Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Revue de presse Libye 12/09/2011


12/09/2011, La ville fantôme de Kadhafi après le retrait des loyalistes, Info-Palestine

Jusqu’au mois dernier, la ville de Tawergha abritait 10 000 civils. Mais à l’heure du crépuscule la semaine dernière, les immeubles d’habitation s’étirent noirs et morts, au loin, et les seuls êtres à se mouvoir sont des moutons.
Ce secteur pro-Kadhafi a été vidé de sa population, vandalisé et partiellement incendié par les forces rebelles. Le Sunday Telegraph a été le premier à visiter les lieux de ce qui semble avoir été les premières représailles majeures contre des partisans de l’ancien régime.
Pour la première fois dans [la couverture médiatique de] la révolution libyenne, nous avons pu voir un grand nombre de maisons et pratiquement chaque boutique, systématiquement saccagés, pillés ou incendiés.
Même l’hôpital local a été saccagé. Les lits ont été tirés hors des chambres et lacérés. Les vitres des fenêtres et des portes ont été cassées. Les médicaments, les ordonnanciers et les feuilles d’imprimante ont été éparpillés dans les couloirs, et les médecins et les infirmières ont disparu avec tous les autres.
Au bord de la route qui mène à Tawergha, la brigade de Misurata a peint un slogan qui dit « la brigade de nettoyage des esclaves [et] des peaux noires ».
Et ce n’est pas la première fois que des civils pro-Kadhafi ont souffert de représailles. En juillet, alors que les rebelles quadrillaient les montagnes du Nefousa, le village de Gawalish a subi un sort tout à fait similaire. Beaucoup de ses habitants, des retraités et de jeunes enfants ne pouvaient tout simplement pas avoir participé à une quelconque action militaire pour le régime.

09/09/2011, Libye : les secrets de Kadhafi, France Inter

L’ONG Human Rights Watch a découvert des document dans les locaux du renseignement de l’ancien régime libyen qui montrent que les services secrets occidentaux collaboraient avec Tripoli.

08/09/2011, 9/11 dans les sables libyens, Dedefensa

On parle de la situation politico-militaire, étrange, à la fois prévisible et imprévisible, qui s’est installée. La question centrale, qui envahit désormais la scène de la communication à propos de cette affaire libyenne, c’est celle des islamistes. Elle est tellement brûlante que les Israéliens, ou dans tous les cas certains d’entre eux dans les milieux de la sécurité nationale, jugent que la Libye est devenue l’une des “menaces les plus graves” qu’a à craindre Israël, parce qu’elle est d’ores et déjà aux mains des islamistes.
[…] la scène est bien campée pour que les islamistes tiennent un rôle majeur dans l’avenir de la Libye, ce qui ne correspondrait pas vraiment, sur le fond des choses et dans les circonstances qu’on décrit, à la planification américaniste-occidentaliste mais qui, par contre, constitue une potentialité particulièrement intéressante, et hautement symbolique à l’approche du dixième anniversaire de l’attaque du 11 septembre 2001.
L’étonnant miracle de l’affaire libyenne, avec ces islamistes qui pullulent, proches de prendre le pouvoir à Tripoli, et qui seront naturellement baptisés “démocrates” s’ils y parviennent puisque les robots congénitaux qui nous dirigent ne peuvent imagine de se dédire, c’est bien que la mouvance islamiste est en train de retourner contre le bloc BAO sa méthodologie de “métaphysique de la force”. Cette position prééminente des islamistes est en effet une complète inversion de l’essence frelatée de la politique de force justifiée et inspirée par 9/11. L’affaire libyenne est en train d’opérer une inversion d’un processus qui constituait lui-même une subversion de la politique extérieure et des relations internationales.

07/09/2011, Le marché de la reconstruction en Libye nous donne une idée de l’ampleur des destructions infligées par l’armée française et ses consoeurs humanitaires, Mounadil al Djazaïri

400 chefs d’entreprise français viennent de se réunir à Paris, au siège du MEDEF (le patronat français) en présence de Pierre Lellouche, le secrétaire d’Etat au commerce extérieur.
Cette réunion qui rassemblait la fine fleur de l’industrie française, dont Total, Alcatel et Bouygues avait pour thème le marché de la reconstruction en Libye.
Pour avoir une idée de l’ampleur des destructions infligées à la Libye par les forces de l’OTAN et les monarchies démocratiques du Moyen Orient, il suffit de savoir à combien est estimé le marché de la reconstruction de la Libye: 200 milliards de dollars selon l’organisation patronale française.

