Monde en Question

27 novembre 2008

La fin de l’Empire américain (2)

Classé dans : Brésil, Chine, Economie politique, Europe, Inde, Russie, USA, USA déclin-chute — Monde en Question @ 02:08
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Les médias ont peu parlé du rapport “Global Trends 2025 – a Transformed World” publié par le National Intelligence Council (PDF).


Source : National Intelligence Council

La revue de presse de Google Actualités est pauvre. La presse chinoise est muette. L’agence russe RIA Novosti a, par contre, publié une analyse d’Andreï Fediachine :

Tout ce qui est le plus alarmant dans ce rapport est consacré à l’Amérique.
[...]
Pour la Russie, les experts ont trouvé non pas une bonne prévision, mais carrément plusieurs. Si l’on met de côté la “diminution” de notre population, annoncée par le Conseil pour 2025, qui passera des 141 millions d’habitants actuels à 130 millions (ce que nous savons déjà, sans lui), les Russes continueront d’être aidés par leur gaz et leur pétrole, et même par le réchauffement global attendu. Selon les experts, l’Union européenne ne sera pas parvenue, en 2025, à diversifier ses fournisseurs de ressources énergétiques et conservera sa dépendance vis-à-vis des importations, et donc vis-à-vis des livraisons de gaz naturel russe. L’augmentation de la consommation européenne est prévue à hauteur de 60%. En 2025, 57% de l’ensemble des réserves mondiales de gaz seront concentrées en Russie, en Irak et au Qatar. De nombreux producteurs actuels de pétrole auront perdu leurs positions, et près de 40% du pétrole produit sera concentré entre les mains de 6 Etats. Ceux-ci sont cités dans l’ordre suivant : Russie, Arabie saoudite, Iran, Koweït, Emirats arabes unis, Irak. Si l’on prend en compte la totalité des réserves de gaz et de pétrole, il y aura en 2025 deux grandes Puissances énergétiques mondiales : la Russie et l’Iran.

[...]

Si l’on en croit le rapport, les Etats-Unis vont continuer de perdre leur poids et leur influence jusqu’à la fin du premier quart du XXIe siècle, tout en demeurant une grande puissance ; mais ils perdront leur influence dominante et ne seront qu’un “égal parmi leurs pairs”. Il en sera de même du dollar. La niche d’influence libérée par l’Amérique sera comblée par le Brésil, l’Inde, la Chine et, comme le dit le rapport, la “Péninsule coréenne” (les deux Corées étant, visiblement, alors réunies). Une certaine “forme d’union” est même pronostiquée pour ces trois dernières. Le monde sera multipolaire, les modèles occidentaux du libéralisme économique, de la démocratie perdront leur force d’attraction (c’est ce qui se produit déjà). L’Union européenne aura cédé elle aussi de son influence et sera devenue un “géant creux”.

[...]

Ces rapports ne sont pas des prévisions ou des pronostics précis, mais plutôt un rappel aux administrations américaines de ce qui pourrait arriver si elles ne pratiquent pas telle ou telle politique. C’est à la fois une base de réflexion et un instrument pour faire avancer cette réflexion dans une direction donnée.

Pour savoir si un avenir aussi effroyable nous attend véritablement, et dans quelle mesure le NIC est objectif dans ses évaluations, il n’est pas mauvais de rappeler ce qu’il est véritablement. Le Conseil national du renseignement est le principal “brain trust” auprès du directeur de la CIA, Michael McConnell, lequel a en charge l’analyse stratégique à moyen et long termes. C’est de lui que dépend directement le patron actuel de cette “agence Nostradamus”, Thomas Fingar. Le Conseil “ravitaille” toute la direction américaine, et sa principale marchandise, ce sont les Evaluations du renseignement national (National Intelligence Estimates), dont une grande partie, naturellement, est tenue secrète, mais dont des “extraits” sont toujours distillés à la presse. Le Conseil, comme aiment à le dire ses collaborateurs, a pour vocation d’”analyser l’horizon”. Cela le conduit parfois à s’aventurer bien au-delà de la ligne d’horizon fictive, pour des raisons purement politiques. Le NIC, comme cela se produit fréquemment avec n’importe quelle organisation de renseignement créée auprès des administrations, et pour elles, “se démarque d’avec la ligne politique” de manière modérée. Ce n’est absolument pas une particularité endémique propre à l’Amérique : c’est la caractéristique génétique de quasiment toutes les formations de ce type. De celles-là même qui, “ayant mûri” (or, le NIC a été créé en 1979), ont bien compris avec le temps que ce que l’on attend d’elles, ce ne sont pas des prophéties à la Nostradamus, mais “ce qu’on a besoin d’entendre”.

Le NIC doit effectuer de ce point de vue une tâche peu enviable. Il doit, en principe, coordonner et “unifier” l’analyse de tous les centres de renseignement américains – la CIA, la Direction du renseignement du département de la Défense (le GRU russe), le renseignement politique du Département d’Etat, les renseignements de l’Armée, de l’Aviation, de la Marine, du Service des frontières, du ministère des Finances, du ministère de l’Energie et, pour finir, le FBI (qui s’occupe du contre-espionnage). Et c’est en cela que réside le principal “hic”. Toutes les administrations tirent, naturellement, la couverture à elles, s’efforçant de pousser le président, les ministères, le Congrès vers les mesures ou les lois dont elles ont besoin. C’est la raison pour laquelle des discussions très chaudes surgissent toujours autour de l’élaboration du principal “produit” du NIC, ce que l’on appelle les Evaluations du renseignement national, et autour également des analyses de renseignement thématiques. Il s’agit de documents analytiques ciblés sur n’importe quels thèmes, allant par exemple de l’arme nucléaire, la Russie, ou Israël, à l’évaluation des conséquences possibles d’une mauvaise récolte de riz en Asie. Il peut y avoir plusieurs de ces évaluations par an. Les patrons de ces administrations sont plongés dans la plus grande effervescence s’ils viennent à apprendre que leurs évaluations, pour une raison ou pour une autre, n’ont pas été retenues dans la variante finale des “Evaluations”. Il en va à peu près de même pour ces fameuses “Tendances globales”.

