Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives Mensuelles: août 2010

Science et politique


Dans une conférence qui avait pour objet l’analyse des modèles de la pensée proposés par les chercheurs en sciences cognitives, Brigitte Chamak analyse, dans un deuxième temps, le processus d’institutionnalisation en France qui fait échec à l’interdisciplinarité prônée par les chercheurs.



Canal-U
Texte partie I Sens Public – Texte partie II La revue pour l’histoire du CNRS

La seconde partie, plus développée dans l’article que dans la conférence, montre que la construction d’un nouveau domaine (les sciences cognitives dans cet exemple) implique une concurrence entre les chercheurs qui produisent des modèles et des discours différents. Or, plus que la théorie, ce sont les contextes économique et politique qui jouent un rôle déterminant dans le développement et l’orientation d’un domaine scientifique.

Des collaborations s’établissent parfois entre des chercheurs engagés dans des disciplines différentes mais les domaines restent souvent séparés du fait des objectifs, intérêts et conceptions différentes qui les divisent mais aussi de la compétition pour les financements et les postes.

[...] les choix politiques et économiques jouent un rôle non négligeable dans la structuration des sciences cognitives. Une forte corrélation est constatée entre l’impact des pressions économiques et politiques et l’orientation des sciences. À l’inverse, les sciences influencent les modes de vie et de pensée.

19/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• CHAMAK Brigitte, Le Groupe des Dix ou les avatars des rapports entre science et politique, Éditions du Rocher, 1997 [CIRET - Le Monde diplomatique].
• ROBIN Jacques, Du groupe des 10 à Transversales…, Transversales – Sciences & culture, Février 2007.
• Penser la pensée – Les sciences cognitives, La revue pour l’histoire du CNRS n°10, 2004.
• France – Etats-Unis – Influences croisées en sciences humaines, Revue d’Histoire des Sciences Humaines n°11, 2004.
• Savants, sciences et savoirs en société, Sociétés contemporaines n°64, 2006.
• Revue, Transversales – Sciences & culture.

Je vois ce que je crois


L’expérimentation montrée dans ce film reprend le principe de celle effectuée par François Le Poultier en 1987, en France, à Caen.

Les sujets voient un film de cinq minutes dans lequel deux femmes discutent. Ils n’entendent pas ce qu’elles disent.
À certains sujets (groupe contrôle), on dit que ce sont deux amies qui discutent.
À d’autres (première condition expérimentale), on indique que la femme de gauche est assistante sociale et que celle de droite est un cas social qui vient demander de l’aide.
À d’autres enfin (deuxième condition expérimentale), on dit l’inverse : la femme de gauche est un cas social qui vient demander de l’aide et celle de droite est assistante sociale.
Après le film, tous les sujets remplissent une grille d’évaluation constituée de 40 traits de personnalité positifs et négatifs. Les sujets ont pour tâche de cocher les traits qui leur semblent le mieux correspondre à la personnalité de chacune des deux femmes.
On constate que les sujets perçoivent les deux femmes en fonction de l’étiquette que l’on a "collée" sur chacune d’entre elles.

Canal-UUniversité Ouverte des Humanités

Une expérience sur le même thème fut publiée aux États-Unis en 1973 dans la revue Science [1]. Il s’agissait de s’interroger sur la santé mentale et la folie et, plus globalement, sur les concepts de normalité et d’anormalité.
L’expérience a consisté à faire admettre huit personnes (un étudiant en psychologie, trois psychologues, un pédiatre, un psychiatre, un peintre et une ménagère) mentalement saines (ne souffrant pas et n’ayant jamais souffert de troubles psychiatriques) dans des hôpitaux différents, sans qu’aucun membre du personnel hospitalier ne soit au courant de l’expérience.
Voici un résumé des conclusions :

Une fois classé comme schizophrène, le faux patient ne peut, quoi qu’il fasse, se débarrasser de cette étiquette qui influence profondément la façon dont les autres le perçoivent, lui-même et son comportement. De nouveau, au sens tout à fait propre du terme, une «réalité» a été construite.

Une fois qu’un individu a été caractérisé comme anormal, l’ensemble de ses comportements et des autres aspects de sa personnalité est marqué par cette étiquette ; cette classification est en effet si puissante que beaucoup de comportements normaux des faux patients n’étaient pas perçus du tout ou étaient complètement déformés de façon à les faire entrer dans le cadre de la réalité présupposée.

Un diagnostic psychiatrique produit sa propre réalité et, avec celle-ci, ses propres effets. À partir du moment où le patient a été classé schizophrène, on prévoit qu’il le restera. Et, quand, pendant suffisamment longtemps, il n’a rien fait de bizarre, on considère que sa maladie est en rémission et il peut quitter l’hôpital. Mais le diagnostic reste valable après que le patient est sorti, puisqu’on prévoit, sans l’ombre d’une confirmation, qu’il se comportera de nouveau comme schizophrène. La classification qu’établissent les spécialistes des maladies mentales a autant d’influence sur le patient lui-même que sur sa famille et ses amis, et, comme, on peut s’y attendre, le diagnostic a sur eux l’effet d’une prédiction qui se vérifie elle-même. Finalement, le patient accepte le diagnostic avec tout ce qu’il signifie et toutes les prévisions qui s’y rattachent, et se comporte en fonction de celui-ci. Il s’adapte à la construction d’une «réalité» interpersonnelle.

Il est pour le moins curieux que la critique de la catégorisation ne soient pas appliquée en France aux stéréotypes homme-femme, stéréotypes construits par les hommes et par les femmes sur son genre (stéréotypes construits par les hommes sur les hommes et par les femmes sur les femmes) et sur l’autre genre (stéréotypes construits par les hommes sur les femmes et par les femmes sur les hommes). Cela fera prochainement l’objet d’une série d’articles.

