Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Revue des livres

Des Noirs en couleur


Quinze ans après la victoire en Coupe du monde d’une équipe de France Black-Blanc-Beur (1998), les déclarations de certains hommes politiques et intellectuels ont depuis choqué des millions de Français et ont fait de la présence d’Afro-Antillais en équipe de France un débat national. Au même moment, le racisme est de retour dans l’univers du football français et les enjeux « d’intégration » autour des joueurs de l’équipe de France ont engagé de nombreux débats en 2010 et 2012. C’est dans ce contexte que ce film-événement souhaite donner la parole à l’histoire.

Ce film documentaire de 70 minutes, réalisé par Morad Aït-Habbouche et Pascal Blanchard, sur une idée originale de Christophe Maumus et Pascal Blanchard raconte cette fabuleuse saga. Images d’archives inédites, interviews exclusives de joueurs internationaux de toutes les générations (Marius Trésor, Basile Boli, Lilian Thuram, Thierry Henry, Patrick Vieira) et des sélectionneurs (Michel Hidalgo et Raymond Domenech), matchs références, moments essentiels de l’histoire coloniale ou de l’immigration, instants de victoires ou de défaites, émotions et débats constituent un récit exceptionnel qui traverse le siècle raconté par les joueurs eux-mêmes.

Pascal BLANCHARD et Morad AÏT-HABBOUCHE, Des Noirs en couleur – L’histoire des joueurs afro-antillais, réunionnais et néo-calédoniens en équipe de France de football, 2008, Achac.

Voir aussi :
Ces Bleus venus des quatre coins du monde… Un siècle de présence ultramarine et des immigrations en équipe de France (1908-2010), Exposition Achac.
Cette exposition inédite s’attache à présenter l’apport des différentes vagues migratoires qui s’entrecroisent et se succèdent au sein de l’équipe de France de football, véritable reflet de la diversité et de l’histoire de l’immigration en France durant tout le XXe siècle. Tout au long de cette exposition s’entremêlent six récits, correspondant aux immigrations et aux présences en provenance d’Afrique noire et des Outre-mer, d’Europe, d’Amérique du Sud, mais aussi du Maghreb, sans oublier l’apport des Pieds-Noirs. C’est le récit que portent les 35 totems thématiques et les 300 documents d’archives qui composent cette exposition, une véritable saga sur plus d’un siècle, afin de raconter cette histoire hors du commun et de rendre hommage à ces héros du football français.
• Ces Bleus venus d’Europe, Achac
• Des Noirs dans les Bleus , Achac
• Les joueurs maghrébins en équipe de France, Achac

Lire aussi :
• Dominic THOMAS, Noirs d’encre – Colonialisme, immigration et identité au cœur de la littérature afro-française, La Découverte, 2013.
Dans cet ouvrage original à plus d’un titre, Dominic Thomas explore les bouleversements qui ont résulté de la domination coloniale et postcoloniale, et les impacts sur les sociétés et populations africaines de la dissolution partielle des structures d’États-nations modernes en faveur de mécanismes supranationaux. L’auteur s’appuie sur une étude comparatiste d’oeuvres littéraires et donne à voir les circonscriptions transnationales issues du colonialisme et de l’immigration. Ainsi que l’émergence d’une littérature « afro-française », qui rafle les prix littéraires internationaux et fait connaître la la+ngue, plus profondément sans doute que ne le peuvent les institutions de la francophonie.
En mobilisant les apports de différentes disciplines (anthropologie, sociologie, études francophones, Gender Studies, études sur les diasporas, études postcoloniales), Noirs d’encre souligne l’importance pour la société française de valoriser une nouvelle histoire de France qui ferait clairement comprendre que les diasporas noires se trouvent au coeur de l’ouverture de la France au monde, au coeur même de sa modernité.
Revue de presse Cinéma 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Immigration, Monde en Question.

e = mc2


En septembre 1905, Albert Einstein publia un article connu surtout pour la formule e = mc2, qui exprime l’équivalence entre la masse et l’énergie. Un siècle plus tard, le fait que l’énergie puisse se transformer en matière et la matière en énergie pose encore problème à de nombreux scientifiques.