Etats-Unis ; le renseignement d’accord pour enterrer l’avenir, RIA Novosti.

Commentaires : Encore une fois, RIA Novosti se révèle plus pertinent que les médias dominants français, qui se contentent de copier-coller un communiqué de presse ou une dépêche d’agence.

26 novembre 2008

La valse des sommets

Classé dans : Brésil, Chine, Economie politique, Inde, Russie, Sommets — Monde en Question @ 13:00
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Après les Sommets du G20, de l’UE-Russie ou Russie-UE, de l’APEC, Dmitri Medvedev annonce l’organisation du Sommet du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) en Russie en 2009 [RIA Novosti].

Ce Sommet du BRIC sera particulièrement important car il tracera les contours d’une nouvelle organisation mondiale sans les États-Unis.

Lire aussi :
• Sommets, Monde en Question.
• G20, Wikipédia.
• G20, Google Actualités .
• G20, Yahoo! Actualités.
• Sommet du G20, RIA Novosti.
• UE-Russie, Google Actualités .
• UE-Russie, Yahoo! Actualités.
• Sommet Russie-UE, RIA Novosti.
• Coopération économique pour l’Asie-Pacifique, Wikipédia.
• APEC, Google Actualités .
• APEC, Yahoo! Actualités.
• Sommet de l’APEC, RIA Novosti.
• BRIC, Wikipédia.
• BRIC, Google Actualités .
• BRIC, Yahoo! Actualités.

25 novembre 2008

Amérique latine très convoitée (2)

Classé dans : Amérique latine, Brésil, Chine, Economie politique, Russie, USA — Monde en Question @ 23:00
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Les présidents chinois et russe ont fait, chacun de son côté et à des dates différentes, une tournée pour conquérir les marchés latinos-américains – avant le sommet de l’APEC pour Hu Jintao et après le sommet pour Dmitri Medvedev.

Pékin resserre ses liens avec les économies latino-américaines, Le Monde.

A la veille de la tournée, Pékin a publié “un document politique éclairant les objectifs chinois envers l’Amérique latine et les Caraïbes”. Ce livre blanc insiste sur “les ressources abondantes et l’extraordinaire potentiel de développement” de cette région, dont la Chine est devenue le troisième partenaire commercial.
Outre le développement des échanges et la signature d’accords de libre-échange, le document évoque un accroissement de la coopération en matière de défense et de sécurité [1]. 

La Chine souhaite établir un partenariat global et coopératif avec les pays d’Amérique latine et les Caraïbes, Xinhua – Le Quotidien du Peuple.

Le gouvernement chinois considère ses relations avec l’Amérique latine et les Caraïbes d’un point de vue stratégique et souhaite établir et développer un partenariat complet et coopératif basé sur les principes de l’égalité, des bénéfices mutuels et du développement commun avec les pays d’Amérique latine et des Caraïbes. 

Départ d’un haut responsable militaire chinois pour l’Amérique latine, Xinhua – Le Quotidien du Peuple.

Xu Caihou, vice-président de la Commission militaire centrale de Chine, a quitté Beijing dimanche pour effectuer des visites amicales au Venezuela, au Chili et au Brésil.
Xu a été invité par le ministre vénézuélien de la Défense nationale Gustavo Rangel Briceno, le ministre chilien de la Défense nationale Jose Goni et le ministre brésilien de la Défense nationale Nelson Jobim.
“Il s’agit d’une importante activité diplomatique pour les forces armées, qui vise à renforcer la compréhension mutuelle et les échanges militaires”, a indiqué Qian Lihua, directeur du Bureau des Affaires étrangères du ministère chinois de la Défense nationale. 

Les militaires s’échangent « leurs pratiques standards », Xinhua – Le Quotidien du Peuple.

“Ces échanges entre la Chine et les pays d’Amérique latine sont tout à fait normaux entre les forces armées. 

“Dans les échanges militaires avec l’Amérique latine, la Chine a toujours fermement adhéré au principe du bénéfice de la paix régionale et mondiale et de la stabilité, ne visant aucun tiers parti, sans jamais mettre en péril les intérêts des autres pays”, a-t-il dit.
[...]
La Chine a déjà procédé à des échanges militaires avec 18 pays d’Amérique latine, a dit Qian.
“Les échanges militaires et la coopération sont une partie importante de la relation de la Chine avec l’Amérique latine, et ils jouent un rôle positif dans la promotion de son développement”, a-t-il conclu.

Exercices navals russo-vénézuéliens

Source : Monde en Question

La Russie reprend pied en Amérique latine, Le Monde.

Qualifiée par la presse moscovite de “seconde découverte de l’Amérique”, la tournée de M. Medvedev marque le retour de la Russie dans une région longtemps considérée comme “l’arrière-cour” des Etats-Unis, mais dont Washington s’est largement désintéressé depuis les attentats du 11 septembre 2001. Avide de faire contrepoids à l’influence américaine, Moscou entend reprendre pied dans la zone. “Et cette fois, nous revenons pour toujours”, assure un porte-parole de la diplomatie russe, Alexeï Sazonov.
[...]
L’implantation de la Russie dans la région a trois dimensions : politique, économique et militaire. Point culminant de la tournée : Dmitri Medvedev assistera depuis le Venezuela aux premiers exercices navals conjoints en mer des Caraïbes. 

La crise aidera les fabricants d’armes russes à s’implanter en Amérique latine, RIA Novosti.

