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Archive for the ‘Lecture audio’ Category

Colonisation de l’Afghanistan

3 janvier 2010 Laisser un commentaire

Le 28 janvier à Londres, une nouvelle conférence internationale tentera d’éclaircir l’avenir de l’Afghanistan.
En novembre dernier, la réélection par défaut de Hamid Karzaï à la tête de l’État, pour cause de scrutin présidentiel contesté, a montré la taille du défi qui attend la communauté internationale.
Cela fait 8 ans que les Talibans ne sont plus au pouvoir en Afghanistan. 8 ans que l’armée américaine est entrée massivement dans le pays. 8 ans qu’avec ses alliés, elle tente d’y rétablir un semblant de société, et d’État. Mais tout le monde le sait bien l’effort militaire n’est pas suffisant.
L’effort financier international pour relever le pays s’élève à 5 millions d’Euros par jour depuis la chute du régime islamiste. Sommes colossales, mais dont la plus grande partie se perd comme la pluie dans le désert. Entre une corruption endémique et des organisations internationales budgétivores, le plus gros de cet effort ne parvient jamais à ses destinataires.
L’organisation non gouvernementale OXFAM estime qu’un tiers des afghans sont menacés par la disette et 40% vivent toujours sous le seuil de pauvreté.
Interception – France Inter

Lire aussi :
• 18/11/2009, Nouveau rapport d’Oxfam International : pour 70% des Afghans, la pauvreté et le chômage ne font qu’attiser le conflit, Oxfam International.
• 1993, DORRONSORO Gilles, Les enjeux de l’aide en Afghanistan, Cultures & Conflits n°11.
• Dossier documentaire & Bibliographie Afghanistan, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Élections 2009 Afghanistan , Monde en Question.

La question sociale

25 décembre 2009 1 commentaire

Un film de Thomas Lacoste avec Robert Castel
La Bande Passante

8 films-entretiens sur le travail et les luttes sociales réalisés par Thomas Lacoste avec Etienne Balibar, Robert Castel, Patrice de Charette, Christophe Dejours, Charles Piaget et Renaud Van Ruymbeke.

La valeur travail : on se souvient que lors de la dernière campagne présidentielle, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy n’avaient de cesse de s’y référer. Elu président, Sarkozy ne parle désormais plus du travail, dans un contexte pourtant marqué par la crise financière et ses effets délétères sur l’emploi : licenciements massifs, mobilité forcée, etc.

Les entretiens réunis par La Bande Passante reviennent sur ce qui est bien « la » question sociale, aujourd’hui comme hier : le travail. Cette série d’entretiens croise les regards du philosophe, du sociologue, du psychologue, du juriste, du syndicaliste sur la centralité du travail, la souffrance qu’elle génère aussi (Christophe Dejours), l’installation d’une partie croissante des travailleurs dans le précariat (Robert Castel), les mobilisations passées autour du travail (Etienne Balibar sur 68, Charles Piaget sur LIP) qui permettent aussi de penser les révoltes présentes, les tentatives du pouvoir pour corseter l’action des juges en matière de droit du travail (Patrice de Charette) ou de lutte contre la corruption financière (Renaud Van Ruymbeke).

Lire aussi :
L’Autre campagne.
• Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.

Histoire du monde au XVe siècle

21 décembre 2009 Laisser un commentaire

BOUCHERON Patrick (sous la direction de), Histoire du monde au XVe siècle, Fayard, 2009 [La Fabrique de l'Histoire - France Culture - Le Monde - Marianne-Tout sur la Chine].

Le XVe siècle est le temps de l’invention du monde. De Tamerlan à Magellan, depuis l’Asie centrale jusqu’à la capture de l’Amérique en 1492, s’accomplit une première mondialisation. Mais la geste de Christophe Colomb est tout sauf un événement fortuit : elle est précédée, et surtout rendue possible et pensable, par une dynamique globale et séculaire d’interconnexion des espaces, des temps et des savoirs du monde. Elle ne se laisse en rien circonscrire par ce que l’on appellera plus tard l’occidentalisation du monde : les marchands de l’océan Indien, les marins chinois de l’amiral Zheng He, mais aussi les conquérants turcs ont toute leur part dans cette histoire des devenirs possibles du monde, où rien n’est encore écrit.