06/09/2011, Hier allié, aujourd’hui voyou, ou les intrigues autour de Kadhafi : les cables diplomatiques US wikifuités apportent un éclairage utile, Tlaxcala

La transformation du Président libyen Mouammar Kadhafi de voyou en allié puis en dictateur que selon les besoins du jour l’on bombarde, encense ou met hors jeu au moyen d’une guerre d’agression témoigne des intrigues stratégiques tissées par les USA et leurs alliés. Soutenir et subventionner ou diaboliser et renverser par les armes des États, des gouvernements ou des fractions sociétales relève des opportunités qui s’offrent aux puissances en place. Se servir de régimes répressifs précisément en raison de leur capacité à s’imposer par la force ou les mettre hors-la-loi pour exactement la même raison n’a rien à voir avec des normes telles que liberté, démocratie ou droits humains, qu’on peut à son gré ignorer ou utiliser comme prétexte à sanctions.

06/09/2011, Les problèmes auxquels fait face la Libye, Renmin Ribao

Le détonateur qui a conduit aux troubles sociaux en Libye et dans d’autres pays arabes est le fort taux de chômage dans la jeunesse. La forte proportion de la jeunesse dans la population du pays n’est pas devenue un « dividende démographique » pour la vitalité économique et sociale. Au lieu de cela, elle est devenue une source d’instabilité. Le fort taux de chômage, dans une grande mesure, peut être attribué à la croissance désordonnée de la population, à la structure économique déraisonnable de la Libye et à la prédominance du pétrole, du gaz et des autres industries de ressources, qui n’étaient pas propices à la création de suffisamment d’emplois pour une force de travail nouvelle et importante.
Pour rétablir la stabilité politique dès que possible, la nouvelle direction Libyenne doit éviter une épuration politique extrême, et évaluer de manière objective les mérites et les erreurs du régime Kadhafi. Car après tout, c’est Kadhafi qui a fait de la Libye un pays moderne. C’est Kadhafi qui a nationalisé les ressources qui étaient auparavant contrôlées par les compagnies pétrolières occidentales. D’autres pays arabes, ainsi que l’Iran et les pays exportateurs de pétrole d’Amérique du Sud ont suivu l’exemple de la Libye, qui a fait que les compagnies pétrolières occidentales ont dû donner plus de 50% -contre 5% auparavant- des revenus, enrichissant les pays arabes, et autres, producteurs de pétrole.
Les principaux chefs rebelles comme Abdel Jalil et le chef de l’exécutif du CNT Mahmoud Jibril sont d’anciens fonctionnaires du Gouvernement de Kadhafi. Si la nouvelle direction lance une épuration politique aggressive, cela pourrait porter préjudice aux deux nouveaux dirigeants. Quant à Ali Tarhouni, autre leader potentiel, responsable du pétrole et des affaires financières, et qui bénéficie du soutien américain, il pourrait ne pas avoir de bases solides en Libye du fait de ses 38 années d’exil aux Etats-Unis.

05/09/2011, Pseudo-al Qaïda versus tortureurs de la CIA : cela se plaide…, Dedefensa

Tout le monde connaît désormais le “général” Abdul Hakim Belhadj, commandant des forces armées rebelles, dans tous les cas à Tripoli, maître d’œuvre de la prise de Tripoli, homme fort manifestement des forces armées ex-rebelles et libyennes officielles de la Libye new age… Qui plus est et particulièrement, ex-proche d’al Qaïda, sinon al Qaïda lui-même dans le temps, et torturé dans les années 2004-2006 par la CIA, avec des interférences du MI6 britannique et des services secrets et également tortureurs du colonel Kadhafi.
Le désordre libyen est bien, semble-t-il, d’abord et avant tout, l’extraordinaire bordel américaniste-occidentaliste, entre terroristes et non-terroristes, les uns et les autres se mélangeant, dictateurs diaboliques et quasi-hitlériens et loyaux et vertueux alliés de l’Occident et de sa civilisation, l’un et l’autre se mélangeant, entre services de renseignement, torture et coopération, trahisons et retournements de veste. Il y a beau temps qu’il ne s’agit plus de renseignement, ni même d’“espionnage”, ni même d’agent double ou d’agent triple, mais de désordre absolu dans ces activités parallèles, qui sont menées par le bout du nez par les écarts et les soubresauts extraordinaires d’une “politique” anti-terroriste définie selon les analyses des services de communication liées aux directions politiques et influencées de main de maître par des stratèges de l’école-BHL. Il n’y a plus aucune logique de renseignement dans ces changements de côté et ces retournements de veste, mais bien le renseignement mis au service des caprices d’une évaluation “politique” uniquement et exclusivement faite, désormais, en fonction des impacts de communication par rapport aux dirigeants politiques, sans plus rien de haute politique et de vision élargie aux réalités du monde.