La plupart des pays d’Amérique latine achètent traditionnellement des avions, des navires de guerre et d’autre armement aux Etats-Unis. Le Brésil préfère ces dernières années commander pour l’armée le matériel qu’il produit. Pourtant, l’armement russe pourrait dans les conditions de la crise rivaliser non sans succès avec des analogues américains, européens ou brésiliens. Les avions, les hélicoptères, les VTT, les systèmes de DCA et les armes d’infanterie russes coutent de 20-40% moins cher que leurs équivalents européens et américains, tandis que leur qualité est tout à fait comparable. De plus, le matériel russe est plus facile à maîtriser pour des équipages avec un niveau de formation limité et moins compliqué à réparer avec des moyens de fortune. 

Medvedev à la conquête de l’Amérique latine, RIA Novosti.

En fait, l’odeur du pétrole et du gaz a accompagné la tournée du président russe. Le Brésil n’a pas fait exception. Cet Etat, qui fait partie du BRIC et qui est considéré comme un “continent à part”, ne peut pas laisser indifférente la Russie, d’autant que Moscou est disposé à étendre les liens bilatéraux. Le déplacement de Medvedev au quartier général de la plus grande compagnie pétrolière publique du pays, Petrobras, sera l’un des plus importants événements de sa visite, de même que ses rencontres avec les dirigeants des entreprises publiques et privées spécialisées dans l’énergie, l’industrie minière, le secteur agroindustriel et la sphère bancaire. Gazprom inaugurera l’année prochaine sa représentation au Brésil. Moscou et Brasilia seraient prêts à élargir leur coopération dans le domaine spatial et pourraient construire conjointement un cosmodrome à proximité de l’équateur. 

Le Venezuela, quant à lui, est “le premier parmi les égaux”. Moscou a établi une “coopération stratégique” avec Hugo Chavez. Les deux pays créent une banque commune avec un capital de 4 milliards de dollars pour financer la construction de raffineries de pétrole. La Russie est prête à aider le Venezuela à créer des centrales nucléaires, Rusal a annoncé la construction d’une usine d’aluminium, VAZ est prêt à y implanter des usines automobiles. Depuis 2005, Caracas a signé avec Moscou douze contrats sur les livraisons d’armes, allant des fusils d’assaut Kalachnikov, des chars T-90 et des voitures de transport blindées aux chasseurs Su et aux hélicoptères, pour un montant total de 4 milliards de dollars. A présent, il souhaite acheter des sous-marins et des navires russes. Dmitri Medvedev et Hugo Chavez “inaugurent”, le 25 novembre, les premiers exercices navals russo-vénézuéliens de grande envergure qui “taquineront” les Etats-Unis jusqu’au 30 novembre.

Cuba devait absolument figurer sur la liste medvédévienne des pays à visiter. Les relations entre Moscou et La Havane semblent connaître un essor. Les négociations à Cuba devraient aboutir à une entente sur la prospection et la mise en valeur conjointes de gisements pétroliers dans la partie cubaine du golfe du Mexique. Un forage d’essai vient d’y être organisé.

Le voyage de Medvedev illustre bien l’évolution du processus de désidéologisation des relations entre la Russie et l’Amérique latine. Celles-ci étaient déjà marquées auparavant par un puissant élément national-pragmatique (les Russes ont, en effet, fait de la voiture soviétique Lada l’automobile la plus vendue au Chili à l’époque de Pinochet [2]). A présent, cet élément national-pragmatique se renforce. On peut à cet égard remercier George W. Bush.

Commentaires : Le Monde se révèle beaucoup plus pudique que les agences de presse chinoise ou russe à propos des questions stratégiques et militaires.

 


[1] Les termes diplomatiques “la coopération en matière de défense et de sécurité” signifient la vente d’armes.
[2] Que cette information vienne de la presse russe devrait faire réfléchir les staliniens français.

22 novembre 2008

La fin de l’Empire américain (1)

Classé dans : Brésil, Chine, Economie politique, Europe, Inde, Russie, USA, USA déclin-chute — Monde en Question @ 00:34
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Le Washington Times a publié un article révélant les principaux points d’un nouveau rapport général du National Intelligence Council (NIC) sur les prévisions à long terme de la situation politique générale du monde d’ici à 2025.

[...]

D’une façon générale et par rapport à NIC 2004, le rapport NIC 2008 prévoit le changement fondamental du passage du monde “unipolaire” (puissance US dominante) à un monde “multipolaire”.

Le rapport prévoit également un deuxième changement fondamental au niveau de l’énergie, sans s’attarder fondamentalement, semble-t-il, à l’évolution parallèle de la crise climatique, sinon pour ses possibles/probables conséquences catastrophiques. [...] ce qui est remarquable c’est le changement d’appréciation qui est en parallèle avec le premier changement signalé : la perte de l’hégémonie US est accompagnée par la fin des réserves disponibles de pétrole, ou bien est-ce le contraire, – comme si, effectivement, les deux étaient liées, comme si l’hégémonie US avait tenu essentiellement à l’hégémonie du pétrole dans notre civilisation machiniste.

Au niveau de l’économie générale, le rapport envisage des changements importants, largement influencés, ou confirmés c’est selon, par les événements des derniers mois. Principalement, il envisage le déclin du dollar et, par conséquent, la fin de son rôle hégémonique. Il envisage la montée d’une structure économique concurrente au capitalisme du laissez-faire, voire son remplacement par le “capitalisme d’Etat”.

[...]

Le rapport fait diverses “projections” sur des situations nationales, donnant un grand rôle de puissance à la Chine, mais aussi à la Russie; prévoyant une réunification des deux Corées et une “course à l’armement nucléaire” au Moyen-Orient, etc. Ces “projections” sont en général très conventionnelles et n’apportent aucune idée très nouvelle.

Effectivement, ce qui apparaît avec NIC 2008, c’est, pourrait-on dire, “la fin de la confiance” des USA en eux-mêmes, et c’est bien entendu le point psychologique principal de ce document.


