Citoyen du Monde !

9 février 2010 Laisser un commentaire

Lire aussi :
• Dossier l’identité nationale, Politiques sociales à l’épreuve de la mondialisation.
• Dossier documentaire & Bibliographie Nationalisme, Monde en Question.

Beaucoup de bruit…

8 février 2010 Laisser un commentaire

La candidature d’Ilham Moussaïd sur la liste du NPA aux élections régionales dans le Vaucluse (Paca) servira-t-elle à une prise de conscience du «climat nauséabond, islamophobe qui devient insupportable» en France ? J’en doute beaucoup pour au moins deux raisons.

1) Le NPA ne semble pas vraiment assumer le choix de cette candidature. Pierre-François Grond, porte-parole, a en effet déclaré «Il y a une fille qui porte un léger voile sur la liste du Vaucluse». Ce léger voile est une excuse, bien faible de surcroît, qui révèle un malaise [1].
Le NPA ne semble pas mesurer que, dans le climat de chasse aux sorcières actuel, le gros plan sur un détail vestimentaire soit plus parlant qu’un discours. Le jour même, Le Monde publia une infographie datant de juin 2009 pour redire que le voile est musulman !

2) Le NPA ne semble pas prêt à affronter la propagande haineuse contre les musulmans, devenus les boucs émissaires d’une société à la dérive, ni le danger d’une récupération par les mouvements religieux. Une étrange et hétéroclite coalition s’est formée qui, d’Arlette Laguiller à Jean-Marie Le Pen en passant par Jean-François Copé, martèlent le même message : voile = musulman = terroriste.
Le NPA, en acceptant les références imposées [2], s’est enfermé lui-même dans le piège d’un discours inaudible : Ilham Moussaïd est «une militante féministe, anticapitaliste, internationaliste qui estime devoir porter le voile en raison de ses convictions religieuses» [version Le Figaro] ou «Ilham est la preuve qu’on peut être au NPA et porter le voile» [version Besancenot].

Les réactions quasi unanimes, à gauche et à droite, contre la candidature d’une femme voilée sont dignes de figurer dans un florilège de l’hypocrisie :

Pour Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, Olivier Besancenot est « un manipulateur » qui « s’est servi » du cas de cette jeune femme afin de relancer un parti « aux abois ».
Xavier Bertrand avouerait-il que cette affaire serait une manipulation politico-médiatique ?

« Je pense que c’est de la provocation de la part d’Olivier Besancenot qui renie quand même les convictions de son propre parti politique. Je rappelle que Marx disait que la religion est l’opium du peuple« , a dit la secrétaire d’Etat à la Famille sur Radio J.
Nadine Morano citant Marx, c’est à se tordre de rire.

À gauche, l’ancien Premier ministre socialiste [Laurent Fabius] a invité les responsables du NPA à « relire » Trotski, l’idéologue russe dont le mouvement d’extrême gauche se réclame.
Laurent Fabius, feignant d’ignorer que le NPA fut fondé en rupture avec le trostskysme, invite à relire un auteur qu’il n’a vraisemblablement pas lu.

Source : Reuters-Yahoo! Actualités

Pour le socialiste Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France, la décision d’investir une jeune femme voilée est tout simplement « une aberration ».
« Je ne sais même pas où Olivier Besancenot a été chercher ça. C’est tellement aberrant que les gens de l’ex-Ligue Communiste, le NPA, mettent sur leurs listes une jeune femme voilée alors que toute la société française, tous les républicains français, tentent en ce moment de s’élever contre le port de la burqa et d’une manière générale contre la condition qui est faite aux femmes ».
Le « toute la société française » contre la burqa relève du fantasme. Le lien entre « les républicains français » et « la condition qui est faite aux femmes » relève du discours incantatoire et non des faits. Lire : Marie-Ségolène Royal et les femmes.

Source : Voilà Actualités

Depuis l’affaire de Creil en septembre 1989, la question du voile tourne en rond dans les marécages du racisme colonial et néo-colonial. Ce n’est pas la candidature d’Ilham Moussaïd, même si «le sens de [sa] candidature est de donner une voix aux femmes et aux hommes issus des quartiers populaires» [TF1], qui changera grand chose. Au contraire, elle ajoute autant de bruit que de confusion…

Serge LEFORT
Citoyen du Monde exilé au Mexique

Lire aussi :
• 07/02/2010, La candidate voilée du NPA toujours critiquée, Besancenot n’a pas de «leçon à recevoir», Libération.
• 07/02/2010, Ilham Moussaïd, candidate aux régionales et Annick Berthelot, militante féministe du NPA, s’expriment, Mediapart.
• 07/02/2010, L’insoluble contradiction du voile anticapitaliste, Mediapart – NPA.
Google Vidéos
• Revue de presse Voile (2004), Monde en Question.
• Revue de presse Burqa (2009), Monde en Question.
• Bibliographie Voile & Burqa, Monde en Question.


[1] Lire : Mise au point d’Yvan Zimmermann tête de liste du NPA en Alsace à propos de la candidate voilée du Vaucluse, NPA.
[2] Rama Yade a résumé le consensus du politiquement correct :
« Au nom de l’égalité homme-femme, des principes républicains, de la laïcité, un parti politique devrait se garder de ce genre de chose », a-t-elle affirmé lors du Talk Orange/Le Figaro.
Source : AP-Yahoo! Actualités

Que les promoteurs d’une loi interdisant la burqa se moquent des femmes, des principes républicains et de la laïcité cela ressort bien de l’entretien de Jean-François Copé au Figaro :

«Avec mes amis députés UMP, nous déposerons une proposition de loi d’interdiction, assortie d’un texte de résolution.

La résolution doit servir à rappeler les principes fondamentaux dans le domaine du respect des femmes comme un élément majeur des valeurs de la République.»
Il est clair que la résolution est le discours-prétexte du politiquement correct.

«La loi va répondre à la question de la sécurité. Qui peut imaginer qu’un enseignant puisse laisser un enfant sortir de l’école et le remettre à une personne dont il ne voit pas le visage ? Qui peut penser, à un moment où nous développons les moyens de vidéoprotection, qu’on puisse se balader le visage intégralement masqué ?»
L’essentiel est dans la loi dont l’argument est sécuritaire. Tout est dit ! Le braquage d’un bureau de poste par deux hommes cachés sous une burqa vient à point…

La théorie du complot

7 février 2010 4 commentaires

Les médias dominants ont verrouillé tout débat sur la grippe à virus A(H1N1). Aux ordres des autorités sanitaires et politiques, ils ont disqualifiés par avance les critiques en les assimilant aux « théories du complot ». Les médias sont passés maîtres dans l’art de dénoncer les théories du complot tout en y participant eux-mêmes…

Depuis le 11 septembre 2001, les médias dominants balaient d’un revers de main les doutes et les critiques en accusant l’islamogauchisme de comploter contre la République, la laïcité, les femmes… et contre Israël.
En 2004, Daniel Leconte et ses compères assénèrent, en manipulant les images, leur théorie du complot : l’anti-américanisme est le masque de l’éternel antisémitisme ; Arlette Laguiller et Jean-Marie Le Pen sont les agents d’un complot mondial contre le peuple juif [1] !
En 2006, les médias dominants accréditèrent la thèse d’un « complot soviétique » d’être responsable de l’attentat contre Jean Paul II en 1981 [2].
En 2008, les médias dominants accréditèrent la thèse d’un « complot de l’ultra-gauche »
d’être responsable des «sabotages SNCF» [3].
En 2010, les médias dominants, qui perdent un peu plus chaque jour crédibilité et audience, s’acharne contre ceux qui participeraient à une vaste complot destiné à les discréditer :

La critique englobante de la «théorie du complot» est devenue dans l’espace médiatique une arme de destruction massive de toute discussion rationnelle. Et il est à peine paradoxal de constater que cette critique utilise les mêmes procédés que ceux qu’elle dénonce, comme le montre une émission récente de France Culture. La critique de la «théorie du complot» en version France Culture permet de comprendre comment et pourquoi sa dénonciation est devenue un argument de propagande médiatique…
Acrimed

Les chiens aboient, la caravane passe…

Serge LEFORT
Citoyen du Monde exilé au Mexique

Lire aussi :
Théorie du complot, Acrimed.
Théorie du complot, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.