Cela tient au mode de pensée occidentale, un amalgame de la philosophie platonicienne et des religions judéo-chrétiennes, qui est obsédée par le mythe de l’origine et donc de la création. Pourtant Héraclite (510-450 environ), dont il ne reste que des fragments de son œuvre, fut un des rares philosophes à penser la transformation dialectique de la matière :

τὸ ϊντίξουν ςυμφέρον καὶ ἐκ τῶν διαφερόντων καλλίςτην ἁρμονίαν καὶ πάντα κατ ̓ ἔριν γίνεςθαι
Ce qui est contraire est utile ; ce qui lutte forme la plus belle harmonie ; tout se fait par discorde.
Fragment 8

συνάψιες ὅλα καὶ οὐχ ὅλα, συμφερόμενον διαφερόμενον, συνᾷδον διᾷδον, καὶ ἐκ πάντων ἓν καὶ ἐξ ἑνὸς πάντα
Les couples sont des choses entières et des choses non entières, ce qui est réuni et ce qui est désuni, l’harmonieux et le discordant. L’un est composé de toutes choses, et toutes choses sortent de l’un.
Fragment 10

Il faudra attendre le XIXe siècle pour que Karl Marx (1818-1883) et Friedrich Nietzsche (1844-1900) renouent avec Héraclite, en critiquant les dogmes de la pensée occidentale. Bien qu’ils ignoraient la pensée chinoise, ils ont reformulé la logique qui "évacue toute mise en scène dramatique de la création" (François JULLIEN, Procès ou Création – Une introduction à la pensée des lettrés chinois, Seuil, 1989 réédition Points Seuil, 1996).

Aujourd’hui, Stephen Hawking, un scientifique-client des médias dominants, oscille entre thèse créationniste et non-créationniste car il reste fondamentalement attaché à la théorie du Big Bang proposée par le chanoine catholique Georges Lemaître en 1927. La série télévisée, consacrée à L’univers de Stephen Hawking, retrace les découvertes essentielles de la physique, mais utilise à tort et à travers un vocabulaire théologique :

[…] ce moment marque le début, la naissance de l’univers. Tout ce que nous voyons autour de nous […] trouve sa genèse dans ce moment. On peut l’appeler Big Bang, mais aussi le moment de la création.
L’univers de Stephen Hawking 1 – Voir pour croire (47’15")

Ces images montrent les chocs entre d’innombrables particules de matière et anti-matière, Dans les détails, se cache la réponse de la création de la matière à partir de la seule énergie du Big Bang.
L’univers de Stephen Hawking 3 – Alchimie cosmique (42’37")

Or, la formule d’Albert Einstein n’implique pas une création, mais une transformation entre énergie et matière à un moment donné qu’on appelle communément Big Bang. Ce détail est fondamental car il sépare la croyance de la science.

Stephen Hawking, en fin connaisseur du marketing éditorial, a publié The Grand Design qui contredit ses thèse antérieurs car "si Dieu fait vendre, une polémique sur Dieu fait vendre plus encore".

03/01/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Héraclite, Wikipédia.
• Héraclite, Fragments, traduction Grec – Français – Anglais.
• Albert Einstein, Wikipédia.
• Albert Einstein, Comment je vois le monde, YouTube.
• Wikipédia.
• L’univers de Stephen Hawking, Wikipédia : 1 Voir pour croire – 2 Au commencement – 3 Alchimie cosmique – 4 Face cachée – 5 Au delà des trous noirs – 6 Ultime réponse.
• Hawking versus Dieu, Libération.
Serge LEFORT, L’Origine du Monde, Chine en Question.

Victor Klemperer – Repenser le langage totalitaire


L’écrivain et philologue Victor Klemperer (1881-1960) a le premier recensé au quotidien dans son journal les manipulations opérées sur la langue allemande par le régime nazi : abondance d’abréviations donnant le sentiment d’appartenir à un groupe d’initiés, profusion de termes techniques mécanisant l’homme, tendance à décrire la société en termes organiques.