Source : FNAC

Ce rapport n’envisage pas, parce que la chose est inenvisageable à un circuit de pensée bureaucratique et américaniste, l’importance de la dynamique des relations, et la dynamique de l’influence qui en découle. Il conçoit la supplantation d’une puissance brute par une autre (disons les USA par la Chine) mais n’envisage pas l’hypothèse que le déclin de la puissance US est peut-être, aussi, et surtout si la tendance se confirme, le déclin de la conception américaniste de la puissance, voire le déclin de l’idée de “puissance” telle que l’envisage Guglielmo Ferrero en 1917 lorsqu’il oppose “idéal de perfection” et “idéal de puissance” pour caractériser la grande Guerre.

[...]

Le caractère le plus frappant de cette “projection” qui se refuse même à l’être tout à fait est bien l’incertitude, et la latitude laissée aux lecteurs de NIC 2008 d’imaginer “autre chose”, et de voir survenir effectivement “autre chose”. Ce refus de la certitude du lendemain est la marque de la crise psychologique de l’américanisme, cette conception du monde effectivement marquée par la certitude de ses lendemains. S’il est suggéré, seule touche d’encouragement pour ne pas désespérer Washington, que de bons dirigeants pourraient modifier cette prévision apparemment pessimisme, nous suggérerions que cela pourrait être aussi bien la porte laissée ouverte à un développement beaucoup plus pessimiste, à une dégradation beaucoup plus rapide. Le rapport NIC 2008 aura comme effet de préparer les psychologies à cette possibilité, qui devrait être appréciée désormais comme une probabilité. NIC 2008 nous dit implicitement que la résolution éventuelle de la crise en cours, ou la fin de la crise en cours, ne débouche pas sur une restauration de l’“ordre ancien” mais ne fait que préparer à l’enchaînement des crises à suivre, – une étape dans le processus de la chute du système, pour faire bref.

Publié par Dedefensa.

Lire aussi :
• La chute de l’empire américain, c’est maintenant !, Allociné.
• Le déclin de l’empire américain ?, AgoraVox.
• BELLO Walden, La fin de l’empire. La désagrégation du système américain, PayotAlternatives EconomiquesAlternatives.

17 novembre 2008

Après le Sommet du G20

Classé dans : Brésil, Chine, Economie politique, Europe, Inde, Russie, Sommets, USA — Monde en Question @ 12:42
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La presse européenne commente positivement le Sommet du G20 :

NRC Handelsblad – Pays-Bas
Ce qui est positif dans ce sommet, c’est que les discussions relatives à l’économie mondiale ne sont plus l’apanage exclusif des pays industrialisés du G7. La rencontre de Washington pourrait rester dans l’histoire comme l’événement marquant le changement des rapports de force dans le G20. Des pays comme la Chine, l’Inde et le Brésil ont dorénavant une voix dans les décisions.
Commentaires : Les médias dominants ne disent pas que la participation aux décisions a un prix

ABC – Espagne
Ce processus permettra à la communauté internationale de disposer de meilleurs instruments pour repérer les crises, les gérer et les résoudre. Ni plus ni moins.
Commentaires : Ce bel optimisme est démenti par le sacro-saint marché (voir plus bas).

RIA Novosti – Russie
La position de la Russie et d’autres pays émergents a été entendue au sommet du G20 grâce au fait que le groupe BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) a fait front commun, a estimé lors d’un point de presse lundi le vice-ministre russe des Finances, Dmitri Pankine.

Après le Sommet du G20, comme après l’annonce du plan Paulson, les bourses de Wall Street et de Paris continuent à baiser. Voir la carte interactive des indices publiée par Le Journal des Finances. La liste des pays en récession s’allonge et “Les inquiétudes sur l’économie ne se sont pas dissipées au cours du week-end, alors que le sommet du G20 n’a donné lieu à aucun accord susceptible de changer significativement les perspectives à court terme”, a estimé Patrick O’Hare, du site d’analyse financière Briefing.com (AFP – Yahoo! Actualités).

Alors que la déclaration finale du Sommet du G20 à Washington inclut l’engagement exprès des participants de ne pas réagir à la crise par une politique protectionniste, chaque pays cherche aussi des solutions nationales à la crise :
• Barack Obama veut trouver des solutions nationales à la crise, Euronews – Yahoo! Actualités
• Crise : la Russie respectera les décisions du G20 mais pas au détriment de ses intérêts nationaux, RIA Novosti
• G20 : le Japon appelle la Chine à augmenter sa contribution au FMI, Aujourd’hui le Japon

