Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Guy DEBORD contre le cinéma


La force du capitalisme est sa propension à récupérer les idées, mêmes les plus subversives, en les marchandisant. Ainsi, la BNF organise une exposition et édite un catalogue sur Guy Debord, pourfendeur de la société du spectacle. À 7 euros l’entrée et 39 euros le catalogue, l’opération commerciale s’avère juteuse.

Parmi ceux qui rendent aujourd’hui hommage à Guy Debord après l’avoir ignoré ou méprisé, il y a un certain Philippe Sollers qui pratique l’art du détournement pour faire son propre éloge.

Guy Debord a fait de son existence tout entière, avec un acharnement remarquable, jusqu’à la suppression de soi, une épreuve de liberté constante. En n’adhérant jamais à rien, et en restant toujours dans une position de clandestinité, autrement dit de guerre. Ce qui est impressionnant, chez lui, c’est cette fermeté, cette tenue. Ses façons de procéder sont absolument différentes des miennes – je n’ai pas choisi, comme lui, la position du retrait, plutôt celle de l’utilisation à haute dose de la technique médiatique, mais le but est le même.
Télérama, 26/03/2013

Sollers se garde bien de rappeler qu’il fut idolâtre de Mao alors que l’Internationale situationniste fut l’une des rares organisations à dénoncer la "pseudo-révolution pseudo-culturelle" (Le point d’explosion de l’idéologie en Chine).

Mais Guy Debord fut-il aussi subversif que le prétendent ses ex-ennemis convertis en amis ou les marchands de l’indignation ?
Il fut surtout un dilettante qui ambitionnait à la succession du surréalisme via l’Internationale lettriste puis l’Internationale situationniste. Mais, comme André Breton, il pratiqua l’exclusion puis la dissolution d’un mouvement qui lui échappait.

• Paris, 1953, au fond de la rue de Seine, un jeune homme écrit sur un mur en hautes lettres : NE TRAVAILLEZ JAMAIS ! Guy Debord n’a jamais travaillé (BNF).
• Guy Debord, Le surréalisme est-il mort ou vivant in Enregistrements magnétiques
• Guy Debord, Histoire de l’Internationale lettriste in Enregistrements magnétiques

Guy Debord, comme il l’écrit lui-même, "n’a effectivement rien fait et presque rien voulu faire" (Les erreurs et les échecs de Guy Debord).

On parle avec respect de M. Debord qui a imputé à la société dans son ensemble tous les échecs et toutes les faillites – comme s’il avait lui même réussi une seule fois quelque chose, à l’exception de cette manœuvre stratégique par laquelle il s’est placé comme au-dessus de son époque et de tout examen de sa conduite…
Ce pur nihiliste n’a voulu que détruire et n’a rien fait d’autre. Ils ont été bien déçus, ceux qui lui ont fait confiance sur une perspective positive : les artistes en 1960 et les révolutionnaires dix ans après…

M. Debord a commencé sa carrière en annonçant que l’art était mort et l’a prouvé par ses propres œuvres, qui en effet ne sont pas tombées dans l’inconséquence de se faire reconnaître comme des œuvres d’art.

"Son activité cinématographique" est "égale à moins que rien". Guy Debord a raison car il faut être idolâtre ou masochiste pour regarder Hurlements en faveur de Sade. Ce long métrage (1h03), complètement dépourvu d’images, alterne un texte récité en voix-off sur un écran blanc avec un écran noir sans son. L’écran noir sans son occupe de plus en plus d’espace-temps jusqu’à phagocyter les vingt dernières minutes de ce non-film. Tous les autres films de Guy Debord sont constitués d’un texte récité sur un ton monocorde en voix-off et des collages de scènes d’actualité, de publicités (beaucoup de pin-up), d’extraits de films célèbres.

En 1917, Marcel Duchamp avait aboli l’art en achetant un urinoir industriel dans un magasin à New York et en y ajoutant l’inscription "R. Mutt 1917", façon d’affirmer "ceci est de l’art", pour l’exposer. L’urinoir original ayant disparu, il reste aujourd’hui des répliques réalisées à l’initiative de marchands d’art ou de commissaires d’exposition du vivant de Marcel Duchamp et avec son accord. Les gogos admirent une réplique, exposée au Musée d’art moderne du Centre Georges Pompidou. Une autre réplique a été vendu aux enchères par Sotheby’s pour la somme de 1,677 million d’euros.

Marcel Duchamp ayant acté la mort de l’art bourgeois et André Breton celle de l’art "révolutionnaire", il ne restait plus d’espace dans ce champ de ruines pour un Guy Debord sinon un écran noir sans son et son auto-critique.

