centre des préoccupations impériales. L’OTAN, qui a démontré ce que valent les résolutions de l’ONU, inaugure un rôle nouveau, celui de chevalier blanc de la guerre mondiale pour l’or noir. En tout cas, le message est d’une limpidité impitoyable : les amitiés de l’Occident ne durent que le temps de leurs intérêts. Le ci-devant Guide de la Jamahiriya, habitué à ce que ses clients endurent ses foucades, doit en méditer l’amère leçon. Le pétrole, qui a construit son régime inepte, est précisément ce qui a précipité sa chute. L’histoire montrera si la guerre humanitaire pour les hydrocarbures peut déboucher sur un régime viable et efficace pour le malheureux peuple libyen. Et si les dépenses assumées par les Occidentaux dans leur guerre contre Kadhafi seront compensées – et au-delà – par les nouveaux dirigeants qui sont effectivement débiteurs.
Cette guerre confirme en tout état de cause que les dépenses d’armements de la Libye de Kadhafi n’auront servi à rien, sinon à améliorer les comptes des intermédiaires, et que l’impérialisme, en proie à l’une de ses crises les plus graves depuis des décennies, n’hésite pas à recourir aux armes quand il le juge rentable. La guerre est toujours menée au nom de la paix du monde et de l’ONU, qui n’est plus qu’une instance d’enregistrement. Tout autant que l’invasion de l’Irak, la guerre en Libye doit être évaluée à cette aune strictement matérielle. Le peuple libyen s’est débarrassé de son tyran, c’est un progrès incontestable. L’histoire montrera rapidement si la Libye s’est pour autant débarrassée de la domination.

27/08/2011, Domenico LOSURDO, Sept points sur la Libye, Le Grand Soir

Désormais même les aveugles peuvent être en mesure de voir et de comprendre ce qui est en train d’arriver en Libye :
1. C’est une guerre promue et déclenchée par l’OTAN qui est en cours.
2. Il s’agit d’une guerre préparée depuis longtemps.
3. Cette guerre n’a rien à voir avec la protection des droits humains.
4. Voulue pour des motifs abjects, la guerre est menée de façon criminelle.
5. Barbare comme toutes les guerres coloniales, la guerre actuelle contre la Libye démontre comment l’impérialisme se fait de plus en plus barbare.
6. Non moins barbare que la guerre a été la campagne de désinformation.
7. De même que la nature belliciste de l’impérialisme ne change pas, ainsi ses techniques de manipulation révèlent de significatifs éléments de continuité.
L’auteur n’apporte pas de preuves convaincantes à l’appui de sa dénonciation mécanique d’une guerre coloniale.

26/08/2011, Libia y los intelectuales – equivocación moral y colapso intelectual, ArgenPress

El artículo de Atilio Borón, ¿"Libia: Sangre, sudor y lágrimas"? confirma la tendencia de otros intelectuales destacados como Ignacio Ramonet, Samir Amin o Immanuel Wallerstein de analizar los acontecimientos en Libia tendenciosa y ahistóricamente para justificar prejuicios a la vez vulgares y pretenciosos. En sus escritos sobre Libia todos estos escritores demuestran dos cosas fundamentales – comparten la versión imperialista de los sucesos en Libia y escriben como si fuera apropiado en este momento pretender a algún tipo de lucha anti-imperialista teórica y moralmente superior.
Hace poco opinamos que los intelectuales de la izquierda internacional tienen poco que ofrecer a los pueblos que luchan por su emancipación del imperialismo occidental. Lo que autores como Atilio Borón y Samir Amin han escrito sobre Libia confirma esa apreciación. Como mucha gente aquí en Nicaragua incluyendo el Frente Sandinista de Liberación Nacional, nosotros nos solidarizamos con Muammar Ghaddafi y su pueblo en su batalla contra la OTAN.
Mundo en Cuestión está de acuerdo con el primer párrafo, pero NO con el segundo. Sostener el pueblo de Libia conra la OTAN no significa sostener Ghaddafi – a contrario. Leer: Les impasses de Wallerstein, Les égarements de Wallerstein (I), Les égarements de Wallerstein (II).