WYPLOSZ Charles, Le G7 est mort. Vive le G20 ?, Telos

Comme prévu, le sommet du G20 aura accouché de vœux pieux et d’une longue déclaration qui promet des lendemains qui chantent. Rien de ce qui figure dans la déclaration finale n’est nouveau.
[...]
Parmi les aspects positifs on peut noter un bon diagnostic de la crise financière, qui reconnaît même que les pouvoirs publics « dans certains pays » n’ont pas pris la mesure des dangers qui s’accumulaient. [...] Le G20 s’est aussi beaucoup préoccupé d’améliorer la réglementation financière, un besoin flagrant. Mais aucune mesure spécifique n’a été annoncée, et pour cause. [...] De même, promettre plus de transparence dans les comptes des banques, c’est bien, mais quelque peu naïf. Chaque entreprise a ses secrets de fabrication, auxquels elles tiennent jalousement, et même très légitimement ; pour les banques, c’est la composition de leurs portefeuilles. Quoi qu’on fasse, elles sauront toujours trouver la parade.
[...]
Tout le reste est de l’eau tiède. On parle de renforcer la coopération entre les régulateurs nationaux. C’est très bien, mais il faut reconnaître que même en Europe, où la coopération économique a atteint un niveau unique au monde (marché commun, monnaie commune), les régulateurs et les superviseurs nationaux sont parvenus à maintenir leurs prés carrés, soutenus par leurs gouvernements qui caressent tous l’idée d’utiliser la réglementation pour protéger les champions nationaux. On voit mal les Anglais et les Chinois soumettre leurs banques à une quelconque supervision supranationale, et les Français n’y sont pas plus disposés, ni aucun autre pays d’ailleurs.
[...]
Le G20 indique son intention de « revoir » les rémunérations des dirigeants. Il est éminemment souhaitable que ces rémunérations soient conçues de manière à encourager plus de prudence, et de nombreuses idées ont été avancées dans ce sens. Mais, dans les entreprises privées, ces rémunérations sont fixées par les actionnaires. On peut toujours essayer de légiférer en la matière, mais toute loi est faite pour être contournée. De plus, un pays plus laxiste a de fortes chances d’attirer les meilleurs talents, une tentation à laquelle il sera difficile de résister.
[...]
Le communiqué de Washington se garde bien de mentionner une refondation de Bretton Woods. Cette idée était mort-née, elle est désormais enterrée.
[...]
Finalement, que restera-t-il de ce G20 ? Probablement sa naissance. [...] Dans presque tous les domaines, comment croire que l’opinion – lire : les intérêts – du Canada, de l’Italie, et même de la France, compte infiniment plus que celle de la Chine, de l’Inde ou du Brésil ?
[...]
Manifestement, le Sommet de Washington n’a pas été réuni pour être efficace, juste symbolique et spectaculaire. Malheureusement, ce ne sont ni les symboles ni les spectacles qui règlent les grandes questions du monde. 

Commentaires : Le point de vue d’un économiste, qui appartient au système, est beaucoup plus riche d’informations (soulignées en gras) que beaucoup de critiques de “gauche” (si cela a encore un sens).

16 novembre 2008

L’enjeu du Sommet du G20 (4) suite

Classé dans : Brésil, Chine, Economie politique, Europe, Inde, Russie, Sommets, USA — Monde en Question @ 11:54
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Le Sommet du G20 fut un succès parce qu’il s’est contenté de préconisations (Le texte complet est publié par The New York Times). L’une d’entre elles est plus importante qu’il n’y paraît :

A moyen terme, mieux refléter l’évolution des poids des économies dans le FMI et la Banque mondiale.
NouvelObs 

Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 ont convenu samedi d’accroître la représentation des pays en développement au sein du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, selon le communiqué publié à l’issue de leur premier sommet, à Washington.
Romandie News

Mais cette participation a un prix :
• La Chine devrait prêter plus d’argent au FMI (on parle de 100 milliards de dollars) pour occuper une place plus importante.
• Plus de 150 pays, dont la plupart des pays d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie, n’auront pas le droit d’émettre leurs vues sur l’ordre financier international.
• Le FMI et la Banque mondiale feront encore payer aux plus pauvres les pertes des plus riches (Le Grand Soir).

La Chine n’est pas pressée d’affirmer sa puissance, en pillant l’Afrique et l’Amérique latine, car le temps joue en sa faveur. Pendant que Nicolas Sarkozy attire l’attention des médias, Hu Jintao “renforce la coordination face à la crise financière” avec le Brésil et la Russie.


Source : Xinhua

La retour à la réalité risque d’être brutal :

Première réaction des marchés, les places du Golfe seules ouvertes le dimanche, ont chuté déprimées par les mauvaises perspectives économiques, Dubaï perdant notamment 4,5%.
AFP – Yahoo! Actualités 

Wall Street aura du mal à éviter d’être dans le rouge la semaine prochaine, résultats de sociétés et indicateurs économiques risquant d’attester d’un ralentissement conjoncturel prolongé.
Reuters – Yahoo! Actualités

L’enjeu du Sommet du G20 (4)

Classé dans : Brésil, Chine, Economie politique, Europe, Inde, Russie, Sommets, USA — Monde en Question @ 10:08
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Le Sommet du G20 s’achève sur des déclarations de principe et un vague plan d’action, qui ne mécontente personne et satisfait donc tout le monde.
Cela est illustré par cette dépêche, dont la pauvreté de contenu est compensée par le titre “Le plan d’action du G20 en détails” et l’accroche “Plus aucune zone d’ombre, des places financières sous haute surveillance, le G20 veut davantage de régulation” (Euronews – Yahoo! Actualités).


Source : Xinhua

Nicolas Sarkozy présente l’événement comme “historique” pour s’en attribuer naturellement tous les mérites. Le plus intéressant est dans cet aveu (Reuters – Yahoo! Actualités) :

Il s’est réjoui que le président chinois Hu Jintao n’ait “rien bloqué”, que son homologue coréen ait été “très moteur” et le Premier ministre indien “très coopératif”.

Hu Jintao a fait des propositions pour l’avenir car, selon la Chine, le G20 est la première étape d’un processus (Xinhua) :

La réforme du système financier international doit permettre d’établir un nouvel ordre financier international qui est juste, inclusif et méthodique et qui crée un environnement institutionnel en faveur d’un bon développement de l’économie globale”, a-t-il indiqué.

Il faut qu’elle soit menée de manière complète, équilibrée et progressive en accordant l’importance à ses résultats.

Une réforme complète est celle qui a un plan général et comprend des mesures pour améliorer non seulement le système financier international, le système monétaire et les institutions financières, mais aussi les règles et les procédures financiers internationaux”, a-t-il précisé.

“Une réforme équilibrée est celle qui est basée sur une considération globale et cherche un équilibre entre les intérêts de toutes les parties“, , a dit le président chinois.

Si la presse russe rapporte avec gourmandise que «l’intervention du président russe lors du sommet financier du G20 à Washington a été qualifiée samedi “d’extraordinaire” par le Wall Street Journal», elle ne dit pratiquement rien de plus (RIA Novosti).