Ni dictionnaire critique ni somme érudite, Histoire du monde au XV siècle se veut un essai collectif davantage qu’une encyclopédie. Faisant alterner les chapitres de synthèse et les textes au ton plus libre éclairant un événement, un personnage ou une oeuvre, le livre se prête à la lecture au long cours comme au hasard du cabotage. Mais dans tous les cas, il s’agit bien de susciter des étonnements par rapprochement et d’éveiller des curiosités par le déplacement du regard. Si l’accent est naturellement mis sur ce qui circule plutôt que sur ce qui cloisonne, s’inscrivant en cela dans les perspectives nouvelles d’une histoire globale attentive aux connexions des lieux et des temps, cette histoire du monde ne se réduit pas à une chronique de la mondialisation : il s’agit aussi de rendre compte des spécificités et des originalités des territoires du monde, des temps du monde, des écritures du monde, des devenirs du monde – ces quatre dimensions inspirant l’architecture d’ensemble du livre.

Lire aussi :
• GRUZINSKI Serge, Les quatre parties du monde – Histoire d’une mondialisation, La Martinière, 2004 [Académie de Lille - Arts Livres - Canal Académie - Clionautes - Critique internationale-Sciences Po - Revues plurielles - SIELEC].

Dominer “les quatre parties du monde” : telle est l’ambition de la Monarchie catholique (1580-1640). Pour imposer leur présence, Espagnoles et Portugais apprennent à maîtriser des milieux inconnus, tandis que du Mexique au Japon, du Brésil aux côtes africaines, de Goa aux Philippines, des peuples sont confrontés à des formes de pensée et de pouvoir qui leur sont totalement étrangers. Brassage des êtres ou résistance des traditions locales à la domination ibérique : la terre se mondialise.

À l’aube des temps modernes, ce ne sont pas seulement les modes de vie, les techniques et l’économie que bouleversent les nouveaux maîtres de la planète, mais aussi les croyances et es imaginaires. Serge Gruzinski montre que le passé est une merveilleuse boîte à outils pour comprendre ce qui se joue depuis des siècles entre occidentalisation, métissages et mondialisation. Il nous invite à un vaste tour du monde en compagnie de personnages dont le destin incarne le face-à-face des grandes civilisations et d’un empire universel.

• Dossier documentaire & Bibliographie Géo-Histoire globale, Monde en Question.

Écouter aussi :
• Histoire du monde 2/4 Cartographier le monde dans l’antiquité, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.
• Histoire du monde 3/4 L’histoire universelle, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.
• Histoire du monde 4/4 La world history ou histoire globale, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.

Quelle place au lycée pour l’histoire ?

20 décembre 2009 Laisser un commentaire

À propos de la suppression de l’histoire-géographie en classe de terminale scientifique : quelle place donner à l’histoire et à la philosophie des sciences au lycée ?
Macadam philo – France Culture

Lire aussi :
• LÉVY-LEBLOND Jean-Marc, A quoi sert la science ?, Bayard, 2008 [Amazon].
• LÉVY-LEBLOND Jean-Marc, La science est-elle universelle ?, Le Monde diplomatique.
Observer, nommer, décrire, théoriser : autant d’activités qu’on retrouve dans l’histoire de toute civilisation. Pour autant, chacune ayant tracé son propre chemin vers la connaissance, et les interactions étant plus rares qu’on ne le croit, qui saurait dire si «la» science est universelle ?
• LÉVY-LEBLOND Jean-Marc, Wikipédia.

Pour une économie de la contribution

19 décembre 2009 Laisser un commentaire

Vidéos des conférences de Jean-Marie Monnier, de Carlo Vercellone, Franck Cormerais, Michel Deguy et Bernard Stiegler prononcées à l’occasion du débat organisé par Ars Industrialis le samedi 5 décembre 2009 à Paris.
Ars Industrialis

Lire aussi :
• L’économie de la contribution, Ars Industrialis.
• Bernard Stiegler : “Il y a beaucoup d’inventions qui ne produisent aucune innovation”, Télérama.
• D’autres regards sur la crise, avec Bernard Stiegler, Fabrique de sens.
• Le modèle du logiciel libre, la réponse à la crise capitaliste ? – Bernard Stiegler est interviewé par Siné Hebdo, Connexion Démocrate.
• Comment les objets communicants transforment la société ?, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Économie politique, Monde en Question.

