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Archives de Catégorie: Libye

Révolutions arabes – Question palestinienne


L’évènementialité révolutionnaire et insurrectionnelle ouverte dans le monde arabe depuis le mois de janvier 2011 a bien eu sa part de "nouveau" : analystes et chercheurs se sont ainsi attachés à en déceler, pour l’essentiel, les manifestations dans l’appropriation radicale du paradigme démocratique par les insurgés égyptiens, libyens ou tunisiens, dans l’utilisation de nouveaux moyens informatiques globalisés, dans l’absence -tout du moins dans un premier temps- d’idéologies fondatrices, si ce n’est de leaderships dument constitués, au sein des soulèvements en question. Ces processus révolutionnaires auraient même pu, dans leur nouveauté radicale, tracer des points de rupture fondamentaux avec ce qui, tout au long du vingtième siècle, eut justement pu s’attacher au concept même de "révolution" dans le monde arabe. Parmi ces éléments : le caractère tiers-mondiste qui lui fut souvent lié, l’attachement à la question palestinienne, et enfin la dimension chiliastique et révolutionnaire propre aux bouleversements révolutionnaires tels qu’on se les imaginait alors. Et pourtant, cette rupture semble encore relative : c’est plutôt une singulière dialectique irrésolue qui semble aussi se dessiner entre ces différents éléments, où le passé semble encore servir parfois de point de référence, se réactualisant ainsi, face à un "nouveau" dont les contours et les césures qu’il trace sont patiemment en train de s’esquisser.

Nicolas Dot-Pouillard, Les révolutions arabes entre césures et remembrances, L’Année du MaghrebTélécharger l’article.

Lire aussi :
• 21/12/2011, Nicolas Dot-Pouillard, Les mondes arabes et la question palestinienne, CNRS.
• 11/01/2012, Nicolas Dot-Pouillard, "Résistance" et/ou "révolution" : un dilemme libanais face à la crise syrienne, CNRS.
• 29/05/2012, Nicolas Dot-Pouillard, La Tunisie et ses Palestine, CNRS.
• 01/08/2012, Nicolas Dot-Pouillard, Face à la crise syrienne : des gauches arabes divisées, CNRS.
• 15/10/2012, Eric Gobe, Tunisie an I : les chantiers de la transition, CNRS.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Revue de presse Libye 12/09/2011


12/09/2011, La ville fantôme de Kadhafi après le retrait des loyalistes, Info-Palestine

Jusqu’au mois dernier, la ville de Tawergha abritait 10 000 civils. Mais à l’heure du crépuscule la semaine dernière, les immeubles d’habitation s’étirent noirs et morts, au loin, et les seuls êtres à se mouvoir sont des moutons.
Ce secteur pro-Kadhafi a été vidé de sa population, vandalisé et partiellement incendié par les forces rebelles. Le Sunday Telegraph a été le premier à visiter les lieux de ce qui semble avoir été les premières représailles majeures contre des partisans de l’ancien régime.
Pour la première fois dans [la couverture médiatique de] la révolution libyenne, nous avons pu voir un grand nombre de maisons et pratiquement chaque boutique, systématiquement saccagés, pillés ou incendiés.
Même l’hôpital local a été saccagé. Les lits ont été tirés hors des chambres et lacérés. Les vitres des fenêtres et des portes ont été cassées. Les médicaments, les ordonnanciers et les feuilles d’imprimante ont été éparpillés dans les couloirs, et les médecins et les infirmières ont disparu avec tous les autres.
Au bord de la route qui mène à Tawergha, la brigade de Misurata a peint un slogan qui dit "la brigade de nettoyage des esclaves [et] des peaux noires".
Et ce n’est pas la première fois que des civils pro-Kadhafi ont souffert de représailles. En juillet, alors que les rebelles quadrillaient les montagnes du Nefousa, le village de Gawalish a subi un sort tout à fait similaire. Beaucoup de ses habitants, des retraités et de jeunes enfants ne pouvaient tout simplement pas avoir participé à une quelconque action militaire pour le régime.

09/09/2011, Libye : les secrets de Kadhafi, France Inter

L’ONG Human Rights Watch a découvert des document dans les locaux du renseignement de l’ancien régime libyen qui montrent que les services secrets occidentaux collaboraient avec Tripoli.

08/09/2011, 9/11 dans les sables libyens, Dedefensa

On parle de la situation politico-militaire, étrange, à la fois prévisible et imprévisible, qui s’est installée. La question centrale, qui envahit désormais la scène de la communication à propos de cette affaire libyenne, c’est celle des islamistes. Elle est tellement brûlante que les Israéliens, ou dans tous les cas certains d’entre eux dans les milieux de la sécurité nationale, jugent que la Libye est devenue l’une des “menaces les plus graves” qu’a à craindre Israël, parce qu’elle est d’ores et déjà aux mains des islamistes.
[...] la scène est bien campée pour que les islamistes tiennent un rôle majeur dans l’avenir de la Libye, ce qui ne correspondrait pas vraiment, sur le fond des choses et dans les circonstances qu’on décrit, à la planification américaniste-occidentaliste mais qui, par contre, constitue une potentialité particulièrement intéressante, et hautement symbolique à l’approche du dixième anniversaire de l’attaque du 11 septembre 2001.
L’étonnant miracle de l’affaire libyenne, avec ces islamistes qui pullulent, proches de prendre le pouvoir à Tripoli, et qui seront naturellement baptisés “démocrates” s’ils y parviennent puisque les robots congénitaux qui nous dirigent ne peuvent imagine de se dédire, c’est bien que la mouvance islamiste est en train de retourner contre le bloc BAO sa méthodologie de “métaphysique de la force”. Cette position prééminente des islamistes est en effet une complète inversion de l’essence frelatée de la politique de force justifiée et inspirée par 9/11. L’affaire libyenne est en train d’opérer une inversion d’un processus qui constituait lui-même une subversion de la politique extérieure et des relations internationales.

07/09/2011, Le marché de la reconstruction en Libye nous donne une idée de l’ampleur des destructions infligées par l’armée française et ses consoeurs humanitaires, Mounadil al Djazaïri

400 chefs d’entreprise français viennent de se réunir à Paris, au siège du MEDEF (le patronat français) en présence de Pierre Lellouche, le secrétaire d’Etat au commerce extérieur.
Cette réunion qui rassemblait la fine fleur de l’industrie française, dont Total, Alcatel et Bouygues avait pour thème le marché de la reconstruction en Libye.
Pour avoir une idée de l’ampleur des destructions infligées à la Libye par les forces de l’OTAN et les monarchies démocratiques du Moyen Orient, il suffit de savoir à combien est estimé le marché de la reconstruction de la Libye: 200 milliards de dollars selon l’organisation patronale française.

06/09/2011, Hier allié, aujourd’hui voyou, ou les intrigues autour de Kadhafi : les cables diplomatiques US wikifuités apportent un éclairage utile, Tlaxcala

La transformation du Président libyen Mouammar Kadhafi de voyou en allié puis en dictateur que selon les besoins du jour l’on bombarde, encense ou met hors jeu au moyen d’une guerre d’agression témoigne des intrigues stratégiques tissées par les USA et leurs alliés. Soutenir et subventionner ou diaboliser et renverser par les armes des États, des gouvernements ou des fractions sociétales relève des opportunités qui s’offrent aux puissances en place. Se servir de régimes répressifs précisément en raison de leur capacité à s’imposer par la force ou les mettre hors-la-loi pour exactement la même raison n’a rien à voir avec des normes telles que liberté, démocratie ou droits humains, qu’on peut à son gré ignorer ou utiliser comme prétexte à sanctions.

06/09/2011, Les problèmes auxquels fait face la Libye, Renmin Ribao

Le détonateur qui a conduit aux troubles sociaux en Libye et dans d’autres pays arabes est le fort taux de chômage dans la jeunesse. La forte proportion de la jeunesse dans la population du pays n’est pas devenue un "dividende démographique" pour la vitalité économique et sociale. Au lieu de cela, elle est devenue une source d’instabilité. Le fort taux de chômage, dans une grande mesure, peut être attribué à la croissance désordonnée de la population, à la structure économique déraisonnable de la Libye et à la prédominance du pétrole, du gaz et des autres industries de ressources, qui n’étaient pas propices à la création de suffisamment d’emplois pour une force de travail nouvelle et importante.
Pour rétablir la stabilité politique dès que possible, la nouvelle direction Libyenne doit éviter une épuration politique extrême, et évaluer de manière objective les mérites et les erreurs du régime Kadhafi. Car après tout, c’est Kadhafi qui a fait de la Libye un pays moderne. C’est Kadhafi qui a nationalisé les ressources qui étaient auparavant contrôlées par les compagnies pétrolières occidentales. D’autres pays arabes, ainsi que l’Iran et les pays exportateurs de pétrole d’Amérique du Sud ont suivu l’exemple de la Libye, qui a fait que les compagnies pétrolières occidentales ont dû donner plus de 50% -contre 5% auparavant- des revenus, enrichissant les pays arabes, et autres, producteurs de pétrole.
Les principaux chefs rebelles comme Abdel Jalil et le chef de l’exécutif du CNT Mahmoud Jibril sont d’anciens fonctionnaires du Gouvernement de Kadhafi. Si la nouvelle direction lance une épuration politique aggressive, cela pourrait porter préjudice aux deux nouveaux dirigeants. Quant à Ali Tarhouni, autre leader potentiel, responsable du pétrole et des affaires financières, et qui bénéficie du soutien américain, il pourrait ne pas avoir de bases solides en Libye du fait de ses 38 années d’exil aux Etats-Unis.

05/09/2011, Pseudo-al Qaïda versus tortureurs de la CIA : cela se plaide…, Dedefensa

Tout le monde connaît désormais le “général” Abdul Hakim Belhadj, commandant des forces armées rebelles, dans tous les cas à Tripoli, maître d’œuvre de la prise de Tripoli, homme fort manifestement des forces armées ex-rebelles et libyennes officielles de la Libye new age… Qui plus est et particulièrement, ex-proche d’al Qaïda, sinon al Qaïda lui-même dans le temps, et torturé dans les années 2004-2006 par la CIA, avec des interférences du MI6 britannique et des services secrets et également tortureurs du colonel Kadhafi.
Le désordre libyen est bien, semble-t-il, d’abord et avant tout, l’extraordinaire bordel américaniste-occidentaliste, entre terroristes et non-terroristes, les uns et les autres se mélangeant, dictateurs diaboliques et quasi-hitlériens et loyaux et vertueux alliés de l’Occident et de sa civilisation, l’un et l’autre se mélangeant, entre services de renseignement, torture et coopération, trahisons et retournements de veste. Il y a beau temps qu’il ne s’agit plus de renseignement, ni même d’“espionnage”, ni même d’agent double ou d’agent triple, mais de désordre absolu dans ces activités parallèles, qui sont menées par le bout du nez par les écarts et les soubresauts extraordinaires d’une “politique” anti-terroriste définie selon les analyses des services de communication liées aux directions politiques et influencées de main de maître par des stratèges de l’école-BHL. Il n’y a plus aucune logique de renseignement dans ces changements de côté et ces retournements de veste, mais bien le renseignement mis au service des caprices d’une évaluation “politique” uniquement et exclusivement faite, désormais, en fonction des impacts de communication par rapport aux dirigeants politiques, sans plus rien de haute politique et de vision élargie aux réalités du monde.

05/09/2011, Pierre KHALAF, Le projet occidental pour l’Orient : des régimes parlementaires sous protectorat, Réseau Voltaire

Ce qui se passe en Libye constitue le modèle que réserve au monde arabe une alliance politique composée des Frères musulmans, des milieux de la bourgeoisie libérale et de certains mouvements de la gauche. Avec quelques nuances imposées par les nombreuses spécificités entre un pays et un autre, l’exemple libyen offre un échantillon du projet politique vers lequel sont entrainées les sociétés arabes, qui bâtissent les illusions de leur salut sur l’idée de l’intervention étrangère pour répandre la démocratie et se débarrasser du joug despotisme et de la tyrannie.
Dans le cas libyen, nous assistons à un renouvellement de l’hégémonie coloniale sur le pays et sur ses richesses pétrolières, basé sur un partage de l’influence et du butin entre les puissances occidentales. L’élément nouveau est l’entrée en jeu de la France en tant que partenaire principal, après que le Conseil national de transition (CNT) se soit engagé à accorder aux compagnies françaises 35 % du pétrole, comme l’a révélé un haut responsable du CNT au Parisien. La présence états-unienne, britannique et italienne est préservée, tandis que les influences chinoises et russes sont en voie de liquidation, non pas à cause des positions de ces deux pays dans la crise libyenne mais parce que ces influences sont considérées comme des vestiges de la Guerre froide qu’il faut absolument éliminer.
Sur le plan interne, le système qui est concocté sous la férule de l’Occident colonial et triomphateur est un régime républicain, parlementaire sous l’intitulé de démocratie. Rien de nouveau car il s’agit d’un calque des régimes que les puissances mandataires avaient installés dans les années 20 du siècle dernier : des élites qui se partageaient des Parlements dans le cadre d’élections et d’une vie politique, le tout sous la stricte surveillance d’un haut commissaire. Tout ce monde évoluait sous un plafond fixé par la puissance mandataire, qui disposait d’un mandat "légal" délivré par l’ancêtre des Nations unies, la Société des nations (SDN). C’est pratiquement le même système qui est en train d’être mis en place aujourd’hui, avec certainement plus de subtilité, vu que les temps ont changé.
Il y a un siècle, les pays arabes vivaient sous des monarchies constitutionnelles, ou des régimes parlementaires, avec des partis politiques qui "remportaient" des élections et "formaient" des gouvernements, l’ensemble du processus étant réglé, régi et dirigé par la puissance coloniale.
L’histoire se répète avec des acteurs nouveaux, le plus important étant la Confrérie des Frères musulmans, qui, après 60 ans d’exclusion des cercles du pouvoir, n’a pas trouvé de meilleur cheval que celui de l’Occident pour accéder aux plus hautes sphères de la société.
Le drame est que cette alliance ne propose aucun projet politique ou vision économique pour sortir les sociétés arabes du sous-développement. Prendre le pouvoir est son but et tous les moyens sont bons pour y parvenir. Tout le reste n’a plus aucune importance, pas même la cause de la Palestine, que ces nouvelles élites dirigeantes excluent de leur discours politique. La réussite de ce projet risque de plonger les pays arabes dans un siècle d’obscurantisme et de livrer les richesses au pillage par de l’Occident qui ne laissera que les miettes à ceux qu’il aura aidé à arracher le pouvoir aux despotes pour le monopoliser à leur tour.