Alors que certains régimes continuent à tordre le langage pour les besoins de leur idéologie, il devenait urgent de redécouvrir l’oeuvre de Klemperer. C’est à cette entreprise que s’est consacré le colloque de Cerisy.

Linguistes, sociologues, psychanalystes, anthropologues, confrontent ici l’oeuvre de Klemperer à d’autres pensées politiques et explorent, de l’Italie de Mussolini aux dictatures d’Amérique du Sud en passant par les régimes de la Corée du Nord, les caractéristiques de cette langue qui appelle au meurtre et à l’anéantissement de toute altérité. C’est un langage mort, figé, altéré dans sa capacité de signifier, de dire le différent que découvrent ces enquêtes sur divers types de régimes de coercition et de terreur, ainsi que sur les manifestations discursives de leur violence inouïe. Une relecture de l’histoire des régimes totalitaires dans le sillage de l’auteur de LTI – La langue du IIIe Reich.

Laurence AUBRY et Béatrice TURPIN (sous la direction de), Victor Klemperer – Repenser le langage totalitaire, CNRS, 2012.

Je n’ai pas encore lu ce livre, mais l’analyse du sommaire montre qu’il est beaucoup plus riche que la présentation politiquement correct (langage totalitaire du néolibéralisme) de François Noudelmann qui réduit l’ouvrage à "La langue du jihad". Jacques Munier fait une présentation plus complète de l’ouvrage.

J’incite le lecteur à lire d’abord l’ouvrage de Victor Klemperer (Victor KLEMPERER, LTI – La langue du IIIe Reich, Pocket, 2003) et ensuite à "compléter cette édifiante lecture" parmi les ouvrages de la bibliographie ci-jointe.

11/12/2012
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Sélection bibliographie :
• Edward BERNAYS, Propaganda – Comment manipuler l’opinion en démocratie, La Découverte, 2007 [Texte en ligne Zones].
• Alain BIHR, La novlangue néolibérale – La rhétorique du fétichisme capitaliste, Pages deux, 2007 [Introduction Télécharger pdf].
• Pierre BOURDIEU et Luc BOLTANSKI, La production de l’idéologie dominante, Démopolis, 1976 réédition 2008.
• Éric HAZAN, LQR la propagande du quotidien, Raisons d’Agir, 2006.

Lire aussi :
• Alain BIHR, InterrogationsWikipédia.
• Alain BIHR, L’idéologie néolibérale, Semen.
• Articles Alain BIHR in Économie politique, À L’encontre.
• Victor KLEMPERER, Wikipédia.
• Béatrice TURPIN, Le langage totalitaire au prisme de l’analyse de discours, Université Franche-Comté [Télécharger pdf].
Dans son étude sur Bakhtine, Jean Peytard se demande comment le discours de l’idéologie peut être intériorisé par le sujet. Le philologue allemand Victor Klemperer a lui-même tenté de répondre à cette question en analysant les discours nazis de 1933 jusqu’à la chute de régime hitlérien. Il recense les principaux processus observés et montre comment le discours totalitaire en vient à transformer la langue et la manière de penser à partir d’une rhétorique du consentement qui tire sa force de son "effroyable homogénéité" et de son caractère plurisémiotique. A cet égard, les observations et la démarche de Victor Klemperer rejoignent les réflexions de Jean Peytard sur le sens, l’idéologie et l’univers sémio-discursif.
• Olivier STARQUIT, La novlangue néolibérale, Baricade [Télécharger pdf].
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

La cartographie dans les têtes


Une information remarquable a été donnée tout récemment, à la fin d’octobre, par le quotidien belge L’Echo. Il y était relevé une intervention de l’ambassadeur de Chine en Belgique à propos des tensions qui se sont envenimées ces temps-ci entre son pays et le Japon, à propos des îles Senkaku contrôlées par Tokyo mais revendiquées par Pékin sous le nom d’îles Diaoyu. A l’appui de la thèse de son pays, l’ambassadeur chinois disait avoir acquis récemment, chez un bouquiniste de Bruxelles, une carte dressée en 1832 par Pierre Lapie, premier géographe du roi Louis-Philippe, et dans laquelle les îles disputées actuellement portaient leur nom chinois. Preuve irréfutable à ses yeux de leur appartenance à son pays.