15/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Constructivisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Psychologie sociale, Monde en Question.


[1] ROSENHAN David, «Être sain dans un environnement malade» in WATZLAWICK Paul (sous la direction de), L’invention de la réalité – Contributions au constructivisme [1981], Seuil, 1988 p.131 à 160 [Points Seuil, 1996].

Droite-Gauche contre les Roms


Une manifestation unitaire aura lieu à Paris le 4 septembre 2010, place de la République à Paris, à 14h00, contre l’actuelle offensive « sécuritaire » du gouvernement Fillon : Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité.


Camp de concentration NON !

Déportation NON !

En complément du dossier documentaire sur Les pestiférés de l’Europe, il est utile de lire le chapitre qu’a consacré le collectif Cette France-là à la discrimination et à la violence étatique que subissent, en France de manière particulièrement spectaculaire et brutale, mais plus largement dans toute la «Communauté européenne», des populations qu’en bonne logique, on accuse en même temps de tous les maux.

Ces dernières années, le sentiment d’hostilité à l’égard des Roms et l’anti-tsiganisme se sont considérablement accrus en Europe. Il est regrettable que les actions de nombreux pouvoirs publics, notamment au niveau local, aient consisté à approuver cette intensification de la haine anti-rom. En conséquence, le taux et le nombre d’expulsions forcées de Roms ont considérablement augmenté, et la ségrégation ainsi que la ghettoïsation dans le domaine du logement se sont renforcées et enracinées. Les expulsions forcées s’accompagnent souvent de menaces ou d’actes de violence à l’encontre des Roms.
Déclaration conjointe de Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l’homme au Conseil de l’Europe, et Miloon Kothari, rapporteur des Nations unies sur le logement convenable, 25 octobre 2007.
LMSI

Par ailleurs la Ligue des Droits de l’homme rappelle que

Au cours de l’année 2009, près de 11 000 Roms ont été reconduits en Roumanie ou en Bulgarie. Rien de véritablement nouveau donc. À part le fait que jusqu’à présent cela se faisait dans la discrétion.
LDH-Toulon

Cette discrétion était partagée à droite… comme à gauche. Ainsi, le 13 juillet 2010 le conseil général (PS) de Loire-Atlantique assigna en référé deux femmes roms, «occupantes sans droit ni titre avec caravanes et véhicules d’un terrain lui appartenant sur le territoire de la commune de Bouguenais, afin d’obtenir leur expulsion, au besoin par la force publique, en raison des nuisances causées à la population environnante» [Rue89].
Ironie de l’histoire, en révélant au grand jour ce qui se pratiquait dans l’ombre depuis longtemps, Nicolas Sarkozy fait une belle publicité aux Roms.

24/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Cette France-là, volume 1 06/05/2007-30/06/2008 [Texte en ligne]
Cette France-là, volume 2 01/07/2008-30/06/2009
• L’Union européenne et les Roms, UE.
• Roms – Gens du voyage, Ligue des Droits de l’Homme.
• Les Roms dans les médias
- Google Actualités
- Yahoo! Actualités
- 20 minutes
- France 24
- L’Humanité
- Le Figaro
- Libération
- Nouvel Obs
- Rue89

L’im-Monde propagande catho


Le Monde consacre son éditorial du jour à encenser certains responsables de l’Église catholique pour leur engagement en faveur des Roms.
Dès la première phrase, en tirant un trait d’égalité entre les catholiques et leur hiérarchie, l’éditorialiste pratique un raccourci mensonger.

C’est peu dire que les catholiques français, et, en premier lieu, les responsables de l’Eglise, sont choqués par la politique sécuritaire du président de la République.

Loin de critiquer le discours du Latran de Nicolas Sarkozy, l’éditorialiste du Monde l’invite très catholiquement à respecter ses propos : "dans la transmission des valeurs, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé" [1].

20 minutes va dans le même sens en titrant "Les gens du voyage sont en majorité catholiques". L’article nuance beaucoup cette affirmation mensongère puisque, par exemple, les Roms sont en majorité de confession orthodoxe dans les pays dont ils sont originaires, notamment la Roumanie.

En fait, comme le rappelle un article de la revue Hérodote, "La religion n’est pas un élément déterminant d’identification pour les Rroms, qui ont généralement adopté la religion majoritaire du pays dans lequel ils vivent, ou encore sont athées dans les pays où l’athéisme était répandu."

La propagande du Monde en faveur de la hiérarchie catholique masque le fait que le mouvement évangélique protestant

a connu un essor très important à partir des années 1970, au point d’être devenu en 2005 le mouvement religieux le plus influent en France chez les « gens du voyage», avec, selon les sources, 60 000 à 100 000 fidèles et 1400 prédicateurs rroms, supplantant l’influence de l’aumônerie catholique.

On peut s’interroger sur les raisons du succès du mouvement évangélique chez les gens du voyage. Il tire incontestablement une partie de sa force de son action militante, en particulier en ce qui concerne l’organisation des grands rassemblements.

La force de ce mouvement tient aussi à sa volonté de rassembler tous les Rroms : quelle que soit leur origine géographique, qu’ils soient originaires des Balkans, Gitans d’Espagne, Manouches, Sinte…

La montée des évangélistes peut certainement aussi s’expliquer par l’attitude de l’Église catholique, qui pendant longtemps n’a pas cherché à faire des Rroms des fidèles et n’a pas fait de prosélytisme à leur égard. De plus, la hiérarchisation très forte du clergé catholique – évêques, archevêques, cardinaux, et enfin le pape -, parce qu’elle éloigne le « fidèle » de ses prêtres, a représenté et représente toujours un obstacle à l’adhésion des Rroms.