26/08/2011, Les impertinences du scénario, Dedefensa

La "victoire" commence à s’abîmer dans le désordre. Ainsi les événements de Libye nous montrent-ils un scénario qui ne semble pas correspondre à celui qui était écrit lorsque fut lancée l’offensive "finale" sur Tripoli. En termes de communication, la situation montre une tendance inquiétante, avec la possibilité désormais que la perception générale, notamment celle du brave public de nos démocraties, bascule d’une "victoire" sans (trop de) bavures à un "désordre type-irakien". Cette question de perception est vitale, notamment pour déterminer les positions des directions politiques, et modifier complètement l’argument de la situation libyenne, – de la poussée révolutionnaire irrésistible, nécessairement vertueuse, au désordre des "rebelles" incapables de se discipliner tandis que s’organise une autre résistance qui pourrait avoir un aspect populaire.
Richard Norton-Taylor (le Guardian du 25 août 2011) croit distinguer dans l’intervention libyenne un nouveau schéma interventionniste, avec les acteurs suivants : la logistique et le soutien aérien offensif de l’OTAN, c’est-à-dire des pays de l’OTAN intéressés dans l’intervention, tout cela très voyant et tonitruant ; dans ces pays, il ne faut plus vraiment compter les USA, qui se tiennent "sur le siège arrière", n’ayant plus guère de goût pour les interventions ; il y a aussi les interférences avec les interventions terrestres non officiellement reconnues (forces spéciales notamment), venues des mêmes pays de l’OTAN, mais aussi d’un nouvel acteur : l’ensemble des pays arabes du Golfe, ainsi engagés dans la croisade du "printemps arabe", justement pour étouffer le "printemps arabe"…
Pendant que son frère David nous informe, le 26 août 2011 dans The Independent, à propos de la situation incertaine et inextricable à Tripoli, Alexander Cockburn donne à Russian Times une analyse générale (le 26 août 2011). Cockburn rapporte la vision pessimiste évidente, – c’est-à-dire la vision normalement informée : guerre "pour le pétrole", acteurs divers et très divisés, l’opération actuelle devant conduire à une longue période d’insécurité et d’instabilité, avec le message principal pour tous les pays concernés qu’ils ont intérêt, – comme l’a fait la Corée du Nord, – à développer des armes nucléaires parce que seuls l’arme nucléaire, – comme le montre le cas de la Corée du Nord justement, – vous met à l’abri de l’habituelle "intervention humanitaire"…
Un point important à observer est l’extraordinaire insistance des USA pour se tenir hors de toute implication sérieuse dans les affaires en cours, notamment la "chasse à Kadhafi", où Français et Britanniques sont par contre fort impliqués et sans aucune intention de le dissimuler.
Ainsi, les USA se trouvent-ils en retrait (habiles tireurs de ficelles, affirment certains, selon un raisonnement du type "chaos créateur"), en étant tout de même impliqués, comme on l’a vu au Congrès. Ceux qui plaident pour la thèse de l’habileté type "tireurs de ficelle" connaissent bien peu de chose à la psychologie et à l’hubris américanistes (ce qui est la même chose). Le résultat réel, en profondeur, de la situation actuelle, c’est d’acter symboliquement, non pas le déclin mais l’effondrement de la puissance US. On nous opposera des chiffres (avec raisons : les USA ont assuré en soutien 16% des sorties offensives, seconds juste derrière les Français) [...] Que nous importe, à nous, le 16% des missions si la bannière étoilée n’est pas visible partout, si le président Obama ne fait pas des discours enflammés à la gloire de la guerre, et ainsi de suite. Tout se passe alors, comme si les USA étaient absents du conflit et laissaient le leadership aux autres.

26/08/2011, L’Asie de l’Ouest et l’Afrique du Nord font face à une réorganisation difficile, Renmin Ribao