05/09/2011, Pierre KHALAF, Le projet occidental pour l’Orient : des régimes parlementaires sous protectorat, Réseau Voltaire

Ce qui se passe en Libye constitue le modèle que réserve au monde arabe une alliance politique composée des Frères musulmans, des milieux de la bourgeoisie libérale et de certains mouvements de la gauche. Avec quelques nuances imposées par les nombreuses spécificités entre un pays et un autre, l’exemple libyen offre un échantillon du projet politique vers lequel sont entrainées les sociétés arabes, qui bâtissent les illusions de leur salut sur l’idée de l’intervention étrangère pour répandre la démocratie et se débarrasser du joug despotisme et de la tyrannie.
Dans le cas libyen, nous assistons à un renouvellement de l’hégémonie coloniale sur le pays et sur ses richesses pétrolières, basé sur un partage de l’influence et du butin entre les puissances occidentales. L’élément nouveau est l’entrée en jeu de la France en tant que partenaire principal, après que le Conseil national de transition (CNT) se soit engagé à accorder aux compagnies françaises 35 % du pétrole, comme l’a révélé un haut responsable du CNT au Parisien. La présence états-unienne, britannique et italienne est préservée, tandis que les influences chinoises et russes sont en voie de liquidation, non pas à cause des positions de ces deux pays dans la crise libyenne mais parce que ces influences sont considérées comme des vestiges de la Guerre froide qu’il faut absolument éliminer.
Sur le plan interne, le système qui est concocté sous la férule de l’Occident colonial et triomphateur est un régime républicain, parlementaire sous l’intitulé de démocratie. Rien de nouveau car il s’agit d’un calque des régimes que les puissances mandataires avaient installés dans les années 20 du siècle dernier : des élites qui se partageaient des Parlements dans le cadre d’élections et d’une vie politique, le tout sous la stricte surveillance d’un haut commissaire. Tout ce monde évoluait sous un plafond fixé par la puissance mandataire, qui disposait d’un mandat « légal » délivré par l’ancêtre des Nations unies, la Société des nations (SDN). C’est pratiquement le même système qui est en train d’être mis en place aujourd’hui, avec certainement plus de subtilité, vu que les temps ont changé.
Il y a un siècle, les pays arabes vivaient sous des monarchies constitutionnelles, ou des régimes parlementaires, avec des partis politiques qui « remportaient » des élections et « formaient » des gouvernements, l’ensemble du processus étant réglé, régi et dirigé par la puissance coloniale.
L’histoire se répète avec des acteurs nouveaux, le plus important étant la Confrérie des Frères musulmans, qui, après 60 ans d’exclusion des cercles du pouvoir, n’a pas trouvé de meilleur cheval que celui de l’Occident pour accéder aux plus hautes sphères de la société.
Le drame est que cette alliance ne propose aucun projet politique ou vision économique pour sortir les sociétés arabes du sous-développement. Prendre le pouvoir est son but et tous les moyens sont bons pour y parvenir. Tout le reste n’a plus aucune importance, pas même la cause de la Palestine, que ces nouvelles élites dirigeantes excluent de leur discours politique. La réussite de ce projet risque de plonger les pays arabes dans un siècle d’obscurantisme et de livrer les richesses au pillage par de l’Occident qui ne laissera que les miettes à ceux qu’il aura aidé à arracher le pouvoir aux despotes pour le monopoliser à leur tour.

