Monde en Question

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Archives de Catégorie: Dossier documentaire

Jean-Pierre MOCKY (1933-)


Après avoir débuté dans le cinéma comme acteur, Jean-Pierre Mocky accède à la réalisation en 1959 avec Les dragueurs qui le classe parmi les réalisateurs satellites de la Nouvelle Vague. Il inventera ensuite un style de comédies très personnelles où le grotesque, la bouffonnerie, l’inventivité, la bizarrerie des situations, la direction d’acteurs seront mis au service d’une vision anarchiste de la société. Les plus grandes vedettes comiques ou non du cinéma français auront été filmées par Mocky qui leur confiera des personnages défiant parfois toutes les catégories existantes. Avec plus de soixante longs métrages, tournés avec un souci d’économie remarquable, Mocky a témoigné d’une vision du monde hilarante et iconoclaste.


Rétrospective Jean-Pierre Mocky du 25 juin au 3 août 2014 à la Cinémathèque française

Articles
• 23/04/2013, Entretien avec Jean-Pierre Mocky, Fiches du cinéma.
• 16/10/2011, Entretien avec Jean-Pierre Mocky, Culturopoing.
• 30/03/2011, Sous l’égide de Mocky, l’"Action Ecole" devient ce jour "Le Desperado", Culturopoing.
• 02/04/2007, Mocky, la victime bien portante du cinéma français, Fiches du cinéma.
• 27/03/2007, Entretien avec Jean-Pierre Mocky, DVD Classik.
• 1988, Gérard GRUGEAU, Mocky, cinéaste surestimé ?, 24 images nº37.

Dossiers
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Livres
• Jean-Pierre MOCKY, M. le Mocky – Mémoires d’outre-monde, Denoël, 2001 [Séquences].
Jean-Pierre Mocky, le cinéaste le plus indépendant du cinéma français, a collectionné les pugilats et les coups de gueule, et battu tous les records de censure officielle. Le réalisateur de Solo, L’Ibis rouge et Le miraculé, celui que Louis Jouvet appelait l’Aventurier, raconte ici sa vie tumultueuse. Une précoce sexualité, des nuits comme taxi parisien pour suivre, le jour, les cours au Conservatoire, la vente de cartes postales à Pigalle, les premiers rôles de star spaghetti en Italie… Mocky a toujours été le Fregoli du grand et du petit boulot. Mais lorsqu’il tourne son premier film, Les dragueurs, il a déjà joué avec Paul Meurisse, Pierre Brasseur et Charles Aznavour. Metteur en scène, il a fait tourner les plus grands : Bourvil, Fernandel, Michel Serrault. Devant sa caméra, Jeanne Moreau et Catherine Deneuve ont révélé un nouveau visage. Alignant les triomphes et les catastrophes, écrivant des scénarios avec Raymond Queneau, Marcel Aymé ou Frédéric Dard, ce «moraliste amoral» parvient en quarante ans à tourner plus de quarante films. Roman vrai d’une œuvre inclassable, ce livre est aussi le portrait assassin d’un héros romantique. Un tableau explosif de la République du cinéma, avec ses secrets et ses scandales..
• Jean-Pierre MOCKY,
Cette fois je flingue , Florent Massot, 2006.
"Il était nécessaire d’écrire ce témoignage d’un fou de cinéma, qui n’a recherché ni l’argent ni la gloriole, mais la réponse à cette question essentielle : Que demande le peuple ? Le contraire de la démagogie ! Voilà qui est fait. Moteur !" (Jean-Pierre Mocky) Plaidoyer pour la liberté d’expression, Cette fois je flingue retrace le parcours du combattant d’un "anartiste" engagé dans la jungle du cinéma. Comparaissent à la barre des accusés : les producteurs-distributeurs, les gaspilleurs des deniers de la Culture, les tricheurs des avances sur recettes, la paranoïa des critiques, les dessous du festival de Cannes, la parodie des Césars, la fumisterie du cinéma d’art et d’essai ou la face cachée des castings. Témoignage irrésistible, Cette fois je flingue est le cri d’un cinéaste qui a travaillé avec les plus grands, des écrivains célèbres comme Anouilh, Queneau, Frédéric Dard, Marcel Aymé, Hervé Bazin, ou des acteurs mythiques comme Michel Simon, Bourvil, Fernandel, Michel Serrault, Richard Bohringer, Jeanne Moreau, Catherine Deneuve… Jean-Pierre Mocky nous donne avec générosité le livre d’une vie de cinéma.
• Jean-Pierre MOCKY, Pensées, répliques et anecdotes, Le Cherche Midi, 2009.
On ne présente plus Jean-Pierre Mocky. Monstre sacré du cinéma français, il a signé plus de cinquante films, qui témoignent d’une vision critique de la société française. A la fois provocateur et iconoclaste, Jean-Pierre Mocky a toujours lutté contre toutes les injustices, dénonçant au passage avec une constance rare et un humour forcené l’ordre établi, les magouilles et toutes les dérives des puissants de ce monde. Dans ce recueil de pensées et d’anecdotes, Mocky, avec une liberté de ton rare, tire à vue. Il évoque son métier, ses grandes rencontres, nous fait partager sa vision acide et décapante de la vie moderne et de ses travers, s’attardant au passage sur des sujets aussi essentiels que la vie sexuelle de Gary Cooper, des prêtres et des comédiennes. Un livre en forme d’autoportrait, celui d’un homme libre, irrésistible, unique.
• Jean-Pierre MOCKY, La longue marche – Entretiens avec Noël Simsolo, Écriture, 2014 [extrait].
Mocky ? Un tendre râleur, un provocateur, un anar fauché qui bâcle ses films et dont les coups de gueule ont aidé les médias à snober l’œuvre pourtant cohérente, digne de Simenon, de ce réalisateur au style vif : une soixantaine de films et autant de courts-métrages, bel exemple de la notion du cinéma d’auteur indépendant. Jeune premier chez Antonioni, il signe Les dragueurs en plein triomphe de la Nouvelle Vague. La farce noire éclaire les tares d’une France rancie, subvertit le cinéma commercial, invente le néopolar (Solo, 1970). Passant de la comédie contestataire au thriller social, avec quelques succès et nombre d’échecs, Mocky a pu compter sur la fidélité d’acteurs nommés Serrault, Noiret, Jeanne Moreau, Piccoli, Poiret, Lonsdale, mais aussi l’estime de Godard et Resnais.
Sa vie ? Un roman aux rebondissements insolites qui ont nourri son imaginaire. Au fil de ces entretiens, il évoque son père juif tchétchène, sa mère catholique polonaise, son enfance à Nice, son mariage précoce avec la fille d’un colonel, l’enseignement de Jouvet, son activité de secrétaire de Stroheim et Jules Berry, ses stages auprès de Fellini et Visconti, sa découverte de Carné et Cocteau, ses rencontres avec Aymé, Renoir, ses projets avortés avec de Funès ou Tapie, son invisible film X, son admiration pour Godard et Tati, ou encore le succès d’À mort l’arbitre.
• Eric LE ROY, Jean-Pierre Mocky, Bibliothèque du film, 2000.

Audio-Vidéo
• 21/06/2014, Auteurs à risque, France Inter.
• 01/06/2014, Entretien avec Jean-Pierre Mocky, La Cinémathèque française.
• 01/05/2014, L’invité culturel : Jean-Pierre Mocky raconte sa vie dans un livre, RTS.
• 26/04/2014, Perrine Leblanc,Tatiana de Rosnay et Jean-Pierre Mocky, France Inter.
• 23/04/2014, Jean-Pierre Mocky, France Culture.
• 11/04/2014, Jean-Pierre Mocky – Souvenirs d’un franc-tireur, TV5 Monde.
• 25/05/2013, Mister Mocky présente…, France Inter.
• 23/02/2013, Mocky soit qui mal y pense ! – Entretien avec Jean-Pierre Mocky, France Culture.