[1] Lire : La théorie du complot, Monde en Question.
Lire aussi la série d’articles sur l’affaire du RER D, Monde en Question.
[2] Lire la série d’articles sur cette affaire :
Le Monde, agent de propagande, Monde en Question.
Libération et Arte, agents de propagande, Monde en Question.
• Médias, agents de propagande, Monde en Question.
Lire aussi la série d’articles sur l’affaire des caricatures, Monde en Question.
[3] Lire la série d’articles sur cette affaire :
• Version policière des «sabotages SNCF» (1), Monde en Question.
• Version policière des «sabotages SNCF» (2), Monde en Question.
• Version policière des «sabotages SNCF» (3), Monde en Question.
Lire aussi la série d’articles sur les attentats à Bombay : Le terrorisme, une arme de propagande, Monde en Question.
Lire aussi la série d’articles sur l’affaire des minarets, Monde en Question.

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Le Monde, agent de propagande

5 février 2010 Laisser un commentaire

Le 24 juin 2009, Le Monde publiait ces quatre photos de l’AFP, accompagnées de commentaires de la rédaction, et titrait Les différents types de voile musulman. Le 3 février 2010, Le Monde publie les mêmes photos, accompagnées des mêmes commentaires et avec le même titre. La réédition d’un document non modifié permet à la rédaction de confirmer son point de vue… à moindre frais.

Les commentaires du Niqab, de la Burqa et du Tchador sont descriptifs : vêtement et zone géographique où il est porté. Le commentaire du Hijab est performatif : le hijab serait « la tenue conforme aux principes de l’islam ». Ainsi Le Monde prétend que, selon les principes de l’islam, les musulmanes doivent sortir voilées et que, comme le signifie le titre, le voile est musulman !

Plusieurs remarques s’imposent :
Le terme voile est polysémique car il s’agit d’un vêtement qui couvre plus ou moins le corps et/ou plus ou moins le visage selon la région considérée. Cette variabilité montre déjà que le principe, prétendument immuable, ne l’est pas. Elle montre aussi que des facteurs culturels, autres que religieux, pèsent dans le port de ce type de vêtement.

Les commentaires taisent le paramètre quantitatif. Combien de femmes, musulmanes, portent le tchador en Iran ? Le Monde reste dans un flou suspect en écrivant « de nombreuses femmes ». Des femmes non musulmanes portent-elles le tchador en Iran ? Question qu’aucun journaliste des médias dominants ne se pose préférant répéter inlassablement leur paranoïa sur le monde arabo-musulman.

Qu’en est-il dans les autres pays ? Le document passe sous silence la tenue vestimentaire de la majorité des musulmanes dans le monde. Qu’en est-il des musulmanes qui vivent en Indonésie, pays comptant le plus grand nombre de musulmans au monde ? Il est vrai que décrire une réalité contrastée n’est pas vendeur.

Enfin, cette infographie insinue que l’islam serait une religion condamnable parce qu’elle imposerait le port d’un voile à ses adeptes voire à toutes femmes. C’est naturellement faux et c’est oublier un peu vite ce que le catholicisme a imposé non seulement à ses fidèles (plus ou moins consentants) mais aussi à tous les convertis par la force dans les colonies aux Amériques, en Afrique et en Asie.

À partir d’exemples non quantifiés et limités à certains pays, comme par hasard l’Afghanistan et l’Iran, Le Monde nous assène une loi qui n’en est pas une. En jouant sur le choc de photos choisies à dessein, Le Monde poursuit le vieux projet colonialiste d’imposer les normes occidentales aux autres peuples [1].

Le Monde, agent de propagande du néo-colonialisme, se garde bien de rappeler à ses lecteurs que la République, celle de Jules Ferry, de Léon Blum et de Guy Mollet, a refusé d’accorder la citoyenneté aux populations conquises et leur a appliqué le Code de l’indigénat c’est-à-dire la loi coranique : «L’indigène musulman est français ; néanmoins il continuera à être régi par la loi musulmane». Aboli en 1946, le Code de l’indigénat perdurera en Algérie jusqu’à l’Indépendance en 1962 [2].

Serge LEFORT
Citoyen du Monde exilé au Mexique

Lire aussi :
• Irène KAUFER, Ni burqa ni photoshop, Politique.
• Revue de presse Voile (2004), Monde en Question.
• Revue de presse Burqa (2009), Monde en Question.
• Bibliographie Voile & Burqa, Monde en Question.
• Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.


[1] Après le deuxième voyage de Christophe Colomb à Haïti à la fin de 1493, il ne s’agit plus d’exploration aventureuse, mais d’occupation armée de l’île rebaptisée Hispaniola. L’arrivée d’une armada de dis-sept navires avec douze à quinze cents hommes marque l’acte inaugural d’une colonisation européenne qui va bientôt s’abattre sur tout le continent américain. Et qui se distingue d’emblée par sa violence sans limites contre les peuples envahis qu’elle entend contraindre à produire ce qu’exige le colonisateur. Dès son premier voyage, Colomb en avait tracé le programme. Les naturels de l’île, écrivait-il, «sont donc propres à être commandés et à ce qu’on les fasse travailler, semer et mener tous autres travaux qui seraient nécessaires, à ce qu’on leur enseigne à aller vêtus et à prendre nos coutumes».
Christophe COLOMB, La découverte de l’Amérique, La Découverte, 1979.
Marc FERRO, Le livre noir du colonialisme, Pluriel Laffont, 2003.
[2] Références :
• Un code pour les indigènes, LDH-Toulon
• Le code de l’indigénat dans l’Algérie coloniale, LDH-Toulon
• Indigénat, Wikipédia

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Deux impasses de la psychanalyse

3 février 2010 Laisser un commentaire

Depuis le 1er janvier 2010, l’oeuvre de Freud est tombée dans le domaine public, provoquant une avalanche de rééditions qui n’ajoutent rien à la compréhension de son œuvre car elles ne s’accompagnent pas de données nouvelles. On assiste à l’obscène de la production éditoriale, «machine à fabriquer des saucisses» (Erich Von Stroheim à propos des producteurs de Hollywood), cautionnée par les psychanalystes pour maintenir leur propre business.

La critique de la psychanalyse fait souvent l’impasse sur le continent noir du modèle théorique de la sexualité humaine.
En écrivant que «l’homme a un instinct sadique, et la femme un instinct masochiste», Freud a alimenté les fantasmes de nombreux féministes alors que, de son propre aveu, «Après trente ans passés à étudier la psychologie féminine, je n’ai toujours pas trouvé de réponse à la grande question : Que veulent-elles au juste ?» [1].