La force des évangélistes provient aussi de la reconnaissance qu’ils ont su acquérir de la part des autorités françaises. La tactique politique du ministère de l’Intérieur vis-à-vis des groupes issus de l’immigration avec la mise en place du Conseil du culte musulman va dans le sens de la seule reconnaissance des mouvements religieux.

Ce qui est la continuation de droit colonial qui ne reconnaissait pas les Algériens comme des citoyens mais les condamnait à être des musulmans [Code de l'Indigénat].

Doit-on comprendre enfin que, pour Le Monde, la cause des Roms est juste parce qu’ils sont chrétiens et non musulmans ?

24/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• L’im-Monde, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.


[1] LEFORT Serge, Monsieur Sac de riz et Chanoine de Latran, Monde en Question.

Les crapuleuses


Les faits divers concernant la violence féminine sont naturellement ignorés par le discours féministe dominant.

12/02/2010, Trois adolescentes torturent un homme de 55 ans pour de l’argent :

Trois adolescentes françaises ont été arrêtées après avoir séquestré et torturé un homme de 55 ans jusqu’à ce qu’il leur donne le code de sa carte bancaire, a-t-on appris vendredi.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les jeunes filles âgées de 14, 15 et 17 ans se sont rendues au domicile de l’homme, qui vit seul à La Tronche, près de Grenoble (centre-est), et qualifié de psychologiquement faible par une source judiciaire. Elles l’ont ligoté avant de perpétrer plusieurs actes de torture, selon la police.

Pendant la nuit, le quinquagénaire frappé avec un marteau, blessé par un coup de couteau à l’aine et brûlé, a fini par avouer son code de carte bancaire aux adolescentes qui, le lendemain matin, en ont fait usage à quatorze reprises. L’homme, gravement blessé, est parvenu à se libérer de ses liens et a prévenu un voisin qui a averti la police.

Les jeunes filles ont été interpellées mercredi matin à Grenoble. Connues des services de police, elles ont reconnu les faits. L’une des trois suspectes connaissait la victime et avait appris qu’il avait perçu un héritage.

"Elles sont inconscientes de la gravité des faits qui leurs sont reprochés. Pour elles, c’était un jeu. Elles ont expliqué qu’elles avaient besoin de dépenser de l’argent et de faire la fête", a expliqué une responsable de le police.

Elles ont été présentées au parquet qui devait demander leur inculpation pour séquestration, actes de tortures et de barbarie et escroquerie, ainsi que leur placement en détention.

Librairie Au 3ème OeilLe quinquagénaire handicapé torturé par 3 adolescentes raconte son calvaire

16/08/2010, Paris : arrestation de la voleuse aux seins nus :

Sa technique avait quelque peu désarçonné sa victime… Une adolescente avait montré sa poitrine à un homme utilisant un distributeur automatique de billets (DAB), à Paris, avant de lui dérober 300 € avec une complice. Elle vient d’être interpellée.

Les faits remontent au 7 août. Un homme s’apprête à retirer de l’argent à un DAB d’une agence bancaire du VIe arrondissement de Paris lorqu’il est importuné par une jeune fille : cette dernière tente de détourner son attention en lui collant un journal sous le nez.

La victime ne se laisse pas faire et repousse l’importune. Cette dernière exhibe alors sa poitrine avant de toucher les parties génitales de sa victime. Une complice s’empare de l’argent de l’homme, resté coi et les deux jeunes filles prennent aussitôt la fuite.
Le 11 août, les deux jeunes voleuses repassent à l’action, accompagnées d’un jeune complice. C’est une dame qui est, cette fois-ci, ciblée par le trio. Les jeunes malfrats repartent avec 500 €. Rapidement, les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (Dspap) parviennent à interpeller les trois voleurs. Outre les deux premiers vols, un troisième larcin au mode opératoire identique leur a été imputé. Les deux jeunes filles, âgées de 14 ans, ont finalement été déférées devant un magistrat du parquet des mineurs de Paris avant d’être remises en liberté. Le garçon, âgé lui de 12 ans a été placé en foyer.