La réalité dans les pays d’Asie de l’Ouest et d’Afrique du Nord impliqués dans les agitations est différente, mais les problèmes communs de ces pays sont ceux-ci : depuis longtemps, la plupart des pays connaissent un développement très déséquilibré sur les plans politique, économique et social, le pas de la réforme et les systèmes concernés sont nettement en retard par rapport au développement de notre époque. Beaucoup de pays maintiennent encore des structures politiques, économiques et sociales tribales, bien qu’ils aient acquis l’indépendance nationale depuis longtemps. Des facteurs traditionnels et modernes sont mêlés dans le régime politique des pays. Les agitations survenues depuis le début de cette année montrent que les populations de ces pays expriment, d’une manière extrême, leurs besoins impérieux pour le changement de régime politique et de mode de développement social. Cela peut également être considéré comme faisant partie du processus historique de développement politique et social des pays de la région.
Evidemment, ce processus ne s’achèvera pas, avec la chute de dirigeants et le changement du pouvoir. Du fait que les problèmes politiques et sociaux dans la région d’Asie de l’Ouest et d’Afrique du Nord se sont produits dans le développement social, culturel et historique de la région, beaucoup de problèmes concernant les aspects plus profonds et plus variés et qui ont surgi dans le processus de changement de mode ne pourront pas être réglés avec la seule fin de l’ancien régime.
Le processus de développement politique et social dans la région d’Asie de l’Ouest et d’Afrique du Nord est déjà arrivé à un nouveau carrefour. Le développement futur est une preuve pour les dirigeants et les peuples des pays de la région. Quand bien même ils ne sont pas préparés aux changements subits de l’heure actuelle. Ces pays qui ont connu des agitations n’ont pas encore établi d’objectifs constructifs nets, ni produit une direction faisant autorité. Mais on peut affirmer que là bas, il faudra une plus grande patience, une plus grande tolérance et un plus grand esprit créateur. Il faudra une pensée politique toute neuve et un esprit de solidarité transcendant les limites politiques, religieuses et ethniques.

26/08/2011, En Libye, il n’y a pas eu de victoire des "rebelles", Info-Palestine

On a l’impression que l’histoire bégaie. En fait, nous sommes plutôt dans une nouvelle phase de l’impérialisme occidental qui s’est assigné la mission absolument stratégique de contenir l’expansion chinoise ou de tout autre concurrent pour la domination du monde. Ce qui se joue ici, c’est la pérennité du leadership des Etats Unis et on pourra dire que ces derniers n’ont pas été déçus par leurs supplétifs européens. Ce n’est quand même pas pour rien que les Occidentaux ont fait ce qu’il fallait pour tenir à l’écart l’Union Africaine après avoir mis en avant une Ligue Arabe discréditée servant de vitrine diplomatique aux monarchies rétrogrades du Moyen Orient.

26/08/2011, Traversée de l’ouest de la Libye dévastée par des reporters de Xinhua, Xinhua

Pour les journalistes étrangers qui sont chargés de couvrir le conflit en Libye, les difficultés auxquelles ils font face sont temporaires et donc supportables. Mais pour les Libyens, qui sont encore confrontés à un avenir incertain et à la tâche ardue de réparer leurs maisons ravagées et de panser leurs plaies intérieures, c’était l’enfer.

26/08/2011, Diana JOHNSTONE, Démocratie et dictateurs – Le Diable est dans les Détails, Le Grand Soir

L’idéologie actuelle qui justifie les guerres d’agression est fondée sur une dichotomie simpliste entre la démocratie et les dictateurs. Les gens qui, en Occident, soutiennent les guerres ont déplacé le centre de la loi internationale des Nations unies vers un club bien plus restreint de "démocraties" qui seules possèdent une "légitimité". Le centre de ce club est le monde anglo-saxon, plus Israël, l’Union Européenne et le Japon. Cette "communauté internationale" de démocraties est supposée posséder le droit moral unique de décider quand le dirigeant de n’importe quel pays qui se situe en dehors de leur cénacle peut-être dénoncé comme un dictateur et renversé à l’aide d’une campagne de bombardements par l’OTAN.
[...]
Je me suis abstenue d’écrire sur ce sujet pendant des années, parce que je pense ne pas en connaître assez à propos de la Libye. Mais, maintenant, je vois d’autres personnes, qui en savent encore moins que moi, argumenter avec force pour que l’OTAN soutienne des rebelles dans une guerre civile dont les motifs et les conséquences réelles sont obscures.
Ma première conclusion est de faire remarquer que le simple fait qu’un pays ne soit pas une démocratie de style occidental ne signifie pas que tout ce qui s’y passe est "dicté" par un "dictateur". Le terme "dictateur" sert à renforcer la paresse des médias et des politiciens, qui ne se donnent pas la peine d’analyser les complexités d’une société qui ne leur est pas familière.
Ma deuxième et dernière conclusion c’est que nous en Occident n’avons ni le droit ni la capacité de "réparer" ces sociétés peu familières telles que la Libye, que nous rejetons comme étant des "dictatures". Alors que la crise financière risque d’amener le niveau de vie dans une partie de l’Occident en dessous de ce qu’il était dans la Libye de Kadhafi avant que l’OTAN n’intervienne, notre "démocratie" occidentale risque d’être graduellement réduite à n’être plus qu’une excuse idéologique pour attaquer, ravager et piller d’autres pays.