La critique de la psychanalyse fait aussi souvent l’impasse sur la structuration sectaire de la Société psychanalytique que Freud créa à Vienne et qu’il contrôla d’une main de fer pendant trente ans [2].

Dans une lettre inédite de 1912, publiée par Marinelli et Mayer, le psychiatre suisse Alphonse Maeder écrit à Freud : « Je remarque depuis quelque temps que nous en venons progressivement à nous constituer en véritable secte. »
L’Express

La première impasse n’a été résolu ni par les disciples de Freud ni par les féministes tous genres confondus. Cette impasse est d’ordre philosophique et, à ce titre, liée aux héritages grec et judéo-chrétien de la civilisation occidentale que la psychanalyse n’a jamais remis en cause.
Il est symptomatique que les chinois se passent du recours à la psychanalyse que certains croient universelle, concept qui va si peu de soi qu’il est prescriptif. Cet écart de la pensée est aussi un écart du langage. Pour dire chose, le chinois dit est-ouest. Quand nous parlons de l’être, les chinois parlent d’une relation des opposés [3].

La deuxième impasse fut perpétuée par les disciples de Freud, dont Lacan est l’exemple caricatural mais non unique. Il est curieux que la psychanalyse soit totalement passée à côté des relations de domination au sein des organisations.
Robert Michels, sociologue allemand, a pourtant publié en 1911 au moment où Freud structurait la psychanalyse autour de sa personne, un ouvrage qui décortique le processus de captation du pouvoir par une minorité, voire par un chef inamovible [4].

Les fidèles de Freud ne reculent devant rien, même pas au recours de comparaisons abjectes, pour discréditer les critiques de leur Maître :

Il est des mots qu’il est interdit de prononcer. Il est des actes qui n’auraient jamais dû se produire. Qu’un jeune nazi, emporté par sa fougue, ait pu dire un jour : «pour la noblesse de l’âme humaine, je jette au feu les écrits de Freud». Et bien, une telle vocifération suivie d’un tel geste scandaleux devrait nous guérir à jamais de la tentation de l’anti-freudisme primaire. [...] La destruction de l’esprit par la «novlangue» nazie n’est plus à l’ordre du jour, mais la négation de l’impact de Freud et du mouvement freudien sur la culture européenne demeure une tentation pour les esprits les plus avertis.
La Fabrique de l’humain – France Culture

Serge LEFORT
Citoyen du Monde exilé au Mexique

Lire aussi :
• FREUD Sigmund, Wikipédia.
• BOURDIN Dominique, La psychanalyse de Freud à aujourd’hui – Histoire, concepts, pratiques, Bréal, 2007 [BooksGoogle].

• Critique de la psychanalyse, Wikipédia.
• BOUVERESSE-QUILLIOT Renée et QUILLIOT Roland, Les critiques de la psychanalyse, QSJ n°2620 PUF, 1991.
• MEYER Catherine Meyer (sous la direction de, Le Livre noir de la psychanalyse – Vivre, penser et aller mieux sans Freud, Les Arènes, 2005 [Wikipédia].
ROUSTANG François, Feuilles oubliées, feuilles retrouvées, Payot, 2009 [L'Express - Libération].


[1] Sélection bibliographique :
• 12/07/2001, ROSE Anne, La femme un continent noir ?, Hommes et Faits.
• 2008, GINÉSY Pierre, «Entendre ce qui est sans voix» – le continent noir de la psychanalyse, École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses.
[2] Sociétés psychanalytiques :
• 1908, Société psychanalytique de Vienne, Wikipédia.
• 1910, International Psychoanalytical Association, Wikipédia.
• 1926, Société psychanalytique de Paris, WikipédiaSite.
[3] Lire :
• CORNAZ Laurent et MARCHAISSE Thierry (sous la direction de), L’indifférence à la psychanalyse – Sagesse du lettré chinois, désir du psychanalyste, PUF, 2004.
Dossier documentaire & Bibliographie François JULLIEN, Monde en Question.
[4] MICHELS Robert, Les partis politiques – Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties, Flammarion, 1914 et 1971 – Université de Bruxelles, 2009 [Amazon - Bibliothèque de l'école des chartes - Multitudes].
Lire aussi :
• LEFORT Claude, Eléments d’une critique de la bureaucratie, Tel Gallimard, 1979.
• CASTORIADIS Cornelius, L’institution imaginaire de la société, Seuil, 1975 et 2006
Dossier documentaire & Bibliographie Socialisme ou Barbarie, Monde en Question.

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Aux sources de l’islamogauchisme

2 février 2010 Laisser un commentaire

Laurent LÉVY, «La gauche», les Noirs et les Arabes, La Fabrique, 2010 [Du grain à moudre - France Culture - LMSI].

La loi sur le foulard à l’école, les émeutes de novembre 2005 dans les banlieues françaises, l’Appel des Indigènes de la République : autant d’événements où sont apparus des clivages graves dans ce qu’on appelle « la gauche » – qu’il s’agisse de l’ex-LCR, du Parti communiste, des Verts ou des anarchistes. Dans tous ces groupes et partis, on trouve des fondamentalistes de la laïcité, des « républicains », des féministes institutionnelles qui crient aux valeurs bafouées ou au communautarisme.

Laurent Lévy décode le racisme et la haine de l’islam dissimulés derrière chacun de ces discours. Il décrit le combat de la jeunesse populaire postcoloniale : les « islamogauchistes », le collectif « Une école pour toutes et tous », les Indigènes.

Un livre qui fera grincer bien des dents mais qui défend l’égalité de n’importe qui avec n’importe qui – valeur républicaine après tout.

Laurent Lévy présentera son livre :
• Vendredi 5 février à 20h à la librairie Envie de Lire (16 rue Gabriel Péri, 94200 Ivry sur Seine),
• Jeudi 25 février à 19h à la librairie Terre des livres (86 rue de Marseille, 69007 Lyon),
• Samedi 27 février à 17h30 à la librairie Résistances (4 Villa Compoint, 75017 Paris, Métro Guy Môquet).
DémosphèreLe Monde diplomatique

Articles de Laurent Lévy :
Mouvements
Oumma.com

Lire aussi :
Laurent Levy, caricature d’un anti-racisme dégénéré, Riposte Laique [intégristes de la laïcité issus de Respublica].
Burqa et pantalon… quid des lois ?, EuroPalestine.
Sa burqa dans notre gueule, Le Monolecte.
La diversité contre l’égalité, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Voile & Burqa, Monde en Question.

Good Night and Good Luck

1 février 2010 Laisser un commentaire

Winchell, un film pratiquement inconnu en France, est l’envers de Good Night and Good Luck. Le premier raconte l’histoire du journaliste américain Walter Winchell et le second celle du journaliste américain Edward R. Murrow.

Walter Winchell fut, de son propre aveu, «un fils de pute» c’est-à-dire un acteur du système de désinformation. Profondément anticommunisme, il a naturellement soutenu la campagne du sénateur Joseph McCarthy. Il travaillait pour sa propre gloire, ce que montre bien le film, et acceptait toutes les compromissions susceptibles de renforcer son audience.