Le Parisien

Lire aussi :
• RUBI Stéphanie, Les "crapuleuse" : masculinisation des comportements ou application de la loi des plus fortes, Ville-École-Intégration Enjeux n°128, 2002 [CNDP].
• RUBI Stéphanie, Les comportements "déviants" des adolescentes des quartiers populaires : être "crapuleuse", pourquoi et comment ?, Travail, genre et sociétés n°9, 2003 [PDF].
Les enquêtes de délinquance auto-déclarée ou de "victimation" montrent la moindre participation des filles – par rapport à celle des garçons – dans les délits ou les déviances. Cependant, en reconnaissant l’implication des adolescentes dans certaines formes de violence, on est amené à appréhender ces conduites violentes et déviantes au travers de l’étude de la "complexité anthropologique de cette violence". Nous comparons les résultats de ces études, en particulier celle qui a été menée par Eric Debarbieux sur le climat scolaire, aux statistiques officielles de la délinquance. Cette confrontation fournit les premiers éléments de réponse quant à l’implication des filles dans les conduites violentes, quant aux spécificités de leurs comportements déviants. Des travaux ethnographiques effectués sur la socialisation juvénile des adolescentes des quartiers populaires de Marseille, Paris et Bordeaux, ont été réalisés conjointement avec l’enquête nationale sur le climat scolaire. Or, si les adolescentes ont généralement de meilleures relations que les collégiens avec l’école, nous verrons que parmi ces jeunes filles se profilent des attitudes en rupture avec la culture scolaire. Leur rejet de l’école peut alors s’accompagner de défis comme les violences verbales et physiques à l’encontre des pairs et des adultes, les atteintes morales destinées aux plus "faibles", et parfois les actes délictueux. Si ces "défis" n’ont qu’un caractère déviant et répréhensible pour la culture légitime, ils revêtent une tout autre signification au sein de la loi du plus fort, mécanisme de socialisation juvénile régissant les interactions entre adolescent(e)s des quartiers populaires. Démonstration du statut social acquis entre pairs, ces conduites "violentes" deviennent aussi le mode de relation privilégié des "crapuleuses" dans leurs interactions avec les adolescents.
• RUBI Stéphanie, Les "crapuleuses" ces adolescentes déviantes, PUF, 2005 [Comité d'éducation à la Santé et la Citoyenneté - Interrogations - Revue française de pédagogie].
Peu d’ouvrages se sont intéressés à la délinquance des jeunes filles mineures. Cette approche interactionniste, pense les actes déviants dans un système relationnel, permettant d’identifier les enjeux identitaires sous-jacents, dans un cadre précis, celui de "la loi du plus fort". L’analyse des logiques des "crapuleuses" montre que pour se forger une "réputation", elles humilient et manipulent celles et ceux qu’elles qualifient et identifient comme étant plus faibles. Elles font preuve d’attributs et de comportements associés à la "masculinité" et reproduisent des dominations qu’elles subissent par ailleurs.
A partir d’enquêtes nationales sur la violence à l’école, d’une centaine d’entretiens avec des adolescentes de 12 à 16 ans, d’observations faites durant 4 ans dans les 11e et 20e arrondissements à Paris et à Bordeaux et Marseille, l’auteur brosse un tableau passionnant de ces "crapuleuses" dans leurs collèges, leurs quartiers et leurs lieux de replis.
• Violence(s) au féminin – Femmes délinquantes, femmes violentes, femmes déviantes, Les Cahiers de la sécurité n°60, 2006 [Sommaire].
Les femmes sont «moins délinquantes», «moins violentes» que les hommes. Cette sorte d’évidence est rarement interrogée : moins délinquantes, moins violentes, puisque femmes… Qu’est-ce à dire ? Que les femmes sont, par «nature», moins sujettes au passage à l’acte ou à l’usage (légitime ou non) de la force ? Ou plutôt que, parce que femmes, elles bénéficient de l’indulgence des instances du contrôle pénal ? Que signifie alors, aujourd’hui, l’augmentation du nombre de femmes mises en cause pour crimes et délits ou la féminisation du métier policier ? Atténuation de la différence des genres ? «Progrès» de l’égalité des sexes ? Telles sont les questions abordées par ce dossier, qui témoigne de l’ouverture d’un chantierde recherches prometteur.

Les pestiférés de l’Europe


Pendant que le Président de la République Française poursuit la déportation d’hommes, de femmes et d’enfants étiquetés Roms, à la satisfaction du plus grand nombre, la gauche s’affaire fiévreusement dans la cuisine électorale pour préparer sa soupe de 2012…
Au-delà des discours de circonstance, la gauche partage la même culture des actes forgée par la conquête de l’Algérie sous l’Empire et la colonisation de l’Algérie sous la IIIe République, légitimée par le droit de civilisation qui deviendra le droit d’ingérence humanitaire sous la République mitterrandienne.

Nous admettons le droit, et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas arrivées à un même degré de culture et de les appeler au progrès.
Léon Blum à la chambre des députés le 9 juillet 1925
2000 ans d’HistoireFrance Inter

S’il est utile de rappeler que la construction de l’étranger comme ennemi de l’intérieur est la construction du bouc émissaire, victime expiatoire de toutes nos peurs.

Les passions populaires sont promptes à s’échauffer, en particulier dans les périodes de crise économique, comme celle que nous traversons. La passion conduit à l’abolition de la réflexion, au passage à l’acte, à la décharge immédiate des désirs les plus primitifs. Quoi de plus passionnel, de plus irréfléchi et de plus primitif que la haine ou la peur de l’étranger. Surtout, s’il vit parmi nous, s’il s’infiltre à travers des frontières, érigées pour nous protéger, s’il viole ainsi continuellement le sentiment du chez-soi, l’étranger, quoi qu’il fasse ou ne fasse pas, est, en lui-même, une source potentielle d’insécurité. Il engendre inévitablement, dans les sociétés humaines archaïques comme dans les sociétés animales, la violence.
Lettre ouverte au président de la République

Il convient aussi de rappeler que les migrations des Roms en Europe s’inscrivent dans un long contexte historique.