Cet épisode me paraît bien fait pour nous rappeler que les cartes de géographie n’ont jamais été neutres, mais très souvent des instruments de pouvoir et toujours des représentations fortement sélectives, élaborées par chaque pays du monde, représentations tout à la fois réelles et imaginaires. Et voilà bien qui mérite d’être considéré en termes historiques, pour nous protéger contre une naïveté qui nous ferait croire spontanément à une sorte de consensus universel, d’âge en âge, sur la figure de la planète.

La cartographie dans les têtes : XIXe-XXIe siècles, France CultureTélécharger mp3, 10/11/2012.

Lire aussi :
• Michel FOUCHER, La Bataille des cartes – Analyse critique des visions du monde, Bourin Editeur, 2010 réédition augmentée 2011.
• Catherine HOFMANN (sous la direction de), Artistes de la carte – De la Renaissance au XXIe siècle, Autrement, 2012.
• Christian JACOB, L’empire des cartes – Approche théorique de la cartographie à travers l’histoire, Albin Michel, 1992.
Dossier documentaire Géo-Histoire globale, Monde en Question.
Dossier documentaire Géopolitique, Monde en Question.

Penser la violence des femmes


Tueuses, ogresses, sorcières, pédophiles, hystériques, criminelles, délinquantes, furies, terroristes, kamikazes, cheffes de gang, lécheuses de guillotine, soldates, policières, diablesses, révolutionnaires, harpies, émeutières, pétroleuses, viragos, guerrières, Amazones, boxeuses, génocidaires, maricides… Qu’y a-t-il de commun entre toutes ces figures ? Pour le comprendre, il importe d’exhumer, de dénaturaliser, d’historiciser et de politiser la violence des femmes. Telle est l’ambition de cet ouvrage qui propose une approche pluridisciplinaire sur un sujet longtemps ignoré des sciences sociales.

Cette somme inédite, réunissant des études historiques, anthropologiques, sociologiques, linguistiques et littéraires, révèle combien la violence des femmes est au coeur d’enjeux d’ordre à la fois politique et épistémologique. Penser la violence des femmes, c’est en faire un véritable levier pour considérer autrement la différence des sexes, la violence et, par-delà, l’ordre social.

Coline CARDI, Geneviève PRUVOST (sous la direction de), Penser la violence des femmes, La Découverte, 2012.

Critiques :
• 04/09/2012, Femmes et hommes inégaux devant la justice ?Le Figaro Madame.
26/09/2012, Penser la violence des femmes, Lectures – Liens socio.
• 27/09/2012, Penser la violence des femmes, MTI ALKA.
• 12/10/2012, La violence des femmes, Les nouveaux chemins de la connaissanceTélécharger mp3.
• 22/10/2012, "Nier la violence des femmes, c’est leur retirer la possibilité d’accès au pouvoir", Les Inrockuptibles.
• 05/11/2012, Penser la violence des femmes et sur les femmes, Les lundis de l’histoireTélécharger mp3.
Petit détail, Michelle Perrot donne d’abord et davantage la parole à un homme pour La femme et le soldat – Viols et violences de guerre du Moyen Age à nos jours (34′ 10") qu’à deux femmes pour Penser la violence des femmes (23′ 17").

Il semble que cet ouvrage soit assez bien reçu bien qu’il soit à contre courant du féminisme politiquement correct. Ainsi, si vous tapez "la violence des femmes" dans un moteur de recherche, presque tous les documents affichés traitent de la violence faite aux femmes. Ceci illustre bien le poids du tabou social qui occulte la violence produite par des femmes.

Pourtant, aux États-Unis comme en Chine, le cinéma exalte des figures féminines violentes : Salt, interprétée par Angelina Jolie, (AlloCiné) ou Qiu Jin, la guerrière, interprétée par Yi Huang (AlloCiné).