Luiz Inacio Lula da Silva a plaidé pour une meilleur représentation politique des pays en développement (Xinhua) :

M. Lula, président par intérim du G20, a appelé également à une régulation équitable du système financier international et de l’économie mondiale.

Selon lui, le G8 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne, Canada, Russie) n’est plus approprié dans le monde mondialisé d’aujourd’hui et le G20 devrait jouer un rôle plus important dans la définition des régulations financières internationales.

“Nous parlons maintenat du G20 parce que le G8 n’a plus de raison d’exister, en d’autres termes, les économies émergentes doivent être prises en considération dans le monde mondialisé d’aujourd’hui”, a-t-il dit.

“Les organisations multilatérales et les règles internationales existantes ont été rejetées par l’histoire. Le Fonds monétaire internationale et la Banque mondiale devraient s’ouvrir davantage à une plus grande participation des économies en développement”, a dit M. Lula dans son discours prononcé lors du sommet du G20.

Cela signifie plus de voix et plus de représentations pour les pays en développement“, a-t-il souligné.

Sommet du G20 : les réactions, NouvelObs.

15 novembre 2008

L’enjeu du Sommet du G20 (3)

Classé dans : Brésil, Chine, Economie politique, Europe, Inde, Russie, Sommets, USA — Monde en Question @ 17:54
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Le Sommet du G20 «a pour objectif de réformer et réguler le système financier international» (RFI), mais cette déclaration officielle masque l’intérêt des États-Unis à maintenir un statu quo politique qui leur est favorable.

De nouvelles alliances se sont nouées, celle entre l’UE et la Russie (Monde en Question) et celle entre Tokyo, Pékin et Séoul (RIA Novosti) et entre l’Europe et l’Asie.

Mais il est douteux que ces alliances aboutissent à «tenir compte des intérêts des nouvelles puissances économiques que sont la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie, ou encore les pays exportateurs de pétrole» (Les Affaires).

Mais un processus est en cours, qui inexorablement aboutira à un nouveau partage du pouvoir politique au sein des organisations internationales conforme au pouvoir économique (Xinhua).

Le temps joue en faveur de la Chine :

[Les économistes et les experts financiers chinois ] pensent que les participants au Sommet vont probablement attendre que la Chine commence à jouer un rôle plus important et prenne sur elle plus de responsabilité en fonction de sa grande taille économique. 

A court terme, les économistes et les experts financiers pourraient s’adresser à la Chine pour qu’elle fournisse des liquidités en dollars américains aux banques centrales de nombreux pays, lui demander de continuer à détenir des actifs en dollars dans les réserves de devises étrangères, et, à moyen terme, de demander qu’elle adopte un système plus flexible du taux de change.

En mettant en évidence l’importance croissante de la Chine, certains économistes suggèrent aussi qu’on pourrait lui donner une position plus importante dans les principaux organismes monétaires internationaux afin qu’elle puisse jouer une fonction dans le remodelage de la nouvelle structure financière internationale.

Wang Tao, économiste de l’UBS Securities a dit à China Daily: “La question d’accroître le rôle de la Chine dans les organismes internationaux importants, comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, sera certainement discutée”.

Source : Le Quotidien du Peuple

Les pays du G20

Source : Yahoo! Actualités

G20 : les USA doivent en priorité éliminer les actifs “toxiques”, Aujourd’hui le Japon

Le Premier ministre japonais Taro Aso va pousser lors du sommet du G20 à Washington pour que les Etats-Unis et les autres pays touchés par la crise donnent la priorité à l’élimination des actifs “toxiques” des bilans de leurs établissements financiers. 

“La première chose à faire c’est de donner une information complète sur les crédits douteux et retirer ces actifs à problèmes des bilans” des banques et autres institutions qui en détiennent, a indiqué Kazuo Kodama, porte-parole du ministère des Affaires étrangères nippon.

Le porte-parole a émis une critique à peine voilée de déclarations récentes du secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson qui a annoncé mercredi qu’il privilégiait désormais l’apport par l’Etat de capitaux aux banques, plutôt que d’utiliser l’enveloppe budgétaire de 700 milliards de dollars à sa disposition pour leur racheter leurs actifs invendables.

La Russie commence à former une zone rouble, RIA Novosti

Après la Biélorussie, la zone rouble sera sans doute étendue à la Moldavie où les chefs de gouvernement des pays membres de la CEI (Communauté des Etats indépendants) se sont réunis vendredi pour discuter de “l’intempérie financière” dans le monde. La Moldavie pourrait être suivie de la Chine et des autres pays BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). 

14 novembre 2008

L’enjeu du Sommet du G20 (2)

Classé dans : Brésil, Chine, Economie politique, Europe, Inde, Revue de presse, Russie, Sommets, USA — Monde en Question @ 12:57
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L’enjeu du Sommet du G20 tourne autour du leadership du Nord (USA et UE) contre le Sud. La Russie et la Chine, aidées par l’UE, joueront un rôle majeur pour réduire l’influence politique des États-Unis à son poids économique.

Il est significatif qu’avant le G20 Wall Street soit en baisse (Le Journal des Finances) alors que les bourses d’Asie sont en hausse (Le Journal des Finances).

Tous ceux qui plaident pour un “Bretton Woods II” cherchent à appliquer une recette du passé, mais le BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) plaide pour un rééquilibrage politique :

La crise, que beaucoup imputent à des prises de risque excessives et à une gestion déficiente des risques sur les marchés financiers, a mis en évidence la nécessité d’une réforme complète de la structure économique et financière globale existante, en d’autres termes du système Bretton Woods (du nom des accords qui gouvernent la finance mondiale depuis la fin de la seconde guerre mondiale), a précisé M. GGe Huayong [directeur éxécutif de Chine au FMI]. 

