Monde en Question

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Archives Journalières: 17/08/2009

Barack Obama s’accroche en Afghanistan


Elections afghanes : participation incertaine dans le Sud, entre mécontentement et menaces, AP-Yahoo! Actualités.

Une participation élevée est primordiale dans le sud de l’Afghanistan pour que les élections de jeudi soient considérées comme légitimes. Mais les habitants de cette région, déçus par le gouvernement d’Hamid Karzaï, qu’ils jugent corrompu et incompétent, sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les talibans. Et la sécurité reste incertaine, alors que les fondamentalistes menacent d’attaquer les bureaux de vote et de s’en prendre aux électeurs qui tenteraient de se rendre aux urnes.
Commentaires : L’expression « dans le sud de l’Afghanistan » désigne les Pachtounes, l’ethnie majoritaire peuplant le sud-est de l’Afghanistan et le nord-ouest du Pakistan. Les talibans sont des Pachtounes aussi « fondamentalistes » que les autres groupes islamistes.

Le seigneur de la guerre Rachid Dostom rentre d’exil à la veille de la présidentielle afghane, AP-Yahoo! Actualités.

Le chef de guerre ouzbek, l’un des plus sanguinaires du pays et célèbre pour ses retournements d’alliance, aurait été responsable de la mort de quelque 2.000 prisonniers talibans dans les premiers temps de la guerre d’Afghanistan en 2001.
Les chefs de guerre régionaux sont les acteurs principaux d’Afghanistan dans les années de chaos et de guerre civile ayant suivi le retrait soviétique du pays en 1989. Et certains de ces commandants, comme Dostom ou feu Ahmed Shah Massoud, contrôlaient encore leurs fiefs même après la prise du pouvoir par les talibans à Kaboul. Nombre d’entre eux rejoignirent les forces étrangères lors de l’invasion de 2001 qui aboutit à la chute des talibans.
Commentaires : Ahmed Shah Massoud est aussi responsable des crimes de guerre perpétués à Kaboul par les chefs de guerre de 1992 à 1996.

Les talibans maintiennent la pression pour la présidentielle afghane, AP-Yahoo! Actualités.

Les électeurs devraient pouvoir se rendre aux urnes sans trop de problème à Kaboul, dans les environs et dans le Nord, relativement paisible, mais dans le Sud et l’Est, l’insurrection est dangereusement active.
Commentaires : Cela signifie que la majorité des Afghans ne participeront pas aux élections.

L’attentat-suicide à la voiture piégée de samedi, qui a fait sept morts et 91 blessés devant le siège de la force de l’OTAN (ISAF) à Kaboul, prouve la capacité de terreur des talibans, qui mènent des actions de plus en plus spectaculaires et coordonnés, signe pour certains spécialistes d’une formation prodiguée par Al-Qaïda.
Commentaires : Les spécialistes savent de quoi ils parlent puisque les États-Unis ont financé, armé et entraîné les islamistes les plus radicaux pour vaincre l’Armée rouge en Afghanistan.

Barack Obama défend la nécessité de la guerre en Afghanistan, Reuters-Yahoo! Actualités.

Dans un discours visant à convaincre l’opinion américaine du bien-fondé de sa stratégie militaire en Afghanistan, le président Barack Obama a expliqué que le conflit afghan était une « guerre qui mérite d’être menée ».
Une majorité sans précédent d’Américains se déclarent hostiles à la guerre. « Les Américains commencent à récuser le concept de guerre juste au fur et à mesure que la situation en Afghanistan se dégrade », note Nick Mills, enseignant au département de journalisme de l’université de Boston.
Malgré l’impopularité croissante de l’engagement américain en Afghanistan, Obama a pu compter jusqu’à présent sur la patience de l’opinion mais, selon les analystes, il ne pourra se reposer sur elle indéfiniment.
Commentaires : Barack Obama sera aussi confronté au coût de la guerre, qui enrichit quelques sociétés mais appauvrit la majorité de la population et fragilise l’économie américaine.

A New Strategy for Afghanistan and Pakistan, The White House [mp4Texte].

Le bourbier afghan


Les Afghans n’aiment pas les envahisseurs. Ils les chassent : les Anglais, les Russes, les Soviétiques. Les Américains et leurs supplétifs, notamment français, pourraient bien devenir les prochains à être vaincus par ce pays violent et âpre. Après huit ans de guerre, malgré toute la technologie occidentale, le commandant en chef américain en Afghanistan a dû reconnaître que les talibans gagnaient. La bataille d’Afghanistan partait pourtant de nobles objectifs : libérer un pays de ces combattants obscurantistes qui brûlent les écoles de filles et veulent imposer un ordre islamiste moyenâgeux. Il s’agissait aussi de vaincre ce qu’il reste d’Al-Qaeda et de Ben Laden, réfugié entre les montagnes afghanes et pakistanaises. Cette guerre a échoué. Les Américains et leurs alliés ont privilégié les objectifs militaires au mépris de la population, qui perçoit l’étranger comme un ennemi. Les troupes occidentales n’ont apporté que terreur et instabilité aux populations civiles. Politiquement, l’Occident s’appuie sur Hamid Karzaï, un président inefficace, notoirement corrompu, qui mène une douteuse campagne pour sa réélection. Les milliards d’aides déversés en Afghanistan ont enrichi ses proches, alors que ses concitoyens doivent survivre sans routes, sans écoles, sans un système de santé même basique. Obama a décidé, à juste raison, de se retirer d’Irak, alors qu’il entend accroître l’effort de guerre en Afghanistan. Mais on perçoit mal quelle part la France, son président, ses militaires ont pris dans l’élaboration de cette nouvelle stratégie à hauts risques.