Edward R. Murrow, reconnu pour l’honnêteté et l’intégrité de son travail, fut l’un des journalistes qui contribuèrent à la chute du sénateur Joseph McCarthy. Journaliste au pluriel car ses reportages n’auraient jamais été diffusés sans la solidarité d’une équipe au sein de CBS. Malgré ses qualités professionnelles, il n’échappa pas à un système médiatique qui est soumis au marché depuis les origines de la presse.

Le mariage de la presse et des financiers, via la publicité, se réalisa dès les années 1830 :

En France, l’industrie du journalisme repose sur une base essentiellement fausse, c’est-à-dire plus sur les abonnements que sur les annonces. Il serait désirable que ce fût le contraire.
Girardin dans les années 1830.

La presse est une industrie avant d’être un sacerdoce.
Paul Thibaudet dans les années 1930.

Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective « business », soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit.
[…]
Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible.
Patrick Le Lay en 2004.

Balzac dénonça en vain l’emprise de l’agence Havas qui était à la fois entreprise de presse et de publicité et qui deviendra l’Agence France Presse (AFP) :

Jadis, les journaux avaient tous un rédacteur spécial pour les Nouvelles Étrangères, qui les traduisait et les Premierparisait. Ceci a duré jusqu’en 1830. [...] Depuis, les journaux de Paris ont eu tous le même traducteur, ils n’ont plus ni agents ni correspondants, ils envoient rue Jean-Jacques-Rousseau, chez M. Havas, qui leur remet à tous les mêmes nouvelles étrangères, en en réservant la primeur à ceux dont l’abonnement est le plus fort.
BALZAC Honoré de, Monographie de la presse parisienne, 1843 [Éditions du Boucher - BooksGoogle - Paris-Sorbonne] [1]

Ce préambule historique permet de mesurer les limites de l’honnêteté intellectuelle de quelques journalistes, qualité d’autant plus soulignée qu’elle est rare. Malgré toutes ces réserves, le film est excellent.
L’utilisation du noir et blanc, au-delà de la justification technique pour insérer des citations comme dans Les cadavres ne portent pas de costard, sert magnifiquement le propos.
L’interprétation de David Strathairn rappelle étrangement le combat solitaire que mena Karl Kraus contre la propagande de la presse.

La corruption de la presse est en effet à ses yeux, écrira le critique Jean Blain, la source de toutes les autres et il voit dans le triomphe du journalisme un danger contre la culture – danger qui tient entre autres à la corruption du langage et à la réduction de la culture à une marchandise. En outre, tandis que le journalisme exige, pour être exercé correctement, un sens moral et un sens des responsabilités au-dessus de la moyenne, il est plutôt devenu, estime Kraus, symbole d’impunité et d’irresponsabilité. Ce que Kraus demande à la presse n’est évidement pas de cesser d’exister, mais de cesser de se mentir à elle-même et mentir aux autres sur ce qu’elle est capable de faire et sur la réalité de ce qu’elle fait.
Radio Prague

Serge LEFORT
Citoyen du Monde exilé au Mexique

Critiques :

AlloCiné
Arte
Cahiers du Cinéma
Chronic’art
Critikat
Fluctuat
l’Humanité
Le Monde

Mac Carthy – Maccarthysme :

Arte
HistGéo
Wikipédia

• MUHLMANN Géraldine, Journalisme contre McCarthysme – Good Night and Good Luck, Le Temps des médias n°6, 2006.

• Aspects de l’anticommunisme, Communisme n°62-63, 2001 [BooksGoogle].
• Le Maccarthysme, L’histoire n°27, 1980.
• ROUCH Jean, Le maccarthysme – Cinéma et idéologie, Cinéma n°160, 1971.

• PERRIER Hubert (sous la direction de), L’anticommunisme et la chasse aux sorcières aux États-Unis (1946-1954), Didier, 1995 [Amazon].
• ROUGÉ Jean-Robert (sous la direction de), L’anticommunisme aux États-Unis de 1946 à 1954, Presses Paris Sorbonne, 1995 [BooksGoogle].
• TOINET Marie-France, La chasse aux sorcières – Le Maccarthysme, Complexe, 1999 [Amazon - BooksGoogle - BiblioMonde].
• WIEDER Thomas, Les sorcières de Hollywood – Chasse aux rouges et listes noires, Philippe Rey, 2006 – Ramsay, 2008 [BiblioMonde - l'Humanité].
• ZINN Howard, « Nous, le peuple des États-Unis … » – Essais sur la liberté d’expression et l’anticommunisme, le gouvernement représentatif et la justice économique, les guerres justes, la violence et la nature humaine, Agone, 2004 [BiblioMonde].

Lire aussi :

Dossier documentaire & Bibliographie Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.


[1] L’argent des médias, Le Temps des Médias n°6, Printemps 2006 [SPHM].
Dossier documentaire & Bibliographie Agences de presse, Monde en Question.

Hommage à Howard Zinn

30 janvier 2010 Laisser un commentaire

Articles :

• 28/01/2010, Décès d’Howard Zinn : l’Amérique perd sa boussole, Article11
• 28/01/2010, Howard Zinn (1922-2010): A Tribute to the Legendary Historian with Noam Chomsky, Alice Walker, Naomi Klein and Anthony Arnove, Democracy Now!
• 28/01/2010, Howard Zinn est mort, Le Monde diplomatique
• 28/01/2010, L’historien américain Howard Zinn est mort, LesInrocks
• 28/01/2010, Howard Zinn, l’homme lumières, Télérama
• 29/01/2010,Howard Zinn, une grande voix des État-Unis, l’Humanité
• 30/01/2010, Howard Zinn, le « repêcheur » d’histoires, Marianne
• 30/01/2010, Décès d’Howard Zinn, historien et auteur d’Une histoire populaire des Etats-Unis, Mediapart
• 30/01/2010, Disparition de l’historien Howard Zinn : la lueur d’une bougie, Rue89

Livres :

• ZINN Howard, Une Histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours, Agone, 2002 [BiblioMonde].
• ZINN Howard, Le XXe siècle américain – Une histoire populaire de 1890 à nos jours, Agone, 2003 [version courte du précédent ouvrage].
• ZINN Howard, « Nous, le peuple des États-Unis … » – Essais sur la liberté d’expression et l’anticommunisme, le gouvernement représentatif et la justice économique, les guerres justes, la violence et la nature humaine, Agone, 2004 [BiblioMonde].
• ZINN Howard, L’impossible neutralité – Autobiographie d’un historien et militant, Agone, 2006 [BiblioMonde - Le Monde diplomatique].

Audio-vidéos :

• 29/01/2010, Hommage à Howard Zinn, Là-bas si j’y suis
• 14/09/2004-15/09/2004, Howard Zinn, Là-bas si j’y suis : 1/2, 2/2
Entretien avec Howard Zinn historien américain autour de son livre : Une Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours, Agone. Il s’agit de l’histoire des acteurs les plus modestes (Amérindiens, esclaves en fuite, jeunes ouvriers, GI’s du Vietnam).
• Howard Zinn, Google Vidéos

Sites :

Blog
BiblioMonde
Wikipédia
Dossier documentaire & Bibliographie USA, Monde en Question.