La réforme monétaire et financière internationale devrait respecter les deux principes de réforme continue et de large participation pour que tous les pays dans le cadre économique et financier global puissent équilibrer leurs droits et obligations et prendre part équitablement au processus d’élaboration de régulations, a-t-il ajouté.

Source : Xinhua.

Ce Sommet du G20 «est l’occasion pour la Chine d’affirmer sa puissance en montrant la voie à suivre» :

“Avec près de 2 milliards de dollars en réserves étrangères et un excédent budgétaire, la Chine a des marges plus larges de relance budgétaire que les gouvernements de nombreux pays en voie de développement, qui doivent en plus faire face à de déficits extérieurs élevés et le fardeau de la dette”, a déclaré Jing Ulrich, directrice générale et présidente de China Equities J.P. Morgan. 

Les économistes disent que la Chine est une trop grande économie qui ne montre pas sa position aujourd’hui. C’est pourquoi ils pensent que les participants au Sommet vont probablement attendre que la Chine commence à jouer un rôle plus important et prenne sur elle plus de responsabilité en fonction de sa grande taille économique.

En mettant en évidence l’importance croissante de la Chine, certains économistes suggèrent aussi qu’on pourrait lui donner une position plus importante dans les principaux organismes monétaires internationaux afin qu’elle puisse jouer une fonction dans le remodelage de la nouvelle structure financière internationale.

Source : Aujourd’hui la Chine

Considérable bouleversement discrètement en cours, Dedefensa

Il devrait suffire de consulter cette réponse du président russe Dmitri Medvedev à une question, dans l’interview du Figaro, le 13 novembre, pour mesurer le changement intervenu dans les relations paneuropéennes, essentiellement entre la Russie et les grands pays de l’UE, et plus généralement dans les relations internationales en général, avec les deux crises successives de Géorgie (7 août 2008) et du système financier international (15 septembre 2008). La question est celle-ci: «Vous participez ce week-end au sommet de Washington sur la crise. Arrivez-vous à Washington avec des propositions précises?», – et cette question, en vérité, aurait aussi bien pu mentionner le sommet entre la Russie et l’UE, aujourd’hui à Nice, avant le sommet du G20 à Washington… 

Voici la réponse de Medvedev:

«Non seulement je vais arriver avec des propositions mais je les ai déjà envoyées au président Sarkozy, au premier ministre Berlusconi, à la chancelière Merkel, au premier ministre Brown. Ce n’est pas un secret, nous partageons la même vision de la genèse et de la nature de la crise. Nous devons trouver des solutions pour stabiliser durablement le système financier et le réformer. Comment minimiser les dégâts de la crise actuelle ? Comment éviter la répétition d’une telle crise ? Nous devons trouver les réponses à ces deux questions clés.

»La nouvelle architecture financière mondiale doit être en premier lieu plus transparente, plus prévisible. Il faut jeter les bases d’un nouveau Bretton Woods qui comprendra de nouvelles institutions internationales de crédit, un nouveau système de comptabilité, un nouveau système d’assurance du risque. Nous avons proposé l’idée d’un système d’alerte préalable des risques, qui doit être repris à leur compte par tous les pays.»

[...]

L’Europe est particulièrement en pointe dans cette transformation, au travers de la transformation ultra-rapide, actuellement en cours, des relations entre les “acteurs essentiels” de l’UE et la Russie. La situation ridiculise absolument cette évaluation des proclamations de la fin août 2008 sur l’“isolement de la Russie” (crise géorgienne), – il y a seulement trois mois! – comme celle d’une époque antédiluvienne. Il y a une dynamique historique en marche qui nous paraît irrésistible. Les USA d’Obama, avec quelque retard, devraient chercher à suivre, – cela, au lieu de l’analyse convenue d’un monde dans l’attente d’un “leadership restauré” des USA, antienne d’une autre époque, dépassée et obsolète. («Dans cette bulle [d’] “obamania”, il y a quelque part en creux l’attente d’un leadership américain mais, cette fois, éclairé, bon et éclairé»; cette analyse émouvante de Pierre Lellouche à France 24 le 7 novembre 2008, aurait sans aucun doute eu son petit succès en 1981, par exemple.) On n’a certainement jamais vu autant d’activité diplomatique de coopération et de transformation qu’en cette période d’une transition si importante aux USA, c’est-à-dire avec les USA absents, – Bush inexistant, Obama pas encore installé. L’activité diplomatique intense en cours montre que le monde n’est nullement en attente d’une “restauration” du leadership US pour recommencer à fonctionner, mais qu’il fonctionne effectivement.

Revue de presse française, NouvelObs

LA CHARENTE LIBRE
L’Europe, outre l’intérêt qu’elle a d’agir de concert avec Moscou lors du sommet du G20, ne peut oublier qu’elle dépend pour la moitié de ses importations de gaz de la Russie. 

LA PRESSE DE LA MANCHE
Nicolas Sarkozy a rappelé à plusieurs reprises que les accords de Bretton Woods qui, après la guerre, ont organisé le système actuel autour du dollar-étalon, établi monnaie de référence, n’ont plus guère de sens aujourd’hui, sinon la force de l’habitude. Tout simplement parce que l’Amérique a joué et triché avec sa monnaie, sous prétexte que son statut la rendait intouchable. La dette américaine de l’Etat fédéral, des cinquante Etats, des collectivités, des entreprises et des particuliers, est considérable, elle n’a rien à voir avec la valeur affichée du dollar. Ce qui explique la confiance qui se porte vers l’euro qui, insensiblement, devient une monnaie de référence plus crédible, pour de nombreux pays. Pour Nicolas Sarkozy, l’hégémonie du dollar est à revoir, et il n’est pas sain qu’une seule monnaie puisse vivre sur le dos des autres.