Libération

L’Afghanistan est le plus vieux bourbier militaire qui connaît, depuis les années 1970, une succession de débâcle des forces d’invasion. Au temps de la lutte idéologique entre Américains et Soviétiques, les Afghans ont prouvé qu’ils ne pouvaient s’accommoder d’aucune hégémonie militaire extérieure sur leur territoire, mettant à mal la toute puissante armée soviétique, par le moyen d’une guérilla dont les acteurs, animés par la foi, étaient tout de même armés par les USA ou la CIA, alors présents sur le terrain pour contrecarrer l’expansionnisme soviétique dans la région. Les Américains connaîtront le même destin, une décennie plus tard, avant de se retirer en douce, laissant le soin aux troupes lieutenantes de Chah Massoud, de repousser les forces talibanes. Ce fut un échec sans précédent, les talibans, soutenus, moralement et militairement, par des factions pakistanaises qui ont également maille à partir avec le pouvoir du général proaméricain Musharraf, finirent par faire leur entrée triomphale à Kaboul, prenant le pouvoir, que les Américains refuseront de leur laisser longtemps, pour une question de géostratégie du pétrole de long terme, mais sous couvert d’un humanisme démocratique mû, médiatiquement, par le spectacle de la tyrannie talibane quotidienne contre les femmes, les monuments historiques et les dissidents.

La Nouvelle République

La voiture a explosé juste devant l’entrée du quartier général de la force de l’OTAN en Afghanistan, à une centaine de mètres des ambassades britanniques et américaines. Cette attaque visant une des zones les plus sécurisées du pays a été revendiquée par les talibans. Leur porte-parole l’a confirmé à l’agence Reuters : «La cible était l’ambassade des Etats-Unis, mais nous n’avons pas pu l’atteindre. Le kamikaze s’est fait exploser près du quartier général de l’Isaf (Force internationale d’assistance à la sécurité de l’OTAN) et a tué plusieurs soldats étrangers.»

Plusieurs membres de la force internationale seraient au nombre des victimes. «Il y a malheureusement des victimes, mais je ne fournirai pas de chiffres. Il y a des civils et des militaires de l’Isaf», a déploré le général canadien Eric Tremblay, un des porte-parole de l’Isaf. L’explosion a détruit une grande barrière de béton protégeant la base militaire en faisant voler en éclat les vitres des habitations du quartier. Selon un journaliste de l’AFP, les membres d’Isaf ont puissamment fortifié la base immédiatement après l’attentat. Le président afghan Hamid Karzaï a fustigé «les ennemis de l’Afghanistan qui tentent de semer la peur parmi le peuple en cette période électorale». Cette nouvelle démonstration de force des talibans intervient à cinq jours de l’élection présidentielle, un scrutin dont M. Karzaï est le grand favori. Les insurgés islamistes avaient juré de perturber les scrutins présidentiel et provinciaux, prévus jeudi 20 août, les considérant comme «une imposture orchestrée par les Américains». La multiplication des attaques, une explosion de violence sans précédent depuis la chute des talibans en 2001, fait craindre un taux d’abstention élevé et donc un scrutin peu crédible. Oubliée, la guerre en Afghanistan revient à la Une des médias internationaux avec ses vérités amères que les occupants avaient tout fait pour taire. La situation y est telle que même les dirigeants locaux, pourtant installés par la CIA, ne peuvent plus s’en cacher. C’est le cas du président Hamid Karzaï qui ne s’est pas empêché de tirer la sonnette d’alarme, et de demander secours à ses voisins «ennemis» du Pakistan pour venir à bout de l’offensive des talibans et d’Al-Qaïda, qui a gagné en ampleur ces derniers mois et qui empêche, depuis maintenant plus de sept ans, la «pacification» de ce pays comme l’avaient planifié les forces d’occupation.