Corée du Sud

18 décembre 2009 Laisser un commentaire

Voyage en Corée du Sud, Sur les docks – France Culture, 1/2, 2/2.

On parle habituellement de «la Corée», ce qui est vrai et faux. En fait, on se réfère alors à la Corée du Sud, l’un des quatre «dragons» asiatiques des années 60 (avec Taïwan, Hong-Kong et Singapour). Cette Corée est même devenue une puissance économique émergente. Or, la Corée du Sud n’est que la moitié d’un peuple.
La guerre de 1950-1953, permise par les Nations Unies, fut à la fois une guerre civile (plus d’un million de morts, certains experts affirment un million et demi) et une guerre internationale due à l’antagonisme Est-Ouest naissant. Depuis, «les Corée» paient un lourd tribut.
S’il y a eu un pays otage des rapports Est-Ouest – bien plus que les deux Allemagne -, c’est bien la Corée. Raison de plus pour s’y intéresser et essayer d’en comprendre l’identité : il faut toujours apprendre d’un grand peuple dévasté par l’histoire qui est parvenu à se redresser. D’autant plus que les voisins majeurs ont souvent cherché à le dominer : la matrice est chinoise, mais la botte a bien été japonaise. De 1910 à 1945, la Corée a vécu sous le joug insupportable de Tokyo.
Ces remarques apparemment négatives renvoient à une autre réalité : la Corée est «une», malgré le naufrage du Nord, enfermé dans la nuit d’une idéologie à laquelle personne ne croit, encore moins sans doute le régime kleptocrate de Pyongyang.
Huit jours en Corée du Sud ne peuvent permettre d’appréhender la destinée d’un peuple. Néanmoins, deux aspects ont été dégagés.

Lire aussi :
• Bibliographie, Les Enjeux internationaux – France Culture.
• Liens, Les Enjeux internationaux – France Culture.
• Dossier, France Culture.

Catégories:Lecture, Lecture audio Mots-clefs :, , ,

Grands débats

13 décembre 2009 Laisser un commentaire

Grands débats 1/4 : le postcolonial est-il déjà depassé ?, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.

En 2005 et 2006, le grand public découvrait en effet par un grand nombre de publications l’existence d’un ensemble de théories regroupées sous le nom de “postcoloniales”. Elles permettaient à certaines associations de faire le lien entre la colonisation passée et la relégation de certains quartiers dans lesquels vivent des descendants de colonisés.
Cette approche, considérée comme politisée, a empêché bien des curieux d’aller voir plus loin.

Quatre années plus tard , qu’en est-il du postcolonial ? Comment utiliser cet attirail critique construit pendant vingt-cinq ans dans les universités américaines et à côté de laquelle bien des chercheurs français sont passés ? Est-on déjà passé au post-postcolonial ?
Lire aussi :
• BLANCHARD Pascal et BANCEL Nicolas (dirigé par), Culture post-coloniale – Traces et mémoires coloniales en France 1961-2006, Mémoires, Autrement, 2006 [LMSI].
• Dossier documentaire & Bibliographie Histoire coloniale et postcoloniale, Approches Cultures & Territoires.
• Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.

Grands débats 2/4 : pourquoi rendre l’histoire-géographie optionnelle en terminale S ?, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.

La Fabrique de l’histoire s’arrête ce matin sur l’appel lancé il y a deux semaines par l’Association des Professeurs d’Histoire-Géographie et relayée par une pétition d’historiens samedi dernier dans le Journal du Dimanche. Dans la réforme du lycée voulue par le ministère de l’Education Nationale, des matières traditionnelles sont en effet redistribuées entre la seconde, la première et la terminale. L’idée gouvernementale est donc de supprimer l’enseignement obligatoire d’histoire géographie en terminale S, de le rendre optionnel et de le renforcer en première. Et parallèlement de renforcer l’histoire/géo en classe littéraire pour redonner du lustre à cette filière de plus en plus abandonnée par les bons élèves.