M. Debord a dit quelques vérités sur le spectacle, mais il a eu bien tort d’en tirer des conclusions révolutionnaires.
Les erreurs et les échecs de Guy Debord

06/05/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Exposition :
• Debord à la BNF : situ veux ou situ veux pas ?, Politis, 17/04/2013.
• Guy Debord : ni retour ni réconciliation, France Culture, 18/04/2013.
• Guy Debord (1931-1994), France Culture, 20/04/2013.
• Projection privée : autour de Guy Debord, France Culture, 04/05/2013.

Cinéma :
• Le cinéma sans cinéma ou l’œuvre fantomatique de Guy Debord, Télérama, 23/03/2013.
• Antoine COPPOLA, Introduction au cinéma de Guy Debord et de l’avant-garde situationniste, Sulliver, 2006 [BooksGoogle].
• Fabien DANESI, Le cinéma de Guy Debord ou la négativité à l’œuvre (1952-1994), Expérimental, 2011 [Entretien - Études photographiques - Kinok].
• Guy DEBORD, Hurlements en faveur de Sade, 1952, Télécharger.
• Guy DEBORD, Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps, 1959, Télécharger.
• Guy DEBORD, Critique de la séparation, 1961, Télécharger.
• Guy DEBORD, La société du spectacle, 1973, Télécharger.
• Guy DEBORD, Réfutation de tous les jugements, tant élogieux qu’hostiles, qui ont été jusqu’ici portés sur le film « La Société du spectacle », 1975, Télécharger.
• Guy DEBORD, In girum imus nocte et consumimur igni, 1978, Télécharger.
Guy Debord, son art, son temps, 1994, Télécharger.

Lire aussi :
Revue de presse Cinéma 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.

Chiffres et nombres dans l’argumentation politique


Il n’est bien sûr nul besoin de rappeler que dans statistique, il y a État. On sait le faible apport de l’étymologie à l’étiologie. Il faut donc se demander pourquoi les nombres sont omniprésents dans le discours politique – et donc bien au-delà du discours étatique. Sur ce point, la littérature est abondante, marquée notamment par l’œuvre d’Alain Desrosières (1993, 2008).

Il y a un siècle déjà, Max Weber voyait dans une rationalisation croissante de l’action publique une caractéristique majeure des États modernes. La bureaucratie qui incarne ce mouvement historique tire sa légitimité de sa compétence – un savoir et un savoir-faire, une science et une technique, qui se nourrissent de chiffres. Ceux-ci vont devenir un marqueur déterminant du langage qu’elle utilise. Le tournant dit « néolibéral » de ces dernières décennies, tout entier fondé sur l’hégémonie supposée de la rationalité individuelle, va placer l’évaluation des performances au cœur de l’action publique. Plus largement, l’impression domine de nos jours que les chiffres ont colonisé le politique sous toutes ses formes. Si l’on « gouverne par les instruments » (Lascoumes, Le Galès, 2004), et notamment par l’instrument statistique, ce sont tous les acteurs politiques qui manient les données quantifiées dans tous les compartiments de leur jeu.

Comme un clin d’œil à cette tendance lourde de l’évolution du discours politique, ce numéro spécial, le centième de la revue, est consacré aux chiffres et aux nombres en politique. Cette thématique a suscité une forte adhésion de la part de chercheurs venant d’horizons disciplinaires différents. L’éclairage vient à la fois des sciences du langage, de la communication et du politique, et porte sur des objets, des époques et des lieux particulièrement variés. Les supports discursifs, de forme écrite ou orale, sont nombreux : discours officiels (discours sur l’état de l’Union, discours des Pères fondateurs de la République), institutionnels (comptes rendus des débats du Parlement), discours publics sur des questions de société de dimension nationale ou internationale, documents issus de négociations électorales locales, textes historiques…

Mais l’objectif est toujours le même. Il s’agit de prendre la mesure de la place des nombres dans les discours politiques, et plus spécialement de leur portée argumentative, à travers des études qui nous parlent d’évaluation, de palmarès (Bouchard, 2008), de pourcentages, d’indices, de tableaux et de graphiques, de batailles de chiffres et de luttes des nombres.

Lire la suite… Le langage des chiffres en politique in Mots. Les langages du politique nº100, 2012.

Lire aussi : Dossier documentaire Statistiques & Sondages, Monde en Question.

Les femmes ignorées des féministes


Alors que les féministes françaises proclament que le happening des Femen serait le nec plus ultra de la libération des femmes, elles ignorent totalement les luttes sociales. Elles ignorent ou méprisent par exemple le combat des Palestiniennes.