Un peuple étranglé par le colonialisme et l’impérialisme

28 janvier 2010 Laisser un commentaire

25/01/2010, Bush, Clinton et les crimes de l’impérialisme américain en Haïti, WSWS :

L’administration Obama a annoncé que ce serait les ex-présidents Bill Clinton et George W. Bush qui allaient diriger la collecte des fonds destinés aux opérations de secours après le tremblement de terre d’Haïti. Dans son discours radiodiffusé du 16 janvier, Obama a déclaré : «Ces deux leaders sont porteurs d’un message très clair au peuple d’Haïti et au monde. A l’heure du besoin, les États-Unis sont unis».

La nomination de Clinton et Bush a une signification réelle, mais il ne s’agit pas de celle que la Maison Blanche et les médias ont suggéré. En choisissant ses deux prédécesseurs immédiats — ceux qui on déterminé depuis 1993 la politique américaine dans les Caraïbes — Obama montre que la terrible tragédie humaine d’Haïti ne changera rien au rôle prédateur joué par l’impérialisme américain dans ce pays semi colonial et appauvri.

Clinton et Bush ont été, pendant huit années chacun, directement et au plus haut point impliqués dans une suite de machinations politiques et d’interventions militaires qui ont principalement contribué à perpétuer la pauvreté, l’arriération et la répression en Haïti et qui ont profondément amplifié le désastre ayant frappé ce pays la semaine dernière. Tous deux ont le sang d’ouvriers et de paysans haïtiens sur les mains.

Clinton est arrivé au pouvoir immédiatement après le coup d’État militaire qui a chassé du pouvoir le premier président démocratiquement élu d’Haïti, le prêtre populiste Jean-Bertrand Aristide. Ce coup d’État fut appuyé par l’administration de Bush père, qui considérait Aristide comme trop radical, indésirable et potentiellement dangereux.

La nouvelle administration démocrate introduisit un changement de tactique politique. Clinton imposa à la junte haïtienne des sanctions économiques qui détruisirent les industries d’exportations commençantes d’Haïti, puis il envoya – pour la troisième fois au cours du vingtième siècle – les Marines dans le pays afin de forcer le Général Raoul Cedras, le chef de la junte, à partir. Les États-Unis rétablirent Aristide à la présidence après qu’il ait donné l’assurance qu’il ne ferait rien pour braver la domination de Washington où celle de l’élite haïtienne et qu’il quitterait ses fonctions en 1996 sans chercher une réélection.

Après qu’Aristide, obéissant, ait quitté ses fonctions au moment prévu, c’est René Préval qui lui succéda, passant le premier de ses mandats (1996 à 2001) à mettre en oeuvre les diktats du «programme d’ajustement structurel» du Fonds monétaire international qui détruisit l’emploi, imposa des coupes dans les services publics et ruina les producteurs de riz d’Haïti.

Lorsque le parti d’Aristide, Fanmi Lavalas, remporta une nette victoire aux élections parlementaires de mai 2000, l’administration Clinton et le Congrès contrôlé par les Républicains refusèrent d’accepter le résultat de l’élection et supprimèrent l’aide américaine. Aristide lui-même retourna à la présidence après une large victoire à l’élection présidentielle de novembre 2000, seulement pour trouver devant lui un ennemi irréductible : l’administration Bush nouvellement élue aux États-Unis.

Haïti fut systématiquement affamée pendant trois ans par la suppression de l’aide américaine et par les mesures prises par l’administration Bush afin de bloquer l’aide internationale et d’isoler le gouvernement Aristide. Pour finir, en février 2004, sur fond de mouvements de protestation fomentés par l’élite dirigeante haïtienne, soutenue en secret par les États-Unis, l’armée américaine intervint de nouveau dans le pays, se saisissant d’Aristide et le conduisant hors du pays en exil.

Les Marines donnèrent le contrôle du pays à une force de maintien de la paix des Nations unies dont le Brésil fournit le plus important contingent. Cette force soutint toute une suite de premiers ministres haïtiens non élus jusqu’à l’élection de 2006 d’où furent seuls largement exclus les candidats de Fanmi Lavalas. René Préval fut alors élu président pour la seconde fois, son mandat devant se terminer à la fin de cette année. Jadis partisan et, selon ses propres dires, «jumeau» politique d’Aristide, Préval a depuis longtemps fait la paix tant avec Washington qu’avec l’élite haïtienne et son second mandat s’est caractérisé par une obéissance servile vis-à-vis des injonctions économiques de Wall Street et du Fond monétaire international.

Pendant les administrations Clinton et Bush, l’exigence américaine d’adhésion à la politique d’austérité du FMI s’accompagna d’un programme virulent de répression des Haïtiens fuyant leur pays natal afin de chercher refuge et une vie meilleure aux États-Unis. Lors de sa première campagne présidentielle, en 1992, Clinton avait critiqué cette persécution et le rapatriement forcé des réfugiés haïtiens, pour ensuite se dédire et poursuivre, sans aucune modification, cette même politique. Pendant dix sept ans – et cela continue sans aucun changement de la part d’Obama – des centaines de réfugiés sont morts dans de petites embarcations essayant d’échapper au blocus des gardes des côtes américains.

Plus récemment, Clinton, nommé envoyé spécial des Nations Unies à Haïti, a soutenu le régime corrompu de Préval et cherché à faire d’Haïti la base d’une industrie du vêtement rentable, contrôlée par les États-Unis et fondée sur des salaires proche de la famine. Des émeutes de la faim secouèrent le pays en avril 2008 mais cela n’empêcha pas Préval de bloquer des lois qui auraient augmenté le salaire minimum de 1,72 dollar par jour des ouvriers des usines de vêtements.

Quant à George W. Bush, son choix en tant que codirigeant d’une prétendue campagne humanitaire est une insulte tant au peuple haïtien qu’au peuple américain. Sa nomination par Obama est la continuation des efforts persévérants faits depuis l’élection du président démocrate, elle-même le produit de la haine populaire vis-à-vis de Bush et de son parti, pour réhabiliter les Républicains.

L’accomplissement le plus marquant de Bush (un criminel de guerre impénitent responsable du massacre d’un million d’Irakiens) sur le plan de la politique intérieure est l’échec abject de son gouvernement à empêcher que la Nouvelle Orléans et la côte du Golf du Mexique ne soient ravagées par l’ouragan Katrina, puis à organiser des opérations efficientes de secours et de reconstruction.

C’est là le palmarès des deux hommes sélectionnés par Obama en tant que visages publics de la dernière initiative américaine en Haïti. Durant le week-end, Bush et Clinton firent un certain nombre d’apparitions médiatiques parmi lesquelles des interviews sur les cinq chaînes d’informations télévisées où ils insistèrent sur le besoin de restaurer la «stabilité» en Haïti et sur le rôle important que les États-Unis auraient à jouer dans cet effort.

Bush et Clinton incarnent le rôle pernicieux et réactionnaire joué par l’impérialisme américain en Haïti au cours du siècle passé. Il n’est pas exagéré de dire que la politique de leurs administrations ont causé autant de morts et de ravages dans ce pays que le tremblement de terre lui-même.

23/01/2010, Haïti : les effets d’une catastrophe naturelle… et de l’exploitation coloniale puis impérialiste, Lutte Ouvrière :

Le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier a fait des dizaines de milliers de victimes, des millions sans doute de sans-abri et il est évident que l’organisation et la coordination des secours, dans un pays dont la plupart des infrastructures ont été détruites, ne sont pas chose aisée. Mais le sort de la population pauvre est d’autant plus terrible qu’elle vivait déjà dans la misère, que la consommation de galettes de terre pour tromper la faim faisait partie de la vie quotidienne des Haïtiens les plus pauvres, bien avant ce tremblement de terre.