Partis de l’Inde du Nord-Ouest aux alentours de l’an 1000, les groupes de nomades appelés Tsiganes (ou Gipsies, Gitans, Romani, Bohémiens, selon les pays) se sont répandus lentement dans une grande partie de l’Europe et, de là, sur tous les continents. Lorsqu’ils sont arrivés en Occident au début du XVe siècle, les Tsiganes semblent, dans un premier temps, avoir bénéficié de l’hospitalité que les chrétiens réservent aux pèlerins. Mais, vivement préoccupés par le vagabondage, les États ont très vite classé les Tsiganes parmi leurs indésirables, expliquent Jean-Yves Blum Le Coat, Christine Catarino et Catherine Quiminal, qui analysent la façon dont s’est construite la stigmatisation légale des "gens du voyage". Ainsi, trois quarts de siècle après leur arrivée en Europe de l’Ouest, les premières mesures générales d’interdiction ou d’expulsion sont prises à leur encontre : en Suisse (1471), puis en Allemagne, en Espagne et en France (en 1498, 1499 et 1539). De plus en plus intense, la répression des Tsiganes aura pour effet, en France, la dispersion des grandes compagnies en petites bandes à la fin du XVIIe siècle et, après la Révolution française, l’installation de la plupart d’entre eux aux frontières du pays : en Alsace-Lorraine, au Pays basque et dans le Roussillon. Désignés en 1864, dans une circulaire du ministère de l’Intérieur, comme des "vagabonds étrangers connus sous la dénomination de Bohémiens", les Tsiganes nomades sont désormais assimilés à une "race dangereuse", suspectée de criminalité et devant être placée sous étroite surveillance. Cependant, la République française ne connaît que des citoyens. Aussi faut-il inventer une catégorie juridique spécifique pour distinguer un groupe ethnique qui ne peut être nommé en tant que tel. Ce sera celle de "nomade", instituée en 1912, qui regroupe des personnes définies par leur mobilité, et dont il convient de contrôler étroitement les déplacements et l’identité. "Partant, la définition discriminatoire légale de certains individus est produite", soulignent les auteurs. Elle se verra confirmée par une loi du 3 janvier 1969 qui reprend cette stigmatisation du nomadisme, cependant qu’entre temps, les Tsiganes sont devenus les "gens du voyage" – que l’itinérance caractérise, ou pas, leur mode de vie. Ce dernier reste, toujours aujourd’hui, inscrit sous le sceau de la précarité, les personnes légalement classées parmi les "gens du voyage" étant tenues en lisières et "reléguées aux marges de la société (urbaine, notamment), assignées à des espaces que ne fréquentent que les agents de l’État chargés de leur contrôle".
Informations sociales n°2

Ce n’est donc pas Nicolas Sarkozy qui a inventé les classifications destinées à exclure.

Le rôle des migrations tsiganes transfrontalières dans l’évolution des réglementations anti-tsiganes en Europe, entre 1880 et 1939, demeure encore largement méconnu. L’étude du cas français montre comment cette population minoritaire focalisa progressivement l’attention des autorités entre la fin du Second Empire et le milieu de l’entre-deux-guerres. Durant cette période, marquée par l’adoption de mesures restrictives en matière de circulation des populations tsiganes et par la constitution d’une catégorie policière et administrative des « nomades », le contrôle des étrangers s’impose toujours davantage comme une priorité.
Cultures & Conflits n°76

La IIIe République a non seulement légitimé moralement la colonisation de l’Algérie mais a aussi proclamé des lois discriminatoires : le monstre juridique du Code de l’Indigénat et la loi de 1912.

À partir de la fin du XIXe siècle, un ensemble de facteurs d’ordre socio-économique, politique, idéologique concourent à assimiler les Tsiganes à des étrangers et des « asociaux indésirables ». L’attitude des pouvoirs publics à l’égard des « nomades » français et étrangers s’est déployée en effet autour d’un dispositif législatif et policier que l’on peut résumer ainsi : surveillance, identification, contrôle. Après le recensement général de 1895 de tous les « nomades, bohémiens et vagabonds », suivi du fichage des « nomades » par les Brigades régionales de police mobile créées en 1907 à l’initiative de Clemenceau, un projet de loi du gouvernement daté du 25 novembre 1908 voit le jour, « relatif à la réglementation de la circulation des nomades ». Le projet, conjugué avec les mesures émises plus tard à la Chambre et au Sénat par les commissions du vagabondage et de la mendicité, donnera lieu à la loi du 16 juillet 1912 sur le port du carnet anthropométrique d’identité. Cette loi discriminatoire et disciplinaire, qui allait durer près de soixante ans, sans susciter aucune critique au sein du discours juridique dominant, constitue l’étape majeure dans le processus de contrôle et d’identification utilisé par la République envers les Tsiganes.
Revue européenne des migrations internationales vol.23

Il faut encore rappeler l’amnésie collective du sort des Tsiganes internés dans les camps français entre 1940 et 1946.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’internement des Tsiganes en France se déroula dans l’indifférence générale. On aurait pu penser, grâce à la recherche entreprise depuis les années 1975 sur le régime de Vichy, que le sort réservé aux Tsiganes français ne demeure plus un drame ignoré. Il n’en est rien. À l’inverse des communautés tsiganes, qui gardent en mémoire cette période tragique, où l’âme d’un peuple s’est fracturée, la mémoire collective, telle qu’elle émane des pouvoirs publics, de l’opinion courante ou du discours historique dominant, témoigne aujourd’hui encore, à quelques exceptions près, d’un refus de savoir.
Guerres mondiales et conflits contemporains n°226

Après l’effondrement de l’URSS, la question rom a resurgit en Europe.

Le principal impact négatif pour les Roms de la chute du bloc soviétique a été la perte de la relative sécurité sociale que leur garantissaient les États socialistes – au prix d’un manque de liberté et d’un contrôle étatique exercé sur leurs vies. Les Roms, qui sont généralement moins qualifiés que le reste de la population et qui ont un mode de vie différent, sont plus touchés par le chômage que les membres des groupes ethniques majoritaires. La nouvelle situation a bien offert de nouvelles opportunités à certains Roms, relativement peu nombreux. Les nouvelles conditions économiques ont permis à certains groupes, en particulier les Roms Olassi, de développer leurs activités traditionnelles de commerce avec un nouveau type de produits : les chevaux ont été remplacés par les voitures Mercedes et le revenu de ces groupes dépasse de plusieurs fois la moyenne nationale. Cependant, pour la majorité des Roms d’Europe centrale et de l’Est, la transition vers une économie de marché a conduit à une insécurité et une pauvreté plus grandes. À ces difficultés s’ajoutent les pièges de la libéralisation politique – les jeux, la drogue et la prostitution. Enfin, les Roms ont commencé à être confrontés à des comportements racistes bien plus ouverts de la part des membres des groupes majoritaires des pays dans lesquels ils vivent.
Mouvements n°18

L’interprétation des événements du 18 juillet 2010 à Saint-Aignan dans le Loir-et-Cher, comme ceux de Perpignan en mai 2005, s’inscrivent dans une longue tradition de culture coloniale [1].