23/06/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Box Office des films de Jean-Pierre MockyBox Office.
• Critiques par la presse des films de Jean-Pierre Mocky, La Cinémathèque française.
Filmographie Jean-Pierre MOCKY réalisateur, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Choderlos de LACLOS (1741-1803)


Articles
• Robert ABIRACHED, Les liaisons dangereuses, CNDP, sans date.
• Annie CRÉPIN, Choderlos de Laclos l’auteur des Liaisons dangereuses, Annales historiques de la Révolution française nº338, 2004.
• Claire DESPIERRES, Le jeu des figures énonciatives dans Les liaisons dangereuses de Laclos – Interrogation et argumentation : la place du tiers, Semen nº15, 2002.
• François-Ronan DUBOIS, Les liaisons dangereuses : lecture d’impressions, lecture interprétative, Contagions, 2013.
• Jean GOLDZINK, Libertinage et politique dans le roman libertin des Lumières, Littératures classiques nº55, 2004.
• Jean GOLDZINK, À propos des Liaisons dangereuses de Laclos – La place de Laclos dans
les territoires dits libertins, Académie de Versailles, sans date.
• Michel LAXENAIRE, La séduction dans la littérature, Dialogue nº164, 2004.
• Lydia MARTIN, L’échange épistolaire à l’écran : les adaptations en anglais des Liaisons dangereuses, Lettre de cinéma, 2007.
• François MIGEOT, Rapport de places et imaginaire dans les lettres de Laclos et Mme Riccoboni, Semen nº20, 2005.
• George NAHREBECKY, A la Recherche du héros dans "Les Liaisons dangereuses", St. Mary’s University, sans date.
• René POMEAU, D’Ernestine aux Liaisons dangereuses : le dessein de Laclos, Revue d’histoire littéraire de la France, mai-août 1968.

Dossiers
Ciné-club de Caen
Wikipédia

Revues
• Choderlos de Laclos – Littératures d’Asie du Sud-Est, Europe n° 885-886, 2003.
• La séduction, Dialogue nº164, 2004.

Thèses
• Mohammed YOUSUF, De quelques figures de style (La métaphore, la comparaison, et l’allégorie) dans "Le paysan parvenu" de Marivaux et "Les liaisons dangereuses" de Laclos, Thèse de doctorat en Lettres Modernes, 2012, 293 pages.
• Marie-Luce COLATRELLA, "Ce hideux chef-d’oeuvre" : lectures, traductions, illustrations des Liaisons dangereuses : France, Allemagne, Angleterre (1860-1914), Thèse de doctorat en Littérature comparée, 2005.

Textes de l’auteur
• Choderlos de LACLOS, Œuvres complètes [présenté par Laurent Versini], Gallimard, La Pléiade, 1979.
• Choderlos de LACLOS, Les liaisons dangereuses, 1782, [présenté par René Pomeau], GF-Flammarion, 1996 – [présenté par Michel Delon], Livre de Poche, 2002, [texte en ligne : Bouquineux - Ebooks - Gallica - Pitbook - Wikisource].
• Choderlos de LACLOS, De l’éducation des femmes, 1783, [texte en ligne : Wikisource].
• Choderlos de LACLOS, De la monarchie et du républicanisme, 1791, [texte en ligne : Gallica].

Études sur l’auteur
• Yvon BELAVAL, Choderlos de Laclos, Seghers, 1972.
• Jean-Paul BERTAUD, Choderlos de Laclos l’auteur des "Liaisons dangereuses", Fayard, 2003.
• Fernand CAUSSY, Laclos, 1741-1803, d’après des renseignements originaux, suivi d’un mémoire inédit de Laclos, Mercure de France, 1905.
• Collectif, Laclos et le libertinage 1782-1982, Presses Universitaires de France, Actes du colloque de Chantilly, 1983.
• Émile DARD, Le général Choderlos de Laclos, auteur des "Liaisons dangereuses", Perrin, 1905.
• Bianca FONTANA, Politique de Laclos, Kimé, 1993.
• Anne-Marie JATON, Le corps de la liberté – Lecture de Laclos, L’Age d’homme, 1983.
• René PETER, La dame aux repentirs – L’inspiratrice des Liaisons dangereuses, Librairie des Champs-Élysées, 1939.
• Georges POISSON, Choderlos de Laclos ou l’obstination, Grasset, 1985.
• René POMEAU, Laclos ou le paradoxe, Hachette, 1993.
• Roger VAILLAND, Laclos par lui-même, Seuil, 1953.

Cours sur l’œuvre
• Anonyme, Résumé des lettres, digiSchool Bac ES (nécessite inscription).
• Anonyme, Étude (détaillée) et liens, Magister.
• Anonyme, Synthèse du roman et commentaires des lettres 47, 67 et 125, Bac de français.
• Collectif, Les liaisons dangereuses et les arts, Académie de Strasbourg.
• Elisabeth KENNEL-RENAUD, Étude (très détaillée), Site perso.
• René POMMIER, Analyse de la lettre XXII, Site perso.

Études sur l’œuvre
• Pierre BAYARD, Le paradoxe du menteur – Sur Laclos, Minuit, 1993.
• Christine BELCIKOWSKI, Poétique des "Liaisons dangereuses", José Corti, 1972.
• Collectif, Analyses et réflexions sur Laclos – Les liaisons dangereuses : la passion amoureuse, Ellipses, 1991.
• André et Yvette DELMAS, A la recherche des "Liaisons dangereuses", Mercure de France, 1964.
• Michel DELON, P.-A. Choderlos de Laclos – "Les liaisons dangereuses", Presses Universitaires de France, 1986.
• Béatrice DIDIER, Choderlos de Laclos – "Les liaisons dangereuses" – Pastiches et ironies, Éditions du Temps, 1998.
• Jean FABRE, "Les liaisons dangereuses" – Roman de l’ironie, Klincksieck, 1972.
• Jean-Luc FAIVRE, "Les liaisons dangereuses" – Choderlos de Laclos, Hatier, 2002.
• Jean-Luc FAIVRE, "Les liaisons dangereuses" – Choderlos de Laclos Stephen Frears, Hatier, 2008.
• Biancamaria FONTANA, Du boudoir à la Révolution – Laclos & "Les Liaisons dangereuses" dans leur siècle, Agone, 2013 [Annales historiques de la Révolution française nº372].
• Jean GOLDZINK, Le vice en bas de soie ou le roman du libertinage, Minuit, 2001.
• Caroline JACOT-GRAPA, "Les liaisons dangereuses" de Choderlos de Laclos, Gallimard, 1997.
• Éloïse LIÈVRE, Pierre Choderlos de Laclos – "Les liaisons dangereuses", Bréal, 1998.
• Philippe MESSIÈRE, "Les liaisons dangereuses" – Laclos, Bordas, 1981.
• Jean-Luc SEYLAZ, "Les liaisons dangereuses" et la création romanesque chez Laclos, Librairie Minard, 1958.
• Madeleine THERRIEN, "Les liaisons dangereuses" – Une interprétation psychologique, SEDES, 1973.
• Laurent VERSINI, Laclos ou la tradition – Essai sur les sources et les techniques des "Liaisons dangereuses", Klincksieck, 1968.
• Laurent VERSINI, Le roman le plus intelligent – Les liaisons dangereuses" de Laclos, Champion, 1998.