Presque personne n’a parlé de l’ouvrage publié en 2011 par un historien sur le même sujet : Christophe REGINA, La violence des femmes – Histoire d’un tabou social, Max Milo, 2011.

La violence des femmes apparaît comme un tabou social et historique. La femme brutale est forcément très minoritaire, très masculine, un peu sorcière, cruelle ou atteinte pathologiquement. Elle sort du rôle maternel, soumis ou victimiste que la société assigne à la femme depuis des générations.

Or la violence n’est pas si sexuée qu’on le croit ; l’Histoire le démontre, ainsi que les chiffres en matière de délinquance et de crimes ou les témoignages encore timides d’hommes battus. Il s’agit pour l’auteur de décrypter cette réalité et d’en tirer les conséquences sociales et juridiques. Pourquoi la justice, à crime égal, ne condamne-t-elle pas l’homme et la femme de la même manière ?

Infanticides, pédophiles, complices volontaires de leur compagnon : Christophe Régina s’appuie sur de nombreux exemples historiques ainsi que sur une enquête qu’il a lui-même menée auprès d’une centaine de personnes pour dépasser les stéréotypes de genre et interroger la place de la femme dans la société.

Critiques :
- 10/02/2011, Femmes battantes, Libération
- 04/03/2011, Les femmes, de la violence à l’amour, Bibliothèque Médicis
- 29/11/2011, Cachez ces meurtrières que nous ne saurions voir !, Sciences Humaines

Ce livre a été peu recensé et a même été classé dans l’enfer de la "littérature antiféministe" par Wikipédia [référence supprimée le 06/11/2012]. Ceci explique certainement cela.

La thèse de doctorat soutenue par Christophe Régina s’intitule "Femmes, violence(s) et société, face au tribunal de la sénéchaussée de Marseille (1750-1789)", Séminaire doctoral d’histoire de Marseille. Alors que ce jeune docteur en histoire a déjà beaucoup écrit, il est ignoré ou vilipendé a priori c’est-à-dire sans arguments tirés de ses articles ou de ses livres et donc sans l’avoir lu. Les intellectuels qui sévissent dans les médias dominants procèdent ainsi car ils sont payés pour prescrire un livre, un film ou tout autre produit culturel.

06/11/2012
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
2011, Le contrôle social des femmes violentes, Champ pénal/Penal field.
- Coline Cardi et Geneviève Pruvost, La violence des femmes : occultations et mises en récit, Champ pénal/Penal field.
- Coline Cardi et Geneviève Pruvost, La violence des femmes : un champ de recherche en plein essor, Champ pénal/Penal field.

• Bio-bibliographie de Christophe Régina, Temps, Espaces, Langages, Europe Méridionale – Méditerranée.
• Articles publiés, Cairn.
• automne 2007, Christophe Regina, Brimer les corps, contraindre les âmes : l’institution du Refuge au XVIIIe siècle, Genre & Histoire nº1.
• Lucien FAGGION, Christophe REGINA (sous la direction de), La violence – Regards croisés sur une réalité plurielle, CNRS Éditions, 2010.

• 15/07/2002, Caroline Babin, La violence des femmes : un nouveau phénomène ?, Le Devoir.
• 26/07/2010, Serge LEFORT, Osez le crime féministe !, Monde en Question.
• 02/08/2010, Serge LEFORT, Osez l’infanticide !, Monde en Question.
• 22/03/2012, Comprendre la violence exercée par des femmes : Un examen de la documentation, Service correctionnel Canada.
Dossier documentaire Féminisme, Monde en Question.

Darius Khondji – Michael Haneke


Après leur première association en 2008 pour Funny Games US, le directeur de la photographie Darius Khondji retrouve le cinéaste autrichien Michael Haneke. Leur nouveau film, Amour, avec Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, a décroché la prestigieuse Palme d’Or du Festival de Cannes en 2012. Pour évoquer le travail de Darius Khondji, le critique Philippe Rouyer (Positif, Canal +, Psychologies Magazine) a répondu aux questions de Gauthier Jurgensen.
Canal AcadémieTélécharger mp3

Quel plaisir d’écouter Philippe Rouyer, qui nous transmet avec passion sa culture cinématographique, alors que Serge Toubiana nous débite des propos cauteleux et soporifiques dans son dialogue avec Jean-louis Trintignant.