Les Roms sont ainsi au cœur d’une Europe marquée par le développement de la mobilité, par l’émergence ou la plus grande visibilité des minorités, par la multiculturalité que les Etats s’efforcent d’administrer. Leur situation est caractéristique de ce que l’Europe a de plus négatif, en termes de discrimination, de rejet, de racisme, d’impuissance à accepter et à gérer la diversité.
Le Courrier des pays de l’Est n°1052

En pleurnichant sur les manœuvres électoralistes de Nicolas Sarkozy sans rien faire pour sauver les Roms, la gauche avoue sa complicité avec un racisme d’État pratiqué en notre nom.

21/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Ressources :
• Centres d’information et associations dédiés aux gens du voyage, SCÉRÉN.
• Roms et gens du voyage, FNASAT.
• Centre de ressources, URBA-ROM.
La fin des années 2000 constitue un moment charnière dans la construction des politiques en direction des Roms/Tsiganes. D’une part, les institutions sont en train de définir une politique générale à l’échelle européenne : la « stratégie-cadre d’inclusion des Roms ». Celle-ci concerne les minorités roms des nouveaux pays-membres de l’Union européenne, ainsi que les Sintis, les Gitans et autres groupes d’Europe occidentale, assimilés aux Roms/Tsiganes. D’autre part, les politiques nationales et locales sont de plus en plus nombreuses. Le plus souvent fondées sur des représentations stéréotypées, ces politiques cherchent à résoudre des problèmes publics suscités par la présence de groupes en situation précaire ou caractérisés par l’habitat mobile. Pour cela, elles apportent des réponses spécifiques, qui oscillent entre rejet et inclusion. Dans ce contexte, il paraît nécessaire de faire le point sur les politiques en direction des Roms/Tsiganes, d’analyser les processus de catégorisation des groupes en question et, par ce biais, de participer aux réflexions sur les actions publiques en cours et à venir.
• La voix des Rroms, Ancien blogNoveau blog.
• Collectif National Droits de l’Homme, Romeurope.
• European Roma Rights Centre, ERRC.
• Observatoire nomade, Stalker.
Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.
Livres :
• Paroles Tsiganes, Edtions Wallâda.
• Bibliographie, SCÉRÉN.
• Bibliographie, CASNAV Amiens.
• Bibliographie, Libertaire.
• Bibliographie, Bibliothèque Grenoble.
• Bibliographie, FNASAT.
• ASSÉO Henriette, Les Tsiganes – Une destinée européenne, Découvertes Gallimard, 1991 [CRH-EHESS].
• AUZIAS Claire, Les Tsiganes ou le destin sauvage des Roms de l’Est, Michalon, 1995.
• Centre de recherche tsiganes, Textes des institutions internationales concernant les Tsiganes, L’Harmattan, 2001.
• FILHOL Emmanuel, JAYAT Sandra, La mémoire et l’oubli – L’internement des Tsiganes en France, 1940-1946, L’Harmattan, 2004.
• FILHOL Emmanuel, HUBERT Marie-Christine, Les Tsiganes en France – Un sort à part 1939-1946, Perrin, 2009.
• FORMOSO Bernard, Tsiganes et sédentaires – La reproduction culturelle d’une société, L’Harmattan, 2000 [Amazon].
• HUMEAU Jean-Baptiste, Tsiganes en France – De l’assignation au droit d’habiter, L’Harmattan, 1995 [Amazon].
• LIÉGEOIS Jean-Pierre, Roms et Tsiganes, La Découverte, 2009.
• MARCHAND Anna, La protection des droits des tsiganes dans l’Europe d’aujourd’hui, L’Harmattan, 2003.
• ROBERT Christophe, Eternels étrangers de l’intérieur, Desclée de Brouwer, 2007.
Revues :
• Revue, Études Tsiganes.
• Gitans de Barcelone à Perpignan : crise et frontières, Revue européenne de migrations internationales vol.13, 1997.
• Quand les yeux servent de langue – Regards gitans, actions payas en semaine sainte (Andalousie), Terrain n°30, 1998.
• « Terrain désigné », observation sous contrôle : quelques enjeux d’une ethnographie des Tsiganes, Ethnologie française vol.31, 2001.
• Les Roms à la croisée des chemins, Mouvements n°18, 2001.
• La langue rromani au cœur du processus d’affirmation de la nation rrom, Hérodote n°105, 2002.
• Familles tsiganes et protection de l’intimité, Ethnologie française vol.32, 2002.
• Politiques d’immigration : criminalisation ou tolérance ?, La pensée de midi n°10, 2003.
• Approche discrète d’un anthropologue au seuil de l’altérité – Conjugalité et parentalité, famille et communauté, le dedans et le dehors du monde gitan, Spirale n°26, 2003.
• Identité et ethnicité, Population vol.59, 2004.
• L’usage du savoir dans la formulation des politiques publiques : le cas des recherches sur la population rom en Slovaquie, Revue internationale des sciences sociales n°179, 2004.
• Les Gypsy Studies et le droit européen des minorités, Revue d’histoire moderne et contemporaine n°51, 2004.
• Des quartiers de mauvaise réputation – L’image de la criminalité dans deux quartiers en Belgique, Déviance et Société vol.28, 2004.
• La formation d’un sous-prolétariat rom – Enquête historique sur la condition des Gitans dans un village d’Europe centrale, Actes de la recherche en sciences sociales n°160 2005.
• Tsiganes, stéréotypes et idéal type – Une approche wébérienne de l’altérité, Ateliers du LESC n°28, 2004.
• Les Rroms et les organisations évangéliques : entre culte religieux et stratégie « politique » ?, Hérodote n°119, 2005.
• L’avènement politique des Roms (Tsiganes) et le génocide – La construction mémorielle en Allemagne et en France, Le Temps des médias n°5, 2005.
• Les Roms au cœur de l’Europe, Le Courrier des pays de l’Est n°1052, 2005.
• Les événements de Perpignan ou la fin d’un système géopolitique local, Hérodote n°120, 2006.
• Nous ne sommes pas des envahisseurs, Projet n°295, 2006.
• Sans territoire fixe, Projet n°295, 2006.
• La loi de 1912 sur la circulation des « nomades » (Tsiganes) en France, Revue européenne des migrations internationales vol.23, 2007 [Cairn].
• La justice des Tsiganes contre la loi des Gadjé, Ethnologie française vol.37, 2007.
• L’indifférence collective au sort des Tsiganes internés dans les camps français, 1940-1946, Guerres mondiales et conflits contemporains n°226, 2007 [APHG - Aron Natanson - Mémoire-Net].
• L’internement des nomades en Loire-Inférieure, Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest n°115, 2008.
• Les migrations des Roms balkaniques en Europe occidentale : mobilités passées et présentes, Balkanologie vol.XI n° 1-2, 2008.
• Roms en Bulgarie, Roms en Roumanie – quelle intégration ?, Méditerranée n°110, 2008.
• De la libre circulation au contrôle permanent – Les autorités françaises face aux mobilités tsiganes transfrontalières, 1860-1930, Cultures & Conflits n°76, 2009 [Cairn].
• Quand le voyage s’arrête pour de bon, Informations sociales n°155, 2009.
• Les détenus étrangers en Europe : quelques considérations critiques sur les données disponibles de 1989 à 2006, Déviance et Société vol.33, 2009.
• Une catastrophe invisible – La Shoah des Tziganes, Terrain n°54, 2010.
• Figures bohémiennes et fiction, l’âge des possibles 1770-1920, Le Temps des médias n°14, 2010.
• Roms, une question européenne, Etudes tome 412, 2010.
Articles :
• Roms, tsiganes et gens du voyage, Différences – MRAP.
• Roms et gens du voyage, LDH-Toulon.
• Roms et gens du voyage, Le Monde.
• Dénoncer l’anti-tsiganisme sans s’attaquer à ses racines ?, Le Monde.