Études autour de l’œuvre
• Anonyme, L’épistolaire, WebLettres.
• Frédéric CALAS, Le roman épistolaire, Nathan Université, 1996.
• Nicole CLOAREC (sous la direction de), Lettres de cinéma – De la missive au film-lettre, Presses universitaires de Rennes, 2007.
• Anne DENEYS-TUNNEY, Écritures du corps – De Descartes à Laclos, Presses Universitaires de France, 1992.
• Pierre SAINT-AMAND, Séduire ou la passion des Lumières, Klincksieck, 1987.
• Jürgen SIESS (sous la direction de), La lettre entre réel et fiction, SEDES, 1998.
• Laurent VERSINI, Le roman épistolaire, Presses Universitaires de France, 1979.

Audio-Vidéo
• Choderlos de LACLOS, Les liaisons dangereuses, Littérature audio.

Adaptation Stephen Frears
Académie de Versailles
Académie de Rouen
Cercle Gallimard
CNDPCNDP
Elisabeth KENNEL-RENAUD
Télédoc
Zéro de conduite

30/05/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Filmographie "Les liaisons dangereuses", Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Friedrich NIETZSCHE (1844-1900)


Nietzsche n’est pas un philosophe comme les autres ; il aime la provocation et tout ce qui rend la lecture plus attrayante – humour, utilisation de métaphores, caricatures – recèle chez lui, précisément, la profondeur de la pensée. Il est certain qu’il ne faut pas lire Nietzsche comme un philosophe classique, et plaquer sur la lecture des schémas conceptuels pré-établis est la meilleure façon de manquer l’originalité de cette pensée. Nietzsche a le mérite de montrer qu’il existe d’autres chemins possibles pour la philosophie, qui sortent du cadre rigide des traités classiques. Sa démarche généalogique et critique présente l’intérêt de remettre en question bien des vérités établies, et de s’ouvrir à des réalités jusque là ignorées.
Djamila Azem Hidalgo, Etude d’un texte de Nietzsche, Académie de Grenoble

Le travail de critique d’un ouvrage récent se limite à la paraphrase du dossier de presse gracieusement fourni par l’éditeur. Pour les ouvrages anciens, les petits-maîtres à penser se contentent de piocher dans les dictionnaires des citations. Dans ces conditions il n’est pas étonnant que l’œuvre d’un auteur aussi complexe que celle de Friedrich Nietzsche soit interprétée à contresens.

Un trotskyste affirme "Nietzsche, penseur du fascisme" ce qui est aussi inepte que de dire "Marx, penseur du fascisme" parce qu’il est longuement et admirativement cité par Goebbels dans son Journal. Il a pris le risque de citer Nietzsche, souvent à contresens, pour que ses citations collent avec ses a-priori. Ainsi, il renomme "Nietzsche, penseur du fascisme" le livre de Georg Lukács intitulé "Nietzsche, précurseur de l’esthétique fasciste" ce qui ne signifie pas la même chose !
Selon cet auteur Nietzsche serait fasciste parce qu’il critique la démocratie bourgeoise ! Position paradoxale, mais conforme à celle de Marx soutenant la guerre de l’impérialisme américain contre le Mexique et celle de l’impérialisme anglo-français contre la Chine parce que le capitalisme industriel serait plus "civilisé" que le capitalisme agraire (Lire : La Chine vue par MARX et ENGELS).

Le piège dans lequel tombe facilement les petits-maîtres à penser tient au style, dans lequel excelle Nietzsche, qui rend d’autant plus difficile à comprendre son propos qu’il apparaît facile à lire. Ainsi, l’erreur fréquente est de prendre au pied de la lettre ce qu’il écrit.
De plus, comme sa pensée toujours en mouvement n’est pas close dans un système ("Je me méfie des faiseurs de systèmes et m’écarte de leur chemin. L’esprit de système est un manque de probité." aphorisme 26 in Crépuscule des idoles), il peut affirmer une chose un jour et son contraire le lendemain. L’exemple le plus connu est celui de Wagner pour qui son admiration ("La naissance de la tragédie" 1872, et "Richard Wagner à Bayreuth", 1876) se transforma en une démolition de l’idole trop impliqué dans le mouvement völkisch et l’antisémitisme ("Le cas Wagner", 1888 et "Nietzsche contre Wagner", 1889).

Plutôt de d’ajouter mes commentaires positifs ou négatifs, dont tout le monde se moque à juste raison, je préfère suggérer de lire et relire l’œuvre de Friedrich Nietzsche.

Articles
• Articles universitaires, Nietzsche par la jeunesse aux cheveux gris.
• Éric BLONDEL, Par-delà le bien et mal, Philopsis, 43 pages.
• Éric BLONDEL, La volonté de puissance, Philopsis 75 pages.
• Éric BLONDEL, Prolégomènes à une lecture philologique de Nietzsche, Philopsis 81 pages.
• André OUREDNIK, La notion de Pulsion chez Nietzsche et Freud, Université de Lausanne, 35 pages.
• Daniel PIMBÉ, Nietzsche, Académie de Grenoble, 2011, 93 pages.
• Vincent STANEK, La volonté de puissance, Philopsis, 16 pages.

Dossiers
Encyclopédie de L’Agora
Nietzsche Circle
Philopsis
UQAC
Wikipédia

Revues
• Nietzsche, Le Point HS n°14, Juin Juillet 2013.

Cours
• Daniel MARTIN, Nietzsche en langage clair, Cours de philosophie, 551 pages.
"La volonté de puissance" (doctrine)
"La généalogie de la morale" (livre)
"Par-delà le bien et le mal" (livre)
"Le gai savoir" (livre)
"L’éternel retour"(doctrine)
"Ainsi parlait Zarathoustra" (livre: parties I à III)

Livres
• Livres numériques, Académie de CréteilAcadémie de Grenoble BouquineuxEbooksNietzsche par la jeunesse aux cheveux grisWikisource.
• Friedrich NIETZSCHE, Oeuvres, Flammarion, 2000 [Texte en ligne].
"Le gai savoir"
"Ainsi parlait Zarathoustra"
"Par-delà le bien et le mal"
"La généalogie de la morale"
"Le cas Wagner"
"Le crépuscule des idoles"
"L’antéchrist"
"Ecce homo"
"Nietzsche contre Wagner"
• Marc CRÉPON (sous la direction de), Nietzsche, L’Herne, 2006 [Texte en ligne].
Comme Nietzsche le dit à plusieurs reprises : la lecture de son œuvre n’est pas de celles dont on sort sans que rien n’ait changé. Et ceci est d’autant plus vrai que rien de ce qu’elle prophétise ou annonce ne s’est définitivement accompli. Nous ne sommes pas sortis de ce qu’elle décrit, que ce soit l’épuisement de la démocratie, les différentes formes de réactions au nihilisme qui ne font que le perpétuer (comme tous les extrémismes), la résistance, plus ou moins déguisée, des valeurs imposées par le christianisme. Nous n’échappons pas davantage à ce qu’elle prescrit : notre rapport au savoir (et notamment à la science) est loin d’être clarifié. Le signe le plus probant de cette actualité des questions nietzschéennes est que, pas plus que cette œuvre n’appartient aux nietzschéens, elle ne laisse aucun courant philosophique, aucune école indifférente.
Mais s’il reste ce "philosophe d’avenir" qu’il voulait être, c’est aussi que son œuvre interroge, dans ses différentes articulations, la coexistence, au sein de la même pensée, des trois types de régime entre lesquels se partage le discours philosophique : descriptif, prescriptif et programmatique ou prophétique. Lisant Nietzsche, nous n’héritons pas seulement de ce qu’il décrit, et de ce que cette description prescrit. Nous prenons aussi la mesure de ce qu’il annonce. Sans doute, par sa critique radicale de toute téléologie, il porte un coup décisif à tout ce que la philosophie a pu promettre : le salut, la révolution. Mais pour autant, il ne renonce pas à toute prophétie d’une nouvelle époque ouverte par sa pensée. Ce qu’il décrit et prescrit trouve son sens ultime dans un temps à venir, qui advient une fois que son œuvre a coupé en deux l’histoire de l’humanité.
Ce Cahier analyse sa pensée à partir de ses rapports avec la langue, les Grecs et la musique, pour se pencher sur sa critique de la métaphysique et l’histoire, critique de la civilisation et de la morale, la conversion des valeurs.
Textes de : Marc Crépon, Marc de Launay, Max Marcuzzi, Mario Ruggenini, Jacques le Rider, Denis Thouard, Michèle Cohen-Halimi, Michel Haar, Yannis Constantinidès, Arnaud Villani, Mazzino Montinari, Eric Dufour, Joseph Simon, David Ballison, Jocelyn Benoist, Fabio Merlini, Paolo d’Ioro, Françoise Dastur, Pavel Kouba, François Chenet, Sylvie Courtine-Denamy.