Haïti n’est pas victime d’une malédiction. Haïti a d’abord été victime de l’exploitation coloniale par la France, puis de l’impérialisme nord-américain.

Le commerce et l’exploitation sans frein des esclaves noirs dans les plantations de canne à sucre au XVIIe et au XVIIIe siècles ont été l’une des principales sources d’enrichissement de la bourgeoisie française durant cette période. C’est sur leur sueur et leur sang qu’ont été bâtis les hôtels particuliers de Nantes, de Bordeaux et de bien d’autres villes. Et quand, embrasé par le souffle de la Révolution française, Haïti a aboli l’esclavage, a vaincu les armées que Napoléon Bonaparte avait envoyées pour tenter de rétablir celui-ci, la France n’accepta de reconnaître l’indépendance de l’île qu’en échange d’une indemnisation colossale, qui ruinera les finances de Haïti jusqu’en 1888.

Au XXe siècle, les États-Unis ont pris le relais dans l’exploitation de l’île, en mettant la main sur les meilleures terres agricoles, en utilisant dans la zone industrielle de Port-au-Prince des travailleurs sous-payés : moins de deux dollars par jour ces dernières années. Et, parallèlement à cette présence économique, les USA ne cessent d’intervenir dans la vie politique haïtienne : déposition du président Aristide en 1991, rétablissement de ce dernier en 1994 (après un séjour aux USA destiné à le convaincre de changer de politique), expédition en exil du même Aristide en 2004 et mise en place, sous le couvert de l’ONU, d’une mission de 6 000 militaires et 1 400 policiers chargés de maintenir l’ordre de l’impérialisme en Haïti.

Alors, Obama peut bien faire des discours humanitaires, confier à Clinton et à Bush (tout un symbole) le soin de réunir des fonds pour Haïti. Ses principales préoccupations sont d’une part d’éviter un afflux massif de réfugiés haïtiens aux États-Unis, comme cela s’était produit lors de récents cyclones dévastateurs, où ceux qui fuyaient l’île sur des embarcations précaires avaient été impitoyablement refoulés ; et d’autre part d’éviter tout risque d’explosion sociale menaçant les intérêts de l’impérialisme américain comme ceux des riches Haïtiens qui sont les alliés locaux de celui-ci.

L’une des premières mesures d’Obama a été d’envoyer 10 000 marines à Haïti. Pour assurer la sécurité des transports et des distributions de vivres ? Sans doute, mais prêts aussi à assurer l’ordre impérialiste. Quant à Sarkozy, pour ne pas être en reste, il a proposé à son tour d’y envoyer 1 000 gendarmes européens.

Dans la tragédie qu’il vit, le peuple haïtien a besoin de la solidarité de toutes les bonnes volontés. Et il est bon que la générosité populaire, qui ne fait pas, elle, de calculs politiques, se soit une fois de plus manifestée. Mais ce peuple qui, le premier, a su briser les chaînes de l’esclavage n’échappera vraiment à la misère que le jour où tous les exploités, tous les opprimés de la terre, ceux d’Haïti comme ceux de tous les autres pays, auront mis à bas le système capitaliste, construit une société qui se donnera les moyens de faire face aux conséquences des catastrophes naturelles, au lieu de consacrer des fortunes à produire des engins de guerre.

Car que représentent les 100 millions de dollars débloqués par Obama, les 20 millions d’euros débloqués par la France pour Haïti, au regard des 377 millions de dollars que coûte chaque jour l’intervention militaire des USA en Irak et en Afghanistan ?

Commentaires : Combat Ouvrier, qui est une organisation proche de Lutte Ouvrière dans les Antilles, ne dit rien sur Haïti.

15/01/2010, Séïsme en Haïti : Les États capitalistes sont tous des charognards, Courant Communiste International :

Assassins, le capitalisme, ses États, sa bourgeoisie, ne sont rien d’autres que des assassins. Des dizaines de milliers de personnes viennent de mourir de par la faute de ce système inhumain.

Mardi, à 16h53, heure locale, un séisme de magnitude 7 sur l’échelle de Richter a ravagé Haïti. La capitale Port-au-Prince, bidonville tentaculaire comptant près de deux millions d’habitants, a été purement et simplement rasée. Le bilan est terrible. Et il s’alourdit encore d’heure en heure. Quatre jours après la catastrophe, en ce vendredi 15 janvier, la Croix-Rouge dénombre déjà de 40 000 à 50 000 morts et «une quantité énorme de blessés graves». D’après cette association caritative française, au moins trois millions de personnes ont été touchées directement par le tremblement de terre . En quelques secondes, 200 000 familles ont perdu leur «maison», souvent faites de bric et de broc. Les grands bâtiments se sont aussi effondrés comme des châteaux de cartes. Les routes, déjà délabrées, l’aéroport, les vieilles lignes de chemin de fer,… rien n’a résisté.

La raison de ce carnage est révoltante. Haïti est l’un des pays les plus pauvres du monde, 75 % des habitants y survivent avec moins de 2 dollars par jour et 56 % avec moins de 1 dollar ! Sur ce bout d’île frappé du sceau de la misère, rien, évidemment, n’a été construit pour faire face aux tremblements de terre. Pourtant, Haïti est une zone sismique connue. Tous ceux qui prétendent aujourd’hui que cette secousse a été d’une violence exceptionnelle et imprévisible mentent. Le professeur Eric Calais, lors d’un cours de géologie donné dans ce pays en 2002, affirmait ainsi que l’île est traversée par «des failles capables de magnitudes 7.5 à 8» . Les autorités politiques d’Haïti étaient elles aussi officiellement informées de ce risque comme le prouve cet extrait tiré du site du Bureau des Mines et de l’Energie (qui dépend du ministère des travaux publics) : «chacun des siècles passés a été marqué par au moins un séisme majeur en Hispaniola (Nom espagnol de cette île séparée aujourd’hui en deux pays, Haïti et la République Dominicaine, NDLR) : destruction de Port au Prince en 1751 et 1771, destruction de Cap Haïtien en 1842, séismes de 1887 et 1904 dans le nord du pays avec dégâts majeurs à Port de Paix et Cap Haïtien, séisme de 1946 dans le nord-est de la République Dominicaine accompagné d’un tsunami dans la région de Nagua. Il y a eu des séismes majeurs en Haïti, il y aura donc des séismes majeurs dans le futur à l’échelle de quelques dizaines ou de la centaine d’années : c’est une évidence scientifique.» (souligné par nous). Et alors, face à cette «évidence scientifique», quelles ont été les mesures prises ? Aucune ! En mars 2008 encore, un groupe de géologues avait alerté sur un risque majeur de séisme de grande amplitude dans les deux ans à venir et certains scientifiques avaient même tenu une série de réunions en mai de la même année à ce sujet avec le gouvernement haïtien . Ni l’État haïtien, ni tous les États qui aujourd’hui versent des larmes de crocodiles et lancent des appels à la «solidarité internationale», États-Unis et France en tête, n’ont pris la moindre mesure préventive pour éviter ce drame prévisible. Les bâtiments construits dans ce pays sont si fragiles qu’ils n’ont d’ailleurs même pas besoin d’un séisme pour s’effondrer : «en 2008, déjà, une école de Pétionville avait enseveli, sans aucune raison géologique, près de 90 enfants» .