04/09/2011, Pepe ESCOBAR, C’est une guerre [de] TOTAL, Monsieur, Questions Critiques

Les gagnants de cette chose « cinétique » en Afrique du Nord (l’administration Obama jure qu’il ne s’agit pas d’une guerre) – qui se décrivent collectivement comme the « Friends Of Libya » (FOL) [« les amis de la Libye »] – étaient d’humeur enjouée lorsqu’ils se sont réunis à Paris jeudi, sans air-conditionné mais avec des odeurs puissantes de brie et de roquefort, pour se réjouir de leur « opération » de changement de régime en Libye, mise en oeuvre par l’Otan et autorisée par les Nations-Unies.

04/09/2011, Bienvenue dans la « nouvelle Libye démocratique », Solidarité Ouvrière

Les premiers éléments publiés par la presse sur le nouveau régime du CNT en Libye montrent à quel point, la chute d’un dictateur ne signifie en rien la fin d’un régime dictatorial.

04/09/2011, Libye : le piège, Le Quotidien d’Oran

Il fallait s’y attendre: la prise de Tripoli a aiguisé les appétits de l’OTAN envers d’autres pays arabes.
Dans les pays arabes, dont l’Algérie, elle a redonné vigueur aux partisans de l’ingérence occidentale. Ayant craint, un moment, l’enlisement de l’OTAN en Libye, ils manifestent d’autant plus leur joie à cet évènement. Ils y voient la confirmation de la justesse de leurs thèses sur «le bien fondé de cette ingérence du moment qu’elle débarrasse la Libye d’un tyran».
Mais peut-on s’en réjouir. Comment ne pas tenir compte que l’entrée des insurgés à Tripoli s’est faite sous les bombardements de l’OTAN. Rien ne ressemble moins à l’entrée triomphale d’une révolution populaire. Comment ne pas voir que ceux qui applaudissent à l’intervention de l’OTAN applaudissent les forces militaires des mêmes pays qui bombardent et massacrent en Afghanistan et en Irak, qui protègent le colonialisme israélien, et qui soutenaient, il y a quelques mois à peine, les dictatures arabes. Comment ne pas dire que cette joie est mauvaise lorsqu’ils la partagent par exemple avec une personnalité islamophobe et arabophobe comme Bernard Henry Levy qui applaudit aux bombardements sur la Libye comme il l’avait fait pour ceux sur Gaza et le Liban.
La perversité de la politique occidentale actuelle est qu’elle arrivée à construire, notamment par une campagne médiatique de propagande d’une violence intense, un faux dilemme, qui est celui ci: ou le droit d’ingérence et donc la démocratie sous protectorat occidental, où la dictature et la tyrannie. Beaucoup parmi les élites politiques arabes tombent dans le piège. Outre, évidemment, celles d’entre elles traditionnellement liées à l’Occident, cette propagande trouvent un écho chez des forces politiques et sociales plus larges, soient qu’elles ont peu d’influence et de forces dans la société, et ne voient pas donc d’autre solution pour se débarrasser de la dictature que dans une «alliance même avec le diable» , soient qu’elles sont impatientes ou fatiguées par une longue opposition, Du coup la société désormais se divise sur la question de la démocratie, car il lui est substitué une autre question, celle de l’attitude par rapport à l’intervention étrangère. Les cartes s’en trouvent alors faussées. On croit toujours parler de démocratie mais c’est la question nationale qui ressurgit, et avec elle celle de la souveraineté, celle de l’indépendance du pays, celle de l’unité nationale. Les ex-puissances coloniales reviennent pour proposer de protéger les aspirations démocratiques arabes et ce protectorat réactive alors le protectorat colonial. Ceci explique que du même coup se trouvent relancés des débats qu’on croyait dépassés et qui déchiraient les différentes tendances du mouvement national à la veille des luttes pour l’indépendance: en 1936, l’illusion que la libération allait arriver du Front populaire de la gauche française, en 1942-43, les espoirs mis par Ferhat Abbas dans la Charte atlantique, et plus généralement la position du courant assimilationniste qui attendait le progrès et la civilisation de la France.

04/09/2011, Libye, de l’audace à la lucidité, actualité de l’été 2011, Canal Académiemp3

Thierry de Montbrial et François d’Orcival, de l’Académie des Sciences morales et politiques, reviennent sur la campagne de Libye remportée par les troupes de la coalition internationale et la chute de Kadhafi.

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marcher à contre-courant.

Serge LEFORT
Citoyen du Monde

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Revue de presse Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.

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