04/09/2011, Pepe ESCOBAR, C’est une guerre [de] TOTAL, Monsieur, Questions Critiques

Les gagnants de cette chose "cinétique" en Afrique du Nord (l’administration Obama jure qu’il ne s’agit pas d’une guerre) – qui se décrivent collectivement comme the "Friends Of Libya" (FOL) ["les amis de la Libye"] – étaient d’humeur enjouée lorsqu’ils se sont réunis à Paris jeudi, sans air-conditionné mais avec des odeurs puissantes de brie et de roquefort, pour se réjouir de leur "opération" de changement de régime en Libye, mise en oeuvre par l’Otan et autorisée par les Nations-Unies.

04/09/2011, Bienvenue dans la "nouvelle Libye démocratique", Solidarité Ouvrière

Les premiers éléments publiés par la presse sur le nouveau régime du CNT en Libye montrent à quel point, la chute d’un dictateur ne signifie en rien la fin d’un régime dictatorial.

04/09/2011, Libye : le piège, Le Quotidien d’Oran

Il fallait s’y attendre: la prise de Tripoli a aiguisé les appétits de l’OTAN envers d’autres pays arabes.
Dans les pays arabes, dont l’Algérie, elle a redonné vigueur aux partisans de l’ingérence occidentale. Ayant craint, un moment, l’enlisement de l’OTAN en Libye, ils manifestent d’autant plus leur joie à cet évènement. Ils y voient la confirmation de la justesse de leurs thèses sur «le bien fondé de cette ingérence du moment qu’elle débarrasse la Libye d’un tyran».
Mais peut-on s’en réjouir. Comment ne pas tenir compte que l’entrée des insurgés à Tripoli s’est faite sous les bombardements de l’OTAN. Rien ne ressemble moins à l’entrée triomphale d’une révolution populaire. Comment ne pas voir que ceux qui applaudissent à l’intervention de l’OTAN applaudissent les forces militaires des mêmes pays qui bombardent et massacrent en Afghanistan et en Irak, qui protègent le colonialisme israélien, et qui soutenaient, il y a quelques mois à peine, les dictatures arabes. Comment ne pas dire que cette joie est mauvaise lorsqu’ils la partagent par exemple avec une personnalité islamophobe et arabophobe comme Bernard Henry Levy qui applaudit aux bombardements sur la Libye comme il l’avait fait pour ceux sur Gaza et le Liban.
La perversité de la politique occidentale actuelle est qu’elle arrivée à construire, notamment par une campagne médiatique de propagande d’une violence intense, un faux dilemme, qui est celui ci: ou le droit d’ingérence et donc la démocratie sous protectorat occidental, où la dictature et la tyrannie. Beaucoup parmi les élites politiques arabes tombent dans le piège. Outre, évidemment, celles d’entre elles traditionnellement liées à l’Occident, cette propagande trouvent un écho chez des forces politiques et sociales plus larges, soient qu’elles ont peu d’influence et de forces dans la société, et ne voient pas donc d’autre solution pour se débarrasser de la dictature que dans une «alliance même avec le diable» , soient qu’elles sont impatientes ou fatiguées par une longue opposition, Du coup la société désormais se divise sur la question de la démocratie, car il lui est substitué une autre question, celle de l’attitude par rapport à l’intervention étrangère. Les cartes s’en trouvent alors faussées. On croit toujours parler de démocratie mais c’est la question nationale qui ressurgit, et avec elle celle de la souveraineté, celle de l’indépendance du pays, celle de l’unité nationale. Les ex-puissances coloniales reviennent pour proposer de protéger les aspirations démocratiques arabes et ce protectorat réactive alors le protectorat colonial. Ceci explique que du même coup se trouvent relancés des débats qu’on croyait dépassés et qui déchiraient les différentes tendances du mouvement national à la veille des luttes pour l’indépendance: en 1936, l’illusion que la libération allait arriver du Front populaire de la gauche française, en 1942-43, les espoirs mis par Ferhat Abbas dans la Charte atlantique, et plus généralement la position du courant assimilationniste qui attendait le progrès et la civilisation de la France.

04/09/2011, Libye, de l’audace à la lucidité, actualité de l’été 2011, Canal Académiemp3

Thierry de Montbrial et François d’Orcival, de l’Académie des Sciences morales et politiques, reviennent sur la campagne de Libye remportée par les troupes de la coalition internationale et la chute de Kadhafi.

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Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Revue de presse Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.

Revue de presse Libye 03/09/2011


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03/09/2011, Quand la CIA écrivait un discours pour Kadhafi, Dedefensa

Effectivement, c’étaient en quelque sorte “les temps bénis des colonies”, du temps de la coopération intense, voire parfois amicale, entre deux des principaux services du bloc BAO, la CIA américaniste et le MI6 britannique, et le régime libyen du colonel Kadhafi… Un long article du New York Times du 2 septembre 2011 détaille le contenu d’un certain nombre de documents découverts dans les bureaux de la direction des services de renseignement libyens.

02/09/2011, Le gros gâteau, Presseurop

02/09/2011, Rencontre du chef islamique de Tripoli, et ami de l’OTAN…, Dedefensa

David Cockburn a rencontré Abdulhakim Belhadj, chef militaire de Tripoli pour les rebelles libyens (The Independent du 2 septembre 2011). Belhadj est l’objet de bien des spéculations et hypothèses, à cause de son passé de militant islamiste, ancien combattant islamiste anti-soviétique en Afghanistan, dans les années 1980 (Voir le 27 août 2011 et le 28 août 2011).
D’une façon générale, Belhadj confirme la version soft (façon de dire) des hypothèses à son égard : certes, entraîné en Afghanistan, certes torturé par la CIA puis par les services de Kadhafi quand Kadhafi était le meilleur ami de la CIA et de l’OTAN ; mais nullement d’accord avec al Qaïda, aujourd’hui acharné à œuvrer pour l’unité tranquille et modéré de la Libye et ainsi de suite… Belhadj admet tout de même qu’il lui est assez difficile d’oublier le traitement que lui a fait subir la CIA.

02/09/2011, Libye : la conférence de Paris laisse bon nombre de questions sans réponse, Xinhua

La France et la Grande-Bretagne, qui soutiennent la prise de mesures militaires pour évincer le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, ont mis l’accent sur l’importance d’une présence continuelle de l’OTAN dans le pays afin de protéger les Libyens.
Les Etats-Unis ont exigé le bon usage des avoirs libyens dégelés et ont mis en garde contre l’extrémisme et le terrorisme.
La conférence de Paris "est d’assez mauvais signe", car "commencer un processus de construction étatique et national par une conférence internationale qui donne le rôle principal aux puissances occidentales [..] rendra probablement encore plus difficile la mise en place d’un régime consensuel et accepté par la population" libyenne, a confié à l’agence Xinhua Bertrand Badie, expert en relations internationales de l’université SciencesPo de Paris.
La rébellion libyenne est "formée de courants politiques très contradictoires puisqu’on y trouve des démocrates, des libéraux mais aussi des islamistes", a souligné M. Badie, avant d’ajouter qu’ainsi il s’agit d’abord de savoir "qui va l’emporter à l’intérieur de cette coalition très mystérieuse [du CNT] et dans quelle mesure ceux qui vont l’emporter vont imposer leur volonté à ceux qui auront connu la défaite".
Concernant le poids des puissances étrangères dans la Libye post-Kadhafi, M. Badie a constaté que ce pays pétrolier riche et stratégique, en tant que "trait d’union entre le Moyen-Orient et le Maghreb, entre le monde arabe et l’Afrique" et "lieu de transit pour l’immigration", intéresse beaucoup "tant la communauté internationale que les communautés régionales notamment la Ligue arabe et l’Union africaine)".
Appelant au dégel des avoirs libyens, les puissances occidentales, notamment la Grande-Bretagne et la France, sont suspectées d’avoir signé des accords secrets pour obtenir une partie des ressources pétrolières riches de la Libye. Le quotidien français Libération rapporte que le CNT a signé un accord avec la France, promettant plus d’un tier du pétrole libyen aux entreprises françaises en échange de son soutien.
Outre les puissances occidentales, le Qatar, la monarchie du Golfe qui a participé à l’opération de l’OTAN, et l’Algérie, voisin de la Libye abritant les memblres de la famille du colonel Kadhafi, cherchent également à promouvoir leurs propres intérêts dans la transition politique libyenne.

02/09/2011, Serge LEFORT, Washington-Tripoli, une vieille histoire, Monde en Question

01/09/2011, Grand entretien : Edgar Morin, en partenariat avec le magazine Books, Du Grain à moudre

Edgar Morin tombe dans le travers pointé dans l’article Actualité, savoir se taire.

01/09/2011, Les États-Unis avaient programmé d’intervenir en Irak, Syrie, Libye, Somalie, Soudan, Iran, dès septembre 2001, Silvia Cattori

Le général Wesley Clark affirme, dans un enregistrement daté de 2007, que le Pentagone avait programmé d’intervenir militairement en Irak et en Libye, -ainsi qu’au Liban, en Syrie, en Somalie, au Soudan, en Iran- dix jours après les attentats du 11 septembre 2001.

01/09/2011, Dmitri KOSSYREV, Le sort de l’argent débloqué pour la nouvelle Libye, RIA Novosti

Les nouvelles des fronts libyens cèdent peu à peu la place à un tout autre problème, à savoir qui donnera l’argent libyen "dégelé", selon quelles modalités, quels en seront les bénéficiaires et à quoi ces sommes seront-t-elles utilisées. La Grande-Bretagne débloquera 1 milliard de livres, un demi-milliard de dollars sera alloué par l’ONU… Actuellement, le jeu diplomatique mondial se déroule autour de ce sujet.

01/09/2011, Libye : après la guerre, les affaires, Presseurop

Derrière l’entente affichée par les participants à la conférence de Paris sur la “Libye nouvelle” se cache la guerre souterraine que la France, l’Italie et le Royaume-Uni ont déjà entamée pour l’exploitation des ressources du pays, ainsi que le racontent les journaux français, italiens et britanniques.

01/09/2011, Donnant-donnant, Presseurop

01/09/2011, L’UE et son ancienne realpolitik libyenne, EurActiv

La conférence internationale convoquée à Paris pour discuter de l’avenir de la « Libye nouvelle » succède à une période, pas si lointaine, où l’Union européenne, comme les États, traitait d’égal à égal avec Kadhafi.

01/09/2011, À qui profitera la conférence des "amis de la Libye" ?, France 24

• La France et le Royaume-Uni :
Ce sont les deux grands gagnants du conflit libyen. Locomotives de l’intervention armée, initiateurs de la résolution 1973 ayant autorisé le recours à la force contre les troupes de Kadhafi, ils sont à l’initiative de cette première conférence chargée d’orchestrer la transition démocratique du pays.
Leur soutien inconditionnel au Conseil national de transition (CNT) devrait – sans surprise – leur permettre d’avoir une longueur d’avance dans la course aux contrats pétroliers et gaziers qui s’annonce…
• Les pays du Golfe :1. Qatar et Émirats arabes unis
Le Qatar et les Émirats ont été les seuls pays arabes à participer aux opérations militaires engagées en Libye dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU. Ils ont aussi été parmi les premiers à reconnaître le CNT comme autorité légitime en Libye.
2.   Arabie saoudite (présence à confirmer)
"Quoi qu’il en soit, l’Arabie saoudite est un peu perdante aujourd’hui. C’est un pays qui a toujours été réticent aux changements qui ont eu lieu dans les pays arabes, relève Pierre Vermeren. Elle perd surtout un allié de poids dans l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole).
• La Chine et la Russie :
Ces deux pays vont devoir batailler ferme pour se relancer dans la course aux contrats pétroliers. Pourtant, partenaires de premier plan de la Libye avant la guerre, "Pékin et Moscou pourraient bien avoir perdu la course à l’or noir, du moins pour le moment", souligne Pierre Vermeren.

01/09/2011, Les puissances occidentales ne doivent pas profiter injustement de la reconstruction dans la Libye post-Kadhafi, Xinhua

La conférence de Paris doit être considérée comme une plate-forme permettant de réunir les forces internationales afin d’aider à accélérer la reconstruction de la Libye post-Kadhafi ; elle ne doit pas ressembler à une conférence du type de celle qui a débouché sur le traité de Versailles, avec des puissances occidentales s’efforçant avant tout de promouvoir leurs intérêts dans un pays meurtri par la guerre.
Depuis le début, les puissances occidentales ont pris la tête des opérations dans l’intervention militaire en Libye, et certaines compagnies occidentales, telles que le géant pétrolier français Total, préparent désormais activement leur retour dans le pays à travers des contacts étroits avec le Conseil national de transition (CNT).
Actuellement, certaines puissances occidentales sont davantage axées sur leurs intérêts commerciaux, avec notamment une visée sur les riches ressources pétrolières libyennes, que sur le processus de reconstruction qu’appelle de ses voeux la population du pays.
Etant donné cette situation, le Conseil de sécurité de l’ONU, généralement considéré comme un organe représentatif de la communauté internationale, et dont l’expérience, accumulée au fil des ans, en matière de gestion de la reconstruction dans les pays déchirés par la guerre, est reconnue, devra s’affirmer pour jouer le rôle qui lui revient dans la Libye post-Kadhafi sans se laisser marginalisé.
De plus, les organisations régionales de poids telles que l’Union africaine et la Ligue arabe doivent contribuer à la reconstruction globale en Libye.
Enfin, les opinions des différentes composantes de la nation libyenne devront être respectées afin d’assurer une reconstruction incluant tous les acteurs.