25/08/2011, Jean-Jacques LAMY, Libye : en marche vers la démocratie ?, Lutte Ouvrière

Les Sarkozy, Obama et Berlusconi, en dépit de leurs professions de foi en faveur de la démocratie, ne se font apparemment pas beaucoup d’illusions. Plus la victoire des insurgés sur les troupes de Kadhafi se rapproche, et plus les déclarations des dirigeants occidentaux se font prudentes, voire inquiètes, sur la suite des événements de l’après-Kadhafi.
Mais ce n’est pas le sort de la population libyenne, dans les semaines, les mois et les années qui viennent, qui les préoccupe. S’ils sont intervenus contre Kadhafi, s’ils ont plus que contribué à le chasser, ce n’est pas pour débarrasser le peuple libyen d’un dictateur mégalomane et sanguinaire, mais dans la perspective d’accéder pour les uns, ou de conforter pour les autres, leur mainmise sur les ressources du pays en pétrole, en gaz. Ce qui les inquiète, c’est le risque de créer dans le pays, comme en Irak, une situation d’instabilité qui gêne leurs pillages.
Du côté des puissances impérialistes, les réunions sur l’avenir de la Libye se multiplient. Comme l’écrivent Les Échos, « c’est la mobilisation générale lancée par les pays occidentaux pour encadrer et accompagner la révolution libyenne ». Et les instances de l’Otan ont commencé à discuter de la forme que pourrait prendre l’installation d’une présence militaire occidentale dans le pays…

25/08/2011, Stella CALLONI, Guerra colonial contra Libia, Tlaxcala

La perversión de agencias estadounidenses y europeas y sus subordinados en el mundo al llamar "guerra civil" a lo que está sucediendo en Libia, demuestra cómo se convirtió una intervención colonial contra un país, del que Estados Unidos y sus socios quieren apoderarse por diversas razones de intereses, en una "rebelión" interna que "humanitariamente" debía ser ayudada.

25/08/2011, Robert FISK, Attention au syndrome irakien, Presseurop

L’euphorie serait prématurée, car l’Occident est condamné à commettre en Libye les mêmes erreurs qu’en Irak, estime Robert Fisk. Et si Kadhafi reste introuvable, une guérilla sapant l’autorité des nouveaux maîtres du pays sera inévitable.
La présence massive de diplomates occidentaux, représentants des géants du pétrole, mercenaires occidentaux grassement payés et militaires français et britanniques (qui tous prétendent être là en tant que simples "conseillers", pas en tant que participants) forme à Benghazi une véritable zone verte. Il n’y a peut-être pas (encore) de remparts autour d’eux, mais ce sont ces hommes-là qui, de facto, gouvernent la Libye par l’intermédiaire de divers héros et voyous libyens qui se présentent comme les maîtres politiques locaux.

25/08/2011, Carlo SANTULLI, Libye : l’heure d’un bilan critique, Affaires-strategiques

