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Archive for the ‘Colonialisme’ Category

Politique et racisme d’Etat

22 décembre 2009 Laisser un commentaire

LE COUR GRANDMAISON Olivier, La République impériale – Politique et racisme d’Etat, Fayard, 2009 [Cercle Gramsci - Chroniques Rebelles - La vie des idées - LDH-Toulon - Terra].

Au tournant du XIXe siècle, les républicains favorables aux conquêtes coloniales ont réussi là où leurs prédécesseurs avaient échoué. Entre 1871 et 1913, les possessions françaises en outre-mer sont passées de moins d’un million de kilomètres carrés à treize millions. Quant aux «indigènes», leur nombre a progressé de sept à soixante-dix millions en 1938. Extraordinaire expansion. Elle est sans précédent dans l’histoire du pays qui, devenu la seconde puissance impériale du monde après la Grande-Bretagne, est confronté à des tâches multiples et complexes. Comment diriger un empire aussi vaste ? De quels instruments politiques, administratifs, juridiques – le droit colonial par exemple – et scientifiques la métropole a-t-elle besoin pour remplir les missions nouvelles qui sont les siennes désormais ? Quelles orientations – assimilation ou association – mettre en œuvre dans les territoires de la «Plus Grande France» ?

Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme créé le 15/12/2005 et mis à jour le 08/12/2009, Monde en Question.

Écouter aussi : Main basse sur les terres agricoles : le cas de l’Afrique, Place des peuples – France Culture.

Histoire du monde au XVe siècle

21 décembre 2009 Laisser un commentaire

BOUCHERON Patrick (sous la direction de), Histoire du monde au XVe siècle, Fayard, 2009 [La Fabrique de l'Histoire - France Culture - Le Monde - Marianne-Tout sur la Chine].

Le XVe siècle est le temps de l’invention du monde. De Tamerlan à Magellan, depuis l’Asie centrale jusqu’à la capture de l’Amérique en 1492, s’accomplit une première mondialisation. Mais la geste de Christophe Colomb est tout sauf un événement fortuit : elle est précédée, et surtout rendue possible et pensable, par une dynamique globale et séculaire d’interconnexion des espaces, des temps et des savoirs du monde. Elle ne se laisse en rien circonscrire par ce que l’on appellera plus tard l’occidentalisation du monde : les marchands de l’océan Indien, les marins chinois de l’amiral Zheng He, mais aussi les conquérants turcs ont toute leur part dans cette histoire des devenirs possibles du monde, où rien n’est encore écrit.

Ni dictionnaire critique ni somme érudite, Histoire du monde au XV siècle se veut un essai collectif davantage qu’une encyclopédie. Faisant alterner les chapitres de synthèse et les textes au ton plus libre éclairant un événement, un personnage ou une oeuvre, le livre se prête à la lecture au long cours comme au hasard du cabotage. Mais dans tous les cas, il s’agit bien de susciter des étonnements par rapprochement et d’éveiller des curiosités par le déplacement du regard. Si l’accent est naturellement mis sur ce qui circule plutôt que sur ce qui cloisonne, s’inscrivant en cela dans les perspectives nouvelles d’une histoire globale attentive aux connexions des lieux et des temps, cette histoire du monde ne se réduit pas à une chronique de la mondialisation : il s’agit aussi de rendre compte des spécificités et des originalités des territoires du monde, des temps du monde, des écritures du monde, des devenirs du monde – ces quatre dimensions inspirant l’architecture d’ensemble du livre.

Lire aussi :
• GRUZINSKI Serge, Les quatre parties du monde – Histoire d’une mondialisation, La Martinière, 2004 [Académie de Lille - Arts Livres - Canal Académie - Clionautes - Critique internationale-Sciences Po - Revues plurielles - SIELEC].

Dominer “les quatre parties du monde” : telle est l’ambition de la Monarchie catholique (1580-1640). Pour imposer leur présence, Espagnoles et Portugais apprennent à maîtriser des milieux inconnus, tandis que du Mexique au Japon, du Brésil aux côtes africaines, de Goa aux Philippines, des peuples sont confrontés à des formes de pensée et de pouvoir qui leur sont totalement étrangers. Brassage des êtres ou résistance des traditions locales à la domination ibérique : la terre se mondialise.