01/09/2011, Les preuves se multiplient sur les atrocités commises par les "rebelles" libyens, WSWS

Une série de reportages réalisés à Tripoli ont montré que les forces appuyées par l’OTAN avaient commis un massacre dans la guerre civile libyenne. Ces reportages, publiés dans des journaux largement en faveur de l’intervention des États-Unis et de l’OTAN pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi, viennent une fois de plus exposer le mensonge que la guerre impérialiste contre la Libye est motivée par des visées humanitaires et la volonté de protéger les civils.
Une image effrayante émerge du nouveau régime qui est en train d’être consolidé à Tripoli. Il est consolidé dans le sang, tandis que se déroulent des massacres de civils pro-Kadhafi ainsi que des pogroms contre les travailleurs africains immigrants. Tout cela se passe sous la direction d’un allié d’Al-Qaïda qui reçoit ses ordres des quartiers généraux de l’OTAN et de la Maison-Blanche.

31/08/2011, Libye : des femmes immigrées africaines victimes de viols, Info-Palestine

Des travailleurs migrants vivant dans un bidonville en dehors de Tripoli ont affirmé que plus d’une vingtaine de femmes du camp ont été violées il y a deux semaines par les forces de l’opposition qui ont lancé leur assaut final contre la capitale.
Comme des centaines d’autres migrants en provenance du Nigeria, du Tchad, du Sénégal et d’autres pays africains, elles avaient fui vers ce camp pour échapper aux bombardements de l’OTAN et les batailles de rue imminentes.
Dans la nuit du 19 août, des hommes armés sont entrés dans le camp du port. Ils ont tiré en l’air, en criant "Dieu est grand". Cette nuit-là, disent Johnson et Ikibueka , elles ont été violées sous la menace des armes.
Johnson, Ikibueka et plusieurs hommes parmi les réfugiés ont dit que les assaillants étaient des rebelles et qu’ils criaient des insultes contre Kadhafi. Au moment des viols, le camp était dans une zone contestée.
Mais Ogiexeri dit qu’il ne pouvait assurer qui avait mené les attaques. Il est possible que les forces des deux côtés, ou même des hommes armés sans affiliation, puissent avoir pris d’assaut le camp de port.

31/08/2011, L’Algérie et les "rebelles" de l’OTAN en Libye, Mounadil al Djazaïri

La cause humanitaire progresse en Libye grâce à l’action concertée des médecins de l’OTAN et de leurs infirmiers fondamentalistes, ceux qu’on appelle "rebelles".
Je vous ai parlé sur ce blog des exactions que ces gens commettent, les uns par les bombardements de leur aviation sur des infrastructures civiles, les autres par des massacres perpétrés contre des innocents, avec une nette prédilection pour les personnes d’origine subsaharienne.
Ces terroristes, sûrs de l’impunité que leur confère leur alliance avec les "démocraties" occidentales, se permettent tout, non seulement en Libye mais dans les relations avec l’Algérie qui a une longue frontière commune avec ce pays.

31/08/2011, Jean-Jacques LAMY, Libye : comment les puissances impérialistes préparent l’après-Kadhafi, Lutte Ouvrière

Avant même la fin de la guerre, et alors que Kadhafi continue à échapper à ses poursuivants, ce sont désormais les problèmes de l’après-Kadhafi qui passent au premier plan, pour les Sarkozy, Cameron et Hillary Clinton comme pour les dirigeants du CNT. Officiellement, il s’agit de planifier la reconstruction de l’économie du pays, dévasté par la guerre, et de soutenir « les efforts menés par le CNT pour assurer la transition vers un régime démocratique ». En fait, il s’agit surtout, dans une situation où des groupes d’insurgés armés incontrôlés occupent le terrain abandonné par les troupes de Kadhafi, d’essayer d’éviter « d’être confrontés à un scénario d’anarchie à l’irakienne ». Une crainte relayée désormais en France par toute la presse.
Quand les premiers représentants du CNT ont rejoint Tripoli, après la bataille, la ville était contrôlée par le groupe armé originaire pour l’essentiel de la ville de Misrata, placé sous les ordres de son chef, Abdelhakim Belhadj, promu gouverneur militaire de fait de Tripoli.
Djihadiste bien connu des services secrets américains, qui selon la presse avait participé à des stages d’entraînement en Irak et en Afghanistan, fondateur il y a une dizaine d’années du Groupe islamique combattant de Libye (GICL) proche d’Al-Qaïda, Abdelhakim Belhadj fut arrêté par la CIA en 2004, puis interné par Kadhafi, avant d’être relâché après avoir renoncé officiellement à la guerre sainte. Après l’assassinat, dans des conditions restées obscures, le 28 juillet dernier du général Youness, ancien haut responsable de l’armée de Kadhafi passé à la rébellion anti-Kadhafi, il s’est imposé comme l’un des principaux chefs militaires des insurgés.

31/08/2011, Pepe ESCOBAR, Comment Al-Qaeda est arrivé à régner sur Tripoli, Le Grand Soir

Abdelhakim Belhaj, alias Abu Abdallah al-Sadek, est un djihadiste libyen. Né en mai 1966, il a fait ses premières armes avec les moudjahidin lors du djihad anti-soviétique en Afghanistan dans les années 80.
Il est le fondateur du Groupe islamique combattant en Libye et de facto son émir – avec Khaled Chrif et Sami Saadi comme adjoints. Après la prise de pouvoir par les Taliban à Kaboul en 1996, le GICL a maintenu deux camps d’entraînement en Afghanistan ; un de ces camps, à 30 km au nord de Kaboul et dirigé par Abu Yahya, est strictement réservé aux djihadistes proches ou appartenant à Al-Qaeda.
Après le 11/9, Belhaj s’est installé au Pakistan et aussi en Irak, où il s’est lié d’amitié avec ni plus ni moins que l’ultra radical AbuMusab al-Zarqawi – tout ceci avant qu’Al-Qaeda en Irak ne prête allégeance à Oussama Ben Laden et Ayman al-Zawahiri et ne renforce radicalement ses actions.
Le GICL a été sous la surveillance de la CIA depuis le 11/9. En 2003, Belahj a été finalement arrêté en Malaisie puis transféré, dans le plus pur style "rendition" dans une prison secrète à Bangkok où il était torturé quotidiennement.
En 2004, les Américains ont décidé d’en faire cadeau aux services secrets Libyens – jusqu’à sa libération par le régime de Kadhafi en mars 2010, en compagnie de 211 autres "terroristes", une opération publicitaire annoncée en grande fanfare.
Puis en 2007, Zawahiri, le numéro 2 d’Al-Qaeda à l’époque, annonça officiellement la fusion entre la GICL et Al-Qaeda du Maghreb Islamique (AQMI). Depuis, GICL et AQMI sont la même organisation et Balhaj était et est le chef (émir).
Venons-en à février 2011, Belahj, en homme libre, décide de retourner à ses activités djihadistes et d’engager ses hommes dans le soulèvement planifié de la Cyrénaïque.
Tous les services de renseignement des Etats-Unis, de l’Europe et du Monde arabe savent qui il est. Il a déjà fait savoir que lui et ses hommes ne se contenteront de rien de moins que l’application de la charia en Libye.
On aura beau chercher partout et se raconter des histories, il n’y a rien de "démocratique" chez lui. Mais l’OTAN n’a pas voulu s’en séparer sous prétexte qu’il n’aimait pas beaucoup les "infidèles".
L’assassinat fin juillet du commandant militaire rebelle, le général Abdel Fattah Younis, par les rebelles eux-mêmes semble être l’oeuvre de Balhaj ou de gens très proches de lui.
Il est important de savoir que Younis – avant de se retourner contre le régime – avait dirigé les forces spéciales libyennes qui combattaient férocement le GICL dans la Cyrénaïque entre 1990 et 1995.
L’auteur accrédite le mythe de la survivance d’Al-Qaïda après 2002. Lire : Serge LEFORT, Washington-Tripoli, une vieille histoire, Monde en Question.

31/08/2011, Alexandre LATSA, Révoltes arabes : diplomatie 2.0 ?, RIA Novosti

Il faut remarquer que les révolutions qui ont eu lieu en Tunisie et en Egypte  ont rapidement débouché sur des problèmes économiques importants et n’ont pas encore livré de résultats clairs en matière de gains démocratiques. Mais les évènements en Libye ou en Syrie n’ont plus rien à voir avec ces mécanismes de tentatives de révoltes non violentes. Il s’agit de rebellions organisées, militarisées (par plusieurs puissances occidentales dans le cas de la Libye), et  basées sur des oppositions tribales, ethniques, ou  religieuses.
Bien sur la personnalité du guide Libyen, indéfendable sur la scène internationale a surement incité les états qui étaient opposés à l’intervention militaire, comme la Russie ou la Chine, à ne pas prendre position plus fermement. [...] les représentants de l’opposition libyenne viennent d’affirmer qu’ils envisageaient de coopérer avec les pays industrialisés, y compris la Russie et la Chine, au nom de la renaissance et du redressement de la Libye.

31/08/2011, Libye : une « victoire pleine d’incertitudes », selon un expert français en relations internationales, Xinhua

Selon M. Badie, trois incertitudes sont à souligner : la grande diversité quasi-conflictuelle qui règne au sein du Conseil national de transition ou CNT (organe politique de l’opposition libyenne), la difficulté de mettre en place un nouveau régime politique et, enfin, le rôle que joueront les puissances étrangères dans cette nouvelle Libye.
Par ailleurs, pour cet expert en relations internationales, la Conférence des amis de la Libye, évènement international qui doit se tenir jeudi à Paris, à l’initiative du président français, Nicolas Sarkozy, et du premier ministre britannique, David Cameron, « est d’assez mauvais signe ».
« Commencer un processus de construction étatique et national par une conférence internationale qui donne le rôle principal aux puissances occidentales (..) rendra probablement encore plus difficile la mise en place d’un régime consensuel et accepté par la population (libyenne) », a-t-il expliqué.

31/08/2011, Il est encore trop tôt pour que les entreprises chinoises relancent leurs investissements en Libye, Renmin Ribao

Bien qu’un nombre croissant de pays reconnaissent le CNT (Conseil national de transition) comme le nouveau gouvernement de la Libye, et que certaines entreprises chinoises montrent une volonté de se relancer dans le pays, pour le ministère chinois du Commerce, il est encore trop dangereux d’investir ou d’augmenter les investissements en Libye.
« Pour l’heure, nous essayons de prendre contact avec le CNT et de fournir des aides humanitaires au peuple libyen », a déclaré Mme Xie.La Chine sait aussi parler en novlangue.

30/08/2011, Pierre KHALAF, Renaissance du projet colonial en Libye, Silvia Cattori

La chute inattendue de Tripoli avec la participation d’unités d’élite occidentales et de groupes de mercenaires acheminés de pays où les Israéliens sont très actifs, a focalisé l’attention de l’opinion publique et des observateurs.
La rébellion libyenne est confrontée à un défi de taille et porte le fardeau d’une responsabilité historique : construire la Libye de demain, libre, réellement indépendante, et prospère. Mais l’évolution des événements ces cinq derniers mois montre à quel point elle doit sa victoire à l’Occident. Dans ce contexte, il est peu probable que le Conseil national de transition (CNT) dispose d’une volonté politique assez autonome et solide pour pouvoir résister aux pressions occidentales et faire échouer les plans néocoloniaux américains et européens. Sans compter le fait que de nombreuses personnalités du CNT sont des acteurs de ce plan depuis longtemps.

30/08/2011, L’étrange triangle Paris-Tripoli-Alger, à l’ombre du “printemps arabe”, Dedefensa

La principale leçon étant que l’affaire libyenne et le “printemps arabe” ne cessent de nous réserver bien des surprises, dans le cours desquelles il est difficile de se retrouver. Un analyste politique bien informé se demanderait qui est le plus infréquentable, en termes de morale politique, d’intelligence diplomatique, de psychologie politique, entre le régime déchu du colonel Kadfhafi, les rebelles libyens, le régime algérien, le président français si agité. Il aurait du mal à trancher. L’Algérie pourrait se dire qu’une bonne crise avec la Libye new age qu’elle déteste avant même qu’elle n’existe, serait une bonne façon de ressouder une unité nationale si perturbée par le “printemps arabe” suivant des décennies de dictature corrompue et gérontocratique du parti évidemment unique et révolutionnaire. Il n’est pas assuré que l’OTAN ait des plans préparés pour l’invasion de l’Algérie. Il n’est pas assuré non plus que l’Algérie ne songe pas à prêter main forte à ce qu’il reste du colonel Kadhafi et de ses troupes.

30/08/2011, Dmitri BABITCH, Libye : l’optimisme sapé des "intervenants", RIA Novosti

Tous les pays responsables, y compris la Russie, sont unanimes pour condamner le colonel Kadhafi. Fin mars 2011 le président russe Dmitri Medvedev a déclaré que le colonel devrait répondre de ses crimes. Mais il y a une différence entre la condamnation d’un dictateur et l’invasion du territoire d’un pays indépendant pour le soutien militaire de l’un des camps en conflit.
Le principal instigateur de l’ingérence est le "philosophe" Bernard-Henri Lévy. Ce dernier a appelé début mars Sarkozy sur son portable et lui a dit familièrement: "Tu dois rencontrer les Massouds libyens" – c’est ainsi que BHL a qualifié le CNT en l’honneur du chef des moujahids afghans (Ahmad Shah Massoud). Sarkozy a accepté, et le surlendemain, le 10 mars 2011, le CNT était reconnu par la France.
Il convient d’ajouter que la population afghane est loin de partager l’admiration de BHL d’Ahmad Shah Massoud et le considère comme un chef de guerre. C’est ainsi que Massoud a été qualifié par Malalai Joya, une militante afghane pour les droits de l’homme, lauréate du Anna Politkovskaya Award de journalisme d’investigation en 2008, ainsi que d’autres récompenses.
Hélas, il est tout à fait possible que la paix dans la Libye de demain soit confrontée à la vengeance, au terrorisme et à l’islam radical. Il sera alors temps de parler de la responsabilité de Sarkozy: comment peut-on écouter des individus qui ont prouvé à maintes reprises qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent ?