Malgré l’armement des "rebelles" et le bombardement massif du pays, les résultats sur le terrain ont été un désastre : six mois de massacres inutiles. La population locale ayant clairement rejeté le CNT ("rebelles") et l’OTAN, l’intervention a tourné à l’escalade guerrière et à la catastrophe humanitaire. Les milliers de morts et les dizaines de milliers de réfugiés qu’on s’était inventés sont désormais réels : c’est nous qui l’avons massacré, "son propre peuple". Au bout de six mois d’échec, après avoir barbarement bombardé les villes et les infrastructures civiles du pays, l’OTAN et le Qatar ont lancé une opération d’agression militaire de grande envergure à l’encontre de la capitale, Tripoli. Elle s’est soldée par un carnage, des annonces triomphalistes (y compris la fausse capture de deux fils de Kadhafi, Saïf Al-Islam et Mohammed, et le meurtre imaginaire de leur frère Khamis, donné pour mort quatre fois depuis février dernier), et un résultat inexistant sur le terrain : ni l’OTAN, ni le CNT ne contrôlent la Libye à ce jour. Pour ajouter le sordide au tragique, on a vu les "leaders" de l'"intervention humanitaire" de l’OTAN commencer à discuter du partage du pétrole libyen dès le 23 août. Mais si le spectacle ignoble du partage du butin pétrolier sous les décombres et les cadavres de l'"intervention humanitaire" démasque les nouveaux "French doctors", il montre aussi l’impréparation derrière cette hâte pathétique car les "rebelles", à force de se rapprocher jour après jour de Tripoli, puis de son centre, sont aujourd’hui à mille lieues de contrôler le pays.
L’échec de l’intervention libyenne pèsera sur l’histoire de la France, et sur les valeurs qu’elle est censée incarner. Les faits ont confirmé que le CNT est un assemblage hétéroclite dominé par des islamistes proches d’Al-Qaïda et des éléments parmi les plus réactionnaires de l’ancien apparat kadhafiste. Il est incapable de gouverner la Libye et, même à l’Est (en Cyrénaïque), il ne contrôle pas les tribus. L’oppression des femmes (isolées par une palissade en plein Benghazi !) et la disparition des services publics ont été ses seules réalisations en six mois de "pouvoir". A supposer même, ce qui est de plus en plus invraisemblable, que le système politique incarné par Kadhafi (assurant la gestion du pays par un équilibre intertribal) finisse un jour proche par être vaincu, le CNT n’est pas en mesure de se faire obéir par les tribus et de contrôler le pays : l’improbable défaite de Kadhafi se solderait elle-même par un échec.
Plus profondément, la défaite de l’OTAN en Libye est une défaite morale et politique de la France et du modèle "démocratique" occidental. Elle a confirmé, après la folie irakienne, que nos "démocraties" peuvent se révéler plus totalitaires (avec la propagande criminelle publique sur les bombardements de manifestants par Kadhafi, après celle sur les armes de destruction massive en Irak) et plus guerrières (avec l’agression d’un pays et l’escalade meurtrière devant sa résistance, en Libye comme en Irak) que les dictatures.

25/08/2011, Jacques BORDE, Libye : Bataille pour Tripoli – La nuit des dupes, Geostrategie

Les combattants en question ont un teint de peau moins mat que le Libyen moyen. D’où ma question : sont-ce bien des Libyens ? Ou, plus probable, des non-régnicoles ! C’est-à-dire des combattants étrangers (mercenaires, contractors, forces spéciales occidentales, etc).
Les combattants en question arborent des treillis centre-europe britanniques ET des cagoules. À noter que c’est la première fois que je vois ce type de treillis sur des images en provenance du front libyen. De là à supposer que des combattants en armes portant des treillis brits ET des cagoules soient, selon toute probabilité, des membres des SAS ou SBS de Sa Très Gracieuse Majesté, consommateurs réguliers de ces effets en opération…
Si bien sûr. De nombreuses vidéos montrent, sans guère de doutes possibles, des contractors US combattant aux côtés des rebelles. Repassez-vous des images des déploiement des US Special Forces lors de la conquête de l’Afghanistan, vous verrez !… Et leur nombre risque d’augmenter dans la mesure où, de manière générale, les Américains – qui, pour d’évidents objectifs de prédation économique, vont revenir en force en Libye – laissent rarement à d’autres le soin d’assurer la sécurité de leurs ressortissants et biens. Ce qui ne sera pas sans poser de problèmes.
Et si je vous cite l’ouvrage de Scahill sur Blackwater, ça n’est pas, bien sûr, par hasard. Une des pistes les plus sûres pour sucer – avidement et habilement – le sang des Libyens va être de leur facturer leur (in)sécurité au prix fort en faisant débarquer massivement leurs Sociétés militaires privées. Évidemment, celles-ci, prospérant sur la misère des pays où elles débarquent, seront les dernières à avoir intérêt à ce que la Libye retrouve sa prospérité d’avant-guerre. Et je ne vous parle pas de l’État-providence qu’avait mis en place Kadhafi. Avec un peu de chance, feu-la-Jamahiriya sera une pale copie de la Tunisie. En plus pauvre ! Au pire, une géhenne entre l’Afghanistan et la Somalie…