À l’aube des temps modernes, ce ne sont pas seulement les modes de vie, les techniques et l’économie que bouleversent les nouveaux maîtres de la planète, mais aussi les croyances et es imaginaires. Serge Gruzinski montre que le passé est une merveilleuse boîte à outils pour comprendre ce qui se joue depuis des siècles entre occidentalisation, métissages et mondialisation. Il nous invite à un vaste tour du monde en compagnie de personnages dont le destin incarne le face-à-face des grandes civilisations et d’un empire universel.

• Dossier documentaire & Bibliographie Géo-Histoire globale, Monde en Question.

Écouter aussi :
• Histoire du monde 2/4 Cartographier le monde dans l’antiquité, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.
• Histoire du monde 3/4 L’histoire universelle, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.
• Histoire du monde 4/4 La world history ou histoire globale, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.

De l’armée coloniale à l’armée néocoloniale

18 décembre 2009 Laisser un commentaire

GRANVAUD Raphaël, De l’armée coloniale à l’armée néocoloniale (1830-1990), Survie, 2009 [Télécharger]
Cette brochure accompagne la parution du n°23 de la collection des «Dossiers noirs» de Survie intitulé Que fait l’armée française en Afrique ?, écrit par l’auteur et publié par les éditions Agone, en octobre 2009.

Tandis que ce «Dossier noir» traite essentiellement de la période la plus récente (1990-2009), cette brochure le précède chronologiquement et présente une synthèse sur le thème de l’armée française et de l’Afrique allant de la période coloniale à la première période néocoloniale, jusqu’à la fin de la guerre froide.

Lire aussi :
• GRANVAUD Raphaël, Que fait l’armée française en Afrique ?, Agone, 2009 [Afriradio - Alternative libertaire - Dailymotion-Télé Liberté - l'Humanité - Survie - Dossier presse].
Que fait l’armée française en Afrique ? Et de quel droit s’y trouve-t-elle encore aujourd’hui ? Si l’on en croit les discours officiels, elle n’y aurait plus depuis longtemps que des missions humanitaires et de maintien de la paix. La page du néocolonialisme et de la Françafrique aurait été tournée en même temps que finissait la guerre froide.
Ce « Dossier noir » examine, à travers de nombreux exemples concrets, la réalité de cette présence depuis deux décennies. Après un retour sur le dispositif néocolonial mis en place au lendemain des indépendances, il analyse – notamment à travers les conflits en Côte d’Ivoire ou au Tchad – les interventions militaires censées illustrer la « nouvelle » politique africaine de la France.
Entre héritage colonial et stratégies pour s’adapter à l’évolution des rapports de force internationaux, cette politique n’a jamais cessé d’être criminelle.
• Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.

Grands débats

13 décembre 2009 Laisser un commentaire

Grands débats 1/4 : le postcolonial est-il déjà depassé ?, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.

En 2005 et 2006, le grand public découvrait en effet par un grand nombre de publications l’existence d’un ensemble de théories regroupées sous le nom de “postcoloniales”. Elles permettaient à certaines associations de faire le lien entre la colonisation passée et la relégation de certains quartiers dans lesquels vivent des descendants de colonisés.
Cette approche, considérée comme politisée, a empêché bien des curieux d’aller voir plus loin.

Quatre années plus tard , qu’en est-il du postcolonial ? Comment utiliser cet attirail critique construit pendant vingt-cinq ans dans les universités américaines et à côté de laquelle bien des chercheurs français sont passés ? Est-on déjà passé au post-postcolonial ?
Lire aussi :
• BLANCHARD Pascal et BANCEL Nicolas (dirigé par), Culture post-coloniale – Traces et mémoires coloniales en France 1961-2006, Mémoires, Autrement, 2006 [LMSI].
• Dossier documentaire & Bibliographie Histoire coloniale et postcoloniale, Approches Cultures & Territoires.
• Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.

Grands débats 2/4 : pourquoi rendre l’histoire-géographie optionnelle en terminale S ?, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.