Trois femmes pales­ti­niennes du petit village de Nabi Saleh, situé à 25 km de Ramallah vien­dront nous parler de leur quotidien. A Nabi Saleh, ce n’est pas la construction du "mur" qui a été le déclen­cheur conduisant à la consti­tution d’un Comité de résis­tance, mais l’expansion de la colonie israé­lienne voisine de Hal­lamish qui se déve­loppe depuis 1977 en dépos­sédant les paysans de leurs terres. La par­ti­cu­larité de Nabi Saleh est la pré­sence des femmes, qui jouent un rôle très important dans la prise de déci­sions et la conduite des actions.
AFPS

Obsédées par la mise en scène spectaculaire de leur cul, elles ignorent ou méprisent aussi les Afghanes comme Malalaï JOYA. Lire l’hommage et le dossier qui lui sont consacrés.

D’un point de vue plus général, il conviendrait, ce qui n’est pas politiquement correct en France, de dire féminismes pour rendre compte de "leur pluralité historique, idéologique et politique et dans leurs expressions pratiques et théoriques" (Delphine GARDEY (sous la direction de), Le féminisme change-t-il nos vies ?, Textuel, 2011).

En France au contraire de la Grande-Bretagne par exemple, les féministes ont été quasi absentes de la lutte pour le droit de vote des femmes pour des raisons sociologique et politique : "femmes issues de la bourgeoisie parisienne" pour l’essentiel. Ainsi, ce droit leur fut octroyé le 21 avril 1944 par le Comité français de la Libération nationale dirigé par le général de Gaulle.

04/04/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Articles Femmes Afghanes, Monde en Question.
Articles Femmes Palestiniennes, Monde en Question.
Dossier documentaire Féminismes-Masculismes, Monde en Question.

Jagten vs Présumé coupable


Ces deux films traitent de la descente en enfer d’un homme accusé à tort de pédophilie, tabou absolu du monde contemporain, et posent la question de la sacralisation de la parole de l’enfant qui peut conduire aux pires excès.

Jagten – La chasse

Lucas, abattu par son divorce, tente de se reconstruire auprès de sa bande de copains chasseurs et bons buveurs. Éducateur dans la crèche de la ville, il tisse une relation très forte avec Klara, la fille dun de ses amis, perturbée par les nombreuses disputes de ses parents. Mais Klara idéalise Lucas et lorsqu’il la repousse, sentant qu’elle transfère sur lui l’amour parental qui lui manque, la fillette évoque des attouchements fantaisistes auprès des adultes qui l’entourent. Se répandant comme une traînée de poudre, laccusation met Lucas au ban de la communauté, lisolement qu’il subit se transformant vite en véritable chasse à l’homme.

Malgré la présence de Mads Mikkelsen, excellent acteur, le film s’enlise. La descente aux enfers est crédible, mais pas le retournement après le miracle de la messe de Noël. Cela souligne l’emprise de l’église sur la société danoise :

Dans la Constitution il est écrit que "l’Eglise évangélique luthérienne est l’Eglise du peuple danois" et qu’elle est soutenue par l’État.
Lorsque l’on est baptisé à l’Eglise Danoise, on en devient automatiquement membre, mais chacun est libre de s’en retirer par la suite. Néanmoins, 90% des Danois sont membres de l’Eglise Danoise. Un enfant baptisé reçoit un certificat de naissance et de baptême où sont inscrits son lieu de naissance, sa date de naissance son numéro personnel (plus ou moins comme celui de la sécurité sociale) ainsi que l’identité de ses parents. Si l’on ne souhaite pas faire baptiser son enfant à l’Eglise Danoise, on doit tout de même s’adresser à un de ses bureaux pour recevoir l’attestation de naissance et d’identité. L’enfant n’est alors pas membre de l’Eglise Danoise, mais tous les enfants doivent avoir leur numéro personnel, un numéro que seule l’Eglise Danoise est habilitée à délivrer. L’attestation de naissance et d’identité contient le nom de l’enfant, son numéro personnel, ses lieu et date de naissance ainsi que l’identité de ses parents, et éventuellement si l’enfant est baptisé dans une autre Eglise.
Serge LEFORT, La guerre des images, Monde en Question

Quant à l’incident de chasse, réel ou imaginaire, il est une pirouette trop facile : "L’épilogue énigmatique est un écran de fumée qui masque mal tout ce à quoi le cinéaste est prêt pour mettre les spectateurs dans sa poche" (Télérama).

Thomas VINTERGERG, Jagten – La chasse, 2012, AlloCinéTélécharger VOSTFR.

Présumé coupable

L’histoire de l’affaire d’Outreau, a priori connue de tous, est racontée ici du point de vue de Alain Marécaux, l’un des accusés. Il évoque surtout l’engrenage policier et judiciaire, mais ne parle pas du rôle pourtant important des médias.