30/08/2011, Akram BELKAID, A propos de la Libye, l’Otan et l’Algérie, Le Quotidien d’Oran

Dans ce pays [Algérie], comme ailleurs dans le monde arabe, on n’a peut-être pas pris la mesure de ce qui s’est passé au Soudan puis en Libye. Dans le premier cas, on réalise que les frontières héritées de la période coloniale ne sont plus un tabou. Dirigé par un dictateur soudain honni ? pour une raison ou pour une autre ? par la communauté international, un pays, arabe ou africain, peut désormais être découpé en tranches au nom de la défense d’une minorité qu’elle soit religieuse, ethnique ou même linguistique. La naissance du Sud-Soudan est donc un précédent majeur dont il serait temps de méditer les raisons et les conséquences futures.
Dans le second cas, la crise libyenne a montré que l’Otan peut très bien intervenir en Afrique du nord. En Libye aujourd’hui, en Algérie demain : plus rien n’est impossible. Durant des années, la diplomatie occidentale s’est attelée à rassurer les pays maghrébins en leur expliquant que la période de la canonnière coloniale était révolue à jamais. On voit bien que l’Histoire peut très bien se répéter. Se croire à l’abri grâce à sa fortune pétrolière, à ses liens supposés privilégiés avec tel ou tel service étranger ou grâce à la puissance supposée de son armée serait une erreur tragique. Tout peut partir d’un simple incident. Un village qui se soulève, une région qui s’embrase et réclame son autonomie, une autre qui revendique un meilleur partage des richesses, et les avions de l’Otan pointeront leur bec. Les Algériens passeront alors d’une servitude à une autre.
Cette conclusion de l’auteur, qui écrit depuis Paris, est en contradiction avec son soutien à la guerre contre la Libye menée par les puissanes coloniales.

30/08/2011, La Libye, un modèle pour la redivision du Moyen-Orient, WSWS

Une rubrique de Philip Zelikow, intitulée « La chute de Kadhafi renouvellera le printemps arabe, » et publiée lundi sur le site Internet du Financial Times, donne un aperçu des objectifs ambitieux poursuivis par Washington et les autres principales puissances impérialistes dans leur soi-disant intervention « humanitaire » en Libye.
La guerre, écrit-il, a été lancée en raison de « l’histoire particulière [de la Libye]et d’une géographie du pays qui ont dûment justifié des calculs pragmatiques de la part des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de bien d’autres pays, selon lesquels il fallait saisir cette occasion pour aider les rebelles à se débarrasser de ce régime tout particulièrement dément. »
Comme le fait bien comprendre l’ancien responsable du Conseil de sécurité nationale (NSC) au Département d’Etat, ce processus ne s’arrêtera pas à la Libye. La guerre libyenne, dit-il, « renouvellera une dynamique. » Il poursuit en disant : « Le combat en Syrie, en s’intensifiant lentement, passera davantage encore au premier plan. »
« Une grande partie de la poussée de la politique du printemps arabe provient actuellement des Etats du Golfe persique, tels l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis (EAU) et le Qatar, » écrit-il. « C’est leur heure. Le gouvernement saoudien joue un rôle crucial dans l’isolement actuel de la Syrie par la diplomatie arabe. Les EAU, avec les Saoudiens, ont trouvé les fonds nécessaires qui ont permis aux dirigeants intérimaires de l’Egypte de ne pas se soumettre aux aides proposées sous conditions par les institutions financières internationales. Le gouvernement qatari a joué un rôle vital dans la révolution libyenne. »
La Libye n’est que le début d’une poussée impérialiste visant à réorganiser l’ensemble du Moyen-Orient. Compte tenu des intérêts conflictuels entre les principales puissances impérialistes même, ce processus risque de provoquer des affrontements bien plus sanglants dans un avenir proche.

29/08/2011, Dmitri BABITCH, La guerre libyenne de Sarkozy et de ses conseillers, RIA Novosti

L’une des principales questions après la cessation inévitable du conflit en Libye concerne l’avenir politique des initiateurs de l’ingérence occidentale: avant tout de Nicolas Sarkozy et de certains de ses conseillers. Ces gens vont-ils recueillir les lauriers de la victoire ou seront-ils tenus pour responsables de cet interminable conflit? Actuellement, cette question est soulevée en Europe: l’aviation française a tout de même lancé l’opération à laquelle les autres pays membres de l’OTAN se sont joints progressivement.
L’expérience tchétchène des initiateurs de l’ingérence en Libye ne parle pas en faveur de leur objectivité. Hélas, il est tout à fait possible que la paix dans la Libye de demain soit confrontée à la vengeance, au terrorisme et à l’islam radical. Et il serait alors très difficile de parler de victoire pour Sarkozy.

29/08/2011, Rabeh SEBAA, L’imposture libyenne, Le Quotidien d’Oran

Jusqu’à la mise à prix de la tête du fugitif en dollars, et non en monnaie locale, et la photo du même fugitif frappée d’un wanted diagonal, tous les ingrédients d’un feuilleton yankee sont réunis. Le reste de la série qui se déroule en permanence, en Iraq, en Afghanistan, au Pakistan et bientôt en Syrie est déjà devenu d’une saisissante banalité. Mais le cas libyen permet d’observer, de façon frappante, et effrontément cynique, la voracité empressée des puissances occidentales, en l’occurrence les Etats-Unis et l’Union Européenne, à l’endroit des territoires à conquérir, aux fins d’une mainmise sur leurs ressources stratégiques. Cette voracité non déguisée, baptisée par l’euphémisme burlesque de printemps arabe, et curieusement relayé par l’ensemble des médias de la « bien pensance », a eu pour théâtre originel la Tunisie, l’Egypte puis le Yémen et ensuite la Libye et la Syrie, devient ouvertement insatiable. Elle compte bien s’étendre à d’autres pays dont le travail de fragilisation ou de déstabilisation à déjà commencé. Et tous les prétextes sont bons pour déclencher la sale besogne. C’est dans ce but, et seulement dans ce but, que les États-Unis et l’Union européenne introduisirent, soudainement dans leur vocabulaire idéologique la nouvelle panacée, comme variante droithommienne : la sacro-sainte Protection des Populations Civiles (PPC). Une protection à coups de bombes, dont ces mêmes populations sont, tout naturellement, les premières victimes. Etrange conception de la protection.

29/08/2011, L’occident n’a pas renoncé à son intention de déterminer l’orientation du développement du Moyen-Orient, Renmin Ribao

L’Occident n’a toujours pas renoncé à son intention de déterminer l’orientation du développement de l’Asie de l’Ouest et de l’Afrique du Nord. Cela est lié avec les intérêts économiques. Les fumées de la guerre en Libye ne sont pas encore dissipées que la dispute entre des compagnies pétrolières occidentales y a déjà commencé.
L’Occident tient encore à propager ses idées politiques et intervient directement dans la mise en place du régime politique des pays de la région. Des chercheurs estiment que les changements survenus dans la région d’Asie de l’Ouest et d’Afrique du Nord sont la conséquence de la stratégie géo-politique occidentale. En fait, c’est le résultat inévitable de la longue domination occidentale de l’ordre politique et économique mondial. Depuis des années, du fait que l’Occident est reconnu puissant sur le plan économique, beaucoup de choses portant l’empreinte occidentale sont devenues « universelles » et « obligatoires », surtout le « système démocratique » occidental.

- "Nous, on vous a libérés du joug de Kadhafi. Vous, vous allez bien nous donner un petit quelque chose en échange, n’est-ce pas ?"
- "Oui, Monsieur, Merci"

Lire aussi :
Revue de presse Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.

Washington-Tripoli, une vieille histoire


À la fin du 15e siècle, profitant de la dynamique des conquêtes ottomanes, les Musulmans prennent le dessus. Au 16e, leur flotte subit une écrasante défaite et c’est la fin de leur entreprise de conquête du bassin méditerranéen. En revanche, au cours des 17 et 18e siècles, les navires français, espagnols et anglais, toujours dans une volonté d’expansion de leur empire, poursuivent cette guerre de course. À la fin du 18e, ces trois grandes puissances navales signent des traités en échange de tributs. Les pirates musulmans se rabattent alors sur de plus petits états comme le Danemark, la Hollande et… l’Amérique, devenu récemment un état indépendant. À peine nés, les États-Unis sont donc en conflit avec des pays situés à des milliers de kilomètres de chez eux. Toutes les premières négociations échouent. En 1803, Jefferson, troisième président des États-Unis, en obtenant du congrès les moyens matériels et législatifs, pense faire céder définitivement le pacha de Tripoli. C’est l’inverse qui se produit, la Libye appelle toutes les autres régences, à la guerre sainte contre les Américains ! Ce n’est quand 1830, avec nombre de traités signés, que prendra fin la piraterie barbaresque en Méditerranée. Débutent alors les enjeux et tractations pétrolières, dont l’accord stratégique entre le président Roosevelt et le roi d’Arabie Saoudite Ibn Saoud, et le coup d’état américain en 1953, en Iran, contre Mossadegh…

Jean-Pierre FILIU & David B., Les meilleurs ennemis – Une histoire des relations entre les États-Unis et le Moyen-Orient 1. 1783-1953, Futuropolis, 2011 [Extraits - Bodoï - France Culture].

Cette BD paraît intéressante pour l’opportun rappel historique de l’intérêt des États-Unis pour la Libye et le Moyen-Orient… dès leur indépendance en 1776. Mais l’auteur du texte, "spécialiste" très médiatisé, a entretenu la légende d’Al-Qaïda en évitant de rappeler que les grandes puissances, en premier lieu les États-Unis, ont depuis les années 1950 instrumentalisé les groupes islamiques qu’elles ont armé, instruit et payé pour faire la guerre à leur place. [1]. En 2010, il faisait encore la promotion d’une organisation que l’ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE jugeait morte sur le plan opérationnel depuis 2002 [2]. Il semble que, cherchant à se recycler, il se soit inspiré de l’ouvrage de Michael B. Oren, historien israélien et ambassadeur d’Israël aux États-Unis [3].

30/08/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Écouter et lire :
• Jean-Pierre FILIU, auteur de "L’Apocalypse dans l’Islam" : "Une littérature populaire venue d’Egypte annonce l’apparition de l’Antéchrist", Oumma, 16/06/2008.
• Entretien avec Jean-Pierre FILIU, auteur des "Neuf vies d’Al-Qaida", Bakchich, 07/11/2009.
• Jean-Pierre FILIU, Les neuf vies d’AL-QAIDA, Conférences de l’IEA, 26/01/2010.
• Jean-Pierre FILIU, Intervention au colloque Le Moyen-Orient à l’heure nucléaire, Sénat, 29/01/2010.
• Jean-Pierre FILIU, Attentat manqué : Washington confirme la piste pakistanaise, Rue89, 02/05/2010.
• Jean-Pierre FILIU, spécialiste de l’islam contemporain, France 24, 03/01/2011.
• Jean-Pierre FILIU : L’Amérique se passionne pour le soulèvement arabe, Marianne, 18/02/2011.
• Jean-Pierre FILIU : "Le "printemps arabe" marque aussi la défaite d’Al-Qaida", L’Expansion, 01/04/2011.
• Jean-Pierre FILIU : "Cette mort va encourager les tendances centrifuges au sein d’Al-Qaida", Le Monde, 02/05/2011.
• Jean-Pierre FILIU, Les neuf vies d’Al-Qaïda, Fayard, 2009 réédition La véritable histoire d’Al-Qaïda, Pluriel Hachette, 2011 [France Culture - Historicoblog - Rue89 - Tolérance - Vincennes].
• Jean-Pierre FILIU, CERIFuturopolisMedi1RadioWikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 30/08/2011].
David B., FuturopolisWikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 30/08/2011].
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.


[1] Lire :
• Michel FAURE et Sylvaine PASQUIER, Washington-Islamistes Liaisons dangereuses, L’Express, 2001.
• John K. COOLEY, CIA et Jihad 1950-2001 – Contre l’URSS, une désastreuse alliance, Autrement, 2002 [Le Journal des Alternatives].
1950-2001 : c’est l’histoire d’un combat, permanent, secret et multiforme, mené par les États-Unis d’Amérique contre l’Union soviétique pendant la "guerre froide". Une "guerre sainte", où, avec l’aide de l’islam le plus radical, tous les coups et toutes les alliances les plus "contre-nature" étaient autorisés.
Lieux, dates, noms, rencontres, correspondances… le génie de ce livre réside dans l’abondance des détails et des preuves concrètes qui tissent une histoire incroyable dont nous voyons aujourd’hui les conséquences et les retombées désastreuses partout dans le monde.
Centré sur la période 1979-1989, de l’invasion de l’Afghanistan par les troupes soviétiques à leur retrait, et sur le rôle de la CIA, cet ouvrage remonte dans le temps, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il met en scène des aspects peu connus de la politique étrangère américaine.
• BLUM William, Les guerres scélérates – Les interventions de l’armée américaine et de la CIA depuis 1945, Parangon, 2004.
Dossier documentaire Afghanistan, Monde en Question.
[2] Écouter et lire :
• Rapport d’information Le Moyen-Orient à l’heure nucléaire, Sénat, 25/09/2009.
• Colloque Le Moyen-Orient à l’heure nucléaire, Sénat : VidéosTextes, 28-29/01/2010.
• Alain CHOUET, Intervention au colloque Le Moyen-Orient à l’heure nucléaire, SénatContreInfo, 29/01/2010.
• Al Qaïda : une chimère obsessionnelle selon l’ancien chef du renseignement de la DGSE, Oumma, 17/02/2010.
• Alain Chouet : "La Qaïda est morte dans les trous à rats de Tora Bora en 2002", Oumma, 15/03/2010.
• Alain CHOUET, Site de l’auteur.
[3] Lire :
• Michael B. OREN, Power, Faith, and Fantasy – America in the Middle East, 1776 to the Present, W.W. Norton & Company, 2007 [Texte en ligne - France USA Media 1/2 - France USA Media 2/2].
• Dominique CADINOT, De la barbarie au nationalisme : effets de la présence missionnaire américaine en Terre sainte (1815-1914), Cahiers de la Méditerranée n°80, 2010.
• Charles SAINT-PROT, La politique des États-Unis au Proche-Orient, Observatoire d’études géopolitiques, non daté.