25/08/2011, Manifeste du Conseil Tribal Libyen, Silvia Cattori

"Par cette lettre au sommet extraordinaire Africain, se réunissant à Addis Abebas, les notables des tribus de l’Est de la Grande Jamahiriya confirment leur total rejet de ce qui est appelé le Conseil de Transition à Benghazi qui n’a pas été nommé ni élu par les représentants des tribus mais plutôt imposé par l’OTAN.
Ce qui est appelé le Conseil de Transition de Benghazi nous a été imposé par l’OTAN et nous le rejetons complètement. Est-ce la démocratie d’imposer des personnes par la force des armes aux gens de Benghazi, beaucoup d’ente elles n’étant même pas Libyennes ou issues de tribus libyennes mais viennent de Tunisie et d’autres pays.
Le Conseil Tribal affirme sa totale coopération avec l’Union Africaine et ses suggestions visant à aider à empêcher l’agression contre le peuple libyen…
Le Conseil Tribal condamne l’agression croisée contre la Grande Jamahiriya exécutée par l’OTAN et les forces arabes régressives ce qui constitue une importante menace contre les civils libyens alors qu’ils continuent à les tuer alors que l’OTAN bombarde des cibles civiles…
Nous n’acceptons pas et nous n’accepterons pas d’autorité autre que celle que nous choisirons par notre volonté libre c’est-à-dire par le Congrès du Peuple et les Comités des Peuples et la direction populaire sociale, et nous nous opposerons par tous les moyens à disposition aux rebelles de l’OTAN et à leur massacre leur violence et leur mutilation des cadavres."

25/08/2011, Manlio DINUCCI, A Tripoli les « rebelles » des forces spéciales OTAN, Silvia Cattori

Des forces spéciales de Grande-Bretagne, France et Qatar, écrit le New York Times (23 août 2011), sont en train de fournir un appui tactique aux forces rebelles et des conseillers de la CIA aident le gouvernement de Benghazi à s’organiser. Des commandos britanniques et français, confirme un officier supérieur de l’OTAN, sont sur le terrain avec les rebelles à Tripoli. Et, à la question de savoir si des agents de la CIA y sont aussi, l’officier répond qu’il en est certainement ainsi.
Tandis qu’elle poursuit ses attaques aériennes pour aplanir la route aux rebelles, l’OTAN conduit sur le terrain une guerre secrète pour s’assurer que, dans la Libye de l’après-Kadhafi, le pouvoir réel serait dans les mains des puissances occidentales, flanquées par les monarchies du Golfe. Dans ce cas les forces spéciales hisseront le drapeau du peacekeeping ("maintien de la paix") et porteront des casques bleus.

24/08/2011, Atilio BORON, ¿Libia: Sangre, sudor y lágrimas?, ArgenPress

El CNT, en suma, es un bloque reaccionario y oportunista, integrado por islamistas radicales, socialistas " (estilo Zapatero o Tony Blair"), nacionalistas (sin nación, porque Libia no lo es) y, como señala el analista internacional Juan G. Tokatlian, "bandidos, empresarios, guerrilleros y ex militares" para ni hablar del faccionalismo tribal y étnico que ha marcado desde siempre la historia de ese territorio sin nación que es Libia. Por eso no existen demasiadas razones para suponer que el CNT inaugurará un período democrático. Sus miembros no tienen mejores credenciales que Gadaffi y pesa sobre ellos la irredimible infamia de haber invitado a las potencias imperialistas a bombardear sus ciudades y aldeas para viabilizar su derrocamiento. Por eso, lo más probable es que una vez derrotado el régimen las sangrientas luchas intestinas y la ingobernabilidad resultante tornen inevitable para las potencias imperialistas entrar en otro pantano, como Irak y Afganistán, para establecer un mínimo de orden que permita organizar su rapiña. Desgraciadamente, lo que le espera a Libia no es la democracia sino un turbulento protectorado europeo-norteamericano y, como dijera Winston Churchill de su país en tiempos de la Segunda Guerra Mundial, sangre, sudor y lágrimas.

Lire aussi :
Revue de presse Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.