Lire aussi :
• Rencontre avec Philippe Rouyer pour la parution de Haneke par Haneke, Fiches du cinéma.
• Darius Khondji , Wikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 01/11/2012].
• Michael Haneke, Wikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 01/11/2012].
Haneke par Haneke – Entretiens avec Michel Cieutat et Philippe Rouyer , Stock, 2012.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

L’âge d’or des cartes marines


Parmi les trésors de la Bibliothèque nationale de France, figurent des documents scientifiques d’exception dont la contemplation renvoie spontanément aux légendaires Grandes découvertes [L'histoire des "Grandes découvertes" est aussi celle de la colonisation européenne du monde].
Il s’agit des cartes marines enluminées sur parchemin, souvent rehaussées d’or, appelées couramment "cartes portulans", de l’italien portolano (livre d’instructions nautiques). Ces cartes donnent la succession des ports le long des côtes, tandis que l’espace maritime est sillonné par des lignes qui correspondent aux directions de la boussole. Ce système graphique permettait aux marins de s’orienter et de faire le point, en reportant sur la carte la distance qu’ils estimaient avoir parcourue.

L’âge d’or des cartes marines – Quand l’Europe découvrait le monde
Exposition 23 octobre 2012 – 27 janvier 2013
BNFExposition virtuelleCatalogue

Lire aussi :
• En des mers inconnues – Autour de l’exposition "L’âge d’or des cartes marines", Tout un mondemp3. Beaucoup de liens en bas de page.
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Géo-Histoire globale, Monde en Question.

Une histoire photographique des Palestiniens (1876-1948)


Walid KHALIDI, Before Their Diaspora – A Photographic History of the Palestinians 1876-1948, Institute for Palestine Studies, 1984 réédition 2010 – édition en ligne :
- Sommaire
- Images légendées

Lire aussi :
• Bio-Bibliographie Walid KHALIDI, Wikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 22/10/2012].
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Millénium


L’adaptation cinématographique suédoise des romans de Stieg Larsson, même si elle n’est pas géniale, mérite d’être visionnée. Il s’agit d’une série en trois épisodes qui impose une vision chronologique.
La série est construite sur deux personnages antagonistes. Lisbeth Salander (personnage principal de mon point de vue), au look de punk, est une redoutable hackeuse douée aussi d’une vitesse de frappe et d’esquive hors du commun. Mikael Blomkvist, journaliste bon chic bon genre, est un têtu lymphatique.

Les hommes qui n’aimaient pas les femmes
Dés que Lisbeth Salander apparaît à l’écran le film prend toute sa dimension. Noomi Rapace incarne magnifiquement un personnage désinvolte voire méprisant pour ses commanditaires. Au contraire de Mikael Blomkvist, elle reste en marge. Si l’épisode semble une enquête classique sur d’anciens nazis, les scènes de viol contre Lisbeth Salander et de torture contre Mikael Blomkvist dramatisent le scénario. Lisbeth non seulement aide Mikael à résoudre son enquête, mais l’entraîne aussi au lit.

La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette
Dans cet épisode Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist mènent une enquête parallèle mais convergente. Elle recherche celui qui l’a violée quand elle était enfant et lui ceux qui le protègent au niveau de l’État et font le commerce du sexe. Lisbeth Salander est entraînée dans un règlement de compte sanglant qui se solde par la mort. Mikael Blomkvist, interprété par un Michael Nyqvist encore plus lunaire, résout presque par miracle son enquête politique sans que le système ne soit ébranlé.