Maintenant qu’il est trop tard, Obama et Sarkozy peuvent bien annoncer une «grande conférence internationale» pour «la reconstruction et le développement», les États chinois, anglais, allemand ou espagnol peuvent bien envoyer tous leurs colis et leurs ONG, ils n’en resteront pas moins des criminels aux mains couvertes de sang.

Si Haïti est aujourd’hui si pauvre, si sa population est dénuée de tout, si les infrastructures sont inexistantes, c’est que depuis plus de 200 ans, la bourgeoisie locale et les grandes bourgeoisies espagnole, française et américaine se disputent les ressources et le contrôle de ce petit bout de terre. A travers son quotidien The Guardian, la bourgeoisie britannique ne manque d’ailleurs pas d’épingler la responsabilité criante de ses rivaux impérialistes : «Cette noble « communauté internationale » que l’on voit aujourd’hui se bousculer pour apporter son “aide humanitaire” à Haïti est en grande partie responsable des maux terribles qu’elle s’efforce aujourd’hui d’atténuer. Depuis le jour où, en 1915, les États-Unis ont envahi et occupé le pays, tous les efforts […] ont été violemment et délibérément sabotés par le gouvernement américain et ses alliés. Le propre gouvernement d’Aristide […] en a été la dernière victime, renversé en 2004 par un coup d’État bénéficiant d’un soutien international, au cours duquel plusieurs milliers de personne ont perdu la vie […] A vrai dire, depuis le putsch de 2004, c’est la communauté internationale qui gouverne Haïti. Ces pays qui se précipitent maintenant à son chevet ont pourtant systématiquement voté, ces cinq dernières années, contre toute extension du mandat de la mission de l’ONU au-delà de sa vocation principalement militaire. Les projets qui prévoyaient d’utiliser une fraction de cet “investissement” afin de réduire la misère ou favoriser le développement de l’agriculture se sont trouvés bloqués, conformément aux tendances à long terme qui continuent de présider à la distribution de “l’aide” internationale.»

Et il ne s’agit là que d’une toute petite partie de la vérité. Les États-Unis et la France se battent pour le contrôle de cette île à coup de putsch, de manœuvres et de corruption de la bourgeoisie locale depuis des décennies, favorisant ainsi le développement de la misère, de la violence et de milices armées terrorisant en permanence hommes, femmes et enfants !

Le cirque médiatique actuel autour de la «solidarité internationale» est donc insupportable et répugnant. C’est à l’État qui fera la plus grande publicité autour de «ses» ONG, autour de «ses» colis. C’est à celui qui fera la plus belle image des vies que «ses» sauveteurs auront extirpé des gravats. Pire encore, sur les décombres et les cadavres, la France et les États-Unis continuent de se livrer une guerre d’influence sans merci. Au nom de l’humanitaire, ils envoient sur zone leur flotte militaire et essayent de prendre le contrôle des opérations prétextant la «nécessité d’une coordination des secours par un chef d’orchestre».

Comme à chaque catastrophe, toutes les déclarations d’aide sur le long terme, toutes les promesses de reconstruction et de développement, resteront sans lendemain. Depuis dix ans, suite à des tremblements de terre, il y a eu :

15 000 morts en Turquie, en 1999.
14 000 morts en Inde, en 2001.
26 200 morts en Iran, en 2003.
210 000 morts en Indonésie en 2004 (le séisme sous-marin avait engendré un gigantesque Tsunami qui avait fait des victimes jusque sur les côtes africaines).
88 000 morts au Pakistan, en 2005.
70 000 morts en Chine, en 2008.

Chaque fois, la «communauté internationale» s’est émue et a envoyé de misérable secours ; mais jamais de véritables investissements n’ont été réalisés pour améliorer durablement la situation, en construisant des bâtiments antisismiques par exemple. L’aide humanitaire, le soutien réel aux victimes, la prévention ne sont pas des activités rentables pour le capitalisme. L’aide humanitaire, quand elle existe, ne sert qu’à dresser un rideau de fumée idéologique pour faire croire que ce système d’exploitation peut être humain, quand elle ne constitue pas directement un alibi pour justifier l’envoi de forces militaires et gagner de l’influence dans une région du monde.

Un seul fait révèle toute l’hypocrisie bourgeoise de l’humanitaire et de la solidarité internationale des États : le ministre français de l’immigration, Eric Besson, vient de décréter qu’il suspendait «momentanément» les reconduites de personnes en situation irrégulière vers Haïti ! Tout est dit.

L’horreur qui frappe la population vivant en Haïti ne peut que soulever un immense sentiment de tristesse. La classe ouvrière va, comme lors de chaque hécatombe, réagir en répondant présent aux différents appels aux dons. Elle montrera une nouvelle fois par-là que son cœur bat pour l’humanité, que sa solidarité ne connaît pas les frontières.

Mais surtout, une telle horreur doit nourrir sa colère et sa combativité. Les véritables responsables des 50 000 morts ou davantage en Haïti ne sont pas la nature ou la fatalité mais le capitalisme et ses États, qui sont autant de charognards impérialistes.

Liens :
• 2006, Aléa et risque sismique en Haïti, Bureau des Mines et de l’Energie.
• 13/10/2010, Séisme en Haïti, les causes connues du gouvernement, Libération.
• 14/10/2010, Requiem pour Port-au-Prince, Courrier international.
• 14/10/2010, Bien plus qu’une catastrophe naturelle, The GuardianPresseurop.
• 15/01/2010, Haïti : l’ONU veut récolter 560 millions de dollars pour l’aide, Libération.

Janvier 2010, Haïti : sauver les meubles… du capital, et laisser crever les prolétaires !, Groupe Communiste Internationaliste :

Des barrages de cadavres. Voilà ce que les prolétaires de Port-au-Prince ont dressé en travers des rues huit jours après le tremblement de terre. «Ils protestent contre le manque criant de secours d’urgence», nous dit-on. Au-delà de cette évidence à laquelle les medias préfèrent s’en tenir, comment ne pas voir que ces prolétaires survivants en sursis renvoient à la face de cette société, de sa classe dominante mais également de tous ses braves citoyens: ce sont vos morts, ils sont morts de l’entassement dans lequel nous vivions, si peu a été entrepris pour sauver les survivants des premiers jours et depuis lors vous nous laisser crever dans ce charnier géant. En effet, ce n’est pas aux prolétaires d’Haïti qu’il faut expliquer que les États aujourd’hui mobilisés sur l’île se foutent bien de leur sort. Ainsi que nous le dénonçons régulièrement avec force dans notre presse, militaires et humanitaires sont plus que jamais les deux faces d’un même programme étatique visant à casser sur le terrain toute solidarité de classe, toute action directe pour la survie. Déjà en temps «normal», dans une région qui a son histoire riche en soulèvements, les prolétaires sont bien placés pour se rendre compte dans quel camp travaille le secteur humanitaire (indépendamment des bonnes intentions individuelles) et a fortiori les Nations Unies : le camp du maintien de la paix, de la paix sociale, du maintien de l’ordre, ou encore du fameux «développement», c’est-à-dire le développement du profit et de l’exploitation, par la destruction de toute pratique autonome de survie et de lutte de notre classe. Dans les faits, toutes ces préoccupations fondamentalement capitalistes d’encadrement, de domestication, de mise au pas civilisatrice sont inséparables de la répression brutale des luttes par les armes et la torture. Il ne se trouvera pas beaucoup de prolétaires pour pleurer les morts de la «Minustah», la mission de l’ONU en Haïti!