Audio-Vidéo
• Livres audios, Littérature audio.
• France Culture, Nietzsche par la jeunesse aux cheveux gris.
• Vidéos, Nietzsche par la jeunesse aux cheveux gris.
• Annick STEVENS, La philosophie de Nietzsche (10 séances), Université populaire de Marseille [pdf - mp3- vidéo].
Nietzsche est un penseur qui a profondément bouleversé la philosophie et a eu une influence considérable sur les pensées du XXe siècle, mais qui a aussi été très mal compris et récupéré par des idéologies auxquelles il était tout à fait opposé. Des concepts comme l’éternel retour, le surhumain, la volonté de puissance, suscitent souvent la méfiance, voire le sarcasme et le rejet. Or, si on prend le temps de découvrir leur sens, de les inscrire dans la philosophie de la vie lucide et exigeante qui les justifie, on comprend à la fois l’origine des malentendus et l’extraordinaire portée à la fois théorique et pratique de cette pensée.

28/05/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Filmographie Friedrich NIETZSCHE, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Edwin S. PORTER (1870-1941)


Edwin S. Porter fut un grand cinéaste injustement oublié au regard de l’indigence des sources : quatre articles en français, une thèse en anglais et un livre en italien.

Figure créatrice significative des années 1900, il fut à la fois projectionniste, réalisateur, cinématographe, scénariste et producteur de films américain.
Il a réalisé une multitude de films dont Life of an American Fireman (1902) et Great Train Robbery (1903).
Il fut le premier à construire une histoire cinématographique par l’intermédiaire du montage narratif qui crée une dimension temporelle.

Articles
• Thomas ELSAESSER, La notion de genre et le film comme produit "semi-fini" : l’exemple de Weihnachtsglocken de Franz Hofer (1914), 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze nº50, 2006.
• Tom GUNNING, "Le cinéma d’attraction : le film des premiers temps, son spectateur, et l’avant-garde, 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze nº50, 2006.
• Charles PERRATON et Nathalie BOUCHARD, Monter, dire et saisir l’espace dans le cinéma des premier temps : le cas du Great Train Robbery Cinémas 1995.
Great Train Robbery (1903) de Edwin S. Porter, L’Oeil sur l’Ecran.

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Thèses
• David LÉVY, Edwin S. Porter and the origins of the American narrative film, 1894-1907, Doctor of Philosophy, 1983, 404 pages.
This study examines the traditional claim that in 1903, while an employee of the Edison Manufacturing Company, Edwin Stanton Porter discovered the principle of editing construction which made possible the fictional motion picture narrative. It will show that Edison studio policy in the period would have discouraged such an achievement and that the crucial first step in the elaboration of the early film narrative was the development of a compositional aesthetic derived from the staged or "fake" newsreel. Based on that aesthetic between 1904 and 1907 film directors including Edwin Porter turned out a short-lived, tableau-action narrator-dependent story film in actuality style that became the basis of the nickelodeon boom dating from 1906. The social and industrial pressures engendered by that success led to the fragmentation of the complete action tableau and the displacement of the tableau narrative by a shot-dependent, autonomous narrative constrained by the formal features of actuality composition. The final chapter analyzes a leading example, the 1907 emergence of parallel editing in the production of one-reel screen tales of last-minute rescue.

Livres
• Elena DAGRADA, La grande rapina al treno. The Great Train Robbery (Edwin S. Porter, 1903) e la storia del cinema, Mimesis, 2012.
Questo libro vuole essere un utile viatico per chiunque desideri addentrarsi lungo i sentieri affascinanti del "cinema delle origini", per imparare a conoscere la prima epoca di vita della storia del cinema. Attraverso l’analisi di "The Great Train Robbery", realizzato nel 1903 da Edwin S. Porter, rintraccia le catarreristiche principali di un periodo appassionato e avventuroso, profondamente diverso dal cinema che conosciamo oggi. E lo fa addentrandosi nei segreti del successo di un piccolo grande film, che seppe miscelare sapientemente i temi rappresentati, oltre ad alcune audaci novità nella messa in scena di più azioni simultanee. "The Great Train Robbery", infatti, riuscì a unire la spettacolarità dei più arditi procedimenti narrativi del suo tempo al mito popolare per eccellenza della storia americana, quello del "selvaggio West" (wild West), o "lontano West" (far West), facendo presa su un numero di spettatori molto alto anche al di fuori degli Stati Uniti. E seppe sfruttare il contesto iconografico e narrativo maggiormente in voga del tempo – la ferrovia, gli assalti a un treno, le sparatorie e gli inseguimenti spericolati – mettendo il tutto, fra l’altro, al servizio del film western come genere.

26/05/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Filmographie Edwin S. PORTER réalisateur, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Erich von STROHEIM (1885-1957)


Articles
• Erich von Stroheim (1885-1957) Séquences n° 10, 1957.
• Martin GIRARD, Hollywood gothique : Sunset Boulevard, Séquences n° 171, 1994.
• Fanny LIGNON, La grande illusion, Positif, n°385, 1993.
• Fanny LIGNON, The Devil’s Pass Key – Erich von Stroheim, le théâtre et le diable, CNRS,1999
Une étude circonstanciée d’un film disparu dont Stroheim lui-même n’a que très peu parlé et toujours avec réticence.
• Fanny LIGNON, Erich von Stroheim, humoriste méconnu, CNRS,1999.
Erich von Stroheim, qui se disait réaliste, a, en 1950 imaginé un film comique. Un volumineux synopsis intitulé "I’ll Be Waiting for You" est conservé à la BIFI. Il n’a jamais été question de porter ce projet à l’écran, mais son caractère atypique justifie à lui seul cette petite étude.
• Fanny LIGNON, Erich von Stroheim, l’art d’être méchant, CNRS, 2006.
On a longtemps pensé que l’oeuvre cinématographique d’Erich von Stroheim était à l’image de sa personne. On sait aujourd’hui que l’une et l’autre résultent d’une construction artistique et sont étroitement liées. Dans le cas de Stroheim, l’homme permet d’accéder à l’oeuvre. Ainsi, l’auteur, après une évocation du mythe stroheimien, expose ce que l’on connaît de la réalité stroheimienne. Il s’attache ensuite à comprendre la logique et les paradoxes de leur articulation.
• Fanny LIGNON, L’œuvre écrit d’Erich von Stroheim (1), 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze nº32, 2000 et CNRS, 2001.
Catalogue raisonné des écrits de Stroheim où chaque projet est chronologiquement repéré, résumé et brièvement analysé – Première partie
• Fanny LIGNON, L’œuvre écrit d’Erich von Stroheim (2), 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze nº36, 2002 et CNRS, 2002.
Catalogue raisonné des écrits de Stroheim où chaque projet est chronologiquement repéré, résumé et brièvement analysé – Deuxième partie
• Manon PÉCLET, Sunset Boulevard de Billy Wilder : le crépuscule des dieux hollywoodiens, Séquences n° 207, 2000.
• Mayer RAYMOND, La grande illusion de Marc-Olivier Gonseth, Jacques Hainard et Roland Kaehr, Journal de la Société des Océanistes n° 132, 2011.
• Natacha THIÉRY, La parole dans le cinéma muet, Labyrinthe nº7, 2000 [Queen Kelly].
• Paul WARREN, La voix off dans Sunset Boulevard, Cinémas vol. 5, n° 3, 1995.