Revue de presse Libye 28/08/2011


Suivre l’actualité
courir après le vent.
Penser l’actualité
marcher à contre-courant.

28/08/2011, Les islamistes chez les rebelles libyens, Dedefensa

On trouve dans The Independent on Sunday du 28 août 2011 ample confirmation de l’identité du chef des rebelles à Tripoli, comme le signalait Pépé Escobar le 27 août 2011. On trouve d’autres précisions sur la présence (importante, de l’ordre de 30%) d’islamistes dans les rangs des rebelles libyens.

28/08/2011, Une guerre et des débiteurs, Le Quotidien d’Oran

La guerre en Libye n’a rien à voir avec le pétrole. C’est ce qu’on disait à Paris et à Londres. Et ceux qui, sans avoir la moindre once de sympathie pour Kadhafi, osaient mettre en avant l’enjeu pétrolier dans le grand engagement des Occidentaux pour la «liberté» des Libyens passaient pour des rabat-joie. Ou pire, pour des défenseurs des dictatures.
Il y avait pourtant quelques éléments factuels évidents. En 2007, alors que Mouammar Kadhafi, encore ami, plantait sa tente dans les jardins d’un grand hôtel parisien et au milieu des flatteries qui avaient suscité des sarcasmes indignés dans la presse française, on avait évoqué des contrats de plus de 10 milliards de dollars. Paris n’avait rien obtenu, sinon une exhibition grotesque du Guide en goguette. Et si Kadhafi est devenu un affreux dictateur après avoir été l’invité officiel de la République, cela a certainement quelque chose à voir. Et désormais, la France, qui n’a que des amis en Libye, de Benghazi à Tripoli, peut espérer la totale pour Total, sans compter les programmes de reconstruction et de fournitures d’équipements pour la future nouvelle armée libyenne… Ainsi vont les affaires dans le monde des marchés armés.
Les nouveaux dirigeants libyens, même provisoires, l’ont promis : ils seront généreux avec ceux qui les ont aidés. La morale politique de l’Occident, formule qui ressemble furieusement à un oxymore, est ainsi clairement déclinée : les beaux principes sont particulièrement utiles quand il s’agit de justifier le commerce. Et qu’est-il de plus élevé et de plus noble que le pétrole dans le champ des intérêts stratégiques ?
Avec la survie d’Israël, dernière frontière idéologique, l’approvisionnement énergétique est le centre des préoccupations impériales. L’OTAN, qui a démontré ce que valent les résolutions de l’ONU, inaugure un rôle nouveau, celui de chevalier blanc de la guerre mondiale pour l’or noir. En tout cas, le message est d’une limpidité impitoyable : les amitiés de l’Occident ne durent que le temps de leurs intérêts. Le ci-devant Guide de la Jamahiriya, habitué à ce que ses clients endurent ses foucades, doit en méditer l’amère leçon. Le pétrole, qui a construit son régime inepte, est précisément ce qui a précipité sa chute. L’histoire montrera si la guerre humanitaire pour les hydrocarbures peut déboucher sur un régime viable et efficace pour le malheureux peuple libyen. Et si les dépenses assumées par les Occidentaux dans leur guerre contre Kadhafi seront compensées – et au-delà – par les nouveaux dirigeants qui sont effectivement débiteurs.
Cette guerre confirme en tout état de cause que les dépenses d’armements de la Libye de Kadhafi n’auront servi à rien, sinon à améliorer les comptes des intermédiaires, et que l’impérialisme, en proie à l’une de ses crises les plus graves depuis des décennies, n’hésite pas à recourir aux armes quand il le juge rentable. La guerre est toujours menée au nom de la paix du monde et de l’ONU, qui n’est plus qu’une instance d’enregistrement. Tout autant que l’invasion de l’Irak, la guerre en Libye doit être évaluée à cette aune strictement matérielle. Le peuple libyen s’est débarrassé de son tyran, c’est un progrès incontestable. L’histoire montrera rapidement si la Libye s’est pour autant débarrassée de la domination.

27/08/2011, Domenico LOSURDO, Sept points sur la Libye, Le Grand Soir

Désormais même les aveugles peuvent être en mesure de voir et de comprendre ce qui est en train d’arriver en Libye :
1. C’est une guerre promue et déclenchée par l’OTAN qui est en cours.
2. Il s’agit d’une guerre préparée depuis longtemps.
3. Cette guerre n’a rien à voir avec la protection des droits humains.
4. Voulue pour des motifs abjects, la guerre est menée de façon criminelle.
5. Barbare comme toutes les guerres coloniales, la guerre actuelle contre la Libye démontre comment l’impérialisme se fait de plus en plus barbare.
6. Non moins barbare que la guerre a été la campagne de désinformation.
7. De même que la nature belliciste de l’impérialisme ne change pas, ainsi ses techniques de manipulation révèlent de significatifs éléments de continuité.
L’auteur n’apporte pas de preuves convaincantes à l’appui de sa dénonciation mécanique d’une guerre coloniale.

26/08/2011, Libia y los intelectuales – equivocación moral y colapso intelectual, ArgenPress

El artículo de Atilio Borón, ¿"Libia: Sangre, sudor y lágrimas"? confirma la tendencia de otros intelectuales destacados como Ignacio Ramonet, Samir Amin o Immanuel Wallerstein de analizar los acontecimientos en Libia tendenciosa y ahistóricamente para justificar prejuicios a la vez vulgares y pretenciosos. En sus escritos sobre Libia todos estos escritores demuestran dos cosas fundamentales – comparten la versión imperialista de los sucesos en Libia y escriben como si fuera apropiado en este momento pretender a algún tipo de lucha anti-imperialista teórica y moralmente superior.
Hace poco opinamos que los intelectuales de la izquierda internacional tienen poco que ofrecer a los pueblos que luchan por su emancipación del imperialismo occidental. Lo que autores como Atilio Borón y Samir Amin han escrito sobre Libia confirma esa apreciación. Como mucha gente aquí en Nicaragua incluyendo el Frente Sandinista de Liberación Nacional, nosotros nos solidarizamos con Muammar Ghaddafi y su pueblo en su batalla contra la OTAN.
Mundo en Cuestión está de acuerdo con el primer párrafo, pero NO con el segundo. Sostener el pueblo de Libia conra la OTAN no significa sostener Ghaddafi – a contrario. Leer: Les impasses de Wallerstein, Les égarements de Wallerstein (I), Les égarements de Wallerstein (II).

26/08/2011, Les impertinences du scénario, Dedefensa

La "victoire" commence à s’abîmer dans le désordre. Ainsi les événements de Libye nous montrent-ils un scénario qui ne semble pas correspondre à celui qui était écrit lorsque fut lancée l’offensive "finale" sur Tripoli. En termes de communication, la situation montre une tendance inquiétante, avec la possibilité désormais que la perception générale, notamment celle du brave public de nos démocraties, bascule d’une "victoire" sans (trop de) bavures à un "désordre type-irakien". Cette question de perception est vitale, notamment pour déterminer les positions des directions politiques, et modifier complètement l’argument de la situation libyenne, – de la poussée révolutionnaire irrésistible, nécessairement vertueuse, au désordre des "rebelles" incapables de se discipliner tandis que s’organise une autre résistance qui pourrait avoir un aspect populaire.
Richard Norton-Taylor (le Guardian du 25 août 2011) croit distinguer dans l’intervention libyenne un nouveau schéma interventionniste, avec les acteurs suivants : la logistique et le soutien aérien offensif de l’OTAN, c’est-à-dire des pays de l’OTAN intéressés dans l’intervention, tout cela très voyant et tonitruant ; dans ces pays, il ne faut plus vraiment compter les USA, qui se tiennent "sur le siège arrière", n’ayant plus guère de goût pour les interventions ; il y a aussi les interférences avec les interventions terrestres non officiellement reconnues (forces spéciales notamment), venues des mêmes pays de l’OTAN, mais aussi d’un nouvel acteur : l’ensemble des pays arabes du Golfe, ainsi engagés dans la croisade du "printemps arabe", justement pour étouffer le "printemps arabe"…
Pendant que son frère David nous informe, le 26 août 2011 dans The Independent, à propos de la situation incertaine et inextricable à Tripoli, Alexander Cockburn donne à Russian Times une analyse générale (le 26 août 2011). Cockburn rapporte la vision pessimiste évidente, – c’est-à-dire la vision normalement informée : guerre "pour le pétrole", acteurs divers et très divisés, l’opération actuelle devant conduire à une longue période d’insécurité et d’instabilité, avec le message principal pour tous les pays concernés qu’ils ont intérêt, – comme l’a fait la Corée du Nord, – à développer des armes nucléaires parce que seuls l’arme nucléaire, – comme le montre le cas de la Corée du Nord justement, – vous met à l’abri de l’habituelle "intervention humanitaire"…
Un point important à observer est l’extraordinaire insistance des USA pour se tenir hors de toute implication sérieuse dans les affaires en cours, notamment la "chasse à Kadhafi", où Français et Britanniques sont par contre fort impliqués et sans aucune intention de le dissimuler.
Ainsi, les USA se trouvent-ils en retrait (habiles tireurs de ficelles, affirment certains, selon un raisonnement du type "chaos créateur"), en étant tout de même impliqués, comme on l’a vu au Congrès. Ceux qui plaident pour la thèse de l’habileté type "tireurs de ficelle" connaissent bien peu de chose à la psychologie et à l’hubris américanistes (ce qui est la même chose). Le résultat réel, en profondeur, de la situation actuelle, c’est d’acter symboliquement, non pas le déclin mais l’effondrement de la puissance US. On nous opposera des chiffres (avec raisons : les USA ont assuré en soutien 16% des sorties offensives, seconds juste derrière les Français) [...] Que nous importe, à nous, le 16% des missions si la bannière étoilée n’est pas visible partout, si le président Obama ne fait pas des discours enflammés à la gloire de la guerre, et ainsi de suite. Tout se passe alors, comme si les USA étaient absents du conflit et laissaient le leadership aux autres.

26/08/2011, L’Asie de l’Ouest et l’Afrique du Nord font face à une réorganisation difficile, Renmin Ribao

La réalité dans les pays d’Asie de l’Ouest et d’Afrique du Nord impliqués dans les agitations est différente, mais les problèmes communs de ces pays sont ceux-ci : depuis longtemps, la plupart des pays connaissent un développement très déséquilibré sur les plans politique, économique et social, le pas de la réforme et les systèmes concernés sont nettement en retard par rapport au développement de notre époque. Beaucoup de pays maintiennent encore des structures politiques, économiques et sociales tribales, bien qu’ils aient acquis l’indépendance nationale depuis longtemps. Des facteurs traditionnels et modernes sont mêlés dans le régime politique des pays. Les agitations survenues depuis le début de cette année montrent que les populations de ces pays expriment, d’une manière extrême, leurs besoins impérieux pour le changement de régime politique et de mode de développement social. Cela peut également être considéré comme faisant partie du processus historique de développement politique et social des pays de la région.
Evidemment, ce processus ne s’achèvera pas, avec la chute de dirigeants et le changement du pouvoir. Du fait que les problèmes politiques et sociaux dans la région d’Asie de l’Ouest et d’Afrique du Nord se sont produits dans le développement social, culturel et historique de la région, beaucoup de problèmes concernant les aspects plus profonds et plus variés et qui ont surgi dans le processus de changement de mode ne pourront pas être réglés avec la seule fin de l’ancien régime.
Le processus de développement politique et social dans la région d’Asie de l’Ouest et d’Afrique du Nord est déjà arrivé à un nouveau carrefour. Le développement futur est une preuve pour les dirigeants et les peuples des pays de la région. Quand bien même ils ne sont pas préparés aux changements subits de l’heure actuelle. Ces pays qui ont connu des agitations n’ont pas encore établi d’objectifs constructifs nets, ni produit une direction faisant autorité. Mais on peut affirmer que là bas, il faudra une plus grande patience, une plus grande tolérance et un plus grand esprit créateur. Il faudra une pensée politique toute neuve et un esprit de solidarité transcendant les limites politiques, religieuses et ethniques.

26/08/2011, En Libye, il n’y a pas eu de victoire des "rebelles", Info-Palestine

On a l’impression que l’histoire bégaie. En fait, nous sommes plutôt dans une nouvelle phase de l’impérialisme occidental qui s’est assigné la mission absolument stratégique de contenir l’expansion chinoise ou de tout autre concurrent pour la domination du monde. Ce qui se joue ici, c’est la pérennité du leadership des Etats Unis et on pourra dire que ces derniers n’ont pas été déçus par leurs supplétifs européens. Ce n’est quand même pas pour rien que les Occidentaux ont fait ce qu’il fallait pour tenir à l’écart l’Union Africaine après avoir mis en avant une Ligue Arabe discréditée servant de vitrine diplomatique aux monarchies rétrogrades du Moyen Orient.

26/08/2011, Traversée de l’ouest de la Libye dévastée par des reporters de Xinhua, Xinhua

Pour les journalistes étrangers qui sont chargés de couvrir le conflit en Libye, les difficultés auxquelles ils font face sont temporaires et donc supportables. Mais pour les Libyens, qui sont encore confrontés à un avenir incertain et à la tâche ardue de réparer leurs maisons ravagées et de panser leurs plaies intérieures, c’était l’enfer.