La performance de Philippe Torreton est impressionnante car sa descente aux enfers est aussi terrible que l’aveuglement de la machine judiciaire conduite par le juge Fabrice Burgaud. Le spectateur, qui sait que l’accusation est fausse, est saisi d’effroi par la perquisition musclée qui brisera cette famille car la femme divorcera et les enfants resteront éloignés de leur père, puis par la longue incarcération dans l’attente du procès en Cour d’assises.

On sait que les accusés David Brunet, Lydia Cazin-Mourmand, Jeanine Couvelard, Thierry Dausque, Karine Duchochois, Christian Godard, Roselyne Godard, Franck Lavier, Sandrine Lavier, Daniel Legrand (père), Daniel Legrand (fils), Alain Marécaux, Odile Marécaux, Pierre Martel et Dominique Wiel furent acquittés. Ils ont eu l’occasion de s’exprimer lors de l’enquête parlementaire, en 2006, et furent indemnisées pour cette erreur judiciaire, mais leur vie resta brisée alors que Fabrice Burgaud ne souffrit que d’une "réprimande avec inscription au dossier" en 2009.

Vincent GARENQ, Présumé coupable, 2011, AlloCinéTélécharger VF.

26/03/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Jagten – La chasse :
Critikat
Ecran large Interview de Thomas Vinterberg
Le Monde
RFI

Présumé coupable :
Critikat
Le Monde
Rue89

Affaire d’Outreau :
• 2004, Les durs enseignements d’outreau, Le Carnet PSY nº92.
• 14/12/2005, "Affaire d’Outreau" : Après le "délire" médiatique, l’amnésie collective, Acrimed.
18/01/2006-09/02/2006, Auditions ouvertes à la presse, Assemblée Nationale.
• 02/02/2006, Serge LEFORT, La voie royale de l’apolitisme, Monde en Question.
Ardente avocate des valeurs familiales et du néo-puritanisme de la droite, Marie-Ségolène Royal devra justifier ses déclarations dans l’affaire d’Outreau.
Plaçant toujours la parole de l’enfant au-dessus de la présomption d’innocence, Ségolène Royal a, à maintes reprises, soupçonné les défenseurs de la présomption d’innocence de vouloir "couvrir les pédophiles".
• mars-avril 2006, Outreau, faillite judiciaire et peur des réseaux, Esprit nº3-4, p.6-7.
• avril 2006, Julie Joly-Hurard, La responsabilité civile, pénale et disciplinaire des magistrats, Revue internationale de droit comparé Vol. 58 n°2, p.439-475.
mai 2006, Rapport de l’Inspection Générale des Services Judiciaires, Ministère de la justice, 151 pages.
06/06/2006, Rapport de la commission d’enquête chargée de rechercher les causes des dysfonctionnements de la justice dans l’affaire dite d’Outreau et de formuler des propositions pour éviter leur renouvellement Assemblée Nationale, 628 pages.
• octobre 2006, Guy Canivet, Julie Joly-Hurard, La responsabilité des juges, ici et ailleurs, Revue internationale de droit comparé Vol. 58 n°4, p.1049-1093.
• 08/12/2006, La presse et Outreau (2001-2006), Le Tigre.
• janvier 2007, Outreau : anatomie d’une aberration judiciaire, Le Débat nº143.
• janvier 2007, Michelle Lecolle, Polysignifiance du toponyme, historicité du sens et interprétation en corpus. Le cas de Outreau, Corpus nº6, p.101-125.
• mars 2007, Justice – L’après-Outreau, Études tome 406, p.333-345.
• juillet 2007, Claudio Parisi, L’extension du système de juge unique en Europe, Revue internationale de droit comparé Vol. 59 n°3, p.647-671.
janvier 2008, Parole(s) : l’affaire d’Outreau, Droit et cultures nº55.
• janvier 2008, Roselyne Koren, Éthique de conviction et/ou éthique de responsabilité, Questions de communication nº13, p.25-45.
• janvier 2008, Gilles Bastin, Une exception d’irresponsabilité ? – Médias et journalistes dans l’affaire d’Outreau, Questions de communication nº13, p.89-107.
• janvier 2009, Jean-Louis Halperin, La preuve judiciaire et la liberté du juge, Communications nº84, p.21-32.
• janvier 2009, Bernard Paillard, La rumeur, ou la preuve ordinaire, Communications nº84, p.119-135.
• mai 2009, Le juge, la parole et l’enfant, Le Journal des psychologues nº268.
• Printemps 2010, Fadila Chourfi , La construction de la loi du 5 mars 2007. Pour une analyse sociopolitique des mutations de la Protection de l’enfance, Sociétés et jeunesses en difficulté n°9.
• 2011, Brice GRAVELLE, Le traitement médiatique de l’affaire Outreau : un exemple du fonctionnement du champ médiatique dans l’engrenage d’un fait-divers, Mémoire IEP de Toulouse, 105 pages.
• janvier 2012, Enfant, enfance et discernement, Recherches familiales nº9.
• Bibliographie, Wikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 28/03/2013].