[1] Sélection bibliographique :
• Les événements de Perpignan ou la fin d’un système géopolitique local, Hérodote n°120, 2006.
Les violences urbaines de mai 2005 à Perpignan ont cruellement mis en lumière la concentration des problèmes socio-économiques et « communautaires » dans le centre de la cité catalane. Pivot historique de la carte électorale de la droite municipale, le quartier est depuis plusieurs années au coeur de vastes mouvements de restructuration. Ceux-ci s’expriment simultanément dans le champ ethnique (progression de la population maghrébine), social (déliquescence des structures claniques gitanes traditionnelles), urbanistique (programme de renouvellement urbain d’un quartier insalubre) et aussi politique. En effet, symbole d’une forme de pouvoir politique local, le quartier aiguise, depuis les élections municipales de 1993, les appétits de la gauche départementale qui entend investir ce bastion aux mains de la droite depuis plus de cinquante ans.
• BLANCHARD Pascal et LEMAIRE Sandrine (dirigé par), Culture coloniale – La France conquise par son Empire 1871-1931, Autrement, 2003.
• BLANCHARD Pascal et LEMAIRE Sandrine (dirigé par), Culture impériale – Les colonies au cœur de la République 1931-1961, Autrement, 2004.
• BLANCHARD Pascal et BANCEL Nicolas (dirigé par), Culture post-coloniale – Traces et mémoires coloniales en France 1961-2006, Autrement, 2006.

Hommage aux Roms


En 1946, les Roms n’étaient pas considérés comme les principaux fauteurs de troubles d’une France lepénisée et le grand guitariste Django Reinhardt pouvait interpréter librement sa version manouche de La Marseillaise.


Django Reinhardt & Le Quintette du Hot Club de France avec Stéphane Grappelli

Le 24 janvier 2003, l’ensemble des députés a adopté, dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure, un amendement créant le délit d’outrage à l’hymne national. Ce délit est désormais sanctionné par un emprisonnement de 6 mois et 7 500 euros d’amende.

En 2010, les Roms sont déportés… par avion, alors qu’un certain Sarközi défend les Roms

Rom est un endonyme signifiant êtres humains adopté par l’Union Romani Internationale (IRU) et les Nations unies pour désigner un ensemble de populations, ayant en commun une origine indienne, dont les langues initiales sont originaires du nord-ouest du sous-continent indien, et constituant des minorités entre l’Inde et l’Atlantique (voire en Amérique du Nord), connues sous de nombreux exonymes dont les plus utilisés en français sont Gitans, Tsiganes ou Tziganes, Manouches, Romanichels, Bohémiens, Sintis, ou parfois gens du voyage (bien que cette dernière dénomination ne soit pas réservée aux Rom).
Wikipédia

20/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Django Reinhardt, Wikipédia.
• Django Reinhardt, Django Station.
• Vidéos Django Reinhardt, Google.
• Jazz manouche, Wikipédia.
• Jazz manouche, ACIM Portail des bibliothécaires musicaux.
• Roms, Gitans, Manouches, Citoyens à part…entière !, CCFD.
• Revue, Études Tsiganes.