Après l’Irak, le spectre de l’échec plane sur l’Afghanistan. Et tout le monde s’en plaint aujourd’hui ; même le Premier Ministre britannique Gordon Brown, qui en était arrivé à réclamer le remplacement de l’OTAN par les forces de l’ONU dans ce pays. Ce sentiment d’impuissance a commencé à s’aggraver sérieusement après l’affaire des otages sud-coréens, détenus en 2007. A cela s’ajoutait les divergences sur le rôle des Pakistanais, soupçonnés de «liens» avec les talibans…
Alors que Karzaï, comme Washington, considèrent officiellement le Pakistan comme un partenaire dans la recherche de la paix, l’armée américaine accuse Islamabad de «jouer sur les deux tableaux dans les rues de l’Afghanistan» et surtout dans les régions frontalières, où les talibans ont imposé leur loi. Très inquiets de la détérioration de la situation dans la région, les pays de la coalition occidentale s’interrogent sur la stratégie à adopter pour contrer l’offensive des talibans, lesquels, en deux ans de redéploiement ont réussi à reconquérir des provinces entières et contrôlent au moins un quart du territoire afghan.
Cette guerre est aussi une épreuve pour le nouveau président américain, qui a décidé le maintien des forces américaines dans ce pays, contrairement à ce qu’il a décidé pour l’Irak. La «cause afghane» étant jugé plus défendable et plus consensuelle aux yeux de la communauté internationale, au motif que les groupes affiliés au réseau Al-Qaïda y trouvent toujours refuge. Barack Obama a même suggéré de renforcer la présence des forces de l’OTAN, mais n’a pas précisé les formes de soutien devant être au processus politique aujourd’hui menacé d’écroulement.

La Nouvelle République

Les observateurs de la situation sécuritaire et politique en Afghanistan estiment que les élections, sur lesquelles Ahmed Karzaï tablait en vue de se faire réélire et consolider sa position au pouvoir, sont très sérieusement perturbées par ce qui est arrivé, les talibans ayant fourni la preuve militaire de leur puissance en pénétrant au cœur de la capitale et en touchant, symboliquement, les forces de l’Otan qui sont censées être là pour veiller au rétablissement de la paix dans ce pays et au retour à une vie politique et institutionnelle normale.

Les Américains, dont la stratégie dans la région semble avoir été réorientée, depuis l’arrivée de Barak Obama à la Maison-Blanche, priorisant l’action militaire contre les talibans en Afghanistan et optant pour un retrait progressif d’Irak jusqu’à l’horizon 2011, devraient voir se réveiller, dans leurs rangs, les démons des bourbiers vietnamien et irakien, avec les échecs patents qu’ils y ont connus.

Cela d’autant que les forces de l’Otan, multinationales et essentiellement occidentales, pourraient subir les contrecoups médiatiques de leurs opinions nationales respectives, générant des pressions qui pourraient faire se désolidariser, de la stratégie offensive américaine dans ce pays, quelques pays européens. C’est déjà arrivé en Irak, et si la situation s’avère non maîtrisable au fil des semaines à Kaboul et dans l’ensemble de l’Afghanistan, il est à prévoir que ce scénario serait le plus probable.

Destitués de Kaboul, les talibans semblent insaisissables et même plus puissants qu’avant, alors que les Occidentaux n’ont jamais accepté de guerre où ils pourraient chaque jour compter leurs morts.

La Nouvelle République

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Afghanistan, Monde en Question

Palestine, chronique d’une présence-absence


Le temps qu’il reste est un film en partie autobiographique, construit en quatre épisodes marquants de la vie d’une famille, ma famille, de 1948 au temps récent.

Ce film est inspiré des carnets personnels de mon père, et commence lorsque celui-ci était un combattant résistant en 1948, et aussi des lettres de ma mère aux membres de sa famille qui furent forcés de quitter le pays.

Mêlant mes souvenirs intimes d’eux et avec eux, le film dresse le portrait de la vie quotidienne de ces palestiniens qui sont restés sur leurs terres natales et ont été étiquetés « Arabes-Israéliens« , vivant comme une minorité dans leur propre pays.

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Lire aussi :
• Le temps qu’il reste, AlloCiné.
• Le temps qu’il reste, d’Elia Suleiman, en compétition à Cannes, AFPS.
• Le temps qu’il reste, Arte.
• Le temps qu’il reste : Kafka à Nazareth, Bakchich.
• Le temps qu’il reste, Cinéma Utopia Toulouse.
• Le temps qu’il reste, réalisé par Elia Suleiman, Critikat.
• Le temps qu’il reste, un film poignant sur la Palestine, La Tribune.
• Le temps qu’il reste : Etre drôle et facétieux sur fond de tristesse infinie, Le Monde.
• Elia Suleiman : « Il m’a fallu ajuster le film à la personne que j’étais devenue », Le Monde.
• Le temps qu’il reste – Elia Suleiman, Les Inrocks.
• Palestine, le temps des restes, Libération.
• «J’aime filmer sur les lieux mêmes, je n’aime pas tricher», Libération.
• Le plaisant « temps qu’il reste » au Palestinien Elia Suleiman, Rue89.
• Le temps qu’il reste – film de Elia Suleiman, Télérama.
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

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