C’est contre cela qu’une pétition menée par les historiens Serge Bernstein, Pierre Milza ou Jean-Pierre Azema a été publiée ce week-end dans le JDD et a reçu le soutien de personnalités et de femmes et d’hommes politiques de gauche comme de droite.
Ils en appellent au rapport particulier que la nation et son école entretiennent avec l’histoire et la géographie et n’imaginent pas que des scientifiques puissent se passer des sciences de l’espace et du temps.
Lire aussi :
• DE COCK Laurence, MADELINE Fanny, OFFENSTADT Nicolas et WAHNICH Sophie (sous la direction de), Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France, Agone, 2008.
• DE COCK Laurence et PICARD Emmanuelle (sous la direction de), La Fabrique scolaire de l’histoire, Agone, 2009 [Académie de Versailles - Approches Cultures & Territoires - Journal d'école - LDH-Toulon - l'Humanité].
CITRON Suzanne, Préface : Un parcours singulier dans la fabrique scolaire, Agone, 2009.
• TIBERJ Vincent, La crispation hexagonale, Plon, 2008 [Télécharger].
• Dossier documentaire & Bibliographie Nationalisme, Monde en Question.

Grands débats 3/4 : que peuvent apporter les romans à l’Histoire ?, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.

La rentrée littéraire de septembre a été marquée, d’après la critique, par un nombre plus important qu’auparavant de romans à trame historique : “Démon” de Thierry Hesse, “Jan Karski” de Yannick Haenel, “Des hommes ” de Laurent Mauvignier ou “Les sentinelles ” de Bruno Tessarech ont – à des titres différents – été remarqués pour leur traitement de l’histoire, différent de celui des historiens.

Que disent donc les romanciers que ne disent pas les historiens ? Pourquoi sent-on parfois une réticence de certains universitaires en face de cette manière de traiter du passé ?

Grands débats 4/4 : historiens et réalisateurs face aux documentaires historiques, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.

La diffusion de la série documentaire à succès “Apocalypse” a poussé des historiens à protester contre certains procédés mis en œuvre (colorisation, sonorisation, voix off…) par les réalisateurs. Ce débat faisait suite à d’autres , dans lesquels les historiens professionnels avaient été traités de “gardiens du temple” historiques : “l’Apocalypse” de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, Vraie Jeanne, Fausse Jeanne” de Martin Meissonnier, “9-3, histoires d’un territoire” de Yamina Benguigui…
Que se passe-t-il donc entre universitaires et gens de télévision ? Pourquoi des accrochages si fréquents ? Pourquoi les historiens eux-mêmes ne participent-ils pas plus à des œuvres audiovisuelles ?

À lire et à écouter

12 décembre 2009 Laisser un commentaire

La globalisation financière : état des lieux, La Fabrique de l’humain – France Culture.

Le capitalisme perd la tête s’exclamait en 2004 Joseph Stiglitz, l’ancien conseiller de Bill Clinton. Il est en train de s’autodétruire, renchérissait en 2006 Patrick Artus, directeur des études à Natixis. Il n’est plus intouchable, affirmait à son tour fin 2008 l’économiste Daniel Cohen. Tandis que Jacques Attali cette semaine dans l’Express parle de mascarade à propos de l’efficacité du G20 et de la soi-disant sortie de crise. Il est vrai que les économistes se plaisent souvent à généraliser leur propos, voire à nous l’imposer, en nous laissant entendre que l’économie est la science qui détermine en dernière instance nos comportements les plus anodins ! Pierre-Noël Giraud, professeur d’économie à l’École des Mines de Paris, échappe à cette manie. Il ne fait pas de la pensée économique le sésame des vérités humaines. Il a le mérite de nous instruire et nous guide avec brio dans la compréhension des dynamiques économiques. Il déploie sa vision de la situation avec une pédagogie certaine. Le bilan qu’il établit de la mondialisation et de la crise financière s’appuie sur des concepts clairs : territoires, acteurs capitalistes, nomades et sédentaires, individus compétitifs et protégés, et ce qu’il appelle le « mistigri » dans la finance, c’est-à-dire l’imprévu. C’est à partir de ces notions qu’il décrypte la globalisation des firmes, de la finance, et la globalisation numérique. Car contrairement aux idées reçues, la mondialisation n’unifie pas le monde, elle le fragmente. L’auteur ne plaide pas cependant pour un retour au protectionnisme. Il explore de nombreuses pistes dans le domaine de la politique monétaire, du développement durable, de l’aide aux pays pauvres. Il avance aussi ses solutions pour l’Afrique en matière d’agriculture, de droits de propriété intellectuelle, et de santé. Enfin, il se projette dans l’invention de nouvelles solidarités…
Nous l’avons invité pour lui demander ce qu’il pense un an après de la crise de 2008. Et pour qu’il nous parle de l’Afrique et de la Chine, ses territoires de prédilection…