Dossiers
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Revues
• Erich von Stroheim, Premier Plan n°29, 1963.
• Erich von Stroheim, Etudes cinématographiques n°48-50, 1966.

Thèses
• Fanny LIGNON, Erich von Stroheim du ghetto au gotha : recherches sur les origines et l’oeuvre d’Erich von Stroheim, Thèse de doctorat en Cinéma, 1997.
• Fabrice LYCZBA, La question du réalisme dans le cinéma hollywoodien – 1917-1927, Thèse de doctorat en Etudes cinématographiques, 2011.
• Gilles SEGUIN, Le film d’ascension à l’épreuve du genre cinématographique, Thèse de doctorat en Arts, 2013.
• Alexandros TSOPOTOS, Entre ironie critique et fascination : les États-Unis dans le regard de quelques cinéastes immigrés : Erich von Stroheim, Ernst Lubitsch, Josef von Sternberg, Michael Curtiz, William Dieterle, Thèse de doctorat en Histoire du cinéma, 2011.

Livres
• Maurice BESSY, Erich von Stroheim, Pygmalion, 1997.
• Olivier CAÏRA, Hollywood face à la censure, CNRS Éditions, 2005.
De Stroheim à Spielberg, de Naissance d’une nation à la trilogie Scream, de Selznick aux frères Weinstein, des Nickelodeons bondés au piratage en ligne, la question de l’acceptabilité des films traverse toute l’histoire d’Hollywood. Confrontés à diverses formes de censure, les studios s’organisent très tôt pour faire face, mais également faire place à la critique : ils engagent des censeurs internes pour incorporer à moindre coût les contraintes de chaque époque. D’où la dualité de ce livre : discipline industrielle car les studios créent des dispositifs d’autorégulation, bâtissent des digues concurrentielles, guettent collectivement tout signe d’assouplissement ou de raidissement de la censure ; innovation cinématographique car chaque film est une occasion de tester la détermination et la sagacité des censeurs. C’est une nouvelle histoire culturelle et industrielle d’Hollywood qui se révèle : celle des trouvailles d’un Hawks, d’un Wilder ou d’un Kubrick, mais aussi celle des astuces commerciales, des querelles juridiques et des confrontations publiques.
• Fanny LIGNON, Erich von Stroheim du ghetto au gotha, L’Harmattan, 1999 [Amazon - Séquences].
Acteur fascinant et metteur en scène hors du commun, Erich von Stroheim a conçu la légende de son existence. Mystificateur de génie, il a tout mis en oeuvre pour qu’elle se substitue à la réalité. Le subterfuge a si bien réussi que la vérité n’a été découverte que dix ans après sa mort, et n’a pas encore complètement détrôné la fiction. Celui qui aux yeux de tous symbolisait le noble Prussien, l’officier de carrière de l’armée impériale, n’avait fait que six mois de service militaire dans le train des équipages. Sa mère et son père, un simple chapelier, étaient juifs et pratiquaient leur religion. C’est lorsqu’il émigra aux Etats-Unis et devint cinéaste qu’Erich Stroheim commença à composer sa personnalité mythique. Il n’a jamais cessé de la perfectionner jour après jour et film après film. De La loi des montagnes à La veuve Joyeuse en passant par Folies de femmes, Les rapaces et La reine Kelly, autant de chefs-d’oeuvre du cinéma muet qui ont soulevé l’enthousiasme des spectateurs et fait l’objet de critiques passionnées. Grâce à La grande illusion l’image d’Erich von Stroheim passe à la postérité. Mais le cinéaste est désormais condamné à n’être plus qu’un acteur. Boulevard du Crépuscule portera le metteur en scène au Panthéon, mais celui-ci sait bien que les vivants n’ont pas droit à cet honneur suprême.
• Christophe PELLET, Erich von Stroheim, Editions de l’Arche, 2005.
Stroheim fut non seulement l’un des plus grands cinéastes des années vingt, mais également un mystificateur de génie. Contrairement à ce que laisse croire son nom, il n’était pas issu de la noblesse, c’était un Juif viennois sachant magnifiquement interpréter et satiriser les officiers prussiens de l’époque. Stroheim, c’est le modèle de l’Autre. Serait-il le personnage emblématique de notre époque, où l’image usurpe la réalité ? La réalité a moins de saveur que le plaisir érotique de jouer, de se représenter. L’on désire davantage les corps qui sont de l’autre côté de l’écran. Comme Elle le dit à l’Autre : "Je te vois, je te filme, aucune différence."

Audio-Vidéo
• Pierre BERTHOMIEU, "Les rapaces" dErich Von Stroheim, 2014 [Forum des images].
"Les rapaces" trône à la fois comme oeuvre majeure du cinéma muet hollywoodien et comme légende de l’oeuvre maudite. Cristallisant nombre de mythologies américaines liées au capitalisme, condensé puissant de l’esthétique muette, le film de Stroheim façonne, à partir du roman naturaliste de Frank Norris et autour du désir d’argent, une forme de naturalisme agressif et grotesque, qui dialogue avec l’allégorie et joue même avec le lyrisme.
• Ryan NETAKKI, Von, 2008 [Marcello].
La vie et l’œuvre d’Erich von Stroheim, cinéaste de génie, comédien d’exception, fabulateur admirable.
• Laurent PRÉYALE, Erich von Stroheim et Carl Laemmle, 2000 [Le coin du cinéphile].
Qui aurait pensé qu’un ancien comptable aurait permis à l’un des plus grands réalisateurs de tous les temps de mettre le pied à l’étrier ? Carl Laemmle fut le premier à croire au génie d’Erich Von Stroheim. La rencontre de ces deux immigrés autrichiens allait donner au cinéma ses heures de gloires les plus extravagantes et transformer les fondations même du cinéma américain.
Erich Von Stroheim, après avoir été acteur, désire passer derrière la caméra. Laemmle, qui a fondé les studios Universal en 1912 lui donne sa chance. "Maris aveugles", sorti en 1919, défraie la chronique par sa façon très libre d’aborder la sexualité mais est un succès. Deux ans plus tard, les deux hommes collaborent à nouveau pour "Folies de Femmes". Perfectionniste à l’extrême, Erich Von Stroheim demande des moyens énormes pour son film. C’est la dernière fois qu’ils travailleront ensemble. Le metteur en scène se considère comme maudit : ces 9 films seront tous "mutilés" par les studios.

21/04/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Filmographie Erich von Stroheim réalisateur, Ciné Monde (en cours).
Filmographie Erich von Stroheim acteur, Ciné Monde (en cours).
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Chris MARKER


Politiquement, Chris Marker a navigué de l’extrême droite nationaliste (tendance pétainiste) à la gauche nationaliste (Parti Communiste Français). Comme Guy Debord, il a organisé sa légende en contrôlant son image et sa biographie.