Lire aussi :
Revue de presse Cinéma 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.

Augustine, une fiction féministe


Dès la première image, ce film nous plonge dans la sombre vision d’une fiction féministe et donc réductrice d’une page importante de l’histoire de la neurologie moderne. L’intrigue du film se résume à la propagande habituelle : "nous savons toutes et on nous le rappelle sans cesse, qu’il nous suffit de ne pas être des saintes pour que tout mâle normalement constitué ait une irrépressible envie de nous fourrer son pénis dans notre vagin sans nous demander notre avis" (Coupable, forcément coupable).

Le film est construit comme un acte d’accusation. Faute de preuves, la réalisatrice se contente d’affirmer que Charcot est coupable parce qu’il est un homme et riche. Le même procédé servit pour condamner a priori Dominique Strauss-Kahn. Ce film ne mérite pas une ligne de plus, mais il m’a incité à étudier l’histoire de la Pitié-Salpêtrière, de Jean-Martin Charcot et de l’hystérie.

La Pitié-Salpêtrière

La Salpêtrière fut créée par édit royal, en avril 1656, "pour le renfermement des pauvres mendiants de la ville et Fauxbourgs de Paris". En France comme en Europe, la société voulait éloigner du centre ville et enfermer les classes dangereuses.

En 1684, Louis XIV ajouta à l’hospice, une prison, la "maison de force", pour les femmes prostituées, débauchées et condamnées, à laquelle on adjoignit un bâtiment pour les femmes et les filles détenues à la demande de leurs maris ou de leurs parents.
Au XIXème siècle, l’hôpital se spécialise en ne conservant que les folles et les vieillardes.
Entre 1807 et 1818, la situation des folles s’améliore. Elles sont, enfin, détachées de leurs chaînes, les moins atteintes sont séparées des incurables. Mais la distraction favorite, le dimanche en famille, de la population de l’époque reste la visite des folles derrière leurs grilles. Le spectacle est payant !
Histoire de la Pitié-Salpêtrière

Sélection bibliographique :

• Pitié-Salpêtrière – 400 ans d’Histoire , YouTube, 17 mn.
• La Pitié-Salpêtrière – quatre siècles d’histoire, Gallica.
• Histoire de la Pitié-Salpêtrière, CHU Pitié-Salpêtrière.
• Paul-André BELLIER, Du village des salpêtriers au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière [1991], Revue d’histoire de la pharmacie nº295, 1992.
• Jean-Pierre CARREZ, La Salpêtrière de Paris sous l’Ancien Régime : lieu d’exclusion et de punition pour femmes, Criminocorpus, 2008.
• Louis BOUCHER, La Salpêtrière – Son histoire de 1656 à 1790, ses origines et son fonctionnement au XVIIIe siècle, Progrès Médical, 1883, 137 pages.

Jean-Martin Charcot

Jean-Martin Charcot, dont l’œuvre importante est oubliée, participa à la médicalisation et donc à la dépénalisation des troubles catalogués comme hystériques. La lecture des Leçons du mardi à la Salpêtrière montre qu’il a étudié non seulement l’hystérie féminine, mais aussi l’hystérie masculine ou chez l’enfant.

Les photographies montrent un homme élégant au regard droit et non cet homme crasseux au regard concupiscent caricaturé par la réalisatrice pour les besoins de sa fiction. Et Vincent Lindon, tenu de faire la promotion du film, répète bêtement sur les plateaux de radio ou de télévision le catéchisme d’une réplique du film : "Le Pr Charcot traitait les femmes qu’il étudiait comme du bétail".

Charcot est passé à côté du traitement des troubles qu’il a si bien observés et décrits. Un de ses élèves, Sigmund Freud, se consacrera à cette tâche en créant la psychanalyse, une méthode en rupture avec la psychiatrie.

Sélection bibliographique :