26/08/2011, Diana JOHNSTONE, Démocratie et dictateurs – Le Diable est dans les Détails, Le Grand Soir

L’idéologie actuelle qui justifie les guerres d’agression est fondée sur une dichotomie simpliste entre la démocratie et les dictateurs. Les gens qui, en Occident, soutiennent les guerres ont déplacé le centre de la loi internationale des Nations unies vers un club bien plus restreint de "démocraties" qui seules possèdent une "légitimité". Le centre de ce club est le monde anglo-saxon, plus Israël, l’Union Européenne et le Japon. Cette "communauté internationale" de démocraties est supposée posséder le droit moral unique de décider quand le dirigeant de n’importe quel pays qui se situe en dehors de leur cénacle peut-être dénoncé comme un dictateur et renversé à l’aide d’une campagne de bombardements par l’OTAN.
[...]
Je me suis abstenue d’écrire sur ce sujet pendant des années, parce que je pense ne pas en connaître assez à propos de la Libye. Mais, maintenant, je vois d’autres personnes, qui en savent encore moins que moi, argumenter avec force pour que l’OTAN soutienne des rebelles dans une guerre civile dont les motifs et les conséquences réelles sont obscures.
Ma première conclusion est de faire remarquer que le simple fait qu’un pays ne soit pas une démocratie de style occidental ne signifie pas que tout ce qui s’y passe est "dicté" par un "dictateur". Le terme "dictateur" sert à renforcer la paresse des médias et des politiciens, qui ne se donnent pas la peine d’analyser les complexités d’une société qui ne leur est pas familière.
Ma deuxième et dernière conclusion c’est que nous en Occident n’avons ni le droit ni la capacité de "réparer" ces sociétés peu familières telles que la Libye, que nous rejetons comme étant des "dictatures". Alors que la crise financière risque d’amener le niveau de vie dans une partie de l’Occident en dessous de ce qu’il était dans la Libye de Kadhafi avant que l’OTAN n’intervienne, notre "démocratie" occidentale risque d’être graduellement réduite à n’être plus qu’une excuse idéologique pour attaquer, ravager et piller d’autres pays.

25/08/2011, Jean-Jacques LAMY, Libye : en marche vers la démocratie ?, Lutte Ouvrière

Les Sarkozy, Obama et Berlusconi, en dépit de leurs professions de foi en faveur de la démocratie, ne se font apparemment pas beaucoup d’illusions. Plus la victoire des insurgés sur les troupes de Kadhafi se rapproche, et plus les déclarations des dirigeants occidentaux se font prudentes, voire inquiètes, sur la suite des événements de l’après-Kadhafi.
Mais ce n’est pas le sort de la population libyenne, dans les semaines, les mois et les années qui viennent, qui les préoccupe. S’ils sont intervenus contre Kadhafi, s’ils ont plus que contribué à le chasser, ce n’est pas pour débarrasser le peuple libyen d’un dictateur mégalomane et sanguinaire, mais dans la perspective d’accéder pour les uns, ou de conforter pour les autres, leur mainmise sur les ressources du pays en pétrole, en gaz. Ce qui les inquiète, c’est le risque de créer dans le pays, comme en Irak, une situation d’instabilité qui gêne leurs pillages.
Du côté des puissances impérialistes, les réunions sur l’avenir de la Libye se multiplient. Comme l’écrivent Les Échos, « c’est la mobilisation générale lancée par les pays occidentaux pour encadrer et accompagner la révolution libyenne ». Et les instances de l’Otan ont commencé à discuter de la forme que pourrait prendre l’installation d’une présence militaire occidentale dans le pays…

25/08/2011, Stella CALLONI, Guerra colonial contra Libia, Tlaxcala

La perversión de agencias estadounidenses y europeas y sus subordinados en el mundo al llamar "guerra civil" a lo que está sucediendo en Libia, demuestra cómo se convirtió una intervención colonial contra un país, del que Estados Unidos y sus socios quieren apoderarse por diversas razones de intereses, en una "rebelión" interna que "humanitariamente" debía ser ayudada.

25/08/2011, Robert FISK, Attention au syndrome irakien, Presseurop

L’euphorie serait prématurée, car l’Occident est condamné à commettre en Libye les mêmes erreurs qu’en Irak, estime Robert Fisk. Et si Kadhafi reste introuvable, une guérilla sapant l’autorité des nouveaux maîtres du pays sera inévitable.
La présence massive de diplomates occidentaux, représentants des géants du pétrole, mercenaires occidentaux grassement payés et militaires français et britanniques (qui tous prétendent être là en tant que simples "conseillers", pas en tant que participants) forme à Benghazi une véritable zone verte. Il n’y a peut-être pas (encore) de remparts autour d’eux, mais ce sont ces hommes-là qui, de facto, gouvernent la Libye par l’intermédiaire de divers héros et voyous libyens qui se présentent comme les maîtres politiques locaux.

25/08/2011, Carlo SANTULLI, Libye : l’heure d’un bilan critique, Affaires-strategiques

Malgré l’armement des "rebelles" et le bombardement massif du pays, les résultats sur le terrain ont été un désastre : six mois de massacres inutiles. La population locale ayant clairement rejeté le CNT ("rebelles") et l’OTAN, l’intervention a tourné à l’escalade guerrière et à la catastrophe humanitaire. Les milliers de morts et les dizaines de milliers de réfugiés qu’on s’était inventés sont désormais réels : c’est nous qui l’avons massacré, "son propre peuple". Au bout de six mois d’échec, après avoir barbarement bombardé les villes et les infrastructures civiles du pays, l’OTAN et le Qatar ont lancé une opération d’agression militaire de grande envergure à l’encontre de la capitale, Tripoli. Elle s’est soldée par un carnage, des annonces triomphalistes (y compris la fausse capture de deux fils de Kadhafi, Saïf Al-Islam et Mohammed, et le meurtre imaginaire de leur frère Khamis, donné pour mort quatre fois depuis février dernier), et un résultat inexistant sur le terrain : ni l’OTAN, ni le CNT ne contrôlent la Libye à ce jour. Pour ajouter le sordide au tragique, on a vu les "leaders" de l’"intervention humanitaire" de l’OTAN commencer à discuter du partage du pétrole libyen dès le 23 août. Mais si le spectacle ignoble du partage du butin pétrolier sous les décombres et les cadavres de l’"intervention humanitaire" démasque les nouveaux "French doctors", il montre aussi l’impréparation derrière cette hâte pathétique car les "rebelles", à force de se rapprocher jour après jour de Tripoli, puis de son centre, sont aujourd’hui à mille lieues de contrôler le pays.
L’échec de l’intervention libyenne pèsera sur l’histoire de la France, et sur les valeurs qu’elle est censée incarner. Les faits ont confirmé que le CNT est un assemblage hétéroclite dominé par des islamistes proches d’Al-Qaïda et des éléments parmi les plus réactionnaires de l’ancien apparat kadhafiste. Il est incapable de gouverner la Libye et, même à l’Est (en Cyrénaïque), il ne contrôle pas les tribus. L’oppression des femmes (isolées par une palissade en plein Benghazi !) et la disparition des services publics ont été ses seules réalisations en six mois de "pouvoir". A supposer même, ce qui est de plus en plus invraisemblable, que le système politique incarné par Kadhafi (assurant la gestion du pays par un équilibre intertribal) finisse un jour proche par être vaincu, le CNT n’est pas en mesure de se faire obéir par les tribus et de contrôler le pays : l’improbable défaite de Kadhafi se solderait elle-même par un échec.
Plus profondément, la défaite de l’OTAN en Libye est une défaite morale et politique de la France et du modèle "démocratique" occidental. Elle a confirmé, après la folie irakienne, que nos "démocraties" peuvent se révéler plus totalitaires (avec la propagande criminelle publique sur les bombardements de manifestants par Kadhafi, après celle sur les armes de destruction massive en Irak) et plus guerrières (avec l’agression d’un pays et l’escalade meurtrière devant sa résistance, en Libye comme en Irak) que les dictatures.

25/08/2011, Jacques BORDE, Libye : Bataille pour Tripoli – La nuit des dupes, Geostrategie

Les combattants en question ont un teint de peau moins mat que le Libyen moyen. D’où ma question : sont-ce bien des Libyens ? Ou, plus probable, des non-régnicoles ! C’est-à-dire des combattants étrangers (mercenaires, contractors, forces spéciales occidentales, etc).
Les combattants en question arborent des treillis centre-europe britanniques ET des cagoules. À noter que c’est la première fois que je vois ce type de treillis sur des images en provenance du front libyen. De là à supposer que des combattants en armes portant des treillis brits ET des cagoules soient, selon toute probabilité, des membres des SAS ou SBS de Sa Très Gracieuse Majesté, consommateurs réguliers de ces effets en opération…
Si bien sûr. De nombreuses vidéos montrent, sans guère de doutes possibles, des contractors US combattant aux côtés des rebelles. Repassez-vous des images des déploiement des US Special Forces lors de la conquête de l’Afghanistan, vous verrez !… Et leur nombre risque d’augmenter dans la mesure où, de manière générale, les Américains – qui, pour d’évidents objectifs de prédation économique, vont revenir en force en Libye – laissent rarement à d’autres le soin d’assurer la sécurité de leurs ressortissants et biens. Ce qui ne sera pas sans poser de problèmes.
Et si je vous cite l’ouvrage de Scahill sur Blackwater, ça n’est pas, bien sûr, par hasard. Une des pistes les plus sûres pour sucer – avidement et habilement – le sang des Libyens va être de leur facturer leur (in)sécurité au prix fort en faisant débarquer massivement leurs Sociétés militaires privées. Évidemment, celles-ci, prospérant sur la misère des pays où elles débarquent, seront les dernières à avoir intérêt à ce que la Libye retrouve sa prospérité d’avant-guerre. Et je ne vous parle pas de l’État-providence qu’avait mis en place Kadhafi. Avec un peu de chance, feu-la-Jamahiriya sera une pale copie de la Tunisie. En plus pauvre ! Au pire, une géhenne entre l’Afghanistan et la Somalie…

25/08/2011, Manifeste du Conseil Tribal Libyen, Silvia Cattori

"Par cette lettre au sommet extraordinaire Africain, se réunissant à Addis Abebas, les notables des tribus de l’Est de la Grande Jamahiriya confirment leur total rejet de ce qui est appelé le Conseil de Transition à Benghazi qui n’a pas été nommé ni élu par les représentants des tribus mais plutôt imposé par l’OTAN.
Ce qui est appelé le Conseil de Transition de Benghazi nous a été imposé par l’OTAN et nous le rejetons complètement. Est-ce la démocratie d’imposer des personnes par la force des armes aux gens de Benghazi, beaucoup d’ente elles n’étant même pas Libyennes ou issues de tribus libyennes mais viennent de Tunisie et d’autres pays.
Le Conseil Tribal affirme sa totale coopération avec l’Union Africaine et ses suggestions visant à aider à empêcher l’agression contre le peuple libyen…
Le Conseil Tribal condamne l’agression croisée contre la Grande Jamahiriya exécutée par l’OTAN et les forces arabes régressives ce qui constitue une importante menace contre les civils libyens alors qu’ils continuent à les tuer alors que l’OTAN bombarde des cibles civiles…
Nous n’acceptons pas et nous n’accepterons pas d’autorité autre que celle que nous choisirons par notre volonté libre c’est-à-dire par le Congrès du Peuple et les Comités des Peuples et la direction populaire sociale, et nous nous opposerons par tous les moyens à disposition aux rebelles de l’OTAN et à leur massacre leur violence et leur mutilation des cadavres."

25/08/2011, Manlio DINUCCI, A Tripoli les « rebelles » des forces spéciales OTAN, Silvia Cattori

Des forces spéciales de Grande-Bretagne, France et Qatar, écrit le New York Times (23 août 2011), sont en train de fournir un appui tactique aux forces rebelles et des conseillers de la CIA aident le gouvernement de Benghazi à s’organiser. Des commandos britanniques et français, confirme un officier supérieur de l’OTAN, sont sur le terrain avec les rebelles à Tripoli. Et, à la question de savoir si des agents de la CIA y sont aussi, l’officier répond qu’il en est certainement ainsi.
Tandis qu’elle poursuit ses attaques aériennes pour aplanir la route aux rebelles, l’OTAN conduit sur le terrain une guerre secrète pour s’assurer que, dans la Libye de l’après-Kadhafi, le pouvoir réel serait dans les mains des puissances occidentales, flanquées par les monarchies du Golfe. Dans ce cas les forces spéciales hisseront le drapeau du peacekeeping ("maintien de la paix") et porteront des casques bleus.

24/08/2011, Atilio BORON, ¿Libia: Sangre, sudor y lágrimas?, ArgenPress

El CNT, en suma, es un bloque reaccionario y oportunista, integrado por islamistas radicales, socialistas " (estilo Zapatero o Tony Blair"), nacionalistas (sin nación, porque Libia no lo es) y, como señala el analista internacional Juan G. Tokatlian, "bandidos, empresarios, guerrilleros y ex militares" para ni hablar del faccionalismo tribal y étnico que ha marcado desde siempre la historia de ese territorio sin nación que es Libia. Por eso no existen demasiadas razones para suponer que el CNT inaugurará un período democrático. Sus miembros no tienen mejores credenciales que Gadaffi y pesa sobre ellos la irredimible infamia de haber invitado a las potencias imperialistas a bombardear sus ciudades y aldeas para viabilizar su derrocamiento. Por eso, lo más probable es que una vez derrotado el régimen las sangrientas luchas intestinas y la ingobernabilidad resultante tornen inevitable para las potencias imperialistas entrar en otro pantano, como Irak y Afganistán, para establecer un mínimo de orden que permita organizar su rapiña. Desgraciadamente, lo que le espera a Libia no es la democracia sino un turbulento protectorado europeo-norteamericano y, como dijera Winston Churchill de su país en tiempos de la Segunda Guerra Mundial, sangre, sudor y lágrimas.

Lire aussi :
Revue de presse Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.