La jetée, court métrage considéré par ses admirateurs comme un chef d’œuvre, n’est qu’une suite de photographies en noir et blanc dominées par le commentaire d’une voix off qui prétend faire sens. Ce procédé, qui relève d’avantage de la propagande que du cinéma, est aujourd’hui largement utilisé dans les documentaires télévisuels.

Pas étonnant que les petits maîtres à penser, en quête de référence auto-justificatrice, organisent une rétrospective des films de Chris Marker après celle consacrée à Guy Debord. Tout un programme… contre le cinéma car, excepté La jetée, il n’a produit que des documentaires qui ne résistent pas au temps.

1953, Les statues meurent aussi

Fiche : AlloCiné
Critiques : Ciné-club de Caen
Images fixes. Commentaires en voix-off sur un ton didactique. Les images de statues, présentées sans indications (lieu de provenance et date de leur production), construisent une vision an-historique de l’art africain. Elles illustrent un discours doublement étranger, parce que d’une part une sculpture ne parle pas et d’autre part cette parole, même sympathisante, reste occidentale.

1958, Lettre de Sibérie

Fiche : AlloCiné
Critiques : Ciné-club de Caen

Cet extrait, seul passage intéressant, illustre le fait que les commentaires en voix-off, accompagnés d’une musique et/ou de bruitages, imposent la lecture des images. Discours contradictoire puisque Chris Marker réalise dans tous ses documentaires ce qu’il dénonce ici.

1961, Cuba Si

Fiche : AlloCiné
Critiques : Ciné-club de Caen
Produit du discours tiers-mondiste des socialistes de salon qui glorifia la révolution cubaine en passant sous silence la dictature qu’imposa Fidel Castro à son peuple pris en otage par l’embargo occidental imposé par les États-Unis. Chris Marker est fidèle au concept de la révolution nationale. Le commentaire, encore une fois, domine les images au point qu’on peut l’écouter sans les regarder, mais pas l’inverse.

1962, La jetée

Fiche : AlloCiné
Critiques : Ciné-club de Caen
Ce court métrage n’est qu’une suite de photographies dominées par le commentaire d’une voix off qui prétend faire sens.

1966, Si j’avais quatre dromadaires

Fiche : AlloCiné
Illustre la méthode non-cinématographique de Chris Marker : un photographe (Chris Marker le fut davantage que cinéaste) et deux de ses amis commentent des images prises dans vingt-six pays entre 1955 et 1965. Les commentaires sont aussi prétentieux que les images banales.

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01/11/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier Chris MARKER, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma documentaire, Monde en Question.
Revue de presse Cinéma 2013, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Regards sur le réalisme


Le réalisme au cinéma n’est pas un genre répertorié par les professionnels, producteurs ou critiques. C’est d’autant plus étrange que les critiques nommèrent néoréalisme certains films italiens sortis entre 1943 et 1955.

Au-delà d’un mouvement revendiqué, le réalisme caractérise de nombreux films des origines à aujourd’hui dans toutes les aires culturelles. Peut-être parce que le cinéma est un art qui relève essentiellement de cette approche du réel.

Certains films sont classés comme documentaires car perdure l’illusion de la neutralité de ce genre alors que, par exemple, les films de Flaherty sont construits selon une vision exotique et passéiste des Lapons (Nanouk l’esquimau) ou des pêcheurs d’Ara (L’homme d’Aran). Or, seule la caméra de vidéo-surveillance est réaliste. Un film est toujours une représentation du réel comme René Magritte il’llustra dans son célèbre tableau Ceci n’est pas une pipe.

Le réalisme au cinéma concerne autant le fond que la forme. Sur le fond, ces films racontent une histoire, mais sans l’artifice d’une intrigue qui s’achève sur la résolution le plus souvent heureuse (happy end hollywoodien) d’un problème à résoudre. Le récit se résume au fragment d’une vie qui a commencé et se poursuit au-delà du film et sans l’artifice d’un héros. Sur la forme, ces films visent "exclusivement le réel en rendant la présentation aussi objective, aussi neutre, aussi inexistante que possible" (Amédée Ayfre, Approche du réalisme, 1959).

Des films aussi divers que On the Bowery (Lionel ROGOSIN, 1956), Xiao Wu – Pickpocket (JIA Zhang Ke, 1997), Xiang ri kui – Sunflower (ZHANG Yang, 2005), African Gangster (Jean Pascal ZADI, 2010), (), Gözetleme Kulesi – La tour de guet (Pelin ESME, 2012), Nordvest – Northwest (Michael NOER, 2013).
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Sur le fond, ces films illustrent tous la vie de gens pauvres plus ou moins exclus du système dominant. Sur la forme, on remarque des parentés entre On the Bowery et Xiao Wu – Pickpocket ; Xiang ri kui – Sunflower et Gözetleme Kulesi – La tour de guet ; African Gangster et Nordvest – Northwest. Le style de ces films paraît indépendant de l’époque (1956-2013) et de la culture (États-Unis, Chine, France, Turquie ou Danemark).

Enfin, le réalisme de l’ordinaire constitue un choix artistique fort dans un pays comme la Chine où ce courant du cinéma indépendant s’est développé à partir des années 1990 (Judith AUDIN, Anatomie politique de la vie de quartier : la dimension ethnographique du cinéma de Ning Ying, SinoPolis, août 2013).

30/10/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• L’évolution du réalisme au cinéma I – Le cinéma est né réaliste (1895-1914), Séquences nº18, 1959.
• L’évolution du réalisme au cinéma II – Le cinéma réaliste à l’âge du « muet » (1914-1929), Séquences nº19, 1959.
• L’évolution du réalisme au cinéma III – La première décennie du cinéma « parlant » (1929-1939), Séquences nº20, 1960.
• L’évolution du réalisme au cinéma IV – Les tendances réalistes du cinéma d’aujourd’hui (1940-1960), Séquences nº21, 1960.
Dossier documentaire Réalisme au cinéma, Monde en Question.
Revue de presse Cinéma 2013, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Monde des Mayas


Jean-Michel HOPPAN, CNRS :