• Jean-Martin CHARCOT (1825-1893), Medarus.
• Jean-Martin CHARCOT, Leçons du mardi à la Salpêtrière 1887-1888 (notes de cours de MM. Blin, Charcot et Colin), Progrès Médical, 1889, 652 pages.
• Jean-Martin CHARCOT, Leçons du mardi à la Salpêtrière 1888-1889 (notes de cours de MM. Blin, Charcot et Colin), Progrès Médical, 1889, 580 pages.
• Jean-Martin CHARCOT, L’hystérie, L’Harmattan, 1998, 214 pages.
Textes choisis du neurologue de La Salpêtrière (1825-1893), sur le thème de l’hystérie féminine, l’hystérie masculine, et l’hystérie chez l’enfant.
Le plus illustre neurologue de son temps accorde à l’homme le droit au traumatisme, au rêve, au désir, à l’expression corporelle et aux excès représentatifs et passionnels d’"Eros et de Polemos". Il démontrait que la grande névrose n’était pas l’apanage du beau sexe, mais un nouveau continent ouvert à l’exploration dans la traversée de ses apparences.
• Jean-Martin CHARCOT, Œuvres complètes, Progrès Médical, 1892 [Internet Archive].
• Rae Beth GORDON, De Charcot à Charlot – La mise en scène du corps pathologique, Presses Universitaires Rennes, 2013.
• Georges GUILLAIN,
J. M. Charcot (1825-1893) – Sa vie, son œuvre, Masson, 1955, 188 pages [Revue d'histoire des sciences et de leurs applications].

L’hystérie

Les troubles que les médecins ont longtemps catalogués comme hystériques sont, selon la nosologie psychiatrique moderne, renommés troubles dissociatifs, fonctionnels ou de conversion. Les psychanalystes eux, piégés par le respect de la parole de leur maître, s’interdisent de remettre en cause la vulgate. Ils participent ainsi à la croyance que seules les femmes seraient hystériques et que ces troubles seraient d’ordre exclusivement sexuel.

Pierre-Henri Castel a écrit l’histoire d’un débat qui, s’il a agité le monde médical entre 1870 et 1914, reste d’actualité. La lecture des documents qu’il présente favorise la compréhension de la complexité du débat d’idées que les petits maîtres à penser contemporains enferment dans des slogans réducteurs et dogmatiques.

Sélection bibliographique :

• Selma AYBEK et al., L’hystérie : une entité historique, un trouble psychiatrique ou une maladie neurologique ?, Revue médicale suisse nº18, 2008.
• Pierre-Henri CASTEL, La querelle de l’hystérie – La formation du discours psychopathologique en France (1881-1913), PUF, 1998, 349 pages [Chronologie et bibliographie 1870-1892 - Chronologie et bibliographie 1893-1914].
Lorsqu’on évoque aujourd’hui Charcot à la Salpêtrière, ou ses belles hystériques en crise, l’ombre de Freud se profile aussitôt, et la psychanalyse paraît balayer ce qui n’aurait été qu’une formidable méprise. De ce que fut la querelle de l’hystérie et des débats féroces que suscitèrent, indépendamment de Freud, les essais pour en comprendre les symptômes, nous ne savons plus rien. Babinski, Bernheim ou Delboeuf font sourire, comme des trouvailles érudites pour historiens de la médecine, et leur incroyable ingéniosité n’arrête plus personne. Mais que se passe-t-il, si l’on prend au sérieux leurs observations et leurs arguments ? On s’aperçoit que l’idée banale selon laquelle Freud aurait été le seul à avoir aperçu l’énigme sur laquelle Charcot avait buté tombe d’elle-même. En lieu et place de cette Vulgate, surgit, comme le montre Pierre-Henri Castel, une multiplicité d’options épistémologiques, dont la psychanalyse a bifurqué, et qui ont chacune leur histoire : la séméiologie neurologique, la médecine psychosomatique, la théorie du psychisme morbide. Mais on s’aperçoit aussi que cette dispute médico-philosophique "fin de siècle", apparemment obscure, a été un véritable séisme, dont les ondes concentriques se font encore sentir et ont bouleversé les représentations les mieux établies du positivisme, du romantisme et de l’individualisme libéral.
• Georges DIDI-HUBERMANN, Invention de l’hystérie, Macula, 1982 réédition 2012, 456 pages.
Ce livre raconte et interroge les pratiques qui se firent jour à la Salpêtrière, du temps de Charcot, autour de l’hystérie. À travers les procédures cliniques et expérimentales, à travers l’hypnose et les "présentations" de malades en crise (les célèbres "leçons du mardi"), on découvre l’espèce de théâtralité stupéfiante, excessive, du corps hystérique. On la découvre ici à travers les images photographiques qui nous en sont restées, celles des publications, aujourd’hui rarissimes, de l’Iconographie photographique de la Salpêtrière.
• Liliane FAINSILBER, Éloge de l’hystérie masculine – Sa fonction secrète dans les renaissances de la psychanalyse, L’Harmattan, 1996 réédition 2005, 200 pages [Amazon].
• Sigmund FREUD, Joseph BREUER, Études sur l’hystérie (1895), PUF, 1956 réédition 2002, 254 pages [Critiques libres].
• Gisèle HARRUS-RÉVIDI, Qu’est-ce que l’hystérie ?, Payot, 2010, 192 pages.
• André MICHELS (sous la direction de), Actualité de l’hystérie, ERES, 2001, 416 pages.
Les textes qui composent ce volume présentent, chacun à leur manière, les rapports variés et multiples entre hystérie et modernité mettant à l’épreuve les opérateurs cliniques et théoriques dont nous disposons. C’est le fondement même du discours freudien et sa transmission qui se trouvent ainsi interrogés.
• Stéphane RICHARD-DEVANTOY, Lecture contemporaine de l’hystérie, Mémoire D.E.S. Psychiatrie, 2005, 57 pages.