Revue de presse Libye 24/08/2011


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24/08/2011, Libye : La fin d’un dictateur, mais pas d’une dictature, Solidarité Ouvrière

Hier, les différents gouvernements français ont vendu les armes que Kadhafi a utilisé pour réprimer le soulèvement populaire, les compagnies pétrolières se servaient du régime de terreur pour exploiter des ouvriers sans droits, et l’Union Européenne utilisaient les prisons libyennes pour y enfermer les sans-papiers d’Afrique Subsaharienne… Le tyran était affaibli, l’impérialisme français a fait le choix du CNT, non pas pour que cela change en Libye, mais au contraire pour que tout continue comme avant, les profits du pétrole pour les capitalistes de Total, ceux de l’armement pour Dassault, et pour la population la répression, la misère et l’exploitation.

24/08/2011, Total, le grand gagnant de la guerre en Libye, L’Humanité

S’il y en a un qui doit se réjouir de l’issue de la guerre, c’est bien le géant pétrolier français qui est bien placé pour faire main basse sur une belle part de l’or noir libyen.
Qui était parmi les tous premiers Français à venir début mars à Benghazi encourager les insurgés libyens ? Un représentant de Total. Et l’entreprise peut aujourd’hui se frotter les mains : l’empressement de l’Elysée à reconnaître le CNT, comme à défendre l’intervention militaire a fait rentrer le groupe dans les bonnes grâces du futur régime.
Car si les insurgés libyens sont sur un champ de ruines politique, ils ont déjà réorganisé une filière du pétrole avec l’entreprise AGOCO. Celle-ci vient d’annoncer que les pays qui n’ont pas activement soutenu la rébellion se verraient certainement privés du marché pétrolier libyen.

24/08/2011, Les grandes puissances visent le contrôle des richesses de la Libye, Silvia Cattori

Sans perdre de temps, les occidentaux s’empressent d’imposer leur mainmise sur la Libye. Unilatéralement, l’Otan a déclaré vouloir prolonger sa mission dans ce pays et y installer plusieurs bases militaires. Le prétexte avancé par son chef Rasmussen : "Oeuvrer avec le peuple libyen, et avec le CNT".
En tout cas, les Libyens se préparent à payer la facture via leur secteur d’hydrocarbures, qui représente les plus grandes réserves du continent africain. "Nous n’avons aucun problème avec les pays occidentaux et des sociétés comme les sociétés italiennes, françaises et britanniques", a dit clairement Abdel Jalil Mayouf , le directeur des affaires médiatiques de la société du Golfe arabe, gérée par l’opposition libyenne.
Sans oublier de signaler les exclus de ces juteux contrats : "Mais peut-être y aurait-il des problèmes politiques avec la Russie, la Chine et la Chine", s’est-il empressé d’enchainer.
Le message est clair : seuls ceux qui ont participé à la chute du régime de Kadhafi seront récompensés. Il faut croire que pendant longtemps, le pétrole libyen n’appartient désormais plus aux Libyens !

24/08/2011, La course au pétrole a commencé, Presseurop

24/08/2011, Dmitri KOSSYREV, Kadhafi héros d’un film de fiction, RIA Novosti

Le mensonge en temps de guerre est depuis longtemps une arme utilisée par tous les combattants. L’histoire étrange de l’assaut raté de la capitale libyenne par les rebelles est un mensonge qui bat tous les records.

24/08/2011, L’information trop sérieuse pour être laissée aux journalistes – Des médias en guerre en Libye, Le Quotidien d’Oran

Une analyse objective de la situation sur le terrain et du rapport de forces militaires ne permet qu’une seule conclusion: le régime de Kadhafi est fini. Ce n’est plus qu’une question de temps. Mais dans une guerre les médias font aussi la guerre. En Irak, on avait fait le raccourci avec les «médias embedded» dans les chars de l’armée américaine. En Libye, les médias font, en fonction des intérêts de leur Etat, le même boulot guerrier.
L’écran de fumée est donc à double usage : mettre en valeur les forces rebelles et surtout masquer l’intervention, illégale aux yeux de la résolution du Conseil de sécurité, sur le terrain des forces spéciales occidentales.

24/08/2011, Ali YOUNES, Libye : le moment n’est pas encore venu de parader, Info-Palestine

Ce qui a permis à Kadhafi de survivre jusqu’ici et, éventuellement, lui permettra de faire durer ce combat dans les mois à venir est la nature hétéroclite de l’armée des rebelles, manquant d’expérience militaire et commandée par des responsables manquants d’expérience. Les capacités des rebelles au combat ont été assez désastreuses, malgré une rapide perfusion de formations pour leurs combattants par des forces spéciales de l’OTAN et des Etats-Unis dans les derniers mois.
En conséquence, les dirigeants rebelles en ont été réduits à compter sur le soutien militaire de l’OTAN pour pouvoir continuer à lutter contre les forces de Kadhafi, mieux équipées et mieux entraînées et pouvoir éviter que les territoires durement gagnés ne retombent aux mains des forces de Kadhafi. Les relations des rebelles avec l’OTAN et d’autres gouvernements occidentaux, cependant, sont celles d’une dépendance complète sans laquelle les rebelles n’auraient aucun espoir de chasser Kadhafi du pouvoir.

24/08/2011, Nuits et jours d’angoisse à Tripoli, Silvia Cattori

Pour Silvia Cattori, la vie de journalistes occidentaux est plus précieuse que celle du peuple libyen.

23/08/2011, Jules DUFOUR, L’Occident et sa « compassion » soudaine pour les peuples opprimés, Mondialisation

Les États-Unis et l’Union européenne ont introduit dans leur discours et leurs interventions un nouveau volet, soit celui de la compassion pour les peuples opprimés de ces pays. Cette variation nouvelle dans la voix de l’impérialisme nous a paru tout de suite extrêmement trompeuse quand on sait très bien que la nature de l’impérialisme n’a jamais été assortie de sentiments et de traitements humanitaires pour la majorité. Bien au contraire, la main mise sur les ressources a toujours passé par le contrôle et l’asservissement des peuples. La collaboration au développement de la puissance des empires est récompensée, tandis que la résistance est sévèrement punie ou tout simplement éradiquée.

23/08/2011, Rebel Forces Invade Qaddafi Compound, The New York Times [traduction Le Grand Soir]

23/08/2011, Manlio DINUCCI, L’OTAN à la conquête de Tripoli, Info-Palestine

Une photo publiée par le New York Times raconte, plus que beaucoup de paroles, ce qui est en train d’arriver en Libye : elle montre le corps carbonisé d’un soldat de l’armée gouvernementale, à côté des restes d’un véhicule brûlé, avec trois rebelles autour qui le regardent avec curiosité. Ce sont eux qui témoignent que le soldat a été tué par un raid de l’OTAN.
De plus, rapportent les fonctionnaires, "la Grande-Bretagne, la France et d’autres pays ont déployé des forces spéciales sur le terrain en Libye". Officiellement pour entraîner et armer les rebelles, en réalité surtout pour des tâches opérationnelles.
On voit ainsi émerger le cadre réel. Si les rebelles sont arrivés à Tripoli, c’est dû non pas à leur capacité de combat, mais au fait que les chasseurs-bombardiers, les hélicoptères et les Predator de l’OTAN leur ouvrent la voie, en pratiquant la terre brûlée. Au sens littéral du terme, comme le montre le corps du soldat libyen carbonisé par le raid OTAN. En d’autres termes, on a créé à l’usage des media l’image d’une résistance avec une force capable de battre une armée professionnelle.
Même si, évidemment des rebelles meurent dans les affrontements, ce ne sont pas eux qui sont en train de s’emparer de Tripoli. C’est l’OTAN qui, forte d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, est en train de démolir un Etat au motif de défendre les civils. De toute évidence, depuis qu’il y a un siècle les troupes italiennes débarquèrent à Tripoli, l’art de la guerre coloniale a fait de grands pas en avant.

23/08/2011, Libye : le concours de l’Otan est évident, RIA Novosti

La rébellion est appuyée par des "soldats de fortune" – ex-militaires de l’Otan au service des forces de sécurité informelle. Ils prennent part aux opérations terrestres et aux assauts des villes.
L’Otan a usurpé l’application de la résolution du Conseil de sécurité des Nation unies, a conclu M.Rogozine.

22/08/2011, C’est l’OTAN qui fait tout le travail militaire, pas les rebelles, Silvia Cattori

22/08/2011, La victoire de l’opposition libyenne signifie-t-elle la fin de la tragédie libyenne ?, Renmin Ribao

Il y a 5 mois, le but de l’opposition était unique, celui de renverser la domination de Kadhafei. Dès que le pouvoir de Kadhafei aura pris fin, l’opposition fera face à des problèmes plus compliqués et plus difficiles. C’est pourquoi quelles que soient les forces militaires entre les mains de Kadhafei, la prise de Tripoli par les forces armées de l’opposition n’est qu’un problème de temps. Mais ce n’est nullement la fin de la tragédie en Libye. Cela pourrait être très probablement le début d’une plus grande tragédie.

22/08/2011, Evitons un "succès catastrophique", Presseurop

Après des mois d’une guerre oubliée sur le pas de la porte de l’Europe, la défaite de Kadhafi va permettre à l’OTAN de sauver la face. En théorie. Dans les faits, elle ne sera pas facile à gérer. Si la Libye est abandonnée à son sort par une Europe aux prises avec sa crise financière, la victoire pourrait bien se solder par un échec. "Un succès catastrophique", selon l’expression cynique et pessimiste qui circule à Bruxelles.
Les précédents – des Balkans à l’Afghanistan – ont montré les coûts et les risques de l’après-guerre. Dans le cas de la Libye, le premier risque est que la chute de Kadhafi prépare un nouveau cycle de violences, laissant les civils exposés et que le vaste front des "vainqueurs" soit submergé par des règlements de comptes (passés et présents).
Comment la sécurité sera-t-elle assurée ? Il est déjà clair que les Etats-Unis, après avoir participé à contrecœur aux opérations militaires, ne souhaitent que se dégager. Barack Obama n’a nullement l’intention de fournir les hommes, ni des aides économiques pour la gestion d’un problème qu’il considère comme faisant partie des responsabilités européennes.
L’Europe, qui avec Paris et Londres a piloté l’intervention militaire – exposant ainsi toutes les limites de ses capacités – passera la main à son tour. Son intention est d’appuyer les hypothèses, en discussion à l’ONU, d’une mission d’aide technique initiale confiée à des contingents arabes et sud-africains. Résultat : dans l’après-Kadhafi, le rôle de pays tels que la Turquie et les monarchies du Golfe va s’accroître. Sur le plan formel, les responsabilités en matière de sécurité incomberont aux libyens eux-mêmes. Avec des résultats incertains, naturellement. Y compris pour les intérêts européens.

22/08/2011, Une "victoire" perplexe, Dedefensa

Pour faire court pour ce qui concerne notre appréciation, nous dirons que nous ne savons pas si, demain, l’ordre régnera à Tripoli, ou si le désordre emportera la Libye. Mais nous savons bien une chose, assurée d’ores et déjà, c’est que le désordre règne plus que jamais dans les pensées et spéculations des "vainqueurs", les parrains-Système de la "victoire" de la démocratie et de la liberté en Libye. Pour cette raison, on ne fera pas de l’affaire libyenne, au stade où elle en est, un événement essentiel en soi, mais une étape de plus de l’effondrement du Système dans son propre désordre. C’est ainsi, comme dit le poète, que les "victoires" ont parfois, toute réflexion faite, un goût amère, et que celle-ci aurait pu tout aussi bien être remportée par Pyrrhus…

22/08/2011, Vers la fin du régime de Mouammar Kadhafi, France Culture

Bizarres ces "libérateurs" de la Libye qui parlent français et anglais… silence radio sur les troupes de l’OTAN et les mercenaires qui font le travail !

22/08/2011, Libye : les revirements de la diplomatie française, France Inter

Invité en grande pompe de Nicolas Sarkozy, Mouammar Kadhafi avait planté sa tente bédouine dans la cour de Marigny. Quatre ans après, Nicolas Sarkozy est devenu le bourreau du Guide de la révolution.

21/08/2011, Morts libyennes, silence médiatique, Acrimed

20/08/2011, Washington planifie une occupation prolongée d’une partie de la Libye, Réseau Voltaire

Alors que les télévisions atlantistes annoncent la chute imminente de Mouammar Kadhafi, Thierry Meyssan —présent à Tripoli— dénonce une intoxication. Selon lui, la guerre est autant psychologique que militaire. Les mensonges de la propagande visent à provoquer l’implosion de l’État libyen, l’objectif final n’étant plus de gouverner le pays, mais au contraire d’y installer le "chaos constructeur" au détriment de la population civile, afin de débuter le "remodelage de l’Afrique du Nord".

18/08/2011, Jean BRICMONT, Diana JOHNSTONE, Qui peut sauver la Libye de ses sauveurs occidentaux ? Pas la gauche française, Le Grand Soir

En mars, une coalition de puissances occidentales et d’autocraties arabes se sont unies pour soutenir ce qui était présenté comme une sorte de petite opération militaire pour "protéger les civils libyens".
Le 17 mars, le conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1973 qui donnait à cette "coalition de volontaires" un peu particulière le feu vert pour commencer leur petite guerre, en contrôlant d’abord l’espace aérien libyen, ce qui permit ensuite de bombarder ce que l’OTAN a choisi de bombarder. Les dirigeants de la coalition espéraient manifestement que les citoyens libyens reconnaissants sauteraient sur l’occasion fournie par cette "protection" vigoureuse pour renverser Mouammar Kadhafi qui, prétendait-on, voulait "tuer son propre peuple". En se basant sur l‘idée que la Libye était divisée de façon nette entre "le peuple" d’un côté et "le mauvais dictateur" de l’autre, on s’attendait à ce que ce renversement se produise en quelques jours. Aux yeux des occidentaux, Kadhafi était un dictateur pire que Ben Ali en Tunisie ou Moubarak en Égypte qui étaient tombés sans intervention de l’OTAN et donc Kadhafi aurait dû tomber beaucoup plus vite.
Cinq mois plus tard, il est devenu évident que toutes les suppositions sur lesquels cette guerre se fondait étaient plus ou moins fausses. Les organisations de défense des droits de l’homme ne sont pas arrivées à trouver des preuves des "crimes contre l’humanité" soi-disant commis par Kadhafi contre "son propre peuple". La reconnaissance du Conseil National de Transition (CNT) comme "seul représentant légitime du peuple libyen" par les gouvernements occidentaux, qui était pour le moins prématurée, est devenue grotesque. L’OTAN s’est engagée dans une guerre civile, tout en l’exacerbant, et sans la faire sortir de l’impasse.
Ce que la gauche et la droite pro-intervention ont en commun est la conviction que "nous" (c’est-à-dire "l’Occident démocratique civilisé") avons le droit et la capacité d’imposer notre volonté à d’autres pays. Certains mouvements français (comme le MRAP) qui vivent littéralement de l’exploitation de la culpabilité à propos du racisme et du colonialisme, semblent avoir oublié que beaucoup de conquêtes coloniales se sont faites contre des satrapes, des princes indiens et des rois africains qui étaient dénoncés comme autocrates (ce qu’ils étaient) et ils ne se semblent pas se rendre compte qu’il y a quelque chose d’un peu incongru, pour des organisations françaises, de décider qui sont les "représentants légitimes" du peuple libyen.