Revue de presse Culture 28/08/2011


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28/08/2011, La guerre d’Algérie, vingt cinq ans après : 1959, l’année des dupes, Fabrique de sens

27/08/2011, Thierry DISCEPOLO, La littérature est toujours propagande – autant savoir pour quoi, Agone
Extrait de la préface à Mark TWAIN, La Prodigieuse Procession & autres charges, Agone, 2011.
Apporter les bienfaits de la civilisation à notre frère assis dans les ténèbres a été une bonne affaire et nous a beaucoup rapporté. Mais les peuples assis dans les ténèbres commencent à se faire trop rares et trop timides. La plupart ont eu droit à plus de lumières qu’ils n’en avaient besoin. Nous avons été peu judicieux. Le trust Bienfaits-de-la-civilisation, s’il est administré avec sagesse et précaution, est une véritable perle. Il y a là plus d’argent et plus de territoires que dans tout autre jeu dans lequel on puisse se lancer. Mais les peuples assis dans les ténèbres sont maintenant suspicieux des bienfaits de la civilisation. Plus encore – ils ont commencé à les examiner. Ce n’est pas une bonne chose. Les bienfaits de la civilisation sont une bonne chose, et commercialement forts profitables. Tant qu’il n’y a pas trop de lumière.

26/08/2011, Hommage à Steve JOBS, Blog en Question

25/08/2011, Hommage à Naji al-ALI, Palestine en Question

24/08/2011, Gérard DUSSOUY, Traité de relations internationales
Tome I. Les théories géopolitiques, L’Harmattan, 2006, Classiques des sciences sociales
Tome II. Les théories de l’interétatique, L’Harmattan, 2008, Classiques des sciences sociales
Tome III. Les théories de la mondialité, L’Harmattan, 2009, Classiques des sciences sociales

23/08/2011, Guillermo ALMEYRA, Trotsky a 71 años de su asesinato, ArgenPress
La oleada revolucionaria, en efecto, se produjo después del derrumbe del nazifascismo pues a la masiva lucha anticapitalista en Europa se unió el poderoso movimiento anticolonial que liberó a Asia y Africa del yugo de las viejas potencias imperialistas y sacudió en una parte importante de América Latina al imperialismo estadounidense. Pero las otras previsiones de Trotsky no se cumplieron pues el líder de la revolución de Octubre había subestimado los terribles efectos nefastos de la dictadura stalinista sobre los obreros y campesinos de la Unión Soviética y su despolitización y desorganización así como el papel contrarrevolucionario de los partidos comunistas sometidos al Kremlin durante y después de la guerra, cuando fueron el principal factor de la restauración de los maltrechos Estados imperialistas europeos y de la llamada coexistencia pacífica con el imperialismo estadounidense.

23/08/2011, Rester humain à Gaza Livre de Vittorio ARRIGONI, Palestine en Question

22/08/2011, Murmures de la mémoire : quartier Renault-Billancourt, 1968-2008, Sur les docks

22/08/2011, Asie Pacifique 1/5 : Chine, Les Archives du continent
Un document publié pour la première fois le 30/11/1948.

22/08/2011, Paris Manif Livre sous la direction de Danielle TARTAKOWSKY, Monde en Question

22/08/2011, Serge LEFORT, La Chine vue par Adam SMITH, Chine en Question

21/08/2011, Cartographier la mondialisation : l’Atlas de Sciences Po, Rumor

21/08/2011, La guerre d’Algérie, vingt cinq ans après : la Bataille d’Alger 1957, Fabrique de sens

20/08/2011, Marie-Anne PAVEAU, Signes, sexe and linguistique 4. Plaisirs à lire – La littérature pornographique, La pensée du discours

20/08/2011, Noam Chomsky et ses amis… Une imposture au sein de l’anarchisme, La Bataille socialiste

20/08/2011, Daniel GUÉRIN, Colonies S.O.S. ! (1937), La Bataille socialiste

19/08/2011, Milan Kundera publié dans La Pléiade, Ça peut pas faire de mal

19/08/2011, Calamity Jane par Grégory Monroe, Sur un Tapis volant

19/08/2011, Serge LEFORT, Hommage à Fanny RAOUL, Monde en Question

18/08/2011, Brève histoire du mouvement des Libertins, La République des Lettres

18/08/2011, La guerre d’Espagne, Les Grandes traversées

18/08/2011, Préface au Livre I du Capital (Korsch, 1932), La Bataille socialiste

18/08/2011, Serge LEFORT, La face cachée du Dalaï-Lama, Chine en Question

17/08/2011, Serge LEFORT, Lire MARX et ENGELS, Monde en Question

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