La Fabrique de l’histoire s’arrête ce matin sur l’appel lancé il y a deux semaines par l’Association des Professeurs d’Histoire-Géographie et relayée par une pétition d’historiens samedi dernier dans le Journal du Dimanche. Dans la réforme du lycée voulue par le ministère de l’Education Nationale, des matières traditionnelles sont en effet redistribuées entre la seconde, la première et la terminale. L’idée gouvernementale est donc de supprimer l’enseignement obligatoire d’histoire géographie en terminale S, de le rendre optionnel et de le renforcer en première. Et parallèlement de renforcer l’histoire/géo en classe littéraire pour redonner du lustre à cette filière de plus en plus abandonnée par les bons élèves.

C’est contre cela qu’une pétition menée par les historiens Serge Bernstein, Pierre Milza ou Jean-Pierre Azema a été publiée ce week-end dans le JDD et a reçu le soutien de personnalités et de femmes et d’hommes politiques de gauche comme de droite.
Ils en appellent au rapport particulier que la nation et son école entretiennent avec l’histoire et la géographie et n’imaginent pas que des scientifiques puissent se passer des sciences de l’espace et du temps.
Lire aussi :
• DE COCK Laurence, MADELINE Fanny, OFFENSTADT Nicolas et WAHNICH Sophie (sous la direction de), Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France, Agone, 2008.
• DE COCK Laurence et PICARD Emmanuelle (sous la direction de), La Fabrique scolaire de l’histoire, Agone, 2009 [Académie de Versailles - Approches Cultures & Territoires - Journal d'école - LDH-Toulon - l'Humanité].
CITRON Suzanne, Préface : Un parcours singulier dans la fabrique scolaire, Agone, 2009.
• TIBERJ Vincent, La crispation hexagonale, Plon, 2008 [Télécharger].
• Dossier documentaire & Bibliographie Nationalisme, Monde en Question.

Grands débats 3/4 : que peuvent apporter les romans à l’Histoire ?, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.

La rentrée littéraire de septembre a été marquée, d’après la critique, par un nombre plus important qu’auparavant de romans à trame historique : “Démon” de Thierry Hesse, “Jan Karski” de Yannick Haenel, “Des hommes ” de Laurent Mauvignier ou “Les sentinelles ” de Bruno Tessarech ont – à des titres différents – été remarqués pour leur traitement de l’histoire, différent de celui des historiens.

Que disent donc les romanciers que ne disent pas les historiens ? Pourquoi sent-on parfois une réticence de certains universitaires en face de cette manière de traiter du passé ?

Grands débats 4/4 : historiens et réalisateurs face aux documentaires historiques, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.

La diffusion de la série documentaire à succès “Apocalypse” a poussé des historiens à protester contre certains procédés mis en œuvre (colorisation, sonorisation, voix off…) par les réalisateurs. Ce débat faisait suite à d’autres , dans lesquels les historiens professionnels avaient été traités de “gardiens du temple” historiques : “l’Apocalypse” de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, Vraie Jeanne, Fausse Jeanne” de Martin Meissonnier, “9-3, histoires d’un territoire” de Yamina Benguigui…
Que se passe-t-il donc entre universitaires et gens de télévision ? Pourquoi des accrochages si fréquents ? Pourquoi les historiens eux-mêmes ne participent-ils pas plus à des œuvres audiovisuelles ?

France-Algérie : 130 ans de colonisation

30 novembre 2009 Laisser un commentaire

Chroniques du bidonville, 1959-1962 : archives sonores inédites et entretien avec Monique Hervo, La Fabrique de l’Histoire – France Culture, 1/22/2.

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Immigration, Monde en Question.

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Les nègres sont négligents et paresseux à l’excès

25 novembre 2009 Laisser un commentaire

« Les nègres sont négligents et paresseux à l’excès » – Lutter contre les préjugés sur les Africains, d’hier à aujourd’hui, La revue des ressources.