À l’origine de la vie, La marche des sciences – France Culture.

André Brack. Directeur de recherche émérite au Centre de biophysique moléculaire du CNRS à Orléans, membre honoraire de l’Institut d’Astrobiologie de la Nasa.

Alexandre Meinesz. Professeur de biologie à l’université de Nice-Sophia Antipolis (équipe ECOMERS).

Jean-Marc Bonnet-Bidaud. L’atlas céleste de Dunhuang, Pour la science.
La plus vieille carte du ciel connue, dessinée en Chine au VIIe siècle, est le fruit de méthodes géométriques qui ne seront maîtrisées que bien plus tard en Occident.

Le Venezuela de Chavez

11 décembre 2009 Laisser un commentaire

Le Venezuela : voyage au pays de Chavez (1/4) – Le chavisme pour les nuls – Abécédaire du chavisme, Sur les docks – France Culture.

Un documentaire d’Alexandre Héraud et Yvon Croizier avec la collaboration de Paula Vasquez
Une «danse des mots», et pas que les plus tendres, envers le processus révolutionnaire en cours au Venezuela, voilà ce que nous avons imaginé pouvoir orchestrer au fil de nos rencontres lors de notre voyage dans ce pays métamorphosé sous l’impulsion du controversé commandant Hugo Rafael Chavez Frias, dont nous fêterons le onzième anniversaire de l’accession au pouvoir le 6 décembre prochain.
Nos interlocuteurs ? De l’ancien ministre chaviste déçu au candidat malheureux à la présidence, de l’éditorialiste reconnu au petit entrepreneur local, du journaliste à la retraite blasé à la militante de quartier défavorisé, du jeune étudiant révolutionnaire rêveur au petit gérant d’hôtel sur la côte caraïbe, de la sociologue au professeur de lettres… Tous ont bien voulu participer à notre jeu-puzzle et isoler une lettre de l’alphabet pour construire ce qui s’apparenterait selon eux à un début de définition du chavisme.
Du «A» comme Alegria (joie), ou Autoritarisme au «T» de Tristesse, nous nous arrêterons sur le «C» de Caudillisme ou de Césarisme, ou encore celui de Cambio (changement) ;
Nous évoquerons le «D», de Dignité ; le «E» d’ Etatisme…
Nous convoquerons le «M» de Militarisme ou de Messianisme, puis le «O» de Odio ( la haine) et le «P» de Peligro (danger), sans oublier le «S» de Sueno (rêve)…
Pour buter sur le «T» de Totalitarisme.
Le tout formant un ensemble imparfait, comme l’est de l’aveu même de ses propres partisans la Révolution Bolivarienne, ce «socialisme du XXI° siècle» aux contours idéologiques mal définis.

Le Venezuela : voyage au pays de Chavez (2/4) – Mais qui est donc Lina Ron ? Portrait d’une révolutionnaire en arme, Sur les docks – France Culture.