  • Le calendrier maya
    Du XVIe au XIXe siècle, la domination exercée par les Espagnols entraîna chez les Mayas l’abandon presque total de leur système calendaire traditionnel. Chez certaines populations du Guatemala, n’en subsiste actuellement que le calendrier à cycles de 260 jours connu parmi les mayanistes sous le nom de tzolkin, dans le cadre d’un usage à caractère divinatoire. Cet article en explique le fonctionnement, ainsi que celui des autres rouages de l’ancien calendrier maya : le ha’ab aux cycles de 365 jours, la commémoration des katun, les "séries lunaires" et les cycles de 9 et 819 jours. Il présente également le système de notation des durées du "compte long" et des "nombres de distance", qui permettait de positionner les noms de jours donnés par rapport au jour initial de la chronologie. L’exposé de ces principes fondamentaux du système de comput maya a pour but de fournir au lecteur les éléments nécessaires au décryptage d’un exemple classique de date maya.
  • Les écritures mayas du nombre
    "Les écritures mayas du nombre" sont une synthèse des récents résultats d’analyses épistémologiques et épigraphiques d’une multitude d’écritures numérales ou numériques réalisées par les scribes mayas depuis l’époque préclassique jusqu’à celle de la conquête espagnole. Interprétées dans le cadre des numérations parlées (de type protractif et additif) et dans celui des mesures de temps, la grande diversité des données analysées conduit à une typologie de l’ensemble des formes (notamment des zéros) et des systèmes mayas d’écriture du nombre, tant dans la représentation des dates et des petites durées, que dans celle des translations temporelles et des grandes durées. Des remarques discutent ou signalent : certains usages (âge de la Lune, durée des lunaisons, pas des translations dans les almanachs, etc.), diverses interprétations (par exemple du zéro comme signe d’achèvement, d’intronisation, etc.), plusieurs distinctions mayas (ordinal/cardinal, prospectif/rétrospectif), ou encore des thèses anciennes ou des conjectures récentes (hypothèse courte, unité principale du système des mesures de temps, propriété du "zéro opérateur", éventualité d’un tun de 400 jours, passage d’un comptage en kin à un comptage en tun).
  • L’écriture figurative des Mayas
    Utilisée durant deux millénaires jusqu’au XVIIe siècle pour transcrire des discours énoncés dans des langues de la famille maya, l’écriture logo-syllabique des Mayas est une écriture dite figurative, en ce sens que la plupart des signes de son répertoire sont marqués par une iconicité signifiante : le signe n’y représente en effet pas seulement un son mais est également un pictogramme investi d’une charge sémantique, étroitement liée à son origine iconique. Ce chapitre des actes du colloque "Image et conception du monde dans les écritures figuratives" (Collège de France et Académie des Inscriptions & Belles-lettres, janvier 2008) se propose de passer en revue les principaux signes actuellement déchiffrés de l’écriture maya dans quelques classes particulièrement chargées de sens graphique : les signes de l’être humain, têtes et parties du corps, les signes d’animaux les plus emblématiques (félins, oiseaux et serpents), et signes de l’espace et du temps. L’échantillon analysé est mis en parallèle, dans les autres chapitres de l’ouvrage, avec ce que l’on observe dans d’autres écritures figuratives à travers le monde, mettant en évidence différences et points communs au sein de ces classes de signes.
  • Notice sur l’inscription d’un vase polychrome maya
    Cet article propose une transcription, avec interprétation, du texte glyphique peint sur un vase maya, que l’auteur appelle "vase à l’effigie du dieu K". Ce vase en terre cuite polychrome, de 28,5 cm de hauteur et 11,5 cm de diamètre, a été mis en vente dans une galerie parisienne en septembre 2012. Cet objet est de provenance inconnue, les circonstances de sa découverte demeurent indéterminées mais l’analyse de son inscription et la comparaison avec d’autres céramiques mayas de l’époque classique permettent d’établir qu’il s’agit d’une production de la cité de Motul de San José (El Petén, Guatemala), pour la vaisselle d’apparat du roi K’inich Lamaw Eek’ (milieu du VIIIe siècle).
  • A propos de deux inscriptions parallèles à Edzná (Campeche, Mexique)
    Dans cet article, l’auteur propose une nouvelle transcription des textes gravés sur deux stèles mayas de l’époque classique : la Stèle 21 et la Stèle 22 d’Edzná, dans l’Etat mexicain du Campeche. Cette transcription permet notamment d’interpréter différemment la datation de ces monuments monolithiques, faisant de la Stèle 22 le plus ancien monument daté dans ce site. Elle met d’autre part en évidence un toponyme qui apparaît comme ayant probablement été le nom ancien de cette cité, distinct de l’emblème connu par ailleurs pour être celui de l’entité politique à la tête de laquelle se trouvait Edzná à l’époque classique.
  • L’art de faire des tableaux dans les écritures aztèque et maya
    Le caractère figuratif des écritures mésoaméricaines implique que les peintres-écrivains aztèques et mayas devaient posséder une bonne connaissance des langues transcrites et des thèmes abordés dans les écrits, ainsi que d’avoir la capacité de savoir allier une fine conscience de la nature à un sens artistique développé, pour faire ressortir de façon suffisamment significative les traits distinctifs des images créées. De nombreux aspects du message étant sous-entendus dans ces écritures et fournis par le contexte, les peintres-écrivains ont fréquemment eu recours à la mise en tableaux, afin de mettre en place les structures formelles les plus claires possibles. Les auteurs se proposent dans cet article d’explorer comparativement les procédés mis en oeuvre dans cette stratégie, chez les Aztèques et chez les Mayas.

Lire aussi : Dossier documentaire Mexique, Monde en Question.

Hommage à Alice GUY (1873-1968)


Alice Guy est la première femme cinéaste, mais pas le premier metteur en scène, ce titre revenant à Georges Méliès. Par contre, elle le fut incontestablement chez Gaumont entre 1900 ou 1902 et 1907.

Connue en France sous le nom d’Alice Guy et aux États-Unis sous celui d’Alice Blaché, le nom de son mari, ou celui d’Alice Guy-Blaché, elle fut oubliée puis redécouverte.

L’essentiel des connaissances la concernant a longtemps reposé sur son autobiographie (1976) et la biographie de Victor Bachy (1993) car les histoires du cinéma se résument à de pauvres informations :

Le premier film de Gaumont, Les méfaits d’une tête de veau, réalisé par Alice Guy.
Ce film fut réalisé par Ferdinand Zecca en 1903 selon Gianati et en 1904 selon Sadoul et McMahan.
Maurice BARDÈCHE et Robert BRASILLACH, Histoire du cinéma 1. Le cinéma muet, Denoël et Steele, 1935 réédition Livre de poche, 1964 p.12

[Léon Gaumont] entreprit l’enregistrement de petites bandes, dont sa secrétaire Alice Guy assumait la responsabilité. La première de ces bandes, quelque peu enfantine, fut La fée aux choux. Cette production se développa rapidement, Alice Guy abordant des sujets moins sommaires, empruntés au répertoire littéraire et théâtral ou à l’histoire ; certains de ces sujets, comme La Esmeralda et surtout La Passion, firent sensation.
L’auteur ne donne aucune date. La fée aux choux fut réalisé en 1900 et apparaît dans le catalogue Gaumont en 1901.
C’est sous la direction d’Alice Guy qu’était née la production de films dans les studios Gaumont, aux Buttes-Chaumont.
Vers 1900 Gaumont fait construire une petite verrière pour tourner les films, puis en 1905 les studios où Alice Guy tourna l’essentiel de ses films jusqu’en 1907.
René JEANNE et Charles FORD, Histoire illustrée du cinéma 1. Le cinéma muet 1895-1930, Robert Laffont, 1947 réédition Marabout 1966 p. 22, 31

Victorin Jasset fut appelé par Gaumont à collaborer avec Alice Guy pour diverses mises en scène.
Secrétaire de Léon Gaumont à partir de 1894, Chargée par lui de la mise en scène de ses studios après 1898. Réalise notamment, 1900 : La fée aux choux […]
La première femme metteur en scène, Alice Guy contribua beaucoup à élaborer le style qui caractérisa jusqu’à 1920 la firme Gaumont, et son œuvre aux États-Unis fut considérable.
Georges SADOUL, Histoire du cinéma français 1890-1962, Flammarion, 1962 réédition 1981 p.16, 193

1898 – Films de l’année : en France, La Passion (Alice Guy).
1901 – Autres films de l’année : en France, Folies masquées, Hussards et grisettes, (Alice Guy).
1902 – Autres films de l’année : en France, Sage-femme de première classe, (Alice Guy).
1903 – Films de l’année : en France, Les chats boxeurs (Alice Guy).
1906 – Films français,, La naissance, la vie et la mort du Christ (Alice Guy et Victorin Jasset), J’ai un hanneton dans mon pantalon (Alice Guy).
L’auteur présente bien Alice Guy comme une réalisatrice, mais ne cite que quelques films et selon une chronologie peu sûre. Alice Guy fera très tardivement son entrée dans l’Encyclopædia Universalis.
Philippe d’HUGUES, Almanach du cinéma 1. Des origines à 1945, Encyclopædia Universalis, 1992 p.31, 34, 35, 37, 43