19/03/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Alice WINOCOUR, Augustine, 2012, AlloCinéWikipédiaDossier de presseTélécharger.

Critiques :
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Le Monde
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Festival international des très courts


Le festival des films de moins de 3 minutes, pour découvrir le meilleur et surtout le plus court des nouvelles tendances audiovisuelles en provenance des quatre coins du monde.
La prochaine édition se déroulera du 26 avril au 5 mai 2013.
Films en ligne : Site des très courts classés par année – DailymotionFlux RSS.

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Impasses de la démocratie


Le pire des régimes à l’exception de tous les autres ? Sans doute, mais ça n’excuse plus rien : nos régimes démocratiques, tels qu’ils fonctionnent, accumulent désormais tant de tares et de vices qu’ils nourrissent massivement la désaffection et le désenchantement. On ne peut plus se limiter à agiter l’épouvantail du populisme et de l’extrême droite : la démocratie élective fondée sur le suffrage universel doit sérieusement se réformer pour ne pas perdre ce qui lui reste de légitimité populaire, et si possible en regagner.
Politique, revue de débats nº29, mars-avril 2013

Lire aussi : Imposture démocratique, Monde en Question.

Revue des revues


Nouvelles revues en ligne

Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs
Les Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs ont pour ambition de confronter les travaux menés sur les pays où les systèmes d’éducation ont une profondeur historique certaine, et sur ceux où ils n’ont été introduits que plus récemment. Ils se donnent aussi pour objectifs de décloisonner les disciplines et de favoriser un échange entre diverses approches, afin de renouveler les perspectives méthodologiques et théoriques sur les questions relatives à l’éducation, à la construction, à la transmission et aux usages sociaux et politiques des savoirs.

Belgeo
Belgeo est la seule revue scientifique nationale de géographie en Belgique. Au-delà des articles thématiques ou de réflexion, la revue a pour objectif de couvrir les grandes questions géographiques, les problèmes européens et mondiaux ainsi que les problèmes nationaux.

TIPA. Travaux interdisciplinaires sur la parole et le langage
Les TIPA. Travaux interdisciplinaires sur la parole et le langage présentent des études sur la question du langage et de la parole, dans une perspective interdisciplinaire. Ces phénomènes sont abordés selon différents axes : analyse des processus physiologiques et cognitifs ; description et formalisation ; mécanismes discursifs et interactifs ; altérations, dysfonctionnements et handicap.

Textes en ligne

Jacques BOUVERESSE, Etudes de philosophie du langage, Collège de France.
Il est tout à fait possible que les attaques auxquelles a été soumise, de divers côtés, la notion traditionnelle de signification, et l’apparition de toute une série de doctrines ou de tendances que l’on pourrait regrouper sous la dénomination générale commode de "scepticisme sémantique" apparaissent, après coup, comme ayant constitué l’un des événements majeurs, pour ne pas dire l’événement majeur, de la philosophie de la deuxième moitié du vingtième siècle. Par "scepticisme sémantique", j’entends ici une attitude qui peut aller de la simple contestation de la possibilité de soumettre une notion comme celle de "signification" à un traitement théorique approprié à la négation pure et simple de l’existence de faits sémantiques qu’il pourrait être question d’expliquer à l’aide d’une théorie quelconque.
Par ailleurs, il n’est que trop juste de remarquer que la période récente s’est également distinguée, en contrepartie, par des formes non moins typiques de confiance exagérée dans les possibilités que la théorie de la signification offre aujourd’hui à la philosophie – la plus remarquable d’entre elles étant représentée par l’idée, dont Michael Dummett aura été le défenseur le plus convaincu et le plus talentueux, que la théorie de la signification pourrait avoir accédé depuis Frege au statut de nouveau paradigme de la philosophie première.

• Raphaële Bertho, Jean-Philippe Garric et François Queyrel (sous la direction de), Patrimoine photographié, patrimoine photographique, INHA.
Textes de la journée d’étude "Patrimoine photographié, patrimoine photographique", organisée le 12 avril 2010 grâce à un étroit partenariat entre l’École pratique des Hautes Études (EPHE) et l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), s’est tenue dans l’auditorium de la Galerie Colbert.