Un documentaire d’Alexandre Héraud et Yvon Croizier
Toutes les épithètes sont bonnes pour qualifier celle qu’on appelle la «comandante Lina Ron» ou «la générale du chavisme» ! Agressive, hystérique, belliqueuse, enragée mais aussi passionnée, authentique, charismatique, engagée, la «patriote» Lina Ninette Ron Pereira, la plus fameuse des activistes de rue de la Révolution bolivarienne, âgée de 50 ans, a fini par être baptisée «l’incontrôlable» par celui-là même à qui elle voue un culte indéfectible depuis son accession au pouvoir en 1998, le président Hugo Rafael Chavez Frias.
Ce dernier a du la désavouer publiquement et ordonner sa mise en détention après l’attaque qu’elle dirigea le 3 août 2009 contre les locaux de la principale chaîne d’opposition, Globovision. Lors de cette action-commando, furent lancées quelques grenades lacrymogènes dans l’enceinte de ce média cristallisant toutes les critiques du gouvernement chaviste.
C’est dans un contexte d’extrême polarisation politique et en pleine «guerre contre les médias» que nous avons dressé ce portrait d’une révolutionnaire en arme ayant fondé son propre parti, l’Union Populaire Bolivarienne (UPV) adulée dans les secteurs les plus pauvres de la population ceux là même qu’elle nomme le «édentés». Lina Ron l’endiablée est devenue la bête noire «satanisée» par l’opposition vénézuelienne. Mais celle dont la devise est «Avec Chavez Tout ! sans Chavez , du plomb» semble désormais être une menace pour le président Chavez, qui craint d’être débordé par sa base la plus radicale dont elle est l’incarnation. C’est ce qui fait dire à certains observateurs fascinés par ce personnage hors du commun, qu’elle représenterait à elle seule tout «l’inconscient du chavisme».

Le Venezuela : voyage au pays de Chavez (3/4) – 23 de Enero, Caracas : une ballade révolutionnaire, Sur les docks – France Culture.

Un documentaire d’Alexandre Héraud et Yvon Croizier
En 1954, le général Marcos Pérez Jiménez commandait au plus célèbre architecte national, Carlos Villanueva, de partir à l’assaut des collines et construire un ambitieux projet urbanistique pour développer et moderniser les logements sociaux de la partie Ouest de Caracas. Son intention était surtout de nettoyer les quartiers pauvres et faciliter le contrôle de la population. Las, au lieu de porter le nom du «2 décembre», pour célébrer l’accession au pouvoir du général, cette vaste opération de 9.000 appartements répartis en trente-huit immeubles (dont la moitié sont des barres de quinze étages et de plus de cent mètres de longs), allait être baptisée le «23 Janvier» (23 de Enero) pour marquer la destitution du dictateur en 1958 et le début de la démocratisation !
Dés lors, et pendant les quarante années ayant précédé l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez en 1998, ce quartier pris d’assaut par les classes populaires (la plupart des logements prévus pour accueillir les classes moyennes n’étaient pas encore attribués) devint le fer de lance de tous les mouvements de contestation et de confrontation avec le pouvoir. Le «23 de Enero», qui aurait du être un joyau de l’urbanisme social, situé à quinze minutes du centre ville en métro, est devenu très vite un concentré de violence et de misère. Surnommé «la zone rouge» ou encore «la zone subversive», peu de Vénézuéliens osaient s’aventurer. Ses habitants soudés autour des luttes contre le pouvoir ont toujours été «structurés» : depuis plusieurs générations, la communauté a vu éclore d’innombrables groupes politiques, sociaux et culturels très actifs qui ont forgé une mentalité propre au «23».
Aujourd’hui, ce quartier est considéré comme un bastion du chavisme, on pourrait même dire un laboratoire, et c’est ici que les programmes sociaux («les missions») du président Chavez ont été expérimentés dès les premiers jours de la «Révolution Bolivarienne».
Lorsqu’un visiteur est bien accompagné et s’il se garde de paraître par trop sceptique ou offensif dans ses questionnements, il peut alors faire ce que l’on nomme avec ironie du «tourisme révolutionnaire». Notre objectif au long de cette journée passée au «23 de Enero» a été de recueillir sans exercer volontairement notre esprit critique la parole de quelques représentants du fameux «processo» en marche… Hasta la victoria !

Le Venezuela : voyage au pays de Chavez (4/4) – Attention Monsieur Branger !, Sur les docks – France Culture.