Lire aussi :
Revue de presse Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.

Hommage aux 1400 civils tués en Afghanistan en 2011


Alors que la droite et la gauche célèbrent leur Union sacrée contre l’Afghanistan et la Libye, la MANUA dévoile le chiffre de 1400 civils tués en Afghanistan en 2011 – en hausse de 15% par rapport à celui de l’année dernière sur la même période. Cette source occidentale attribue la responsabilité de 80% des civils tués aux "insurgés" – terme révélateur de la propagande qui excuse les troupes étrangères.

La propagande guerrière publie le décompte à l’unité près (2571) des pertes militaires des forces occidentales, mais passe sous silence les dizaines de milliers de civils tués. Même les organisations internationales, dont c’est le travail, ne font pas le décompte exact des morts et des blessés Afghans car ces gens-là ne comptent pas…

La même propagande justifie la guerre coloniale contre la Libye pour "pour obtenir des contrats de reconstruction avec les autorités qui auront été mises en place à l’issue de la guerre" dans l’indifférence quasi générale… Dans les médias, le débat ne se situe pas au niveau des ambitions, mais des moyens militaires [1].

16/07/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• On estime à 3767 au moins le nombre de civils tués par les bombardements américains, RAWA.
Dossier documentaire & Bibliographie Afghanistan, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Libye, Monde en Question.


[1] Lire :
• Défense : l’armée française à bout de force ?, France 24.
• Débat et vote de l’Assemblée nationale française sur l’intervention des forces armées en Libye, Réseau Voltaire.
• Les députés français votent la guerre, Réseau Voltaire.
• La gauche et la droite votent au parlement la poursuite de la guerre en Libye, WSWS.

Les égarements de Wallerstein (II)


Immanuel Wallerstein, qui n’a pas corrigé ses précédentes erreurs, poursuit son analyse sur "le conflit qui se déroule depuis un mois en Libye" en invoquant La grande diversion libyenne.

Selon lui "la deuxième révolte arabe" "est la continuation de l’esprit de la révolution mondiale de 1968". Immanuel Wallerstein s’embourbe dans cette comparaison non fondée pour enfiler des perles en répétant des lieux communs ou en plaquant sa thèse sur les événements :

Ils ont également protesté contre la structure même du système-monde et contre les voies par lesquelles leurs dirigeants ont été soumis aux pressions de forces extérieures.

Tout l’article repose sur la croyance que "les Saoudiens ont cherché à modifier la politique étrangère américaine plutôt que le contraire" :

Ce que les Saoudiens voulaient et ce qu’ils ont obtenu, c’est une grande diversion par rapport à ce qu’ils considéraient comme le plus urgent et ce qu’ils étaient en train de faire : la répression de la révolte arabe, surtout en ce qu’elle affectait en premier lieu l’Arabie saoudite elle-même, les pays du Golfe ensuite, le reste du monde arabe enfin.

Où sont les preuves de ce scénario ? Dans l’affirmation d’Immanuel Wallerstein : "Est-ce que quelqu’un aux États-Unis téléphona en Arabie saoudite pour en faire la demande ? Je crois que ce fut plutôt l’inverse."
Où sont les preuves de sa croyance ? Dans sa réputation au sein du microcosme altermondialiste !

02/05/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi : Dossier documentaire & Bibliographie Immanuel WALLERSTEIN, Monde en Question.

Les choses se compliquent de plus en plus en Libye


Sans fin en vue, la situation en Lybie est en train de tourner au désastre humanitaire avec des conséquences étendues.

Après des semaines de combats en dents de scie, le conflit lybien semble être arrivé à un point mort. Les alliés occidentaux semblaient tenir pour acquis qu’ils pourraient intervenir et chasser le dirigeant lybien Mouammar Kadhafi par le biais de frappes aériennes.

Mais même avec l’aide des bombardements alliés, les forces rebelles se sont montrées incapables de prendre un avantage apparent sur les troupes gouvernementales.

En fait, avec l’augmentation du nombre des pertes civiles et un désastre humanitaire qui va grandissant, les opérations militaires occidentales n’ont réussi qu’à convaincre quelques rebelles que l’opposition est en train de trahir les intérêts nationaux et qu’elle recourt aux puissances occidentales pour renforcer ses propres intérêts.

L’impotence politique de l’opposition apparait progressivement. Car à part accuser le régime de Kadhafi de corruption et de dictature, elle n’a trouvé aucun autre argument convaincant permettant de remettre sa légitimité en cause.

L’opposition est composée d’un grand nombre de factions luttant pour le pouvoir, ce qui a sapé l’unité des rebelles, et les alliés occidentaux craignent que dans une ère post-Kadhafi, l’opposition soit incapable de restaurer l’ordre.

Pour les alliés, une intervention militaire qui s’éterniserait aurait pour résultat inévitable un nombre croissant de pertes civiles et de graves problèmes humanitaires, comme la destruction des infrastructures civiles, un afflux de réfugiés et une pénurie de nourriture et de soins médicaux. Ce qui permettrait au régime de Kadhafi de faire tout un ramdam sur la misère du peuple lybien et de proclamer que les souffrances du peuple ont été causées par l’Occident et que la seule porte de sortie est de revenir au statu-quo ante.

Une intervention militaire des alliés qui s’éternise pourrait aussi consolider les sentiments anti-guerre dans leurs propres pays, et du fait de la crise financière et de la situation fiscale déjà difficile dans les pays occidentaux, les alliés ne pouvant financer de manière infinie leur opérations militaires sur le terrain.

Après avoir encaissé les frappes aériennes des alliés et les attaques de l’opposition, Kadhafi a eu tôt fait de débuter une offensive diplomatique. Il n’a épargné aucun effort pour obtenir le soutien des pays voisins de l’Union Africaine et a utilisé le fait que la Lybie, en tant que pays africain, souffre d’une intervention étrangère pour réveiller la flamme de sentiments anti-colonialistes latents. Le leader lybien souhaite voir toute l’Union Africaine soutenir sa légitimité.

En Afrique, le gouvernement de Kadhafi est de plus en plus considéré comme le porte-drapeau du combat contre l’intervention colonialiste occidentale. La Lybie est en train de devenir la ligne de front des pays africains contre les ingérences occidentales, plutôt qu’un endroit où les Nations-Unies ont donné mandat pour l’instauration d’une zone d’interdiction de vol destinée au maintien de la paix, qui avait pour but d’empêcher que les civils lybiens ne soient attaqués par le régime de Kadhafi.

Plus longtemps les pays occidentaux seront entraînés dans le conflit intérieur de la Lybie, et plus les sentiments anti-interventionnistes de l’Afrique se renforceront, avec pour résultat que la légitimité politique de l’opposition lybienne se réduira plus encore, obligeant l’Occident à entreprendre des opérations encore plus étendues en Lybie, ce qui les conduira en fin de compte à s’enliser en Afrique.

Comparée avec l’unité croissante de l’Afrique, la fragmentation du monde arabe pourrait porter préjudice aux espoirs de trouver une solution à la situation en Lybie. S’agissant du problème lybien, les pays arabes semblent plongés dans la confusion.

Ils ont d’abord essayé d’inciter les pays occidentaux à intervenir dans le conflit lybien et tenté de laisser Kadhafi servir de mouton à sacrifier pour tous les troubles du Moyen-Orient, en particulier ceux qui font face à la pression de la révolte de leur propre peuple.

Mais quand Kadhafi a commencer à résister aux frappes militaires des alliés, la Ligue Arabe a commencé à se démarquer légèrement de l’Occident pour éviter d’être étiquetée comme « traitre aux intérêts arabes » par ses peuples. Ceux des pays, rares, qui suivent avec fermeté les traces des occidentaux pourraient fort bien connaître le prix de la colère du monde arabe dans le futur.

Plus largement, la crise lybienne a causé une division du monde arabe en trois parties. Ceux qui se sont tournés vers l’Afrique, ceux qui se sont tournés vers l’Iran et ceux qui se sont tournés vers l’Occident. Avec pour résultat que l’influence du monde arabe dans les affaires du monde en a été encore réduite.

L’implication croissante de l’Occident, combiné avec les relations complexes entre pays de la région et les conflits et rancoeurs religieuses et tribales, tout cela risque de compliquer plus encore la situation et de rendre plus difficile encore l’établissement de la paix dans la région.

Renmin Ribao

Libye – Revue de presse internationale (5)


Des points d’interrogation majeurs demeurent concernant l’intervention en Libye, Xinhua, 26/03/2011.

Le premier point d’interrogation porte sur l’objectif de l’intervention. La résolution de l’ONU, adoptée le 17 mars, a établi comme objectif de protéger les civils libyens par tous les moyens nécessaires. Mais un débat intense a été lancé ensuite sur la nécessité de forcer ou non un changement de direction dans ce pays.

Soulignant les voix divergentes au sein de l’OTAN sur la question de savoir si l’opération devait évincer le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, le docteur Alexis Crow, du think tank Chatham House, basé à Londres, a estimé que le bloc militaire occidental devait indiquer si la Libye était dans "un conflit tribal ou dans une guerre pour la démocratie."

Un autre point d’interrogation porte sur les troupes du gouvernement libyen qui se cachent dans les villes pour se protéger contre les frappes aériennes, un déploiement des troupes terrestres dans le pays d’Afrique du Nord étant exclu.

Le commandement et le contrôle de l’opération multinationale constitue également un problème. L’OTAN avait convenu de prendre le commandement des efforts visant à mettre en oeuvre une zone d’exclusion aérienne et un embargo d’armes, mais l’alliance fait face aux conflits internes sur la prise en charge des opérations offensives.

Les raids militaires contre les objectifs libyens sont encore dirigés par les Etats-Unis, qui, selon Mme Crow, sont épuisés "aussi bien matériellement que du point de vue idéologique en termes d’intervention militaire".

Accord pétrolier entre le Qatar et les insurgés libyens, Reuters-Yahoo! Actualités, 27/03/2011.

Le Qatar a donné son feu vert aux rebelles libyens pour commercialiser le pétrole extrait dans l’est du pays, contrôlé par les opposants à Mouammar Kadhafi, a-t-on appris dimanche des insurgés.

"Nous avons conclu un accord avec le Qatar. La prochaine expédition (de pétrole) aura lieu dans moins d’une semaine", a déclaré Ali Tarhouni, porte-parole pour les questions économiques, pétrolières et financières du gouvernement rebelle.

"Nous avons contacté la compagnie pétrolière du Qatar et heureusement ils nous ont donné leur accord pour prendre tout le pétrole que nous voulons exporter et le commercialiser pour nous", a-t-il ajouté.

Un expert norvégien inquiet des éventuelles retombées de la guerre contre la Libye, Xinhua, 27/03/2011.

La Libye pourrait finir divisée, avec deux régimes de facto fonctionnant côte à côte, alors que la campagne militaire dirigée par l’Occident contre la Libye devrait durer des mois voire des années, a mis en garde samedi un expert norvégien.

Dans une interview accordée samedi à Oslo à l’agence Xinhua, Helge Luraas, chercheur à l’Institut norvégien des affaires internationales, a indiqué : "Je pense que la guerre en Libye va traîner pendant un certain temps, parce que la situation que nous avons est bloquée et celle-ci semble se poursuivre. Je crains que la coalition internationale doive renforcer la zone d’exclusion aérienne pour des mois, voire des années".

Evoquant la perspective de l’opération militaire en cours contre la Libye, M. Luraas a estimé qu’il était difficile d’expulser du pouvoir le Colonel Mouammar Kadhafi et que celui-ci semblait disposer de forces supérieures sur le terrain.

Selon lui, l’Otan n’est pas prête à déployer des troupes sur le terrain. "Je doute fermement que les rebelles soient en mesure de faire des progrès significatifs contre Kadhafi".

En ce sens, il pourrait y avoir une sorte de division en Libye avec deux régimes de facto fonctionnant côte à côte, a-t-il ajouté.

"Mais je crains que ce ne soit pas une situation très stable non plus. Tout d’abord, il y aura des accusations disant que l’Occident est intervenu afin de s’emparer du pétrole de la Libye, comme la plupart des ressources pétrolières du pays se situent dans la partie orientale, occupée par les rebelles", a-t-il expliqué.

Libye : un jour d’intervention coûte à Washington 100 M USD, RIA Novosti, 27/03/2011.

Chaque jour d’opération militaire menée depuis le 19 mars en Libye coûterait au budget américain la bagatelle de 100 millions de dollars, affirme la ressource Internet Market place.

Selon Daily News Journal, un peu plus d’une semaine d’intervention militaire pèse plus d’un milliard de dollars aux contribuables américains.

Toutefois, selon le Centre des évaluations budgétaires et stratégiques (CSBA), le coût d’une semaine de participation au conflit libyen n’excède pas 300 millions de dollars.

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