L’im-Monde et le Mexique


Un éditorial publié dans Le Monde et qui présente le Mexique comme un pays "miné par les barons de la drogue" n’a pas beaucoup plu à la présidence mexicaine… Felipe Calderón s’est même fendu d’un article pour répondre aux accusations lancées par le journal français et tenter de redorer l’image du Mexique en France.
Le Grand Journal du Mexique

Quand l’éditorialiste écrit

Un résultat flatteur qui pourrait préluder le retour du PRI à la présidence en 2012. Les Mexicains devront, alors, choisir entre la liberté offerte par le régime issu il y a dix ans de l’alternance et la sécurité garantie par l’ancien parti hégémonique. Dilemme peu réjouissant.
Le Monde

il n’explique pas pourquoi la gauche, qui avait enregistré les meilleures scores de son histoire lors des élections présidentielle et législative de 2006, a perdu 7 789 277 voix en 2009. Il est plus vendeur de présenter le Mexique comme un pays "miné par les barons de la drogue" et de soutenir l’odieux Enrique Krauze [1].

18/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• LEFORT Serge, Retour du PRI, Monde en Question.
• LEFORT Serge, Le triomphe de la démagogie, Monde en Question.
• Especial México 2006, Monde en Question.


[1] Lire :
• LEFORT Serge, El odio de clase de Enrique Krauze, Monde en Question.
• NIETO LÓPEZ Jesús, Carta a "Le Monde", Monde en Question.

La "flottille des femmes" vers Gaza

Femmes et religions


ALLOUCHE-BENAYOUN Joëlle, La place des femmes dans le judaïsme, AAR, 02/04/2008.
Dans ce séminaire, Joëlle Allouche-Benayoun nous expose les ambiguités et les paradoxes du statut de la femme dans le judaïsme depuis les temps bibliques jusqu’à nos jours. De celui de "femme forte" de la Bible, la femme s’est retrouvée – au fil des âges et des différents courants judaïques – confinée au rôle de gardienne du foyer et chargée de la procréation pour les obédiences juives les plus orthodoxes, ou au contraire promue à la fonction de rabbin pour certaines obédiences libérales.

Conférences : La place des femmes dans le judaïsme, AkademApproche sociologiqueApproche textuelle.
Table ronde : La violence envers les femmes en France, Akadem [Documents à télécharger, Bibliographies, Liens].


Condamnée au mariage

ZURIA Anat, Condamnée au mariage, Amythos Films, 2004 [Cinéma Méditerranéen - France 5 - L'Internaute - Mediapart - TSR].
Une épouse juive est la propriété de son mari. Par le mariage, il l’acquiert et il est le seul à pouvoir lui accorder un divorce. La loi rabbinique permet même à un mari ayant refusé le divorce à son épouse, de vivre avec une autre femme et avoir des enfants avec elle, mais la loi interdit à une femme mariée dont le mari refuse le divorce, de vivre avec un autre homme et de porter ses enfants.

ZURIA Anat, Pureté, Amythos Films, 2002 [Cinéma Méditerranéen - Dailymotion - Pureté 1 - Dailymotion - Pureté 2 - Dailymotion - Pureté 3].
Selon la Thora, une femme ne peut avoir aucun contact charnel avec son époux pendant une période allant jusqu’à deux semaines après la fin de son cycle.

LINDENBERG Daniel, Pureté/Impureté, AAR.
Le judaïsme normatif est un système de commandements (en hébreu mitzwoth), ainsi appelés parce qu’ils prescrivent ou interdisent un certain nombre d’actes ou de comportements. L’ensemble constitue la Loi dite mosaïque (Tora). Parmi ces commandements négatifs ou interdits, beaucoup concernent les aspects les plus concrets ou les plus ordinaires de la vie humaine. La cashrouth (du mot hébreu casher qui signifie adéquat) ne concerne donc pas seulement ce qui est licite en matière d’alimentation, mais concerne un domaine beaucoup plus vaste qui organise la vie quotidienne du juif observant la Loi. Mais les lois alimentaires sont, de loin, celles qui sont le plus astreignantes et, de plus, introduisent une différence visible entre le mode de vie des israélites et celui d’autres confessions. Le cours en décrira le système, qui remonte au Pentateuque, et aussi la connexion avec des notions philosophiques essentielles au judaïsme (Pureté, Sainteté). On conclura sur une brève comparaison avec des équivalents dans d’autres religions (islam) et sur les justifications modernes (hygiène, écologie).

Lire aussi :
• ALLOUCHE-BENAYOUN Joëlle, BENSIMON Doris, Juifs d’Algérie – Mémoires et identités plurielles, Stavit, 1999 [Archives des sciences sociales des religions - Annales de Géographie].
• ALLOUCHE-BENAYOUN Joëlle, Articles, Archives de sciences sociales des religionsClioClio.
• ALLOUCHE-BENAYOUN Joëlle, Comment être juif croyant et moderne dans la France d’aujourd’hui ?, Sociétés n°92, 2006.
• BEBE Pauline – Première femme rabbin en France, Site de l’auteur.
• Israël – Soixante ans après, toujours aussi peu de femmes, Guerre ou paix [Lire aussi les commentaires dont certains contiennent des liens intéressants].

• Un corps pur, Terrain n°31, 1998.
• La pensée juive (vol. 1) – Histoire, tradition, modernité, Raisons politiques n°7, 2002.
• La pensée juive (vol. 2) – Théologie, philosophie, esthétique, Raisons politiques n°8, 2002.
• Archives Juives – Revue d’histoire des Juifs de France, Cairn.

Dossier documentaire & Bibliographie Féminisme, Monde en Question.
Dossier Religion, Monde en Question.

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