Thèses en ligne

• Laetitia Dion, Histoires de mariage. Une contribution à l’histoire des formes narratives à la Renaissance : le mariage dans la fiction narrative française (1515-1559), thèse de doctorat en littérature française de la Renaissance sous la direction de Michèle Clément, Université Lyon 2, 2012 [Genre & Histoire].

• Lola Gonzalez-Quijano, Filles publiques et femmes galantes : des sexualités légitimes et illégitimes à l’intérieur des espaces sociaux et géographiques parisiens (1851-1914), thèse de doctorat en histoire en co-tutelle sous la direction de Renata Ago et de Maurizio Gribaudi, EHESS et Università degli Studi di Napoli L’Orientale, 2012 [Genre & Histoire].

Lire aussi :
• L’actualité des revues, Ent’revues – la Revue des revues
Dossier Guide des ressources documentaires – Revues, Monde en Question.

The Gatekeepers


Face à la caméra de Dror Moreh, Avraham Shalom, Yaakov Peri, Carmi Gillon, Ami Ayalon, Avi Dichter et Yuval Diskin, successivement patrons du Shin Beth de 1980 à 2011, témoignent pour la toute première fois. Depuis la guerre des Six-​​Jours, en 1967, le service de renseignements est chargé du contrôle des opérations dans les territoires occupés, en Cisjordanie et à Gaza. "Je suis allé trouver chacun d’eux et je leur ai demandé de me raconter leur histoire. Je voulais qu’ils témoignent sur leur vision unique du conflit israélo-​​palestinien", explique Dror Moreh, le réalisateur.

Ce documentaire éclaire trente ans de lutte anti-terroriste et d’errements face à la question palestinienne. Chacun à leur tour, ils racontent, intensément, quelque trente ans de lutte anti-terroriste et de gestion désastreuse de la question palestinienne. Un flot d’aveux précis, circonstanciés, d’une remarquable liberté et d’une sidérante acuité. Six anciens chefs du Shin Beth, l’équivalent israélien du FBI, expliquent comment, depuis la guerre des Six Jours en 1967, dont la victoire vaut à l’État hébreu d’occuper Gaza et la Cisjordanie et de faire face à un million de Palestiniens, les responsables politiques n’ont jamais vraiment cherché à construire la paix. Une succession d’erreurs qu’inaugurent les mots d’arabe approximatif avec lequel les jeunes réservistes s’adressent aux populations des nouveaux territoires occupés, leur annonçant qu’ils viennent les "castrer", au lieu de les "recenser".

Bavures, tortures, méthodes iniques de renseignements et de recrutement d’indicateurs qui amplifient la haine de l’occupé… Ils disent surtout l’absence de vision stratégique ; la résistance et l’hostilité des Palestiniens oubliés explosant avec la première Intifada ; le laxisme face à l’extrémisme juif qui anéantira, avec l’assassinat de Yitzhak Rabin, la seule réelle lueur de paix. "On a gagné toutes les batailles, mais on a perdu la guerre", lâche Ami Ayalon, à la tête du service de 1996 à 2000, quand Avraham Shalom, le plus ancien d’entre eux, compare l’armée d’occupation à celle de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. "Quand vous quittez le Shin Beth, vous devenez gauchiste…", conclut avec ironie Yaakov Péri (1988-1994).

Dror MOREH, The Gatekeepers, 2012, AlloCinéArteDossier de presse ArteSite du filmVoir VF (Télécharger avec Firefox via DownloadHelper) – Télécharger HD VF.

Lire aussi :
• 30/12/2012, Gideon LEVY, The gatekeepers?, Ha’aretz.
• 18/01/2013, Les confessions des espions du Shin Beth secouent Israël, Le Figaro-AFPS.
• 01/02/2013, Olivier MILLOT, "The Gatekeepers", un documentaire ravageur pour les dirigeants israéliens, Télérama-CCIPPP.
• 02/02/2013, Ex-Israeli security chiefs speak out in Oscar documentary nominee, Reuters.
• 20/02/2013, Yossi KLEIN, "The gatekeepers" should be nominated for best horror film, Ha’aretz.
• 01/03/2013, Démocratie et espionnage : comment faire face au terrorisme ?, France Culturemp3.
Revue de presse Palestine colonisée 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle Palestine, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël, Monde en Question.
Revue de presse Cinéma 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.

OpenEdition Books


La nouvelle va certainement faire du bruit dans le paysage de l’édition française en sciences sociales : le Centre pour l’édition électronique ouverte (CLEO), déjà à l’initiative de Revues.org, Calenda et Hypotheses, lance aujourd’hui son quatrième grand projet numérique au service des sciences sociales : il s’agit d’OpenEdition Books, qui a pour but de diffuser des livres de sciences humaines et sociales et ambitionne de construire ainsi une grande bibliothèque internationale d’ouvrages scientifiques promouvant l’accès libre.

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