Face au désastre que provoque un tel tremblement de terre au sein d’une telle concentration purement capitaliste de misère (soulignons-le), et tandis que la bourgeoisie pleure des larmes de crocodile sur ce qu’elle aime nommer une «crise humanitaire», le rôle de ses agents de «bienfaisance» ne fait que se confirmer. Un porte-avions américain mouille au large d’Haïti, avions civils et militaires défilent en une ronde incessante sur la seule piste opérationnelle de l’aéroport (très rapidement contrôlée par l’US Army),… mais ce n’est pas pour sauver des prolos de Haïti que cette débauche de moyens est mobilisée. Il y a bel et bien secours d’urgence… mais pour le capital: rétablir l’État, défendre la propriété privée, assurer l’approvisionnement et la logistique des forces de l’ordre (journalistes inclus) et des institutions stratégiques (ONU, ambassades,…), sauver ses propres ressortissants (y compris des décombres des hôtels de luxe), et surtout redéployer une présence militaire internationale durable, dans le but essentiel de ne pas laisser s’organiser les prolétaires révoltés par leur situation, fruit de la haine bourgeoise internationale, historique et présente, à leur égard. Quand la bouffe et l’eau arriveront aux portes des quartiers populaires dévastés (et au bout de dix jours ce n’est toujours pas le cas!), la distribution parcimonieuse sera comme toujours subordonnée à la docilité et à la soumission de ses bénéficiaires.

Tandis que l’on extrait quelques survivants des ruines devant les caméras et que l’on tente de nous convaincre que «toutes les couches sociales» sont indistinctement touchées, les télés du monde entier diffusent en boucle les images de prolos armés de machettes «faisant la loi dans la rue». Dans leur entreprise commune de division de notre classe, medias internationaux et presse gauchiste sont à nouveau en puante connivence pour nous resservir leurs clichés racistes selon lesquels les hordes de démunis négroïdes, face au délitement de l’État, retournent avidement à leur effrayant état de nature, celui de la guerre cannibale de tous contre tous. On nous les décrit tantôt mus par «le désespoir», tantôt par «la cupidité», organisés en bandes qui sèment la terreur pour «s’approprier» les vivres et dont les rangs se grossissent certainement des 6000 prisonniers qui sont parvenus à s’évader à la faveur du séisme. Révulsés par cette déferlante vague de bestialité, nous voilà conviés à applaudir le déploiement salvateur des dites forces de «sécurisation» tout en versant notre obole culpabilisée aux numéros de compte affichés à l’écran des shows télévisés de la «solidarité».

Derrière ce lieu commun journalistique de la «multiplication de scènes de pillage» se cache (mal) un paroxysme de cynisme capitaliste, un fleuron notable dans les progrès accomplis en matière d’inhumanité par la dernière – et la plus «civilisée» – des sociétés de classe: tandis que «tout est désorganisé» et que l’État s’est soi-disant évaporé dans le séisme, flics et soldats patrouillent en armes au milieu des gravats et des monceaux de cadavres en décomposition pour empêcher (à balles réelles) les prolétaires affamés et assoiffés de fouiller les décombres de magasins à la recherche de ce qui leur permettrait, à eux et leurs enfants, de ne pas crever comme des chiens! Voilà ce qu’est la prosaïque réalité de la lutte contre les infâmes bandes de pillards! Voilà qui rappellent furieusement – oui, furieusement ! – la situation à la Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina en été 2005.

Et comme pour la Louisiane, lorsque la bourgeoisie et ses commentateurs évoquent avec une émotion et un empressement obscènes les perspectives de «reconstruction», on ne peut douter que les investissements à consentir, animés du plus pur désintéressement, ne manqueront pas de suivre avec zèle les plans de nettoyage social déjà sortis des tiroirs des Q.G. de la gendarmerie mondiale.

Alors les prolétaires renvoient la politesse aux crapules larmoyantes du monde entier: venez déblayer vous-mêmes ces barrages de cadavres dressés contre l’hypocrisie meurtrière de votre société, c’est bien celle-ci et pas «l’injustice de la Providence» ou «la nature» qui les a produits !

Lire aussi :
Dossier Haïti, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Aide humanitaire – Colonialisme humanitaire, Monde en Question.

Les partages du monde

27 janvier 2010 Laisser un commentaire

Les partages du monde, La Fabrique de l’Histoire – France Culture :

• 25/01/2010, Le congrès de Vienne de 1814.
• 26/01/2010, La Conférence de Berlin (1884-1885) ou le partage de l’Afrique.
• 27/01/2010, La conférence de Yalta 1945.
• 28/01/2010, Du G6 au G20, de l’émergence de la Chine.

En datant les partages du monde de 1814, la Fabrique de l’Histoire [1] oublie le Traité de Tordesillas de 1494, qui fonda le partage du Nouveau Monde entre l’Espagne et le Portugal les deux puissances coloniales de l’époque, et les Traités de Westphalie de 1648, qui réalisèrent le partage de l’Europe entre les Provinces-Unies (les Pays-Bas), l’Espagne, la France et le Saint Empire romain germanique.

Ainsi s’écrivait l’histoire… toujours du point de vue de l’Europe. Ainsi s’écrivait l’histoire car le monde moderne, fondé en 1492, s’est écroulé le 11 septembre 2001 avec les tours de Manhattan. Une autre histoire s’écrit par les colonisés d’hier, notamment par la Chine, l’Inde et le Brésil.

Serge LEFORT
Citoyen du Monde exilé au Mexique

Traité de Tordesillas de 1494 :

• Texte du Traité de Tordesillas in Maximilian SAMSON Friedrich SCHOELL, Abrégé de l’histoire des traités de paix entre les puissances de l’Europe depuis la paix de Westphalie,Université d’Oxford, 1837 [Télécharger], BooksGoogle.
• Le traité de Tordesillas, Au-delà de la carte.
• Le traité de Tordesillas, Herodote.net.
• Le traité de Tordesillas, Laboratoire Suds d’Amériques – UVSQ.
• Le traité de Tordesillas, Municipalité de Tordesillas.
• Le traité de Tordesillas, Wikipédia.

Les grandes découvertes – Colonisation du monde par la Monarchie catholique :

• Les grandes découvertes maritimes, Imago Mundi.
• Grandes découvertes, Wikipédia.
• L’organisation du partage du monde (1494-1514) – Missions catholiques aux XVIe et XVIIe siècles, Wikipédia.
• Colonisation, Wikipédia.
Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Aide humanitaire – Colonialisme humanitaire, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Géo-Histoire globale, Monde en Question.

Traités de Westphalie de 1648 :

• Texte des Traités de Westphalie, Acta Pacis Westphalicae.
• Traités de Westphalie, Wikipédia.


[1] Courriel du 26/01/2010 :

Cher auditeur,
Nous n’avons pas oublié Tordesillas : nous avons choisi de ne pas le traiter dans cette série pour y revenir une autre fois, dans un autre cadre.
Merci de nous écouter si attentivement
Emmanuel Laurentin