La reine dans le palais des courants d’air
Dans cet épisode Mikael Blomkvist aide Lisbeth Salander à sortir du guêpier dans lequel elle s’est mise : l’accusation du meurtre de son père. La grande scène est celle où elle apparaît au tribunal déguisée en punk car, au lieu de faire profil bas, elle défit ses accusateurs et ses juges. Toute la tension, initiée dès le premier épisode, s’apaise. La dernière scène montre clairement que Lisbeth garde l’initiative. Elle remercie Mikael, mais elle ne le fait pas entrer chez elle…

Au-delà du thriller à la fois psychologique et politique, cette série nous parle aussi des relations entre les femmes et les hommes en Suède. Les sentiments restent encore plus secrets que les secrets d’État. Les personnages restent dans l’ambiguïté du non-dit.

12/10/2012
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Note : Tous les critiques se plantent lamentablement sur le look de Lisbeth Salander.

Lire aussi :
Millénium (romans), ViabooksWikipédia.
- Millénium 1 – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, Actes Sud, 2006 [Feuilleton 15 épisodes - Wikipédia].
- Millénium 2 – La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, Actes Sud, 2006 [Wikipédia].
- Millénium 3 – La reine dans le palais des courants d’air, Actes Sud, 2007 [Wikipédia].
Millénium (films), France CultureLe MondeWikipédia.
- Millénium 1 – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, AllocinéTélécharger VOSTFRaVoir-aLireTélérama.
- Millénium 2 – La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, AllocinéTélécharger VOSTFRaVoir-aLireCritikatTélérama.
- Millénium 3 – La reine dans le palais des courants d’air, AllocinéTélécharger VOSTFRaVoir-aLireCritikatTélérama.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Varg Veum


Varg Veum est une série de romans policiers écrits par Gunnar Staalesen dont certains furent adaptés au cinéma. Qui dit adaptation dit création. Le débat sur la fidélité ou non à l’œuvre originale est donc vain. Il est néanmoins important de noter que l’ordre chronologique des adaptations cinématographiques n’est pas celui de la publication des romans :

  1. Din til døden (1979) – Pour le meilleur et pour le pire (12 mars 2008)
  2. Tornerose sov i hundre år (1980) – La belle dormit cent ans (13 janvier 2008)
  3. Kvinnen i kjøleskapet (1981) – La femme dans le frigo (17 septembre 2008)
  4. Falne engler (1989) – Anges déchus (4 avril 2008)
  5. Bitre blomster (1991) – Fleurs amères (28 septembre 2007)
  6. Begravde hunder biter ikke (1993) – Les chiens enterrés ne mordent pas (15 octobre 2008)

Les six films, visibles en France, ont un air de parenté avec la série de Nestor Burma, adaptée ou inspirée des romans de Léo Malet.
Comme Nestor Burma, Varg Veum est un détective privé solitaire, qui aime les belles voitures (Peugeot 504 décapotable – Range Rover), boit facilement (whisky – aquavit), a des aventures d’un soir et des rapports plus ou moins conflictuels avec la police (Faroux – Hamelin).

Les différences entre les deux personnages sont plus grandes que les ressemblances. Varg Veum est seul alors que Nestor Burma est entouré d’une secrétaire (Hélène Châtelain), d’un homme de main (Roger Zavatter) et d’un chat. Varg Veum n’est pas armé, mais il est dépourvu d’humour. Varg Veum n’a aucune passion et ne semble même pas prendre plaisir à résoudre ses enquêtes alors que Nestor Burma s’amuse et pratique la musique de jazz.

Les scénarios de Nestor Burma n’ont pas la prétention politique de ceux de Varg Veum, notamment celui trop ambitieux de Fleurs amères, mais évoquent par petites touches tous les turpitudes des hommes ou des femmes de pouvoir.
La mise en scène de Nestor Burma, sans être géniale, est agréablement rythmée alors que celle de Varg Veum traîne en longueur. La différence se fait sentir aussi dans la bande son. Dans Nestor Burma une scène inquiétante est annoncée par des bruits naturels et dans Varg Veum par une musique plaquée selon les normes hollywoodiennes.

Bref, si le Nestor Burma france-télévisionesque rabaisse Léo Malet, le Varg Veum cinématographico-hollywoodien banalise Gunnar Staalesen [1] :

Le Varg Veum des romans est un être fracassé, pauvre, solitaire, proche parfois de ce déclassement dont il est le témoin dans les rues de Bergen. Il a gardé de son ancien métier de travailleur social une profonde compassion pour les êtres qu’il rencontre au cours de ses enquêtes, principalement pour les plus jeunes, souvent délaissés par un monde adulte indifférent.