L’hagiographie remplaçant aujourd’hui l’oubli d’hier, tout le monde répète les mêmes propos sans jamais les vérifier. Il faut attendre 2010 pour qu’un historien croise les données publiées avec des sources diversifiées :

Le travail de Maurice Gianati pour établir la filmographie d’Alice Guy est assez exemplaire du point de vue méthodologique puisqu’il croise histoire et archéologie. Tout a été passé au peigne fin, format de pellicule, catalogues, presse, correspondances personnelles et courriers professionnels pour établir une filmographie qui aujourd’hui semble être la plus proche de la réalité. Si ce travail fait apparaître que Méliès est "l’inventeur" du film de fiction, Alice Guy n’en est pas moins la première femme cinéaste du monde et apparaît comme l’instigatrice de la politique de production de la maison Gaumont 1905-1907 avant de partir avec son mari le réalisateur Herbert Blaché (1882-1953) s’installer aux États-Unis, où le couple fut chargé par Léon Gaumont de la promotion du chronophone.
Conférence (2010)Livre (2012)

La difficulté de réaliser une filmographie fiable (titre et date) tient à plusieurs raisons :

  • Le générique d’un film, indiquant les personnes qui ont participé à la création de l’œuvre, n’apparut que très progressivement à partir des années 1910 et s’imposa à partir des années 1930 avec l’apparition du star system.
  • Jusqu’en 1907, les films étaient vendus aux exploitants itinérants. En 1909, les sociétés de productions européennes et américaines décidèrent de cesser la vente des films et de les louer uniquement aux exploitants en salle. La plupart des films antérieurs à cette date échouèrent donc dans les brocantes puis à la poubelle.
  • À partir des années 1930 sont créées les cinémathèques nationales pour assurer la conservation et la restauration des films. Elles ne seront efficientes que dans les années 1970 après la création de l’American Film Institute (1967) et l’Anthology Film Archives (1970).
  • Le support des films est très fragile. La majorité des films, réalisés jusqu’en 1951, a été fabriquée sur une pellicule à base de nitrate, extrêmement inflammable. La pellicule acétate est nettement moins inflammable, mais se décompose. La seule solution pour sauver un film est alors d’en tirer une copie.

Pour toutes ces raisons, on estime que seulement 90 à 85% des films muets et un pourcentage important de films sonores d’avant 1950 sont irrémédiablement perdus.

Les féministes ont créé la légende d’une victime parce que femme – sempiternel discours qui déresponsabilise les femmes de leur destin – sans avoir lu Alice Guy. Elle ne revendiqua que la place qu’elle a aujourd’hui grâce à la découverte de films perdus :

Je ne revendique que le titre de première femme metteur en scène auquel je fus seule, pendant 17 ans, a avoir droit. La seconde femme metteur en scène fut une Americaine, Mrs. Smalley qui a travaillé d’abord sous nos ordres à Flushing pour le parlant.
Lettre d’Alice Guy à Louis Gaumont le 5 janvier 1954.

Parmi tous les films disponibles via YouTube celui-ci est particulièrement important car il montre Alice Guy en train de diriger la mise en scène (film dans le film) d’une phonoscène dans les studios Gaumont construits en 1905.

Alice Guy a réalisé beaucoup de films sur la danse. Celui-ci (non daté) s’inspire de Loïe Fuller, célèbre à l’époque pour les voiles qu’elle faisait tournoyer dans ses chorégraphies.

09/09/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Alice Guy :
Dossier documentaire, Monde en Question.
Générique :
• Nora THOES, Damian PÉREZ, The Film before the Film, Vimeo.
Ce court-métrage retrace en une dizaine de minutes l’évolution du générique de film au cours de l’histoire du cinéma. L’occasion de rendre hommage à ses précurseurs et au travail de certains de ses maîtres.
Alexandre TYLSKI, Le générique de cinéma – Histoire et fonctions d’un fragment hybride, Presses Universitaires du Mirail, 2009.
Cet ouvrage de synthèse comporte une partie historique retraçant l’évolution des génériques, des débuts du cinématographe à nos jours. La partie théorique propose quant à elle une réflexion de fond sur le rôle joué par le générique de film, tout en fournissant au lecteur des références bibliographiques solides.
Conservation et restauration des films :
• Liens Conservation des films, BNF.
• Bibliographie Conservation et restauration des films, Reto Kromer.
• Conférences Conservation et restauration des films, Canal-U.

Lire aussi :
Revue de presse Cinéma 2013, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

The Great Gatsby


Le roman de Francis Scott Fitzgerald (1925)

Ce roman, classé aujourd’hui au rayon des chefs-d’œuvres, fut mal reçu par le public du vivant Fitzgerald alors qu’il était reconnu et riche après le succès de This Side of Paradise et que la critique lui était favorable. C’est l’armée (en le distribuant en format de poche) puis l’université (en imposant sa lecture aux étudiants) qui construisirent sa renommée posthume.

Mais le public reste réticent car, note Julie Wolkenstein, "curieusement, les élèves accrochent très peu sur Gatsby, alors qu’il y a quelque chose de très sentimental, de très fleur bleue, de très idéaliste dans l’histoire. Ça devrait pourtant leur parler, la sanction tragique de cette passion romantique, ou l’état d’ébriété des fêtes, très bien rendu. Mais malgré l’efficacité de la narration, cela reste aussi un texte très littéraire, très subtil, très elliptique".

PDF : Ebooks (texte libre de droits)
Critiques :
• Analyse de Marie Thérèse DENIZEAU
• Cinq dates dans l’histoire de Gatsby, Anne BRIGAUDEAU
• Les USA ont Gatsby, la France Les Misérables… et les autres ?, Rue89
Gatsby le magnifique : réification et consommation ostentatoire, une critique radicale, Robert SAYRE et Michael LÖWY

L’adaptation de Jack Clayton (1974)

Le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne contribue pas à donner envie de lire le roman. Cette adaptation compassée – sans odeur ni saveur – ne rend pas compte du drame de Gatsby dont l’amour pour Daisy traduit une soif de reconnaissance sociale que la fortune ne suffit pas à lui apporter.

Robert Redford incarne un amant pleurnichard alors que Gatsby était animé d’une implacable ténacité pour réaliser son rêve. Mia Farrow incarne une femme hystérique alors que c’était la maladie d’une partie de la société de l’époque qui profita de la croissance avant que la crise de 1929 ne sonne le glas des "années folles".

Fiche : AlloCiné
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Critiques :
Ciné-club de Caen
Critikat

L’adaptation de Baz Luhrmann (2013)

Mises à part les maladresses esthétiques de la 3D, cette adaptation, alternant scènes endiablées et intimistes, rend parfaitement compte de l’esprit du roman. Les fastueuses fêtes organisées par Gatsby (symbole du luxe ostentatoire des capitalistes en quête de respectabilité) s’opposent aux petites sauteries organisées par Buchanan (symbole de la morgue des capitalistes "aristocratiques" et décadents).

Le film montre aussi l’opposition entre Daisy, riche héritière et femme légitime de Buchanan, et Myrtle, pauvre et maîtresse occasionnelle du même Buchanan. Daisy, qui souhaite que sa fille soit "une jolie petite sotte", épouse les idées racistes de son mari sur le déclin de la civilisation (la race blanche) menacée par les races de couleur. Myrtle, elle, est réduite aux caprices de la maîtresse délaissée qui meurt accidentellement en cherchant à rejoindre l’inconstant Buchanan.

Fiche : AlloCiné
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Critiques :
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Critikat
Ecole des lettres

16/08/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

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