Un documentaire d’Alexandre Héraud et Yvon Croizier
Fuir le chaos de Caracas. Convoquer l’échappée belle. Se fondre dans les grands espaces et se laisser séduire par ce pays grand comme deux fois la France et dont la diversité des paysages en fait l’un des pays les plus contrastés de la planète.
Notre dernière étape nous mène vers Les llanos, le «Far West vénézuélien». Comprenez «les plaines» en espagnol, celles que Humboldt l’explorateur baptisa en son temps «les steppes d’Amérique du Sud». Les plus vastes étendues de savane du Nord de l’Amérique latine ne couvrent pas moins de 30% du territoire national, et les guides que possèdent les touristes s’y aventurant les préviennent : «La région est hostile et difficile, la vie livre ici une bataille quotidienne face aux éléments (…)».
Si le voyage est cependant conseillé, c’est que l’endroit est «l’un des plus beaux et étonnants sanctuaires écologiques au monde». La formule, cette fois, est de Nicolas Hulot !
Sans transition, Chavez est llanero. Il revendique et porte haut cette culture llanera que l’on peut découvrir exposée dans l’étonnant roman de Romulo Gallegos, Dona Barbara, écrit en 1929, et qui reste l’un des classiques de la littérature latino américaine.
Une raison supplémentaire pour ouvrir les portes du «Hato Pinero», le plus célèbre «ranch» du Venezuela, situé au sud-est de l’Etat de Cojedes, dans les Hauts llanos. 85 000 hectares, 17 000 têtes de bétails et une posada pouvant accueillir touristes aisés et scientifiques du monde entier tant la diversité de la faune et de la flore minutieusement protégées ici est exceptionnelle.
Son propriétaire, Francesco Branger, nous a reçu dans un contexte très difficile pour tous les latifundistes menacés d’expropriation par la reforme agraire issue de la «Loi des Terres» votée en 2002 par le gouvernement révolutionnaire.

Les Arabes et la Shoah

7 décembre 2009 Laisser un commentaire

Gilbert ACHCAR, Les Arabes et la Shoah – La guerre israélo-arabe des récits, Sindbad-Actes Sud, 2009 [Alternatives Internationales - l'Humanité - RFI - The Dakar Times].

Le conflit israélo-arabe ne se réduit pas aux guerres menées sur les champs de bataille du Moyen-Orient. Il comprend aussi une autre dimension, une guerre à coup de récits opposés et de négation des récits des autres, tournant autour des deux traumatismes à l’origine du confl it : la Shoah, la destruction des Juifs d’Europe, et la Nakba, le déracinement des Arabes de Palestine. S’appuyant sur une vaste documentation, Gilbert Achcar se livre à un examen approfondi des réactions arabes à l’antisémitisme et au nazisme, en soulignant leur grande diversité politique et idéologique. Avec un souci constant d’objectivité et de distance critique, il traite tant de l’époque de la montée du nazisme et de la Shoah que des périodes qui se sont succédé depuis la Nakba jusqu’à nos jours, brossant ainsi un tableau captivant de l’histoire arabe con temporaine. S’il dénonce vigoureusement les attitudes antisémites ou négationnistes qui se sont manifestées au sein du mouvement national arabe, notamment palestinien, l’auteur réfute aussi, documents à l’appui, les interprétations caricaturales d’une certaine propagande pro-israélienne qui cherche à faire croire que les Arabes ont soutenu en bloc le nazisme et qu’ils sont antisémites par vocation religieuse. Ce livre constitue une ardente plaidoirie pour une reconnaissance pleine et mutuelle de la Shoah et de la Nakba, condition indispensable, selon l’auteur, pour que s’établisse un dialogue sincère entre Arabes et Israéliens – en prélude à une paix véritable, plus urgente que jamais.

Commentaires : Les médias dominants pro-sionnistes réussissent à rendre compte de ce livre en lui appliquant les critères de leur paranoïa récurrente du monde arabe.
• Pourquoi le négationnisme progresse dans le monde arabe, Mediapart.
• Le monde arabe et la Shoah, Et pourtant, elle tourne – France Inter.

Écouter aussi : Entretien avec Gilbert Achcar à propos de son livre Les Arabes et la Shoah, Retour sur l’actualité – Radio Orient.

Lire aussi :
• Langue et Culture arabes, Café pédagogique .
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Sionisme, Monde en Question.