Dents blanches, 4×4 flambant neuf, téléphone cellulaire, sobre, le Varg Veum du film n’a pas échappé à un double mouvement : celui de la modernisation de son image – l’histoire se passe de nos jours -, et son extrême banalisation. Nous voici face à un privé tout à fait ordinaire, plutôt produit de consommation courante, comme les sociétés de production en pondent par dizaines chaque année. Disparue la ville (passée la séquence d’ouverture du film qui nous fait découvrir Bergen par les airs) et la vie, il n’y a plus qu’une enquête qui se déroule assez mollement avec, pour tenter de situer malgré tout le personnage dans sa marginalité, une opposition convenue de Varg avec la police officielle.

Le vent sombre

Nestor Burma, incarné par Guy Marchand est un personnage truculent alors que Varg Veum, incarné par Trond Espen Seim, reste froid même quand il sourit.

Fleurs amères

Bitre blomster (1991) – Fleurs amères, Gaïa Editions, 2008 [Moisson noire - Le vent sombre - Télérama].
Première adaptation de la série (28 septembre 2007). Le scénario est trop ambitieux et contient trop d’invraisemblances. Varg Veum manque totalement d’humour. La mise en scène est plate.
AlloCinéTélécharger

La belle dormit cent ans

Tornerose sov i hundre år (1980) – La belle dormit cent ans, Gaïa Editions, 2002 [Le vent sombre].
Deuxième adaptation de la série (13 janvier 2008). Thriller psychologique, moyennement réussi, sur un secret entre deux familles très puritaines. Varg Veum entretient une relation avec l’avocate qui l’a aidé dans le précédent épisode.
AlloCinéTélécharger

Pour le meilleur et pour le pire

Din til døden (1979) – Pour le meilleur et pour le pire, Gaïa Editions, 2002 [Le vent sombre - Un polar].
Troisième adaptation de la série (12 mars 2008). S’apparente de plus en plus à la série "Nestor Burma" en introduisant un peu d’humour et de sexe. Varg Veum délaisse l’avocate pour celle qui s’avèrera être la criminelle.
AlloCinéTélécharger

Anges déchus

Falne engler (1989) – Anges déchus, Gaïa Editions, 2005 [Le vent sombre].
Quatrième adaptation de la série (4 avril 2008). Le scénario est plus élaboré sur le plan psychologique. Varg Veum s’implique avec l’une des victimes, qui est une ancienne relation. L’avocate a mystérieusement disparu. À partir de cet épisode le flic et le privé coopèrent.
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La femme dans le frigo

Kvinnen i kjøleskapet (1981) – La femme dans le frigo, Gaïa Editions, 2003 [Le vent sombre].
Cinquième adaptation de la série (17 septembre 2008). Le scénario, un mélange des épisodes 1 et 2, est trop ambitieux sur les plans politique et psychologique. Varg Veum retrouve l’avocate qui meurt… opportunément.
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Les chiens enterrés ne mordent pas

Begravde hunder biter ikke (1993) – Les chiens enterrés ne mordent pas, Gaïa Editions, 2009.
Sixième adaptation de la série (15 octobre 2008). Le scénario est politiquement trop ambitieux et ambigu. Varg Veum soutient et héberge Marit Haug (la Marine Le Pen locale) qui lutte contre les pontes du parti pour en prendre la direction. Le scénario n’a rien à voir avec l’œuvre originale comme Lelouch usurpa la référence aux Misérables de Victor Hugo pour vendre une daube prétentieuse.
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02/10/2012
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Nestor Burma
- romans, Wikipédia
- série télévisée, IMDbWikipédiaTélécharger
• Varg Veum
- romans, Gaïa EditionsHorreur boréaleLe vent sombre
- romans et films, Wikipédia
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.


[1] Par exemple, Varg Veum est amateur de la musique de jazz dans les romans, mais pas dans les films.

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