Lire aussi :
• Histoire de l’Afrique, Afrique annuaire.
• Relecture du Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire, Relectures.
• TOBNER Odile, Du racisme français – Quatre siècles de négrophobie, Les Arènes, 2007 .
De la traite négrière et son Code noir, de la paresse des nègres chère à Montesquieu, de Voltaire et ses propos sur l’esclavage, à Pascal Bruckner et Hélène Carrère d’Encausse, en passant par Pascal Sevran et la bite des noirs, Alain Finkielkaut ou Georges Frêche et leurs propos sur l’équipe de France de football, Jacques Chirac et « le bruit et l’odeur » ou encore Nicolas Sarkozy et le discours de Dakar, Odile Tobner démonte le socle raciste des regards portés sur les noirs.
• TOBNER Odile, Colonialisme et lois racistes – Comment le colonialisme conditionne-t-il notre politique migratoire ?, Alternative Libertaire Alsace.
• TOBNER Odile, “Y’a bon Banania !” – De Bossuet à Nicolas Sarkozy, Bakchich-Dailymotion.
• Présence Africaine, musée du quai Branly.
• Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.

La crispation hexagonale

23 novembre 2009 Laisser un commentaire

TIBERJ Vincent, La crispation hexagonale, Plon-Fondation Jean Jaurès, 2008 [Télécharger].

L’élection présidentielle n’en a pas fini de révéler ses mystères. Au-delà de la campagne, au-delà des résultats, elle en dit beaucoup sur la France d’aujourd’hui.

À rebours des thèses souvent défendues – droitisation de l’électorat, remise en cause du modèle social –, Vincent Tiberj met en exergue le rôle structurant joué par la question de l’immigration.

Du 11 Septembre à la querelle du voile, des émeutes de banlieue aux caricatures de Mahomet, on assiste au déclin du consensus multiculturel français ; on voit se creuser les différences entre la France «ouverte» et la France «fermée».

La cause profonde de la victoire de Nicolas Sarkozy réside là : dans l’évolution de l’opinion publique sur l’immigration et dans l’utilisation stratégique de cette évolution par le candidat de l’UMP.

Telle est la thèse de cet essai : La crispation hexagonale permet d’expliquer le résultat du 6 mai 2007. Plus encore, elle risque de redéfinir pour l’avenir les contours de notre paysage politique.

Lire aussi :
• CARESCHE Christophe et PAU-LANGEVIN George, Une République de l’égalité – Contre les discriminations liées à l’origine, Fondation Jean Jaurès, 2009 [Télécharger].
• Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Crise sociale des banlieues, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Nationalisme, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Voile & Burqa, Monde en Question.

L’Orient, une construction coloniale

21 novembre 2009 Laisser un commentaire

Le concept d’orientalisme est illustré ici par un corpus britannique. La démarche se situe dans le dépassement de la critique du terme par Edward Saïd, le grand écrivain palestino-américain qui avait enseigné la littérature comparée à New York (Columbia University). Mais telle démarche voudrait demeurer dans l’esprit de l’horizon postcolonial, ce domaine d’études dont l’initiateur n’est autre que le même E. Saïd, lequel a réussi à l’imposer d’abord au sein de l’espace académique américain, ensuite à l’échelle du monde. Désormais, dans l’approche de l’autre oriental par l’humanité occidentale, un pacte éthique se propose de veiller sur le jugement. Comment connaître l’autre culture sans recourir aux outils de pensée de sa propre culture ? Ne fut-il pas long le temps où il était impossible de parler d’Orient sans invoquer les référents occidentaux ? Ne faut-il pas parvenir à un relativisme interactif dans la mesure où les regards sont interdépendants, chacun étant relatif à l’autre ? Si le geste qui veut écrire l’histoire de l’autre s’ignore lui en tant que prise de position, en tant qu’appropriation, reconstitution et interprétation subjective d’une histoire qui ne vous appartient pas, les jugements demeurent enfermés sur leurs propres contours sans parvenir à la vérité de l’autre, ce qui invalide le but recherché, à savoir la connaissance. Toutefois ce devoir de connaissance ne devrait pas abolir la part du rêve, celui-là même qui nourrit l’imagination créatrice qui s’active dans la quête de soi à travers la fréquentation de l’autre, en sa singularité, en sa différence, fussent-elles fantasmées.