Commentaires : Nicolas Sarkozy reprend la position de de Hu Jintao (Chine) et Dimitri Medvedev (Russie).
Lire aussi :
• Nicolas Sarkozy, porte-parole de Hu Jintao, Monde en Question.
• Sarkozy, porte-parole de Medvedev, Monde en Question.
• Dmitri et Nicolas en hyper-phase, Dedefensa.

Sommet de Nice : Russes et Européens en quête d’alliance avant le G20, AFP – Yahoo! Actualités

Les dirigeants russes et européens, qui sont confrontés à un climat économique de plus en plus difficile, ont multiplié les signes de convergence sur ce sujet ces derniers jours. 

Le G20 de Washington va chercher à enrayer la crise, la récession s’étend, AFP – Yahoo! Actualités

La marge de manoeuvre du président américain, en fin de mandat, est de toute façon réduite. Et les deux mois qui séparent son successeur Barack Obama de sa prise de fonction pourraient également encourager l’immobilisme de Washington. 

Les Européens admettent que la réunion de Washington ne débouchera pas sur un nouveau “Bretton Woods”, du nom des accords ayant donné naissance en 1944 à l’architecture financière actuelle, comme certains le souhaitaient, notamment les Français.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a averti qu’il ne fallait pas attendre “dans l’immédiat un miracle” de ce sommet, mais plutôt le “début d’un processus”.

Le G20 a quelques mois pour changer le système financier mondial, Reuters – Yahoo! Actualités

George Bush invitera ainsi la communauté internationale à réparer le système financier international et non à le “démanteler” et défendra l’idée que la liberté des marchés reste “le meilleur système”, a fait savoir mercredi la Maison blanche. 

Les pays émergents, eux, mettent en avant un renforcement de leur participation aux institutions internationales.

L’UE, qui sera en force autour de la table – France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Pays-Bas et Commission européenne, défendra une position adoptée vendredi dernier par les 27 à Bruxelles.

Commentaires : La position de l’UE est proche celles de la Chine et de la Russie.

Le G20 se mobilise face à la crise, première récession en zone euro, AFP – Yahoo! Actualités

Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays exerce la présidence de l’Union européenne, a estimé que la réunion du G20 “ne doit pas être un sommet pour rien”. “La crise financière est d’une très grande gravité. (…) il faut changer les choses, il faut les changer durablement, structurellement”, a-t-il déclaré. 

Il a salué l’engagement de la Russie dans la recherche de solutions à la crise, lors d’un sommet UE-Russie à Nice (sud de la France).

“Je crois pouvoir dire là aussi que les propositions russes, techniques, financières, économiques, sont de grande qualité et qu’elles se rapprochent beaucoup des propositions européennes”, s’est félicité M. Sarkozy.

13 novembre 2008

L’enjeu du Sommet du G20 (1)

Classé dans : Brésil, Chine, Economie politique, Europe, Inde, Russie, Sommets, USA — Monde en Question @ 13:55
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Medvedev : la Russie et l’UE vont “parler d’une seule voix” au G20, AFP – Yahoo! Actualités

Le président russe Dmitri Medvedev a estimé jeudi que la Russie et l’Union européenne vont pouvoir “parler d’une seule voix” au sommet de Washington (G20) sur la crise financière. 

Commentaires : Dmitri Medvedev exprime ce vœu dans le cadre du Sommet Russie-UE qui s’ouvrira le 14 novembre à Nice.
RIA NovostiYahoo! Actualités

G20

Source : Leaders-20

G20 – Votre mission : sauver l’économie mondiale, LCI

Les grands pays émergents, qui continuent à tirer la croissance mondiale, veulent de leur côté pousser la porte du club fermé des pays riches pour être associés à part entière à la conduite des affaires économiques de la planète. A la faveur de la tempête financière qui fait trembler les économies les plus avancées, le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, qui forment le groupe dit des “Bric”, ne veulent plus se contenter d’un strapontin aux discussions sur la nouvelle architecture financière. La nouvelle influence de ces pays, et en particulier de la Chine, s’est fait sentir avec l’annonce par Pékin d’un plan de relance record de 586 milliards de dollars qui a dopé lundi toutes les Bourses mondiales. 

Le Brésil et l’Inde, qui se sont faits les porte-paroles des émergents, réclament une nouvelle gouvernance pour éviter des crises à répétition qui touchent durement les plus pauvres très dépendant de leurs exportations de matières premières. Ces pays ont déjà obtenu partiellement gain de cause lors d’une réunion le week-end dernier à Sao Paulo des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des pays les plus industrialisés et des principaux pays émergents. Ceux-ci ont en effet reconnu la nécessité de “réformer en profondeur” les institutions financières internationales. Reste aux “nouveaux grands” à transformer l’essai, dès samedi.

Commentaires : Le Sommet du G20 s’ouvrira le 15 novembre à Washington.
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Attention chefs d’Etat : le sommet du 15 novembre sera aussi celui de la dernière chance !, AgoraVox

Durant l’été 1933 et alors que les gouvernements américains et britanniques sont sur le point de perdre le contrôle de la situation, un sommet international est organisé à Londres, sommet qui se solde toutefois par un échec pitoyable, entraînant dans son sillage l’effondrement des économies US et allemandes qui devaient se contracter de 50% dans les années à venir. Les années suivantes seront alors dominées par un chômage atteignant progressivement le tiers de la masse salariale des pays développés et devant se maintenir à des niveaux records – à deux chiffres – pendant plus de dix ans par la suite… 

Commentaires : L’histoire ne se répète pas, elle bégaie a dit Karl Marx. L’enjeu du Sommet du G20 tourne autour du leadership du Nord contre le Sud. Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine joueront un rôle majeur pour contrecarrer le poids actuel des États-Unis. Lire : BAKER Dean, La crise financière est aussi un conflit Nord-Sud, ContreInfo.

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