Cultures d’islam – France Culture

Lire aussi :
SAÏD Edward, L’orientalisme – L’Orient créé par l’Occident, Seuil, 1980.
• Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.

L’universalisme, une idéologique coloniale

21 novembre 2009 Laisser un commentaire

Force est de constater que l’universalisme, hier encore conquérant, est aujourd’hui partout sur la défensive. Il passait pour instrument d’émancipation. Le voici accusé par la nouvelle génération des études post-coloniales et autres « subaltern studies » d’être l’instrument idéologique de l’ancien colonisateur en vue de l’éradication des cultures indigènes. Il fait d’ailleurs l’objet d’une virulente « déconstruction » dans les pays anciennement colonisés – cette déconstruction, paradoxalement, est inspirée par certains philosophes européens… Mais dans les vieilles nations occidentales qui l’ont vu naître au XVIII° siècle, l’universalisme des Lumières se retrouve tout autant sur la sellette. Ici, on lui reproche de n’avoir pas tenu ses promesses d’égalité concrète entre citoyens – les inégalités sociales ne montrent-elles pas une bien fâcheuse tendance à recouper les clivages ethniques ? Quand on ne l’accuse pas tout simplement d’avoir défait le tissu social en favorisant le repli sur eux-mêmes d’individus désormais privés d’horizons comme d’appartenances.

Mais si l’universalisme est devenu une utopie, eh bien cette utopie mérite d’être défendue, prétend Caroline Fourest, dans le livre qu’elle fait paraître aujourd’hui. A ses yeux, c’est le communautarisme qui est en crise dans les pays qui l’ont adopté. La France n’a donc pas à renoncer à son modèle d’intégration républicaine. Car la promotion de la diversité culturelle pourrait bien servir de diversion : n’est-ce pas un moyen commode de faire oublier la lutte pour davantage d’égalité sociale ? Quant au multiculturalisme, tellement à la mode, il recouvre un très grand nombre de politiques ; c’est un concept flou, dont l’intention première – préserver la culture de populations indigènes – a été détournée au profit de leurs exigences par toute sorte de minorités revendicatrices. De même, les invocations à la tolérance sont parfois instrumentalisées par certaines communautés pour protéger leur propre intolérance. Cela fait débat. On en parle.

Du grain à moudre – France Culture

Lire aussi :
JULLIEN François, De l’universel, de l’uniforme, du commun et du dialogue entre les cultures, Fayard, 2008.
WALLERSTEIN Immanuel, L’universalisme européen : de la colonisation au droit d’ingérence, Démopolis, 2008.
• Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.

Histoire franco-algérienne

18 novembre 2009 Laisser un commentaire

Colloque international organisé par l’ENS Lettres et sciences humaines en partenariat avec le Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes (LARHRA), l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, l’Institut Charles-André Julien, l’Institut de Documentation et d’Etudes sur l’Histoire du Maghreb (IDEHM), l’Institut National de Recherche Pédagogique, l’IUFM de Lyon, le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation et le Groupe de Recherche et d’Etudes sur le Maghreb et le Moyen-Orient (GREMMO).

Dans un contexte où s’affrontent, sur le sujet sensible de l’histoire franco-algérienne, les porte-parole de groupes de mémoire adverses, et des pressions ou injonctions d’histoires des deux côtés de la Méditerranée, le colloque se propose de rendre la parole à l’histoire. Sont donc invités surtout des historiens, français, autres européens, et algériens. En effet, seule une histoire élaborée en partenariat, et fondée sur l’échange et le dialogue international, est susceptible de fortifier sainement les relations internationales, en particulier entre l’Algérie et la France. Le colloque est conçu pour aborder la moyenne et la courte durée. Il ne se limite pas aux aspects politiques, mais embrasse aussi bien l’économie que les migrations, le poids des structures sociales et des mentalités, voire de l’inconscient. Il traite aussi d’histoire politique, d’histoire militaire, de la colonisation, des résistances à la colonisation, et du nationalisme ; sans compter encore de culture, de littérature et d’art.

Colloque pour une histoire critique et citoyenne – Le cas de l’histoire franco-algérienne, 81 conférences, Canal-U

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Immigration, Monde en Question.